Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026
Depuis le plan d’action 2019 de l’Agence nationale de la recherche (ANR), tout projet financé par l’agence doit être accompagné d’un plan de gestion des données (PGD) — ou data management plan (DMP) en anglais. Ce document vivant décrit comment les données produites dans le cadre d’un projet seront collectées, documentées, stockées, partagées et préservées tout au long du cycle de recherche. Pourtant, beaucoup de doctorants et de maîtres de conférences découvrent la contrainte au dernier moment, faute d’un modèle clair à portée de main. Cet article propose un modèle structuré, section par section, conforme aux exigences actuelles de l’ANR pour 2026.
Que vous rédigiez une thèse à l’Université Paris Cité, à Aix-Marseille Université ou à Sciences Po, et que votre laboratoire soit rattaché à l’ANR ou à Horizon Europe, le PGD répond désormais à des standards formels. La plateforme nationale DMP OPIDoR, hébergée par Inist-CNRS, met à disposition un modèle structuré en français directement aligné sur les attentes de l’ANR — et il est gratuit.
1. Pourquoi le PGD est devenu incontournable en 2026
La science ouverte n’est plus un simple idéal militant : elle est désormais inscrite dans le paysage institutionnel français. Le Plan national pour la science ouverte (PNSO), piloté par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), fait de la gestion des données un axe stratégique. Parallèlement, Horizon Europe — le programme-cadre européen — exige lui aussi un DMP pour la quasi-totalité des projets qu’il finance.
Concrètement, pour tout projet ANR dont le démarrage scientifique intervient à partir du plan d’action 2019, la production d’un PGD conditionne le versement final des financements. L’agence a précisé ses attentes via sa FAQ officielle sur le PGD : le document n’est pas une formalité administrative, mais un véritable outil de pilotage des données qui évolue avec le projet.
Au-delà de l’obligation formelle, rédiger un PGD présente des avantages concrets :
- Anticiper les questions de stockage et de sauvegarde avant qu’elles ne deviennent des urgences ;
- Clarifier dès le départ les droits d’accès aux données entre partenaires du consortium ;
- Faciliter la réutilisation des données par d’autres équipes après la clôture du projet ;
- Démontrer aux évaluateurs et aux jurys de thèse que la démarche de recherche respecte les principes FAIR (Trouvable, Accessible, Interopérable, Réutilisable).
Pour les doctorants qui s’interrogent sur la structure globale de leur projet de recherche, l’article justifier le choix de sa méthodologie dans un mémoire 2026 apporte des repères complémentaires sur l’articulation entre terrain, données et cadre théorique.
2. DMP OPIDoR : l’outil officiel recommandé par l’ANR
DMP OPIDoR (Data Management Plan for the Optimization of Sharing and Interoperability of Research Data) est la plateforme nationale de référence pour rédiger des PGD en France. Hébergée et maintenue par Inist-CNRS, elle est construite sur le code open source DMPRoadmap et mise à disposition gratuitement de l’ensemble de la communauté ESR.
| Fonctionnalité | Détail |
|---|---|
| Modèles prédéfinis | ANR, CNRS, Science Europe, Horizon Europe, modèles institutionnels |
| Collaboration | Co-propriétaire, éditeur, lecture seule — travail en équipe possible |
| Machine-actionable | Export JSON/maDMP pour interopérabilité avec data.gouv et autres systèmes |
| Formats d’export | PDF, DOCX, HTML, JSON — pour dépôt dans les systèmes de l’ANR |
| Recommandations guidées | Exemples et conseils affichés pour chaque champ du questionnaire |
| Nouveauté 2025–2026 | Partage automatisé du contenu PGD structuré vers l’ANR directement depuis la plateforme |
Pour accéder au modèle ANR, connectez-vous sur dmp.opidor.fr, créez un nouveau plan et sélectionnez « Agence nationale de la recherche (ANR) » comme financeur. Le modèle structuré officiel, disponible en français et en anglais, se charge automatiquement.
Depuis juin 2025, une nouvelle fonctionnalité de partage automatisé permet à un porteur de projet de transmettre le contenu du PGD structuré directement à l’ANR depuis l’interface — sans export manuel ni envoi par courriel, selon l’annonce officielle de l’ANR.
3. Les six sections du modèle ANR : contenu et exemples
Le modèle ANR structuré comprend six sections. Voici, pour chacune, les questions clés, les éléments attendus et un exemple de formulation.
Section 1 — Informations générales
Ce qu’on y met : titre du projet, acronyme, numéro ANR, durée, porteur principal, établissement hébergeur, partenaires.
Exemple de formulation : « Projet ANR-25-XXXX-0001 “NeuroCog”, durée 48 mois, porteur : Université de Bordeaux, partenaires : INSERM U1234, CEA Paris-Saclay. »
Section 2 — Description des données
Ce qu’on y met : types de données produites ou réutilisées (textuelles, numériques, images, enregistrements), volume estimé, formats de fichiers, méthodes de collecte.
Exemple : « Données primaires : entretiens semi-directifs (n=40, format WAV, ~2 Go) et questionnaires en ligne (CSV, ~5 000 lignes). Données secondaires : bases de données INSEE réutilisées sous licence Open Data. »
Si vous conduisez des entretiens impliquant des personnes physiques, la section données doit renvoyer à votre protocole d’anonymisation. L’article protocole RGPD pour les entretiens de mémoire 2026 fournit un modèle d’anonymisation directement applicable.
Section 3 — Documentation et qualité
Ce qu’on y met : métadonnées utilisées (Dublin Core, DataCite, schémas disciplinaires), standards de nommage des fichiers, dictionnaire des variables, procédures de contrôle qualité.
Exemple : « Métadonnées conformes au schéma DataCite 4.5. Convention de nommage : AAAA-MM-JJ_NomParticipant_Type.ext. Contrôle qualité : double saisie et vérification par le data manager en fin de collecte. »
Section 4 — Stockage et sauvegarde en cours de recherche
Ce qu’on y met : infrastructure de stockage (serveurs institutionnels, cloud sécurisé), fréquence des sauvegardes, politique de sauvegarde 3-2-1, responsable des sauvegardes.
Exemple : « Données stockées sur le serveur NAS du laboratoire (redondance RAID-6) et répliquées quotidiennement sur le cloud institutionnel OVH hébergé en France. Accès restreint aux membres du projet par authentification double facteur. »
Section 5 — Exigences légales et éthiques
Ce qu’on y met : données à caractère personnel (RGPD), accord du comité d’éthique le cas échéant, droits de propriété intellectuelle, licences d’utilisation des données sources, confidentialité industrielle.
Exemple : « Les entretiens impliquent des données personnelles traitées conformément au RGPD. Registre de traitement déposé auprès du DPO de l’établissement. Consentement éclairé signé par chaque participant. Les données anonymisées seront diffusées sous licence CC BY 4.0. »
Pour aller plus loin sur les enjeux d’intégrité, consultez l’article charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 qui détaille ce que dit la loi et les sanctions encourues.
Section 6 — Partage et conservation à long terme
Ce qu’on y met : entrepôt de dépôt choisi (Zenodo, Nakala, Recherche Data Gouv, entrepôt disciplinaire), identifiant pérenne (DOI, ARK), embargo éventuel, modalités d’accès après clôture du projet.
Exemple : « Les données anonymisées seront déposées dans l’entrepôt national Recherche Data Gouv avec un DOI DataCite. Embargo de 24 mois pour les données liées à des brevets en cours. Accès libre en fin d’embargo sous licence CC BY 4.0. »
Pour retrouver facilement les entrepôts institutionnels et disciplinaires disponibles en France, l’article annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn 2026 recense les principales plateformes de dépôt.
4. Calendrier de soumission et versions successives
L’ANR attend trois versions successives du PGD tout au long du projet :
| Version | Échéance | Contenu attendu |
|---|---|---|
| Version initiale | T0 + 6 mois | Description prévisionnelle des données, infrastructure choisie, cadre légal identifié |
| Mise à jour mi-parcours | Projets > 30 mois uniquement | Actualisation des volumes, des formats, des changements de partenaires ou d’entrepôt |
| Version finale | Date de clôture scientifique | Bilan des données effectivement produites, DOI des dépôts réalisés, accès déclaré |
Le versionnement est géré nativement dans DMP OPIDoR : chaque modification peut être annotée, et l’historique est conservé. La version finale conditionne le versement des derniers financements ANR — ne la négligez donc pas.
5. Dix conseils pratiques pour rédiger un PGD solide
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Commencez dès la signature de la convention ANR.
N’attendez pas T0+5 mois pour ouvrir votre plan sur DMP OPIDoR. Rédiger tôt permet d’identifier les lacunes dans la gestion des données avant qu’elles ne coûtent du temps ou de l’argent.
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Choisissez le modèle ANR structuré, pas le modèle libre.
Sur DMP OPIDoR, deux modèles ANR coexistent : un modèle texte libre (héritage du PDF de 2019) et un modèle structuré machine-actionable. L’ANR recommande depuis 2023 le modèle structuré, qui facilite le partage automatisé avec l’agence.
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Nommez un responsable des données dans l’équipe.
Le PGD doit identifier clairement qui est en charge de la sauvegarde, de la documentation et du dépôt final. Dans les gros consortiums, c’est souvent un ingénieur de recherche ou un data manager dédié.
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Soyez précis sur les formats.
Préférez les formats ouverts et pérennes : CSV plutôt que .xlsx, TIFF ou PNG plutôt que formats propriétaires, PDF/A pour les documents textuels. Les formats propriétaires sont acceptés mais doivent être justifiés.
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Distinguez données brutes et données traitées.
La section 2 doit différencier les données primaires (collectées directement) des données secondaires (réutilisées d’une source tierce) et des données dérivées (produites par traitement des données primaires).
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Anticipez les contraintes RGPD dès la section 5.
Si votre projet implique des données personnelles (entretiens, questionnaires, données de santé), consultez votre DPO (délégué à la protection des données) institutionnel avant de rédiger cette section. Un PGD incomplet sur les aspects éthiques peut bloquer le projet.
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Choisissez un entrepôt adapté à votre discipline.
Recherche Data Gouv est l’entrepôt généraliste national. Pour des disciplines spécifiques, des entrepôts certifiés existent : NAKALA pour les sciences humaines et sociales, SEANOE pour les sciences marines, GenBank pour les données génomiques.
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Attribuez un identifiant pérenne.
Lors du dépôt des données, assurez-vous qu’un DOI ou un ARK est attribué automatiquement par l’entrepôt. Cet identifiant sera à reporter dans la version finale de votre PGD et dans les publications issues du projet.
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Justifiez les données non ouvertes.
L’ANR n’impose pas l’ouverture totale. Pour les données sensibles ou couvertes par un brevet, indiquez la durée d’embargo et les conditions d’accès restreint. Une justification claire vaut mieux qu’une case laissée vide.
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Exploitez les ressources de formation de DoRANum.
La plateforme DoRANum propose des tutoriels vidéo, des guides disciplinaires et des webinaires sur la rédaction de PGD structurés — gratuitement, en français. Un investissement de deux heures évite beaucoup d’allers-retours avec le correspondant science ouverte de l’ANR.
Si votre mémoire de master inclut une collecte de données avec questionnaire, les principes abordés dans l’article sur construire une échelle de Likert valide pour son mémoire 2026 s’appliquent directement à la section 2 (description et qualité des données).
FAQ
Le PGD ANR est-il obligatoire pour tous les projets ?
Oui, pour tous les projets financés par l’ANR à partir du plan d’action 2019. Une première version est attendue dans les six mois suivant le démarrage scientifique, avec une mise à jour à mi-parcours pour les projets de plus de 30 mois, et une version finale à la clôture. L’absence de PGD peut conditionner le versement final des financements.
Quel outil utiliser pour rédiger un PGD ANR ?
L’ANR recommande DMP OPIDoR, la plateforme nationale hébergée par Inist-CNRS. En sélectionnant le financeur ANR à la création, vous accédez directement au modèle structuré officiel en français ou en anglais.
Combien de versions du PGD faut-il soumettre à l’ANR ?
En règle générale, trois versions : une initiale à T0+6 mois, une mise à jour à mi-parcours (projets de plus de 30 mois), et une version finale à la clôture du projet. Le versionnement est géré automatiquement dans DMP OPIDoR.
Les données doivent-elles obligatoirement être ouvertes dans un PGD ANR ?
Non. L’ANR applique le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ». Vous pouvez justifier la restriction d’accès (données personnelles, confidentialité industrielle, brevets en cours) et indiquer un embargo ou un accès restreint dans la section partage et conservation.
Un doctorant non financé par l’ANR doit-il rédiger un PGD ?
L’obligation réglementaire s’applique aux projets ANR et Horizon Europe. Cependant, de nombreuses universités (Paris Cité, Sorbonne, Aix-Marseille) recommandent ou imposent un PGD dans leur règlement de doctorat pour encourager les bonnes pratiques de science ouverte.
Quelle est la différence entre un PGD et un DMP ?
PGD (plan de gestion des données) est le terme français ; DMP (data management plan) est son équivalent anglais. En France, les deux termes désignent le même document. La plateforme nationale s’appelle DMP OPIDoR, mais son interface est disponible en français.
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