Le mémoire d’actuariat est le travail de fin d’études soutenu devant le jury de l’Institut des actuaires en vue de l’admission au tableau. Ses recommandations officielles, applicables depuis le 1er mars 2019, fixent un corps de mémoire d’environ 70 pages hors introduction, conclusion et annexes, une introduction et une conclusion de deux à trois pages chacune, et un double résumé français-anglais de 150 à 250 mots.
C’est l’un des rares écrits professionnels français dont le cahier des charges soit à ce point explicite. Et c’est aussi l’un des rares où l’on peut, sans s’en apercevoir, devoir écrire le même travail deux ou trois fois.
Le piège des trois mémoires
Les recommandations de l’Institut posent d’emblée une distinction que beaucoup d’étudiants découvrent trop tard : elles « ne concernent que le mémoire destiné à l’admission de l’étudiant au tableau des actuaires de l’Institut des actuaires ». Lorsque les objectifs de l’entreprise, de la filière et de l’Institut divergent, l’étudiant « peut être amené à présenter son travail sous la forme de plusieurs mémoires » :
- Un mémoire destiné à l’entreprise — il se peut par exemple qu’elle ne souhaite pas que la composante scientifique apparaisse explicitement de façon conséquente ;
- Un mémoire destiné à l’Institut des actuaires, qui fera l’objet de l’évaluation lors de la soutenance ;
- Le cas échéant, un autre mémoire destiné à la filière, si elle a édicté ses propres exigences incompatibles avec celles de l’Institut.
Le texte est explicite sur ce qu’il faut en faire : « L’étudiant devra donc se préparer à cette éventualité et se préparer en amont de manière à pouvoir respecter le calendrier imposé par la filière. »
Autrement dit, la première question à poser — en début de stage, pas à la fin — est de savoir si les attentes de votre entreprise, de votre filière et de l’Institut sont compatibles. Si elles ne le sont pas, ce n’est pas un problème de rédaction : c’est un problème de charge de travail, et il se planifie.
Le format attendu, chiffre par chiffre
| Élément | Ce que recommande l’Institut |
|---|---|
| Corps du mémoire | Environ 70 pages, hors introduction, conclusion et annexes |
| Introduction | 2 à 3 pages |
| Conclusion | 2 à 3 pages |
| Résumés | Un en français et un en anglais, 150 à 250 mots, suivis d’une liste de mots-clés |
| Page de garde | Homogénéisée pour toutes les filières, signée par l’étudiant et par le responsable du stage |
La contrainte sur la page de garde n’est pas administrative. Elle mentionne l’autorisation de publication, et la signature du responsable de stage vaut accord de l’entreprise. Le texte précise que « l’absence de signature ne permet la publication du mémoire », la responsabilité de l’Institut pouvant être engagée en cas de contestation par l’entreprise d’accueil. Si vous visez la mention « publiable », cette signature n’est pas une formalité de dernière minute.

Ce que le jury attend du corps du mémoire
La phrase qui résume le mieux l’exercice figure au cœur des recommandations : « Tout ce qui a été écrit par l’étudiant doit pouvoir être expliqué par lui-même. » Elle est suivie d’une mise en garde directe contre la reprise de « formules toutes faites issues de la bibliographie sans en avoir cerné et compris tous les fondements ».
L’Institut ajoute une définition utile de ce qui est attendu : « Le mémoire d’actuariat est un travail de fin d’études qui nécessite un apport personnel : il ne s’agit pas d’une simple compilation de documents mais d’un travail de conception. » Un travail de réflexion sous forme de revue, d’état de l’art ou d’essai « trouve naturellement sa place », sous réserve que l’étudiant puisse en démontrer l’apport et que le travail soit particulièrement bien référencé.
Chaque partie ou chapitre « doit pouvoir se comprendre isolément » des autres, même si leur enchaînement compte. Et le texte insiste explicitement sur la qualité rédactionnelle : elle est « la vitrine » du travail et « le Jury IA y attache de l’importance ».
Les recommandations de lisibilité valent d’être suivies à la lettre, parce qu’elles disent en creux les défauts les plus fréquents :
- Ne pas introduire de formules ou notations mathématiques sans lien avec le texte qui les entoure ; il n’est pas « absolument indispensable de combler le mémoire de formules ».
- Vérifier la cohérence des notations d’un bout à l’autre.
- Indiquer source et référence pour chaque graphique, figure, schéma ou tableau, rendre les informations « traçables », soigner la présentation — « les copier-coller sont à proscrire » — et légender avec unités et axes de façon que chaque élément se comprenne sans revenir au texte.
- Éviter les renvois systématiques entre paragraphes et chapitres.
- Limiter abréviations et acronymes, sauf ceux du langage professionnel commun.
- Soigner orthographe et grammaire, avec « une phase de relecture intensive » avant le dépôt, et faire relire par un tiers.
Introduction et conclusion : ce qu’elles doivent contenir
L’introduction, en deux à trois pages, doit comporter un préambule replaçant le sujet dans son contexte, l’énoncé de la problématique actuarielle aboutissant à la question centrale, et les éléments différenciants du travail — originalité, intérêt, objectifs. Elle doit aussi présenter les références bibliographiques clés et dire en quoi elles ont nourri la réflexion. Sur la manière de constituer ce socle, notre guide pour faire une revue de littérature reste applicable.
La conclusion, également de deux à trois pages, doit rappeler la problématique, exposer les principaux résultats, les limites des travaux et de la méthodologie, et ouvrir sur des voies futures. Le texte est net sur un point que les candidats redoutent : elle doit indiquer ce que le travail a apporté à la science actuarielle, « que les résultats soient positifs et intéressants ou qu’il n’y ait pas eu de résultats probants ». Un résultat négatif honnêtement analysé n’est pas un échec de mémoire.

La confidentialité : cinq ans maximum
C’est le point où l’information qui circule est le plus souvent périmée, et où l’écart est important.
Les recommandations en vigueur posent trois règles. La demande de confidentialité doit être formulée dans un délai raisonnable avant la soutenance ; pour une durée supérieure à deux ans, elle « doit obligatoirement passer par la filière de formation et être dûment justifiée » ; et surtout, la confidentialité d’un mémoire « est — quelle qu’en soit la raison — limitée à 5 ans maximum à compter de la date de soutenance ».
Une conséquence pratique lourde : si la demande est transmise après la soutenance, « le dossier sera alors bloqué », non transmis au Conseil. Il est donc recommandé que les motifs soient énoncés par écrit par l’étudiant en début de stage, sur un document type disponible auprès de l’Institut, rempli avec l’entreprise d’accueil et soumis à la filière pour approbation.
Le texte propose par ailleurs deux alternatives à la confidentialité totale lorsqu’une entreprise ne veut pas rendre publiques certaines données : les placer dans une annexe destinée aux seuls membres du jury, ou transformer les données en respectant leur structure interne. Sur les mécanismes généraux de confidentialité d’un mémoire en entreprise, voir notre guide du mémoire confidentiel.
Où situer ce mémoire parmi les autres écrits professionnels
Le mémoire d’actuariat appartient à une famille rare : celle des écrits dont un ordre ou une association professionnelle — et non une université — tient le jury final et l’admission. Il partage cette logique avec le mémoire du diplôme d’expertise comptable, tout en s’en distinguant nettement sur la forme, puisque l’Institut publie un format chiffré là où l’arrêté du DEC n’en fixe aucun.
Pour le contexte général des écrits en finance, comptabilité et audit, notre guide du mémoire en finance, comptabilité et audit couvre les aspects méthodologiques communs. Pour situer ce livrable parmi les autres travaux de fin de parcours, voir le comparatif des travaux de fin d’études. Et pour lire des mémoires déjà validés dans les filières professionnelles, notre annuaire des mémoires professionnels indique les points d’entrée existants.
Ce que Tesify ne fait pas
- Tesify ne produit pas un mémoire d’actuariat remettable en l’état. La règle de l’Institut est explicite et ne souffre aucune interprétation : « Tout ce qui a été écrit par l’étudiant doit pouvoir être expliqué par lui-même. » Vos données, vos modèles et vos arbitrages méthodologiques n’existent que chez vous.
- Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur de plagiat ou d’IA. La promesse est vide. Le contrôle n’est pas le problème : c’est le travail personnel manquant qui l’est. Le jury de l’Institut est composé de professionnels et constitue l’échelon de validation finale de votre admission au tableau — une méthode que vous ne pouvez pas défendre ligne à ligne se voit en quelques questions.
- Tesify ne négocie pas votre confidentialité et ne signe pas votre page de garde à votre place.
Ce que l’outil fait : tenir un plan sur un corps de mémoire d’environ 70 pages rédigé pendant un stage à temps plein, garder la cohérence entre la problématique actuarielle annoncée en introduction et ce que la conclusion revendique, et faire respecter les exigences formelles que le jury vérifie — traçabilité des sources de chaque figure, cohérence des notations, résumés bilingues calibrés, limites explicitement énoncées.
Structurez votre mémoire d’actuariat avec Tesify — vos modèles et vos données restent les vôtres.
FAQ — Le mémoire d’actuariat
Combien de pages doit faire un mémoire d’actuariat ?
Le volume du corps du mémoire correspond à environ 70 pages, hors introduction, conclusion et annexes. L’introduction et la conclusion représentent chacune deux à trois pages, et le mémoire comporte en outre un résumé en français et un en anglais de 150 à 250 mots, suivis d’une liste de mots-clés.
Faut-il écrire plusieurs mémoires ?
Parfois. Les recommandations de l’Institut ne concernent que le mémoire destiné à l’admission au tableau des actuaires. Lorsque les objectifs de l’entreprise, de la filière académique et de l’Institut divergent, l’étudiant peut devoir présenter son travail sous la forme de plusieurs mémoires — un pour l’entreprise, un pour l’Institut, et le cas échéant un pour la filière. C’est une question à trancher en début de stage.
Un mémoire d’actuariat peut-il être confidentiel ?
Oui, mais dans un cadre strict. La demande doit être formulée dans un délai raisonnable avant la soutenance ; au-delà de deux ans, elle doit obligatoirement passer par la filière de formation et être dûment justifiée ; et la confidentialité est, quelle qu’en soit la raison, limitée à cinq ans maximum à compter de la date de soutenance. Une demande transmise après la soutenance bloque le dossier.
Qui signe la page de garde et pourquoi ?
L’étudiant et le responsable du stage. La page de garde mentionne l’autorisation de publication, et la signature du responsable de stage, en tant que représentant de l’entreprise, justifie de cet accord. Sans elle, le mémoire ne peut pas être publié.
Un mémoire sans résultat probant peut-il être validé ?
Oui. La conclusion doit indiquer ce que le travail a apporté à la science actuarielle, que les résultats soient positifs et intéressants ou qu’il n’y ait pas eu de résultats probants. Ce qui est attendu, c’est l’énoncé des limites de la méthodologie et une vision claire de la contribution, pas un résultat spectaculaire.
Le mémoire d’actuariat est-il un travail de recherche ou un travail professionnel ?
Les deux à la fois. Il matérialise la capacité du futur actuaire à mobiliser ses connaissances scientifiques et académiques pour apporter une réponse pertinente et étayée à une problématique professionnelle concrète rencontrée en entreprise. L’Institut précise qu’il ne s’agit pas d’une simple compilation de documents mais d’un travail de conception nécessitant un apport personnel.
