Catégorie : Cadre légal

  • Mémoire confidentiel en entreprise : clause, embargo et qui peut le lire (2026)

    Mémoire confidentiel en entreprise : clause, embargo et qui peut le lire (2026)

    Mémoire confidentiel en entreprise : clause, embargo et qui peut le lire (2026)

    Un mémoire confidentiel est un travail universitaire dont la diffusion est restreinte parce qu’il contient des informations sensibles appartenant à une entreprise. Cette restriction n’empêche ni l’évaluation ni la soutenance : elle limite uniquement qui peut lire le document, et pendant combien de temps.

    Réponse rapide : il faut distinguer deux régimes. L’embargo retarde la mise en ligne : le document reste en accès restreint pendant une durée limitée, puis devient librement accessible. La confidentialité est plus stricte : le travail n’est ni diffusé sur internet ni accessible à la communauté universitaire pendant toute sa durée. Les durées observées vont de six mois à cinq ans, parfois davantage ; un embargo doit en principe rester limité à un délai raisonnable, un à deux ans et cinq ans au maximum.

    Quelle différence entre confidentialité et embargo ?

    Les deux termes sont souvent employés indifféremment, à tort. Ils recouvrent des régimes de restriction très différents, et la confusion entre les deux est la première source d’erreur dans les demandes étudiantes.

    Embargo et confidentialité : deux régimes distincts
    Critère Embargo Confidentialité
    Diffusion sur internet Différée Exclue pendant la durée
    Accès communauté universitaire Accès restreint possible Non accessible
    Après la période Devient librement accessible Réexamen selon la situation
    Durée typique 1 à 2 ans, 5 ans maximum De 6 mois à 5 ans, parfois plus
    Motif fréquent Publication scientifique à venir, valorisation Secret industriel ou commercial, données sensibles

    En résumé : l’embargo retarde la publication d’un document destiné à devenir public ; la confidentialité soustrait le document à la consultation pendant toute sa durée. Un mémoire réalisé en entreprise sur un sujet stratégique relève généralement du second régime.

    Dossier universitaire marqué confidentiel posé sur un bureau d'entreprise
    La confidentialité soustrait le mémoire à la consultation ; l’embargo ne fait que différer sa mise en ligne.

    Quels motifs justifient la confidentialité ?

    La restriction de diffusion n’est jamais automatique : elle doit être motivée. Les motifs habituellement retenus sont :

    • la présence de données personnelles qui ne peuvent être suffisamment anonymisées ;
    • des documents protégés par le droit d’auteur reproduits dans le travail ;
    • le secret industriel et commercial — procédés, données financières, stratégie, fichiers clients ;
    • le secret administratif ;
    • des éléments relevant du secret de la défense nationale.

    Dans le cas d’un mémoire d’alternance ou de stage, c’est presque toujours le secret industriel et commercial qui est invoqué : chiffres d’affaires par segment, marges, coûts de production, données de performance interne ou éléments de stratégie non publiés.

    Lorsque le travail repose sur des entretiens ou des données personnelles, la question se double d’un enjeu de protection des données, traité dans notre article sur la conservation des données d’un mémoire après la soutenance.

    Qui peut lire un mémoire confidentiel ?

    C’est la question la plus fréquente, et la réponse rassure généralement les étudiants : la confidentialité ne bloque jamais l’évaluation. Le cercle de lecture est restreint, pas supprimé.

    Accès au mémoire selon le statut du lecteur
    Lecteur Accès pendant la confidentialité
    Directeur de mémoire Oui
    Membres du jury Oui, tenus à la discrétion
    Tuteur en entreprise Oui
    Communauté universitaire Non pendant la durée
    Public via internet, DUMAS ou HAL Non pendant la durée

    Les membres du jury reçoivent le document dans son intégralité et sont tenus à une obligation de discrétion sur son contenu. Le dépôt en archive ouverte, lui, est suspendu : la procédure habituelle décrite dans notre guide pour publier son mémoire sur HAL et DUMAS ne s’applique qu’à l’expiration de la période.

    Quelle durée demander ?

    La durée varie selon la sensibilité des données et les obligations contractuelles liant l’entreprise. Les durées constatées s’échelonnent de six mois à cinq ans, et peuvent s’étendre au-delà dans des cas particuliers. Pour l’embargo, la règle de bon sens généralement appliquée est celle d’un délai raisonnable : un à deux ans, cinq ans au maximum.

    Deux conseils pratiques s’imposent. D’abord, demandez la durée réellement nécessaire : une demande manifestement disproportionnée peut être refusée ou renégociée. Ensuite, sachez qu’une durée trop longue a un coût pour vous : un mémoire confidentiel pendant cinq ans ne peut pas être montré à un recruteur ni valorisé dans une candidature en doctorat pendant toute cette période.

    Comment demander la confidentialité ?

    La demande relève d’une procédure écrite, à engager avant le dépôt et non après. Les modalités précises varient d’un établissement à l’autre, mais la logique est constante.

    1. Identifier le besoin tôt — dès que le sujet est arrêté avec l’entreprise, et non à quelques jours du dépôt.
    2. Obtenir l’accord écrit de l’entreprise — courrier ou clause précisant les éléments sensibles et la durée souhaitée.
    3. Formuler une demande écrite motivée à l’établissement, indiquant le motif et la durée demandée.
    4. Obtenir la validation du directeur de mémoire puis du responsable compétent, selon le circuit propre à la formation.
    5. Signaler la mention sur le document — page de garde et, le cas échéant, en-tête ou pied de page.

    Une alternative mérite d’être envisagée systématiquement : l’anonymisation. Remplacer les noms par des codes, exprimer les chiffres sensibles en indices ou en pourcentages plutôt qu’en valeurs absolues, et reléguer les données brutes en annexe détachable suffit très souvent à lever la nécessité d’une confidentialité intégrale.

    Étudiant en alternance et tuteur en entreprise examinant un document contractuel
    La demande de confidentialité suppose un accord écrit de l’entreprise, obtenu avant le dépôt.

    Que doit contenir la clause de confidentialité ?

    Une clause utile est une clause précise. Une formule vague du type « ce document est confidentiel » laisse subsister toutes les ambiguïtés au moment où elles comptent. Les éléments à faire figurer sont :

    • l’objet : quels éléments précis sont couverts — chapitre, annexes, données chiffrées ;
    • la durée exacte, avec un point de départ identifiable (date de soutenance, par exemple) ;
    • le périmètre des personnes autorisées : jury, directeur, tuteur ;
    • les obligations attachées : non-reproduction, non-diffusion ;
    • le sort du document à l’échéance : diffusion, réexamen ou destruction des annexes sensibles.

    La question de la propriété du travail se pose souvent en parallèle : l’auteur du mémoire en reste titulaire des droits, ce que détaille notre article sur qui détient les droits d’auteur d’un mémoire de master. La confidentialité restreint la diffusion ; elle ne transfère pas la propriété intellectuelle à l’entreprise.

    La soutenance se déroule-t-elle à huis clos ?

    En principe, une soutenance est publique. Lorsque le mémoire est confidentiel, l’établissement peut organiser une soutenance à huis clos : seuls le candidat, le jury et les personnes expressément autorisées assistent à la séance.

    Certaines formations retiennent une solution intermédiaire : une partie publique portant sur la méthodologie et les résultats généraux, suivie d’une partie restreinte consacrée aux données sensibles. Cette organisation doit être décidée en amont avec le responsable de formation, pas le jour même.

    Pour les étudiants en alternance, ces contraintes s’ajoutent à la difficulté de concilier calendrier d’entreprise et calendrier universitaire, un sujet traité dans notre article sur la façon de concilier rédaction du mémoire et travail en entreprise.

    Questions fréquentes

    Quelle est la différence entre un mémoire confidentiel et un mémoire sous embargo ?

    L’embargo diffère la mise en ligne : le document reste en accès restreint puis devient librement accessible à la fin de la période. La confidentialité est plus stricte : le travail n’est ni diffusé sur internet ni accessible à la communauté universitaire pendant toute sa durée.

    Le jury peut-il lire un mémoire confidentiel ?

    Oui. Les membres du jury reçoivent le document dans son intégralité et sont tenus à une obligation de discrétion sur son contenu. La confidentialité restreint la diffusion publique, jamais l’évaluation universitaire du travail.

    Combien de temps peut durer la confidentialité d’un mémoire ?

    Les durées observées vont de six mois à cinq ans, voire davantage selon la sensibilité des données et les obligations contractuelles. Un embargo doit en principe rester limité à un délai raisonnable : un à deux ans, cinq ans au maximum.

    Quels motifs permettent de demander la confidentialité ?

    Les motifs retenus sont la présence de données personnelles non anonymisables, des documents protégés par le droit d’auteur, le secret industriel et commercial, le secret administratif ou des éléments relevant du secret de la défense nationale.

    La soutenance d’un mémoire confidentiel est-elle publique ?

    Elle peut se tenir à huis clos : seuls le candidat, le jury et les personnes autorisées y assistent. Certaines formations retiennent une formule mixte, avec une partie publique sur la méthodologie et une partie restreinte sur les données sensibles.

    L’entreprise devient-elle propriétaire du mémoire confidentiel ?

    Non. La confidentialité restreint la diffusion du document, elle n’opère aucun transfert de propriété intellectuelle. L’auteur du mémoire en reste titulaire des droits, sauf convention distincte et expresse signée par ailleurs.

    Peut-on éviter la confidentialité en anonymisant les données ?

    Très souvent, oui. Coder les noms, exprimer les chiffres sensibles en indices ou en pourcentages plutôt qu’en valeurs absolues et isoler les données brutes dans une annexe détachable suffit fréquemment à lever la nécessité d’une confidentialité intégrale.

  • Charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 : ce que dit la loi

    Charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 : ce que dit la loi

    Charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 : ce que dit la loi

    Depuis septembre 2022, chaque doctorant inscrit dans un établissement public français signe une charte du doctorat qui contient, sans exception possible, un paragraphe consacré à l’intégrité scientifique. Cette obligation n’est pas une recommandation pédagogique : elle découle d’un arsenal législatif précis, dont le texte central est l’arrêté du 26 août 2022 modifiant le cadre national de la formation doctorale publié au Journal officiel. Pour un doctorant qui entame sa thèse de doctorat en 2026, connaître ce cadre n’est pas optionnel : c’est une condition pour exercer sereinement une activité de recherche et, le jour venu, prêter le serment doctoral.

    Derrière la charte se trouvent plusieurs textes qui s’emboîtent : la loi de programmation de la recherche (LPR) du 24 décembre 2020, le décret du 3 décembre 2021, l’arrêté d’août 2022 et les procédures de l’OFIS. Cet article en fait la cartographie complète, section par section, pour que vous sachiez exactement ce à quoi vous vous engagez, qui contrôle, et quelles sont les conséquences d’un manquement.

    En bref : La charte d’intégrité scientifique est obligatoire depuis l’arrêté du 26 août 2022. Elle implique une formation à l’éthique de la recherche, la signature d’un engagement formel dès l’inscription, et la prestation d’un serment individuel lors de la soutenance. L’OFIS, département du Hcéres, supervise la mise en œuvre nationale et peut être saisi en cas de manquement avéré.

    Le socle légal de l’intégrité scientifique en France repose sur la loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche, dite LPR. Ce texte inscrit pour la première fois l’intégrité scientifique dans le code de la recherche et dans le code de l’éducation, et confie au Hcéres des missions élargies en la matière. C’est dans ce cadre que l’OFIS a vu ses attributions formellement renforcées.

    Premiers témoignages de docteurs prêtant le serment doctoral d’intégrité scientifique, organisés par l’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique).

    La LPR a été complétée par le décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021, qui précise les obligations des établissements publics contribuant au service public de la recherche et des fondations reconnues d’utilité publique. Ce décret impose notamment à chaque établissement de nommer un référent à l’intégrité scientifique (RIS) et de lui fournir les moyens d’exercer ses missions : sensibilisation, formation, traitement des signalements, confidentialité des procédures.

    Chronologie du cadre légal français sur l’intégrité scientifique
    Texte Date Apport principal
    Loi LPR n° 2020-1674 24 décembre 2020 Intégrité scientifique inscrite dans les codes de la recherche et de l’éducation ; missions OFIS/Hcéres renforcées
    Décret n° 2021-1572 3 décembre 2021 Obligation pour les établissements de nommer un RIS et de définir les procédures de signalement
    Arrêté du 26 août 2022 26 août 2022 (entrée en vigueur progressive) Modification du cadre national du doctorat : charte révisée, formation obligatoire, serment doctoral instauré

    L’arrêté du 26 août 2022 : les trois obligations clés

    L’arrêté du 26 août 2022 modifie l’arrêté fondateur du 25 mai 2016 sur trois points qui touchent directement les doctorants.

    1. Révision obligatoire de la charte du doctorat (article 12)

    Chaque établissement d’enseignement supérieur public doit mettre à jour sa charte du doctorat pour y intégrer un paragraphe dédié à l’intégrité scientifique. Ce paragraphe doit inclure, sans modification possible, le texte du serment doctoral relatif à l’intégrité scientifique. Il peut servir de texte de référence dans toute formation à l’initiation à la recherche dès le niveau licence ou master.

    2. Formation obligatoire à l’éthique et à l’intégrité (article 3)

    Les écoles doctorales ont l’obligation de s’assurer que chaque doctorant bénéficie d’une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique. Cette formation peut prendre la forme d’un MOOC (comme le MOOC « Intégrité scientifique dans les métiers de la recherche » de l’Université de Bordeaux, proposé en accès libre), de séances en présentiel ou hybrides organisées par l’école doctorale.

    3. Renforcement du comité de suivi individuel (article 13)

    L’arrêté élargit le rôle du comité de suivi individuel du doctorant : il doit désormais identifier les situations de conflit d’intérêts, de discrimination, de harcèlement ou d’agissements sexistes, et les signaler aux cellules d’écoute et de veille de l’établissement. Cette disposition protège autant le doctorant que son encadrant.

    Ce que doit contenir la charte : le texte de référence

    Le paragraphe relatif à l’intégrité scientifique qui doit figurer dans chaque charte de doctorat engage l’établissement et le doctorant à promouvoir la recherche doctorale « dans le respect des exigences de l’intégrité scientifique ». En pratique, les chartes des grandes universités françaises — Sorbonne Université, Université de Bordeaux, Université Paris-Saclay, Aix-Marseille Université — comportent toutes cette section depuis l’année universitaire 2022-2023.

    Ce paragraphe couvre généralement les points suivants :

    • Rigueur et honnêteté intellectuelle : obligation de présenter les résultats de manière exacte, sans sélection ni manipulation des données.
    • Transparence méthodologique : les méthodes doivent être décrites avec suffisamment de précision pour permettre la reproductibilité.
    • Gestion des conflits d’intérêts : tout lien d’intérêt financier ou personnel susceptible d’influencer la recherche doit être déclaré.
    • Propriété intellectuelle et plagiat : les travaux des autres doivent être correctement attribués ; l’auto-plagiat est également exclu.
    • Usage de l’intelligence artificielle générative : depuis 2023-2024, plusieurs chartes intègrent explicitement les conditions d’utilisation des outils d’IA dans la rédaction de la thèse.

    Si votre charte ne mentionne pas explicitement l’intégrité scientifique, il est probable qu’elle n’a pas encore été mise à jour : signalez-le à votre école doctorale, car la conformité à l’arrêté du 26 août 2022 est une obligation légale.

    Le serment doctoral d’intégrité scientifique

    L’innovation la plus visible de l’arrêté du 26 août 2022 est l’introduction du serment doctoral, codifié à l’article 19 bis. À l’issue de la soutenance et en cas d’admission, chaque nouveau docteur prête serment individuellement. Le texte légal, tel qu’il figure sur Légifrance, est le suivant :

    « En présence de mes pairs. Parvenu(e) à l’issue de mon doctorat en [xxx], et ayant ainsi pratiqué, dans ma quête du savoir, l’exercice d’une recherche scientifique exigeante, en cultivant la rigueur intellectuelle, la réflexivité éthique et dans le respect des principes de l’intégrité scientifique, je m’engage, pour ce qui dépendra de moi, dans la suite de ma carrière professionnelle quel qu’en soit le secteur ou le domaine d’activité, à maintenir une conduite intègre dans mon rapport au savoir, mes méthodes et mes résultats. »

    Ce serment s’applique quelle que soit la trajectoire professionnelle ultérieure du docteur — secteur académique, entreprise, secteur public ou libéral. Il n’est pas symbolique : il constitue un engagement juridiquement opposable, et sa violation pourrait être invoquée dans une procédure disciplinaire ou judiciaire.

    L’OFIS et le référent à l’intégrité scientifique (RIS)

    L’Office Français de l’Intégrité Scientifique (OFIS) est un département du Hcéres, créé en 2017 et dont les missions ont été substantiellement élargies par la LPR 2020. Ses trois missions sont :

    • Expertise : coordonner la réflexion sur les normes, émettre des avis et des recommandations.
    • Observation : gérer un observatoire national sur la mise en œuvre des engagements d’intégrité scientifique dans les établissements.
    • Facilitation : contribuer à définir une politique nationale cohérente en matière d’intégrité de la recherche.

    Au niveau de chaque établissement, c’est le référent à l’intégrité scientifique (RIS) qui constitue le premier interlocuteur. Nommé en application du décret du 3 décembre 2021, il est chargé de :

    • Participer à la définition de la politique d’intégrité scientifique de l’établissement ;
    • Coordonner les actions de sensibilisation et de formation (notamment pour les doctorants) ;
    • Recevoir et traiter les signalements de manquements potentiels, en garantissant la confidentialité ;
    • Rendre compte à la direction de l’établissement et, si nécessaire, saisir l’OFIS.

    En 2022, l’OFIS a également publié des recommandations sur les modalités de déport des référents en cas de conflit d’intérêts, précisant la procédure à suivre pour qu’un RIS puisse solliciter auprès de l’OFIS la désignation d’un référent ad hoc.

    La formation obligatoire en éthique et intégrité

    La quasi-totalité des écoles doctorales françaises propose désormais une formation dédiée à l’intégrité scientifique. Les modalités varient :

    • MOOC en ligne : le MOOC « Intégrité scientifique dans les métiers de la recherche » est proposé par plusieurs universités, dont l’Université de Strasbourg (ED de chimie) et l’École doctorale SPI.bzh de Bretagne. Il est présenté comme obligatoire dans le cursus doctoral.
    • Séances en présentiel : l’École doctorale ED540 de l’ENS-PSL organise des sessions « Éthique & Intégrité Scientifique » spécifiquement pour ses doctorants.
    • Formation hybride : l’Université Paris Cité propose un module combinant ressources numériques et ateliers sur la science ouverte et l’intégrité scientifique.
    • Formation à Sorbonne Université : l’ED3C (Cerveau, Cognition, Comportement) de Sorbonne Université organise des sessions spécifiques « Ethics and Scientific Integrity » accessibles aux doctorants de toutes disciplines.

    Ces formations abordent typiquement : la définition des manquements à l’intégrité (fabrication, falsification, plagiat — les trois « FFP »), les règles de co-autorat, la gestion des données de recherche, les conflits d’intérêts et la transparence des financements.

    Manquements et conséquences : la procédure en pratique

    Un manquement à l’intégrité scientifique peut prendre plusieurs formes : plagiat d’une thèse ou d’un article publié, fabrication ou falsification de données expérimentales, déclaration d’autorat frauduleuse, auto-plagiat non déclaré. Les conséquences sont graduées :

    1. Saisine du RIS : toute personne ayant connaissance d’un manquement peut saisir le référent de l’établissement. La procédure est confidentielle.
    2. Enquête interne : le RIS instruit le dossier, recueille les témoignages et rend un rapport à la direction. Si le manquement concerne le RIS lui-même, la procédure de déport permet de désigner un référent ad hoc via l’OFIS.
    3. Sanctions disciplinaires : la section disciplinaire du conseil académique peut prononcer des sanctions allant de l’avertissement à l’exclusion définitive de tout établissement public d’enseignement supérieur.
    4. Retrait du titre de docteur : en cas de manquement grave avéré, le titre peut être retiré par décision du président ou recteur, après avis du jury et des instances compétentes.
    5. Poursuites pénales : le plagiat peut constituer une contrefaçon (articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle), passible de sanctions pénales. La fabrication ou falsification de données dans un contexte de recherche financée sur fonds publics peut relever d’infractions liées à la fraude.

    Sur le plan éditorial, un article publié dans une revue à comité de lecture peut faire l’objet d’une rétractation si une violation d’intégrité est prouvée. Cette rétractation est enregistrée dans les bases de données bibliographiques et reste indélébilement associée au nom de l’auteur.

    Pour tout ce qui concerne la collecte et la protection des données personnelles dans votre thèse, consultez également notre guide sur le protocole RGPD pour les entretiens de mémoire et de thèse 2026.

    Lien avec la gestion des données de recherche

    L’intégrité scientifique et la gestion des données de recherche sont deux obligations qui se renforcent mutuellement. Depuis le Plan national pour la science ouverte, les établissements sont encouragés — et, pour les projets financés par l’ANR, obligés — à produire un plan de gestion des données (PGD). Ce document trace le cycle de vie complet des données : collecte, anonymisation, stockage, partage et archivage.

    Un PGD bien rédigé est la preuve documentaire que les données de votre thèse sont gérées conformément aux exigences d’intégrité. En cas de soupçon de falsification, il constitue un élément de défense majeur. Découvrez comment rédiger un PGD conforme aux attentes de l’ANR dans notre article sur le modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026.

    Une fois votre thèse soutenue, la déposer sur HAL ou theses.fr s’inscrit également dans cette logique de transparence et d’accessibilité. Notre guide complet sur la façon de publier son mémoire sur HAL/DUMAS étape par étape détaille toutes les procédures en 2026.

    Pour comprendre l’ampleur du phénomène d’abandon en phase de rédaction — souvent lié à des difficultés de gestion des données et au stress de la conformité — les chiffres officiels sur le taux d’abandon en doctorat en France donnent un éclairage utile.

    Enfin, les portails de référence comme l’OFIS sur le site du Hcéres et la page Science ouverte du MESR concentrent les textes officiels et les recommandations à jour pour 2026.

    Pour un suivi global des ressources méthodologiques disponibles en ligne — HAL, DUMAS, theses.fr, Cairn — notre annuaire des guides méthodo HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn 2026 vous orientera vers les bons outils.

    FAQ

    La charte d’intégrité scientifique est-elle obligatoire pour tous les doctorants ?

    Oui. Depuis l’arrêté du 26 août 2022, chaque établissement d’enseignement supérieur public doit intégrer un paragraphe relatif à l’intégrité scientifique dans sa charte du doctorat. Tous les doctorants inscrits dans ces établissements sont donc couverts par ce cadre légal, quelle que soit leur discipline ou leur école doctorale.

    Qu’est-ce que le serment doctoral d’intégrité scientifique ?

    Introduit par l’article 19 bis de l’arrêté du 26 août 2022, le serment doctoral est prêté individuellement par chaque nouveau docteur lors de la soutenance, en cas d’admission. Il engage le docteur à maintenir une conduite intègre dans son rapport au savoir, ses méthodes et ses résultats, quelle que soit sa future carrière professionnelle — académique ou non.

    Quel est le rôle de l’OFIS ?

    L’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique) est un département du Hcéres créé en 2017 dont les missions ont été renforcées par la loi de programmation de la recherche (LPR) du 24 décembre 2020. Il coordonne la réflexion sur les normes d’intégrité, gère un observatoire national et contribue à définir la politique nationale. En cas de conflit d’intérêts au sein d’un établissement, il peut désigner un référent ad hoc.

    Qu’est-ce qu’un référent à l’intégrité scientifique (RIS) ?

    Le décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021 oblige chaque établissement public de recherche à nommer un référent à l’intégrité scientifique (RIS). Ce référent coordonne les actions de sensibilisation et de formation, traite les signalements de manquements potentiels et garantit la confidentialité des procédures. Il constitue le premier point de contact avant toute saisine de l’OFIS.

    La formation à l’éthique et à l’intégrité scientifique est-elle obligatoire en doctorat ?

    Oui. L’article 3 de l’arrêté du 26 août 2022 impose aux écoles doctorales de s’assurer que chaque doctorant bénéficie d’une formation à l’éthique de la recherche et à l’intégrité scientifique. La plupart des établissements proposent un MOOC dédié, des séances en présentiel ou une combinaison des deux, validés par une attestation de suivi.

    Quelles sont les conséquences d’un manquement à l’intégrité scientifique ?

    Les manquements à l’intégrité scientifique (fabrication ou falsification de données, plagiat, déclaration d’autorat frauduleuse) peuvent entraîner des sanctions disciplinaires allant jusqu’au retrait du titre de docteur, des poursuites pénales pour contrefaçon ou fraude, et la rétractation de publications scientifiques. La procédure débute par une saisine du RIS de l’établissement.

    Les outils d’IA comme Tesify sont-ils compatibles avec la charte d’intégrité ?

    Oui, à condition d’un usage transparent et encadré. Un outil comme Tesify assiste la rédaction sans substituer la pensée du chercheur : il aide à reformuler, structurer et vérifier la bibliographie, sans produire de contenu présenté comme original que vous n’auriez pas produit. L’essentiel est de mentionner dans votre thèse les outils utilisés, conformément aux recommandations croissantes des écoles doctorales depuis 2023.

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    Respecter la charte d’intégrité scientifique, c’est aussi s’assurer que chaque citation est exacte, que les paraphrases sont clairement identifiables et que la bibliographie est irréprochable. Tesify vous aide à vérifier votre manuscrit avant le dépôt : détection du plagiat, reformulation académique conforme aux exigences de votre école doctorale, et vérification des références.

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