Âge moyen des doctorants et à la soutenance de thèse en France (chiffres 2026)
L’âge moyen auquel un doctorant obtient son diplôme en France s’établit à 31,6 ans, selon la note d’information du SIES consacrée aux comparaisons internationales sur le doctorat, publiée le 11 mars 2025. Ce chiffre place la France parmi les pays où l’on soutient sa thèse le plus jeune, un résultat que le SIES attribue à des parcours généralement linéaires (formation continue sans interruption majeure avant l’entrée en doctorat) et à la faible part des doctorants en santé, une discipline où l’âge de diplomation est structurellement plus élevé ailleurs dans le monde. Cet article détaille ce chiffre, sa méthode de calcul et les écarts connus entre disciplines.
Résultat clé : 31,6 ans est l’âge moyen de diplomation d’un doctorant en France (SIES, note d’information n°05, mars 2025), un chiffre parmi les plus bas des comparaisons internationales disponibles. L’âge varie ensuite fortement selon la discipline : les parcours les plus linéaires et les thèses les plus courtes se trouvent en sciences exactes et en ingénierie, tandis que les sciences humaines et sociales, moins souvent financées, affichent des durées de thèse — et donc des âges de soutenance — plus élevés.
Le chiffre clé : 31,6 ans en moyenne
Dans sa note d’information n°05 de mars 2025, intitulée « Comparaisons internationales sur le doctorat : l’attractivité française avérée », le SIES (Service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) établit l’âge moyen de diplomation d’un docteur en France à 31,6 ans. Ce chiffre agrège l’ensemble des disciplines et constitue la donnée de référence la plus récente disponible publiquement sur le sujet.
Ce résultat s’inscrit dans un contexte où, selon les notes flash du SIES sur les docteurs diplômés, environ 14 700 doctorats ont été délivrés en France en 2024, et où la durée médiane de thèse se situe généralement dans une fourchette de 40 à 52 mois selon la discipline — un facteur qui, combiné à l’âge d’entrée en doctorat (généralement peu après l’obtention du master, soit autour de 22-23 ans), permet de retrouver un âge moyen de soutenance cohérent avec le chiffre de 31,6 ans publié par le SIES. Pour le détail des effectifs, taux de réussite et durée par discipline, notre état des lieux du doctorat en France en chiffres complète cette donnée d’âge par l’ensemble des indicateurs officiels 2026.
La soutenance intervient en moyenne à 31,6 ans en France, au terme d’un parcours généralement linéaire depuis le master.
Où se situe la France par rapport aux autres pays ?
Le SIES souligne que les docteurs français comptent parmi les plus jeunes des comparaisons internationales disponibles, pour deux raisons principales identifiées dans la note : des parcours d’études généralement linéaires, sans interruption prolongée entre la licence, le master et le doctorat, contrairement à des systèmes où une expérience professionnelle intermédiaire est plus fréquente avant l’entrée en doctorat ; et une part relativement faible de doctorants en santé, discipline où l’âge de diplomation est structurellement plus élevé dans la plupart des pays, en raison de cursus médicaux plus longs en amont du doctorat de recherche.
Indicateur
Donnée
Source
Âge moyen à la diplomation (France)
31,6 ans
SIES, note d’information n°05, mars 2025
Doctorats délivrés en 2024
~14 700
SIES, note flash n°14, juin 2025
Durée médiane de thèse
40 à 52 mois selon discipline
SIES
Doctorants financés en 1ère année (sciences exactes)
97,1 %
SIES
Doctorants financés en 1ère année (SHS)
~50,9 %
SIES
Les écarts par discipline
Le SIES ne publie pas, dans ses notes accessibles publiquement, un âge moyen de soutenance détaillé par discipline. En revanche, les données de durée de thèse — un déterminant direct de l’âge de soutenance à âge d’entrée comparable — montrent des écarts nets : en sciences exactes, environ 58 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et sociales. À l’inverse, plus de 37 % des thèses en SHS dépassent 72 mois, contre une minorité en sciences dures. Mécaniquement, à âge d’entrée en doctorat comparable, cet écart de durée se traduit par un âge moyen de soutenance plus élevé en SHS qu’en sciences exactes.
Pour une lecture complète de ces écarts de durée et d’abandon par discipline, notre analyse du taux d’abandon en thèse de doctorat en France détaille les facteurs — financement, encadrement, précarité — qui expliquent ces trajectoires différenciées.
En sciences exactes, un financement quasi systématique dès la première année contribue à des thèses plus courtes, et donc à un âge de soutenance plus bas.
Pourquoi ces écarts existent-ils ?
Le financement constitue le facteur le plus déterminant identifié par le SIES : 97,1 % des doctorants en sciences exactes bénéficient d’un financement dès la première année, contre environ 50,9 % en sciences humaines et sociales. Un doctorat non financé oblige fréquemment l’étudiant à cumuler un emploi parallèle, ce qui allonge mécaniquement la durée de préparation et repousse d’autant l’âge de soutenance. Le niveau de rémunération lui-même — fixé au 1er janvier 2026 à un minimum de 2 300 € brut mensuel pour un contrat doctoral ou une convention CIFRE — influence également l’attractivité du doctorat selon les profils et les âges d’entrée, un sujet détaillé dans notre comparatif des salaires doctorants par type de financement. Pour une vue d’ensemble des effectifs et de la répartition par discipline, notre guide statistique complet du doctorat en France 2026 complète ces données par les chiffres d’inscription et de parité.
L’encadrement joue également un rôle secondaire mais documenté : un directeur de thèse peu disponible ou un isolement prolongé du doctorant, en particulier en fin de parcours, retarde fréquemment la soutenance au-delà de la durée initialement prévue, indépendamment du financement. Ce facteur touche l’ensemble des disciplines mais pèse proportionnellement davantage sur les parcours déjà fragilisés par l’absence de financement.
Une tendance au vieillissement du recrutement académique
Au-delà de l’âge de soutenance lui-même, les données SIES sur le recrutement académique après la thèse suggèrent une tendance de fond au vieillissement des parcours de recherche en France : sur une période de 13 ans, l’âge de recrutement des chargés de recherche (CR) et des maîtres de conférences (MCF) a progressé respectivement d’environ 24 et 28 mois, soit un allongement de deux à un peu plus de deux ans. Ce chiffre concerne le recrutement post-doctoral dans des postes permanents, pas la soutenance de thèse elle-même, mais il éclaire un phénomène plus large : la période entre la fin du doctorat et la stabilisation dans un poste de recherche ou d’enseignement s’allonge, sous l’effet combiné de la multiplication des contrats post-doctoraux successifs et de la contraction du nombre de postes permanents ouverts chaque année.
Ce contexte aide à replacer le chiffre de 31,6 ans à la diplomation dans une perspective de carrière plus longue : obtenir son doctorat jeune, comme c’est le cas en France par comparaison internationale, ne garantit pas une insertion professionnelle académique tout aussi rapide, un sujet distinct qui dépasse le cadre strict de cet article mais que tout doctorant en fin de parcours a intérêt à anticiper. Notre analyse du salaire après un doctorat, par secteur et débouché détaille comment ce parcours plus long se traduit ensuite en termes de rémunération.
L’âge de recrutement en poste permanent (CR, MCF) s’est allongé de deux à un peu plus de deux ans sur 13 ans, au-delà de l’âge de soutenance lui-même.
Tesify est mentionné à titre informatif comme l’un des outils utilisés par des doctorants et étudiants en master pour structurer la rédaction de leurs travaux de recherche, sans lien direct avec la donnée d’âge présentée dans cet article.
FAQ
À quel âge soutient-on sa thèse en France ?
En moyenne à 31,6 ans selon le SIES (note d’information n°05, mars 2025), ce qui place la France parmi les pays où l’on obtient son doctorat le plus jeune, grâce à des parcours généralement linéaires entre le master et le doctorat.
L’âge d’entrée varie-t-il selon la discipline ?
Oui. Les doctorants en santé entrent et soutiennent généralement plus tard, après un parcours médical plus long, tandis que les sciences exactes et l’ingénierie affichent les parcours les plus linéaires et les durées de thèse les plus courtes, ce qui tire leur âge moyen à la soutenance vers le bas.
Peut-on commencer un doctorat après 30 ans ?
Oui, rien n’interdit d’entamer un doctorat après 30 ans, notamment via une reprise d’études, un contrat CIFRE ou une validation des acquis. Ce profil reste minoritaire au regard de la moyenne nationale mais n’est pas rare, en particulier en sciences humaines et sociales.
Quel âge moyen en SHS vs sciences ?
Les données SIES sur la durée de thèse montrent que les sciences exactes achèvent le plus souvent en moins de 40 mois quand les sciences humaines et sociales dépassent fréquemment 72 mois, ce qui se traduit mécaniquement par un âge moyen à la soutenance plus élevé en SHS, à âge d’entrée comparable.
Le financement dépend-il de l’âge ?
Le financement dépend surtout de la discipline plutôt que de l’âge du doctorant : 97,1 % des doctorants en sciences exactes sont financés contre environ 50,9 % en sciences humaines et sociales, ce qui explique en partie pourquoi les thèses non financées en SHS s’étirent davantage et repoussent l’âge de soutenance.
Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline
La part des femmes en doctorat en France atteint désormais environ 49 % parmi l’ensemble des doctorants inscrits (données 2023, MESR-SIES) — une quasi-parité qui contraste avec la situation du début des années 2000. Pourtant, derrière cette moyenne agrégée se cachent des écarts disciplinaires persistants : 58 % de femmes en biologie-médecine-santé, 23 % en mathématiques. Plus frappant encore, le plafond de verre qui se forme après la soutenance réduit leur part à 31 % parmi les professeures des universités (PU) en 2022, contre 45 % parmi les maîtres de conférences (MCF). Ce rapport dresse, chiffre par chiffre, la radiographie officielle de la féminisation de la recherche doctorale française.
Réponse rapide — chiffres clés 2023
Part des femmes parmi les doctorants inscrits : ~49 % (MESR-SIES 2023)
Part des femmes parmi les docteurs diplômés 2020 : 43,5 % (IPDoc 2020, NF25 SIES sept. 2024)
Extrêmes disciplinaires : de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé
Plafond de verre : 45 % MCF / 31 % PU (MESR-DGRH 2022)
Vue d’ensemble : inscrits et diplômés
En 2023-2024, la France comptait 69 639 doctorants inscrits dans ses 289 écoles doctorales accréditées par le MESR, dont 16 400 nouveaux primo-inscrits — soit +4,6 % par rapport à 2022-2023 (source : MESR-SIES, 2024). La même année, 15 187 thèses ont été soutenues avec succès (+9,6 % par rapport à 2022, un record depuis le début du suivi SIES en 2009), en partie sous l’effet de rattrapage post-pandémique.
La progression vers la parité parmi les doctorants inscrits est lente mais réelle :
Année
Part femmes — inscrits
Source
2010-2011
46,2 %
MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
2020-2021
46,7 %
MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
2022-2023
46 % (primo-inscrits)
MESR-SIES, Note Flash SIES 2024
2023
~49 %
MESR-SIES, cité dans Formation Emploi n°169 (2024)
Si la quasi-parité est atteinte pour les inscrits, la situation est différente pour les diplômés : selon la Note Flash n°25 du SIES (septembre 2024, enquête IPDoc 2020), 43,5 % des docteurs diplômés de la promotion 2020 sont des femmes. Cet écart entre inscrits (~49 %) et diplômés (~43,5 %) peut refléter des différences de durée de thèse, de taux d’abandon différentiel ou de calendrier de soutenance.
« La proportion de femmes parmi les doctorants a peu évolué sur la décennie : 46,7 % en 2020-2021, contre 46,2 % dix ans plus tôt. » — MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2025
La photographie globale cache des réalités radicalement différentes selon les disciplines. Les données du MESR-SIES publiées dans la collection Vers l’égalité femmes-hommes ? (éditions 2024, 2025 et 2026) permettent de dresser le tableau suivant :
Grand domaine disciplinaire
Part femmes — doctorants inscrits
Source
Biologie, médecine, santé
58 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
Sciences humaines et sociales (SHS)
55 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
Sciences agronomiques et écologiques
54 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
Sciences exactes et applications (hors maths/STIC)
~35 %
OFCE / CDEFI, 2025 (données 2021)
Sciences pour l’ingénieur
30 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
STIC (sciences et tech. de l’information et de la communication)
27 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
Mathématiques
23 %
MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
Répartition des femmes par discipline dans le doctorat français — de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-santé (MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? 2024)
L’écart entre les disciplines les plus féminisées (biologie-santé : 58 %) et les moins féminisées (mathématiques : 23 %) atteint donc 35 points de pourcentage. Cette polarisation reflète les orientations prises dès le lycée et le premier cycle universitaire, et se retrouve dans tous les pays européens — avec la France systématiquement positionnée 2 à 3 points sous la moyenne UE dans les STEM (données Eurostat, 2021, rapportées par l’OFCE en 2025).
Financement du doctorat : une inégalité structurante
Le type de financement varie fortement par discipline — et ce différentiel de financement est l’un des mécanismes qui explique les inégalités de genre à l’entrée du doctorat. En 2023-2024, 79,2 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement, mais ce taux est inégalement distribué (MESR-SIES, Note Flash 2024) :
Sciences exactes et applications : 97 % des primo-inscrits financés
Sciences du vivant : 85 % financés
Sciences humaines et sociales : 50 % financés (−2,2 % d’inscrits entre 2022-2023 et 2023-2024)
Les SHS — domaine à majorité féminine — présentent le taux de financement le plus bas. Cette corrélation entre sous-financement et féminisation s’observe aussi dans les durées de thèse : 38 % des thèses soutenues en 2023 durent moins de 40 mois (MESR-SIES 2024), mais les thèses non financées, plus fréquentes en SHS, tendent à être plus longues et ont un taux d’abandon plus élevé.
Rappel : depuis le 1er janvier 2024, le montant plancher du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut/mois, conformément à la Loi de Programmation de la Recherche 2020 (LPR). Les conventions CIFRE (8 % des primo-inscrits en 2023) proposent souvent des rémunérations supérieures. Pour le détail des mécanismes de financement, voir notre page Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE.
L’entonnoir des carrières : du doctorat à la chaire
C’est ici que le plafond de verre apparaît dans toute sa netteté. La progression des femmes à chaque échelon de la carrière académique montre un phénomène d’« entonnoir » : la part féminine, déjà insuffisante dans certains domaines au niveau du doctorat, se réduit encore à chaque promotion.
Stade de la carrière
Part femmes 2000
Part femmes 2010
Part femmes 2022
Source
Doctorants inscrits (total)
~44 %
46,2 %
~47 %
MESR-SIES
Maîtres de conférences (MCF)
38 %
–
45 %
MESR-DGRH, bilans sociaux
Professeures des universités (PU)
17 %
23 %
31 %
MESR-DGRH, bilans sociaux
Le plafond de verre dans la carrière académique française : de ~47 % parmi les doctorants à 45 % parmi les MCF à seulement 31 % parmi les professeures des universités (MESR-DGRH 2022)
La progression est réelle — les femmes PU sont passées de 17 % en 2000 à 31 % en 2022 — mais l’entonnoir reste prononcé : alors que les femmes représentent 45 % des MCF, elles ne sont que 31 % parmi les professeurs des universités. Ce décrochage s’accentue encore si l’on intègre la dimension disciplinaire : en sciences et technologie, la part des femmes parmi les enseignants-chercheurs n’est que de 30 %, contre 55 % en lettres et sciences humaines (MESR-SIES 2023, enquête cités dans Formation Emploi n°169, 2024).
L’écart salarial accompagne ce plafond : en 2023, les femmes PU perçoivent en moyenne 205 € bruts de moins par mois que leurs homologues masculins (MESR-DGRH 2023), dont 200 € en traitement de base et 5 € en primes et indemnités.
Publications scientifiques : l’écart de genre persiste
La féminisation des effectifs doctorants n’a pas encore effacé un écart de publication documenté. Une étude publiée dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024-3, Pommier, Porcher et al.) portant sur les doctorants français montre que :
Les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durant leur thèse, comparé aux doctorantes.
Cet écart s’amplifie avec le nombre de publications et se concentre principalement dans les disciplines STEM.
Il reflète en partie des inégalités dans l’accès aux réseaux, aux conférences et aux opportunités de co-publication.
Ces données de publication ont une importance pratique directe : le nombre de publications est un critère décisif dans les procédures de qualification CNU et de recrutement MCF/PU. Un écart de publication à l’entrée du marché académique amplifie mécaniquement les inégalités de trajectoire de carrière observées dans l’entonnoir décrit plus haut.
Part des femmes dans les organismes de recherche publics
Au-delà des universités, les organismes de recherche publics présentent des situations contrastées (données MESR-SIES 2023, fiche « Parité dans la recherche ») :
Organisme
Part femmes parmi les chercheurs (2023)
INSERM
54,9 %
Institut Pasteur (Paris)
53,2 %
INRAE
49,4 %
IRD
42,3 %
CNRS
36,4 %
INRIA
24,3 %
ONERA
18,1 %
Au niveau global, les femmes représentent 31 % des chercheurs toutes institutions confondues (42 % dans les administrations publiques, 24 % dans les entreprises privées), et 35 % de l’ensemble des personnels de R&D en France (MESR-SIES 2023). La polarisation entre l’INSERM (54,9 %, domaine santé-biologie) et l’ONERA (18,1 %, domaine aérospatial) illustre à l’échelle des organismes les mêmes logiques disciplinaires qu’au niveau doctoral.
Note méthodologique : les chiffres présentés dans cet article proviennent des publications officielles du MESR-SIES (Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés éditions 2024, 2025, 2026 ; Note Flash n°25, sept. 2024 ; Note Flash n°14, juin 2025 ; fiche EESR « Parité dans la recherche », n°18), des bilans sociaux MESR-DGRH, et de l’étude de Formation Emploi n°169 (2024-3). Les données par discipline s’appuient sur le référentiel disciplinaire du SIES. Certaines catégories (SHS, STIC, sciences agronomiques) varient selon les éditions des rapports.
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Questions fréquentes
Quelle est la part des femmes parmi les doctorants inscrits en France en 2023 ?
En 2023, les femmes représentent environ 49 % des doctorants inscrits en France, selon les données MESR-SIES citées dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024). Ce chiffre global masque des variations allant de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé.
Dans quelles disciplines les femmes sont-elles majoritaires en doctorat ?
Les femmes sont majoritaires en doctorat dans les domaines de la biologie-médecine-santé (58 %), des sciences humaines et sociales (55 %) et des sciences agronomiques et écologiques (54 %) selon les données MESR-SIES publiées dans Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2024. À l’inverse, elles restent minoritaires en mathématiques (23 %), en STIC (27 %) et en sciences pour l’ingénieur (30 %).
Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France ?
En 2022, les femmes occupent 31 % des postes de professeures des universités (PU) en France, contre 17 % en 2000 et 23 % en 2010 (MESR-DGRH, bilans sociaux). Ce taux est nettement inférieur à celui des maîtres de conférences (MCF), où les femmes représentent 45 % en 2022. Cet écart constitue le principal indicateur du plafond de verre dans les carrières académiques françaises.
Les femmes abandonnent-elles leur thèse plus souvent que les hommes ?
Le MESR-SIES ne publie pas de données systématiques sur le taux d’abandon différentiel par genre. L’écart observé entre la part des femmes parmi les inscrits (~49 % en 2023) et parmi les diplômés (43,5 % pour la promotion 2020 selon la NF25 SIES de septembre 2024) suggère une différence de trajectoire, mais celle-ci peut aussi refléter des durées de thèse différentes ou des délais de soutenance selon les disciplines.
Les femmes publient-elles autant que les hommes durant leur doctorat ?
Non. Une étude publiée dans Formation Emploi (n°169, 2024-3) montre que les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durante leur thèse, comparé aux doctorantes. Cet écart est plus marqué dans les disciplines STEM et a des conséquences directes sur les trajectoires de qualification et de recrutement académique.
Quelle est la part des femmes au CNRS et à l’INSERM ?
En 2023, les femmes représentent 36,4 % des chercheurs du CNRS et 54,9 % de ceux de l’INSERM (MESR-SIES, fiche Parité dans la recherche, EESR n°18). Cet écart entre les deux organismes reflète directement la différence de féminisation des disciplines couvertes : sciences exactes et physique pour le CNRS, biologie et santé pour l’INSERM.
Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)
Soixante-neuf mille doctorants inscrits, quatorze mille sept cents thèses soutenues en un an, une durée réglementaire de trois ans que moins de la moitié des docteurs tiennent : les chiffres du doctorat en France 2026 racontent une réalité plus complexe que le calendrier officiel. Ce tour d’horizon s’appuie exclusivement sur les publications du service statistique du ministère (SIES), les notes flash annuelles et l’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR n°19). Chaque donnée est sourcée et datée — aucune estimation non vérifiée n’est présentée.
Que vous soyez candidat au doctorat, directeur de thèse ou responsable d’une école doctorale, ces indicateurs permettent de situer un parcours dans le contexte national : combien de doctorants entrent chaque année, dans quels domaines, avec quels financements, et en combien de temps la majorité parvient à soutenir.
Résultat clé : À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans 289 écoles doctorales françaises. En 2024, 14 727 doctorats ont été délivrés (−3 % vs 2023). En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an) — mais ce taux culmine à 58 % en sciences exactes contre 11 % en sciences humaines. 81 % des nouveaux doctorants bénéficient d’un financement dédié. (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19, 2025.)
69 432 doctorants inscrits : l’effectif 2024-2025
À la rentrée 2024-2025, la France compte 69 432 étudiants inscrits en doctorat, en légère baisse de 0,3 % par rapport à 2023-2024. Sur dix ans, l’effectif total a reculé de 9,6 % par rapport à 2013 (EESR n°19, SIES 2025). Cette contraction traduit principalement le déclin des inscriptions en sciences de la société (−4,7 % sur un an) et en sciences humaines et humanités (−0,9 %), partiellement compensé par la progression des sciences exactes et applications (+1,8 %) et la quasi-stabilité des sciences du vivant (+0,4 %).
Les primo-inscrits — doctorants entrant en première année — sont en revanche en hausse : 17 000 nouveaux doctorants ont intégré le système à la rentrée 2024, soit +3,2 % par rapport à 2023 (16 400 primo-inscrits). Ces étudiants se répartissent dans les 289 écoles doctorales accréditées par le MESR. Pour comprendre le fonctionnement de ces structures et les critères d’admission, voir École doctorale en France : comment choisir et intégrer la bonne.
Effectifs du doctorat en France — évolution 2022-2025
Rentrée
Inscrits total
Primo-inscrits
Source
2022-2023
70 700
15 700
SIES NF 2024-17 / Campus France
2023-2024
69 639
16 400
SIES enquête EDs 2024
2024-2025
69 432
17 000
SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19
14 727 docteurs diplômés en 2024 : la production annuelle
En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit une baisse de 3,0 % par rapport à 2023 (SIES Note Flash n°14, juin 2025). L’année 2023 avait constitué un pic à 15 187 diplômes (+9,6 % vs 2022), en partie liée au rattrapage post-pandémique des soutenances retardées. Le niveau 2024 reste toutefois supérieur aux années antérieures à 2022, confirmant une progression de long terme : +0,9 % par rapport à 2013 (EESR n°19).
Répartition par grand domaine : sciences, SHS et vivant
Le SIES ventile les effectifs doctoraux selon quatre grands domaines disciplinaires. À la rentrée 2024-2025, les sciences exactes et applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) forment le premier contingent avec 26 815 inscrits (38,6 % du total). Les sciences humaines et humanités (littérature, histoire, philosophie, arts) arrivent en deuxième position (17 765 inscrits, 25,6 %), suivies des sciences du vivant — biologie, agronomie, environnement — (13 081 inscrits, 18,8 %) et des sciences de la société — économie, droit, gestion, sciences politiques — (11 771 inscrits, 17,0 %).
Doctorants inscrits et diplômés par domaine — France 2024-2025 et 2024 (Source : EESR n°19, SIES 2025)
Domaine
Inscrits 2024-25
Part
Diplômés 2024
Part diplômés
Sciences exactes & applications
26 815
38,6 %
7 125
48,4 %
Sciences humaines & humanités
17 765
25,6 %
2 499
17,0 %
Sciences du vivant
13 081
18,8 %
3 362
22,8 %
Sciences de la société
11 771
17,0 %
1 741
11,8 %
Total
69 432
100 %
14 727
100 %
L’écart entre la part dans les inscrits (25,6 %) et la part dans les diplômés (17,0 %) pour les sciences humaines est le signal le plus visible d’un phénomène structurel : ces doctorants mettent plus longtemps à soutenir — et certains n’y parviennent pas. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les diplômés (48,4 %) par rapport à leur poids parmi les inscrits (38,6 %), signe d’une durée de thèse plus courte et d’un taux d’achèvement plus élevé.
Illustration de la répartition des doctorants inscrits et des diplômés par grand domaine en France (2024-2025). Source de données : EESR n°19, SIES 2025.
Part de doctorants étrangers : la France, pôle d’attraction doctoral
Le doctorat français attire une proportion très élevée d’étudiants internationaux. En 2022-2023, 25 880 doctorants de nationalité étrangère étaient inscrits sur un total de 70 700, soit 37 % des effectifs (SIES / Campus France, Chiffres clés 2024). Ce taux dépasse la moyenne européenne (25 %) et place la France à égalité avec l’Irlande, légèrement derrière l’Autriche (39 %).
L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la première zone géographique d’origine, devant l’Europe. En termes de diplôme d’accès, les données EESR n°19 indiquent que 80 % des primo-inscrits sont titulaires d’un diplôme français (master ou diplôme d’ingénieur) : la mobilité internationale au doctorat concerne donc principalement des étudiants qui ont effectué leurs études supérieures en France.
Tendance à surveiller : le nombre de doctorants étrangers inscrits à l’université a reculé d’environ 15 % en cinq ans, passant de près de 24 000 à environ 20 000 entre 2018-2019 et 2023-2024 (Campus France 2024). Cette évolution interroge sur l’attractivité internationale du doctorat français dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes et asiatiques.
Durée de la thèse par discipline (données SIES 2025)
La durée réglementaire d’une thèse est fixée à 36 mois (3 ans) par les textes, avec possibilité d’extensions annuelles jusqu’à 6 ans en cas de contrat CIFRE, de situation de handicap, de thèse en cotutelle ou de circonstances exceptionnelles. La réalité statistique s’écarte sensiblement de ce cadre.
En 2024, 42 % des docteurs diplômés ont soutenu en moins de 40 mois, en hausse de 4 points sur un an et proche du niveau d’avant-Covid (SIES Note Flash n°14, juin 2025). Autrement dit, une majorité de docteurs dépasse encore la durée réglementaire de 36 mois. La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois, soit environ 3 ans et demi à 4 ans et demi ; à l’autre extrémité, environ un diplômé sur dix soutient au-delà de 72 mois (EESR n°19, SIES 2025).
Part des docteurs 2024 ayant soutenu en moins de 40 mois, par domaine (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; contraste disciplinaire d’après EESR n°19)
Durée de la thèse
Tous domaines
Sciences exactes
Sciences humaines
Moins de 40 mois
42 %
≈ 58 %
≈ 11 %
40 mois et plus
58 %
≈ 42 %
≈ 89 %
Le contraste disciplinaire sur la tranche « moins de 40 mois » est saisissant : près de 58 % en sciences exactes contre à peine 11 % en sciences humaines. Cet écart tient à plusieurs facteurs structurels cumulatifs : le financement quasi-systématique des thèses en sciences exactes (qui permet de consacrer la totalité du temps à la recherche), la dépendance fréquente des doctorants SHS à une activité professionnelle parallèle, la nature des travaux en SHS (enquêtes de terrain longues, corpus documentaires étendus, conditions d’accès aux archives), et des cultures disciplinaires qui n’accordent pas la même valeur à la brièveté.
Pour explorer comment organiser concrètement la rédaction d’une thèse, le guide complet du doctorat en France 2026 détaille les étapes depuis l’inscription jusqu’à la soutenance.
Financement des doctorants : qui finance les thèses ?
Le financement est le déterminant le plus puissant de la durée et de l’achèvement de la thèse. À la rentrée 2024-2025, 81 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement dédié — contre 79,2 % en 2023-2024 (SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19). Ce taux agrégé cache des disparités disciplinaires considérables.
Principales sources de financement des primo-inscrits en doctorat — 2024-2025 (Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19)
Type de financement
Part des primo-inscrits
Contrats doctoraux MESRE (ministère)
38,6 %
Financement organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.)
Contrats CIFRE (partenariat avec une entreprise privée)
9,4 %
Autres financements (ANR, collectivités, fondations, etc.)
~3,4 %
Sans financement dédié (avec ou sans activité salariée parallèle)
~19 %
La disparité disciplinaire en matière de financement est l’une des plus prononcées du système d’enseignement supérieur français. En sciences exactes et applications, le taux de financement dépasse 97 % des primo-inscrits. En sciences humaines et humanités, il avoisine 50 % (données SIES 2023-2024). Cette inégalité structure directement le rythme de la thèse et la probabilité d’achèvement. Un doctorant non financé doit articuler son travail de recherche avec une activité professionnelle, ce qui allonge mécaniquement la durée de la thèse et accroît le risque d’abandon.
Achèvement et abandon : ce que disent les données
Les statistiques sur le taux d’achevement du doctorat sont moins systématiquement publiées que les effectifs ou les données de durée. Les études disponibles — analyses par cohorte du SIES, rapports HCERES et rapport Pommier-Lazarus — documentent un taux d’abandon significatif, particulièrement marqué en SHS et parmi les doctorants non financés. Cette dimension mérite un traitement à part entière, disponible dans l’article dédié : Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle.
La distribution des durées présentée dans la section précédente offre un signal indirect : les thèses dépassant 72 mois ne sont pas toutes abandonnées, mais les analyses par cohorte de primo-inscrits montrent qu’une fraction non négligeable des doctorants inscrits ne parvient jamais à la soutenance — avec des taux qui varient fortement selon le domaine et la présence ou l’absence d’un financement. Pour situer le doctorat dans l’ensemble des diplômes de cycle long et comprendre la distinction fondamentale avec le master, voir le guide différence entre mémoire et thèse en 2026 sur fr.tesify.pro.
FAQ — Le doctorat en France en chiffres
Combien y a-t-il de doctorants en France en 2025 ?
À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans les 289 écoles doctorales françaises, dont 17 000 primo-inscrits (+3,2 % par rapport à 2023). L’effectif total est en légère baisse de 0,3 % sur un an et de 9,6 % par rapport à 2013. Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.
Combien de doctorats sont délivrés en France chaque année ?
En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit −3 % par rapport au pic de 2023 (15 187 diplômes). Les sciences exactes représentent 48,4 % des diplômes (7 125), devant les sciences du vivant (3 362), les sciences humaines (2 499) et les sciences de la société (1 741). Source : SIES Note Flash n°14, juin 2025.
Quelle est la durée médiane d’une thèse en France ?
En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an). La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois. L’écart disciplinaire est considérable : environ 58 % des thèses en sciences exactes sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et humanités. Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19.
Quelle proportion de doctorants en France sont étrangers ?
En 2022-2023, 37 % des doctorants inscrits en France (25 880 sur 70 700) étaient de nationalité étrangère. Ce taux est en recul d’environ 15 % en cinq ans. Les principales zones d’origine sont l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe. Source : SIES / Campus France, Chiffres clés 2024.
Quel est le taux de financement des doctorants en France ?
81 % des primo-inscrits à la rentrée 2024-2025 bénéficient d’un financement dédié. Ce taux atteint plus de 97 % en sciences exactes mais tombe à environ 50 % en sciences humaines et humanités. Le principal mécanisme est le contrat doctoral MESRE (38,6 % des primo-inscrits), suivi du financement par les organismes de recherche (18,4 %). Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.
Quel domaine regroupe le plus de doctorants en France ?
Les sciences exactes et applications concentrent 26 815 doctorants (38,6 % du total) à la rentrée 2024-2025, devant les sciences humaines et humanités (17 765, soit 25,6 %), les sciences du vivant (13 081, soit 18,8 %) et les sciences de la société (11 771, soit 17 %). Source : EESR n°19, SIES 2025.
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Mentions de thèse et jury : pourquoi les mentions ont disparu en France en 2026
Tout candidat au doctorat en France a entendu parler des mentions de thèse : « Honorable », « Très honorable », « Très honorable avec les félicitations du jury ». Ces distinctions, longtemps considérées comme un indicateur de qualité reconnu dans les CV académiques, ont officiellement disparu des thèses françaises suite à l’arrêté du 25 mai 2016. En 2026, la discontinuation des mentions de jury de thèse est une réalité institutionnelle — mais ses implications pratiques restent mal comprises par de nombreux doctorants.
Ce guide explique pourquoi les mentions ont été supprimées, ce que les jurys peuvent encore signifier dans leur rapport, et comment valoriser votre doctorat sans mention formelle sur votre diplôme.
En résumé : depuis l’arrêté du 25 mai 2016, les mentions de thèse (honorable, très honorable, félicitations) n’apparaissent plus sur le diplôme de doctorat français. Le jury rend désormais un verdict binaire : admission ou ajournement, assorti d’un rapport d’évaluation détaillé. Les « félicitations » informelles peuvent subsister dans ce rapport, sans valeur officielle.
Historique des mentions de thèse en France
Pendant des décennies, le système français de soutenance de thèse prévoyait quatre niveaux de distinction formelle :
Thèse exceptionnelle, recommandée pour publication
Environ 20–30 %
Ajournement
Thèse non validée, corrections majeures requises
Très rare (< 2 %)
Ce système était en réalité fortement inflationniste : plus de 90 % des thèses soutenues obtenaient la mention « Très honorable » ou « Très honorable avec félicitations ». La mention était progressivement devenue un indicateur peu discriminant, ce qui a contribué à sa remise en cause.
L’arrêté du 25 mai 2016 : ce qui a changé officiellement
L’arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation doctorale a supprimé formellement les mentions du diplôme de doctorat. Le texte établit que la soutenance conduit à :
Soit l’admission au titre de docteur — le diplôme est délivré sans aucune mention associée.
Soit l’ajournement — le jury peut demander des corrections avant une nouvelle présentation.
Le rapport du jury subsiste, mais il est désormais un document d’évaluation interne, non une distinction publique. Il ne figure pas sur le diplôme délivré.
Comme évoqué, plus de 90 % des thèses soutenues obtenaient la mention la plus haute. Cette inflation rendait la distinction sans signification réelle dans les dossiers de candidature académique. Les recruteurs (CNU, universités) ne pouvaient plus utiliser la mention comme critère de sélection.
2. L’harmonisation européenne
Dans l’espace européen de l’enseignement supérieur, la majorité des pays ne pratiquent pas le système de mentions de thèse. L’Allemagne utilise un système de notes (summa cum laude, magna cum laude…), le Royaume-Uni n’a pas de mention, de nombreux pays nordiques non plus. L’arrêté de 2016 s’inscrit dans une volonté d’harmonisation dans le cadre du processus de Bologne.
3. Le renforcement du rapport de jury
La suppression des mentions déplace le centre de gravité vers le rapport d’évaluation détaillé rédigé par le jury. Ce rapport, accessible aux institutions académiques (notamment le CNU pour les qualifications), contient une évaluation argumentée qui est plus informative qu’une mention synthétique.
Ce que le jury peut encore faire en 2026
Si le jury ne peut plus attribuer de mention officielle, il dispose encore de plusieurs leviers d’expression :
Le rapport d’évaluation : il peut contenir des formulations laudatives (« thèse d’une qualité exceptionnelle », « fortement recommandée pour publication ») qui jouent informellement le rôle des anciennes félicitations.
La recommandation de prix de thèse : le jury peut recommander la thèse pour un prix de thèse disciplinaire (prix de l’école doctorale, prix de la section CNU, prix de société savante). Cette recommandation est plus valorisante que l’ancienne mention.
La proposition de publication : le jury peut formaliser une recommandation de publication en revue ou en monographie.
Pratique courante : dans de nombreux jurys, les membres formulent oralement les « félicitations » pendant la délibération — c’est une tradition qui subsiste informellement. Mais ces félicitations orales n’ont aucune valeur officielle et ne peuvent pas être invoquées dans un dossier de candidature au titre d’une distinction.
Comment valoriser un doctorat sans mention en 2026
L’absence de mention sur le diplôme ne signifie pas l’absence de distinction. Voici comment mettre en valeur la qualité de votre thèse sur votre CV académique :
Les prix de thèse : mention explicite du prix reçu (institution, année, discipline). C’est aujourd’hui le signal de qualité le plus visible et le plus crédible dans les dossiers académiques.
Les publications issues de la thèse : articles dans des revues à comité de lecture, chapitre d’ouvrage collectif, monographie. La publication reste la preuve la plus universellement reconnue de la qualité d’une recherche.
Le rapport de jury favorable : certains candidats à des postes ou à la qualification CNU joignent des extraits du rapport de jury à leur dossier (avec l’accord du président du jury). Cette pratique est tolérée et valorisée dans certaines disciplines.
Les invitations post-soutenance : conférences, cours invités, participations à des projets de recherche — ces signes de reconnaissance par la communauté disciplinaire valent plus que toute mention sur un diplôme.
Côté italien, un équivalent de la valorisation académique existe mais avec une logique différente : le système du 110 e lode — la note maximale assortie des félicitations — persiste dans les universités italiennes comme distinction officielle pour les thèses de laurea magistrale. Les modalités pour l’obtenir sont détaillées sur 110 e lode nella tesi : come ottenerlo nel 2026. Au-delà de la note, la question de la validité juridique du titre est également centrale : en Italie, les conditions dans lesquelles une tesi di laurea peut être contestée ou sa validité remise en cause font l’objet de recours spécifiques documentés sur validità della tesi dopo 10 anni in Italia : ricorso e laurea.
Pratiques divergentes selon les établissements en 2026
Malgré l’arrêté de 2016, les pratiques restent hétérogènes en 2026. Certains établissements continuent d’enregistrer informellement les distinctions dans leurs bases de données internes. Certaines écoles doctorales maintiennent un système de « recommandation de prix » qui joue le même rôle que les anciennes félicitations.
À l’international, lorsque vous présentez votre doctorat à des institutions étrangères habituées aux systèmes de mentions (Allemagne, Pays-Bas, États-Unis), il peut être utile d’expliquer dans votre lettre de motivation que le système français ne prévoit pas de distinction formelle depuis 2016 — et de fournir le rapport de jury ou les publications comme équivalents.
Les anciennes thèses soutenues avant 2016 gardent-elles leur mention ?
Oui. Les thèses soutenues avant la réforme de 2016 conservent leur mention sur le diplôme. L’arrêté ne s’applique qu’aux soutenances intervenues après son entrée en vigueur. Si vous avez soutenu avant 2016 et obtenu la mention « Très honorable avec félicitations », vous pouvez continuer à la faire figurer sur votre CV.
Un jury peut-il refuser de délivrer le titre de docteur ?
Oui, mais c’est extrêmement rare. En cas d’ajournement, le jury peut demander des corrections substantielles avant une nouvelle présentation. Un refus définitif d’admission est rarissime en France — moins de 1 % des soutenances. Dans la quasi-totalité des cas, une pré-soutenance ou des discussions préalables avec le directeur permettent d’éviter ce scénario.
Les prix de thèse sont-ils difficiles à obtenir ?
Cela dépend du prix. Les prix décernés par les sociétés savantes disciplinaires sont très compétitifs. Les prix des écoles doctorales sont plus accessibles — chaque école doctorale distingue généralement 1 à 3 thèses par an. La plupart des candidatures doivent être déposées dans les 12 à 24 mois suivant la soutenance — renseignez-vous rapidement auprès de votre école doctorale.
Le rapport de jury est-il public ?
Non, le rapport de jury n’est pas un document public. Il est transmis au docteur et à l’établissement. Vous pouvez choisir de le communiquer dans vos dossiers de candidature académique si son contenu est favorable à votre profil. Il n’est pas déposé dans les archives ouvertes (THESES.fr, HAL) avec la thèse.
Les universités étrangères comprennent-elles le système français sans mention ?
Pas toujours spontanément. Il est recommandé d’ajouter une brève note explicative dans vos candidatures internationales : « Le système doctoral français ne prévoit pas de mention sur le diplôme depuis l’arrêté du 25 mai 2016. La qualité de la thèse est attestée par [prix de thèse / publications / rapport de jury joint]. » Cette transparence est appréciée des recruteurs internationaux.
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Annuaire des écoles doctorales en France 2026 : liste complète par discipline et région
Constituer l’annuaire des écoles doctorales en France par discipline est la première démarche concrète de tout futur doctorant — et souvent la plus opaque. En France, plus de 280 écoles doctorales (ED) sont accréditées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), réparties sur l’ensemble du territoire national et organisées autour de grands domaines scientifiques. Chacune fédère des unités de recherche, délivre des formations doctorales spécifiques et accompagne les candidats de l’admission jusqu’à la soutenance.
Ce guide-annuaire recense les écoles doctorales françaises par grand domaine disciplinaire — Sciences humaines et sociales, Sciences exactes et ingénierie, Santé et sciences de la vie, Droit-Économie-Gestion, Lettres-Arts-Langues — et indique les sources officielles pour consulter la liste exhaustive par région. Il détaille également les étapes d’inscription, les modalités de financement et les ressources institutionnelles à mobiliser pour préparer votre candidature.
Toutes les informations contenues dans cet article sont issues de sources françaises officielles (MESR, ADUM, HCERES, Campus France). Les effectifs et calendriers évoluant d’une année sur l’autre, vérifiez systématiquement les données directement auprès de chaque ED avant toute démarche administrative.
En bref : la France compte plus de 280 écoles doctorales accréditées par le MESR. Chacune est identifiée par un numéro national (ex. ED 478) et couvre un ou plusieurs domaines disciplinaires. Pour trouver l’ED correspondant à votre sujet, consultez l’annuaire officiel MESRI ou le portail Campus France, puis candidatez via la plateforme ADUM.
Qu’est-ce qu’une école doctorale ?
Une école doctorale est une structure organisée au sein d’un établissement d’enseignement supérieur — ou en partenariat entre plusieurs établissements — chargée d’organiser la formation des doctorants et de veiller à la qualité de l’encadrement des thèses. Son rôle va bien au-delà d’une simple administration d’inscription : elle sélectionne les candidats, coordonne l’offre de formations transversales (méthodologie, éthique, langues, compétences professionnelles), suit les trajectoires des docteurs et rend compte au HCERES lors des évaluations quinquennales.
Chaque ED est identifiée par un numéro national attribué par le MESR. Ce numéro figure dans tous les documents officiels : diplôme de doctorat, publications, actes de colloques. À titre d’exemple, l’ED 356 « Cognition, Langage, Éducation » est adossée à l’Université Aix-Marseille ; l’ED 478 « Sciences de Gestion » est rattachée à l’Université Toulouse-Capitole. Ces numéros sont stables : ils ne changent pas lors des renouvellements d’accréditation, sauf en cas de fusion ou de réorganisation institutionnelle.
L’accréditation est accordée par le MESR sur avis du HCERES pour une période de cinq ans. Durant ce cycle, l’ED doit démontrer la qualité scientifique des unités de recherche qu’elle fédère, la pertinence de ses formations et l’employabilité de ses diplômés. La charte d’intégrité scientifique, obligatoire dans toutes les EDs depuis le décret du 26 août 2022, fait partie des critères évalués par le HCERES.
Qui peut s’inscrire dans une école doctorale ?
L’accès au doctorat requiert un diplôme national de master (bac+5) ou un diplôme conférant le grade de master. Certains établissements proposent des dérogations sur dossier pour les candidats titulaires d’un diplôme étranger équivalent. La condition préalable reste l’obtention d’un accord d’encadrement d’un directeur de thèse membre d’une unité de recherche rattachée à l’ED visée.
Le rôle du comité de suivi individuel (CSI)
Depuis le décret du 25 mai 2016, chaque doctorant bénéficie annuellement d’un comité de suivi individuel (CSI), composé d’au moins deux membres extérieurs à l’équipe d’encadrement. Le CSI rend un avis sur l’avancement des travaux et peut alerter l’ED en cas de difficultés relationnelles ou scientifiques. Ce dispositif renforce l’indépendance du suivi doctoral vis-à-vis du seul directeur de thèse.
Les cinq grands domaines disciplinaires
Les écoles doctorales françaises sont traditionnellement regroupées en cinq grands domaines. Cette classification n’est pas rigide — certaines EDs sont explicitement pluridisciplinaires — mais elle structure la plupart des annuaires et des appels à candidature.
1. Sciences humaines et sociales (SHS)
Le domaine SHS est l’un des plus vastes de l’enseignement doctoral français. Il recouvre la sociologie, l’anthropologie, la géographie, l’histoire, la psychologie, les sciences de l’éducation, la philosophie, les sciences de l’information et de la communication (SIC) et la linguistique. On y trouve des EDs pluridisciplinaires comme l’ED « Sciences Sociales et Humanités » (n° 629) de l’Université Paris-Saclay, qui réunit des unités de recherche en sciences sociales, philosophie et SIC. Des EDs équivalentes existent dans la plupart des grandes universités régionales : Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Aix-Marseille, Rennes.
Exemples d’EDs en SHS (données indicatives — vérifiez auprès de l’ED concernée)
Ce domaine fédère les EDs en mathématiques, physique, chimie, sciences de la terre, informatique, génie des procédés et sciences de l’ingénieur. Les grands organismes de recherche (CEA, CNRS, INRIA) y adossent fréquemment leurs thèses, de même que les grandes écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, Grenoble INP). L’ED 178 « Sciences Fondamentales » de l’Université Clermont-Auvergne illustre la pluridisciplinarité de ce domaine : chimie organique, biotechnologie, écologie, pharmacologie et sciences analytiques y coexistent. L’ED 361 « Sciences et Technologies » de l’Université de Caen propose un périmètre comparable pour la Normandie.
3. Santé et sciences de la vie
Ce domaine couvre la biologie cellulaire et moléculaire, la médecine, la pharmacie, la santé publique, les neurosciences et les sciences vétérinaires. Les EDs de santé sont souvent adossées aux CHU régionaux et aux unités INSERM. L’ED Pierre Louis de Santé Publique (Sorbonne Université, n° 393) et les EDs sciences de la vie des universités de Strasbourg, Montpellier et Lyon figurent parmi les plus actives en termes d’effectifs financés. Les doctorants de ce domaine travaillent fréquemment en lien avec des projets financés par l’ANR ou des fonds européens Horizon Europe.
4. Droit, économie et gestion
Ce domaine regroupe les EDs en droit privé, droit public, sciences politiques, économie et management. L’ED 284 « Droit et Science Politique » de CY Cergy Paris Université accueille des doctorants en droit privé, droit pénal, droit public et sociologie du droit. L’ED 231 « Économie et Gestion » de l’Université de Montpellier couvre l’agriculture, l’entrepreneuriat, le développement durable et les marchés. Les thèses CIFRE y sont particulièrement fréquentes, notamment en sciences de gestion et en économie appliquée.
5. Lettres, arts et langues
Littératures françaises et comparées, langues vivantes, études culturelles, sciences du langage, histoire de l’art et musicologie composent ce domaine. Des EDs spécialisées comme celles rattachées aux facultés des lettres de Sorbonne Université, de Strasbourg ou d’Aix-Marseille forment chaque année des centaines de docteurs. Une proportion significative de ces diplômés s’oriente vers l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi vers les métiers de la culture, de l’édition et de la traduction.
Trouver l’annuaire officiel des écoles doctorales par région
Il n’existe pas d’annuaire papier national mis à jour en temps réel : le référentiel officiel est maintenu par le MESR sur sa plateforme open data et via l’application ADUM. Pour localiser rapidement les EDs d’une région, trois sources font autorité :
Annuaire MESRI (appliweb) — appliweb.dgri.education.fr/annuaire/ : filtres par discipline, établissement et région ; données issues directement du système d’information du ministère.
Portail Campus France – La Recherche en France — doctorat.campusfrance.org : annuaire filtrable par domaine et région, utile notamment pour les candidats francophones internationaux.
Jeu de données open data MESR — data.enseignementsup-recherche.gouv.fr : liste des EDs accréditées, téléchargeable au format CSV/JSON pour analyse ou export.
Le tableau ci-dessous dresse un panorama des principales régions universitaires et de leurs domaines doctoraux forts. Les données sur les effectifs sont à titre indicatif et se mettent à jour chaque vague d’accréditation HCERES.
Paysage doctoral français par région (données indicatives — vérifiez auprès des EDs concernées)
Région
Pôles universitaires majeurs
Domaines forts
Île-de-France
PSL, Sorbonne Université, Paris Cité, Paris-Saclay, Panthéon-Assas, Paris-Nanterre, Paris 8…
Tous domaines ; SHS, droit, sciences exactes, santé
Auvergne-Rhône-Alpes
Université Claude Bernard Lyon 1, Lumière Lyon 2, Jean Moulin Lyon 3, Grenoble Alpes, Clermont-Ferrand
Sciences, santé, ingénierie, SHS
Occitanie
Université Toulouse-Capitole (UT1), Université Toulouse III (UT3/Paul Sabatier), INPT, Montpellier
Sciences de gestion, aérospatial, agronomie, droit
Nouvelle-Aquitaine
Université de Bordeaux, Bordeaux Montaigne, Pau, Limoges, La Rochelle
Sciences de la vie, droit, SHS, chimie
Hauts-de-France
Université de Lille, Valenciennes, Amiens (UPJV)
Sciences et technologies, SHS, lettres
Grand Est
Université de Strasbourg, Reims, Lorraine (Nancy/Metz)
Université de Nantes, Rennes 1, Rennes 2, Brest, Angers
Droit, sciences, mer et environnement, lettres
Bourgogne-Franche-Comté
Université de Bourgogne (Dijon), Université de Franche-Comté (Besançon), Belfort-Montbéliard
Ingénierie, SHS, sciences, droit
Normandie
Université de Caen, Université de Rouen, Le Havre Normandie
Histoire, droit, sciences, lettres
Le choix de votre région de thèse est intimement lié à la réputation de l’établissement porteur dans votre discipline. Consultez notre article sur le classement des meilleures universités françaises 2026 pour identifier les pôles d’excellence selon les grands classements internationaux (QS, THE, Shanghai).
Comment choisir son école doctorale
Le choix d’une ED ne se fait pas indépendamment du laboratoire et du directeur de thèse : il en découle directement. Voici les critères qui structurent cette décision.
1. L’adéquation disciplinaire
Chaque ED est habilitée à délivrer des doctorats dans une ou plusieurs spécialités précises. Vérifiez que la spécialité correspondant à votre thèse figure bien dans le périmètre de l’ED visée. Si votre sujet est à la croisée de deux disciplines — par exemple, informatique et linguistique computationnelle — recherchez une ED interdisciplinaire ou renseignez-vous sur la possibilité d’une co-inscription dans deux EDs.
2. L’appartenance institutionnelle de votre directeur de thèse
Le directeur de thèse doit impérativement être membre d’une unité de recherche rattachée à l’ED dans laquelle vous vous inscrivez. C’est ce lien institutionnel qui conditionne la validité de l’inscription. Dans le cas d’une co-direction, le second directeur peut être rattaché à une ED différente, voire à un établissement étranger (convention de co-tutelle internationale).
3. L’offre de formation et l’accompagnement
Comparez l’offre pédagogique des EDs : séminaires méthodologiques, ateliers d’écriture académique, formation en langues étrangères, préparation à la valorisation des recherches, suivi de l’insertion professionnelle. Certaines EDs proposent des modules spécifiques à la gestion des données de recherche — indispensables si vous devez rédiger un plan de gestion des données (PGD) pour l’ANR ou d’autres financeurs publics.
4. Les indicateurs de performance de l’ED
Le rapport HCERES de chaque ED est accessible en ligne et contient des données précieuses : taux de financement des doctorants, durée médiane de la thèse, taux de soutenance dans les délais (trois à quatre ans), devenir professionnel des docteurs à deux et cinq ans après la soutenance. Ces indicateurs varient de façon notable d’une ED à l’autre. Les causes du non-achèvement de thèse sont multifactorielles : notre article sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France présente les statistiques disponibles et les facteurs de risque identifiés dans la littérature.
5. Les possibilités de mobilité internationale
Certaines EDs sont membres de réseaux doctoraux européens ou partenaires de collèges doctoraux transfrontaliers (ex. EuroCampus franco-allemand, réseau universitaire franco-québécois). Ces affiliations ouvrent des possibilités de financement pour des séjours de recherche à l’étranger, cofinancés par l’ED et par des dispositifs comme le DAAD, la bourse Explora’doc (Région Auvergne-Rhône-Alpes) ou les aides de Campus France. Consultez les aides régionales à la mobilité étudiante 2026 pour un tableau comparatif par région.
Inscription et procédure d’admission en école doctorale
La procédure d’inscription suit des étapes relativement standardisées sur le plan national, même si les calendriers diffèrent d’un établissement à l’autre.
Étape 1 : Identifier et contacter un directeur de thèse
C’est le prérequis absolu. Parcourez les pages des laboratoires rattachés à l’ED visée, lisez les publications récentes des enseignants-chercheurs, identifiez ceux dont les axes de recherche correspondent à votre projet. Contactez-les par email avec un projet de thèse d’une à deux pages, un CV académique détaillé et vos relevés de notes de master. La période de recrutement s’intensifie généralement entre avril et juillet pour une rentrée en octobre, en lien avec les concours de contrats doctoraux organisés par les EDs.
Étape 2 : Déposer la demande d’admission via ADUM
Une fois l’accord de votre futur directeur obtenu, toute la procédure d’admission s’effectue sur la plateforme nationale ADUM. Vous y renseignez votre sujet de thèse, les informations de votre directeur, votre unité de recherche et vos modalités de financement. Le dossier est ensuite validé successivement par le directeur de thèse, le directeur de l’unité de recherche, puis par la direction de l’ED.
Étape 3 : Validation par l’ED et inscription administrative
Après validation par l’ED, vous procédez à l’inscription administrative dans l’établissement porteur. Cette inscription est annuelle et doit être renouvelée chaque année universitaire avec un rapport d’avancement et un avis favorable du directeur de thèse. La plupart des EDs exigent la signature d’une charte du doctorat qui reprend les engagements réciproques entre l’ED, le directeur de thèse et le doctorant — ainsi que les dispositions de la charte d’intégrité scientifique en thèse issue du décret du 26 août 2022.
Étape 4 : Le suivi annuel et le dépôt de thèse
Chaque année, le comité de suivi individuel (CSI) se réunit avec le doctorant pour évaluer l’avancement des travaux. À l’issue de la thèse, le manuscrit est déposé sur ADUM, puis référencé automatiquement sur THESES.FR, le portail national. La version définitive peut ensuite être diffusée en open access via HAL. Notre guide sur publier votre travail sur HAL/DUMAS étape par étape détaille la procédure de soumission institutionnelle, applicable également aux thèses de doctorat.
Les modes de financement de la thèse
Un doctorat non financé reste juridiquement possible mais est fortement déconseillé. Le MESR a engagé une politique volontariste en faveur du financement doctoral : la proportion de doctorants financés est passée d’environ 50 % à plus de 80 % sur une vingtaine d’années, et la loi de programmation de la recherche (LPR) a revalorisé de manière significative les contrats doctoraux.
Le contrat doctoral
C’est le mode de financement de référence pour les thèses au sein des établissements publics. Il s’agit d’un contrat de travail de droit public d’une durée de trois ans. À compter du 1er janvier 2026, la rémunération minimale est fixée à 2 300 € brut mensuel (soit environ 1 850 € net), conformément à la LPR. Des missions complémentaires rémunérées — enseignement (jusqu’à 64 heures annuelles équivalent TD), valorisation de la recherche, diffusion scientifique — peuvent porter cette rémunération à la hausse. Les contrats doctoraux sont attribués via des concours organisés par chaque ED, généralement en mai-juin pour une prise de fonction en octobre. À la fin des trois ans, les doctorants ont droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) via France Travail s’ils n’ont pas trouvé de poste.
Le dispositif CIFRE
La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE), gérée par l’ANRT pour le compte du MESR, permet à une entreprise d’accueillir un doctorant travaillant sur un sujet en lien avec ses activités. L’entreprise verse un salaire brut annuel minimum de 27 600 € par an et reçoit en retour une subvention forfaitaire de 14 000 € par an de l’État. Environ 1 300 conventions CIFRE sont attribuées chaque année selon l’ANRT. Cette voie est particulièrement développée en sciences de gestion, informatique, ingénierie et sciences de l’environnement.
Financements ANR, Horizon Europe et organismes de recherche
Les projets ANR (Agence Nationale de la Recherche), les programmes Horizon Europe et les contrats des grands organismes (CNRS, INRAE, INSERM, INRIA, CEA) constituent d’autres sources de financement doctoral. Ces postes sont attribués directement par les laboratoires dans le cadre de leurs projets financés. Les doctorants rattachés à ces financements ont souvent l’obligation de rédiger un plan de gestion des données (PGD) ANR décrivant comment les données de recherche seront collectées, stockées et partagées.
Les aides complémentaires à la mobilité
Parallèlement au financement principal, plusieurs dispositifs permettent de financer des séjours de recherche à l’étranger ou des participations à des congrès internationaux : allocations de mobilité de l’ED, bourses de congrès des établissements, aides régionales spécifiques. Le guide complet des aides régionales à la mobilité étudiante en France 2026 recense les principaux dispositifs par région, dont certains sont accessibles aux doctorants.
Ressources officielles pour l’annuaire des écoles doctorales
Pour naviguer efficacement dans le paysage doctoral français, voici les ressources institutionnelles incontournables :
Annuaire MESRI (appliweb) — liste officielle des EDs par discipline, sous-discipline et région ; données issues directement du système d’information du ministère.
ADUM — plateforme nationale pour candidater, gérer les inscriptions annuelles et déposer le manuscrit de thèse.
doctorat.gouv.fr — portail officiel du doctorat français : réglementation, financement, reconnaissance internationale du titre de docteur.
HCERES — accès aux rapports d’évaluation des EDs par vague, permettant de comparer les indicateurs de performance.
Si votre parcours commence par un mémoire de master avant d’envisager une thèse, la méthodologie de rédaction et les normes bibliographiques sont très proches de celles du doctorat. Le guide comment rédiger un mémoire en 2026 aborde la structuration du cadre théorique, la gestion des sources et l’usage responsable de l’IA dans la rédaction académique. Pour les normes de citation bibliographique en vigueur dans les universités françaises, consultez également notre article sur la norme ISO 690 pour les citations et la bibliographie de mémoire 2026.
Foire aux questions
Combien y a-t-il d’écoles doctorales en France ?
Selon les données de l’annuaire MESRI (appliweb.dgri.education.fr), la France comptait 287 écoles doctorales accréditées à la rentrée universitaire 2022. Ce chiffre évolue d’une année sur l’autre en fonction des fusions d’établissements, des reconfigurations régionales et des nouvelles accréditations accordées par le MESR sur avis du HCERES. Consultez l’annuaire officiel pour le nombre actualisé.
Comment trouver l’école doctorale correspondant à ma discipline ?
Utilisez l’annuaire MESRI (appliweb.dgri.education.fr/annuaire/) et filtrez par discipline ou sous-discipline (ex. « sciences de l’information et de la communication »). Le portail Campus France (doctorat.campusfrance.org) offre également un filtre par domaine et par région. Si votre sujet est interdisciplinaire, consultez directement les laboratoires susceptibles d’accueillir votre thèse : ils sont rattachés à une ou plusieurs EDs précises.
Peut-on changer d’école doctorale en cours de thèse ?
Un changement d’ED en cours de thèse est possible mais rare et administrativement complexe. Il intervient généralement en cas de changement d’établissement, de changement de directeur de thèse ou d’évolution significative du sujet qui sort du périmètre disciplinaire de l’ED initiale. La démarche passe par une demande conjointe du doctorant et du directeur, validée par les deux EDs et les deux établissements porteurs. Vérifiez les conditions auprès de votre ED actuelle avant d’engager la procédure.
Quel est le salaire d’un doctorant avec un contrat doctoral en 2026 ?
Pour un contrat signé à partir du 1er janvier 2026, la rémunération mensuelle minimale est de 2 300 € brut (environ 1 850 € net), conformément à la loi de programmation de la recherche. Des missions complémentaires rémunérées — enseignement, valorisation, diffusion scientifique — peuvent augmenter ce montant. Un contrat CIFRE prévoit quant à lui un salaire brut annuel minimum de 27 600 €, versé par l’entreprise d’accueil, avec une subvention de 14 000 € versée à l’entreprise par l’ANRT.
Faut-il un financement pour s’inscrire en doctorat en France ?
Non, l’inscription en doctorat sans financement reste juridiquement possible. Cependant, la plupart des EDs regardent très favorablement — voire exigent — un financement avant d’accepter une inscription, particulièrement dans les disciplines scientifiques. En SHS et en lettres, des inscriptions sans financement sont plus souvent tolérées, à condition que le doctorant dispose de ressources propres ou d’un emploi compatible. Les EDs mettent en garde contre les risques élevés de non-achèvement en l’absence de financement dédié.
Qu’est-ce que le numéro d’une école doctorale et à quoi sert-il ?
Chaque école doctorale accréditée reçoit un numéro national unique attribué par le MESR (ex. ED 356, ED 478, ED 629). Ce numéro identifie l’ED dans tous les documents officiels : diplôme de doctorat, publications scientifiques, actes de colloques, dossiers d’évaluation HCERES. Il est stable et ne change pas lors des renouvellements d’accréditation, sauf en cas de fusion ou de réorganisation institutionnelle majeure.
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La rédaction d’un projet de thèse convaincant, d’un dossier de candidature pour un contrat doctoral ou de vos rapports d’avancement annuels exige clarté structurelle, rigueur méthodologique et respect des normes académiques françaises. Tesify est un assistant IA d’aide à la rédaction conçu spécifiquement pour les travaux universitaires — mémoires et thèses — avec un accent fort sur l’intégrité académique et la vérification de l’originalité du travail.
Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline
En France, 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance, selon la Note Flash SIES n°25 publiée en septembre 2024. Ce chiffre global masque des réalités très différentes selon la discipline, la nationalité et le secteur d’activité. Les docteurs en sciences et ingénierie affichent des taux d’emploi proches de 95 %, quand leurs homologues en sciences de la vie peinent à décrocher un poste stable dans les douze premiers mois. L’enquête IPDoc, conduite par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, offre la photographie la plus complète à ce jour de l’entrée sur le marché du travail après le doctorat.
Comprendre ces chiffres intéresse autant les doctorants en cours de thèse que les directeurs d’école doctorale et les responsables RH. Car derrière le taux d’emploi global se cache une dichotomie structurelle : l’emploi académique reste très précaire à court terme (seulement 45 % de postes stables dans le secteur public-académique à un an), tandis que le secteur privé offre de meilleures conditions de stabilité immédiate, notamment pour les profils scientifiques et d’ingénierie.
Résultat clé
À un an, 89 % des docteurs français 2020 sont en emploi, dont 49 % dans le secteur académique. Seulement 49 % occupent un poste stable (CDI ou équivalent). À trois ans, le taux d’emploi monte à 94 % et la stabilité à 66 %. Les sciences et ingénierie dominent en salaire médian (2 724 €/mois net à 3 ans), les SHS restent en retrait (2 000 €/mois à un an). Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 et EESR n°15.
Méthodologie de l’enquête IPDoc
L’enquête IPDoc (Insertion Professionnelle des Docteurs) est conduite chaque année par le Service statistique du MESR (SIES). La cinquième édition — IPDoc 2021 — a interrogé les docteurs diplômés en 2020, soit un an après l’obtention de leur diplôme. Le périmètre couvre 11 806 diplômes de doctorat délivrés en 2020, avec 10 146 docteurs contactés et un taux de réponse net de 64 %, soit 6 477 réponses exploitables. Les résultats sont publiés en septembre 2024 dans la Note Flash SIES n°25.
La même édition interroge également les docteurs diplômés en 2018 sur leur situation à trois ans (volet longitudinal IPDoc 2021). Cette double fenêtre temporelle — un an et trois ans — permet de mesurer la progression de l’insertion, le passage du précaire au stable, et l’évolution salariale au début de carrière. Les données nationales sexuées par discipline détaillée sont accessibles en open data sur data.gouv.fr.
Trois grands champs disciplinaires structurent les analyses : les sciences exactes et leurs applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie), les sciences de la vie et de la santé (biologie, médecine, pharmacie), et les sciences humaines et sociales (SHS : droit, économie, lettres, sciences sociales). Cette tripartition est celle retenue par le SIES dans l’ensemble de ses publications.
Taux d’emploi global à un an et à trois ans
Le taux d’insertion à un an s’établit à 89 % pour la cohorte 2020 — c’est-à-dire 89 % des docteurs en situation active sur le marché du travail occupent un emploi, quelle qu’en soit la nature. Ce résultat est cohérent avec les cohortes antérieures et confirme la robustesse globale du doctorat comme signal employabilité. À titre de comparaison, le taux d’insertion à un an des diplômés de master se situe autour de 88 à 92 % selon les disciplines, ce qui place le doctorat dans un registre comparable mais sans avantage net à très court terme.
À trois ans, le taux d’emploi progresse à 94 %, et la qualité de l’emploi s’améliore sensiblement : 90 % occupent un poste de cadre ou de profession intellectuelle supérieure, et 95 % travaillent à temps plein. Ces chiffres confirment que le doctorat, même s’il ne garantit pas une insertion immédiate dans les meilleures conditions, positionne ses titulaires dans le segment supérieur du marché du travail à horizon trois ans. Pour les aspects liés au financement du doctorat en France via les contrats doctoraux et le CIFRE, les conditions d’entrée sur le marché du travail varient également selon le type de financement reçu pendant la thèse.
Tableau 1 — Taux d’emploi des docteurs par horizon temporel (cohortes 2018-2020, France)
Le chiffre qui mérite le plus d’attention n’est pas le taux d’emploi brut mais le taux d’emploi stable : à un an, seuls 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé, titularisation dans le public, ou contrat de longue durée). Cela reflète la réalité de l’entrée dans la carrière académique, qui passe généralement par des post-doctorats, des ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche) ou des contrats à durée déterminée.
La répartition sectorielle à un an se divise ainsi : 49,1 % des docteurs en emploi travaillent dans le secteur académique (universités, CNRS, INSERM, CEA et autres organismes publics de recherche), tandis que le secteur privé et les autres structures absorbent les 51 % restants. Cette quasi-parité est trompeuse, car les conditions d’emploi diffèrent radicalement selon le secteur. Dans l’académique, moins de la moitié des postes sont stables à un an. Dans le secteur privé, le CDI est la norme dès l’embauche pour les profils scientifiques et d’ingénierie, ce qui explique l’avantage structurel du privé sur la stabilité immédiate.
Point de vigilance
Le taux d’emploi stable dans le secteur académique à un an s’établit à environ 45 % seulement, contre un taux bien supérieur dans le secteur privé pour les disciplines scientifiques. La précarité post-doctorale est donc avant tout un phénomène du secteur public académique, pas du marché du travail dans son ensemble.
À trois ans, la situation du secteur académique s’améliore : 66 % des docteurs toutes disciplines confondues occupent un emploi stable. Mais l’écart entre secteurs reste significatif : un docteur en sciences de la vie qui reste dans l’académique après un ou deux post-docs peut attendre cinq à sept ans avant d’accéder à un CDI ou un poste de titulaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles on observe une mobilité croissante vers le secteur privé, notamment dans l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies. Le phénomène de non-soutenance ou d’abandon en cours de thèse, documenté dans notre analyse du taux d’abandon en doctorat en France, s’explique en partie par ces perspectives perçues comme incertaines.
Données par discipline : emploi, CDI et salaire
Les disparités entre disciplines sont la variable la plus déterminante de l’insertion professionnelle des docteurs. L’enquête IPDoc ventile les résultats selon les trois grands champs disciplinaires, et les écarts sont substantiels, en particulier sur la stabilité de l’emploi à court terme.
Tableau 2 — Insertion professionnelle à 1 an par discipline (cohorte 2020)
Données interactives : taux d’insertion des docteurs à 1 an par discipline (cohorte 2020). Source : MESR-SIES, EESR n°18
Plusieurs constats se dégagent de ce tableau. Premièrement, le taux d’emploi à un an est élevé dans toutes les disciplines — les écarts entre champs restent inférieurs à 3 points. Deuxièmement, et c’est là l’information la plus saillante, le taux d’emploi stable à un an varie de 40 à 54 % selon la discipline. Les sciences de la vie enregistrent le score le plus faible, reflet direct de la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans ce secteur. Les SHS surprennent avec le taux le plus élevé (54 %), car une fraction importante des docteurs en lettres, droit ou économie s’insère directement dans des postes pérennes du secteur tertiaire (enseignement secondaire via l’agrégation, secteur public, cabinets de conseil).
À trois ans, les écarts se réduisent mais persistent. L’enquête EESR n°15 (Le devenir des docteurs trois ans après l’obtention de leur thèse) documente une stabilité à 69,7 % pour les sciences et ingénierie, 53,2 % pour les sciences de la vie et 70,3 % pour les SHS à l’horizon trois ans. Le rattrapage en sciences de la vie reste partiel, ce qui confirme la longueur des trajectoires post-doctorales dans ce champ.
L’effet nationalité : docteurs étrangers et secteur privé
La Note Flash SIES n°25 met en lumière une divergence marquée selon la nationalité. 57 % des docteurs de nationalité étrangère diplômés en France en 2020 travaillaient dans le secteur privé à un an, contre 40 % seulement pour les docteurs français. Cet écart de 17 points s’explique par plusieurs facteurs structurels.
D’abord, les docteurs étrangers sont davantage représentés dans les disciplines scientifiques et d’ingénierie, où l’insertion dans le privé est plus fréquente. Ensuite, l’accès au secteur académique français (maîtres de conférences, chargés de recherche) suppose pour les non-Européens une bonne maîtrise du français et une familiarité avec le système d’accréditation national, ce qui limite l’attractivité de cette voie. Enfin, les grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques, notamment en Île-de-France, recrutent activement des docteurs étrangers en CDI dès la soutenance, particulièrement en data science, intelligence artificielle et chimie.
La question de la rétention des docteurs étrangers en France est un enjeu de politique scientifique. Selon l’enquête à trois ans conduite par Dauphine PSL, 57 % des docteurs étrangers en emploi trois ans après la soutenance travaillent toujours en France — les 43 % restants ont rejoint un autre pays, souvent dans le cadre de post-doctorats internationaux ou d’emplois dans leurs pays d’origine. La mobilité internationale post-doctorale est donc un phénomène massif, particulièrement dans les disciplines à fort recrutement mondial (mathématiques, physique, informatique, biologie). Ce sujet est directement lié aux enjeux de science ouverte en France, où l’attractivité de la recherche française pour les profils internationaux conditionne aussi la visibilité des publications.
Salaires médians par discipline et secteur
Les données salariales de l’enquête IPDoc portent sur le salaire net mensuel, primes incluses, pour les docteurs employés à temps plein en France. À un an, les SHS affichent un salaire médian de 2 000 €/mois net, nettement inférieur à la médiane toutes disciplines. À trois ans, la médiane nationale remonte à 2 450 €/mois net, avec des écarts importants selon le champ disciplinaire.
Tableau 3 — Salaire net médian mensuel des docteurs à 3 ans par discipline (cohorte 2016-2018)
Discipline
Salaire médian (net/mois)
Part secteur privé
Taux cadres
Sciences & Ingénierie (docteurs-ingénieurs)
2 724 €
63 %
99 %
Toutes disciplines (médiane nationale)
2 450 €
~51 %
96 %
Sciences humaines & sociales
~2 000 €
~40 %
91 %
Source : MESR-SIES EESR n°15 (cohorte 3 ans) et IPDoc 2021 (SHS à 1 an). Salaires nets mensuels, primes incluses, temps plein.
Les docteurs-ingénieurs (sciences exactes et ingénierie) bénéficient d’un avantage salarial structurel de l’ordre de +11 % par rapport à la médiane nationale à trois ans. Cet avantage s’explique par la très forte demande des secteurs technologiques (semiconducteurs, intelligence artificielle, aérospatial, défense, énergie) pour des profils disposant à la fois d’une expertise théorique de niveau doctoral et d’une orientation applicative. Le secteur privé représente 63 % des débouchés pour ces profils.
À l’opposé, les SHS démarrent avec un désavantage salarial qui reflète principalement la forte part d’emploi académique (précaire à court terme) et le déclassement partiel observé dans certains sous-champs (lettres, arts, philosophie) où le débouché « enseignant du secondaire » reste prédominant. Il convient toutefois de nuancer : les docteurs en économie, droit des affaires ou sciences de gestion accèdent à des rémunérations proches de la médiane nationale, tandis que ceux en lettres classiques ou philosophie restent nettement en deçà.
La trajectoire à trois ans : convergence et divergences
La comparaison entre l’horizon un an et l’horizon trois ans fait apparaître une convergence générale : le taux d’emploi progresse, la stabilité s’améliore, et la part des cadres se consolide. Mais cette convergence est inégale selon les disciplines. Pour les sciences de la vie, le bond entre un an (40 % d’emploi stable) et trois ans (53,2 %) est réel mais insuffisant : plus d’un docteur sur deux dans ce champ n’a toujours pas de poste stable au bout de trois ans, ce qui reste une réalité difficile pour des diplômés qui ont consacré trois à cinq années à leur thèse.
En sciences et ingénierie, la trajectoire est beaucoup plus favorable. Le taux d’emploi stable passe de 51 % à 69,7 % entre un an et trois ans, et le taux de cadres frôle les 98 %. La durée de recherche d’emploi est généralement courte dans ces disciplines — souvent inférieure à deux mois — et les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents, notamment pour les docteurs ayant effectué une thèse CIFRE en entreprise. Le passage master-doctorat est d’ailleurs de plus en plus anticipé dès la phase de sélection en master, les étudiants préparant en amont leurs candidatures en école doctorale pour maximiser leurs chances d’insertion.
La mobilité internationale constitue une variable additionnelle : 32 % des docteurs travaillent à l’étranger trois ans après leur soutenance, dont 52 % des docteurs étrangers diplômés en France. Cette proportion est bien supérieure à celle observée pour d’autres niveaux de diplômes, reflétant la nature internationale de la carrière scientifique. Pour les Français, 17 % sont expatriés à trois ans, principalement en Europe du Nord, en Amérique du Nord et en Suisse.
Implications pour les doctorants et les employeurs
Ces statistiques d’insertion professionnelle dessinent plusieurs lignes d’action concrètes pour les différentes parties prenantes du doctorat.
Pour les doctorants : Le type de financement influe sur l’insertion. Un doctorant en contrat CIFRE bénéficie d’une immersion en entreprise qui facilite significativement le recrutement en CDI à la sortie. Les docteurs ayant effectué au moins un stage ou une mission en entreprise pendant leur thèse présentent des taux d’insertion dans le privé nettement supérieurs. La rédaction d’un CV doctoral adapté au secteur privé — qui valorise les compétences transversales (gestion de projet, analyse de données, communication scientifique) plutôt que la seule liste de publications — est une compétence à développer dès la deuxième année de thèse. Pour naviguer efficacement dans la phase de rédaction et de valorisation de la thèse, des outils comme Tesify permettent de structurer le manuscrit doctoral tout en anticipant les usages professionnels des données produites.
Pour les écoles doctorales : Les données IPDoc constituent un outil de pilotage précieux. Un taux d’emploi stable à un an inférieur à 40 % dans une discipline devrait déclencher une révision de l’offre de formation professionnelle et des partenariats avec le tissu économique local. Les résultats de l’enquête par établissement, disponibles sur data.gouv.fr, permettent de comparer les établissements et d’identifier les écoles doctorales les plus efficaces en termes d’insertion.
Pour les employeurs du secteur privé : La quasi-totalité des docteurs (90 % à un an, 96 % à trois ans) occupent des postes de cadre. Le recrutement doctoral dans le privé bénéficie d’un avantage de séniorité intellectuelle réel — un docteur apporte une capacité d’analyse, de synthèse et d’autonomie dans la conduite de projets complexes que les formations de niveau master ne transmettent pas systématiquement. Côté rentrée universitaire, les chiffres publiés dans notre analyse des chiffres clés de la rentrée 2026-2027 montrent que les inscriptions en doctorat restent stables, ce qui garantit un vivier de recrutement régulier pour les années à venir.
FAQ
Quel est le taux d’emploi des docteurs français un an après leur soutenance ?
Selon la Note Flash SIES n°25 (septembre 2024), 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance. Ce taux porte sur les docteurs en situation active sur le marché du travail. 90 % de ces emplois sont des postes de cadre, et 95 % sont à temps plein. Il existe des variations disciplinaires : les sciences et ingénierie approchent les 94 % de taux d’emploi, contre 92 % pour les sciences de la vie et les SHS.
Combien de docteurs obtiennent un CDI directement après la thèse ?
À un an, seulement 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé ou équivalent dans le public). Ce taux faible reflète la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans le secteur académique. À trois ans, le taux d’emploi stable monte à 66 %. Dans le secteur privé, notamment en sciences et ingénierie, les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents et le taux de stabilité est bien supérieur à la moyenne.
Quelle discipline offre les meilleures perspectives d’emploi après un doctorat ?
Les sciences et ingénierie présentent les meilleurs indicateurs globaux : taux d’emploi proche de 94 %, 51 % d’emplois stables à un an, salaire médian de 2 724 €/mois net à trois ans, et 63 % d’insertion dans le secteur privé. Les SHS présentent le taux de stabilité le plus élevé à un an (54 %), mais avec un salaire médian nettement inférieur. Les sciences de la vie souffrent de la précarité post-doctorale la plus longue (seulement 40 % de postes stables à un an).
Les docteurs étrangers s’insèrent-ils différemment dans le marché du travail français ?
Oui, avec une différence marquée sur le secteur d’activité. 57 % des docteurs étrangers diplômés en France travaillent dans le secteur privé à un an, contre 40 % pour les docteurs français. Les docteurs étrangers sont davantage présents dans les disciplines scientifiques et recrutés directement par des entreprises privées. Ils sont aussi plus mobiles à l’international : 43 % d’entre eux travaillent hors de France trois ans après leur soutenance.
Quel est le salaire médian d’un docteur en France au début de sa carrière ?
À trois ans post-soutenance, le salaire net médian mensuel toutes disciplines est de 2 450 € (primes incluses, temps plein). Les docteurs-ingénieurs en sciences et ingénierie atteignent une médiane de 2 724 €/mois, tandis que les SHS se situent autour de 2 000 €/mois à un an. Ces salaires sont des médianes nationales et peuvent varier significativement selon la région, le secteur (public/privé) et la taille de l’employeur.
Où trouver les données officielles d’insertion des docteurs par établissement ?
Les données nationales sexuées par discipline détaillée et les résultats par établissement sont disponibles en open data sur data.gouv.fr dans le jeu de données IP Doc. Les synthèses annuelles sont publiées dans les Notes Flash SIES, accessibles sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur. La dernière édition (Note Flash n°25, septembre 2024) porte sur la cohorte des diplômés 2020.
Le doctorat améliore-t-il vraiment l’employabilité par rapport au master ?
À court terme, l’avantage du doctorat sur le master est limité en termes de taux d’emploi brut (89 % à un an, comparable à un master professionnel bien ciblé). L’avantage réel est qualitatif : 90 à 96 % des docteurs accèdent à des postes de cadre, contre une proportion moindre pour les masters. À moyen terme (cinq ans et plus), les écarts salariaux en faveur du doctorat se creusent, particulièrement dans les secteurs R&D intensifs. Le coût d’opportunité (trois à cinq ans supplémentaires d’études) reste un facteur de décision central pour les étudiants.
iThenticate vs Turnitin : quelle différence pour votre thèse ou mémoire de recherche en 2026 ?
Votre directeur de thèse vous demande un rapport iThenticate avant la soumission. Votre université utilise Turnitin pour les mémoires de master. Deux noms qui sonnent familiers, deux outils qui portent le même logo — et pourtant deux produits radicalement différents dans leur fonctionnement, leur politique de stockage et leur public cible. Comprendre la différence entre iThenticate et Turnitin avant de soumettre votre thèse ou mémoire de recherche en 2026 peut vous éviter une erreur aux conséquences durables sur la confidentialité de vos travaux.
La confusion est compréhensible : les deux outils appartiennent au même groupe, Turnitin LLC, et s’appuient sur la même technologie de détection de similarité. Mais ils s’adressent à des populations d’utilisateurs distinctes — chercheurs et doctorants d’un côté, étudiants et institutions de l’autre — et leurs politiques de stockage des documents divergent sur un point essentiel pour la confidentialité d’une thèse non encore publiée.
Réponse rapide : iThenticate est destiné aux chercheurs, doctorants et revues académiques : les documents soumis ne sont pas archivés dans une base de données partagée. Turnitin est un outil institutionnel pour les étudiants dont les travaux sont stockés dans un référentiel commun. Si vous préparez une thèse ou soumettez un article à une revue, iThenticate est le choix standard.
Tableau comparatif iThenticate vs Turnitin
Ce tableau synthétise les différences vérifiées entre les deux produits au moment de la rédaction (mai 2026).
Critère
iThenticate
Turnitin
Public cible
Chercheurs, doctorants, revues, éditeurs
Étudiants, enseignants, établissements
Stockage des documents
Non archivés dans une base partagée — accessibles uniquement dans votre compte
Archivés dans la base Turnitin, comparés aux soumissions futures
90+ millions de titres de recherche via Crossref, MEDLINE, PubMed, ProQuest
47 milliards de pages web, 81 000 revues académiques, 1+ million de thèses étudiants
Rapport accepté par les revues
Oui — standard de la plupart des revues internationales
Non — généralement refusé par les revues académiques
Confidentialité RGPD
Données hébergées sur AWS (US, Europe, Asie-Pacifique), chiffrement TLS, pas de revente
Hébergement institutionnel, données soumises à la politique de l’établissement
Cas d’usage principal
Thèse de doctorat, article pour revue, manuscrit de recherche
Devoirs, mémoires de licence/master soumis via la plateforme universitaire
Même entreprise, deux produits distincts
iThenticate est un produit de Turnitin LLC, la même société qui édite Turnitin. Les deux outils reposent sur le même moteur de détection de similarité — ce sont leurs usages, leurs paramètres de stockage et leurs modèles d’accès qui diffèrent fondamentalement.
Turnitin a été conçu pour les établissements d’enseignement. Un professeur configure un devoir, les étudiants soumettent leurs travaux via la plateforme LMS, et chaque soumission est automatiquement archivée dans la base de données de Turnitin. Cette logique de cumul est volontaire : elle enrichit la base de référence afin de détecter les réutilisations entre promotions.
iThenticate a été développé pour répondre aux besoins des chercheurs et des éditeurs scientifiques. L’objectif n’est plus de surveiller un cours mais de permettre à un auteur de vérifier l’originalité de son manuscrit avant soumission, dans la plus stricte confidentialité. C’est pourquoi la politique de stockage est radicalement différente : iThenticate n’archive pas vos documents dans une base partagée.
Stockage des documents : la différence clé pour la thèse
Pour un doctorant ou un chercheur qui vérifie sa thèse avant soutenance, ce point est critique. Si vous soumettez votre thèse non publiée à Turnitin et que celle-ci est archivée, une future soumission de votre propre travail — lors de la mise en ligne sur HAL ou d’un article issu de la thèse — pourrait générer un taux de similarité élevé avec… vos propres écrits. C’est le phénomène d’auto-plagiat involontaire par indexation précoce.
Avec iThenticate, la situation est nettement différente. Selon plusieurs universités qui proposent l’outil à leurs chercheurs (Princeton, Georgia Southern, Naval Postgraduate School) :
Les documents uploadés ne sont accessibles que depuis votre compte personnel.
iThenticate n’ajoute pas votre manuscrit à une base de données partagée.
La suppression d’un document est définitive et aucune copie n’est conservée.
Le prestataire est contractuellement tenu à la confidentialité de vos travaux.
Les fichiers sont chiffrés lors du transfert et du stockage sur des serveurs AWS conformes aux standards internationaux de protection des données.
Cette architecture est particulièrement importante dans le contexte du RGPD et de la protection des données de recherche non publiées.
Bases de données comparées
Les deux outils n’interrogent pas exactement les mêmes corpus, ce qui influe sur la pertinence du rapport selon votre discipline.
iThenticate est orienté vers la littérature savante publiée. Il accède à plus de 90 millions de titres de recherche via Crossref (1 500 éditeurs membres), MEDLINE, PubMed et les thèses ProQuest. C’est la base la plus pertinente pour un chercheur qui veut s’assurer qu’aucun passage de son manuscrit ne chevauche une publication existante dans sa discipline.
Turnitin couvre un spectre plus large incluant les pages web (47 milliards) et un million de thèses étudiantes soumises par les établissements. Cette couverture est adaptée pour détecter du plagiat sur des sources généralistes ou des travaux de cours, mais moins pertinente pour valider l’originalité d’un article de recherche spécialisé.
Conséquence directe : la quasi-totalité des revues académiques à comité de lecture exige un rapport iThenticate, non un rapport Turnitin. Les comités éditoriaux considèrent que le corpus de référence d’iThenticate est plus fiable pour évaluer l’originalité d’un article scientifique.
Accès et tarification
Turnitin ne propose pas d’accès individuel direct. L’outil est accessible uniquement via une licence souscrite par votre établissement. Si votre université utilise Turnitin, votre accès est configuré par votre service pédagogique ; vous ne pouvez pas acheter un accès personnel.
iThenticate fonctionne avec un système de crédits individuels achetables directement sur ithenticate.com :
1 crédit = 1 fichier jusqu’à 25 000 mots, avec 5 révisions incluses (chaque révision remet la comptabilité à zéro pour ce fichier)
3 crédits = 1 fichier jusqu’à 75 000 mots (adapté aux thèses longues)
Les crédits n’ont pas de date d’expiration une fois achetés
Le compte a une durée de vie de 12 mois, renouvelée automatiquement à chaque achat de crédit
Certaines universités proposent également un accès institutionnel à iThenticate pour leurs doctorants et chercheurs — renseignez-vous auprès de votre bibliothèque universitaire ou de votre école doctorale avant d’acheter des crédits individuels.
Quand utiliser iThenticate ? Quand utiliser Turnitin ?
Utilisez iThenticate si :
Vous préparez une thèse de doctorat et souhaitez vérifier la similarité avant la soutenance
Vous soumettez un article à une revue académique internationale qui exige un rapport de similarité
Vous tenez à ce que votre manuscrit non publié ne soit pas archivé dans une base partagée
Vous êtes chercheur indépendant ou post-doctorant sans accès institutionnel à Turnitin
Votre directeur ou comité de thèse vous demande explicitement un rapport iThenticate
Utilisez Turnitin si :
Votre université vous demande de soumettre votre mémoire de licence ou master via sa plateforme Turnitin
Votre enseignant a configuré un devoir sur Turnitin et la soumission est obligatoire via ce canal
Vous souhaitez simplement vérifier un travail de cours avant rendu dans un cadre pédagogique
En résumé : pour tout travail de recherche original — thèse, HDR, article pour revue — iThenticate est le standard. Pour les travaux pédagogiques soumis à l’université, Turnitin est l’outil institutionnel habituel.
Tesify en amont : réduire la similarité avant iThenticate
Avoir accès au bon outil de détection est une chose ; obtenir un taux de similarité acceptable en est une autre. Un taux élevé sur iThenticate — même sans intention de plagiat — peut retarder la soumission d’un article ou fragiliser une soutenance.
La cause la plus fréquente d’un taux de similarité surprenant sur une thèse originale n’est pas le copier-coller, mais la répétition de formulations-types propres à un champ disciplinaire, les transitions mécaniques entre sections, ou le recyclage involontaire de phrases déjà utilisées dans des publications antérieures. C’est précisément là qu’un outil de réécriture académique intervient en amont.
Tesify propose un éditeur IA conçu pour la rédaction académique en français qui aide à reformuler les passages à fort taux de chevauchement tout en préservant la rigueur scientifique du propos. Contrairement à un simple paraphraseur, Tesify maintient le registre académique et les références en place — il reformule la forme sans altérer le fond.
Ce positionnement en amont d’iThenticate est cohérent avec la pratique de nombreux doctorants : d’abord rédiger et structurer avec un assistant comme Tesify, ensuite faire passer le manuscrit à iThenticate pour valider l’originalité, enfin soumettre. Pour comprendre comment humaniser un texte rédigé avec l’IA avant de le passer à un détecteur, l’article humaniser un texte IA avant Compilatio avec Tesify détaille la méthode applicable également à iThenticate.
Si vous cherchez une vue d’ensemble des outils de détection disponibles dans l’écosystème francophone — dont Compilatio, outil souvent utilisé par les universités françaises — le comparatif Tesify, Scribbr et Compilatio 2026 offre un état des lieux objectif des coûts et des fonctionnalités.
Prêt à réduire votre taux de similarité avant iThenticate ?
Utilisez Tesify pour reformuler vos passages critiques avec un registre académique irréprochable — sans perdre vos références ni votre argument.
iThenticate et Turnitin sont-ils vraiment la même chose ?
Non. Les deux produits appartiennent au même groupe (Turnitin LLC) et partagent le même moteur de détection, mais leurs paramètres de stockage, leur public cible et leur mode d’accès sont différents. iThenticate est destiné aux chercheurs avec des comptes individuels et sans archivage de documents ; Turnitin est un outil institutionnel où les travaux soumis sont archivés. Pour une thèse non publiée, la différence est importante.
Ma thèse sera-t-elle archivée si je la soumet à iThenticate ?
Non. iThenticate n’archive pas votre document dans une base de données partagée. Votre fichier est uniquement accessible depuis votre propre compte. La suppression est définitive et aucune copie n’est conservée par iThenticate. C’est un gage de confidentialité essentiel pour les travaux non encore publiés.
Pourquoi les revues académiques demandent-elles iThenticate et non Turnitin ?
Les revues académiques exigent iThenticate car sa base de données est centrée sur la littérature savante publiée (90+ millions de titres via Crossref, MEDLINE, PubMed) — la source la plus pertinente pour évaluer l’originalité d’un article scientifique. La base Turnitin, orientée vers les travaux étudiants et les pages web, est jugée insuffisante pour cet usage par les comités éditoriaux.
Combien coûte un crédit iThenticate en 2026 ?
Les crédits iThenticate sont achetables directement sur ithenticate.com. Un crédit permet de vérifier un fichier jusqu’à 25 000 mots avec 5 révisions incluses. Pour une thèse longue, 3 crédits couvrent jusqu’à 75 000 mots. Les crédits n’ont pas de date d’expiration une fois achetés. Certaines universités proposent un accès institutionnel gratuit — vérifiez d’abord auprès de votre bibliothèque ou école doctorale.
Quel taux de similarité est acceptable sur iThenticate pour une thèse ?
Il n’existe pas de seuil universel, mais la plupart des directeurs de thèse et revues considèrent un taux inférieur à 15-20 % comme acceptable, à condition que les correspondances détectées proviennent exclusivement de citations correctement référencées. Un taux élevé dû à des formulations génériques répétées peut être réduit en reformulant ces passages — c’est précisément ce qu’un outil comme Tesify aide à faire avant soumission.
Puis-je accéder à iThenticate sans passer par mon université ?
Oui. Contrairement à Turnitin qui nécessite une licence institutionnelle, iThenticate propose des comptes individuels avec achat de crédits directement sur ithenticate.com. N’importe quel chercheur, doctorant ou auteur indépendant peut créer un compte et acheter des crédits sans passer par son établissement.
iThenticate est-il conforme au RGPD ?
iThenticate stocke les données sur une infrastructure AWS sécurisée avec des centres de données en Europe, aux États-Unis et en Asie-Pacifique, conformes aux standards internationaux de protection des données. Les fichiers soumis sont chiffrés et ne sont ni partagés ni revendus. Pour les utilisateurs européens, cela constitue un niveau de protection aligné avec les exigences RGPD.
Compilatio est-il une alternative à iThenticate pour les doctorants en France ?
Compilatio est largement utilisé par les universités françaises pour les mémoires de master et les thèses dans un cadre institutionnel. Cependant, pour la soumission d’articles à des revues internationales, c’est iThenticate qui est demandé. Les deux outils ne sont pas interchangeables dans ce contexte. Compilatio reste très adapté pour les vérifications internes imposées par votre établissement, tandis qu’iThenticate est le standard des revues à comité de lecture.
Doctorat en France : attractivité internationale et profil des doctorants étrangers 2025 — les données SIES
La France occupe le 4e rang mondial pour l’accueil des doctorants en mobilité internationale. Ce résultat, documenté par les notes d’information SIES NI-2025-05 et NF-2025-14 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), coexiste avec un paradoxe structurel : le pays présente l’un des ratios d’entrée en doctorat les plus bas de l’espace OCDE. Comprendre cette tension — attractivité internationale avérée, faible accès national — est devenu un enjeu stratégique pour les établissements français, les candidats étrangers et les financeurs publics.
Les chiffres publiés par le MESR et Campus France pour l’attractivité doctorat France international statistiques 2025 permettent d’en dresser un tableau précis. Cet article synthétise ces données en croisant trois angles : la position de la France dans la compétition mondiale pour les doctorants étrangers, le profil détaillé de cette population, et les dynamiques de diplôme et de financement qui conditionnent l’avenir du dispositif doctoral français.
Résultat clé : 38 % des doctorants inscrits en France sont en mobilité internationale (moyenne UE : 25 %), ce qui place le pays au 4e rang mondial pour l’accueil doctoral étranger. Pourtant, avec seulement 2,0 nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur (contre 2,8 en moyenne OCDE et 3,7 en UE), la France présente un double visage : très attractive pour les candidats étrangers, mais sous-utilisée par ses propres diplômés.
La France au 4e rang mondial : ce que mesurent réellement les indicateurs
Selon les données compilées par Campus France dans ses Chiffres clés 2025, la France se classe au 4e rang mondial pour l’accueil des doctorants en mobilité internationale, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada. Cette mesure porte sur les étudiants qui ont quitté leur pays d’origine pour s’inscrire dans un programme doctoral à l’étranger — ce que les statistiques de l’OCDE désignent comme « étudiants mobiles au niveau doctoral ».
Ce rang n’est pas fortuit. Il résulte de plusieurs facteurs structurels : la gratuité relative des frais d’inscription dans les universités publiques françaises par rapport aux établissements anglophones, la densité du tissu de laboratoires de recherche, la reconnaissance internationale des grandes universités et des grandes écoles d’ingénieurs, ainsi que la présence de cotutelles internationales de thèse facilement accessibles. Pour de nombreux candidats africains et du Proche-Orient, la France représente également un accès à l’enseignement supérieur occidental dans un cadre linguistique familier.
L’indicateur clé qui reflète cette attractivité est la part des doctorants en mobilité internationale dans l’effectif doctoral total. En France, cette part s’établit à 38 %, soit 13 points au-dessus de la moyenne européenne de 25 %. Cette proportion place la France dans une catégorie à part en Europe continentale, aux côtés des Pays-Bas et de la Suisse.
Tableau 1 — Part des doctorants en mobilité internationale dans l’effectif doctoral total (sélection de pays, données OCDE/Campus France 2025)
Le paradoxe du ratio d’entrée : fort pour l’étranger, faible pour les nationaux
La note SIES NI-2025-05 met en évidence un paradoxe structurel que les seuls chiffres absolus de mobilité masquent. Si la France attire massivement les doctorants étrangers, son ratio d’entrée en doctorat — soit le nombre de nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur — est l’un des plus faibles de l’espace OCDE et européen.
En 2021, ce ratio s’établissait à 2,0 en France, contre 2,8 en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE et 3,7 dans l’Union européenne. Autrement dit : à entrée dans le supérieur équivalente, un étudiant européen est presque deux fois plus susceptible d’accéder au doctorat qu’un étudiant français.
Pourquoi ce faible ratio ? La structure du système français d’enseignement supérieur joue un rôle déterminant. Une proportion élevée des étudiants s’oriente vers des filières courtes et professionnalisantes (BTS, BUT, licences professionnelles) qui ne constituent pas un continuum vers la recherche doctorale. Par ailleurs, la culture de la recherche reste concentrée dans les universités et dans certaines grandes écoles, sans diffuser suffisamment vers l’ensemble des cursus de niveau master.
Ce constat a une conséquence directe sur la composition du corps doctoral : pour maintenir les effectifs, les écoles doctorales françaises sont structurellement dépendantes du recrutement international. La forte représentation des doctorants étrangers (38 %) n’est donc pas seulement le signe d’une attractivité ; c’est aussi le reflet d’un déficit national.
Profil des doctorants étrangers : origines, disciplines, établissements
Au total, environ 25 300 doctorants étrangers étaient inscrits en France en 2023-2024, répartis dans 270 écoles doctorales au sein de 57 établissements d’enseignement supérieur (source : Campus France, Chiffres clés 2025).
Origines géographiques
La géographie des origines reflète à la fois les réseaux historiques de la francophonie et l’internationalisation croissante de la formation doctorale. Les cinq premiers pays d’origine sont :
Tableau 2 — Principaux pays d’origine des doctorants étrangers en France, 2023-2024 (Campus France)
Pays d’origine
Effectif (doctorants)
Remarque
Chine
1 806
Stable sur 5 ans
Italie
1 622
Forte progression
Liban
1 534
20 % de tous les Libanais en France
Maroc
1 229
En recul sur 5 ans
Algérie
1 090
Recul de -24 % sur 5 ans
Un indicateur de concentration mérite d’être signalé : 39 % de l’ensemble des étudiants indiens présents en France sont inscrits au niveau doctoral — une proportion exceptionnellement élevée qui illustre que la France attire les Indiens principalement pour la recherche, non pour les cursus de premier ou second cycle.
Répartition par disciplines
La distribution disciplinaire des doctorants étrangers diffère sensiblement de celle de leurs homologues français. Les sciences dures et l’informatique concentrent l’essentiel des flux :
Sciences (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) : 53 % des inscriptions de doctorants étrangers
Lettres, sciences humaines et sociales : 28 %
Santé et médecine : minoritaire en volume, mais en croissance de +67 % sur cinq ans
Cette concentration en sciences est cohérente avec les données MESR sur l’ensemble de la population doctorale : en 2020, les disciplines ICT, sciences naturelles, mathématiques et statistiques représentaient déjà 37 % des doctorants en France. En revanche, la santé reste structurellement sous-représentée dans le doctorat français (5 % des inscriptions doctorales contre 21 % en moyenne dans l’UE), ce qui constitue une divergence notable vis-à-vis des systèmes américain et britannique.
Les universités hébergent 79 % des doctorants étrangers. Les écoles d’ingénieurs en accueillent 10 %, et les autres établissements (instituts, EPST, etc.) les 11 % restants. Cette prédominance universitaire s’explique par la densité des unités de recherche labellisées CNRS et par la plus grande accessibilité des universités aux candidats étrangers comparativement aux concours sélectifs des grandes écoles.
Tendances sur cinq ans : les baisses préoccupantes
Malgré son rang mondial, la France enregistre une érosion significative de ses effectifs doctoraux étrangers sur la période 2018-2023. La baisse globale est de -12 % sur cinq ans selon les données Campus France 2025 — un recul qui contraste avec la croissance observée dans la plupart des pays concurrents.
Les dynamiques sont toutefois très hétérogènes selon les origines :
Tableau 3 — Évolution des effectifs de doctorants étrangers en France par région d’origine, 2018-2023 (Campus France)
Région / Pays d’origine
Évolution 2018-2023
Algérie
-24 %
Tunisie
-35 %
Europe de l’Ouest (hors Italie)
-12 à -16 %
Amérique latine
-12 à -16 %
Italie
Forte hausse
Inde / Chine
Stable / légère progression
Les baisses en provenance du Maghreb s’expliquent par plusieurs facteurs conjugués : durcissement des conditions d’octroi des visas de long séjour, concurrence accrue des destinations anglophones (Canada, Allemagne), et tensions diplomatiques ponctuelles. La baisse tunisienne de -35 % est particulièrement préoccupante au regard des liens historiques entre les deux pays et de la forte tradition académique tunisienne.
À l’inverse, la progression italienne — qui hisse l’Italie au 2e rang des pays d’origine — traduit un phénomène de mobilité intra-européenne : face à un système doctoral national sous-financé, les doctorants italiens cherchent des financements à l’étranger. La France bénéficie ici de sa politique de contrat doctoral et de cotutelle.
Campus France — Chiffres clés 2025 : mobilité doctorale
La page interactive de Campus France présente l’ensemble des données sur les doctorants étrangers en France : origines, disciplines, établissements d’accueil et comparaisons internationales. Source de référence pour les statistiques SIES NI-2025-05.
Financement et durée de thèse : les données 2024-2025
Le financement est le principal levier d’attractivité du doctorat français — et aussi son principal point de fragilité comparatif. La note NF-2025-14 du MESR fournit les données les plus récentes sur ce sujet.
En 2024-2025, 81 % des doctorants inscrits en première année de thèse bénéficient d’un financement — une proportion en progression par rapport aux années précédentes. Cette évolution reflète la politique du Plan doctoral national, qui vise à généraliser le contrat doctoral et à réduire les situations de thèse sans financement, longtemps endémiques dans certaines disciplines des sciences humaines et sociales.
Le taux de 81 % masque toutefois de fortes disparités disciplinaires. En sciences dures, l’accès au financement est quasi-systématique depuis une décennie. En sciences humaines et sociales, en droit et en lettres, les taux restent structurellement plus faibles, même si la tendance est à la convergence. C’est dans ces disciplines que se concentrent paradoxalement les doctorants étrangers dont le financement provient de leur pays d’origine — bourses gouvernementales, financements d’ambassades ou ressources personnelles.
La durée des thèses évolue également : en 2024, la part des thèses soutenues en moins de 40 mois a progressé de 4 points de pourcentage. Ce raccourcissement partiel est un signal positif pour l’attractivité, notamment vis-à-vis des candidats étrangers qui préfèrent des durées prévisibles compatibles avec des financements à terme fixe.
Le nombre de docteurs diplômés en France en 2024 accuse une baisse de 3,0 % par rapport à 2023. Cette diminution succède à une hausse exceptionnelle de 9,6 % en 2023, elle-même imputable à un effet de rattrapage post-pandémique : de nombreuses thèses dont la soutenance avait été reportée en 2020-2021 se sont concentrées sur 2023.
Le recul de 2024 ne traduit donc pas une dégradation structurelle du système doctoral, mais le retour à une trajectoire normalisée après deux années atypiques. Les nouvelles inscriptions en 2024-2025 progressent d’ailleurs de 3,2 % — signe que l’entrée dans le dispositif doctoral reste dynamique.
La baisse de 3,0 % en 2024 doit être mise en regard des effectifs absolus : la France produit chaque année entre 16 000 et 17 000 docteurs, ce qui la place parmi les premiers producteurs européens en valeur absolue, derrière l’Allemagne mais devant l’Espagne et l’Italie.
Ces données rejoignent les constats sur le taux d’abandon en doctorat en France, qui soulignent que le goulot d’étranglement principal n’est pas l’entrée mais la phase de rédaction.
Insertion professionnelle des docteurs : l’avantage comparatif
L’attractivité d’une formation doctorale ne se mesure pas uniquement au nombre d’inscrits : elle se mesure aussi aux perspectives offertes aux diplômés. Sur ce point, les données MESR révèlent un avantage comparatif des docteurs français, mais un avantage moins marqué que dans les autres pays de l’OCDE.
Les titulaires d’un doctorat en France bénéficient d’un avantage d’environ 2 points de pourcentage sur leur taux d’emploi par rapport aux détenteurs d’un master ou d’un diplôme d’ingénieur. Dans le reste de l’OCDE, cet avantage est en moyenne de 4 points. L’écart tient en partie à la nature du marché du travail français, où les grandes entreprises ont historiquement privilégié les diplômes de grandes écoles pour leurs recrutements de cadres supérieurs.
Pour les docteurs étrangers, la question de l’insertion se pose différemment : une part significative d’entre eux retourne dans leur pays d’origine après la soutenance — phénomène qualifié de « fuite des cerveaux inversée ». D’autres s’insèrent dans le marché du travail français, contribuant à l’économie de la recherche et développement du pays.
Par ailleurs, les docteurs français sortent du cursus doctoral plus tôt que leurs homologues de la plupart des pays comparables — un atout pour une entrée précoce sur le marché du travail, à condition que la durée réduite de thèse ne se fasse pas au détriment de la qualité scientifique de la contribution.
Enjeux stratégiques et perspectives
Les données SIES pour 2025 dessinent un système doctoral français à la croisée des chemins. Quatre enjeux se dégagent.
Enjeu 1 — Consolider le financement doctoral universel. La progression vers les 81 % de doctorants de première année financés est réelle, mais le chemin vers 100 % reste long, notamment en sciences humaines. Un financement insuffisant fragilise l’attractivité internationale sur les segments de candidats qui ne peuvent mobiliser de bourses extérieures.
Enjeu 2 — Inverser la baisse des flux maghrébins. Les reculs de -24 % (Algérie) et -35 % (Tunisie) sur cinq ans représentent une perte substantielle pour la diversité du corps doctoral français. Les politiques de visas et les accords bilatéraux de recherche sont des leviers prioritaires.
Enjeu 3 — Augmenter le ratio d’entrée national. Un ratio de 2,0 pour 100 entrants dans le supérieur n’est pas compatible avec les ambitions de la France en matière de recherche et d’innovation. Cela suppose de mieux articuler les masters recherche avec le doctorat et de valoriser davantage le grade de docteur dans le recrutement privé.
Enjeu 4 — Développer la représentation en santé. La sous-représentation chronique de la santé dans le doctorat français (5 % contre 21 % en UE) est un angle mort stratégique, dans un contexte où les sciences biomédicales et pharmaceutiques concentrent une part croissante des financements de recherche mondiaux.
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FAQ
Quel est le rang de la France pour l’accueil des doctorants étrangers dans le monde ?
La France est le 4e pays d’accueil mondial des doctorants en mobilité internationale, selon les données Campus France 2025. Elle devance l’Australie et l’Allemagne, mais reste derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.
Quelle part des doctorants en France sont étrangers ?
38 % des doctorants inscrits en France sont en mobilité internationale, contre 25 % en moyenne dans l’Union européenne. Au total, environ 25 300 doctorants étrangers étaient inscrits en 2023-2024.
Quels pays envoient le plus de doctorants en France ?
Les principaux pays d’origine sont la Chine (1 806 doctorants), l’Italie (1 622), le Liban (1 534), le Maroc (1 229) et l’Algérie (1 090), selon les chiffres Campus France 2025.
Pourquoi le ratio d’entrée en doctorat est-il faible en France ?
La France enregistre seulement 2,0 nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur, contre 2,8 en moyenne OCDE et 3,7 en UE. Ce faible ratio s’explique par la forte proportion de filières professionnalisantes (BTS, BUT, licences pro) qui n’ouvrent pas sur le doctorat, et par une culture de la recherche encore concentrée dans certains types d’établissements.
Quel est le taux de financement des doctorants en première année en France en 2025 ?
En 2024-2025, 81 % des doctorants inscrits en première année bénéficient d’un financement, contre des niveaux inférieurs les années précédentes. Cette progression reflète les efforts du Plan doctoral national pour généraliser le contrat doctoral.
Le nombre de doctorants étrangers en France augmente-t-il ?
Non. Les effectifs de doctorants étrangers ont reculé de 12 % entre 2018 et 2023. Les baisses les plus marquées concernent l’Algérie (-24 %), la Tunisie (-35 %) et plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, même si certaines origines comme la Chine et l’Inde restent stables ou progressent légèrement.
Dans quelles disciplines les doctorants étrangers sont-ils les plus représentés en France ?
Les sciences (mathématiques, physique, chimie, informatique) concentrent 53 % des inscriptions de doctorants étrangers. Les lettres, sciences humaines et sociales représentent 28 %. La santé, bien que minoritaire en volume, a connu une croissance de 67 % sur cinq ans.
Combien de docteurs ont été diplômés en France en 2024 ?
Le nombre de docteurs diplômés en 2024 a baissé de 3,0 % après la forte hausse de 9,6 % enregistrée en 2023, laquelle s’expliquait par un effet de rattrapage post-pandémique. La part des thèses soutenues en moins de 40 mois a cependant progressé de 4 points de pourcentage.
Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE
En France, 81 % des doctorants de première année inscrits en 2024-2025 bénéficiaient d’un financement dédié pour leurs travaux de recherche, selon les données publiées par la plateforme nationale du doctorat. Ce chiffre, en hausse continue depuis vingt ans, témoigne de la volonté du système académique de ne plus laisser les doctorants sans ressources. Mais la réalité des montants, des conditions d’accès et des dispositifs disponibles reste souvent floue pour les candidats. Cet article rassemble les données vérifiables sur les financements du doctorat en France en 2026 — contrat doctoral public, CIFRE industriel et rôle de l’ANR — avec les références légales et officielles.
Résultat clé
Depuis le 1er janvier 2026, le contrat doctoral est rémunéré au minimum 2 300 € brut/mois (arrêté du 26 décembre 2022, applicable progressivement jusqu’en 2026). La CIFRE exige un salaire minimum identique de 2 300 € brut/mois, avec une subvention de 14 000 € par an versée à l’entreprise par l’ANRT. L’ANR soutient environ 1 800 doctorants par ses appels à projets, soit 11 % des primo-inscrits financés.
Panorama du financement doctoral en France (2024-2025)
Le MESR publie chaque année une note flash sur les doctorants et docteurs. Les données les plus récentes disponibles portent sur l’année universitaire 2023-2024 et sur les promotions de docteurs diplômés en 2023 et 2024.
69 432 doctorants inscrits au total en 2024-2025 (source).
17 000 primo-inscrits à la rentrée 2024, en hausse de 3,2 % par rapport à 2023.
Le contrat doctoral public : montants et cadre légal 2026
Le contrat doctoral est le principal mode de financement public en France. Créé par le décret n° 2009-464 du 23 avril 2009, il permet à un établissement public d’enseignement supérieur ou de recherche d’embaucher un doctorant en qualité d’agent contractuel de la fonction publique pour une durée initiale de trois ans.
Montants 2026 — évolution depuis 2021
La rémunération minimale a connu une revalorisation progressive fixée par l’arrêté du 26 décembre 2022 :
Évolution de la rémunération minimale du doctorant contractuel
Durée initiale : 3 ans, prorogeable deux fois (1 an maximum par prorogation).
Statut : agent contractuel de la fonction publique, avec affiliation à la Sécurité sociale et cotisation retraite.
Missions complémentaires optionnelles : enseignement (64 heures équivalent TD maximum), expertise ou diffusion de la culture scientifique, avec une rémunération complémentaire.
Attribution : via les Écoles Doctorales, sur concours ou sélection sur dossier ; le nombre de contrats alloués à chaque ED dépend de la dotation budgétaire du MESR et, pour certains, de crédits ANR ou PEPR.
La CIFRE : financement industriel, montants et statistiques
La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE) est gérée par l’Association Nationale Recherche Technologie (ANRT) pour le compte du MESR. Elle permet à une entreprise d’embaucher un doctorant pour mener des travaux de recherche en lien avec un laboratoire public.
Les données de l’ANRT mettent en avant des taux d’insertion professionnelle élevés pour les docteurs CIFRE :
91 % des docteurs CIFRE sont en emploi dans l’année suivant la fin de leur convention.
97 % sont en emploi dans les cinq ans.
Plus de 70 % poursuivent ou rejoignent le secteur privé, contre moins de 50 % pour l’ensemble des docteurs.
Plus de 4 500 partenariats actifs avec des entreprises de toutes tailles et secteurs au moment de la publication des données ANRT.
L’ANR et ses instruments de financement doctoral
L’Agence nationale de la recherche (ANR) ne finance pas directement les doctorants : elle alloue des budgets aux projets de recherche sélectionnés, qui peuvent inclure des postes de doctorants. En 2024-2025, l’ANR soutenait environ 1 800 doctorants primo-inscrits, représentant 11 % des primo-inscrits financés.
Budget ANR 2024
Le budget d’intervention de l’ANR pour l’exercice 2024 s’élevait à 1,24 milliard d’euros (source : ANR — Budget), en hausse de 3,9 % à périmètre constant par rapport à 2023. Depuis sa création, l’ANR a financé plus de 30 000 projets.
L’AAPG 2026 en chiffres
L’Appel à projets générique 2026 (AAPG 2026) mobilise cinq instruments : JCJC (jeunes chercheuses et chercheurs), PRME (projets ambitieux), PRC (collaboratif national), PRCI (collaboratif international) et PRCE (incluant une entreprise). Au terme de l’étape 1, 2 986 pré-propositions ont été sélectionnées pour passer à l’étape 2 parmi 7 290 éligibles, soit un taux de sélection de 40,9 %. Les projets retenus débuteront leurs travaux à partir de juillet 2026 (résultats étape 1 AAPG 2026).
Important : Les contrats doctoraux financés par l’ANR sont portés par le laboratoire coordinateur du projet, pas directement par l’ANR. C’est l’établissement d’accueil qui signe le contrat doctoral avec l’étudiant, dans le cadre légal du décret 2009-464.
Autres dispositifs : PEPR, DGA, collectivités, fondations
Au-delà des trois grands dispositifs, plusieurs sources de financement complémentaires existent :
Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR) : financés dans le cadre de France 2030, ces programmes thématiques (IA, santé, énergie, etc.) incluent des enveloppes pour doctorants. Certaines ED bénéficient d’allocations PEPR allouées via les établissements coordinateurs.
DGA (Direction générale de l’armement) : contrats doctoraux dans le domaine de la défense, gérés via des thèses DGA-CNRS ou DGA-universités.
Collectivités territoriales : régions et métropoles financent parfois des doctorats en lien avec leurs stratégies économiques (ex : Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes).
Fondations et mécènes : Fondation de France, Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), etc. pour des disciplines spécifiques.
Bourses européennes : Marie Skłodowska-Curie Actions (MSCA), ERC Starting Grant — des dispositifs compétitifs à fort prestige international.
Comparatif des principaux financements doctoraux 2026
Comparatif contrat doctoral / CIFRE / ANR (2026)
Critère
Contrat doctoral
CIFRE
Doctorat ANR
Employeur
Établissement public
Entreprise privée
Établissement public
Salaire min. brut/mois (2026)
2 300 €
2 300 €
2 300 € (idem décret)
Durée
3 ans (+ 2 × 1 an)
3 ans
3 ans (idem décret)
Subvention supplémentaire
Non
14 000 €/an à l’entreprise
Non
Orientation thématique
Libre (ED décide)
R&D appliquée, entreprise
Selon axes projet ANR
Nombre annuel (approx.)
~4 000–5 000
~1 300–1 857
~1 800
Conseils pratiques pour décrocher un financement
La compétition pour les financements doctoraux est réelle. Voici les leviers sur lesquels vous pouvez agir :
Contacter les laboratoires avant la publication des offres : les sujets de thèse MESR sont souvent pré-identifiés par les directeurs de recherche avant l’appel officiel de l’ED. Envoyer un dossier spontané en fin de M1 augmente vos chances.
Cibler les ED qui reçoivent des dotations ANR ou PEPR : les informations sur les projets en cours d’un laboratoire sont publiques sur le site ANR (liste des projets ANR).
Explorer la CIFRE si vous visez l’industrie : les offres sont publiées sur la plateforme de l’ANRT. Les secteurs informatique, ingénierie et sciences de la vie concentrent la majorité des postes.
Soigner votre mémoire de M2 : la qualité du mémoire est le premier critère d’évaluation pour une candidature en doctorat. Un document bien rédigé, avec une problématique claire et une revue de littérature solide, fait la différence. Notre article sur la mise en forme du mémoire et les conseils sur la gestion de la soutenance peuvent vous y aider.
Préparer son projet de recherche en amont : un synopsis de 2 à 5 pages présentant la question de recherche, les méthodes envisagées et la contribution attendue est souvent demandé dès la candidature à l’ED.
Finalisez votre mémoire de M2 avant de candidater en doctorat
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FAQ — Financements du doctorat en France
Quel est le salaire d’un doctorant contractuel en France en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, le montant minimum du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut par mois, conformément à l’arrêté du 26 décembre 2022. Ce montant est identique pour les CIFRE et pour les contrats financés par l’ANR dans les laboratoires publics. Les établissements peuvent verser davantage, selon leur politique salariale ou les missions complémentaires (enseignement, etc.).
Quelle est la différence entre un contrat doctoral et une CIFRE ?
Le contrat doctoral est un contrat de droit public avec un établissement d’enseignement supérieur ou de recherche. La CIFRE est un contrat de droit privé (CDI ou CDD) avec une entreprise : l’ANRT verse à l’entreprise une subvention de 14 000 €/an, et l’entreprise doit rémunérer le doctorant à hauteur d’au moins 2 300 € brut/mois en 2026. Les deux modes mènent au même diplôme de doctorat, mais la CIFRE implique une double appartenance (entreprise + laboratoire).
Est-il possible de faire un doctorat sans financement en France ?
Légalement, oui — il n’existe pas d’obligation légale de financement pour s’inscrire en doctorat. En pratique, la plupart des ED et des directeurs de thèse refusent de prendre en charge un doctorant non financé, surtout dans les sciences expérimentales. En sciences humaines et sociales, des doctorants en situation de salariat ou de cumul d’activités existent, mais cette configuration est de plus en plus rare et découragée.
Comment l’ANR finance-t-elle les doctorants ?
L’ANR ne signe pas de contrats directement avec les doctorants. Elle alloue un budget global à un projet de recherche sélectionné (via l’AAPG ou des appels thématiques), dans lequel le laboratoire peut prévoir des postes de doctorants. L’établissement porteur recrute alors le doctorant via un contrat doctoral standard, financé sur le budget du projet ANR. En 2024-2025, environ 1 800 primo-inscrits bénéficiaient ainsi d’un financement ANR.
Peut-on cumuler un contrat doctoral avec un enseignement ?
Oui. Le décret 2009-464 prévoit des missions complémentaires facultatives pour les doctorants contractuels, notamment l’enseignement dans la limite de 64 heures équivalent TD par an. Ces missions donnent lieu à une rémunération complémentaire. Elles sont contractualisées avec l’établissement et ne sont pas automatiques : elles font l’objet d’un avenant au contrat doctoral.
Charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 : ce que dit la loi
Depuis septembre 2022, chaque doctorant inscrit dans un établissement public français signe une charte du doctorat qui contient, sans exception possible, un paragraphe consacré à l’intégrité scientifique. Cette obligation n’est pas une recommandation pédagogique : elle découle d’un arsenal législatif précis, dont le texte central est l’arrêté du 26 août 2022 modifiant le cadre national de la formation doctorale publié au Journal officiel. Pour un doctorant qui entame sa thèse de doctorat en 2026, connaître ce cadre n’est pas optionnel : c’est une condition pour exercer sereinement une activité de recherche et, le jour venu, prêter le serment doctoral.
Derrière la charte se trouvent plusieurs textes qui s’emboîtent : la loi de programmation de la recherche (LPR) du 24 décembre 2020, le décret du 3 décembre 2021, l’arrêté d’août 2022 et les procédures de l’OFIS. Cet article en fait la cartographie complète, section par section, pour que vous sachiez exactement ce à quoi vous vous engagez, qui contrôle, et quelles sont les conséquences d’un manquement.
En bref : La charte d’intégrité scientifique est obligatoire depuis l’arrêté du 26 août 2022. Elle implique une formation à l’éthique de la recherche, la signature d’un engagement formel dès l’inscription, et la prestation d’un serment individuel lors de la soutenance. L’OFIS, département du Hcéres, supervise la mise en œuvre nationale et peut être saisi en cas de manquement avéré.
Le contexte législatif : LPR 2020 et décret de 2021
Le socle légal de l’intégrité scientifique en France repose sur la loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche, dite LPR. Ce texte inscrit pour la première fois l’intégrité scientifique dans le code de la recherche et dans le code de l’éducation, et confie au Hcéres des missions élargies en la matière. C’est dans ce cadre que l’OFIS a vu ses attributions formellement renforcées.
Premiers témoignages de docteurs prêtant le serment doctoral d’intégrité scientifique, organisés par l’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique).
La LPR a été complétée par le décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021, qui précise les obligations des établissements publics contribuant au service public de la recherche et des fondations reconnues d’utilité publique. Ce décret impose notamment à chaque établissement de nommer un référent à l’intégrité scientifique (RIS) et de lui fournir les moyens d’exercer ses missions : sensibilisation, formation, traitement des signalements, confidentialité des procédures.
Chronologie du cadre légal français sur l’intégrité scientifique
Texte
Date
Apport principal
Loi LPR n° 2020-1674
24 décembre 2020
Intégrité scientifique inscrite dans les codes de la recherche et de l’éducation ; missions OFIS/Hcéres renforcées
Décret n° 2021-1572
3 décembre 2021
Obligation pour les établissements de nommer un RIS et de définir les procédures de signalement
Arrêté du 26 août 2022
26 août 2022 (entrée en vigueur progressive)
Modification du cadre national du doctorat : charte révisée, formation obligatoire, serment doctoral instauré
L’arrêté du 26 août 2022 : les trois obligations clés
L’arrêté du 26 août 2022 modifie l’arrêté fondateur du 25 mai 2016 sur trois points qui touchent directement les doctorants.
1. Révision obligatoire de la charte du doctorat (article 12)
Chaque établissement d’enseignement supérieur public doit mettre à jour sa charte du doctorat pour y intégrer un paragraphe dédié à l’intégrité scientifique. Ce paragraphe doit inclure, sans modification possible, le texte du serment doctoral relatif à l’intégrité scientifique. Il peut servir de texte de référence dans toute formation à l’initiation à la recherche dès le niveau licence ou master.
2. Formation obligatoire à l’éthique et à l’intégrité (article 3)
Les écoles doctorales ont l’obligation de s’assurer que chaque doctorant bénéficie d’une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique. Cette formation peut prendre la forme d’un MOOC (comme le MOOC « Intégrité scientifique dans les métiers de la recherche » de l’Université de Bordeaux, proposé en accès libre), de séances en présentiel ou hybrides organisées par l’école doctorale.
3. Renforcement du comité de suivi individuel (article 13)
L’arrêté élargit le rôle du comité de suivi individuel du doctorant : il doit désormais identifier les situations de conflit d’intérêts, de discrimination, de harcèlement ou d’agissements sexistes, et les signaler aux cellules d’écoute et de veille de l’établissement. Cette disposition protège autant le doctorant que son encadrant.
Ce que doit contenir la charte : le texte de référence
Le paragraphe relatif à l’intégrité scientifique qui doit figurer dans chaque charte de doctorat engage l’établissement et le doctorant à promouvoir la recherche doctorale « dans le respect des exigences de l’intégrité scientifique ». En pratique, les chartes des grandes universités françaises — Sorbonne Université, Université de Bordeaux, Université Paris-Saclay, Aix-Marseille Université — comportent toutes cette section depuis l’année universitaire 2022-2023.
Ce paragraphe couvre généralement les points suivants :
Rigueur et honnêteté intellectuelle : obligation de présenter les résultats de manière exacte, sans sélection ni manipulation des données.
Transparence méthodologique : les méthodes doivent être décrites avec suffisamment de précision pour permettre la reproductibilité.
Gestion des conflits d’intérêts : tout lien d’intérêt financier ou personnel susceptible d’influencer la recherche doit être déclaré.
Propriété intellectuelle et plagiat : les travaux des autres doivent être correctement attribués ; l’auto-plagiat est également exclu.
Usage de l’intelligence artificielle générative : depuis 2023-2024, plusieurs chartes intègrent explicitement les conditions d’utilisation des outils d’IA dans la rédaction de la thèse.
Si votre charte ne mentionne pas explicitement l’intégrité scientifique, il est probable qu’elle n’a pas encore été mise à jour : signalez-le à votre école doctorale, car la conformité à l’arrêté du 26 août 2022 est une obligation légale.
Le serment doctoral d’intégrité scientifique
L’innovation la plus visible de l’arrêté du 26 août 2022 est l’introduction du serment doctoral, codifié à l’article 19 bis. À l’issue de la soutenance et en cas d’admission, chaque nouveau docteur prête serment individuellement. Le texte légal, tel qu’il figure sur Légifrance, est le suivant :
« En présence de mes pairs. Parvenu(e) à l’issue de mon doctorat en [xxx], et ayant ainsi pratiqué, dans ma quête du savoir, l’exercice d’une recherche scientifique exigeante, en cultivant la rigueur intellectuelle, la réflexivité éthique et dans le respect des principes de l’intégrité scientifique, je m’engage, pour ce qui dépendra de moi, dans la suite de ma carrière professionnelle quel qu’en soit le secteur ou le domaine d’activité, à maintenir une conduite intègre dans mon rapport au savoir, mes méthodes et mes résultats. »
Ce serment s’applique quelle que soit la trajectoire professionnelle ultérieure du docteur — secteur académique, entreprise, secteur public ou libéral. Il n’est pas symbolique : il constitue un engagement juridiquement opposable, et sa violation pourrait être invoquée dans une procédure disciplinaire ou judiciaire.
L’OFIS et le référent à l’intégrité scientifique (RIS)
L’Office Français de l’Intégrité Scientifique (OFIS) est un département du Hcéres, créé en 2017 et dont les missions ont été substantiellement élargies par la LPR 2020. Ses trois missions sont :
Expertise : coordonner la réflexion sur les normes, émettre des avis et des recommandations.
Observation : gérer un observatoire national sur la mise en œuvre des engagements d’intégrité scientifique dans les établissements.
Facilitation : contribuer à définir une politique nationale cohérente en matière d’intégrité de la recherche.
Au niveau de chaque établissement, c’est le référent à l’intégrité scientifique (RIS) qui constitue le premier interlocuteur. Nommé en application du décret du 3 décembre 2021, il est chargé de :
Participer à la définition de la politique d’intégrité scientifique de l’établissement ;
Coordonner les actions de sensibilisation et de formation (notamment pour les doctorants) ;
Recevoir et traiter les signalements de manquements potentiels, en garantissant la confidentialité ;
Rendre compte à la direction de l’établissement et, si nécessaire, saisir l’OFIS.
En 2022, l’OFIS a également publié des recommandations sur les modalités de déport des référents en cas de conflit d’intérêts, précisant la procédure à suivre pour qu’un RIS puisse solliciter auprès de l’OFIS la désignation d’un référent ad hoc.
La formation obligatoire en éthique et intégrité
La quasi-totalité des écoles doctorales françaises propose désormais une formation dédiée à l’intégrité scientifique. Les modalités varient :
MOOC en ligne : le MOOC « Intégrité scientifique dans les métiers de la recherche » est proposé par plusieurs universités, dont l’Université de Strasbourg (ED de chimie) et l’École doctorale SPI.bzh de Bretagne. Il est présenté comme obligatoire dans le cursus doctoral.
Séances en présentiel : l’École doctorale ED540 de l’ENS-PSL organise des sessions « Éthique & Intégrité Scientifique » spécifiquement pour ses doctorants.
Formation hybride : l’Université Paris Cité propose un module combinant ressources numériques et ateliers sur la science ouverte et l’intégrité scientifique.
Formation à Sorbonne Université : l’ED3C (Cerveau, Cognition, Comportement) de Sorbonne Université organise des sessions spécifiques « Ethics and Scientific Integrity » accessibles aux doctorants de toutes disciplines.
Ces formations abordent typiquement : la définition des manquements à l’intégrité (fabrication, falsification, plagiat — les trois « FFP »), les règles de co-autorat, la gestion des données de recherche, les conflits d’intérêts et la transparence des financements.
Manquements et conséquences : la procédure en pratique
Un manquement à l’intégrité scientifique peut prendre plusieurs formes : plagiat d’une thèse ou d’un article publié, fabrication ou falsification de données expérimentales, déclaration d’autorat frauduleuse, auto-plagiat non déclaré. Les conséquences sont graduées :
Saisine du RIS : toute personne ayant connaissance d’un manquement peut saisir le référent de l’établissement. La procédure est confidentielle.
Enquête interne : le RIS instruit le dossier, recueille les témoignages et rend un rapport à la direction. Si le manquement concerne le RIS lui-même, la procédure de déport permet de désigner un référent ad hoc via l’OFIS.
Sanctions disciplinaires : la section disciplinaire du conseil académique peut prononcer des sanctions allant de l’avertissement à l’exclusion définitive de tout établissement public d’enseignement supérieur.
Retrait du titre de docteur : en cas de manquement grave avéré, le titre peut être retiré par décision du président ou recteur, après avis du jury et des instances compétentes.
Poursuites pénales : le plagiat peut constituer une contrefaçon (articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle), passible de sanctions pénales. La fabrication ou falsification de données dans un contexte de recherche financée sur fonds publics peut relever d’infractions liées à la fraude.
Sur le plan éditorial, un article publié dans une revue à comité de lecture peut faire l’objet d’une rétractation si une violation d’intégrité est prouvée. Cette rétractation est enregistrée dans les bases de données bibliographiques et reste indélébilement associée au nom de l’auteur.
L’intégrité scientifique et la gestion des données de recherche sont deux obligations qui se renforcent mutuellement. Depuis le Plan national pour la science ouverte, les établissements sont encouragés — et, pour les projets financés par l’ANR, obligés — à produire un plan de gestion des données (PGD). Ce document trace le cycle de vie complet des données : collecte, anonymisation, stockage, partage et archivage.
Un PGD bien rédigé est la preuve documentaire que les données de votre thèse sont gérées conformément aux exigences d’intégrité. En cas de soupçon de falsification, il constitue un élément de défense majeur. Découvrez comment rédiger un PGD conforme aux attentes de l’ANR dans notre article sur le modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026.
Une fois votre thèse soutenue, la déposer sur HAL ou theses.fr s’inscrit également dans cette logique de transparence et d’accessibilité. Notre guide complet sur la façon de publier son mémoire sur HAL/DUMAS étape par étape détaille toutes les procédures en 2026.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène d’abandon en phase de rédaction — souvent lié à des difficultés de gestion des données et au stress de la conformité — les chiffres officiels sur le taux d’abandon en doctorat en France donnent un éclairage utile.
Pour un suivi global des ressources méthodologiques disponibles en ligne — HAL, DUMAS, theses.fr, Cairn — notre annuaire des guides méthodo HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn 2026 vous orientera vers les bons outils.
FAQ
La charte d’intégrité scientifique est-elle obligatoire pour tous les doctorants ?
Oui. Depuis l’arrêté du 26 août 2022, chaque établissement d’enseignement supérieur public doit intégrer un paragraphe relatif à l’intégrité scientifique dans sa charte du doctorat. Tous les doctorants inscrits dans ces établissements sont donc couverts par ce cadre légal, quelle que soit leur discipline ou leur école doctorale.
Qu’est-ce que le serment doctoral d’intégrité scientifique ?
Introduit par l’article 19 bis de l’arrêté du 26 août 2022, le serment doctoral est prêté individuellement par chaque nouveau docteur lors de la soutenance, en cas d’admission. Il engage le docteur à maintenir une conduite intègre dans son rapport au savoir, ses méthodes et ses résultats, quelle que soit sa future carrière professionnelle — académique ou non.
Quel est le rôle de l’OFIS ?
L’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique) est un département du Hcéres créé en 2017 dont les missions ont été renforcées par la loi de programmation de la recherche (LPR) du 24 décembre 2020. Il coordonne la réflexion sur les normes d’intégrité, gère un observatoire national et contribue à définir la politique nationale. En cas de conflit d’intérêts au sein d’un établissement, il peut désigner un référent ad hoc.
Qu’est-ce qu’un référent à l’intégrité scientifique (RIS) ?
Le décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021 oblige chaque établissement public de recherche à nommer un référent à l’intégrité scientifique (RIS). Ce référent coordonne les actions de sensibilisation et de formation, traite les signalements de manquements potentiels et garantit la confidentialité des procédures. Il constitue le premier point de contact avant toute saisine de l’OFIS.
La formation à l’éthique et à l’intégrité scientifique est-elle obligatoire en doctorat ?
Oui. L’article 3 de l’arrêté du 26 août 2022 impose aux écoles doctorales de s’assurer que chaque doctorant bénéficie d’une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique. La plupart des établissements proposent un MOOC dédié, des séances en présentiel ou une combinaison des deux, validés par une attestation de suivi.
Quelles sont les conséquences d’un manquement à l’intégrité scientifique ?
Les manquements à l’intégrité scientifique (fabrication ou falsification de données, plagiat, déclaration d’autorat frauduleuse) peuvent entraîner des sanctions disciplinaires allant jusqu’au retrait du titre de docteur, des poursuites pénales pour contrefaçon ou fraude, et la rétractation de publications scientifiques. La procédure débute par une saisine du RIS de l’établissement.
Les outils d’IA comme Tesify sont-ils compatibles avec la charte d’intégrité ?
Oui, à condition d’un usage transparent et encadré. Un outil comme Tesify assiste la rédaction sans substituer la pensée du chercheur : il aide à reformuler, structurer et vérifier la bibliographie, sans produire de contenu présenté comme original que vous n’auriez pas produit. L’essentiel est de mentionner dans votre thèse les outils utilisés, conformément aux recommandations croissantes des écoles doctorales depuis 2023.
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Respecter la charte d’intégrité scientifique, c’est aussi s’assurer que chaque citation est exacte, que les paraphrases sont clairement identifiables et que la bibliographie est irréprochable. Tesify vous aide à vérifier votre manuscrit avant le dépôt : détection du plagiat, reformulation académique conforme aux exigences de votre école doctorale, et vérification des références.