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CAPA 2026 : les deux rapports de stage, et la réforme que beaucoup d’élèves avocats n’ont pas vue passer

Depuis l’arrêté du 20 juin 2024, l’examen du certificat d’aptitude à la profession d’avocat ne comporte plus d’épreuve écrite finale. La grande consultation de cinq heures suivie d’un acte a disparu. Ce qui reste : deux épreuves orales, un contrôle continu de coefficient 2, et deux rapports à déposer deux semaines au plus tard avant l’oral final.

Et 2026 est l’année charnière : deux régimes ont coexisté, et l’ancien disparaît. Si vous cherchez encore « les épreuves du CAPA » et que vous tombez sur une consultation de cinq heures, vous lisez un texte abrogé.

Deux régimes, et une date d’extinction

L’arrêté du 20 juin 2024, publié au Journal officiel du 23 juin 2024, fixe le programme et les modalités de l’examen du CAPA. Il reprend les termes d’une résolution adoptée le 7 décembre 2023 par l’assemblée générale du Conseil national des barreaux, issue des travaux d’un groupe réunissant sa commission Formation professionnelle et des représentants des écoles d’avocats.

Vous avez commencé votre formation… Régime applicable
À partir du 1er janvier 2025 Arrêté du 20 juin 2024
Avant le 1er janvier 2025 Arrêté du 7 décembre 2005 — abrogé au 1er janvier 2026

La conséquence pour un lecteur de 2026 est directe : l’ancien texte n’est plus en vigueur. Les pages qui le décrivent — encore nombreuses et bien référencées — ne décrivent plus l’examen de personne.

C’est le schéma que nous retrouvons sur presque tous les diplômes professionnels français : le texte change, la couche éditoriale du web ne suit pas. Voir notre article sur quel ministère délivre votre diplôme et notre annuaire des textes officiels pour le réflexe de vérification.

Ce que la réforme supprime

Le changement le plus lourd est une suppression : l’épreuve écrite finale de contrôle des connaissances disparaît — la rédaction en cinq heures d’une consultation suivie d’un acte de procédure ou d’un acte juridique.

Elle n’a pas disparu du cursus pour autant : ces exercices basculent dans le contrôle continu, qui prend une place renforcée. Autrement dit, la rédaction d’une consultation, d’un acte de procédure et d’un acte juridique est toujours évaluée — mais en cours d’année, à l’école, et non plus lors d’une épreuve terminale unique.

Pour un élève avocat, c’est un déplacement de charge plus qu’un allègement : il n’y a plus de session finale où tout se rattrape, et une mauvaise période en cours d’année pèse désormais directement.

La structure de l’examen

Épreuve Format Coefficient
Exercice oral de plaidoirie Environ 20 minutes, après 2 heures de préparation, sur un sujet de droit civil, des affaires, social, pénal, administratif, européen ou fiscal 1
Épreuve orale Deux séquences de 20 minutes : déontologie et réglementation professionnelle (30 minutes de préparation), puis discussion à partir des rapports de stage 2
Contrôle continu Déontologie, plaidoirie, rédaction d’une consultation, d’un acte de procédure et d’un acte juridique ; langue étrangère en option parmi dix langues 2

L’admission suppose un total égal ou supérieur à 50 points, les notes étant affectées de leur coefficient.

Observation calculée, non publiée comme telle : les coefficients totalisent 5, soit un maximum de 100 points si chaque note est sur 20. Le seuil de 50 correspond donc exactement à une moyenne générale de 10 sur 20 — une vérification utile, qui confirme au passage qu’aucune épreuve ne manque à la liste ci-dessus.

Notez la répartition réelle du poids : la plaidoirie, qui concentre l’appréhension de la plupart des candidats, ne pèse qu’un coefficient 1. Le contrôle continu et l’oral de déontologie-rapports pèsent chacun le double.

Deux rapports reliés posés côte à côte avant dépôt
Deux rapports, avec leurs notes et évaluations jointes, deux semaines au plus tard avant l’oral final.

Les deux rapports : le document dont on parle le moins

C’est la pièce écrite qui survit à la réforme, et elle est mal connue parce qu’elle n’a jamais eu le prestige de la consultation de cinq heures.

Le candidat dépose deux rapports, deux semaines au plus tard avant l’épreuve orale finale, accompagnés des notes et évaluations qui s’y rattachent. Ils correspondent aux deux temps du parcours : le projet pédagogique individuel et le stage en cabinet.

Et surtout : une des deux séquences de vingt minutes de l’épreuve orale de coefficient 2 est une discussion menée à partir de ces rapports. Le document n’est pas une formalité administrative : il fournit la matière d’une moitié de l’épreuve la plus lourde de l’examen.

Trois conséquences pratiques :

  1. Le délai de deux semaines est une contrainte réelle. Les rapports ne se rédigent pas la veille : ils doivent être entre les mains du jury bien avant que vous ne passiez.
  2. Vous ne choisissez pas les questions. Ce que vous écrivez détermine ce sur quoi on vous interrogera. Un rapport vague appelle des questions générales et une prestation moyenne ; un rapport précis oriente l’échange vers ce que vous maîtrisez.
  3. Les notes et évaluations jointes sont lues. Elles font partie du dossier transmis. Un écart entre ce que vous racontez et ce qu’elles décrivent se voit.

Sur le fond, la logique est celle de tous les écrits professionnels adossés à une pratique : ce qui compte n’est pas le récit chronologique du stage, mais l’analyse de situations précises — le dossier que vous avez suivi, la difficulté rencontrée, l’arbitrage proposé, ce que vous feriez autrement.

Salle préparée pour les épreuves orales du certificat d'aptitude
Un examen désormais entièrement oral — et la moitié de l’épreuve la plus lourde repose sur vos rapports.

La déontologie, épreuve la plus sous-préparée

La première séquence de l’épreuve orale de coefficient 2 porte sur la déontologie et la réglementation professionnelle, avec trente minutes de préparation pour vingt minutes d’oral.

C’est, avec les rapports, ce que la réforme a le plus valorisé : la déontologie figure à la fois dans le contrôle continu et dans l’examen final. Un candidat qui la traite comme une matière secondaire se trompe deux fois — elle est évaluée deux fois.

La raison est structurelle et vaut d’être comprise plutôt que subie : l’examen certifie une aptitude à exercer, pas des connaissances. Un futur avocat qui plaide bien mais ne sait pas identifier un conflit d’intérêts n’est pas employable, et la profession qui délivre le titre le sait mieux que quiconque.

Où se situe cet examen parmi les autres

Le CAPA appartient à la même famille que le diplôme d’études supérieures de notariat : une profession juridique réglementée, un titre qui conditionne l’accès à l’exercice, et un écrit adossé à un stage plutôt qu’un mémoire de recherche.

Les deux ont d’ailleurs été réécrits à quelques mois d’écart — le notariat par l’arrêté du 5 juillet 2023, le CAPA par celui du 20 juin 2024. Notre guide du rapport de stage et du mémoire en notariat détaille l’autre versant. Et notre comparatif des jurys d’écrits professionnels montre ce que change, partout, la présence de praticiens dans le jury.

Sur la technique juridique elle-même — construction d’une démonstration, appareil de citation —, notre guide méthodologique du mémoire en droit et notre article sur la manière de citer une loi et une décision de justice restent applicables, à condition de se souvenir qu’un rapport de stage n’est pas un mémoire : on y attend une pratique analysée, pas une doctrine discutée.

Ce que Tesify ne fait pas

  • Tesify ne rédige pas vos rapports de stage. Ils portent sur des dossiers que vous avez suivis dans un cabinet précis, et ils servent de support à une discussion de vingt minutes avec un jury de praticiens. La matière n’existe que chez vous.
  • Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur de plagiat ou d’IA. La promesse est vide, et le format de l’examen la rend sans objet : il est désormais entièrement oral. Le contrôle n’est pas le problème — c’est le travail personnel manquant qui l’est, et il se révèle à la première question sur un dossier que vous n’avez pas traité.
  • Tesify ne se substitue pas au règlement de votre école d’avocats, qui fixe le calendrier, le format attendu et les modalités du contrôle continu.

Ce que l’outil fait : structurer deux rapports adossés à une pratique quand on n’a pas l’habitude de l’écrit réflexif, tenir le délai de dépôt sur une rédaction menée en parallèle d’un stage à temps plein, et vérifier que chaque situation que vous relatez est présentée de façon à soutenir une discussion — c’est-à-dire assez précise pour que les questions portent sur ce que vous maîtrisez.

Structurez vos rapports de stage avec Tesify — vos dossiers et vos analyses restent les vôtres.

FAQ — Le CAPA en 2026

Quel texte régit le CAPA aujourd’hui ?

L’arrêté du 20 juin 2024, publié au Journal officiel du 23 juin 2024, qui fixe le programme et les modalités de l’examen. Il s’applique aux élèves avocats ayant commencé leur formation à compter du 1er janvier 2025. L’arrêté du 7 décembre 2005, qui régissait les promotions antérieures, est abrogé au 1er janvier 2026.

Y a-t-il encore une épreuve écrite au CAPA ?

Non, plus d’épreuve écrite finale. La réforme supprime la rédaction en cinq heures d’une consultation suivie d’un acte de procédure ou d’un acte juridique. Ces exercices sont désormais évalués dans le cadre du contrôle continu, qui pèse un coefficient 2.

Quelles sont les épreuves de l’examen final ?

Un exercice oral de plaidoirie d’environ vingt minutes après deux heures de préparation, de coefficient 1 ; et une épreuve orale de coefficient 2 composée de deux séquences de vingt minutes, l’une sur la déontologie et la réglementation professionnelle après trente minutes de préparation, l’autre sous forme de discussion à partir des rapports de stage.

Combien de rapports faut-il déposer, et quand ?

Deux rapports, à déposer deux semaines au plus tard avant l’épreuve orale finale, accompagnés des notes et évaluations qui s’y rattachent. Ils servent de support à l’une des deux séquences de l’épreuve orale de coefficient 2.

Quelle note faut-il obtenir ?

Un total égal ou supérieur à 50 points, les notes étant affectées de leur coefficient.

La plaidoirie est-elle l’épreuve la plus importante ?

Non, contrairement à ce que l’on suppose souvent. L’exercice oral de plaidoirie est affecté d’un coefficient 1, tandis que l’épreuve orale de déontologie et de discussion des rapports ainsi que le contrôle continu sont affectés chacun d’un coefficient 2.

Le contrôle continu porte-t-il sur une langue étrangère ?

Une épreuve de langue étrangère peut être prévue en option dans le cadre du contrôle continu, parmi l’allemand, l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, l’hébreu, l’italien, le japonais, le portugais et le russe.

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