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  • theses.fr en chiffres 2026 : 563 354 thèses, et pourquoi son moteur ne peut pas compter vos mots-clés

    theses.fr en chiffres 2026 : 563 354 thèses, et pourquoi son moteur ne peut pas compter vos mots-clés

    Le chiffre d’abord. Au 16 août 2026, theses.fr référence 485 330 thèses soutenues et 78 024 thèses en préparation, soit 563 354 thèses au total, et 917 711 personnes liées à ces travaux — auteurs, directeurs, rapporteurs, membres de jury.

    Ces trois nombres sont affichés sur la page d’accueil du portail. Le quatrième vient de son interface de programmation, et c’est lui qui rend l’ensemble solide : une requête vide sur l’API renvoie totalHits: 563354, exactement la somme des deux sous-totaux publiés. Deux routes indépendantes, un accord au chiffre près.

    Mais cet article a un second objet, plus utile encore si vous rédigez en ce moment. Beaucoup d’étudiants utilisent le compteur de theses.fr pour justifier un choix de méthode — « 505 thèses françaises utilisent SPSS » — et cette phrase est fausse. Non parce que le portail se trompe, mais parce que son moteur ne fait pas ce qu’on croit. Voici la mesure, et la méthode pour ne plus vous faire prendre.

    Les chiffres, et ce qu’ils recouvrent

    Indicateur Valeur au 16/08/2026 Source
    Thèses soutenues 485 330 Page d’accueil theses.fr
    Thèses en préparation 78 024 Page d’accueil theses.fr
    Total référencé 563 354 Somme, confirmée par l’API
    Personnes liées aux thèses 917 711 Page d’accueil theses.fr

    Trois précisions que vous devez faire figurer si vous citez ces nombres.

    Ce sont des thèses de doctorat, pas des mémoires. Un mémoire de master n’y figure pas. Pour les mémoires, les dépôts sont ailleurs — DUMAS pour les travaux d’étudiants, HAL pour la production scientifique — et notre annuaire des portails de mémoires les recense.

    « En préparation » n’est pas « en cours ». Les 78 024 thèses en préparation correspondent à des sujets déclarés. Une partie de ces doctorats sera abandonnée, et un sujet déclaré il y a huit ans peut y figurer encore. C’est un stock de sujets enregistrés, pas un effectif de doctorants actifs — deux grandeurs que l’on confond très souvent.

    Le référencement n’est pas la disponibilité. Une thèse peut être signalée sans que son texte intégral soit accessible en ligne : embargo, diffusion restreinte à l’intranet de l’établissement, ou dépôt antérieur à la généralisation du dépôt électronique. Le nombre de thèses signalées excède donc largement le nombre de thèses que vous pouvez lire.

    Réconciliation arithmétique de deux sous-totaux avec le total affiché
    485 330 + 78 024 = 563 354, et l’API renvoie le même nombre. Deux routes qui concordent valent mieux qu’une source qui affirme.

    Le piège : ce que le compteur compte vraiment

    L’API de theses.fr renvoie, pour chaque requête, un champ totalHits. La tentation est irrésistible : tapez un terme, lisez le nombre, citez-le comme une mesure de prévalence.

    Commençons par le test que tout le monde connaît. Un moteur de recherche n’est pas un instrument de comptage tant qu’on n’a pas vérifié que son total réagit aux filtres : certains portails plafonnent leur compteur à une valeur fixe. Ici, le test passe :

    • q=*563 354
    • q=régression4 292

    Le nombre baisse, franchement. Le compteur n’est donc pas plafonné, et son total se réconcilie avec les chiffres officiels. À ce stade, tous les contrôles habituels sont au vert.

    Et pourtant le chiffre ne veut rien dire. Voici la mesure qui le démontre :

    Requête Résultats annoncés
    SPSS 505
    SPSSXchaîne qui ne désigne rien 496
    zzzqwertynotaword 0

    Un mot inventé, obtenu en ajoutant une lettre à SPSS, renvoie 496 résultats — soit 98 % du score du vrai terme. Le moteur ne cherche pas la chaîne que vous avez tapée : il applique une correspondance approximative, tolérante aux variations, conçue pour être généreuse quand un utilisateur fait une faute de frappe.

    La vérification directe achève la démonstration. En ouvrant les cinq premiers résultats de la requête SPSS et en cherchant la chaîne dans leur notice complète, un seul sur cinq la contient. Les quatre autres portent sur le frittage Spark Plasma Sintering, sur des Stream Processing Systems, et sur le polystyrène syndiotactique. Des sigles voisins, aucun rapport avec un logiciel de statistiques.

    Une recherche floue renvoie surtout des résultats hors sujet
    505 résultats pour SPSS, 496 pour un mot qui n’existe pas. Le compteur fonctionne ; il ne compte simplement pas ce que vous croyez.

    Une seconde limite : des paramètres silencieusement ignorés

    En interrogeant l’API avec un filtre de statut, on obtient :

    • sans filtre → 563 354
    • status=soutenue563 354
    • status=enCours563 354

    Les trois réponses sont identiques, alors que les chiffres officiels prouvent qu’elles devraient valoir 563 354, 485 330 et 78 024. Le paramètre n’est pas rejeté par une erreur : il est ignoré en silence, et la requête renvoie un HTTP 200 parfaitement normal. C’est le pire cas de figure, parce que rien n’avertit l’utilisateur que son filtre n’a pas été appliqué.

    Le test en trois questions, à appliquer à n’importe quel portail

    Généralisons, parce que ce problème ne concerne pas que theses.fr. Avant de citer un nombre issu d’un moteur de recherche — theses.fr, un catalogue de bibliothèque, une base de données bibliographique, un portail open data :

    1. Le compteur bouge-t-il ? Ajoutez un filtre. Si le total ne baisse jamais, il est plafonné ou ignoré : inutilisable.
    2. Une absurdité s’effondre-t-elle ? Interrogez une variante inventée de votre terme. Si elle renvoie un nombre du même ordre, la recherche est approximative et votre compte est du bruit. C’est le test que presque personne ne fait, et c’est celui qui a démasqué le cas ci-dessus.
    3. Les résultats contiennent-ils le terme ? Ouvrez les cinq premiers et vérifiez de vos yeux. Un compteur juste sur des documents faux reste un chiffre faux.

    Un nombre qui passe les trois est citable. Un nombre qui n’en passe que deux ne l’est pas — et le premier test seul, celui que la plupart des guides recommandent, ne suffit manifestement pas.

    Alors comment justifier un choix de méthode ?

    Le besoin de départ était légitime : vous vouliez écrire que votre approche est courante dans votre champ. Trois routes défendables remplacent le compteur :

    Citez des travaux, pas des totaux. « Cette approche a été mobilisée notamment par X (2023) et Y (2024) dans des travaux comparables » est plus solide, plus vérifiable et mieux reçu qu’un nombre invérifiable. Deux références réelles battent un compteur.

    Utilisez theses.fr pour ce qu’il fait très bien : trouver des thèses lisibles. Le portail est excellent pour identifier des travaux voisins du vôtre, repérer qui dirige des recherches sur votre sujet, et lire des chapitres de méthodologie déjà validés par un jury. Une thèse soutenue dans votre discipline est le meilleur modèle disponible pour votre propre section méthodologique. Le comparatif entre HAL et theses.fr précise lequel utiliser selon ce que vous cherchez.

    Appuyez-vous sur des sources statistiques conçues pour compter. Le service statistique du ministère publie des données sur le doctorat construites pour l’usage quantitatif — ce que notre article sur l’attractivité internationale du doctorat français exploite. La différence est de nature : un moteur de recherche indexe, un service statistique dénombre. Ne demandez pas au premier le travail du second.

    Ce que theses.fr indexe réellement

    Une dernière précision qui explique beaucoup. theses.fr est d’abord un outil de signalement : il décrit chaque thèse par ses métadonnées — titre, auteur, directeur, établissement, école doctorale, discipline, mots-clés, résumé lorsqu’il est fourni — et renvoie vers le texte intégral quand celui-ci est accessible.

    Conséquence directe pour votre recherche documentaire : un terme absent des métadonnées peut être omniprésent dans la thèse sans jamais apparaître dans vos résultats. Un doctorant qui a mené toutes ses analyses sous SPSS n’a aucune raison de le mentionner dans son titre ni dans ses mots-clés. C’est pourquoi les logiciels, les tests statistiques et les détails de protocole sont systématiquement sous-représentés, et pourquoi une recherche par méthode y est structurellement peu productive — indépendamment même du problème de correspondance approximative.

    Pour trouver des thèses par méthode, la voie efficace est de partir de la discipline et du sujet, puis d’ouvrir les textes intégraux et de lire leurs chapitres de méthodologie. C’est plus lent qu’une requête, et c’est la seule qui donne un résultat juste. Notre guide de rédaction d’une thèse de doctorat détaille ce que l’on peut en tirer.

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    Trouver les bonnes thèses n’est que la première moitié du travail. La seconde consiste à en tirer un état de l’art structuré, à situer votre travail par rapport à elles, et à écrire une méthodologie qui assume ses choix — avec des chiffres que vous pouvez défendre.

    Tesify vous accompagne sur cette seconde moitié : organiser vos lectures en une revue cohérente, tenir une terminologie constante d’un chapitre à l’autre, et rédiger les passages de justification à partir de vos propres sources. Vos références restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

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    Questions fréquentes

    Combien y a-t-il de thèses référencées sur theses.fr ?

    Au 16 août 2026 : 485 330 thèses soutenues et 78 024 thèses en préparation, soit 563 354 au total, plus 917 711 personnes liées aux thèses. Le total renvoyé par l’API du portail correspond exactement à la somme des deux sous-totaux affichés en page d’accueil, ce qui est un bon indice de cohérence. Ces chiffres évoluant en continu, relevez-les vous-même le jour où vous les citez et datez la consultation.

    Puis-je écrire dans mon mémoire que X thèses utilisent SPSS ?

    Non. La requête SPSS renvoie 505 résultats, mais SPSSX — une chaîne qui ne désigne rien — en renvoie 496, et la plupart des premiers résultats ne contiennent pas le terme. Ce nombre ne mesure pas la prévalence d’un logiciel. Justifiez votre choix méthodologique par des travaux cités nommément.

    theses.fr indexe-t-il le texte intégral des thèses ?

    C’est avant tout un outil de signalement : il décrit les thèses par leurs métadonnées et renvoie vers le texte intégral quand il est accessible. Un mot absent du titre, des mots-clés et du résumé peut donc figurer partout dans la thèse sans jamais ressortir d’une recherche. Les détails méthodologiques sont, de ce fait, structurellement sous-représentés.

    Comment vérifier qu’un compteur de recherche est fiable ?

    Trois tests, dans cet ordre. Ajoutez un filtre et vérifiez que le total baisse. Interrogez une variante inventée de votre terme et vérifiez que le compte s’effondre. Ouvrez les premiers résultats et vérifiez que le terme y figure. Le premier test seul est insuffisant, comme le montre le cas décrit ici : un compteur peut réagir correctement aux filtres tout en dénombrant les mauvais documents.

    Quelle différence entre une thèse « en préparation » et un doctorant inscrit ?

    Un sujet déclaré n’est pas un doctorant actif. Les 78 024 thèses en préparation forment un stock de sujets enregistrés, dont une partie correspond à des doctorats abandonnés ou à des sujets anciens jamais retirés. Pour un effectif réel de doctorants inscrits, il faut se tourner vers les publications du service statistique du ministère, qui mesurent des inscriptions et non des déclarations de sujet.

    Puis-je citer theses.fr comme source dans ma bibliographie ?

    Oui, en le traitant comme une ressource en ligne : nom du portail, organisme responsable, URL et date de consultation. La date est indispensable ici, puisque les compteurs évoluent quotidiennement. Pour une thèse précise trouvée via le portail, citez la thèse elle-même — auteur, titre, année, établissement, et son identifiant national — et non le moteur qui vous a permis de la trouver.

  • Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    L’enseignement supérieur privé désigne les établissements non publics accueillant des étudiants après le baccalauréat : écoles de commerce, écoles d’ingénieurs privées, établissements d’enseignement supérieur libres et écoles spécialisées. En 2024-2025, il scolarise plus d’un étudiant sur quatre en France, soit 26,5 % des effectifs.

    Réponse rapide : en 2024-2025, la France comptait 3,01 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur (+1,4 % sur un an), dont 26,5 % inscrits dans un établissement privé. Les prévisions du ministère tablent sur 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) puis une nouvelle hausse en 2026 (+0,7 %), portée par une croissance plus soutenue dans le privé que dans les universités.

    Quelle part des étudiants est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français sont inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre. Cette proportion est le résultat d’une progression continue sur la dernière décennie, portée principalement par les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs privées et les établissements d’enseignement supérieur libres.

    Ce seuil symbolique du quart des effectifs marque une recomposition durable du paysage. Là où l’université publique concentrait historiquement l’essentiel des inscriptions post-bac, le privé s’est imposé comme une voie parallèle structurée, particulièrement visible dans les formations professionnalisantes courtes et dans les cursus en alternance.

    Étudiants dans le hall d'une école supérieure privée en France
    Plus d’un étudiant sur quatre est inscrit dans un établissement privé en 2024-2025.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur français ?

    En 2024-2025, 3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en France, en hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente. Ce franchissement durable de la barre des trois millions constitue un point de repère utile pour interpréter toutes les statistiques sectorielles.

    Effectifs de l’enseignement supérieur en France : constat et prévisions
    Année universitaire Effectifs totaux Évolution annuelle Statut
    2024-2025 3 010 000 +1,4 % Constaté
    2025-2026 3 027 000 +0,5 % Prévision MESR
    2026-2027 Environ 3 048 000 +0,7 % Prévision MESR

    Source : ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), note de prévisions des effectifs — rentrées 2025 et 2026.

    Le contexte global d’effectifs est détaillé dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027.

    Le privé croît-il plus vite que le public ?

    Oui, et c’est le point saillant des prévisions ministérielles. Le ministère anticipe une croissance des effectifs « modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés ». Concrètement, les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025 par rapport à la précédente, soit une hausse de +2,4 % — un rythme nettement supérieur à la moyenne nationale de +0,5 %.

    Cet écart de rythme est le véritable moteur de la progression de la part du privé. Même dans un scénario de quasi-stagnation des effectifs nationaux, une croissance de +2,4 % dans le privé face à une université proche de l’étale suffit à faire progresser mécaniquement la part relative du secteur privé année après année.

    Amphithéâtre moderne d'une école de commerce privée française
    Les écoles de commerce et d’ingénieurs privées portent l’essentiel de la croissance du secteur.

    Que prévoit le ministère pour les rentrées 2025 et 2026 ?

    Selon la note de prévisions du MESR, la rentrée 2025 devait compter 3 027 000 étudiants (+0,5 %), et cette légère croissance devait se poursuivre à la rentrée 2026 avec +0,7 %. Le ministère attribue explicitement ce maintien à trois moteurs : l’augmentation des inscriptions dans certaines disciplines universitaires, les écoles de commerce, et les écoles d’ingénieurs — ces deux dernières catégories relevant largement du secteur privé.

    Il faut lire ces chiffres avec la prudence qui s’attache à toute prévision : ce sont des projections démographiques et comportementales, révisées chaque année à la lumière des inscriptions réelles. Elles donnent une tendance fiable, pas une valeur certaine.

    Quels types d’établissements composent le privé ?

    Le secteur privé de l’enseignement supérieur français n’est pas un bloc homogène. Il recouvre des statuts juridiques et des niveaux de reconnaissance très différents, ce qui a des conséquences directes sur la valeur du diplôme et sur l’accès aux aides.

    Principales catégories d’établissements privés
    Catégorie Exemples Reconnaissance des diplômes
    Écoles de commerce et de management Écoles consulaires et privées Souvent visées par l’État, grade de master possible
    Écoles d’ingénieurs privées Écoles habilitées CTI Titre d’ingénieur si habilitation CTI
    Établissements d’enseignement supérieur libres Instituts catholiques, facultés libres Variable, souvent en convention avec une université
    Écoles spécialisées Design, communication, informatique, santé Titre RNCP selon les cas — à vérifier

    La vérification du niveau de reconnaissance — diplôme visé, grade de master, habilitation CTI, inscription au RNCP — reste la précaution décisive avant toute inscription. Pour un cadrage comparatif des deux voies, voir notre analyse Grande École vs Université : comparaison complète ainsi que le palmarès des écoles de commerce en France 2026.

    Combien coûte une inscription dans le privé ?

    C’est la principale différence structurelle avec le public. Là où les droits nationaux d’inscription à l’université se comptent en centaines d’euros, les frais de scolarité des établissements privés se chiffrent couramment en milliers d’euros par an, fixés librement par chaque établissement.

    Cet écart de coût pèse directement sur les choix d’orientation et sur le recours à l’alternance, souvent mobilisée comme mode de financement. Le détail comparatif des montants figure dans notre article sur les frais de scolarité des universités françaises 2026 : comparatif public / privé.

    Le rendement de cet investissement se juge notamment à l’insertion professionnelle, documentée dans nos données sur l’insertion professionnelle des diplômés en France.

    Questions fréquentes

    Quelle part des étudiants français est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français étaient inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur en France ?

    3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en 2024-2025, en hausse de 1,4 % sur un an. Le ministère prévoyait 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) et une nouvelle hausse de 0,7 % à la rentrée 2026.

    Le privé se développe-t-il plus vite que l’université ?

    Oui. Le ministère prévoit une croissance modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés. Les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025, soit +2,4 %, contre +0,5 % pour l’ensemble du supérieur.

    Quels établissements sont considérés comme privés ?

    Le secteur privé regroupe les écoles de commerce et de management, les écoles d’ingénieurs privées habilitées par la CTI, les établissements d’enseignement supérieur libres (instituts catholiques, facultés libres) et les écoles spécialisées en design, communication, informatique ou santé.

    Un diplôme du privé a-t-il la même valeur qu’un diplôme public ?

    Cela dépend entièrement du niveau de reconnaissance de l’établissement. Un diplôme visé par l’État, conférant le grade de master, ou un titre d’ingénieur habilité par la CTI a une reconnaissance équivalente. À l’inverse, une formation sans visa ni inscription au RNCP délivre un diplôme d’établissement dont la portée est limitée : cette vérification est indispensable avant inscription.

    Les étudiants du privé peuvent-ils être boursiers ?

    Oui, à condition que la formation soit habilitée à recevoir des boursiers sur critères sociaux. Toutes les formations privées ne le sont pas : l’éligibilité dépend de la reconnaissance de l’établissement par le ministère, un point à vérifier auprès de l’école avant de constituer un Dossier Social Étudiant.

  • Restauration universitaire CROUS 2026 : chiffres du repas à 1 €, fréquentation et réseau

    Restauration universitaire CROUS 2026 : chiffres du repas à 1 €, fréquentation et réseau

    Restauration universitaire CROUS 2026 : chiffres du repas à 1 €, fréquentation et réseau

    La restauration universitaire CROUS regroupe l’ensemble des restaurants et cafétérias gérés par le réseau des Crous. En 2025, plus de 44 millions de repas y ont été servis, en hausse de 1,4 % sur un an. Depuis le 4 mai 2026, le repas à 1 € est accessible à tous les étudiants, sans condition de bourse.

    Réponse rapide : le réseau des Crous a servi plus de 44 millions de repas en 2025 (+1,4 % par rapport à 2024), dont la moitié à des étudiants boursiers ou en situation de précarité. Le repas à 1 €, jusque-là réservé aux boursiers et aux étudiants précaires, a été généralisé à tous les étudiants le 4 mai 2026. Le réseau compte environ 940 points de vente et mobilise 7 500 agents chaque jour.

    Combien de repas les Crous servent-ils chaque année ?

    Sur l’ensemble de l’année 2025, plus de 44 millions de repas ont été servis dans les structures de restauration gérées par le réseau des Crous, soit une progression de 1,4 % par rapport à 2024. La moitié de ces repas a bénéficié à des étudiants boursiers ou identifiés en situation de précarité.

    Ce volume fait de la restauration universitaire l’un des plus importants opérateurs de restauration collective en France. La croissance observée traduit deux dynamiques convergentes : la hausse continue des effectifs étudiants et le recours accru aux restaurants universitaires comme variable d’ajustement budgétaire, dans un contexte où le coût de la vie étudiante progresse plus vite que l’inflation générale.

    File d'étudiants dans un restaurant universitaire Crous à l'heure du déjeuner
    Le réseau des Crous a servi plus de 44 millions de repas en 2025, en hausse de 1,4 % sur un an.

    Qui a droit au repas à 1 € en 2026 ?

    Depuis le 4 mai 2026, le repas à 1 € est accessible à tous les étudiants, quelle que soit leur situation. Il s’agit d’un changement de périmètre majeur : jusqu’à cette date, le tarif à 1 € était réservé aux étudiants boursiers sur critères sociaux et aux non-boursiers reconnus en situation de précarité après un entretien avec un service social du Crous.

    Cette généralisation supprime de fait l’étape de qualification sociale qui conditionnait auparavant l’accès au tarif le plus bas. Pour les étudiants non-boursiers qui payaient jusque-là le tarif standard, l’économie est directe et immédiate sur chaque repas pris en restaurant universitaire.

    Évolution du périmètre du repas à 1 € dans les Crous
    Période Bénéficiaires du tarif à 1 € Démarche requise
    Avant le 4 mai 2026 Boursiers sur critères sociaux et non-boursiers en situation de précarité Statut de boursier ou entretien avec un service social
    Depuis le 4 mai 2026 Tous les étudiants Aucune : présentation de la carte étudiante

    Le statut de boursier conserve toutefois d’autres avantages substantiels — exonération des droits d’inscription et de la CVEC, priorité d’accès au logement — détaillés dans nos statistiques des boursiers CROUS 2026 par échelon.

    Quels sont les tarifs de la restauration universitaire ?

    La grille tarifaire des Crous repose sur un tarif social national, historiquement fixé à 3,30 € pour le repas complet en restaurant universitaire, auquel se superpose désormais le tarif à 1 € généralisé. Les cafétérias et points de vente rapides appliquent une tarification à la carte, distincte du repas complet.

    Repères tarifaires de la restauration universitaire
    Formule Tarif Public concerné
    Repas complet — tarif à 1 € 1,00 € Tous les étudiants depuis le 4 mai 2026
    Repas complet — tarif social de référence 3,30 € Tarif national historique du repas en RU
    Cafétérias et vente à emporter Variable Tarification à la carte, hors repas complet

    Rapporté à une année universitaire, l’écart est loin d’être marginal. Un étudiant déjeunant au restaurant universitaire quatre fois par semaine sur trente semaines prend environ 120 repas : au tarif de 3,30 €, la dépense annuelle avoisine 396 € ; à 1 €, elle tombe à 120 €, soit une économie de l’ordre de 276 € sur l’année.

    Combien de points de restauration et d’agents dans le réseau ?

    Le réseau des Crous compte environ 940 points de vente de restauration répartis sur l’ensemble du territoire, incluant restaurants universitaires, cafétérias et points de vente rapides. Chaque jour, 7 500 agents travaillent à la restauration étudiante.

    Cette densité explique les fortes disparités locales d’expérience. Sur les campus les mieux dotés, plusieurs structures se répartissent le flux du déjeuner ; sur les sites universitaires plus petits ou éclatés, un unique restaurant concentre la demande, avec des files d’attente qui s’allongent mécaniquement aux heures de pointe. À Toulouse, par exemple, 48 points de restauration ont été concernés par le déploiement du tarif généralisé.

    Plateau-repas complet servi dans un restaurant universitaire Crous
    Environ 940 points de vente et 7 500 agents composent le réseau de restauration des Crous.

    Quels moyens ont été engagés pour absorber la hausse de fréquentation ?

    La généralisation du repas à 1 € s’est accompagnée de moyens supplémentaires destinés à absorber l’afflux attendu. Pour 2026, le réseau des Crous bénéficie d’une autorisation de recrutement de 204 emplois équivalents temps plein supplémentaires, et un montant de 5 millions d’euros est consacré à des investissements d’urgence sur le matériel de restauration.

    Ces moyens répondent à un enjeu opérationnel identifié dès l’annonce : élargir l’accès au tarif le plus bas à l’ensemble des étudiants augmente mécaniquement la fréquentation, sans que la capacité physique des restaurants — nombre de places assises, cadence des lignes de service, capacité de production des cuisines — n’évolue au même rythme. Le renfort en personnel et la remise à niveau du matériel visent précisément ce goulot d’étranglement.

    Quel poids la restauration a-t-elle dans un budget étudiant ?

    L’alimentation constitue l’un des trois principaux postes de dépense d’un étudiant, derrière le logement et devant les transports. Dans un budget mensuel type d’étudiant en master, l’alimentation représente couramment entre 250 et 300 €, soit de l’ordre de 18 % du total, comme le détaille notre analyse du budget mensuel d’un étudiant en master en France.

    Dans ce contexte, le recours au restaurant universitaire agit comme un amortisseur direct. À raison de quatre déjeuners hebdomadaires à 1 € au lieu d’un repas préparé ou acheté à l’extérieur, l’économie mensuelle se chiffre en dizaines d’euros — un montant à mettre en regard de la tension persistante sur le logement étudiant, documentée dans nos chiffres de la crise du logement étudiant en France.

    Cette dynamique s’inscrit dans un contexte d’effectifs étudiants en progression continue, détaillé dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027.

    Questions fréquentes

    Combien de repas les Crous ont-ils servis en 2025 ?

    Plus de 44 millions de repas ont été servis en 2025 dans les structures gérées par le réseau des Crous, soit une hausse de 1,4 % par rapport à 2024. La moitié de ces repas a été servie à des étudiants boursiers ou en situation de précarité.

    Le repas à 1 € est-il accessible à tous les étudiants en 2026 ?

    Oui. Depuis le 4 mai 2026, le repas à 1 € est accessible à tous les étudiants, sans condition de bourse ni entretien social préalable. Auparavant, ce tarif était réservé aux boursiers sur critères sociaux et aux non-boursiers reconnus en situation de précarité.

    Combien de points de restauration compte le réseau des Crous ?

    Le réseau des Crous compte environ 940 points de vente de restauration en France, incluant restaurants universitaires, cafétérias et points de vente rapides. Chaque jour, 7 500 agents travaillent à la restauration étudiante.

    Quels moyens supplémentaires ont été alloués aux Crous en 2026 ?

    Pour 2026, le réseau des Crous bénéficie d’une autorisation de recrutement de 204 emplois équivalents temps plein supplémentaires, ainsi que de 5 millions d’euros dédiés à des investissements d’urgence sur le matériel de restauration, afin d’absorber la hausse de fréquentation liée à la généralisation du repas à 1 €.

    Combien peut-on économiser avec le repas à 1 € sur une année ?

    Un étudiant déjeunant quatre fois par semaine sur trente semaines prend environ 120 repas par an. Au tarif social de référence de 3,30 €, la dépense annuelle avoisine 396 € ; au tarif de 1 €, elle tombe à 120 €, soit une économie d’environ 276 € sur l’année universitaire.

    Faut-il être boursier pour manger au restaurant universitaire ?

    Non. Les restaurants universitaires sont ouverts à tous les étudiants sur présentation de la carte étudiante. Depuis la généralisation du 4 mai 2026, le statut de boursier ne conditionne plus l’accès au tarif à 1 €, mais il continue d’ouvrir droit à d’autres avantages comme l’exonération des droits d’inscription et de la CVEC.

  • Conditions de vie étudiante en France 2026 : les chiffres clés de l’enquête OVE

    Conditions de vie étudiante en France 2026 : les chiffres clés de l’enquête OVE

    Conditions de vie étudiante en France 2026 : les chiffres clés de l’enquête OVE

    Les conditions de vie étudiante en France en 2026 restent marquées par une précarité économique persistante : selon l’enquête OVE, environ un quart des étudiants déclarent des difficultés financières importantes, moins de 10 % accèdent à un logement Crous, et près d’un tiers présente des signes de détresse psychologique. Ces chiffres, issus de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), dessinent une réalité étudiante contrastée entre autonomie recherchée et fragilité budgétaire.

    L’enquête « Conditions de vie des étudiants » de l’OVE, reconduite tous les trois ans depuis 1994, reste la source de référence pour objectiver ces réalités — budget, logement, alimentation, salariat, santé — loin des perceptions impressionnistes qui circulent souvent sur le sujet.

    Réponse rapide : D’après l’enquête OVE 2023 (publiée en 2024), environ 26 % des étudiants français déclarent des difficultés économiques importantes ou très importantes, contre environ 20 % en 2020. Près de 28 % disent avoir besoin d’une aide alimentaire, et environ un tiers présente des signes de détresse psychologique selon l’enquête complémentaire « Bien-être et Santé » 2024. Le parc de logements Crous (environ 175 000 places) ne couvre, selon les estimations du réseau, qu’une minorité de la demande étudiante.

    Qu’est-ce que l’enquête OVE et qui interroge-t-elle ?

    L’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) a été créé en 1989 pour fournir une information objective sur les conditions de vie des étudiants et leur lien avec la réussite dans les études. Sa grande enquête « Conditions de vie des étudiants » (CdV) est administrée tous les trois ans auprès d’un échantillon représentatif des inscrits dans l’enseignement supérieur français. L’édition 2023, publiée début 2024, a sollicité plus de 260 000 étudiants et a rassemblé environ 49 500 questionnaires exploitables, avec un taux de réponse d’environ 31 %.

    Le questionnaire couvre les ressources et dépenses, le logement, l’alimentation, la santé, les conditions d’études, le salariat étudiant, ainsi que les loisirs et pratiques culturelles. Une enquête complémentaire, « Bien-être et Santé des étudiant·es » (BSE), a été menée en 2024 par l’OVE et la DGESIP pour approfondir spécifiquement les questions de santé physique et psychologique.

    Quel est le budget moyen d’un étudiant en France ?

    Le budget étudiant reste structuré autour d’un mélange de ressources familiales, d’aides publiques et, pour une partie croissante, de revenus d’activité. Selon une précédente édition de l’enquête OVE, les parents couvrent en moyenne environ 41 % des dépenses étudiantes, pour un montant moyen de l’ordre de 530 euros par mois — un chiffre qui varie fortement selon le statut de décohabitation (étudiant vivant chez ses parents ou non) et l’origine sociale.

    Pour un état détaillé des montants de bourses et des critères d’attribution du Crous, notre article sur les statistiques et montants des bourses étudiantes en France détaille les échelons et le nombre de boursiers. L’ensemble des postes de dépense — inscription, logement, vie quotidienne — est également chiffré dans notre dossier sur le coût des études supérieures en France.

    Combien d’étudiants sont en situation de précarité financière ?

    La précarité économique étudiante est l’un des indicateurs les plus suivis par l’OVE. En 2023, environ 26 % des étudiants déclarent avoir des difficultés économiques importantes ou très importantes, un niveau en hausse par rapport à 2020 (environ 20 %) et proche de celui de 2016 (environ 23 %). Ces chiffres traduisent une dégradation perçue plutôt qu’un effondrement brutal : l’OVE souligne d’ailleurs, dans son enquête 2024, une relative stabilité de la structure des budgets étudiants sur la période récente.

    D’autres indicateurs financiers de l’enquête 2023 éclairent cette précarité :

    • Environ 32 % des étudiants déclarent avoir connu au moins un découvert bancaire au cours de l’année.
    • Environ 26 % rapportent au moins une fin de mois difficile ou très difficile.
    • Les étudiants internationaux et les décohabitants d’origine sociale modeste apparaissent comme les populations les plus exposées à ce cumul de fragilités, selon l’analyse de l’OVE.

    Où logent les étudiants et quelle part vit en résidence Crous ?

    Le logement demeure un poste de dépense structurant et une source d’inégalités marquées. Le réseau des Crous gère environ 175 000 logements proposés à prix social, réservés en priorité aux étudiants boursiers. Rapporté à la population étudiante totale, ce parc ne couvre, selon les estimations du réseau lui-même, qu’une part limitée de la demande — largement moins de 10 % des étudiants concernés en bénéficient effectivement, la majorité se logeant dans le parc privé, chez leurs parents, ou en colocation.

    Logement étudiant, chambre en résidence universitaire
    Chambre en résidence universitaire, une solution de logement social pour une minorité d’étudiants

    Le gouvernement a présenté fin 2023 une feuille de route sur le logement étudiant visant à augmenter l’offre sociale, mais l’écart entre demande et places disponibles reste, à ce jour, un point de tension documenté par plusieurs rapports institutionnels, dont ceux du ministère de l’Enseignement supérieur.

    Combien d’étudiants font face à une insécurité alimentaire ?

    L’alimentation est l’un des axes où l’enquête OVE 2023 documente une fragilité significative. Environ 28 % des étudiants déclarent avoir besoin d’une aide alimentaire, et près de 9 % y ont effectivement eu recours au moins une fois dans l’année — que ce soit via les épiceries solidaires, les distributions associatives ou les repas à un euro proposés par les Crous. Cet écart entre besoin déclaré et recours effectif suggère un phénomène de non-recours, fréquent dans les dispositifs de solidarité destinés aux étudiants.

    Combien d’étudiants travaillent pendant leurs études ?

    Le salariat étudiant est un phénomène ancien mais dont l’intensité varie selon la manière dont on le mesure. Une part substantielle des étudiants occupe une activité rémunérée à un moment ou un autre de l’année universitaire — jobs d’été, contrats étudiants, alternance. Mais l’indicateur le plus révélateur pour la réussite académique est celui de l’activité jugée « concurrente » des études, c’est-à-dire suffisamment prenante pour entrer en tension avec le rythme des cours. Selon les données OVE relayées en 2023, cette activité concurrente concernait environ 6 % des étudiants, contre plus de 8 % en 2013 — une baisse relative qui masque cependant des disparités fortes selon le niveau d’études, l’âge et la situation de décohabitation.

    Étudiant jonglant entre job étudiant et études, gestion du budget
    Concilier emploi étudiant et rythme des études, un équilibre budgétaire souvent délicat

    Pour les étudiants engagés dans la rédaction d’un mémoire en parallèle d’un emploi, la gestion du temps devient un facteur critique. Un usage disciplinée d’outils de rédaction et de planification, comme l’assistant de structuration de mémoire Tesify, peut aider à limiter le temps perdu sur l’organisation du travail académique lorsque les semaines sont déjà contraintes par un emploi.

    Santé mentale et isolement : que révèle l’enquête ?

    L’enquête complémentaire « Bien-être et Santé » 2024 de l’OVE dresse un tableau préoccupant : environ un tiers des étudiants rapportent des signes de détresse psychologique au cours des quatre semaines précédant l’enquête, et environ 16 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois. Les écarts sociaux et de genre sont marqués — les étudiantes et les étudiants d’origine sociale modeste apparaissent nettement plus touchés que la moyenne selon cette même enquête.

    Environ 44 % des étudiants disent ne pas savoir où trouver de l’aide en cas de besoin, et près de 24 % ont renoncé à des soins pour des raisons financières, un taux qui grimpe à environ 37 % chez les étudiants étrangers. Malgré ces signaux, 74 % des étudiants jugent tout de même leur état de santé général bon ou très bon sur la même période — un paradoxe apparent que l’OVE explique par la coexistence de vulnérabilités ponctuelles et d’un sentiment de santé globale préservé.

    Ces données rejoignent celles que nous détaillons dans notre article dédié à la santé mentale des étudiants pendant la rédaction du mémoire, ainsi que dans notre dossier sur le burnout étudiant en France, qui approfondissent spécifiquement les mécanismes de charge mentale liés au travail académique — cet article-ci se concentre sur le cadre de vie global mesuré par l’OVE.

    Tableau récapitulatif des chiffres clés

    Indicateur Chiffre (ordre de grandeur) Source
    Difficultés économiques importantes/très importantes ≈ 26 % (2023), ≈ 20 % (2020) OVE, enquête Conditions de vie 2023
    Découvert bancaire au moins une fois ≈ 32 % OVE 2023
    Besoin déclaré d’aide alimentaire ≈ 28 % (dont ≈ 9 % ayant eu recours) OVE 2023
    Part des dépenses couverte par les parents ≈ 41 % en moyenne OVE, édition antérieure
    Activité rémunérée jugée concurrente aux études ≈ 6 % (2023) vs ≈ 8,5 % (2013) OVE, données relayées 2023
    Logements Crous disponibles / couverture de la demande ≈ 175 000 places, < 10 % de la demande Réseau des Crous
    Signes de détresse psychologique (4 dernières semaines) ≈ 33 % OVE, enquête Bien-être et Santé 2024
    Renoncement aux soins pour raisons financières ≈ 24 % (≈ 37 % étudiants étrangers) OVE, enquête Bien-être et Santé 2024

    Ces chiffres sont des ordres de grandeur issus des dernières éditions disponibles de l’enquête OVE ; ils peuvent évoluer avec la publication de résultats plus récents. Pour une vue d’ensemble des effectifs et de la répartition des étudiants en France, voir aussi notre article étudiants en France : statistiques et chiffres clés.

    Questions fréquentes

    Qu’est-ce que l’enquête OVE sur les conditions de vie étudiante ?

    C’est l’enquête nationale de référence, menée tous les trois ans par l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE) depuis 1994, auprès d’un échantillon représentatif d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français. Elle couvre le budget, le logement, l’alimentation, la santé et le salariat étudiant.

    Quel pourcentage d’étudiants français est en situation de précarité ?

    Selon l’enquête OVE 2023, environ 26 % des étudiants déclarent des difficultés économiques importantes ou très importantes, contre environ 20 % en 2020. Ce niveau reste comparable à celui observé en 2016 (environ 23 %).

    Quelle part des étudiants vit en résidence Crous ?

    Le réseau des Crous gère environ 175 000 logements sociaux, réservés en priorité aux boursiers. Selon les estimations du réseau, ce parc ne couvre qu’une faible part, largement inférieure à 10 %, de la demande étudiante totale en logement.

    Combien d’étudiants ont besoin d’une aide alimentaire ?

    Environ 28 % des étudiants déclarent avoir besoin d’une aide alimentaire selon l’enquête OVE 2023, et près de 9 % y ont effectivement eu recours au moins une fois dans l’année, via des épiceries solidaires, des associations ou des repas à un euro.

    Quelle part des étudiants travaille en parallèle de ses études ?

    Une part substantielle des étudiants a une activité rémunérée à un moment de l’année. L’indicateur d’activité jugée concurrente des études, plus révélateur du risque académique, concernait environ 6 % des étudiants en 2023, contre plus de 8,5 % en 2013 selon les données OVE.

    Quel est l’état de santé mentale des étudiants selon l’OVE ?

    L’enquête Bien-être et Santé 2024 de l’OVE indique qu’environ un tiers des étudiants présente des signes de détresse psychologique récents, et environ 16 % rapportent des pensées suicidaires sur les douze derniers mois, avec des écarts sociaux et de genre marqués.

    Sources principales : OVE — Repères Conditions de vie 2023, OVE — Enquête Bien-être et Santé des étudiant·es 2024, AEF info — données OVE sur le salariat étudiant, et réseau des Crous — rapport d’activité 2023.

  • Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    En 2024-2025, environ 662 000 étudiants ont perçu une bourse sur critères sociaux du CROUS en France, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation éligible — le taux le plus bas depuis douze ans, selon les chiffres du SIES (ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche). Pour 2026-2027, les montants restent identiques à ceux de l’année précédente, échelonnés de 1 454 € à 6 335 € par an selon l’échelon attribué. Ce guide détaille les montants par échelon, l’évolution du nombre de boursiers et les explications avancées par le SIES.

    Réponse rapide : environ 662 000 étudiants étaient boursiers CROUS en 2024-2025 (35,8 % des effectifs éligibles, chiffres SIES), un taux en baisse continue depuis plusieurs années. Les montants 2026-2027 vont de 1 454 € (échelon 0 bis) à 6 335 € par an (échelon 7), inchangés par rapport à 2025-2026.

    Combien d’étudiants sont boursiers CROUS en France ?

    Le SIES publie chaque année une note flash sur les boursiers sur critères sociaux de l’enseignement supérieur. Pour l’année 2024-2025, elle recense environ 662 000 étudiants boursiers, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation ouvrant droit à cette bourse. C’est un taux en baisse de 1,5 point par rapport à 2023-2024, et le niveau le plus bas observé depuis douze ans.

    À titre de comparaison, en 2021-2022, le SIES recensait environ 720 000 boursiers, soit un taux proche de 37,7 % parmi les effectifs éligibles. La baisse récente traduit un mouvement progressif plutôt qu’une rupture brutale sur une seule année.

    Graphique de la répartition des boursiers CROUS par échelon
    Répartition des boursiers CROUS par échelon en 2024-2025.

    Quels sont les montants par échelon en 2026-2027 ?

    La bourse sur critères sociaux comporte huit échelons, de 0 bis à 7, chacun correspondant à un montant annuel fixe déterminé par arrêté ministériel. Pour 2026-2027, ces montants sont identiques à ceux de 2025-2026 : le barème national n’a pas été revalorisé.

    Échelon Montant mensuel Montant annuel (10 mois) Montant annuel (12 mois, maintien estival)
    0 bis 145,42 € 1 454 € 1 745 €
    1 216,30 € 2 163 € 2 596 €
    2 307,10 € 3 071 € 3 685 €
    3 382,80 € 3 828 € 4 594 €
    4 458,50 € 4 585 € 5 502 €
    5 534,20 € 5 342 € 6 411 €
    6 583,30 € 5 833 € 7 000 €
    7 633,50 € 6 335 € 7 602 €

    La bourse est versée en dix mensualités par défaut, sauf pour les étudiants éligibles au maintien pendant les vacances d’été, qui perçoivent alors deux mensualités supplémentaires. L’échelon 0, en dessous de 0 bis, ne donne droit à aucun versement mais ouvre tout de même à l’exonération des frais d’inscription et de la CVEC.

    Le nombre de boursiers augmente-t-il ou diminue-t-il ?

    La tendance récente est à la baisse, après plusieurs années de relative stabilité. Le taux de boursiers parmi les étudiants éligibles est passé d’environ 37,7 % en 2021-2022 à 35,8 % en 2024-2025, une baisse cumulée de près de deux points en trois ans. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des effectifs étudiants globaux, ce qui accentue mécaniquement la baisse du taux relatif de boursiers, même si le nombre absolu de bénéficiaires reste élevé.

    Année universitaire Nombre de boursiers (approx.) Taux parmi effectifs éligibles
    2020-2021 ≈ 750 000 Non précisé
    2021-2022 ≈ 720 000 ≈ 37,7 %
    2023-2024 Supérieur à 2024-2025 ≈ 37,3 %
    2024-2025 ≈ 662 000 35,8 %

    Cette dynamique s’observe en parallèle d’une hausse des effectifs de rentrée universitaire, détaillée dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027.

    Étudiant consultant son dossier de bourse CROUS en ligne
    Consultation du Dossier Social Étudiant sur le portail CROUS.

    Pourquoi le taux de boursiers baisse-t-il malgré l’inflation ?

    Selon le SIES, l’explication tient principalement à l’absence de revalorisation du barème national d’attribution au même rythme que la hausse des revenus liée à l’inflation. Un barème figé dans un contexte de hausse générale des salaires fait mécaniquement sortir certains foyers des seuils d’éligibilité, même sans amélioration réelle de leur situation financière relative.

    Ce phénomène illustre un décalage classique entre indexation des barèmes sociaux et évolution du coût de la vie, régulièrement pointé par les associations étudiantes lors des discussions budgétaires annuelles sur l’enseignement supérieur. Pour beaucoup de familles proches des seuils, une légère hausse de revenu déclaré peut ainsi faire basculer un dossier d’un échelon supérieur vers un échelon inférieur, voire vers une sortie complète du dispositif, sans que la charge réelle du foyer n’ait changé.

    Quand et comment déposer son Dossier Social Étudiant ?

    Le Dossier Social Étudiant (DSE) s’ouvre chaque année sur le portail dédié du réseau des CROUS, généralement à la mi-janvier, avec une date limite de dépôt fixée fin mai pour une instruction dans les meilleurs délais avant la rentrée de septembre. Un dépôt tardif, hors de cette fenêtre, reste possible mais rallonge considérablement les délais de traitement et retarde le premier versement.

    • Ouverture du service en ligne : mi-janvier
    • Date limite recommandée : fin mai, avant la rentrée universitaire suivante
    • Pièces à préparer : avis d’imposition du foyer, justificatifs de situation familiale, attestation de scolarité prévisionnelle
    • Notification de l’échelon : généralement avant l’été, sous réserve de dossier complet

    Comment est calculé l’échelon d’un étudiant ?

    L’échelon est déterminé automatiquement lors du Dossier Social Étudiant, à partir de deux éléments principaux :

    • Les points de charge — nombre d’enfants à charge du foyer fiscal, éloignement entre le domicile familial et le lieu d’études, nombre de frères et sœurs également boursiers.
    • Le revenu brut global — comparé à un barème national actualisé chaque année, qui détermine le seuil d’accès à chaque échelon.

    Le montant total du budget consacré aux études (frais de scolarité, logement, alimentation) reste par ailleurs à mettre en perspective avec ce niveau de bourse : notre analyse du coût moyen d’un master en France en 2026 détaille ce budget complet, bourse déduite ou non.

    Quels avantages annexes au statut de boursier ?

    Au-delà du versement mensuel, le statut de boursier CROUS ouvre à plusieurs avantages qui pèsent lourd dans le budget étudiant global :

    Avantage Détail
    Exonération frais d’inscription Frais universitaires et CVEC pris en charge
    Accès prioritaire au logement CROUS Critère social prioritaire dans l’attribution
    Repas CROUS à tarif social Repas à 1 € dans certains restaurants universitaires
    Exonération partielle en école privée Selon les dispositifs internes de chaque établissement

    Certains établissements privés, notamment des écoles de commerce, ont mis en place des dispositifs de gratuité totale pour les échelons les plus élevés, un point détaillé dans notre article sur les frais de scolarité des écoles de commerce en France 2026. Ces montants de bourse, une fois connus, permettent aussi d’anticiper le budget consacré à la rédaction du mémoire : bibliographie, outils de relecture ou accompagnement méthodologique restent des postes à intégrer dans un budget étudiant déjà contraint, ce que Tesify propose à un tarif accessible aux étudiants boursiers.

    Questions fréquentes

    Combien d’étudiants sont boursiers CROUS en France ?

    Selon le SIES (MESR), environ 662 000 étudiants ont perçu une bourse sur critères sociaux en 2024-2025, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation ouvrant droit à cette bourse — le taux le plus bas depuis 12 ans.

    Quels sont les montants de la bourse CROUS par échelon en 2026-2027 ?

    Les montants 2026-2027 restent identiques à ceux de 2025-2026, échelonnés de 1 454 € par an (échelon 0 bis) à 6 335 € par an (échelon 7) sur 10 mois, avec des montants majorés en cas de maintien estival de la bourse.

    Pourquoi le nombre de boursiers CROUS baisse-t-il ?

    Selon le SIES, le barème national n’a pas été revalorisé au même rythme que la hausse des revenus liée à l’inflation, ce qui a mécaniquement fait sortir certains foyers des seuils d’éligibilité, expliquant la baisse du taux de boursiers observée en 2024-2025.

    Comment connaître son échelon de bourse ?

    L’échelon est calculé automatiquement lors du Dossier Social Étudiant (DSE), à partir des points de charge du foyer (nombre d’enfants, éloignement géographique, boursiers dans la fratrie) comparés au revenu brut global déclaré aux impôts.

    L’échelon 0 bis donne-t-il droit à d’autres avantages que l’argent de la bourse ?

    Oui. Même sans versement d’argent dans certains cas limites, le statut de boursier donne accès à l’exonération des frais d’inscription et de la CVEC, ainsi qu’à des critères d’accès prioritaires au logement CROUS.

  • Frais de scolarité des écoles de commerce en France en 2026 : fourchettes, évolution et financements

    Frais de scolarité des écoles de commerce en France en 2026 : fourchettes, évolution et financements

    Frais de scolarité des écoles de commerce en France en 2026 : fourchettes, évolution et financements

    En 2026, les frais de scolarité des écoles de commerce françaises varient fortement selon le rang de l’école : les cinq établissements les plus réputés (HEC, ESCP, ESSEC, emlyon, EDHEC) dépassent tous les 60 000 € pour l’ensemble du Programme Grande École, avec HEC Paris en tête à environ 75 300 €. Des écoles de rang intermédiaire restent sous la barre des 50 000 €. Ce guide détaille les fourchettes réelles, leur évolution récente et les pistes de financement disponibles pour les étudiants.

    Réponse rapide : le Programme Grande École coûte en 2026 entre environ 45 000 € et plus de 75 000 € sur trois ans selon l’école, avec une moyenne autour de 20 000 € par an. La hausse ralentit (environ 3 % en moyenne entre 2025 et 2026), et plusieurs écoles proposent une gratuité partielle ou totale pour les boursiers des échelons les plus élevés.

    Quelles sont les fourchettes de frais de scolarité en 2026 ?

    Pour le Programme Grande École (bac+5, cursus post-prépa ou admission parallèle) à tarif plein, les frais de scolarité totaux sur trois ans se répartissent globalement en trois tranches selon le rang de l’école dans les classements (Le Figaro Étudiant, L’Étudiant, SIGEM) : les écoles du haut de tableau au-delà de 60 000 €, les écoles de rang intermédiaire entre 45 000 et 60 000 €, et quelques écoles de rang plus modeste en dessous de 45 000 €. Ces montants correspondent au tarif plein hors bourses, exonérations ou alternance.

    Il faut ajouter à ces frais le coût de la vie étudiante (logement, transport, restauration), qui peut représenter plusieurs milliers d’euros supplémentaires par an, en particulier dans les métropoles où sont implantées la plupart de ces écoles (Paris, Lyon, Lille).

    Graphique des frais de scolarité des écoles de commerce en France
    Les frais de scolarité varient du simple au double selon le rang de l’école.

    Combien coûtent les écoles du top 5 ?

    École Frais sur 3 ans (tarif plein, 2026) Évolution 2025-2026
    HEC Paris ≈ 75 300 € Hausse modérée
    ESCP ≈ 66 800 € Hausse modérée
    ESSEC ≈ 66 020 € Hausse modérée
    emlyon ≈ 62 900 € Hausse modérée
    EDHEC ≈ 61 400 € à 62 400 € +0,2 % (quasi stable)

    Ces cinq écoles ont toutes dépassé le seuil symbolique des 60 000 € pour l’intégralité du cursus, hors année d’immersion professionnelle et frais annexes. Pour comparer ces montants à d’autres filières sélectives, notre classement des écoles de commerce en France 2026 détaille aussi les palmarès de sortie et les débouchés associés à chaque niveau de frais.

    Comment évoluent les frais d’une année sur l’autre ?

    La tendance de fond reste haussière, mais son rythme ralentit nettement. Entre 2025 et 2026, la hausse moyenne constatée est d’un peu moins de 3 %, contre des augmentations parfois supérieures à 5 % certaines années précédentes. Cette modération reflète en partie la pression concurrentielle entre écoles et la sensibilité croissante des familles au coût des études.

    Les écarts entre écoles sont toutefois marqués : certaines, comme l’EDHEC, ont quasiment gelé leurs tarifs (+0,2 %), tandis que d’autres, comme SKEMA ou NEOMA, ont appliqué des hausses plus proches de 2 à 3 %. Cette dispersion rend indispensable de vérifier le tarif exact école par école plutôt que de se fier à une moyenne générale.

    Étudiant calculant le coût total d'une école de commerce
    Anticiper le coût total sur trois ans permet de mieux préparer son plan de financement.

    Pourquoi de tels écarts entre écoles ?

    Plusieurs facteurs expliquent la dispersion des tarifs. D’abord, la notoriété et le rang dans les classements jouent directement sur le prix : les écoles les mieux placées peuvent maintenir une demande forte malgré des frais élevés, ce qui limite la pression à la baisse. Ensuite, les accréditations internationales (AACSB, EQUIS, AMBA), coûteuses à obtenir et à maintenir, pèsent sur la structure de coûts des écoles qui les détiennent toutes trois — un argument souvent mis en avant pour justifier des frais plus élevés.

    Enfin, la taille du campus, les partenariats internationaux (doubles diplômes, échanges) et les investissements dans le numérique ou les nouveaux bâtiments influencent aussi le niveau des frais. Une école en pleine expansion de ses infrastructures répercute généralement une partie de ces coûts sur les frais de scolarité des promotions suivantes.

    Comment ces frais se comparent-ils à l’université publique ?

    L’écart avec l’université publique reste considérable. Les frais d’inscription en licence ou master à l’université restent de l’ordre de quelques centaines d’euros par an, auxquels s’ajoute la CVEC. Notre analyse détaillée des frais de scolarité des universités françaises en 2026 et du coût moyen d’un master en France permet une comparaison directe.

    Filière Coût annuel indicatif (tarif plein)
    Master à l’université publique ≈ 250 à 300 € (hors CVEC)
    École de commerce, rang intermédiaire ≈ 15 000 à 20 000 €
    École de commerce, top 5 ≈ 20 000 à 25 000 €

    Cet écart explique pourquoi le choix entre université et école de commerce dépend rarement du seul critère académique : il engage un arbitrage financier et familial de long terme, souvent couplé à un projet d’endettement étudiant sur plusieurs années.

    Quelles sont les pistes de financement disponibles ?

    • Prêts étudiants garantis par l’État — plafonnés, accessibles sans condition de ressources dans certaines banques partenaires.
    • Alternance (apprentissage ou professionnalisation) — frais pris en charge par l’entreprise et l’OPCO, avec un salaire versé à l’étudiant, généralement possible en dernière année du cursus.
    • Bourses internes de l’école — critères sociaux ou mérite, cumulables ou non avec la bourse CROUS selon les établissements.
    • Bourse CROUS sur critères sociaux — cumulable dans la plupart des écoles, sous réserve d’inscription dans une formation reconnue par le ministère.

    L’alternance reste la piste la plus radicale pour réduire le reste à charge : elle transforme une dépense en revenu, au prix d’un rythme d’études plus soutenu, partagé entre les cours et l’entreprise. Certaines écoles limitent toutefois le nombre de places en alternance, en particulier sur les premières années du cursus, ce qui impose souvent d’anticiper cette candidature dès l’admission.

    Que proposent les écoles pour les étudiants boursiers ?

    Plusieurs grandes écoles ont mis en place ces dernières années des dispositifs de gratuité totale ou partielle pour les étudiants boursiers aux échelons les plus élevés. L’ESSEC a ouvert la voie avec un dispositif couvrant les échelons 4 à 7, rapidement suivie par d’autres établissements du même rang. Ces dispositifs restent toutefois hétérogènes d’une école à l’autre, tant sur les échelons couverts que sur le niveau réel d’exonération.

    Pour situer précisément votre échelon et le montant de bourse associé, consultez notre analyse des statistiques boursiers CROUS 2026 par échelon, qui détaille les montants annuels et la part d’étudiants boursiers en France.

    Au-delà de la question du financement, structurer efficacement son mémoire de fin d’études en école de commerce reste un enjeu à part entière une fois les frais engagés : Tesify accompagne les étudiants du Programme Grande École dans la construction de leur mémoire, avec bibliographie automatique et éditeur IA intégré, pour sécuriser ce dernier passage avant le diplôme.

    Questions fréquentes

    Combien coûte une école de commerce en France en 2026 ?

    Selon les écoles, le Programme Grande École coûte entre environ 45 000 € et plus de 75 000 € pour trois ans à tarif plein. Les écoles du top 5 (HEC, ESCP, ESSEC, emlyon, EDHEC) dépassent toutes les 60 000 €, tandis que des écoles de rang intermédiaire restent en dessous de 55 000 €.

    Les frais de scolarité des écoles de commerce augmentent-ils chaque année ?

    Oui, mais la hausse ralentit. Après plusieurs années d’augmentations marquées, la hausse moyenne entre 2025 et 2026 est d’un peu moins de 3 %, avec de fortes disparités : certaines écoles comme l’EDHEC n’ont augmenté leurs frais que de 0,2 %, quand d’autres continuent une progression plus soutenue.

    L’apprentissage permet-il de ne rien payer en école de commerce ?

    Oui, en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, les frais de scolarité sont pris en charge par l’entreprise et l’OPCO, et l’étudiant perçoit un salaire. C’est une voie de financement courante en dernière année de Programme Grande École, notamment en alternance sur le M2.

    Les boursiers CROUS sont-ils exonérés de frais dans les écoles de commerce ?

    Plusieurs grandes écoles ont mis en place des dispositifs de gratuité totale ou partielle pour les boursiers aux échelons les plus élevés, comme l’ESSEC pour les échelons 4 à 7. Ces dispositifs varient fortement d’une école à l’autre et ne couvrent pas systématiquement le coût de la vie étudiante.

    Une école de commerce coûte-t-elle plus cher qu’une université publique ?

    Largement. Les frais d’inscription en université publique restent de l’ordre de quelques centaines d’euros par an, contre 15 000 à 25 000 € par an en moyenne dans une école de commerce du Programme Grande École à tarif plein.

  • Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparaient un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un centre de formation d’apprentis (CFA), selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans — un rythme très différent des années 2020-2022, marquées par une croissance de +78 % en seulement deux ans. L’apprentissage dans l’enseignement supérieur est devenu une réalité structurelle du paysage éducatif français : les apprentis représentent désormais une proportion significative des inscrits dans presque toutes les filières du bac+2 au bac+5.

    Cette note statistique présente la pyramide complète des apprentis du supérieur en 2024 : répartition par niveau de formation (STS/BTS, IUT/BUT, licence professionnelle, école de commerce, cycle ingénieur), part du public et du privé, profil social des apprentis, et trajectoire de croissance depuis 2020. Toutes les données citées sont issues de sources officielles (SIES-MESR, Dares, Trésor). Pour replacer ces effectifs dans le paysage plus large des filières sélectives, consultez notre analyse Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière et sélectivité.

    Résultat clé : L’apprentissage dans le supérieur compte 657 900 étudiants fin 2024 (+3 % sur un an). Les STS concentrent près de 30 % des effectifs, devant les titres RNCP (25 %) et les écoles de commerce (17 %). La licence professionnelle affiche le taux d’apprentissage le plus élevé de l’université avec 61 % de ses étudiants en alternance. La croissance, explosive entre 2020 et 2022 (+78 %), s’est fortement modérée depuis 2023 (+3 à +4 % par an).

    657 900 apprentis dans le supérieur : le chiffre clé 2024

    La Note Flash SIES N° 2025-21, publiée le 11 septembre 2025 par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESR), constitue la référence officielle pour les chiffres de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur en France au titre de l’année 2024. Au 31 décembre 2024, les CFA accueillaient 657 900 étudiants préparant un diplôme de niveau supérieur (bac+2 et au-delà).

    Ce chiffre s’inscrit dans une tendance de ralentissement amorcée dès 2023. Si la croissance reste positive (+3 % sur un an, +14 % sur deux ans), elle est sans commune mesure avec les rythmes observés entre 2018 et 2022, période durant laquelle la réforme de la loi Avenir professionnel de 2018 a libéralisé les conditions d’ouverture des CFA et supprimé le numerus clausus sur les formations habilitées.

    À titre de comparaison, l’ensemble de l’enseignement supérieur français compte 3,01 millions d’étudiants en 2024-2025 selon le SIES, ce qui signifie que les apprentis représentent environ 22 % des effectifs totaux du supérieur — un niveau sans précédent historique.

    Répartition par type de formation

    La structure par formation révèle une concentration marquée dans trois grandes catégories : les STS, les titres RNCP et les écoles de commerce. Le tableau ci-dessous synthétise la répartition des 657 900 apprentis du supérieur selon les données SIES 2024.

    Répartition des apprentis du supérieur par type de formation — 31 décembre 2024
    Type de formation Part des apprentis du supérieur Effectifs estimés
    STS (BTS — Sections de Technicien Supérieur) ~30 % ~197 000
    Titres RNCP homologués (hors diplômes nationaux) ~25 % ~164 000
    Écoles de commerce 17 % ~112 000
    Licence professionnelle (université) non isolé
    IUT (BUT — Bachelor Universitaire de Technologie) non isolé
    Cycle ingénieur (écoles d’ingénieurs) ~12 % ~32 000
    Total enseignement supérieur 100 % 657 900

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025. Les effectifs sont estimés en appliquant les parts déclarées. Le SIES ne publie pas de décomposition exhaustive par filière dans la note flash.

    Le poids des STS (sections préparant le BTS) est historiquement ancré : la voie technologique courte a très tôt adopté l’alternance comme mode pédagogique. Les titres RNCP homologués, qui désignent les certifications professionnelles enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles sans être des diplômes nationaux, constituent la deuxième catégorie et illustrent la diversification de l’offre de formation privée depuis 2018. Les écoles de commerce, avec 17 % du total, confirment leur positionnement historique sur l’apprentissage en alternance.

    Taux d’apprentissage par filière : qui mène la course ?

    Au-delà des effectifs bruts, le taux d’apprentissage — proportion d’étudiants d’une filière qui suivent leur formation en alternance — renseigne sur la pénétration structurelle de l’apprentissage dans chaque voie. Les chiffres 2024 du SIES dessinent une hiérarchie claire.

    Taux d’apprentissage par filière dans l’enseignement supérieur — 2024
    Filière Taux d’apprentissage 2024 Commentaire
    Licence professionnelle 61 % Filière la plus intégrée à l’alternance en milieu universitaire
    Écoles de commerce 34 % Modèle économique historiquement fondé sur l’alternance
    STS (BTS) ~50 % Près d’un étudiant sur deux en STS est apprenti
    Cycle ingénieur ~20 % Un étudiant sur cinq en école d’ingénieurs en apprentissage
    IUT (BUT) 26 % Progression nette depuis le passage au BUT en 2021

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025 ; Note Flash SIES cycle ingénieur 2024-2025.

    Source : EESR n°18 — L’apprentissage dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La licence professionnelle se distingue nettement : 61 % de ses étudiants sont apprentis, ce qui en fait la formation universitaire la plus étroitement liée au marché du travail. Ce taux élevé s’explique par la vocation même de la licence pro — une formation courte (un an après un bac+2) conçue pour une insertion professionnelle rapide dans un secteur précis. La majorité des étudiants qui y entrent recherchent précisément la double compétence académique et professionnelle que confère l’apprentissage.

    Le taux de 50 % en STS mérite d’être mis en perspective : sur les 400 000 étudiants inscrits en STS en France, la moitié est donc en apprentissage — un chiffre qui reflète la forte demande des TPE/PME pour des techniciens supérieurs formés directement sur poste. Les IUT, dont la réforme vers le BUT a allongé la formation à trois ans en 2021, voient leur taux d’apprentissage progresser à 26 %, signe d’une meilleure articulation entre le référentiel de compétences du BUT et les besoins des employeurs.

    Les écoles d’ingénieurs affichent un taux de 20 % sur un total de 158 600 inscrits en cycle ingénieur en 2024-2025 — soit environ 32 000 apprentis ingénieurs, un segment à forte valeur ajoutée pour les employeurs du secteur industriel et numérique.

    Part du public et du privé dans l’apprentissage du supérieur

    La structure institutionnelle de l’apprentissage supérieur révèle une domination marquée du secteur privé. Selon les données SIES, plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés.

    Cette répartition s’explique par plusieurs facteurs structurels :

    • La prédominance des CFA privés : depuis la loi Avenir professionnel de 2018, n’importe quel organisme de formation peut ouvrir un CFA sans autorisation administrative préalable. Cette déréglementation a favorisé la multiplication des CFA privés spécialisés.
    • Le poids des écoles de commerce privées : les grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, mais aussi les ESC régionales) ont massivement développé leurs programmes en apprentissage depuis 2018, contribuant à une part significative des 112 000 apprentis en école de commerce.
    • Les titres RNCP hors diplômes nationaux : l’essentiel des formations délivrant des titres RNCP homologués relèvent du secteur privé (organismes de formation professionnelle, CFA d’entreprise).

    Le secteur public — universités, IUT publics, lycées accueillant des STS — pèse donc moins de 25 % des apprentis du supérieur, malgré des efforts notables d’ouverture via les CFA universitaires. Cette asymétrie public/privé est un enjeu de politique publique régulièrement débattu : l’accès à l’apprentissage reste plus aisé via les établissements privés, dont les frais de scolarité peuvent être entièrement pris en charge par les OPCO, qu’au sein de l’université publique. Cette dynamique fait écho aux tensions de capacité observées plus largement dans le supérieur, comme le montre notre dossier sur la crise du logement étudiant en France 2025.

    Évolution 2020-2024 : accélération explosive puis décélération

    La trajectoire de l’apprentissage dans le supérieur sur cinq ans illustre un cycle classique en deux temps : une phase d’expansion rapide portée par la réforme structurelle, suivie d’un plateau de maturité. Le tableau suivant retrace les effectifs annuels estimés.

    Évolution des apprentis dans l’enseignement supérieur — 2020 à 2024
    Année (au 31 déc.) Effectifs apprentis supérieur Croissance annuelle
    2020 ~324 000
    2021 ~480 000 +48 %
    2022 576 300 +20 %
    2023 ~576 900 – 638 000 ~+8 %
    2024 657 900 +3 %

    Sources : Note Flash SIES N° 2025-21 (données 2024) ; Note Flash SIES N° 2024-22 (données 2022-2023) ; Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), données Éducation nationale pour 2022. Les chiffres 2020-2021 sont des estimations déduites du taux de croissance +78 % sur deux ans confirmé par le SIES.

    La rupture de rythme est manifeste. Entre 2020 et 2022, le volume d’apprentis du supérieur a été multiplié par 1,78 en deux ans, soit une croissance cumulée de +78 %. Ce choc d’offre résulte de la convergence de trois facteurs : la simplification administrative ouverte par la loi Avenir professionnel de 2018, les aides exceptionnelles à l’embauche d’apprentis mises en place en 2020 (aide pouvant aller jusqu’à 8 000 € pour les contrats dans le supérieur), et une demande étudiante structurellement forte face aux incertitudes du marché de l’emploi post-Covid.

    Depuis 2023, la décélération est nette : +3 % en 2024, contre +48 % en 2021. Plusieurs raisons expliquent ce plateau :

    • Réduction des aides à l’embauche : le montant de l’aide unique aux employeurs d’apprentis a été revu à la baisse à partir de 2023 pour les contrats dans le supérieur (formations bac+3 et au-delà).
    • Saturation des capacités d’accueil : un nombre croissant de CFA signalent des difficultés à trouver suffisamment d’entreprises maîtres d’apprentissage, notamment dans les métropoles où la concurrence pour les postes est forte.
    • Stabilisation de la demande : le nombre d’employeurs recrutant des apprentis du supérieur, qui avait atteint un pic de 90 600 structures en 2021, est redescendu à 66 800 en 2024 selon les données Dares.

    Nouveaux contrats signés et dynamique du marché

    À l’échelle nationale, tous niveaux confondus (secondaire et supérieur), 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en 2024, portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre marque un quasi-triplement par rapport aux 306 000 contrats signés en 2017, année précédant la réforme.

    Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà, confirmant l’inversion structurelle du mix niveau amorcée autour de 2021 : l’apprentissage est désormais davantage un fait du supérieur que de la formation professionnelle initiale secondaire.

    Point de vigilance : La réduction des aides à l’embauche pour les contrats supérieurs bac+3 introduite en 2023 a entraîné un reflux de la demande. Des signaux de ralentissement plus prononcé pourraient apparaître dans les données 2025, notamment sur les segments master et cycle ingénieur.

    Profil social des apprentis du supérieur : une démocratisation ciblée

    Les données SIES apportent un éclairage nuancé sur l’origine sociale des apprentis dans le supérieur. La lecture simple — « l’apprentissage favorise la démocratisation de l’enseignement supérieur » — doit être pondérée selon les filières.

    Dans les formations d’ingénieur et dans les écoles de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que leurs homologues en formation initiale classique (dits « scolaires »). Cet effet est structurel : pour une famille dont les ressources ne permettent pas de financer 3 à 5 ans de frais de scolarité dans une grande école privée, l’apprentissage constitue la voie d’accès principale, les coûts étant pris en charge par l’OPCO via la prise en charge du coût pédagogique.

    En revanche, dans les formations universitaires (IUT, licence professionnelle), le profil social des apprentis est comparable à celui des étudiants en formation initiale. L’université étant moins chère d’accès, l’apprentissage y est choisi pour ses avantages pratiques (rémunération, expérience professionnelle) plutôt que comme unique voie d’accès financièrement accessible.

    Ce constat suggère que l’apprentissage joue un rôle de démocratisation différentielle : il ouvre des portes dans les grandes écoles à des publics qui n’y auraient pas accès autrement, mais il ne modifie pas fondamentalement la composition sociale de l’université publique. Sur les débouchés à plus long terme des parcours du supérieur, notre analyse de l’insertion professionnelle des docteurs en France 2024 offre un point de comparaison utile entre voies courtes et voies longues.

    Coût public de l’apprentissage : 15 milliards d’euros

    L’expansion de l’apprentissage a un coût budgétaire considérable. En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti et par an. Ce montant agrège :

    • Le coût pédagogique pris en charge par les OPCO (Opérateurs de compétences), financé via la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA) versée par les entreprises.
    • Les exonérations de charges sociales dont bénéficient les employeurs d’apprentis (exonération quasi-totale pour les contrats dans les entreprises de moins de 250 salariés).
    • L’aide à l’embauche versée aux employeurs (réduite en 2023 mais toujours existante).
    • Le coût de l’Aide personnalisée au logement (APL) et d’autres aides sociales dont bénéficient les apprentis.

    Ce niveau de dépense publique place la France parmi les pays européens qui investissent le plus dans l’apprentissage rapporté au PIB, loin devant l’Espagne et le Portugal, mais comparable à l’Allemagne et à l’Autriche, dont les systèmes duaux font figure de référence.

    La question du retour sur investissement collectif est posée : les études sur l’insertion professionnelle montrent que l’avantage de l’apprentissage sur la formation initiale classique est plus marqué aux niveaux inférieurs (CAP, BEP) qu’aux niveaux supérieurs. Au niveau master, l’effet sur les taux d’emploi 18 mois après la sortie est jugé « limité » par la Direction générale du Trésor dans son bilan 2025 — ce qui alimente un débat sur la pertinence de maintenir des aides élevées pour les contrats dans les grandes écoles privées.

    Perspectives et enjeux pour 2025-2026

    Plusieurs tendances de fond dessineront l’évolution de l’apprentissage dans le supérieur français au cours des prochains mois.

    La modulation des aides à l’embauche

    Depuis 2023, les aides à l’embauche ont été différenciées selon le niveau de qualification. Les contrats de niveau bac+3 et au-delà bénéficient d’une aide réduite par rapport aux contrats de niveau bac à bac+2. Cette politique vise à concentrer le soutien public sur les apprentissages qui génèrent le meilleur effet de démocratisation. Son impact quantitatif sur les contrats signés en 2025 sera observable dans les prochaines publications SIES.

    Le BUT comme vecteur de croissance dans les IUT

    La réforme des IUT (passage au Bachelor Universitaire de Technologie en 2021, formation de 3 ans) a rendu les programmes plus compatibles avec l’apprentissage, notamment grâce à la structure par blocs de compétences. Avec 26 % des étudiants IUT déjà en apprentissage en 2024, la marge de progression existe, en particulier dans les spécialités techniques (informatique, réseaux, mécatronique) où la demande des employeurs reste forte.

    La question des ruptures de contrat

    Avec le ralentissement du marché, le taux de rupture anticipée des contrats d’apprentissage mérite une attention particulière. Dans un contexte économique plus difficile, certaines entreprises renoncent à leurs apprentis en cours de cycle, laissant les étudiants en difficulté pour trouver un nouvel employeur dans les délais impartis. Ce risque rejoint la problématique plus large du décrochage et de la réussite en licence, où la rupture de parcours est un enjeu central.

    L’apprentissage au niveau master

    Le master reste le niveau où la pénétration de l’apprentissage est la plus récente et la plus hétérogène. Les données globales ne permettent pas d’isoler précisément le stock d’apprentis en master, mais des signaux de croissance sont visibles dans les secteurs du numérique, de la finance et du conseil en management, où les grandes entreprises ont massivement ouvert des postes d’apprentis ingénieurs ou consultants en master.

    Pour les étudiants qui envisagent de rédiger un mémoire de master en alternance, Tesify propose un accompagnement IA structuré pour gérer en parallèle les exigences académiques du mémoire et les contraintes opérationnelles d’un poste en entreprise.

    FAQ — Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France

    Combien d’apprentis y a-t-il dans l’enseignement supérieur en France en 2024 ?

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparent un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un CFA, selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le MESR en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans. Ramené au total des 3,01 millions d’inscrits dans le supérieur, cela signifie qu’environ un étudiant sur cinq est apprenti.

    Quelles formations du supérieur comptent le plus d’apprentis ?

    Les STS (préparant le BTS) concentrent environ 30 % des apprentis du supérieur, soit près de 197 000 étudiants. Les formations délivrant des titres RNCP homologués représentent environ 25 % (164 000) et les écoles de commerce 17 % (112 000). Ce trio de tête totalise plus de 70 % des apprentis du supérieur, loin devant les filières universitaires et les grandes écoles d’ingénieurs.

    Quel est le taux d’apprentissage en IUT (BUT) en 2024 ?

    En 2024, 26 % des étudiants inscrits en IUT (préparant un BUT) effectuent leur formation en apprentissage. Ce taux est inférieur à celui de la licence professionnelle (61 %) et des STS (~50 %), mais supérieur à celui du cycle ingénieur (~20 %). Il est en progression depuis la réforme BUT de 2021, qui a rendu les programmes IUT plus compatibles avec le rythme d’alternance.

    Quelle est la part du secteur privé dans l’apprentissage du supérieur ?

    Plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés (écoles de commerce, CFA privés, organismes délivrant des titres RNCP). Ce déséquilibre public/privé est structurel : la libéralisation du marché de la formation par la loi Avenir professionnel de 2018 a surtout bénéficié aux acteurs privés, qui ont ouvert des CFA sans les contraintes administratives qui pèsent encore sur l’université publique.

    Comment a évolué l’apprentissage dans le supérieur entre 2020 et 2024 ?

    L’apprentissage dans le supérieur a augmenté de +78 % entre 2020 et 2022 (de ~324 000 à 576 300 étudiants), porté par les aides à l’embauche post-Covid et la déréglementation. Depuis 2023, la croissance s’est très nettement modérée : +8 % environ en 2023, puis +3 % en 2024 pour atteindre 657 900. La réduction des aides pour les niveaux bac+3 et plus et la contraction de la demande des employeurs expliquent ce ralentissement.

    L’apprentissage démocratise-t-il l’accès aux grandes écoles ?

    Oui, partiellement. Dans les écoles d’ingénieurs et de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que les étudiants en formation initiale classique, ce qui confirme un effet de démocratisation réel. En revanche, dans les filières universitaires (IUT, licence pro), le profil social des apprentis est similaire à celui des autres étudiants — l’apprentissage y est choisi pour l’expérience professionnelle et la rémunération, pas comme unique voie d’accès.

    Quel est le coût public de l’apprentissage en France ?

    En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti par an. Ce montant comprend les coûts pédagogiques pris en charge par les OPCO, les exonérations de charges sociales pour les employeurs, les aides à l’embauche et les aides sociales (APL, etc.) versées aux apprentis.

    Combien de nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France en 2024 ?

    En 2024, 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France (tous niveaux confondus), portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre représente environ trois fois le volume de 2017 (306 000 contrats), illustrant l’ampleur de la transformation du système. Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà.

    Sources officielles et pour aller plus loin

  • Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) en France 2025 : 86 900 étudiants, sélectivité et admission aux concours

    Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) en France 2025 : 86 900 étudiants, sélectivité et admission aux concours

    Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) en France 2025 : 86 900 étudiants, sélectivité et admission aux concours

    Avec 86 900 étudiants inscrits à la rentrée 2024-2025, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) françaises atteignent leur niveau le plus élevé depuis leur création il y a deux siècles. Ce bond de +5,5 % en une seule année — soit 4 500 étudiants supplémentaires — marque la fin de cinq ans de repli consécutifs (2018-2022) et d’une stabilisation en 2023. Pour un lycéen qui envisage la prépa, pour un parent qui cherche à comprendre l’entonnoir vers les grandes écoles, ou pour un acteur de l’orientation, ces données officielles publiées par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES) dessinent un paysage en pleine transformation.

    Cette analyse décrypte les effectifs 2024-2025 filière par filière, la répartition femmes-hommes, la géographie des CPGE, la structure du vivier et, surtout, les taux d’admission aux grands concours — de Polytechnique à HEC Paris, en passant par Centrale-Supélec et l’ESSEC — pour donner une image précise du degré de sélectivité réel de ce système.

    Résultat clé : Les CPGE françaises comptent 86 900 étudiants en 2024-2025 (+5,5 %), dont 62 % en filière scientifique, 23 % en filière économique et 15 % en filière littéraire. Les femmes représentent 40 % des effectifs totaux. Côté concours, HEC Paris n’admet que 4 % des candidats à la BCE, tandis que les taux d’intégration dans les écoles d’ingénieurs varient de 15 % à 85 % selon l’établissement et la filière.

    1. 86 900 étudiants : le rebond historique de 2024-2025

    Le chiffre est sans ambiguïté : les CPGE françaises n’avaient jamais accueilli autant d’étudiants depuis leur création. La rentrée 2024-2025 enregistre 86 900 inscrits, contre 82 400 en 2023-2024, soit un gain net de 4 500 étudiants en douze mois. Ce +5,5 % constitue la plus forte hausse annuelle observée depuis plus d’une décennie.

    Pour comprendre l’ampleur du retournement, il faut le replacer dans sa trajectoire longue. Entre 2018 et 2022, les effectifs ont reculé chaque année, portés par la démographie du secondaire, la concurrence croissante des licences sélectives et des écoles de commerce post-bac, et l’incertitude liée à la réforme du baccalauréat. La stabilisation de 2023 annonçait une inflexion ; la rentrée 2024 la confirme avec éclat.

    Évolution des effectifs CPGE — données MESR-SIES
    Rentrée Effectifs totaux Variation annuelle
    2018-2019 ~85 500
    2022-2023 ~80 500 Fin du repli
    2023-2024 82 400 Stabilisation
    2024-2025 86 900 +5,5 %

    Sources : Note Flash SIES n° 03 — février 2025, MESR ; Campus France — synthèse CPGE 2024-2025.

    Ce rebond s’inscrit dans un contexte où les grandes écoles continuent de jouir d’une prime salariale significative à l’embauche, où les concours communs rationalisent l’accès aux filières, et où Parcoursup a rendu la procédure d’admission en CPGE plus lisible. Pour en savoir plus sur les taux d’admission dans l’ensemble des filières sélectives, consultez notre analyse Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales.

    2. Répartition par filière : scientifique, économique, littéraire

    Source : EESR n°18 — Les étudiants en formation dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La domination de la filière scientifique est structurelle : six étudiants sur dix en CPGE suivent une prépa scientifique. À la rentrée 2024-2025, le détail par grande famille est le suivant :

    Effectifs CPGE par filière — rentrée 2024-2025
    Filière Étudiants Part du total Variation 2023→2024
    Scientifique (MP, PC, PSI, PT, BCPST, TSI, MPI…) 54 000 62 % +5,5 %
    Économique et commerciale (ECG, ECS…) 19 900 23 % +8,3 %
    Littéraire (BL, A/L, HK…) 13 000 15 % +2,7 %
    Total 86 900 100 % +5,5 %

    La filière économique et commerciale enregistre la hausse la plus forte (+8,3 %), portée notamment par la réforme de la prépa ECG (anciennement EC) qui a unifié en 2021 les voies générale et technologique et renforcé la place des mathématiques et des sciences sociales. Cette attractivité retrouvée reflète aussi l’intérêt croissant des bacheliers pour les formations en management, data et finance proposées par les écoles du programme Banque Commune d’Épreuves (BCE).

    La filière littéraire progresse plus modestement (+2,7 %), avec 13 000 étudiants. Elle prépare aux ENS, aux IEP et à certaines écoles de commerce par voie littéraire. Le réseau des khâgnes et hypokhâgnes reste valorisé pour les profils pluridisciplinaires en lettres, philosophie, histoire et langues.

    Côté filière scientifique, la filière MPI (Mathématiques, Physique, Informatique), créée à la rentrée 2021 pour répondre aux besoins en numérique, continue de monter en puissance et capte des bacheliers NSI qui auraient pu s’orienter autrement.

    3. Parité et genre : 40 % de femmes, des écarts persistants

    Les femmes représentent 40 % des 86 900 étudiants en CPGE en 2024-2025. Leur nombre a progressé de +6,1 % en première année et de +5,0 % en deuxième année, une croissance légèrement supérieure à la moyenne générale, signe d’une dynamique positive.

    Mais derrière cette moyenne globale se cachent des disparités profondes selon la filière :

    Part des femmes par filière CPGE — 2024-2025
    Filière Part des femmes
    Littéraire ~70 %
    Économique et commerciale ~45–47 %
    Scientifique ~30 %
    Toutes filières 40 %

    La filière scientifique reste donc très masculinisée, avec seulement 30 % de femmes. Ce chiffre est particulièrement bas si l’on sait que les filles représentent désormais plus de la moitié des bacheliers et obtiennent en moyenne de meilleures notes au baccalauréat. Les données Parcoursup précédentes montrent que les filles sont proportionnellement moins nombreuses à formuler un vœu en CPGE scientifique, même à niveau scolaire équivalent — ce phénomène dit de « autocensure » reste un sujet de politique publique active.

    Dans la filière économique, la parité est quasi-atteinte, ce qui n’est pas sans lien avec la réforme ECG et la valorisation explicite des sciences sociales, disciplines traditionnellement moins marquées par les stéréotypes de genre en sciences.

    4. Géographie des CPGE : l’Île-de-France concentre 32 % des effectifs

    La distribution géographique des CPGE reproduit les inégalités territoriales classiques de l’enseignement supérieur français :

    Répartition régionale des étudiants CPGE — 2024-2025
    Zone géographique Étudiants Part du total Variation
    Île-de-France 28 200 32 % +6,0 %
    Autres métropoles régionales 24 700 28 % +4,1 %
    Reste du territoire 34 000 40 % +6,2 %

    Avec 28 200 étudiants, l’Île-de-France abrite près d’un tiers des préparationnaires français. Les lycées parisiens de la rive gauche — Louis-le-Grand, Henri-IV, Fénelon, Saint-Louis — concentrent les classes les plus sélectives et affichent les taux d’intégration dans les écoles du groupe A+ les plus élevés. La croissance est cependant la plus forte dans le reste du territoire (+6,2 %) et en Île-de-France (+6,0 %), indiquant un dynamisme géographiquement diffus, pas seulement concentré dans les métropoles.

    Ce tableau doit être lu avec l’article sur la crise du logement étudiant en France 2025 : intégrer une CPGE dans une autre ville implique souvent de loger dans une résidence CROUS ou en internat, deux ressources sous forte tension.

    5. Statut des établissements : 98 % d’étudiants en CPGE publiques

    La quasi-totalité des étudiants en CPGE suit sa formation dans un établissement public. À la rentrée 2024-2025 :

    • Établissements publics : 85 200 étudiants (98 % du total), en hausse de +5,6 %.
    • Établissements privés : environ 1 700 étudiants, en hausse de +7,7 %.

    Cette répartition est une spécificité française : les CPGE sont intégrées aux lycées et sont pour l’essentiel financées par l’État. Les frais d’inscription sont les mêmes que ceux d’une université publique — très faibles par rapport aux écoles post-bac privées — ce qui constitue l’un des principaux arguments d’équité du système. Pour une comparaison détaillée des frais d’inscription à l’université française 2026-2027, le tableau complet avec les droits nationaux et les exonérations est disponible dans notre analyse dédiée.

    Les CPGE privées (établissements sous contrat ou hors contrat) présentent des profils variés : certains visent des publics spécifiques ou offrent des préparations intensives pour les concours d’accès tardifs. Leur part reste marginale mais leur progression +7,7 % suggère une demande croissante pour des offres complémentaires.

    6. Première et deuxième année : le rôle des redoublements

    À la rentrée 2024, 43 400 étudiants ont intégré une CPGE pour la première fois en première année, un flux entrant en hausse de +4,9 %. La deuxième année progresse encore plus vite (+6,2 %), portée principalement par l’augmentation des redoublements :

    • Plus de 6 500 étudiants ont redoublé leur deuxième année de CPGE en 2024-2025, soit +9,6 % par rapport à l’année précédente.
    • La hausse des redoublements est asymétrique selon le genre : +12,2 % chez les hommes, +4,7 % chez les femmes.

    Le redoublement de la deuxième année (dite « carré » en prépa scientifique) est une stratégie délibérée : elle permet de se représenter aux concours avec un meilleur dossier et de viser des écoles plus sélectives. La forte hausse des redoublements masculins peut indiquer une stratégie de montée en gamme dans le contexte d’un marché des grandes écoles perçu comme de plus en plus concurrentiel.

    7. Sélectivité des concours : de Polytechnique à la BCE commerciale

    La CPGE n’est pas une fin en soi : elle est un sas vers les grandes écoles, dont l’accès passe par des concours nationaux. Les taux d’admission réels sont souvent mal connus des futurs préparationnaires. En voici les données clés pour les principaux concours :

    Filière scientifique

    Taux d’admission concours scientifiques — données 2024
    École / Concours Places offertes Taux d’admission indicatif
    École polytechnique (cycle ingénieur) 431 Très élevée (5–15 % des admissibles)
    Centrale-Supélec (filière MP, PC, PSI…) Plusieurs centaines par école Variable selon l’école (5–30 %)
    Lycée Louis-le-Grand filière MPI — taux d’intégrés 85 % (top prépa MPI)
    Admissibilité en filière scientifique (toutes prépas) > 90 % dans chaque filière

    Il est important de distinguer le taux d’admissibilité (passage de l’écrit à l’oral) du taux d’admission définitive. Un taux d’admissibilité supérieur à 90 % dans une filière signifie que la plupart des candidats ont accès à une oral dans au moins une école ; mais l’admission définitive dans les écoles les plus prisées reste réservée à un vivier beaucoup plus restreint. Pour l’École polytechnique, seuls 431 étudiants français sont admis chaque année en cycle ingénieur, dans un pays qui compte plus de 54 000 préparationnaires scientifiques.

    Source : Statistiques d’admission École polytechnique.

    Filière économique et commerciale (BCE)

    La Banque Commune d’Épreuves (BCE) centralise les admissions dans les grandes écoles de management (HEC Paris, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC, Audencia, etc.) pour les filières commerciales. Les données 2024 donnent une image claire de la sélectivité :

    Sélectivité BCE — données 2024
    École Places offertes Taux d’admission / BCE
    HEC Paris 380 4 %
    ESSEC Business School 430 6 %
    Centres de préparation ECG — taux d’admission définitif global 87,1 % (2025, une intégration dans au moins 1 école)

    Ces chiffres illustrent un paradoxe apparent : 87 % des candidats à la BCE intègrent une école du programme, mais seulement 4 % accèdent à HEC Paris. La distribution très inégale des admissions au sein du groupe BCE reflète les hiérarchies institutionnelles réelles du marché du travail. Pour aller au-delà et comprendre comment les salaires et les perspectives d’insertion professionnelle se distribuent entre grandes écoles, notre dossier sur le classement des meilleurs masters en France 2026 offre des points de repère utiles.

    8. Origine sociale : un enjeu de démocratisation toujours ouvert

    Les CPGE restent le passage obligé vers les grandes écoles les plus sélectives, mais leur recrutement social pose question depuis plusieurs décennies. Voici ce que les données disponibles permettent d’établir avec certitude :

    • Plus d’un étudiant en CPGE sur deux — dans toutes les filières (sauf économique, où c’est 47,6 %) — est issu d’une famille de cadres et professions intellectuelles supérieures (catégorie INSEE), selon les données pluriannuelles MESR.
    • Les enfants d’ouvriers ne représentent que 7 % des effectifs CPGE, alors qu’ils constituent une part bien plus importante des lycéens bacheliers.
    • En CPGE scientifique, la proportion de boursiers sur critères sociaux masculins est de 27 %. Les étudiants boursiers sont statistiquement moins enclins à choisir une prépa scientifique (6,9 %) que les non-boursiers (9,8 %), souvent pour des raisons liées à leur environnement scolaire et à la représentation de soi.
    Rappel méthodologique : ces données sur l’origine sociale proviennent de séries pluriannuelles du MESR et de rapports du Cnesco. Les chiffres exacts varient selon les années de référence et les périmètres ; ils sont présentés ici comme ordres de grandeur consolidés, non comme photographie exacte de la seule rentrée 2024-2025.

    Ce déséquilibre social est au cœur des débats sur la réforme des grandes écoles. Des dispositifs existent — cordées de la réussite, classes prépa égalité des chances, bourses sur critères sociaux en CPGE — mais leur impact à grande échelle reste difficile à mesurer précisément. La question de la démocratisation de l’accès aux grandes écoles rejoint celle du financement des études supérieures : comprendre les aides financières disponibles pour les étudiants en France 2026-2027 (APL, CROUS, CSS) est une première étape concrète pour les familles concernées.

    9. Après la CPGE : quelles débouchés au-delà des grandes écoles ?

    La CPGE mène aux grandes écoles, mais pas exclusivement. Le système français offre plusieurs voies de sortie :

    Intégration dans une grande école

    C’est la voie reine. Selon la filière et le rang de l’étudiant dans les concours, il peut rejoindre une école d’ingénieurs (Polytechnique, Mines, Ponts, Centrale, INSA…), une école de management (HEC, ESSEC, ESCP…), une ENS (Paris, Lyon, Paris-Saclay, Rennes), ou une école de commerce régionale.

    Admission en licence universitaire (Passerelles)

    Un étudiant qui n’intègre pas d’école peut candidater en deuxième ou troisième année de licence à l’université via les procédures de passerelle. Cette voie est souvent sous-estimée : les compétences méthodologiques acquises en CPGE sont un atout réel dans un cursus universitaire sélectif. L’analyse de l’insertion professionnelle des docteurs en France 2024 montre que la voie universitaire longue (master + doctorat) peut offrir des perspectives comparables dans plusieurs disciplines.

    Intégration en licence 2 ou 3 dans un IUT ou lycée technique

    Possible pour certains profils de filière TSI ou PT, avec des passerelles vers des BTS ou des DUT complétés en un an.

    Reconversion ou réorientation

    La CPGE développe des compétences transversales — rigueur analytique, gestion de la charge de travail, expression écrite et orale — qui sont valorisées dans de nombreux contextes professionnels, bien au-delà des grandes écoles.

    FAQ — Questions fréquentes sur les CPGE en France

    Combien y a-t-il d’étudiants en CPGE en France en 2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) accueillent 86 900 étudiants en France, selon la Note Flash SIES n° 03 publiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en février 2025. C’est le niveau le plus élevé jamais enregistré, en hausse de +5,5 % par rapport à la rentrée 2023-2024.

    Quelles sont les trois grandes filières des CPGE ?

    Les CPGE se divisent en trois filières principales : la filière scientifique (MP, PC, PSI, PT, BCPST, TSI, MPI…), qui regroupe 62 % des effectifs soit environ 54 000 étudiants ; la filière économique et commerciale (ECG, ECS), qui en représente 23 % soit 19 900 étudiants ; et la filière littéraire (BL, A/L, HK…), qui en représente 15 % soit 13 000 étudiants.

    Quelle est la part des femmes dans les CPGE ?

    Les femmes représentent 40 % des étudiants en CPGE en 2024-2025. Cette moyenne masque de fortes disparités : environ 70 % en filière littéraire, environ 45-47 % en filière économique et commerciale, et seulement environ 30 % en filière scientifique. Leur nombre a progressé de +6,1 % en première année, légèrement plus vite que la moyenne générale.

    Quel est le taux d’admission à HEC Paris depuis une CPGE ?

    HEC Paris admet environ 380 étudiants par an via la Banque Commune d’Épreuves (BCE), ce qui représente un taux d’admission de 4 % des candidats à la BCE. L’ESSEC Business School admet quant à elle environ 430 étudiants, soit un taux d’environ 6 %. En revanche, la très grande majorité des candidats (environ 87 %) intègre au moins une école du programme BCE, les places étant simplement réparties de façon très inégale selon le prestige des établissements.

    Combien coûte une CPGE en France ?

    Dans les établissements publics — qui accueillent 98 % des étudiants en CPGE — les frais de scolarité sont ceux de l’enseignement public, alignés sur les droits d’inscription universitaires nationaux (entre 170 € et 601 € par an selon le cycle, hors CVEC). La CPGE est donc l’une des formations les plus sélectives mais aussi les moins coûteuses de l’enseignement supérieur français, puisqu’elle est financée par l’État dans le cadre des lycées publics.

    La CPGE est-elle accessible via Parcoursup ?

    Oui. Depuis la réforme Parcoursup (ex-APB), toutes les formations post-bac dont les CPGE sont accessibles via la plateforme nationale. Les lycéens formulent des vœux pour des classes préparatoires spécifiques, et les lycées sélectionnent les candidats sur dossier (notes, avis du conseil de classe). Les taux d’acceptation varient très fortement selon la réputation du lycée et la filière visée.

    Que devient-on après une CPGE sans intégrer une grande école ?

    Un étudiant sorti de CPGE sans intégrer une grande école a plusieurs options : postuler en deuxième ou troisième année de licence à l’université via les passerelles (procédure possible dans de nombreuses universités), rejoindre un IUT ou un lycée technique en licence professionnelle, ou se réorienter vers d’autres formations. Les compétences analytiques et méthodologiques acquises en prépa sont reconnues et valorisées dans ces cursus.

    Pourquoi les effectifs CPGE ont-ils rebondi en 2024 après cinq ans de baisse ?

    Plusieurs facteurs expliquent ce rebond. La réforme de la filière ECG en 2021 a renforcé l’attractivité des prépas commerciales (+8,3 % en 2024-2025). La création de la filière MPI (Mathématiques-Physique-Informatique) a capté de nouveaux profils numériques. Plus généralement, la prime salariale des grandes écoles reste robuste sur le marché du travail, et Parcoursup a amélioré la lisibilité du processus d’admission. Ces dynamiques convergent pour expliquer le rebond historique de la rentrée 2024.

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  • Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    À la rentrée 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, représentant 2,2 % de la population étudiante totale. Ce chiffre, publié par le MESR dans l’édition 2024 de l’État de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en France, marque une progression de 8,4 % en un an — soit environ 5 000 étudiants supplémentaires — et une multiplication par 8,5 depuis 2003. Derrière ces données agrégées se cachent des réalités très contrastées : types de troubles, filières choisies, taux d’aménagement aux examens, et disparités de genre dessinent un tableau plus complexe que le seul comptage total.

    Réponse rapide
    En 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap sont inscrits dans l’enseignement supérieur français (2,2 % du total). 83,6 % bénéficient d’au moins un aménagement aux examens — dont 82,7 % du tiers-temps. La population a été multipliée par 8,5 depuis 2003 et par 1,9 depuis 2018. Les troubles des fonctions du langage et de la parole constituent le type de handicap le plus fréquent (24,4 %).

    Chiffres clés 2023-2024 en un coup d’œil

    Les données du MESR permettent une lecture transversale de la situation des ESH à la rentrée 2023-2024. Voici les indicateurs principaux :

    Indicateur Valeur
    ESH inscrits (total) 63 817
    Part dans la population étudiante 2,2 %
    Croissance annuelle (vs 2022-2023) +8,4 %
    Croissance depuis 2018 ×1,9
    Croissance depuis 2003 ×8,5
    ESH en université (sur total ESH) 54 081 (84,7 %)
    ESH bénéficiant d’aménagements 83,6 %
    Femmes parmi les ESH 59,1 %

    L’enseignement supérieur privé accueille 4 783 ESH (7,5 % du total), les CPGE et STS publiques 2 745 (4,3 %), et les autres établissements publics 2 208 (3,5 %). Les universités demeurent de loin le premier lieu d’accueil, avec une croissance annuelle moyenne de 12,1 % sur cinq ans dans ce secteur.

    Pour replacer cette donnée dans son contexte budgétaire, voir notre analyse sur les frais d’inscription à l’université française 2026-2027, qui détaille aussi les exonérations dont peuvent bénéficier certains publics prioritaires.

    Évolution historique : ×8,5 en vingt ans

    La progression des effectifs ESH dans l’enseignement supérieur reflète à la fois un meilleur repérage des troubles, une évolution des mentalités et une politique publique délibérément inclusive. En 2003, le comptage était encore minimal ; la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées a constitué le premier tournant structurant, en obligeant chaque établissement à nommer un référent handicap et à mettre en place des aménagements.

    Source : EESR n°18 — Les étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La croissance s’est nettement accélérée depuis 2018, année de lancement du premier plan national pour l’université inclusive. Entre 2018 et 2024, la population ESH a quasiment doublé (×1,9), soit une vitesse de progression bien supérieure à celle de la décennie précédente. Cette accélération tient notamment à la montée en puissance des diagnostics de troubles cognitifs et psychologiques, longtemps sous-détectés chez les jeunes adultes.

    Entre 2021-2022 et 2022-2023, la croissance annuelle avait atteint 15,7 %, un pic lié en partie aux rattrapage post-Covid des démarches administratives de reconnaissance du handicap. Le rythme s’est légèrement tassé à +8,4 % pour 2023-2024, mais reste structurellement bien supérieur à la croissance générale des effectifs étudiants.

    Répartition par type de handicap

    La nomenclature officielle du MESR distingue plusieurs catégories de troubles. Les données 2023-2024 révèlent une transformation profonde du profil diagnostique des ESH par rapport à 2018, avec un glissement marqué des handicaps moteurs vers les handicaps dits « invisibles ».

    Type de trouble Part 2023-2024 Évolution depuis 2018
    Troubles du langage et de la parole 24,4 %
    Troubles des fonctions cognitives En hausse +4,7 points
    Troubles des fonctions psychiques En hausse +3,0 points
    Troubles des fonctions motrices En baisse relative −3,7 points

    Ce glissement vers les troubles cognitifs et psychiques — qui regroupent notamment les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie), les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre autistique (TSA) ainsi que les troubles anxieux sévères — traduit deux phénomènes convergents : une meilleure détection diagnostique chez les adolescents, et un moindre tri à l’entrée des formations supérieures pour ces profils. Le déclin relatif des troubles moteurs ne signifie pas une régression de l’accessibilité physique, mais une recomposition du profil global des ESH.

    Cette évolution a des conséquences directes sur les dispositifs d’accompagnement à mettre en place : les aménagements pédagogiques liés aux troubles cognitifs (temps supplémentaire, secrétaire de composition, documents adaptés) sont structurellement différents des aménagements d’accessibilité physique qui prévalaient dans le profil ESH des années 2000.

    Filières et niveaux d’études

    La répartition des ESH par filière et par cycle révèle des phénomènes de concentration et de sous-représentation qui méritent attention.

    Répartition par grande filière (universités)

    Filière Part des ESH
    Lettres, langues et sciences humaines 36,0 %
    Sciences et sciences de l’ingénieur 29,5 %
    Droit, économie, gestion 21,6 %

    La surreprésentation en lettres et sciences humaines s’explique partiellement par la composition diagnostique : les troubles du langage et les troubles dys sont davantage détectés dans les cursus littéraires, tandis que les troubles moteurs et les maladies chroniques invisibles se retrouvent dans toutes les filières. La progression en formations d’ingénieurs est notable (+2,73 points depuis 2018), signe d’une inclusivité croissante dans les grandes écoles et IAE.

    Répartition par cycle

    Les ESH sont surreprésentés en licence par rapport à la population étudiante générale : 77,1 % des ESH sont en licence, contre 60 % pour l’ensemble des étudiants. La part en master est de 22,1 %, en progression de 3,2 points depuis 2018 (contre 18,9 % en 2018), signe d’une meilleure continuité de parcours. La représentation en doctorat demeure marginale.

    Cette concentration en licence reflète en partie le fait qu’une proportion significative d’ESH demande une reconnaissance du handicap lors de leur entrée dans l’enseignement supérieur, avant même de s’être projetée vers le master. La hausse du taux en master est un indicateur de progrès : les étudiants handicapés abandonnent moins souvent en cours de licence et accèdent davantage aux études longues.

    Sur les inégalités de parcours plus larges, notre dossier sur le Parcoursup 2025 en chiffres détaille comment la sélectivité des filières affecte différemment les différents profils d’étudiants.

    Genre : une majorité féminine

    Les ESH sont majoritairement des femmes : 59,1 % contre 40,9 % d’hommes. Cette répartition est légèrement plus féminine que celle de la population étudiante globale, dans laquelle les femmes représentent environ 57 % des effectifs. Des disparités marquées apparaissent par filière :

    • En lettres, langues et sciences humaines : 71,1 % de femmes parmi les ESH
    • En sciences et sciences de l’ingénieur : 44,5 % de femmes parmi les ESH
    • En BTS production : seulement 14,4 % de femmes parmi les ESH

    La surreprésentation féminine dans les ESH en SHS s’explique en partie par les dynamiques de diagnostic : les troubles dys et les troubles anxieux sont davantage détectés chez les jeunes femmes, et les filières littéraires restent majoritairement féminines dans l’enseignement supérieur français. En BTS de production industrielle, la faible part des femmes ESH reflète simplement la structure de genre de ces formations.

    Ces données de genre s’inscrivent dans un contexte plus large de disparités d’insertion professionnelle selon les filières, qui concernent aussi bien les docteurs non-handicapés que l’ensemble des diplômés.

    Aménagements aux examens : tiers-temps et au-delà

    L’aménagement le plus visible et le plus connu reste le tiers-temps — soit 33 % de temps supplémentaire accordé pour les épreuves écrites. C’est de loin la mesure la plus répandue, mais le paysage des aménagements est bien plus large.

    Taux d’aménagement global

    83,6 % des ESH inscrits bénéficient d’au moins un aménagement pour les examens. Les 16,4 % restants n’ont pas demandé ou pas obtenu d’aménagement : cela peut tenir à un handicap dont les effets ne nécessitent pas d’adaptation aux conditions d’examen (certaines maladies chroniques), à une démarche non engagée auprès du service handicap, ou à un aménagement pédagogique de nature différente (cours adaptés, dispenses d’assiduité).

    En moyenne, chaque étudiant bénéficiaire reçoit 2 aménagements distincts, ce qui témoigne de la personnalisation croissante des plans d’accompagnement.

    Types d’aménagements les plus fréquents

    Type d’aménagement Part parmi les ESH aménagés
    Temps majoré (dont tiers-temps) 82,7 %
    Salle isolée ou salle à effectif réduit 22,2 %

    Au-delà de ces deux mesures les plus fréquentes, les plans d’accompagnement peuvent prévoir : un secrétaire de composition (aide à l’écriture), des documents adaptés (agrandissement, contraste, version numérique), l’utilisation d’un ordinateur avec logiciel de compensation, des pauses régulières, ou encore une dérogation à l’obligation de présence aux TD pour les étudiants souffrant de maladies chroniques.

    Le budget étudiant global est également affecté par le handicap : certains équipements de compensation (logiciels de lecture d’écran, fauteuils adaptés, aides à la prise de notes) représentent un surcoût non négligeable. Notre analyse du budget mensuel d’un étudiant en master France 2025 détaille ces postes de dépense, qui peuvent être partiellement couverts par des aides spécifiques.

    Politique publique : l’université inclusive

    Le cadre légal et institutionnel de l’accueil des ESH repose sur plusieurs piliers. La loi du 11 février 2005 impose aux établissements d’enseignement supérieur de garantir l’accessibilité et d’adapter les conditions d’études et d’examen. Chaque université doit disposer d’un service dédié au handicap (souvent appelé « Mission handicap » ou « Cellule handicap »).

    Depuis 2018, le MESR a structuré sa politique autour du concept d’université inclusive, formalisé par une circulaire puis par des comités nationaux de suivi. Le quatrième comité de suivi, tenu en 2024, a mis en avant plusieurs avancées : une augmentation de 50 % du budget alloué aux services handicap des universités sur la période concernée, ainsi que l’accès facilité aux bourses sur critères sociaux pour plus de 3 000 étudiants handicapés et aidants familiaux depuis la rentrée 2023.

    Les établissements sont par ailleurs tenus de soumettre des schémas directeurs du handicap et de progresser sur l’accessibilité des supports de cours numériques (référentiel RGAA). La qualité d’application reste néanmoins hétérogène selon les établissements, les universités de grande taille disposant généralement de ressources humaines dédiées plus étoffées que les petits établissements.

    Les étudiants handicapés peuvent également mobiliser plusieurs dispositifs d’aide financière : majoration de bourses CROUS, aides spécifiques de l’AGEFIPH pour l’aménagement du poste de travail, et aides de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Notre guide sur les aides financières étudiantes en France 2026-2027 présente l’ensemble de ces dispositifs.

    Pour aller plus loin sur les conditions de vie étudiante dans leur ensemble, le dossier sur la crise du logement étudiant en France 2025 offre un éclairage complémentaire sur les difficultés spécifiques rencontrées par les étudiants en situation de vulnérabilité.

    Sources officielles
    Les données de cet article sont issues de l’indicateur T.24.3 de l’EESR 2024 (MESR) et du compte-rendu du 4e Comité national de suivi de l’université inclusive (Gouvernement, 2024).

    FAQ

    Combien y a-t-il d’étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur en France ?

    À la rentrée 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, selon les données publiées par le MESR. Ils représentent 2,2 % de la population étudiante totale. Ce chiffre a progressé de 8,4 % en un an et a été multiplié par 8,5 depuis 2003.

    Qu’est-ce que le tiers-temps et qui peut en bénéficier ?

    Le tiers-temps est un aménagement aux examens qui accorde 33 % de temps supplémentaire à l’étudiant. Il est accordé sur préconisation du médecin désigné par la MDPH ou par le médecin de prévention de l’établissement, après dépôt d’un dossier auprès du service handicap de l’université. En 2023-2024, 82,7 % des ESH bénéficiant d’un aménagement ont obtenu un temps majoré, faisant du tiers-temps (ou d’un quart-temps pour les troubles les plus sévères) la mesure de loin la plus répandue.

    Quel type de handicap est le plus fréquent chez les étudiants ?

    Les troubles des fonctions du langage et de la parole constituent le type de handicap le plus fréquent parmi les ESH (24,4 % de l’effectif). Cette catégorie englobe notamment les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie). Depuis 2018, les troubles des fonctions cognitives et les troubles des fonctions psychiques (dont le TDAH, les TSA, les troubles anxieux sévères) sont en forte progression, respectivement +4,7 et +3,0 points. À l’inverse, la part des troubles moteurs a diminué de 3,7 points.

    Comment obtenir une reconnaissance de handicap à l’université ?

    La démarche comporte généralement deux volets : d’une part, la demande d’une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) ou d’une notification d’orientation scolaire auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) de son département ; d’autre part, une prise de contact avec le service handicap de l’établissement, qui établit un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) avec l’aide du médecin de prévention. Ce plan est renouvelable chaque année universitaire et précède la transmission des aménagements aux services de scolarité.

    Les étudiants en situation de handicap peuvent-ils bénéficier d’aides financières spécifiques ?

    Oui, plusieurs dispositifs existent en parallèle des aides de droit commun. La bourse CROUS sur critères sociaux peut être majorée pour les étudiants handicapés. L’AGEFIPH peut financer l’aménagement du poste de travail (logiciels de compensation, matériel spécifique). La PCH (Prestation de Compensation du Handicap), attribuée par la MDPH, peut couvrir des aides humaines ou techniques liées aux études. Depuis la rentrée 2023, plus de 3 000 étudiants handicapés et aidants ont bénéficié d’un accès facilité aux bourses CROUS selon le 4e Comité de suivi de l’université inclusive.

    La part des ESH dans l’enseignement supérieur va-t-elle continuer à augmenter ?

    Toutes les tendances structurelles pointent vers une poursuite de la croissance. La meilleure détection des troubles dys et TDAH chez les adolescents génère un flux continu de nouveaux entrants. Les politiques d’université inclusive incitent davantage d’étudiants à engager une démarche de reconnaissance. Enfin, la progression des ESH en master (+3,2 points depuis 2018) suggère que ces étudiants restent plus longtemps dans le système. Le rythme de croissance pourrait se tasser par rapport au pic de 2021-2023, mais le potentiel de hausse reste significatif tant que le taux global de 2,2 % reste en deçà des estimations de prévalence des troubles dans la tranche d’âge 18-25 ans.

    Y a-t-il des disparités entre universités et grandes écoles dans l’accueil des ESH ?

    Oui. Les universités concentrent 84,7 % des ESH, très loin devant les établissements privés (7,5 %) ou les CPGE et STS (4,3 %). Cette concentration s’explique par des effectifs globaux plus importants dans les universités, mais aussi par un accès plus systématisé aux services handicap dans ce secteur. Les grandes écoles progressent (+2,73 points en formations d’ingénieurs depuis 2018), mais partent d’un niveau plus bas. La qualité des services dépend aussi fortement de la taille de l’établissement et de ses ressources dédiées.

  • Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    En France, 47,8 % des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en licence L1 sont passés directement en L2 l’année suivante — soit, pour la première fois depuis la fin de la crise sanitaire, une progression notable (+3,8 points par rapport à la cohorte précédente). Ce chiffre, issu de la note flash du SIES publiée en novembre 2024, constitue le principal indicateur de réussite en première année de licence, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Derrière cette moyenne nationale se cachent des trajectoires très différentes selon la filière choisie, le type de baccalauréat obtenu et le profil social de l’étudiant.

    Pour les universités, les familles et les lycéens qui s’orientent, comprendre ces données est essentiel : qui redouble, qui part, qui réussit — et surtout pourquoi. Cet article décrypte les statistiques officielles les plus récentes du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) pour donner une lecture précise et exploitable de la réussite en L1 en 2026.

    Résultat clé : Sur 100 nouveaux bacheliers inscrits en L1 en 2022-2023, 47,8 passent directement en L2, 25,4 redoublent, 3,7 se réorientent vers une autre formation, et 23,1 quittent l’université sans réinscription. L’écart de réussite entre bac général (61,6 % de poursuite après L1) et bac professionnel (21,6 %) atteint 40 points.

    Les chiffres nationaux : passage, redoublement et sortie définitive

    La note flash SIES n° 30 de novembre 2024 analyse le devenir des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en première année de licence à la rentrée 2022-2023. Quatre trajectoires principales sont distinguées à l’issue de cette première année :

    • Passage en L2 : 47,8 % des inscrits obtiennent leur validation de L1 et progressent directement en deuxième année.
    • Redoublement en L1 : 25,4 % restent inscrits en L1 l’année suivante, soit parce qu’ils ont échoué, soit parce qu’ils choisissent de consolider leurs acquis.
    • Réorientation : 3,7 % se réinscrivent dans une autre formation universitaire ou quittent la licence vers un autre cursus (BTS, IUT, prépa, formation privée).
    • Sortie de l’université : 23,1 % ne se réinscrivent nulle part dans l’enseignement supérieur l’année suivante — ce qui constitue la mesure directe du décrochage de première année.

    Ce taux de passage de 47,8 % représente une amélioration significative après plusieurs années de recul : il était de 44,0 % pour la cohorte 2020. Toutefois, il reste inférieur aux objectifs stratégiques fixés par le MESR dans le cadre du plan Licences, qui visait un taux de 60 % à l’horizon 2025. La part des sortants sans réinscription — 23,1 % — reste préoccupante et nourrit le phénomène plus large de l’abandon universitaire en France.

    Il convient de noter que le taux de passage global masque des différences considérables selon les caractéristiques de l’étudiant entrant. La lecture nationale doit donc toujours être croisée avec la filière et le profil académique.

    Source : EESR n°18 — Parcours et réussite en licence et master à l’université, MESR-SIES

    Taux de passage L1→L2 par discipline

    Les données SIES permettent de décomposer le taux de passage selon les grandes familles disciplinaires de l’université française. Le tableau ci-dessous rassemble les chiffres issus de la cohorte 2022-2023 pour l’année d’observation 2023-2024.

    Tableau 1 — Trajectoires en L1 par discipline (bacheliers 2022, données SIES 2024)
    Discipline Passage en L2 Redoublement Réorientation Sortie définitive
    Droit, sciences politiques 47,2 % 32,2 % 2,5 % 18,0 %
    Économie, AES 46,8 % 23,2 % 3,0 % 27,0 %
    Arts, lettres, langues, SHS 48,4 % 22,4 % 2,6 % 26,6 %
    Sciences, santé 48,9 % 26,6 % 6,7 % 17,8 %
    STAPS 45,9 % 24,1 % 5,2 % 24,8 %
    Source : SIES, note flash n° 30, novembre 2024 — cohorte bacheliers 2022.

    Trois lectures s’imposent à partir de ce tableau. Premièrement, les taux de passage sont relativement homogènes entre disciplines (45,9 % à 48,9 %), ce qui suggère que la discipline en elle-même n’est pas le déterminant principal du passage en L2 au niveau national. Deuxièmement, c’est la structure des trajectoires alternatives qui diffère franchement : le droit affiche le taux de redoublement le plus élevé (32,2 %) mais le taux de sortie définitive le plus bas (18,0 %), tandis que l’économie-AES cumule un taux de sortie de 27,0 %, le plus élevé de l’ensemble. Troisièmement, les filières scientifiques présentent un taux de réorientation significativement plus élevé (6,7 %), cohérent avec les possibilités de passerelles vers des IUT ou des classes préparatoires intégrées.

    Ces données complètent utilement les analyses disponibles sur le taux d’abandon universitaire en France, qui montrent que les sorties sans diplôme sont concentrées dans les premières années de cycle.

    L’écart majeur selon le type de baccalauréat

    La variable la plus discriminante en matière de réussite en L1 n’est pas la discipline ni même l’établissement : c’est le type de baccalauréat obtenu. Les données longitudinales du SIES sur la cohorte 2020 (suivie jusqu’en troisième année) illustrent un écart structurel de grande ampleur.

    Tableau 2 — Trajectoires cumulées à l’issue de la L1 selon le type de bac (cohorte 2020, SIES)
    Type de baccalauréat Toujours en licence (3e année) En L3 (3e année) Taux de réussite en licence (5 ans)
    Baccalauréat général 61,6 % 38,1 % ~58 %
    Baccalauréat technologique 29,9 % 12,0 % ~22 %
    Baccalauréat professionnel 21,6 % 7,7 % ~12 %
    Source : SIES, EESR indicateur T149 — cohorte bacheliers 2020, observation en 2022-2023.

    Ces chiffres révèlent une réalité structurelle difficile. Un bachelier général entrant en licence a environ 58 % de chances de décrocher son diplôme dans un délai de cinq ans. Ce taux tombe à 22 % pour un bachelier technologique et à 12 % pour un bachelier professionnel. Dit autrement, près de 88 % des bacheliers professionnels inscrits en licence n’obtiennent pas leur diplôme, ce qui soulève des questions profondes sur l’orientation post-bac et sur l’adéquation entre les prérequis attendus en licence et la formation reçue avant le baccalauréat.

    La note flash SIES 2024 précise par ailleurs que la baisse globale du taux de réussite en licence (cohorte 2019 : 45,7 %, soit -1,2 point par rapport à 2018) n’est imputable qu’aux bacheliers généraux. Les taux des bacheliers technologiques et professionnels, structurellement bas, sont restés stables. Ceci indique que les réformes du baccalauréat général (mise en place de la réforme Blanquer en 2019-2021, introduction du contrôle continu) ont pu modifier la composition et le niveau des entrants en licence sans améliorer significativement leur taux de réussite à long terme.

    Par ailleurs, les taux de passage L1→L2 varient de 43 % à 62 % selon la combinaison de spécialités choisies au lycée, confirmant que le choix des matières au cycle terminal constitue un déterminant précoce de la réussite universitaire.

    La réorientation : une issue sous-estimée

    Le taux national de réorientation de 3,7 % peut sembler modeste. Il mérite cependant d’être contextualisé. Premièrement, ce chiffre ne capture que les réorientations formelles vers une autre formation enregistrée dans les bases du SIES ; il ne comptabilise pas les étudiants qui abandonnent en cours d’année sans acte administratif formalisé, qui sont intégrés dans la catégorie « sortie définitive ». Deuxièmement, les réorientations sont inégalement réparties : elles atteignent 6,7 % dans les filières sciences-santé, notamment en raison des passerelles vers les IUT de chimie, biologie ou mesures physiques.

    La réorientation en fin de L1 est encouragée par la circulaire « parcours adaptés » qui impose aux universités de proposer un entretien de bilan à tout étudiant en difficulté dès la fin du premier semestre. Le dispositif « oui-si » issu de la loi ORE de 2018 prévoit des parcours avec accompagnement renforcé, mais son déploiement reste hétérogène selon les établissements.

    Du côté des flux, les étudiants qui se réorientent en fin de L1 se dirigent prioritairement vers : les BTS (environ 40 % des réorientés), les IUT — désormais BUT — (environ 25 %), et d’autres mentions de licence ou de formations professionnelles courtes. Une fraction non négligeable interrompt temporairement ses études pour reprendre un emploi ou partir en mobilité internationale.

    Réussite en 3 et 4 ans : la mesure longue

    Le taux de passage L1→L2 est un indicateur de court terme. La mesure de référence pour évaluer l’efficacité réelle des parcours de licence est le taux d’obtention du diplôme en 3 ans (durée théorique) et en 4 ans (une année de redoublement supplémentaire). Ces données longitudinales, construites sur des cohortes de bacheliers suivies pendant 5 à 7 ans, révèlent une réalité moins favorable que le taux de passage annuel.

    Pour la cohorte de bacheliers 2019 — la plus récente pour laquelle le SIES dispose d’un recul suffisant —, le taux de réussite en licence s’établit à 45,7 % en 4 ans, en recul de 1,2 point par rapport à la cohorte 2018 (46,9 %). Ce chiffre intègre toutes les trajectoires : passage direct, redoublement suivi de validation, et réinscription après une interruption temporaire.

    La lecture par type de bac (présentée dans le tableau 2 ci-dessus) indique que la réussite en 5 ans atteint environ 58 % pour les bacheliers généraux — ce qui signifie que même parmi les bacheliers les mieux préparés, plus de 40 % n’obtiennent pas leur licence. Ce constat alimente les débats sur l’architecture du cycle licence, sur la pertinence du redoublement comme outil pédagogique, et sur les politiques d’orientation active mises en place par les établissements. Pour une lecture complémentaire sur la continuité des parcours, la réussite en master en France suit une tout autre dynamique, avec des taux beaucoup plus élevés (91,6 % à l’issue du M2).

    Facteurs explicatifs du décrochage en L1

    Les statistiques de passage ne s’expliquent pas par un facteur unique. La recherche en sciences de l’éducation et les rapports institutionnels convergent vers plusieurs déterminants majeurs :

    Le niveau académique à l’entrée

    Le type de baccalauréat (cf. tableau 2) est le prédicteur le plus robuste. Au-delà du type, la mention obtenue au baccalauréat est fortement corrélée au passage en L2 : les bacheliers généraux avec mention Très Bien affichent des taux de passage nettement supérieurs à la moyenne de leur catégorie. La combinaison des spécialités de terminale joue également un rôle croissant depuis la réforme du bac 2021.

    L’adéquation formation-projet

    Un étudiant inscrit en licence sans projet professionnel défini ou par défaut d’orientation (faute d’admission dans une filière sélective) présente statistiquement un risque de décrochage plus élevé. C’est l’une des limites documentées du dispositif Parcoursup : une partie des étudiants acceptent une proposition de licence faute d’alternative, sans adhésion au projet d’études.

    Les difficultés socio-économiques

    Les études sur les causes de l’abandon universitaire en France montrent que les contraintes financières — nécessité d’occuper un emploi salarié en parallèle des études, coût du logement étudiant, absence de bourse — sont significativement associées au décrochage, particulièrement dans les premières années de cycle.

    Le choc pédagogique de la transition lycée-université

    La rupture entre les méthodes d’apprentissage du lycée (cours en classe entière, évaluations fréquentes, contrôle régulier de la présence) et celles de l’université (amphithéâtres, autonomie, rareté du suivi individuel) constitue un facteur de déstabilisation bien documenté, en particulier pour les étudiants de première génération universitaire. Ce phénomène, souvent qualifié de « choc de la première année », explique en partie pourquoi le taux d’abandon est maximal au cours du premier semestre.

    L’offre de remédiation et d’accompagnement

    Les établissements qui proposent un accompagnement renforcé dès l’entrée en L1 — tutorat par les étudiants avancés, dispositifs « oui-si », modules de remise à niveau — enregistrent des taux de passage supérieurs à la moyenne nationale dans leurs filières concernées. Ces dispositifs, bien qu’insuffisamment généralisés, font partie des leviers identifiés par le MESR pour améliorer la réussite en licence.

    FAQ — Questions fréquentes sur la réussite en licence L1

    Quel est le taux de passage de L1 en L2 en France en 2025 ?

    D’après la note flash SIES n° 30 de novembre 2024 (données cohorte bacheliers 2022), le taux de passage direct de L1 en L2 est de 47,8 %. C’est le chiffre le plus récent disponible, en hausse de 3,8 points par rapport à la cohorte précédente. Ce taux intègre tous les bacheliers, toutes disciplines confondues.

    Combien d’étudiants abandonnent la licence après la L1 ?

    Sur 100 nouveaux inscrits en L1, 23,1 % ne se réinscrivent nulle part l’année suivante (sortie définitive de l’université). Un 3,7 % supplémentaire se réoriente vers une autre formation. Le décrochage net — étudiants qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme — représente donc une proportion significative des entrants en première année.

    Quelle discipline a le meilleur taux de passage en L2 ?

    D’après les données SIES 2024, les filières sciences-santé affichent le taux de passage direct le plus élevé (48,9 %), suivies d’arts-lettres-langues-SHS (48,4 %). Le droit (47,2 %) et l’économie-AES (46,8 %) sont légèrement en dessous. Les STAPS enregistrent le taux le plus bas (45,9 %). Les écarts sont faibles en termes de passage, mais importants sur la structure redoublement/sortie.

    Un bachelier professionnel a-t-il ses chances en licence ?

    Les statistiques officielles indiquent une difficulté structurelle : seuls environ 12 % des bacheliers professionnels inscrits en licence décrochent ce diplôme, même en 5 ans. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de réussir, mais que le parcours licence est rarement adapté à leur profil. Les filières comme le BTS, le BUT ou les licences professionnelles sont statistiquement beaucoup mieux adaptées aux bacheliers professionnels.

    Qu’est-ce que le dispositif « oui-si » et quel est son impact sur la réussite ?

    Le dispositif « oui-si », introduit par la loi ORE (2018), permet aux universités d’accepter conditionnellement des candidats dont le dossier ne correspond pas exactement aux prérequis de la filière, à condition de les orienter vers un parcours adapté avec accompagnement renforcé. Son impact sur le taux de passage est documenté positivement dans les établissements qui l’appliquent rigoureusement, mais son déploiement reste inégal sur le territoire.

    Comment les taux de réussite en L1 ont-ils évolué ces dernières années ?

    Le taux de passage L1→L2 a connu plusieurs phases. Il était d’environ 44 % pour la cohorte 2020 (affectée par la crise sanitaire), et remonte à 47,8 % pour la cohorte 2022 — un rebond notable. En parallèle, le taux de réussite en licence en 4 ans (mesure longue) a légèrement reculé, passant de 46,9 % (cohorte 2018) à 45,7 % (cohorte 2019), notamment en raison de la recomposition des entrants suite à la réforme du baccalauréat général.

    Où trouver les données officielles sur la réussite en licence ?

    Les données officielles sont publiées par le SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques) du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les notes flash sont disponibles gratuitement sur le site publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Le tableau de bord synthétique figure également dans l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche (EESR), indicateur T149.

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