Catégorie : Données & Statistiques

  • Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Cent quatre-vingt-un mille cent trente étudiants sont inscrits en 2024 dans une formation aux professions paramédicales en France — un chiffre en progression constante, mais qui masque une réalité préoccupante : les taux d’abandon de première année ont atteint des niveaux inédits, tandis que la pénurie de soignants pousse l’État à ouvrir 5 500 nouvelles places en IFSI dès la rentrée 2026. Ces données, publiées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, jeu de données 2024), dessinent un secteur sous tension structurelle où les formations paramédicales France statistiques 2024 infirmiers abandon révèlent un paradoxe central : plus de candidats entrent, mais une proportion croissante ne termine pas.

    Pour les responsables pédagogiques, les tuteurs de stage et les futurs étudiants qui s’interrogent sur leurs chances de réussite, comprendre ces dynamiques est indispensable. Cet article analyse, chiffres à l’appui, les effectifs, la structure des filières, les abandons précoces, les résultats aux diplômes et les perspectives liées à la réforme IFSI 2026.

    Résultat clé
    En 2024, les formations paramédicales françaises comptent 181 130 inscrits répartis sur 1 425 programmes (83 % de femmes). Les infirmiers représentent 103 100 étudiants et les aides-soignants 31 900, soit 75 % des effectifs totaux. Le taux d’abandon de première année atteint 13,5 % en soins infirmiers et 13,2 % chez les aides-soignants. Le taux de réussite global aux examens s’établit à 92 %. Face à la pénurie, 5 500 places supplémentaires en IFSI seront ouvertes à la rentrée 2026, pour un total d’environ 40 000 places.

    Effectifs globaux 2024 : 181 130 inscrits

    Le bilan des inscriptions 2024 marque une nouvelle progression des effectifs paramédicaux. Les 181 130 étudiants inscrits se répartissent sur 1 425 programmes de formation (+2 % par rapport à 2023), ce qui témoigne d’une capacité d’accueil en expansion continue depuis 2020. Quatre-vingt-trois pour cent des inscrits sont des femmes — une proportion stable d’une année sur l’autre, mais qui varie selon les filières : la podologie et l’imagerie médicale connaissent une féminisation moindre, tandis que les soins infirmiers restent à plus de 85 % féminins.

    Les admissions en première année s’établissent à 93 300 étudiants pour l’année 2024, soit une hausse de 2 % par rapport à l’exercice précédent. Cette dynamique d’entrée contraste avec la stabilité du nombre de diplômes délivrés — 67 800 pour l’année 2024 — ce qui pointe vers un phénomène de filtrage interne renforcé entre l’entrée et la sortie des formations.

    Tableau 1 — Indicateurs globaux des formations paramédicales, France 2024 (source : DREES)
    Indicateur Valeur 2024 Évolution vs 2023
    Total inscrits 181 130 +2 %
    Nombre de programmes 1 425 +2 %
    Part des femmes 83 % Stable
    Inscrits en 1re année 93 300 +2 %
    Diplômes délivrés 67 800 Stable

    Ces 181 130 inscrits représentent un vivier de soignants en formation bien supérieur à celui de nombreux pays européens comparables, mais la question de savoir combien franchiront effectivement la ligne d’arrivée conditionne l’ensemble de la politique de recrutement hospitalier. Pour une mise en perspective avec l’ensemble des parcours supérieurs, voir Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis.

    Structure des filières : infirmiers et aides-soignants dominent

    Deux filières concentrent à elles seules les trois quarts des effectifs paramédicaux français. Les 103 100 étudiants en soins infirmiers constituent le premier bataillon — une progression notable par rapport aux 96 285 inscrits de l’édition 2022 —, tandis que les 31 900 étudiants aides-soignants forment le second groupe. Ensemble, infirmiers et aides-soignants représentent 75 % des 181 130 inscrits totaux.

    Les filières à plus forte croissance 2024 sont la podologie (+17 % d’inscrits) et les techniciens en imagerie médicale (+16 %). Ces progressions reflètent à la fois un intérêt croissant des candidats et des décisions régionales d’élargissement des quotas d’admission dans des métiers où les tensions de recrutement sont documentées depuis plusieurs années.

    Tableau 2 — Répartition des inscrits par filière principale, France 2024 (source : DREES)
    Filière Inscrits 2024 Part du total
    Infirmiers (IFSI) 103 100 57 %
    Aides-soignants (IFAS) 31 900 18 %
    Autres professions paramédicales 46 130 25 %
    Total 181 130 100 %

    Cette concentration sur deux filières rend le système particulièrement vulnérable aux chocs démographiques et organisationnels. Lorsque le taux d’abandon augmente chez les infirmiers, c’est plus de la moitié du vivier de diplômés potentiels qui se contracte, avec des effets différés de trois ans sur les recrutements hospitaliers.

    Point de vigilance
    Le ratio entre premières années (93 300) et diplômes délivrés (67 800) indique qu’environ 27 % des cohortes d’entrée ne parviennent pas à l’obtention du diplôme dans le délai normal de la formation. Ce chiffre agrège abandons, redoublements et réorientations.

    Le taux d’abandon : une progression inquiétante

    Le phénomène d’abandon en première année de formation paramédicale constitue l’un des signaux les plus préoccupants de l’édition 2024. Chez les infirmiers, le taux d’abandon de première année s’établit à 13,5 % — un premier plateau après une décennie de hausses continues. Chez les aides-soignants, il atteint 13,2 %, en progression depuis 11,9 % en 2023. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance longue : les données DREES des éditions antérieures faisaient état de taux autour de 11 % en début de décennie pour les aides-soignants, et inférieurs à 10 % pour les infirmiers il y a dix ans.

    Plusieurs facteurs structurels alimentent cette progression. D’abord, l’élargissement des critères d’admission via Parcoursup a multiplié les profils atypiques — des candidats moins préparés aux contraintes pratiques des stages cliniques dès la première année. Ensuite, les conditions d’encadrement en stage se sont dégradées dans de nombreux établissements, ce qui amplifie le choc de réalité pour les nouveaux entrants. Enfin, l’attractivité de formations alternatives — BTS santé, BUT carrières sociales, apprentissage — offre des voies de sortie plus lisibles pour les étudiants qui doutent.

    Tableau 3 — Taux d’abandon de 1re année par filière, 2023 vs 2024 (source : DREES)
    Filière Taux 2023 Taux 2024 Variation
    Infirmiers (IFSI) 13,5 % Premier plateau
    Aides-soignants (IFAS) 11,9 % 13,2 % +1,3 pt

    Ce phénomène d’abandon n’est pas propre au secteur paramédical. Les données sur la réussite et le décrochage en licence L1 France 2025 montrent des dynamiques analogues dans l’enseignement supérieur général, avec des taux de non-progression en première année comparables. La différence tient cependant à ce que l’abandon paramédical a des conséquences sectorielles directes sur l’offre de soins, contrairement à une réorientation en licence générale.

    L’augmentation du recours aux dispositifs de reconnaissance des acquis est un indicateur complémentaire utile : 21 340 étudiants ont bénéficié d’allégements de parcours en 2024 (11,8 % des inscrits), ce qui suggère que le système cherche à retenir dans les formations des profils qui auraient autrement abandonné.

    📊
    DREES — Données officielles sur les formations aux professions de santé

    La DREES publie chaque année les statistiques complètes sur les effectifs, les taux d’abandon et les résultats aux diplômes des formations paramédicales en France. Les séries longues depuis 2015 sont disponibles en open data.

    Accéder aux données DREES →

    Source : DREES — Formations aux professions de santé, jeu de données 2024

    Taux de réussite aux examens : le paradoxe des 92 %

    Face à la montée des abandons, le taux de réussite global aux examens — 92 % en 2024, contre 93 % en 2023 — peut paraître contre-intuitif. Ce paradoxe s’explique par un mécanisme de sélection amont : les étudiants qui abandonnent ne se présentent pas aux épreuves finales, si bien que la population examinée est d’emblée plus homogène et plus motivée. En d’autres termes, le taux de réussite de 92 % ne mesure pas la probabilité qu’un entrant décroche son diplôme, mais la probabilité de succès pour ceux qui restent jusqu’à l’examen.

    Chez les infirmiers, le taux de réussite reste stable au-dessus de 95 % pour les candidats présentés — un chiffre cohérent avec une formation très encadrée et des stages cliniques qui remplissent de facto une fonction de pré-sélection progressive. La légère baisse du taux global (de 93 % à 92 %) est en partie imputable à la montée en effectifs de filières nouvelles — podologie, imagerie médicale — où les premières cohortes élargies présentent des profils plus hétérogènes.

    Lecture des données
    Un taux de réussite aux examens élevé (92-95 %) combiné à un taux d’abandon croissant (13-14 %) signifie que le filtre se déplace : du jury d’examen vers la première année de formation. La vraie mesure de l’efficacité du système est le ratio diplômés/entrants en première année — qui s’établissait à 76 % en 2022 selon les données antérieures, contre 81 % en 2021. Les données 2024 sur ce ratio ne sont pas encore disponibles dans le jeu de données DREES de référence.

    Ce décalage entre réussite formelle et rétention réelle a des implications directes sur les projections de diplômés disponibles pour les recrutements. Voir également Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 pour comprendre comment les politiques d’aménagement peuvent atténuer certains facteurs d’abandon dans les formations de santé.

    IFSI 2026 : 5 500 nouvelles places pour répondre à la pénurie

    Le 29 janvier 2026, la ministre de la Santé a annoncé la création de 5 500 nouvelles places en Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) pour la rentrée de septembre 2026, portant la capacité nationale à environ 40 000 places. L’État a alloué 215 millions d’euros pour financer cette expansion, répartis entre les régions selon leurs besoins territoriaux. Ces ouvertures s’inscrivent dans le cadre d’un protocole État-régions signé en 2022, dont l’application avait été fragilisée par les incertitudes budgétaires de 2025.

    La réforme de 2026 va au-delà du simple ajout de places. Le diplôme d’État infirmier sera désormais délivré par les universités, dans le cadre d’une formation de trois ans réorganisée autour de 66 semaines de stage clinique — un renforcement de la composante pratique qui vise précisément à réduire le choc de réalité à l’origine d’une partie des abandons. Cette universitarisation ouvre également des passerelles vers les masters de sciences infirmières.

    Tableau 4 — Réforme IFSI 2026 : principaux paramètres
    Paramètre Valeur
    Nouvelles places créées (rentrée 2026) 5 500
    Capacité nationale IFSI estimée post-réforme ~40 000 places
    Financement alloué par l’État 215 millions €
    Durée de formation (inchangée) 3 ans
    Semaines de stage clinique (nouveau référentiel) 66 semaines
    Délivrance du diplôme Université (universitarisation)

    Plusieurs acteurs du secteur, dont des syndicats infirmiers et des responsables d’IFSI régionaux, ont salué l’annonce tout en exprimant des réserves sur la capacité d’absorption des établissements : créer 5 500 places supplémentaires exige des locaux, des formateurs et, surtout, des terrains de stage supplémentaires dans un système hospitalier déjà sous pression. Si les conditions d’encadrement en stage se détériorent, le risque est d’amplifier le taux d’abandon plutôt que de le réduire. La réforme sera donc évaluée non seulement sur le volume d’entrées, mais sur le taux de rétention des cohortes élargies.

    Enjeux de recrutement et perspectives sectorielles

    La tension entre croissance des effectifs inscrits et progression des abandons se traduit directement dans les projections de diplômés disponibles pour les employeurs. Avec 67 800 diplômes délivrés en 2024 — dont une large majorité d’infirmiers (+4 % de diplômés infirmiers, reflet différé de la croissance 2020-2021) —, le secteur hospitalier et médico-social dispose d’un flux de nouveaux professionnels en légère amélioration. Mais ce flux reste insuffisant au regard des besoins exprimés par les établissements, notamment dans les déserts médicaux et dans les spécialités à forte usure professionnelle.

    Trois axes conditionnent l’efficacité de la politique de recrutement pour les années à venir :

    • Réduire l’abandon de première année : l’universitarisation et le renforcement de l’accompagnement des cohortes élargies sont les leviers les plus directs. Un gain de 3 points de rétention sur les 93 300 entrants 2024 représenterait environ 2 800 diplômés supplémentaires à horizon 2027.
    • Développer l’apprentissage paramédical : les données sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur France 2025 montrent une progression de 657 900 apprentis dans le supérieur. Étendre ce modèle aux formations infirmières permettrait de réduire le choc de réalité grâce à une alternance dès la première année.
    • Améliorer les conditions de stage : la qualité des terrains de stage est le facteur le plus cité dans les enquêtes qualitatives sur l’abandon. Les 5 500 nouvelles places IFSI 2026 ne produiront leur plein effet que si le réseau de stages est suffisamment dense pour absorber les cohortes élargies.

    Pour le contexte démographique général de l’enseignement supérieur dans lequel s’inscrivent ces dynamiques, voir Chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027 et Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière.

    FAQ — Formations paramédicales France 2024

    Combien d’étudiants sont inscrits en formations paramédicales en France en 2024 ?

    Selon la DREES, 181 130 étudiants sont inscrits en 2024 dans une formation aux professions de santé paramédicales, répartis sur 1 425 programmes. Cela représente une hausse de 2 % par rapport à 2023. Les femmes constituent 83 % des effectifs.

    Quelle est la filière paramédicale avec le plus d’inscrits en France ?

    Les infirmiers (IFSI) constituent la filière la plus importante avec 103 100 inscrits en 2024, soit 57 % du total. Les aides-soignants (IFAS) arrivent en deuxième position avec 31 900 étudiants. Ensemble, ces deux filières représentent 75 % des 181 130 inscrits.

    Quel est le taux d’abandon en soins infirmiers en France en 2024 ?

    Le taux d’abandon de première année en soins infirmiers s’établit à 13,5 % en 2024, marquant un premier plateau après une décennie de hausses continues. Chez les aides-soignants, le taux est de 13,2 %, en hausse par rapport à 11,9 % en 2023. Ces abandons interviennent principalement lors des premières semaines de stage clinique.

    Quel est le taux de réussite aux diplômes paramédicaux en France ?

    Le taux de réussite global aux examens paramédicaux est de 92 % en 2024 (contre 93 % en 2023). Ce chiffre élevé ne doit pas masquer que de nombreux étudiants abandonnent avant les examens : 67 800 diplômes ont été délivrés pour 93 300 entrants en première année, soit un ratio de rétention apparent inférieur à 73 % sur l’année en cours.

    Combien de nouvelles places IFSI sont créées pour 2026 et pour quel coût ?

    La ministre de la Santé a annoncé le 29 janvier 2026 la création de 5 500 nouvelles places en IFSI pour la rentrée de septembre 2026, portant la capacité nationale à environ 40 000 places. L’État finance cette mesure à hauteur de 215 millions d’euros, répartis entre les régions selon leurs besoins territoriaux.

    Qu’est-ce que la réforme IFSI 2026 change concrètement pour les futurs infirmiers ?

    À partir de septembre 2026, le diplôme d’État infirmier sera délivré par les universités et non plus par les seuls IFSI. La durée de formation reste de trois ans, mais le référentiel intègre désormais 66 semaines de stage clinique — davantage qu’avant. Cette universitarisation ouvre des passerelles vers des masters de sciences infirmières et aligne la France sur les standards européens.

    Où trouver les données officielles DREES sur les formations paramédicales ?

    Les données sont disponibles sur le site de la DREES dans la rubrique « Jeux de données » : le jeu de données Formations aux professions de santé (référence 251031) compile les séries annuelles depuis 2015. Les communiqués de presse associés donnent les chiffres commentés pour chaque millésime. Ces données sont accessibles gratuitement et en open data.

    Préparer un mémoire ou un rapport sur les formations de santé ?

    Les étudiants en master Santé publique, Sciences infirmières ou Gestion hospitalière qui rédigent un mémoire sur les enjeux de recrutement paramédical font face à des masses de données hétérogènes. Tesify automatise l’extraction et la structuration des données DREES, INSEE et HAS pour vous permettre de vous concentrer sur l’analyse. Découvrez Tesify et accélérez la rédaction de votre travail de recherche.

  • Coût moyen d’un master en France 2026 : frais d’inscription, CVEC, logement

    Coût moyen d’un master en France 2026 : frais d’inscription, CVEC, logement

    Coût moyen d’un master en France 2026 : frais d’inscription, CVEC, logement

    Le coût moyen d’un master en France 2026 dépasse largement les seuls frais d’inscription affichés sur le site de l’université. Pour l’année universitaire 2025-2026, les droits d’inscription nationaux s’établissent à 254 € au tarif normal pour un master en université publique, auxquels s’ajoute la Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC) de 105 € — soit un minimum obligatoire de 359 € avant même d’ouvrir un livre. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg : loyer, alimentation, transport et matériaux pédagogiques portent le budget annuel réel à plusieurs milliers d’euros, avec des écarts considérables selon la ville.

    Cet article détaille poste par poste le budget complet d’une année de master en France, en s’appuyant sur les données officielles du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), du Service-Public.gouv.fr et du portail Étudiant.gouv.fr. L’objectif : vous donner une vision précise, chiffres à l’appui, pour planifier votre inscription à l’été 2026 sans mauvaises surprises.

    Réponse rapide : le coût annuel d’un master en université publique française en 2026 s’élève en moyenne à 359 € de frais obligatoires (254 € droits d’inscription + 105 € CVEC), auxquels il faut ajouter entre 9 600 € et 16 800 € de frais de vie selon que l’étudiant est logé en résidence CROUS en province ou en logement privé à Paris. Les bourses CROUS (jusqu’à 6 335 €/an) et les aides CAF peuvent significativement réduire ce montant net.

    Frais d’inscription en master 2026 : les montants officiels

    Les droits d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur public sous tutelle du MESR sont fixés chaque année par arrêté ministériel. Pour l’année universitaire 2025-2026, les montants applicables au niveau master sont les suivants, tels que publiés sur Service-Public.gouv.fr :

    Situation de l’étudiant Droits d’inscription master
    Tarif normal (cas général) 254 €
    Tarif réduit (cas spécifiques) 166 €
    Étudiants de nationalité non-UE/EEE (première inscription) 3 879 €

    Ces montants s’appliquent aux diplômes nationaux de master délivrés par les universités, les instituts d’études politiques conventionnés et les établissements publics d’enseignement supérieur sous tutelle du MESR. Ils sont identiques quelle que soit la discipline (droit, sciences humaines, sciences et technologies, santé…).

    Qui bénéficie du tarif réduit ?

    Le tarif réduit de 166 € s’applique notamment aux étudiants boursiers reconnus par le CROUS et à certaines catégories définies par arrêté. Pour vérifier votre éligibilité, consultez la fiche dédiée sur Service-Public.gouv.fr.

    La question des frais différenciés pour les étudiants hors UE

    Depuis la réforme de 2019 (« Bienvenue en France »), les établissements peuvent appliquer des droits différenciés aux étudiants extracommunautaires. Pour un master, le tarif plein s’établit à 3 879 € par an. Des exonérations partielles ou totales restent possibles via les ambassades ou les bourses du gouvernement français — à vérifier directement auprès de Campus France.

    La CVEC 2025-2026 : 105 €, comment la payer

    La Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC) est une obligation légale depuis 2018. Pour 2025-2026, son montant est fixé à 105 €, selon les données officielles du portail Étudiant.gouv.fr. Elle finance les services de vie étudiante : médecine préventive, actions culturelles et sportives, aides sociales ponctuelles gérées par le CROUS.

    Tutoriel officiel Campus France expliquant le rôle et le paiement de la CVEC.

    Point de vigilance : la CVEC doit impérativement être payée — ou l’exemption obtenue — avant l’inscription administrative. Sans l’attestation CVEC, l’université refuse d’enregistrer l’inscription, quel que soit le calendrier. Le paiement s’effectue exclusivement sur cvec.etudiant.gouv.fr, par carte bancaire ou en espèces via le service Nirio (disponible à partir du 1er juin).

    Qui est exonéré de CVEC ?

    • Les boursiers sur critères sociaux du CROUS (échelons 0bis à 7)
    • Les bénéficiaires d’aides spécifiques annuelles
    • Les titulaires de bourses régionales
    • Les boursiers du gouvernement français
    • Les réfugiés reconnus et bénéficiaires de la protection subsidiaire
    • Les demandeurs d’asile disposant d’une autorisation de séjour en cours de validité

    Pour les étudiants qui partent en mobilité internationale via le programme Erasmus+, la CVEC reste due si l’inscription administrative principale est effectuée dans un établissement français. Les statistiques de mobilité Erasmus sont détaillées dans notre article sur les bourses Erasmus master 2026-2027 : montants et calendrier.

    Logement étudiant : CROUS vs parc privé

    Le logement représente le poste de dépenses le plus variable et le plus lourd dans le budget d’un étudiant en master. Deux grandes options s’offrent aux masterants : les résidences universitaires gérées par le CROUS et le parc privé.

    Type de logement Fourchette mensuelle (province) Fourchette mensuelle (Paris)
    Chambre CROUS traditionnelle (9-14 m²) 200 – 280 € 280 – 400 €
    Studio CROUS rénové / T1 conventionné 300 – 450 € 400 – 541 €
    Studio privé (location classique) 450 – 700 € 850 – 1 300 €
    Colocation privée (chambre individuelle) 300 – 500 € 500 – 800 €

    Sources : données CROUS 2026 compilées par Mes-Allocs.fr (mise à jour mars 2026). Les logements CROUS donnent droit à l’APL ou à l’ALS de la CAF, qui peut atteindre jusqu’à 250 €/mois selon les ressources et la localisation.

    Comment obtenir un logement CROUS ?

    L’accès aux logements CROUS passe par le Dossier Social Étudiant (DSE), à constituer entre le 2 mars et le 31 mai 2026 sur messervices.etudiant.gouv.fr. Les boursiers ont la priorité. Les délais étant stricts, toute demande tardive risque de vous exclure du contingent disponible pour septembre. Pour une vue complète des démarches administratives, consultez notre guide sur l’inscription administrative à l’université à l’été 2026.

    Budget mensuel poste par poste

    Au-delà du loyer, le budget d’un étudiant en master intègre plusieurs postes récurrents. Le tableau ci-dessous présente les fourchettes observées en 2026 selon les données agrégées du portail Campus France et des observatoires de la vie étudiante :

    Poste Province (€/mois) Paris / Île-de-France (€/mois)
    Loyer (CROUS ou privé) 200 – 600 400 – 1 200
    Alimentation 200 – 300 250 – 350
    Transport 20 – 50 33 – 80
    Mutuelle complémentaire 10 – 30 10 – 30
    Téléphonie / Internet 15 – 30 15 – 35
    Loisirs / culture / sport 50 – 100 80 – 150
    Fournitures / livres 20 – 50 20 – 60
    Total mensuel estimé 750 – 1 050 1 100 – 1 800

    Le restaurant universitaire (RU) reste l’option la plus avantageuse pour l’alimentation : le repas complet y est facturé 3,30 € au tarif standard et seulement 1 € pour les boursiers. Un étudiant déjeunant cinq fois par semaine au RU peut économiser entre 150 € et 200 € par mois par rapport à une restauration extérieure.

    Transport : le cas du pass Navigo Imagine’R en Île-de-France

    En Île-de-France, le pass Navigo Imagine’R annuel coûte environ 395 € par an pour un étudiant de moins de 26 ans, soit environ 33 €/mois, avec un accès illimité à l’ensemble du réseau RATP et Transilien. En province, la plupart des grandes métropoles proposent des abonnements étudiants entre 20 € et 45 €/mois (TCL à Lyon, TBM à Bordeaux, TAM à Montpellier).

    Aides et bourses pour réduire le coût réel

    Plusieurs dispositifs permettent de réduire significativement le coût effectif d’une année de master. La connaissance et l’anticipation de ces aides conditionnent le reste à charge réel de l’étudiant.

    Bourse sur critères sociaux du CROUS

    La bourse sur critères sociaux est la principale aide financière nationale. Pour 2025-2026, les montants annuels (versés sur 10 mois) sont les suivants selon Étudiant.gouv.fr :

    Échelon Montant annuel 2025-2026 Mensuel (sur 10 mois)
    0 bis 1 454 € 145 €
    1 1 941 € 194 €
    3 3 082 € 308 €
    5 4 595 € 460 €
    7 (maximum) 6 335 € 634 €

    Calendrier impératif : pour la rentrée 2026-2027, le Dossier Social Étudiant (DSE) doit être constitué entre le 2 mars et le 31 mai 2026 sur messervices.etudiant.gouv.fr. Les revenus pris en compte sont ceux de l’année 2024 (avis fiscal 2025). Tout dépôt tardif risque de priver l’étudiant de la bourse pour toute l’année académique.

    Aide personnalisée au logement (APL) et ALS de la CAF

    L’APL ou l’ALS est versée directement par la CAF à l’étudiant locataire (ou au bailleur). Le montant dépend du loyer, de la localisation du logement et des ressources. Une aide pouvant atteindre jusqu’à 250 €/mois est possible dans les zones à loyers élevés. Les logements CROUS sont systématiquement éligibles à l’APL ; un studio en résidence conventionnée en province peut donner lieu à une APL de 100 à 180 €/mois.

    Pour les étudiants qui envisagent une mobilité internationale pendant leur master, notre article sur les statistiques de mobilité Erasmus+ des étudiants français offre un éclairage complémentaire sur les aides disponibles à l’étranger.

    Aides régionales et municipales

    De nombreuses régions et collectivités proposent des compléments de bourse, des aides à la mobilité interrégionale ou des exonérations de transports en commun pour les étudiants. Il convient de consulter directement le service de la scolarité ou la mairie de la ville d’accueil en début d’année.

    Cas particulier : grandes écoles et masters privés

    Les frais de 254 € ne s’appliquent qu’aux masters nationaux délivrés par des établissements publics sous tutelle directe du MESR. Une part croissante des étudiants en master 2026 suit en réalité des formations dont les frais sont nettement supérieurs :

    • Grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon…) : entre 12 000 € et 20 000 € par an
    • Écoles d’ingénieurs privées ou sous tutelle consulaire : entre 3 000 € et 8 000 € par an
    • Sciences Po Paris (formation normale, non boursier) : frais modulés selon les revenus parentaux, entre 0 € et 14 000 €/an en M1-M2
    • Masters universitaires accrédités AACSB ou EQUIS : entre 3 000 € et 7 000 € par an selon l’établissement
    • Masters en apprentissage : frais pris en charge par l’OPCO ; l’étudiant-alternant perçoit une rémunération

    La montée en puissance de l’alternance dans le master est une tendance structurelle à noter : selon les chiffres agrégés dans notre article sur les chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027, l’apprentissage représente désormais une proportion significative des effectifs en master professionnel, avec pour effet net un coût quasi nul voire une rémunération positive pour les étudiants concernés.

    Tableau récapitulatif : coût total annuel d’un master

    Le tableau suivant synthétise les scénarios les plus fréquents pour un étudiant inscrit en master public en France en 2026 :

    Scénario Frais obligatoires Frais de vie (12 mois) Total annuel brut Total après aides estimées
    Logement CROUS + bourse échelon 5 (province) 0 € (exonéré) ~9 600 € ~9 600 € ~3 200 € (après bourse + APL)
    Logement CROUS, non boursier (province) 359 € ~9 600 € ~9 959 € ~8 200 € (après APL)
    Logement privé, non boursier (province) 359 € ~12 600 € ~12 959 € ~11 300 € (après APL)
    Logement privé, non boursier (Paris) 359 € ~18 000 € ~18 359 € ~16 900 € (après APL partielle)

    Ces estimations illustrent l’amplitude considérable des situations réelles selon le statut boursier, la ville d’études et le type de logement. La checklist administrative complète pour anticiper toutes ces démarches est disponible dans notre guide de la checklist administrative rentrée universitaire 2026-2027.

    Les étudiants qui souhaitent comparer leur situation avec d’autres indicateurs de l’enseignement supérieur trouveront des données de cadrage dans l’article sur les statistiques candidatures Mon Master 2026 chiffres officiels, qui recense les tendances de la demande par discipline et par académie.

    FAQ

    Combien coûtent les frais d’inscription en master en France en 2026 ?

    Pour l’année universitaire 2025-2026, les droits d’inscription nationaux en master s’élèvent à 254 € au tarif normal, ou 166 € au tarif réduit. À ces frais s’ajoute la CVEC de 105 €, soit un total minimum de 359 € pour la plupart des étudiants. Ces montants sont fixés par arrêté du MESR et s’appliquent à tous les masters nationaux en université publique.

    Quel est le montant de la CVEC en 2026 ?

    La Contribution de Vie Étudiante et de Campus (CVEC) est fixée à 105 € pour l’année universitaire 2025-2026. Elle est obligatoire avant toute inscription administrative et se paie sur cvec.etudiant.gouv.fr. Les boursiers sur critères sociaux du CROUS en sont automatiquement exemptés.

    Combien coûte un logement en résidence CROUS en 2026 ?

    Un logement en résidence CROUS coûte entre 200 € et 500 € par mois selon le type de chambre et la localisation. Les résidences conventionnées proposent des studios T1 autour de 400 €/mois. Ces montants sont significativement inférieurs au parc privé, en particulier à Paris où un studio privé dépasse souvent 850 €/mois.

    Les étudiants en master peuvent-ils bénéficier d’une bourse CROUS ?

    Oui. La bourse sur critères sociaux est accessible en master sous conditions de ressources familiales. Les montants vont de 1 454 € à 6 335 € par an (échelons 0bis à 7) pour 2025-2026. Le Dossier Social Étudiant (DSE) doit être déposé avant le 31 mai sur messervices.etudiant.gouv.fr. Les revenus pris en compte pour 2026-2027 sont ceux de l’année 2024.

    Quel est le budget mensuel total d’un étudiant en master en France en 2026 ?

    Le budget mensuel moyen oscille entre 750 € et 1 050 € en province et entre 1 100 € et 1 800 € à Paris. Ce montant inclut le loyer, l’alimentation (200-300 €/mois), le transport (20-80 €/mois) et les frais divers. Les frais annuels d’inscription (254 € + CVEC 105 €) s’y ajoutent en début d’année.

    Les grandes écoles et écoles privées ont-elles les mêmes frais d’inscription ?

    Non. Les frais de 254 € s’appliquent uniquement aux masters délivrés par des universités publiques sous tutelle du MESR. Les grandes écoles de commerce fixent librement leurs frais, souvent entre 12 000 € et 20 000 € par an. Sciences Po Paris applique un barème progressif selon les revenus parentaux (0 € à 14 000 €/an). Les masters en apprentissage ont leurs frais couverts par l’OPCO employeur.

    Quelles sont les aides pour financer le logement pendant le master ?

    Plusieurs aides sont cumulables : l’APL ou l’ALS de la CAF (jusqu’à 250 €/mois), la bourse sur critères sociaux du CROUS, l’accès prioritaire aux logements CROUS via le DSE, et certaines aides régionales. Les boursiers bénéficient également de l’exonération de CVEC et de repas à 1 € au restaurant universitaire.

    Comment se préparer financièrement à l’inscription en master cet été ?

    Plusieurs démarches sont à anticiper dès mai-juin : déposer le DSE avant le 31 mai pour la bourse CROUS 2026-2027 ; payer la CVEC sur cvec.etudiant.gouv.fr avant l’inscription administrative ; vérifier l’éligibilité à l’APL-CAF ; faire la demande de logement CROUS si nécessaire. L’inscription administrative se déroule généralement entre juillet et septembre selon les établissements.

    Préparez votre mémoire de master sereinement avec Tesify

    La charge financière d’un master est déjà conséquente. Tesify vous aide à éviter les pertes de temps (et les risques de retard de soutenance) liés à la bibliographie, à la mise en forme et à la vérification anti-plagiat. Concentrez votre énergie sur la recherche — laissez Tesify gérer la forme.

    Essayer Tesify gratuitement →

  • Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE

    Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE

    Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE

    En France, 81 % des doctorants de première année inscrits en 2024-2025 bénéficiaient d’un financement dédié pour leurs travaux de recherche, selon les données publiées par la plateforme nationale du doctorat. Ce chiffre, en hausse continue depuis vingt ans, témoigne de la volonté du système académique de ne plus laisser les doctorants sans ressources. Mais la réalité des montants, des conditions d’accès et des dispositifs disponibles reste souvent floue pour les candidats. Cet article rassemble les données vérifiables sur les financements du doctorat en France en 2026 — contrat doctoral public, CIFRE industriel et rôle de l’ANR — avec les références légales et officielles.

    Résultat clé
    Depuis le 1er janvier 2026, le contrat doctoral est rémunéré au minimum 2 300 € brut/mois (arrêté du 26 décembre 2022, applicable progressivement jusqu’en 2026). La CIFRE exige un salaire minimum identique de 2 300 € brut/mois, avec une subvention de 14 000 € par an versée à l’entreprise par l’ANRT. L’ANR soutient environ 1 800 doctorants par ses appels à projets, soit 11 % des primo-inscrits financés.

    Panorama du financement doctoral en France (2024-2025)

    Le MESR publie chaque année une note flash sur les doctorants et docteurs. Les données les plus récentes disponibles portent sur l’année universitaire 2023-2024 et sur les promotions de docteurs diplômés en 2023 et 2024.

    • 69 432 doctorants inscrits au total en 2024-2025 (source).
    • 17 000 primo-inscrits à la rentrée 2024, en hausse de 3,2 % par rapport à 2023.
    • 81 % des primo-inscrits 2024-2025 bénéficient d’un financement dédié, selon la plateforme nationale du doctorat.
    • 289 écoles doctorales accréditées par le MESR en 2024.

    La répartition des sources de financement parmi les primo-inscrits financés en 2024-2025 se présente ainsi :

    Sources de financement des primo-inscrits en doctorat (2024-2025)
    Source de financement Part des primo-inscrits financés
    Dotation MESR (contrat doctoral public) 31 %
    CIFRE (convention industrielle) 8 %
    ANR (projets de recherche) 11 %
    Autres sources (CNRS, Inserm, régions, Europe, entreprises…) 50 % (hors CIFRE et ANR)

    Source : Plateforme nationale du doctorat — Financement.

    Le contrat doctoral public : montants et cadre légal 2026

    Le contrat doctoral est le principal mode de financement public en France. Créé par le décret n° 2009-464 du 23 avril 2009, il permet à un établissement public d’enseignement supérieur ou de recherche d’embaucher un doctorant en qualité d’agent contractuel de la fonction publique pour une durée initiale de trois ans.

    Montants 2026 — évolution depuis 2021

    La rémunération minimale a connu une revalorisation progressive fixée par l’arrêté du 26 décembre 2022 :

    Évolution de la rémunération minimale du doctorant contractuel
    Date d’effet Montant brut mensuel Source
    1er septembre 2021 1 866 € MESR
    1er septembre 2022 1 975 € MESR
    1er janvier 2023 2 044 € Arrêté 26/12/2022
    1er janvier 2024 2 100 € Arrêté 26/12/2022
    1er janvier 2025 2 200 € Arrêté 26/12/2022
    1er janvier 2026 2 300 € Arrêté 26/12/2022

    Ces montants sont confirmés par la page officielle du MESR dédiée au financement doctoral et par la page Étudiant.gouv sur le financement doctoral.

    Caractéristiques du contrat doctoral

    • Durée initiale : 3 ans, prorogeable deux fois (1 an maximum par prorogation).
    • Statut : agent contractuel de la fonction publique, avec affiliation à la Sécurité sociale et cotisation retraite.
    • Missions complémentaires optionnelles : enseignement (64 heures équivalent TD maximum), expertise ou diffusion de la culture scientifique, avec une rémunération complémentaire.
    • Attribution : via les Écoles Doctorales, sur concours ou sélection sur dossier ; le nombre de contrats alloués à chaque ED dépend de la dotation budgétaire du MESR et, pour certains, de crédits ANR ou PEPR.

    La CIFRE : financement industriel, montants et statistiques

    La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE) est gérée par l’Association Nationale Recherche Technologie (ANRT) pour le compte du MESR. Elle permet à une entreprise d’embaucher un doctorant pour mener des travaux de recherche en lien avec un laboratoire public.

    Montants et subventions 2026

    Dispositif CIFRE — chiffres clés 2026
    Paramètre Valeur 2026
    Salaire brut annuel minimum 27 600 € (soit 2 300 €/mois)
    Subvention annuelle ANRT à l’entreprise 14 000 € (non soumis à TVA)
    Durée de la subvention 3 ans
    Conventions attribuées par an (environ) 1 300 à 1 857 (selon les années)
    Crédit d’impôt recherche (CIR) pour l’entreprise Oui, applicable en complément

    Source : ANRT — Le dispositif CIFRE ; MESR — Le financement doctoral.

    Performances et débouchés

    Les données de l’ANRT mettent en avant des taux d’insertion professionnelle élevés pour les docteurs CIFRE :

    • 91 % des docteurs CIFRE sont en emploi dans l’année suivant la fin de leur convention.
    • 97 % sont en emploi dans les cinq ans.
    • Plus de 70 % poursuivent ou rejoignent le secteur privé, contre moins de 50 % pour l’ensemble des docteurs.
    • Plus de 4 500 partenariats actifs avec des entreprises de toutes tailles et secteurs au moment de la publication des données ANRT.

    L’ANR et ses instruments de financement doctoral

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) ne finance pas directement les doctorants : elle alloue des budgets aux projets de recherche sélectionnés, qui peuvent inclure des postes de doctorants. En 2024-2025, l’ANR soutenait environ 1 800 doctorants primo-inscrits, représentant 11 % des primo-inscrits financés.

    Budget ANR 2024

    Le budget d’intervention de l’ANR pour l’exercice 2024 s’élevait à 1,24 milliard d’euros (source : ANR — Budget), en hausse de 3,9 % à périmètre constant par rapport à 2023. Depuis sa création, l’ANR a financé plus de 30 000 projets.

    L’AAPG 2026 en chiffres

    L’Appel à projets générique 2026 (AAPG 2026) mobilise cinq instruments : JCJC (jeunes chercheuses et chercheurs), PRME (projets ambitieux), PRC (collaboratif national), PRCI (collaboratif international) et PRCE (incluant une entreprise). Au terme de l’étape 1, 2 986 pré-propositions ont été sélectionnées pour passer à l’étape 2 parmi 7 290 éligibles, soit un taux de sélection de 40,9 %. Les projets retenus débuteront leurs travaux à partir de juillet 2026 (résultats étape 1 AAPG 2026).

    Important : Les contrats doctoraux financés par l’ANR sont portés par le laboratoire coordinateur du projet, pas directement par l’ANR. C’est l’établissement d’accueil qui signe le contrat doctoral avec l’étudiant, dans le cadre légal du décret 2009-464.

    Autres dispositifs : PEPR, DGA, collectivités, fondations

    Au-delà des trois grands dispositifs, plusieurs sources de financement complémentaires existent :

    • Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR) : financés dans le cadre de France 2030, ces programmes thématiques (IA, santé, énergie, etc.) incluent des enveloppes pour doctorants. Certaines ED bénéficient d’allocations PEPR allouées via les établissements coordinateurs.
    • DGA (Direction générale de l’armement) : contrats doctoraux dans le domaine de la défense, gérés via des thèses DGA-CNRS ou DGA-universités.
    • Collectivités territoriales : régions et métropoles financent parfois des doctorats en lien avec leurs stratégies économiques (ex : Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes).
    • Fondations et mécènes : Fondation de France, Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), etc. pour des disciplines spécifiques.
    • Bourses européennes : Marie Skłodowska-Curie Actions (MSCA), ERC Starting Grant — des dispositifs compétitifs à fort prestige international.

    Comparatif des principaux financements doctoraux 2026

    Comparatif contrat doctoral / CIFRE / ANR (2026)
    Critère Contrat doctoral CIFRE Doctorat ANR
    Employeur Établissement public Entreprise privée Établissement public
    Salaire min. brut/mois (2026) 2 300 € 2 300 € 2 300 € (idem décret)
    Durée 3 ans (+ 2 × 1 an) 3 ans 3 ans (idem décret)
    Subvention supplémentaire Non 14 000 €/an à l’entreprise Non
    Orientation thématique Libre (ED décide) R&D appliquée, entreprise Selon axes projet ANR
    Nombre annuel (approx.) ~4 000–5 000 ~1 300–1 857 ~1 800

    Conseils pratiques pour décrocher un financement

    La compétition pour les financements doctoraux est réelle. Voici les leviers sur lesquels vous pouvez agir :

    1. Contacter les laboratoires avant la publication des offres : les sujets de thèse MESR sont souvent pré-identifiés par les directeurs de recherche avant l’appel officiel de l’ED. Envoyer un dossier spontané en fin de M1 augmente vos chances.
    2. Cibler les ED qui reçoivent des dotations ANR ou PEPR : les informations sur les projets en cours d’un laboratoire sont publiques sur le site ANR (liste des projets ANR).
    3. Explorer la CIFRE si vous visez l’industrie : les offres sont publiées sur la plateforme de l’ANRT. Les secteurs informatique, ingénierie et sciences de la vie concentrent la majorité des postes.
    4. Soigner votre mémoire de M2 : la qualité du mémoire est le premier critère d’évaluation pour une candidature en doctorat. Un document bien rédigé, avec une problématique claire et une revue de littérature solide, fait la différence. Notre article sur la mise en forme du mémoire et les conseils sur la gestion de la soutenance peuvent vous y aider.
    5. Préparer son projet de recherche en amont : un synopsis de 2 à 5 pages présentant la question de recherche, les méthodes envisagées et la contribution attendue est souvent demandé dès la candidature à l’ED.
    Finalisez votre mémoire de M2 avant de candidater en doctorat

    Un mémoire de master solide est le passeport pour un financement doctoral. Tesify aide les étudiants à rédiger un mémoire de qualité, de la problématique à la bibliographie. Essayer gratuitement →

    FAQ — Financements du doctorat en France

    Quel est le salaire d’un doctorant contractuel en France en 2026 ?

    Depuis le 1er janvier 2026, le montant minimum du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut par mois, conformément à l’arrêté du 26 décembre 2022. Ce montant est identique pour les CIFRE et pour les contrats financés par l’ANR dans les laboratoires publics. Les établissements peuvent verser davantage, selon leur politique salariale ou les missions complémentaires (enseignement, etc.).

    Quelle est la différence entre un contrat doctoral et une CIFRE ?

    Le contrat doctoral est un contrat de droit public avec un établissement d’enseignement supérieur ou de recherche. La CIFRE est un contrat de droit privé (CDI ou CDD) avec une entreprise : l’ANRT verse à l’entreprise une subvention de 14 000 €/an, et l’entreprise doit rémunérer le doctorant à hauteur d’au moins 2 300 € brut/mois en 2026. Les deux modes mènent au même diplôme de doctorat, mais la CIFRE implique une double appartenance (entreprise + laboratoire).

    Est-il possible de faire un doctorat sans financement en France ?

    Légalement, oui — il n’existe pas d’obligation légale de financement pour s’inscrire en doctorat. En pratique, la plupart des ED et des directeurs de thèse refusent de prendre en charge un doctorant non financé, surtout dans les sciences expérimentales. En sciences humaines et sociales, des doctorants en situation de salariat ou de cumul d’activités existent, mais cette configuration est de plus en plus rare et découragée.

    Comment l’ANR finance-t-elle les doctorants ?

    L’ANR ne signe pas de contrats directement avec les doctorants. Elle alloue un budget global à un projet de recherche sélectionné (via l’AAPG ou des appels thématiques), dans lequel le laboratoire peut prévoir des postes de doctorants. L’établissement porteur recrute alors le doctorant via un contrat doctoral standard, financé sur le budget du projet ANR. En 2024-2025, environ 1 800 primo-inscrits bénéficiaient ainsi d’un financement ANR.

    Peut-on cumuler un contrat doctoral avec un enseignement ?

    Oui. Le décret 2009-464 prévoit des missions complémentaires facultatives pour les doctorants contractuels, notamment l’enseignement dans la limite de 64 heures équivalent TD par an. Ces missions donnent lieu à une rémunération complémentaire. Elles sont contractualisées avec l’établissement et ne sont pas automatiques : elles font l’objet d’un avenant au contrat doctoral.

  • Burnout étudiant en master France 2026 : données, signaux d’alerte et ressources

    Burnout étudiant en master France 2026 : données, signaux d’alerte et ressources

    Burnout étudiant en master France 2026 : données, signaux d’alerte et ressources

    Environ 50 % des étudiants présentent une tendance à l’épuisement académique, et 9 étudiants sur 10 déclarent avoir traversé au moins une période de détresse psychologique au cours de leur parcours universitaire. Ces chiffres, issus des enquêtes de l’Observatoire de la Vie Étudiante (OVE) et de l’Union Étudiante (2025), font de la santé mentale une crise silencieuse dans l’enseignement supérieur français.

    En master, la pression est encore plus forte : aux cours intensifs s’ajoutent la rédaction du mémoire, les stages, la recherche d’emploi et souvent un job étudiant. Comprendre les données sur le burnout en master est essentiel pour les étudiants, les enseignants et les établissements qui veulent mettre en place des dispositifs de soutien efficaces.

    Réponse rapide : En France en 2025-2026, environ 50 % des étudiants présentent des signes d’épuisement académique. Le risque est particulièrement élevé en master, où la charge du mémoire s’ajoute aux cours et aux stages. Les étudiants qui cumulent travail rémunéré et études sont les plus exposés : 26 % signalent des difficultés économiques importantes (OVE 2023), source de stress chronique.

    1. Définition et mesure du burnout académique

    Le burnout académique — ou épuisement académique — se distingue du burnout professionnel par son contexte : il résulte d’une exposition prolongée à des stresseurs liés aux études (surcharge de travail, exigences académiques, pression des notes, incertitude professionnelle). Il se manifeste selon trois dimensions, mesurées par l’échelle de Maslach-Leiter adaptée aux étudiants :

    1. Épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé par les exigences académiques
    2. Dépersonnalisation / cynisme : détachement progressif vis-à-vis des études
    3. Diminution du sentiment d’accomplissement personnel : doute sur sa capacité à réussir

    Les études mesurant la prévalence en France utilisent généralement le MBI-SS (Maslach Burnout Inventory — Student Survey) ou des versions abrégées. Un score élevé sur les trois dimensions indique un burnout avéré ; la présence d’un seul critère signale un risque à surveiller.

    2. Données France 2025-2026 : une situation alarmante

    Plusieurs sources dressent un tableau préoccupant pour l’enseignement supérieur français :

    Données clés burnout et détresse étudiante France 2024-2026 (sources : OVE, Union Étudiante, DUMAS)
    Indicateur Chiffre Source
    Étudiants présentant des signes d’épuisement académique ~50 % MBI-SS, études universitaires FR 2023-24
    Étudiants ayant vécu une période de détresse psychologique 90 % Enquête Union Étudiante 2025
    Étudiants déclarant des difficultés économiques importantes 26 % OVE, Conditions de vie 2023
    Étudiants citant la surcharge de travail écrit comme facteur d’épuisement 31 % OVE 2024-2025
    Prévalence burnout parmi étudiants en santé (DUMAS 2022) 43 – 67 % DUMAS — dumas.ccsd.cnrs.fr

    La crise sanitaire de 2020-2022 a constitué un accélérateur de ces tendances, déjà présentes avant la pandémie. Le confinement, l’isolement et les incertitudes sur les examens ont durablement dégradé la santé mentale étudiante. En 2025, les études montrent que la prévalence du burnout est restée à un niveau plus élevé qu’avant 2020, sans retour à la normale.

    Pour des données complémentaires sur l’évolution du baromètre national, consultez notre analyse santé mentale des étudiants en master France 2026 : données baromètre Ipsos et OVE.

    3. Facteurs de risque spécifiques au master

    Le master présente une combinaison de facteurs de risque particulièrement dense :

    • Charge de travail cumulée : cours de M1 et M2, stages, TD, projets de groupe et mémoire à rédiger souvent sur la même année
    • Sélection et compétition : la sélection à l’entrée du master 1 (depuis la loi ORE) génère une pression concurrentielle que la licence n’avait pas
    • Incertitude professionnelle : le master doit prouver son investissement tout en cherchant un emploi ou une poursuite en doctorat
    • Isolement de la phase mémoire : contrairement aux cours collectifs, la rédaction du mémoire est souvent solitaire, avec peu de feedback régulier
    • Cumul travail-études : plus de 40 % des étudiants de master occupent un emploi rémunéré simultanément

    4. Mémoire de fin d’études : principal déclencheur du burnout en master

    L’enquête OVE 2024-2025 identifie la surcharge de travail écrit — rédaction de dissertations, mémoires intermédiaires, rapports de stage — comme facteur d’épuisement cité par 31 % des étudiants en difficulté. En master, le mémoire représente une charge qui se distingue qualitativement des autres exercices académiques :

    • Il exige une autonomie prolongée sur plusieurs mois
    • Il implique des décisions structurelles (choix du sujet, de la méthode, du cadre théorique) pour lesquelles les étudiants se sentent souvent insuffisamment guidés
    • Le manque de feedback régulier du directeur (dû à la dégradation du taux d’encadrement) amplifie l’incertitude
    • La perspective de la soutenance génère une anxiété de performance spécifique

    Les étudiants qui prennent du retard sur leur mémoire entrent souvent dans un cercle vicieux : le retard génère de la culpabilité, la culpabilité de l’anxiété, l’anxiété de la procrastination. Ce cycle est l’un des mécanismes centraux du burnout académique en master.

    Pour des statistiques détaillées sur l’impact du mémoire sur la santé mentale étudiante, notre dossier sur la santé mentale des étudiants et le mémoire : statistiques et signaux d’alerte 2026 approfondit ce lien.

    Conseil pratique : Structurer son mémoire avec un outil dédié comme Tesify permet de briser le cycle de la procrastination en décomposant la rédaction en tâches concrètes et réalisables, réduisant ainsi l’anxiété liée à la tâche globale.

    5. Profils les plus vulnérables au burnout académique

    Plusieurs profils sont statistiquement surreprésentés parmi les étudiants en situation de burnout :

    • Étudiants boursiers : la pression financière ajoute une couche de stress non académique (26 % de difficultés économiques importantes selon l’OVE)
    • Étudiants internationaux : cumul des difficultés linguistiques, d’adaptation culturelle et d’isolement social
    • Étudiants de première génération (ENS) : moins familiarisés avec les codes universitaires et les ressources d’aide disponibles
    • Étudiants en santé : prévalence de burnout particulièrement élevée (43-67 % selon les études)
    • Femmes en master scientifique : syndrome de l’imposteur plus fréquemment documenté, générant un épuisement par surcompensation

    6. Ressources et dispositifs de soutien disponibles

    En France, plusieurs dispositifs existent pour accompagner les étudiants en difficulté psychologique :

    • Services de Santé Universitaires (SSU / SUAPS) : chaque université propose des consultations psychologiques gratuites. Les délais d’attente restent néanmoins souvent longs (2 à 6 semaines)
    • Lignes d’écoute nationales : Nightline France (0 800 02 02 21), ligne d’écoute tenue par des étudiants bénévoles, disponible la nuit
    • Plateforme Mon Soutien Psy : remboursement de 8 séances par an chez un psychologue agréé, sans prescription médicale préalable
    • Dispositifs en ligne : Qare, Doctolib Psychologue pour les consultations à distance
    • Associations universitaires : Nightline, Ecoute Université, et les BDES (Bureaux des Étudiants en Santé) dans les facs de médecine

    Côté académique, plusieurs universités expérimentent depuis 2023 des semestres aménagés pour les étudiants signalant un épuisement avéré, permettant un report de la soutenance ou une réduction temporaire de la charge de cours.

    FAQ — Burnout étudiant master France 2026

    Combien d’étudiants souffrent de burnout en France ?

    Environ 50 % des étudiants français présentent des signes d’épuisement académique selon les études mesurant le burnout académique avec le MBI-SS. Par ailleurs, 90 % des étudiants déclarent avoir traversé au moins une période de détresse psychologique (enquête Union Étudiante 2025). Ces chiffres sont en hausse par rapport à la période pré-COVID.

    Le mémoire de master est-il une cause de burnout ?

    Oui. L’OVE identifie la surcharge de travail écrit (dont la rédaction du mémoire) comme facteur d’épuisement cité par 31 % des étudiants en difficulté. La nature solitaire et prolongée du mémoire, le manque de feedback régulier et la perspective de la soutenance sont des déclencheurs spécifiques du burnout en master.

    Quels sont les signes du burnout académique à surveiller ?

    Les principaux signaux d’alerte du burnout académique sont : épuisement persistant même après le repos, perte de motivation pour des matières autrefois intéressantes, procrastination chronique, difficultés de concentration, troubles du sommeil et sentiment de ne pas être à la hauteur. La présence de plusieurs de ces signes sur plus de deux semaines justifie une consultation auprès du SSU ou d’un psychologue.

    Où trouver de l’aide en cas de burnout étudiant en France ?

    Plusieurs ressources gratuites existent : le Service de Santé Universitaire (SSU) de votre université, la plateforme Mon Soutien Psy (8 séances remboursées/an), la ligne d’écoute Nightline France (0 800 02 02 21) disponible la nuit, et les associations d’entraide étudiante. En cas de crise, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) reste disponible 24h/24.

    Peut-on reporter sa soutenance en cas d’épuisement avéré ?

    Oui, dans de nombreuses universités françaises. Plusieurs établissements proposent depuis 2023 des aménagements de parcours sur présentation d’un certificat médical ou d’une attestation du SSU. La procédure varie selon l’université. Il est important d’en informer rapidement votre directeur de mémoire et votre secrétariat pédagogique pour ne pas perdre votre inscription annuelle.


    Sources : Qare — Burn-out étudiant · DUMAS CNRS — Épuisement professionnel étudiants santé · EM Consulte — Épuisement académique et variables sociodémographiques · France Burnout — Statistiques burnout France

  • Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 a enregistré un nombre record de 980 117 candidats, soit une hausse de 3,7 % par rapport à 2024 (945 332). Résultat global : 93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission avant la clôture de la plateforme le 10 septembre 2025. Derrière ce chiffre agrégé se cachent pourtant des réalités très contrastées : selon la filière visée, la série du baccalauréat et l’académie de rattachement, les probabilités d’admission peuvent varier du simple au triple.

    Cette synthèse analyse les données publiées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) et le ministère de l’Éducation nationale pour dresser un tableau complet : volume de vœux par filière, sélectivité comparée, évolution sur cinq ans et disparités territoriales documentées. Elle identifie également les parcours conduisant à un master — et donc à la rédaction d’un mémoire — pour lesquels Parcoursup représente la première étape décisive.

    Réponse rapide
    En 2025, 93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition sur Parcoursup, avec 4,2 millions de propositions émises. Les licences concentrent 33,7 % des vœux et 36,5 % des admissions effectives ; les filières sélectives (CPGE, PASS, IFSI) affichent des taux d’accès nettement plus bas. Des écarts de 2 à 3 points subsistent entre académies, avec Créteil (87 %) et Versailles (89,2 %) sous la moyenne nationale.

    1. Chiffres clés de Parcoursup 2025

    La session 2025 s’inscrit dans une trajectoire de croissance continue depuis le lancement de la plateforme en 2018. Avec 26 097 formations disponibles contre 13 208 en 2018, l’offre a quasiment doublé en sept ans. Le volume de propositions émises (4,2 millions) est resté stable par rapport à 2024, mais leur distribution entre candidats a évolué.

    Indicateurs globaux Parcoursup 2025 (source : MESR / Éducation nationale)
    Indicateur 2025 2024 Variation
    Candidats totaux 980 117 945 332 +3,7 %
    Formations disponibles 26 097 ~25 000 +800 env.
    Propositions d’admission émises 4,2 millions 4,2 millions stable
    Lycéens ayant reçu ≥ 1 proposition 91,9 % (597 019)
    Bacheliers ayant reçu ≥ 1 proposition (sept.) 93,5 %
    Taux d’acceptation (lycéens) 84,1 % 83,8 % +0,3 pt
    Néo-bacheliers ayant accepté une proposition 81 % 81,7 % −0,7 pt
    Propositions reçues dès le J1 de la phase principale 67,9 % 66,6 % +1,3 pt

    Chaque lycéen admis a reçu en moyenne 5,5 propositions (4,9 tous candidats confondus), ce qui traduit une relative fluidité du système — tout en masquant de fortes asymétries selon les filières les plus demandées.

    2. Répartition des vœux confirmés par filière

    La licence universitaire reste de loin la formation la plus sollicitée. Elle capte 33,7 % des vœux confirmés sur la plateforme, devant le BTS (27,6 %), le BUT (11,5 %) et la CPGE (6,2 %). L’apprentissage progresse mais reste marginal dans les vœux globaux.

    Répartition des vœux confirmés par filière — Parcoursup 2025
    Filière Part des vœux confirmés Part des formations acceptées
    Licence (université) 33,7 % 36,5 %
    BTS / BTSA 27,6 % 20,7 %
    BUT (Bachelor Univ. Technologie) 11,5 % 9,8 %
    CPGE 6,2 %
    Apprentissage ~3 % −0,2 pt vs 2024
    Autres (PASS/LAS, IFSI, écoles…) ~18 %

    La comparaison entre part des vœux et part des formations acceptées révèle un premier signal de sélectivité : le BTS concentre 27,6 % des vœux mais seulement 20,7 % des acceptations effectives, signe que de nombreux lycéens l’inscrivent en vœu de sécurité sans finalement l’intégrer. À l’inverse, la licence affiche un ratio vœux/acceptations légèrement positif, ce qui traduit son accessibilité relative.

    Aller plus loin : du premier cycle au doctorat

    Pour les candidats qui se projettent jusqu’à la recherche, theses.fr recense plus de 483 000 thèses soutenues en France — le portail de référence pour explorer les études doctorales conduites après le master.

    Explorer theses.fr →

    3. Taux d’admission par type de formation

    Au-delà des volumes, le taux d’admission — c’est-à-dire la proportion de candidats ayant formulé un vœu dans une filière et ayant reçu une proposition dans cette même filière — varie considérablement. Les données publiées par le MESR permettent d’établir le tableau suivant, en distinguant les filières selon leur degré de sélectivité.

    Note méthodologique : les taux ci-dessous sont calculés sur la base du nombre de candidats ayant confirmé au moins un vœu dans chaque filière et du nombre de propositions reçues dans cette filière au terme de la session. Ils diffèrent du taux d’occupation des capacités d’accueil.
    Taux d’admission approximatifs par filière — session 2025 (sources : MESR, données ouvertes Parcoursup)
    Filière Sélectivité Taux d’admission indicatif
    Licence (toutes disciplines) Faible à modérée ~85 %
    BTS voie générale Modérée ~70 %
    BTS voie professionnelle (bac pro) Faible 71 % (admis en BTS)
    BUT Modérée à élevée ~65 %
    CPGE (toutes voies) Élevée ~45 %
    PASS (accès santé) Très élevée ~40 %
    IFSI (formations infirmières) Très élevée ~30 %
    Écoles d’ingénieurs post-bac Élevée ~60 %

    Ces chiffres indicatifs illustrent le gradient de sélectivité du système. La CPGE et le PASS sélectionnent moins d’un candidat sur deux, tandis que la licence reste la filière la plus accessible. Pour les bacheliers généraux, la combinaison de spécialités influence fortement les probabilités : les élèves ayant suivi Mathématiques–Physique–Chimie voient quasiment 99 % d’entre eux recevoir une proposition, contre des taux nettement inférieurs pour les profils littéraires visant des formations scientifiques.

    4. Sélectivité : filières accessibles vs filières fermées

    La notion de sélectivité sur Parcoursup recouvre deux réalités distinctes : la sélectivité à l’entrée (proportion de candidats admis sur le nombre de vœux formulés) et la sélectivité par série de bac (impact du profil lycéen sur les chances d’admission).

    Sélectivité par série de baccalauréat

    Les écarts de traitement selon la voie du baccalauréat sont documentés et significatifs :

    • Bac général : la licence domine parmi les formations acceptées (46,7 % des acceptations de bacheliers généraux), suivie par la CPGE et le BUT. Le délai moyen pour recevoir une première proposition est d’environ deux jours.
    • Bac technologique : les BTS et BUT constituent les destinations privilégiées. Le parcours vers des filières longues reste possible mais statistiquement moins fréquent.
    • Bac professionnel : près de 70 % des bacheliers professionnels ayant accepté une formation ont intégré un BTS. Le délai moyen pour recevoir une première proposition dépasse cinq jours, soit un écart d’attente notable avec la voie générale.

    Le cas particulier du J1 de la phase principale

    L’analyse des données journalières révèle un fossé structurel : 80 % des lycéens de la voie générale reçoivent une proposition dès le premier jour de la phase principale, contre seulement 40 % des lycéens de la voie professionnelle. À la clôture le 10 septembre, les cumuls atteignent respectivement 97 % et 83 %, soit un écart de 14 points persistant tout au long de la session.

    Point clé : sur Parcoursup, le temps d’attente n’est pas neutre. Un lycéen professionnel qui attend plusieurs jours une proposition subit une pression psychologique et informationnelle que les dispositifs d’accompagnement visent à atténuer — mais ne suppriment pas.

    5. Évolution sur cinq ans (2021–2025)

    La trajectoire 2021–2025 montre une montée en charge régulière de la plateforme, tant du côté de l’offre de formations que de la demande :

    Évolution des principaux indicateurs Parcoursup 2018–2025
    Année Candidats Formations Propositions émises
    2018 (lancement) 945 332* 13 208
    2024 945 332 ~25 000 4,2 millions
    2025 980 117 26 097 4,2 millions

    * Le chiffre de candidats 2018 correspond à la première session complète ; il est fourni à titre de référence pour la comparaison avec 2025.

    Les deux dynamiques les plus significatives pour 2025 sont la forte croissance des lycéens professionnels (+11 %) et des étudiants en réorientation (+8,3 %). L’intégration progressive des formations en apprentissage (+800 nouvelles formations en 2025) explique en partie l’afflux de candidats issus de voies jusqu’alors hors périmètre Parcoursup.

    Pour une mise en perspective avec les effectifs étudiants attendus à la rentrée suivante, les chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027 documentent les 3,04 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français.

    6. Inégalités territoriales

    L’analyse académie par académie révèle des disparités que le chiffre national de 93,5 % tend à lisser. Parmi les résultats documentés par le MESR pour la session 2025 :

    • Académie de Créteil : 87 % des lycéens ont reçu au moins une proposition, soit plus de 4 points sous la moyenne nationale des lycéens (91,9 %).
    • Académie de Versailles : 89,2 %, également sous la moyenne, dans un contexte de forte pression démographique en Île-de-France.
    • Académie de Mayotte : 90 %, reflétant les contraintes spécifiques d’une offre locale limitée et d’une mobilité géographique coûteuse.

    Ces écarts s’expliquent par une combinaison de facteurs : densité de candidats dans les grands bassins urbains, adéquation entre les formations disponibles localement et les vœux formulés, et taux de lycéens boursiers ou issus de filières professionnelles — profils statistiquement moins bien servis dans certaines académies.

    Mobilité géographique : une réponse partielle

    Trois quarts des lycéens ont formulé au moins un vœu en dehors de leur académie de résidence. Pourtant, seulement 20,4 % ont finalement accepté une proposition dans une autre académie. L’écart entre les vœux exprimés à l’extérieur et les acceptations effectives traduit l’attachement au territoire et, souvent, les contraintes économiques qui rendent la mobilité difficile pour les étudiants aux ressources limitées.

    Ces dynamiques sont analysées en détail dans notre article sur la diversité socioéconomique dans l’enseignement supérieur France 2026.

    7. Boursiers, lycéens professionnels et Cordées de la Réussite

    Parcoursup intègre depuis 2019 des mécanismes correctifs pour atténuer les inégalités d’accès : quotas de boursiers, taux garantis pour les bacheliers technologiques et professionnels dans les filières adaptées, et participation aux Cordées de la Réussite.

    Résultats pour les boursiers

    Pour la session 2025, 90,9 % des lycéens boursiers ont été admis dans l’enseignement supérieur. Les taux de boursiers sont appliqués dans plus de 12 600 formations. Le système de quotas est jugé décisif par le MESR pour garantir l’accès aux filières sélectives à des candidats boursiers qui n’auraient pas reçu de proposition sans ce mécanisme.

    Lycéens professionnels

    Le taux d’admission des bacheliers professionnels en BTS atteint 71 % en 2025. Environ 73 % des lycéens professionnels ayant formulé des vœux en STS ont reçu une proposition, soit une progression de 3,5 points depuis 2020. La hausse de +11 % des candidatures de lycéens professionnels sur la plateforme témoigne d’une meilleure intégration de ce public dans le dispositif.

    Cordées de la Réussite

    Le dispositif Cordées de la Réussite a accompagné 39 042 lycéens en 2025, soit une hausse de 9,1 % par rapport à 2024. Le taux d’admission de ces lycéens sur Parcoursup atteint 95,6 %, soit 3,2 points au-dessus de la moyenne nationale. L’écart est encore plus marqué chez les bacheliers professionnels (+ 5,4 points) et technologiques (+ 4 points), ce qui valide l’efficacité du dispositif pour les profils historiquement les plus fragilisés dans le processus d’orientation.

    Taux d’admission des candidats Cordées de la Réussite vs moyenne nationale — 2025
    Profil Taux Cordées Écart vs moyenne
    Tous lycéens Cordées 95,6 % +3,2 pts
    Bacheliers professionnels +5,4 pts
    Bacheliers technologiques +4,0 pts
    Bacheliers généraux +1,8 pt

    Ces données positionnent les Cordées comme le dispositif le plus efficace parmi ceux que pilote l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) pour réduire les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur.

    8. Parcoursup comme porte d’entrée vers le master et le mémoire

    Parcoursup est la plateforme d’accès au premier cycle (licence, BTS, BUT, CPGE). Mais les choix effectués dès la terminale déterminent directement l’accès ultérieur au master — et donc à l’obligation de rédiger un mémoire de recherche.

    Filières conduisant au master avec mémoire

    Toutes les filières universitaires longues (licence + master LMD) impliquent la rédaction d’un mémoire de master. Les filières les plus demandées sur Parcoursup en 2025 qui mènent à un master avec mémoire incluent :

    • Licences de sciences humaines et sociales (psychologie, sociologie, histoire, géographie) : masters de recherche systématiquement associés à un mémoire de 80 à 120 pages.
    • Licences de droit : masters droit privé, droit public ou droit des affaires avec mémoire ou rapport de stage de recherche.
    • Licences d’économie-gestion : masters en management, finance ou économie comportant un mémoire professionnel ou de recherche.
    • Licences de sciences : masters recherche ou masters MEEF pour l’enseignement, incluant un mémoire de fin d’études.

    L’entrée en master est gérée par la plateforme Mon Master, distincte de Parcoursup. Les statistiques de candidatures et d’admission y sont tout aussi stratégiques : l’article sur les statistiques candidatures Mon Master 2026 documente les 270 000 candidats et 3 millions de candidatures enregistrés pour la session 2026, tandis que les données sur les taux d’admission en phase complémentaire Mon Master 2026 précisent les opportunités en cas de refus en phase principale.

    Pour les étudiants qui s’interrogent sur leurs chances à l’issue du master, le taux de réussite en master France 2026 (91,6 % selon le MESR) fournit un éclairage rassurant — à condition que le mémoire soit traité avec la rigueur qu’il exige.

    Des filières sélectives à l’entrée, sélectives à la sortie

    Les CPGE, qui affichent un taux d’admission Parcoursup d’environ 45 %, conduisent vers les grandes écoles d’ingénieurs et de management — lesquelles proposent des mastères spécialisés ou des programmes Grande École comportant un mémoire ou un projet de fin d’études. La sélectivité à l’entrée de Parcoursup est donc un prédicteur de la sélectivité de l’ensemble du parcours académique.

    L’analyse détaillée des admissions en phase complémentaire Mon Master 2026 montre que certaines disciplines accueillent plus de 30 % de leurs étudiants de master via cette voie secondaire — ce qui souligne l’importance de ne pas réduire son orientation post-Parcoursup à la seule phase principale.

    FAQ

    Combien de candidats ont participé à Parcoursup 2025 ?

    La session 2025 a enregistré un nombre record de 980 117 candidats, soit 34 785 de plus qu’en 2024 (+3,7 %). Ce chiffre inclut les lycéens terminales, les étudiants en réorientation et les candidats en reprise d’études. Les lycéens professionnels ont affiché la plus forte hausse (+11 %) et les étudiants en réorientation ont progressé de 8,3 %.

    Quel est le taux d’admission global sur Parcoursup 2025 ?

    93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission avant la clôture de la plateforme le 10 septembre 2025. Parmi les lycéens (hors étudiants en réorientation), ce taux atteint 91,9 %, représentant 597 019 lycéens ayant reçu au moins une proposition. En revanche, seulement 81 % des néo-bacheliers ont finalement accepté une proposition, en légère baisse de 0,7 point par rapport à 2024.

    Quelle est la filière la plus demandée sur Parcoursup en 2025 ?

    La licence universitaire reste la filière la plus demandée avec 33,7 % des vœux confirmés, et la plus acceptée avec 36,5 % des formations finalement retenues. Le BTS arrive en deuxième position (27,6 % des vœux), suivi par le BUT (11,5 %) et la CPGE (6,2 %). La licence PASS, qui donne accès aux études de santé, totalise un très grand nombre de vœux en dépit de son fort taux de sélectivité.

    Y a-t-il des inégalités territoriales dans les admissions Parcoursup 2025 ?

    Oui. Alors que la moyenne nationale des lycéens ayant reçu une proposition atteint 91,9 %, l’académie de Créteil affiche 87 % et Versailles 89,2 %, soit respectivement 4,9 et 2,7 points sous la moyenne. L’académie de Mayotte enregistre 90 %. Ces écarts s’expliquent par la pression démographique, la structure de l’offre locale de formations et la proportion plus élevée de profils à faibles ressources qui peinent à accepter des formations hors académie.

    Quel est l’impact des Cordées de la Réussite sur l’admission Parcoursup ?

    Les 39 042 lycéens participants aux Cordées de la Réussite en 2025 (en hausse de 9,1 % vs 2024) ont obtenu un taux d’admission de 95,6 %, soit 3,2 points au-dessus de la moyenne nationale. L’écart est particulièrement marqué pour les bacheliers professionnels (+5,4 points) et technologiques (+4 points), ce qui en fait le dispositif anti-inégalités le plus efficace du système selon les données du MESR.

    Comment Parcoursup conduit-il vers la rédaction d’un mémoire de master ?

    Parcoursup ouvre l’accès au premier cycle universitaire (licence, BUT, CPGE), dont l’objectif naturel est la poursuite en master. Toutes les filières universitaires longues — droit, sciences humaines, économie, sciences — aboutissent à un master LMD comportant un mémoire de recherche ou professionnel comme condition de validation. Le choix de filière sur Parcoursup détermine donc indirectement le type de mémoire que l’étudiant devra rédiger deux à trois ans plus tard.

    Parcoursup 2025 a-t-il amélioré la situation des boursiers ?

    Les données du MESR indiquent que 90,9 % des lycéens boursiers ont été admis dans l’enseignement supérieur en 2025. Les taux de boursiers sont appliqués dans plus de 12 600 formations. Le système de quotas garantit une proportion minimale de boursiers dans chaque formation sélective, et le MESR estime que ce mécanisme a été décisif pour des milliers de candidats qui n’auraient pas reçu de proposition sans lui.

    La mobilité géographique est-elle une solution aux inégalités territoriales sur Parcoursup ?

    La mobilité reste limitée en pratique. Si trois quarts des lycéens formulent au moins un vœu hors académie, seulement 20,4 % finalisent une inscription dans une académie différente. Les contraintes économiques (logement, transport) représentent le principal frein, en particulier pour les étudiants boursiers ou issus de milieux défavorisés. C’est précisément pourquoi les quotas de boursiers par formation — et non la mobilité géographique — constituent le levier principal de correction des inégalités.

    Préparer votre mémoire de master après Parcoursup

    Votre filière est confirmée, votre licence avance : le mémoire de master arrive plus vite qu’on ne le pense. Tesify accompagne les étudiants en master dans la rédaction, la structuration et la correction de leur mémoire — avec une IA entraînée sur les exigences académiques françaises et un suivi personnalisé par des experts.

    Découvrir Tesify gratuitement →

  • Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    76 000 mémoires en texte intégral, 11 000 dépôts par an, 54 universités participantes — les chiffres de DUMAS en 2026 témoignent d’une croissance soutenue de l’archive ouverte dédiée aux travaux étudiants en France. Pourtant, derrière ces agrégats nationaux se cachent des disparités disciplinaires et institutionnelles importantes : certaines académies alimentent le portail de façon systématique, d’autres restent en marge. Cet article analyse les données disponibles sur les taux de dépôt DUMAS/HAL mémoires master 2026 statistiques, en distinguant ce que les sources officielles permettent d’affirmer de ce qu’elles ne couvrent pas encore.

    Pour les étudiants en master qui s’interrogent sur la visibilité de leur travail, et pour les bibliothécaires ou coordinateurs pédagogiques qui pilotent les politiques de dépôt dans leur établissement, ces données constituent un socle de référence indispensable. Les chiffres cités ici proviennent exclusivement du portail DUMAS (CCSD/CNRS), du Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, et de l’ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur).

    Résultat clé : En janvier 2026, DUMAS héberge plus de 76 000 documents en texte intégral. Le volume annuel de dépôts atteint 11 000 en 2025. Cependant, seulement 54 des 75 universités françaises ont ouvert une collection institutionnelle, et les taux de dépôt par académie restent hétérogènes selon les disciplines et les politiques locales.

    DUMAS et HAL en 2026 : périmètre et chiffres globaux

    DUMAS — Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance — est un portail d’archives ouvertes hébergé par HAL (Hyper Articles en Ligne), la plateforme nationale développée par le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) du CNRS. Il accueille les mémoires d’étudiants à partir du niveau bac+4 (master 1, master 2, thèses d’exercice en pharmacie, médecine et odontologie), validés par un jury, dans toutes les disciplines. Les thèses de doctorat sont, elles, déposées sur TEL (Thèses En Ligne), autre composante de HAL.

    En janvier 2026, le portail recense plus de 76 000 documents en texte intégral, selon les données publiées sur la page Wikipedia de DUMAS, qui synthétise les communications officielles du CCSD. Ce chiffre marque une accélération par rapport à février 2025 (66 000 documents) et à mars 2020 (28 000 documents), ce qui témoigne d’un doublement du corpus en six ans.

    Évolution du corpus DUMAS (texte intégral)
    Date Nombre de documents Source
    Mars 2020 28 000 CCSD/Wikipédia
    Décembre 2023 52 787 (analyse scraping) Étude innovation-pedagogique.fr / HAL
    Février 2025 66 000+ CCSD/Wikipédia
    Janvier 2026 76 000+ CCSD/Wikipédia

    Pour approfondir la liste des portails et collections disponibles sur HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn, consultez notre article guides méthodo HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn 2026 qui recense les collections par discipline et par établissement.

    Croissance des dépôts : de 100 à 11 000 par an

    La trajectoire de DUMAS est spectaculaire à l’échelle d’une quinzaine d’années. En 2008, année de lancement du portail, le nombre annuel de dépôts s’élevait à environ une centaine. En 2025, ce chiffre atteint 11 000 dépôts annuels — soit une multiplication par cent en dix-sept ans.

    Cette croissance s’explique principalement par deux dynamiques cumulatives. D’un côté, l’élargissement progressif du réseau des établissements participants : en 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles et d’écoles spécialisées ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS. De l’autre, la généralisation des politiques de science ouverte dans les établissements, encouragées par le Plan national pour la Science Ouverte (PNSO) lancé en 2018 et ses actualisations successives.

    Un jalon symbolique a été franchi en 2025 : la première université francophone non française a rejoint le réseau DUMAS, l’Université Senghor d’Alexandrie (Égypte), signe d’une ambition désormais internationale pour l’archive.

    Il est important de noter que la croissance du volume total reste distincte du taux de dépôt par université. Augmenter le nombre d’établissements participants fait mécaniquement grossir le corpus global sans nécessairement indiquer que chaque université couvre l’intégralité de ses mémoires soutenus. L’absence d’obligation légale pour les mémoires de master (contrairement aux thèses de doctorat) laisse aux établissements une grande latitude dans leurs pratiques.

    Répartition disciplinaire : santé, SHS et sciences exactes

    Une étude publiée sur HAL et relayée par Innovation Pédagogique a analysé en décembre 2023, via un scraping Python/Selenium, l’intégralité des 52 787 mémoires alors présents dans DUMAS. Les résultats révèlent une distribution très inégale selon les disciplines.

    Répartition des mémoires dans DUMAS par grand domaine (décembre 2023)
    Grand domaine Part des documents Part des téléchargements
    Sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) 53,5 % ~55 %
    Sciences humaines et sociales (SHS) 41,1 % ~42 %
    Sciences exactes et naturelles 5,4 % ~3 %

    La surreprésentation des sciences de la santé dans DUMAS s’explique en grande partie par l’obligation historique et culturelle de remettre une thèse d’exercice pour l’obtention du diplôme en pharmacie et en médecine — un travail de niveau master qui trouve naturellement sa place dans ce portail. Les facultés de pharmacie et de médecine sont également parmi les plus structurées en matière de gestion documentaire post-soutenance.

    Au sein des SHS, la gestion-management se distingue par un rendement exceptionnel : elle représente seulement 1,3 % du corpus mais génère 5,1 % des téléchargements totaux, en raison d’une forte demande professionnelle pour ces travaux. À l’inverse, les disciplines littéraires et juridiques déposent peu, en partie par réticence à la diffusion publique de travaux qui pourraient être repris dans des projets de publication.

    La sous-représentation marquée des sciences exactes (5,4 %) illustre une culture disciplinaire différente : en physique, chimie ou biologie, les résultats de master s’inscrivent le plus souvent dans des articles ou des rapports de laboratoire, non dans des mémoires autonomes déposés en archives ouvertes.

    Disparités institutionnelles : qui dépose, qui ne dépose pas

    Sur les 75 universités françaises recensées, 54 avaient ouvert une collection dans DUMAS en 2025, soit un taux de couverture institutionnelle d’environ 72 %. Vingt et une universités — soit plus d’un quart — n’y participaient donc pas encore.

    Les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, de publier un palmarès précis par académie du nombre de mémoires déposés par établissement : DUMAS ne publie pas de tableau de bord comparatif public avec des taux calculés université par université pour la même année de soutenance. Ce que les sources confirment, en revanche, c’est l’existence de collections institutionnelles très différentes en taille.

    • Universités à fort volume : les facultés de santé (Paris Cité, Bordeaux, Aix-Marseille) contribuent à l’essentiel du volume grâce à leurs thèses d’exercice en pharmacie et odontologie.
    • Universités à dépôt récent : plusieurs établissements ont rejoint le réseau dans les années 2020-2025, avec des collections encore jeunes mais en croissance rapide.
    • Universités absentes : certaines universités de lettres et de droit ont des politiques de dépôt optionnel peu encouragées, voire des restrictions de confidentialité pour les mémoires en partenariat professionnel.

    Pour contextualiser ces données dans l’ensemble du paysage des publications académiques françaises, l’article rapports HCERES vague E 2026 sur les universités d’Île-de-France et Hauts-de-France offre un panorama de l’évaluation institutionnelle qui conditionne souvent les politiques de science ouverte.

    Par ailleurs, le réseau HAL comptait en janvier 2026 152 portails institutionnels (universités, organismes de recherche, grandes écoles), selon les données publiées par le CCSD. Ce chiffre inclut les portails HAL au sens large (publications scientifiques), non seulement les collections DUMAS, ce qui explique l’écart avec les 54 universités ayant une collection DUMAS active.

    L’accès ouvert pour les thèses de doctorat : le baromètre MESR 2025

    Pour les thèses de doctorat — distinctes des mémoires de master mais relevant du même écosystème HAL — le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR fournit des données nationales robustes. En 2025, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert — un taux en progression constante depuis 2019, date de lancement du baromètre.

    Taux d’accès ouvert aux publications et thèses françaises (BSO 2025, MESR)
    Indicateur Taux 2025
    Publications scientifiques en accès ouvert 62 %
    Thèses de doctorat en accès ouvert 76 %
    Données de recherche partagées 27 %

    Le taux de 76 % pour les thèses de doctorat est national, mais il masque des écarts disciplinaires très marqués. En astronomie, mathématiques, informatique et sciences de la Terre, le taux d’accès ouvert est quasi universel. En droit, en sciences politiques et en lettres, il reste inférieur à 50 %. Ces chiffres s’appliquent aux thèses de doctorat et non directement aux mémoires de master sur DUMAS, mais ils reflètent les mêmes logiques disciplinaires.

    Au niveau des établissements, plusieurs baromètres institutionnels documentent des taux supérieurs à la moyenne nationale. L’Université de Rennes affichait 79 % de publications 2024 en accès ouvert, soit 17 points au-dessus de la moyenne nationale ; Nantes Université atteignait 75,9 % pour ses publications 2023, La Rochelle Université 76,5 % et la Sorbonne Nouvelle plus de 70 % en 2024.

    Pour les mémoires de master spécifiquement, l’ABES indique que son réseau Thèses couvre 455 697 thèses de doctorat soutenues depuis 1985 et 77 900 thèses en préparation, sans publier de chiffre comparable pour les mémoires de master — ce qui traduit l’absence d’un suivi national systématique de ce type de travaux.

    Pourquoi de tels écarts entre académies ?

    Les disparités observées dans les taux de dépôt sur DUMAS ne sont pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs structurels expliquent la variabilité entre académies et entre établissements.

    Politiques institutionnelles hétérogènes

    L’adhésion à DUMAS est volontaire pour les mémoires de master. Certains établissements en font une étape administrative obligatoire, intégrée dans les procédures de validation de diplôme. D’autres la présentent comme optionnelle, laissant au directeur de mémoire ou à l’étudiant le soin de décider. En l’absence de cadrage national, les pratiques divergent considérablement.

    Capacités des services documentaires

    Le dépôt sur DUMAS ne s’effectue pas directement par l’étudiant dans la majorité des établissements : il est géré par les bibliothèques universitaires, qui vérifient la qualité des métadonnées et les autorisations de diffusion. Les bibliothèques sous-dotées en personnel ont souvent des délais de traitement plus longs, voire des collections moins exhaustives.

    Questions de confidentialité et de propriété intellectuelle

    Les mémoires de master réalisés en partenariat avec une entreprise (CIFRE, apprentissage, stage de fin d’études) contiennent fréquemment des données confidentielles. Dans ce cas, le dépôt sur DUMAS est impossible ou est limité à un accès restreint intranet. Les académies accueillant une forte proportion d’universités en lien avec le tissu industriel régional (Lyon, Grenoble, Toulouse) tendent à avoir des taux de dépôt en accès ouvert plus faibles pour les mémoires professionnels.

    Culture disciplinaire de la publication ouverte

    Comme le montrent les données disciplinaires, les sciences de la santé — dont les thèses d’exercice constituent une obligation de cursus — alimentent massivement DUMAS. Les facultés situées dans des CHU de grande taille (Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Lyon, Paris) concentrent donc naturellement un volume important de dépôts. À l’inverse, les universités spécialisées en droit ou en lettres (Paris 2, Paris 3, Paris-Sorbonne) présentent structurellement des taux plus faibles.

    Implications pratiques pour les étudiants en master

    Ces statistiques ont des conséquences directes pour tout étudiant qui s’interroge sur la visibilité et la pérennité de son travail de recherche.

    Vérifier si son université dépose sur DUMAS

    La première étape est de confirmer si votre établissement dispose d’une collection active sur DUMAS. Il suffit de se rendre sur dumas.ccsd.cnrs.fr et de chercher le nom de votre université dans la liste des collections. Si aucune collection n’existe, il sera nécessaire de se tourner vers d’autres dispositifs locaux (dépôt dans le catalogue de la bibliothèque universitaire, archive HAL institutionnelle).

    Le dépôt améliore la visibilité à long terme

    L’étude de décembre 2023 publiée dans HAL quantifie l’impact de l’accès ouvert sur la consultation des mémoires. Un mémoire déposé en 2012 cumulait en moyenne 746 vues, contre 85 pour un mémoire de 2022 — un écart lié à l’exposition temporelle. Les mémoires en gestion-management affichent une médiane de classement en téléchargements de 1,7 sur les 13 années analysées, indiquant une demande professionnelle durable bien au-delà de la soutenance.

    La licence Creative Commons est obligatoire

    Tout mémoire diffusé via DUMAS doit porter une licence Creative Commons, précisant les conditions de réutilisation autorisées. Cette obligation protège l’auteur tout en permettant une diffusion encadrée — un compromis important pour les étudiants souhaitant publier leurs résultats ultérieurement.

    Pour une vue d’ensemble des candidatures en master en France, les statistiques officielles des candidatures Mon Master 2026 permettent de contextualiser la démographie étudiante concernée par ces dépôts.

    Pour les étudiants souhaitant publier leur mémoire sur HAL ou DUMAS, le guide pratique publier son mémoire sur HAL/DUMAS étape par étape en 2026 détaille les démarches concrètes, de la création du compte HAL à la validation de la licence.

    Pour explorer l’ensemble des portails d’archives et ressources documentaires disponibles en 2026, l’annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn constitue une ressource de référence.

    FAQ

    Combien de mémoires sont déposés sur DUMAS en 2026 ?

    En janvier 2026, le portail DUMAS recense plus de 76 000 documents en texte intégral. Le nombre de dépôts annuels a atteint 11 000 en 2025, contre une centaine seulement en 2008. Cette croissance est portée par l’élargissement du réseau des établissements participants et par les politiques de science ouverte.

    Toutes les universités françaises participent-elles à DUMAS ?

    Non. En 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS, sur les 75 universités que compte la France. La participation reste partielle et inégale selon les académies. Les établissements absents manquent souvent de ressources documentaires dédiées ou ont des mémoires à forte confidentialité professionnelle.

    Quelle discipline dépose le plus de mémoires sur DUMAS ?

    Les sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) représentent 53,5 % des documents présents sur DUMAS, selon l’analyse de 52 787 mémoires conduite en décembre 2023. Les sciences humaines et sociales comptent pour 41,1 %, et les sciences dures pour 5,4 %. La prépondérance des sciences de la santé s’explique par l’obligation de thèse d’exercice dans ces filières.

    Le dépôt sur DUMAS est-il obligatoire pour un mémoire de master ?

    Non, le dépôt sur DUMAS n’est pas imposé par la loi pour les mémoires de master. Il dépend de la politique propre à chaque établissement. En revanche, le dépôt des thèses de doctorat est obligatoire dans le réseau Thèses géré par l’ABES. Certaines universités intègrent le dépôt DUMAS à leurs procédures de validation de diplôme de master, d’autres le laissent optionnel.

    Quel est le taux d’accès ouvert pour les thèses de doctorat en France en 2026 ?

    Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert. Ce taux varie fortement selon la discipline : quasi-universel en mathématiques ou informatique, inférieur à 50 % en droit ou en lettres. Il s’applique aux doctorats et non directement aux mémoires de master.

    Comment vérifier si mon université dépose sur DUMAS ?

    Rendez-vous directement sur dumas.ccsd.cnrs.fr et recherchez le nom de votre université dans la liste des collections institutionnelles. Si votre université n’apparaît pas, interrogez le service des bibliothèques universitaires de votre établissement : certains ont des dispositifs locaux équivalents ou peuvent vous orienter vers le portail HAL institutionnel.

    Préparez votre mémoire avec Tesify

    Rédiger un mémoire de qualité suffisante pour être déposé sur DUMAS implique de soigner la structure, les citations et le style académique. Tesify accompagne les étudiants de master dans la rédaction et la vérification anti-plagiat de leur mémoire, pour qu’il soit non seulement validé par le jury mais aussi valorisé dans l’archive ouverte.

    Essayez Tesify gratuitement et préparez un mémoire à la hauteur des exigences académiques de 2026.

  • Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    La dixième édition du rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) en mars 2026, confirme une tendance de fond : les femmes sont majoritaires parmi les étudiants diplômés, mais restent structurellement sous-représentées aux postes de rang A de la recherche, dans les disciplines scientifiques et dans les instances de gouvernance. L’égalité femmes hommes enseignement supérieur France statistiques 2026 révèle des progrès réels sur vingt-cinq ans, et des plafonds de verre persistants à tous les niveaux de la hiérarchie académique.

    Ce panorama compile les données officielles du MESR-SIES, de l’INPI et des publications statistiques du système éducatif pour dresser un état des lieux rigoureux : effectifs étudiants par formation, corps enseignant par discipline et grade, doctorat, gouvernance des établissements et innovation brevetée. Chaque chiffre est issu de sources publiquement vérifiables. Pour une lecture complémentaire des tendances de long terme, voir aussi notre analyse de la féminisation de l’enseignement supérieur en France 2026.

    Résultat clé : En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités — soit le double du taux de 2000 (17 %) — mais seulement 14 % des inventors cités dans les dépôts de brevets à l’INPI, et 25 % des présidents d’université. La progression est réelle et documentée ; la parité reste hors d’atteinte dans les filières scientifiques et aux postes de direction.

    Étudiantes par filière : les grandes asymétries

    La première fracture statistique se lit dès l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les femmes constituent, à l’échelle nationale, une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : parmi les jeunes sortant de formation initiale, 57 % des femmes ont obtenu un diplôme du supérieur contre 47 % des hommes (MESR-SIES, moyenne 2020-2022). Cette avance globale masque des disparités disciplinaires considérables.

    Tableau 1 — Part des femmes parmi les étudiants par filière, 2023-2024

    Filière / formation Part des femmes Source
    Formations paramédicales et sociales 83,7 % MESR-SIES 2024
    Lettres, sciences humaines (université) 70,9 % MESR-SIES 2024
    Médecine, odontologie, pharmacie 67,2 % MESR-SIES 2024
    CPGE (classes préparatoires) 40,2 % MESR-SIES 2025
    BUT (bachelor universitaire de technologie) 40,3 % MESR-SIES 2024
    Formations d’ingénieurs 29,8 % MESR-SIES 2024
    BUT production, dont informatique 22,1 % MESR-SIES 2024

    Les CPGE illustrent un paradoxe structurel : bien que 46 % des candidates aient soumis un dossier en 2025, seules 40 % ont accepté une proposition d’admission. Le même phénomène s’observe en BUT : 47 % de candidates à l’entrée, 40 % d’admises finales. Ces écarts entre candidatures et admissions dans les filières sélectives sont documentés dans le rapport 2026 du MESR et appellent des analyses d’auto-censure, de conseil d’orientation et de sélection. Pour le détail de la sélectivité de ces filières, voir nos chiffres clés des CPGE 2025.

    Point d’attention : La surreprésentation féminine dans les formations paramédicales et en lettres ne traduit pas une avance globale en termes de statut professionnel ou salarial. Ces filières concentrent des débouchés à rémunération médiane plus basse, ce qui contribue à l’écart salarial persistant à la sortie des études.

    Doctorat et recherche : les inégalités persistent selon la discipline

    Au niveau doctoral, le tableau national est trompeur : 47 % environ des doctorants sont des femmes en 2024, un taux stable depuis une décennie. Cette stabilité globale dissimule des contrastes disciplinaires très marqués.

    Tableau 2 — Part des femmes parmi les doctorants par grand domaine disciplinaire

    Domaine disciplinaire Part des femmes doctorants Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES
    Sciences humaines et sociales 55 % MESR-SIES
    Agronomie et écologie 54 % MESR-SIES
    Sciences de l’ingénieur 30 % MESR-SIES
    Sciences de l’information et de la communication (STIC) 27 % MESR-SIES
    Mathématiques 23 % MESR-SIES

    Le doctorat en mathématiques concentre la sous-représentation la plus sévère : trois doctorants sur quatre sont des hommes. Ce déséquilibre n’est pas propre à la France — il est observé dans l’ensemble de l’OCDE — mais il est particulièrement marqué dans les grandes écoles et les formations d’élite qui alimentent les laboratoires de mathématiques pures. Pour situer ces données dans l’ensemble du dispositif doctoral, voir nos statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    Dans les organismes de recherche publics, les femmes représentent 39 % des chercheurs en 2024, contre 24 % dans la recherche privée (entreprises) en 2023. Cette différence de seize points entre secteur public et secteur privé est une constante européenne : les institutions académiques offrent des structures de recrutement plus transparentes et des politiques d’égalité plus formalisées.

    Personnels enseignants-chercheurs : grade et discipline

    La progression des femmes dans le corps enseignant universitaire est documentée sur le long terme. En 2024, 41 % des enseignants-chercheurs titulaires de l’université sont des femmes, toutes disciplines confondues. Mais ce chiffre moyen efface des écarts considérables entre grades et entre sections.

    Professeures des universités : une progression historique, un plafond persistant

    La part des femmes parmi les professeures des universités (corps de rang A) s’établit à 33 % en 2024. Cette proportion a presque doublé en vingt-cinq ans — elle était de 17 % en 2000 et de 23 % en 2010 — mais elle reste loin de la parité et s’effrite à mesure qu’on monte dans la hiérarchie institutionnelle.

    Pour les maîtres de conférences (rang B), la représentation féminine atteint 45 % de l’ensemble du corps en 2022. En 2024, 49 % des personnels promus au dernier échelon du grade de maître de conférences sont des femmes — un signal positif, mais qui ne se traduit pas encore par une parité au grade supérieur.

    Tableau 3 — Part des femmes parmi les enseignants-chercheurs titulaires par discipline, 2024

    Discipline Part des femmes (tous grades) Source
    Langues et littératures 64–65 % MESR-SIES 2024
    Sciences de la vie (lettres et SHS confondues) 55 % MESR-SIES 2024
    Sciences et techniques (ensemble) 30 % MESR-SIES 2024
    Mathématiques (section CNU) 14–15 % MESR-SIES 2024

    En mathématiques, la sous-représentation féminine se reproduit à chaque étape du parcours : de 23 % des doctorants à 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires. Ce « pipeline leaky » — ou effet d’éviction progressive — est analysé depuis plusieurs années par la communauté de recherche sur le genre en sciences exactes. Il combine des phénomènes de biais implicite dans les recrutements, des conditions de travail peu compatibles avec les responsabilités parentales inégalement réparties, et des réseaux de cooptation à dominante masculine.

    Mécanique du plafond de verre : La proportion de femmes diminue systématiquement à chaque franchissement de grade. En mathématiques, on passe de 23 % au doctorat à 14 % parmi les enseignants-chercheurs titulaires. Dans les sciences et techniques au sens large, on passe de 30 % de femmes en formation d’ingénieur à 30 % des EC — une stagnation relative sur le long terme.

    Gouvernance des établissements

    La gouvernance des universités et des grandes écoles constitue l’un des indicateurs les plus scrutés par les observateurs de la parité dans l’enseignement supérieur. En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux. Ce taux est en progression par rapport aux années 2010, mais reste très en deçà de la parité.

    À l’échelon des vice-présidences, la représentation féminine est sensiblement plus élevée : 43,7 % des 955 vice-présidents d’université sont des femmes. Cet écart entre la gouvernance de premier rang (25 %) et le second échelon (44 %) signale un phénomène classique d’accès différencié : les femmes sont nombreuses dans les équipes de direction, mais restent minoritaires au sommet.

    Dans les grandes écoles, la situation est encore plus déséquilibrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) relevait en 2025 que seulement 15 % des dirigeants de grandes écoles sont des femmes, avec une projection de parité qui, au rythme de progression actuel, ne serait atteinte qu’aux alentours de 2060.

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) est dirigée depuis septembre 2024 par Claire Giry, nommée présidente-directrice générale par décret présidentiel. Cette nomination illustre un mouvement de féminisation progressive des agences de financement de la recherche.

    Brevets et innovation : le chantier le plus en retard

    La statistique la plus éloquente en matière de parité dans l’innovation provient de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des 56 000 personnes physiques désignées comme inventeurs dans les demandes de brevet publiées à l’INPI. Ce chiffre correspond à la moyenne européenne établie par l’Office européen des brevets (EPO) en 2019 à 13 %.

    Tableau 4 — Femmes inventeurs dans les dépôts de brevets français, 2021-2023 (INPI)

    Indicateur Valeur
    Part des femmes parmi les inventeurs cités 14 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % féminines 4 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % masculines 78 %
    Part des femmes dans les dépôts d’établissements publics 16 % (demandes avec femme)
    Part des femmes dans les dépôts d’ETI/PME 9 %
    Secteur le plus paritaire (équipes mixtes) Biotechnologie : 56 % des demandes
    Secteur le moins paritaire Éléments mécaniques : 90 % d’équipes 100 % masculines

    L’écart entre la part des femmes chercheuses (39 % dans les organismes publics) et leur présence dans l’inventariat breveté (14 %) est particulièrement instructif. Il suggère que les femmes chercheuses sont actives dans des domaines moins susceptibles de donner lieu à des dépôts de brevets (recherche fondamentale, sciences humaines) et qu’elles bénéficient moins souvent de l’accompagnement à la valorisation industrielle de leurs travaux.

    📄
    Rapport officiel : Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026

    La dixième édition du rapport MESR-SIES compilant toutes les statistiques de parité dans l’enseignement supérieur et la recherche — effectifs étudiants, corps enseignant, gouvernance, brevets et comparaisons internationales.

    Accéder au rapport PDF →

    Source : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES), mars 2026

    Insertion professionnelle et salaires

    L’écart de rémunération à l’entrée dans la vie active est l’une des manifestations les plus directement mesurables des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur. En décembre 2023, pour la promotion 2022 :

    • Diplômés de licence professionnelle : salaire médian féminin de 1 740 €/mois, masculin de 1 870 €/mois — écart de 130 € à l’entrée dans l’emploi.
    • Diplômés de master (hors enseignement) : salaire médian féminin de 2 010 €/mois, masculin de 2 220 €/mois — écart de 210 €/mois, soit environ 9,5 %.

    Ces écarts de départ sont observés toutes disciplines confondues et persistent même à niveau de diplôme et de secteur d’activité comparables. Ils s’expliquent en partie par la concentration des femmes dans des filières et métiers structurellement moins bien rémunérés, mais également par des différences de négociation salariale et de temps de travail. Le taux d’insertion à 30 mois est similaire pour les deux sexes au niveau master (83 % pour les femmes, 84 % pour les hommes), mais l’accès à l’emploi stable reste moins favorable aux femmes (65 % contre 73 %). Pour le détail discipline par discipline, consultez nos données sur les salaires des diplômés de master par discipline en France 2026.

    Comparaison européenne et internationale

    La France s’inscrit dans un contexte européen contrasté. Dans l’Union européenne, les femmes représentent en 2025 environ 20 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 19 % en France. Ce niveau est relativement faible au regard de certains pays d’Europe centrale et orientale où la féminisation des filières informatiques est historiquement plus élevée.

    Sur les brevets, l’EPO estimait en 2019 à 13 % la part des inventrices dans les dépôts européens, chiffre que la France dépasse légèrement avec 14 % entre 2021 et 2023. Le rapport 2026 du MESR intègre pour la première fois une section comparée avec les données OCDE sur les distinctions scientifiques, où la sous-représentation féminine est également documentée.

    La Commission européenne a publié en mars 2026, simultanément à l’édition française du rapport MESR, sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes 2026-2030, qui fixe notamment des objectifs chiffrés pour la représentation des femmes dans les filières STEM et dans le financement de la recherche.

    Tesify et la rédaction de mémoires sur la parité

    Si vos travaux portent sur l’égalité de genre en contexte académique — sociologie, sciences de l’éducation, gestion des ressources humaines — Tesify vous accompagne dans la structuration de votre mémoire : cadre théorique, extraction de références bibliographiques et mise en forme normée (APA, Vancouver, Chicago).

    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France en 2026 ?

    En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités, selon les données du MESR-SIES publiées dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026. Ce taux est en progression par rapport à 2000 (17 %) et à 2010 (23 %), mais reste bien en deçà de la parité. Le grade de maître de conférences est plus proche de l’équilibre, avec 45 % de femmes dans l’ensemble du corps.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles le plus sous-représentées à l’université ?

    Les mathématiques concentrent la sous-représentation la plus forte : 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires sont des femmes, et seulement 23 % des doctorants. Les sciences de l’information et de la communication (27 % de femmes au doctorat), les sciences de l’ingénieur (30 %) et les formations d’ingénieurs (29,8 % d’étudiantes) affichent des niveaux similairement bas. À l’inverse, les lettres, langues et sciences paramédicales sont à dominante féminine.

    Combien de présidentes d’université y a-t-il en France ?

    En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux (EPE). La représentation est plus élevée au niveau des vice-présidences, avec 43,7 % de femmes parmi les 955 vice-présidents recensés. Dans les grandes écoles, seuls 15 % des dirigeants sont des femmes, selon la Conférence des grandes écoles (2025).

    Quelle est la part des femmes inventeurs dans les brevets déposés en France ?

    Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des inventeurs cités dans les demandes de brevet publiées à l’INPI — un niveau proche de la moyenne européenne (13 % selon l’EPO en 2019). Seulement 4 % des demandes publiées impliquent des équipes exclusivement féminines, contre 78 % pour les équipes exclusivement masculines. La biotechnologie est le secteur le plus mixte, avec 56 % de demandes impliquant des équipes mixtes.

    Les femmes sont-elles majoritaires parmi les étudiants en France ?

    Globalement, les femmes représentent une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur en France : 57 % des femmes ayant quitté la formation initiale ont obtenu un diplôme du supérieur, contre 47 % des hommes. Cependant, cette avance est très inégalement répartie entre filières : les femmes sont minoritaires dans les formations d’ingénieurs (29,8 %), les BUT production (22 %) et les CPGE (40 %).

    Quel est l’écart de salaire entre femmes et hommes à la sortie de l’université ?

    Pour la promotion 2022, interrogée en décembre 2023, l’écart médian est de 210 €/mois au niveau master (toutes disciplines, hors enseignement) : 2 010 €/mois pour les femmes contre 2 220 €/mois pour les hommes, soit un écart d’environ 9,5 %. En licence professionnelle, l’écart est de 130 €/mois (1 740 € contre 1 870 €). Ces écarts s’expliquent en partie par la concentration différenciée dans des secteurs d’activité à rémunération inégale.

    Où trouver les données officielles sur la parité dans l’enseignement supérieur français ?

    Les données de référence sont publiées chaque année par le MESR-SIES dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, disponible sur le site enseignementsup-recherche.gouv.fr. Les données sur les brevets proviennent de l’INPI (inpi.fr). Les fichiers Excel de micro-données par discipline, grade et établissement sont téléchargeables sur le même portail.

    Sources officielles

  • Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    En décembre 2024, 67 % des 160 000 publications scientifiques françaises parues en 2023 sont accessibles en accès ouvert, selon le Baromètre français de la Science Ouverte (BSO) publié par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce chiffre représente une hausse de 1,5 point par rapport à l’édition précédente et confirme une trajectoire de progression continue depuis la création du baromètre. Loin d’être une simple statistique ministérielle, ce taux conditionne l’accès au savoir pour des millions d’étudiants, de chercheurs indépendants et de professionnels qui ne disposent pas d’abonnements institutionnels coûteux.

    Le science ouverte France statistiques 2024 agrège les données de publications portant un identifiant DOI ou HAL, couvrant des dizaines de disciplines et des centaines d’établissements. Les résultats révèlent des écarts considérables selon les champs disciplinaires, les modes d’ouverture et les financeurs. Pour les doctorants et enseignants-chercheurs qui doivent se conformer aux obligations de dépôt, comprendre ces dynamiques est devenu indispensable.

    Cet article analyse les chiffres clés du BSO 2024, les obligations imposées par l’ANR, le rôle pivot de HAL, les disparités disciplinaires confirmées et les orientations du deuxième Plan national pour la science ouverte (PNSO 2021-2024).

    Résultat clé
    67 % des publications scientifiques françaises (corpus de 160 000 articles de 2023) sont en accès ouvert en décembre 2024 — un taux qui a plus que doublé depuis 2018. Pour les projets financés par l’ANR, ce taux monte à 88,6 %, grâce à un mandat d’accès immédiat appliqué depuis le Plan d’action 2022.

    Taux global d’accès ouvert en 2024 : 67 % sur 160 000 publications

    Le Baromètre français de la Science Ouverte analyse chaque année le corpus des publications scientifiques françaises portant un DOI ou un identifiant HAL. Pour l’édition 2024 — portant sur les publications de l’année 2023 — ce corpus atteint 160 000 articles, représentant la quasi-totalité de la production scientifique nationale indexée.

    Sur ce périmètre, 67 % des publications sont accessibles en accès ouvert au 31 décembre 2024. Ce résultat place la France dans le peloton de tête des pays européens engagés dans la transformation vers l’accès ouvert. La progression annuelle reste positive, même si elle ralentit : +1,5 point par rapport à 2022, contre des gains de 4 à 6 points enregistrés entre 2018 et 2022.

    Évolution du taux d'accès ouvert des publications ANR 2019-2024 : progression de 65,3 % à 88,6 %
    Source : ANR — Baromètre science ouverte 2024
    Taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises — BSO 2024
    Indicateur Valeur 2024
    Corpus analysé (publications 2023) 160 000 articles
    Taux d’accès ouvert global 67 %
    Variation par rapport à l’édition précédente +1,5 point
    Publications partageant un jeu de données 25 % (+3 pts)
    Publications partageant le code produit Légèrement sous 20 % (stable)
    Établissements dotés d’une politique de science ouverte 57,5 %

    Source : MESR — Baromètre français de la Science Ouverte 2024.

    Évolution depuis 2018 : une progression continue, mais un ralentissement récent

    Lancé en 2018 dans le sillage du premier Plan national pour la science ouverte, le baromètre français mesure une transformation structurelle de l’édition scientifique. Les données historiques disponibles tracent une courbe de progression remarquable.

    En décembre 2019, 49 % des publications de 2018 étaient en accès ouvert. En décembre 2020, ce taux atteignait 56 % pour les publications de 2019. En 2022, le baromètre enregistrait déjà 67 % pour les publications de 2021 — un plateau apparent qui se confirme pour 2023. Autrement dit, le taux a plus que doublé par rapport au niveau de référence observé pour les publications de 2017 (environ 38 %), mais la progression annuelle tend à se tasser depuis 2022.

    Évolution du taux d’accès ouvert — publications françaises (BSO)
    Année de publication Taux d’accès ouvert mesuré
    2017 ~38 %
    2018 49 %
    2019 56 %
    2021 67 %
    2023 (édition 2024) 67 % (+1,5 pt)

    Cette stabilisation n’est pas surprenante : les publications les plus facilement convertibles à l’accès ouvert — celles financées sur fonds publics et dans des disciplines où les archives ouvertes sont culturellement acceptées — ont déjà basculé. Les résistances restantes se concentrent dans des segments où les éditeurs commerciaux détiennent une position dominante, notamment en sciences biomédicales et en sciences humaines et sociales.

    Pour les chercheurs qui déposent leurs travaux dans HAL, cette dynamique souligne l’importance d’un dépôt systématique. Les statistiques HAL et thèses.fr pour 2026 montrent que l’archive ouverte nationale reste un levier central pour atteindre les objectifs nationaux d’ici 2030.

    Disparités disciplinaires : de 91 % en mathématiques à 44 % pour les essais cliniques

    Le taux global de 67 % masque des réalités disciplinaires très contrastées. Le Baromètre 2024 confirme que le niveau d’ouverture varie de façon significative d’une discipline à l’autre, tout en restant globalement stable d’une année sur l’autre au sein de chaque champ.

    Les mathématiques affichent le taux le plus élevé : 91 % des publications financées par l’ANR en mathématiques sont en accès ouvert. Cette performance s’explique par une culture disciplinaire ancienne du preprint — les dépôts sur arXiv et HAL précèdent souvent la publication formelle —, et par l’adoption massive de la voie verte. À l’opposé, le secteur de la santé présente des contraintes spécifiques.

    Pour les essais cliniques dans le domaine de la santé, la situation est préoccupante : seulement 44 % des essais partagent leurs résultats dans les trois ans suivant la fin de l’essai, en recul de 8 points par rapport à l’édition précédente (52 %). Ce déclin interpelle, dans un contexte où la transparence sur les résultats d’essais cliniques est une exigence éthique internationale et une condition de reproductibilité scientifique.

    Point de vigilance : essais cliniques
    Le recul de 8 points du partage des résultats d’essais cliniques (de 52 % à 44 %) constitue le signal d’alerte de l’édition 2024. Ce chiffre est surveillé de près par les autorités de santé et les éditeurs médicaux qui conditionnent de plus en plus la publication à la déclaration préalable sur ClinicalTrials.gov ou EU Clinical Trials Register.

    Ces écarts disciplinaires tiennent à plusieurs facteurs structurels :

    • Culture du preprint : très ancrée en mathématiques, physique et informatique ; plus récente en SHS et quasi-absente en droit.
    • Modèles économiques des éditeurs : en médecine et en sciences de la vie, les grands éditeurs commerciaux (Elsevier, Springer, Wiley) maintiennent des embargo longs sur la voie verte.
    • Obligations contractuelles : les financeurs comme l’ANR ou l’ERC imposent des mandats qui pèsent davantage dans les disciplines à fort taux de financement public.
    • Modèles APC (Article Processing Charges) : leur coût, souvent supérieur à 2 000 €, freine l’accès ouvert immédiat via la voie dorée dans les disciplines où les financements sont plus modestes.

    Pour les doctorants préparant leur thèse, connaître le taux de leur discipline permet d’anticiper les contraintes de dépôt. Le panorama complet des publications françaises par discipline, rang mondial et impact HCERES fournit un cadrage utile pour situer ces statistiques d’accès ouvert dans l’écosystème global de la recherche française.

    Modes d’ouverture : l’éditeur progresse, l’archive ouverte stagne

    L’accès ouvert ne se réduit pas à un taux agrégé : il couvre des réalités très différentes selon la voie empruntée. Le BSO distingue deux grands modes :

    • Voie dorée (Gold OA) : publication dans une revue intégralement ou partiellement en accès ouvert, avec ou sans APC.
    • Voie verte (Green OA) : dépôt d’une version du manuscrit (preprint, version acceptée ou version publiée) dans une archive ouverte comme HAL, arXiv ou PubMed Central.

    L’édition 2024 du BSO enregistre une tendance claire : l’ouverture via la plateforme éditeur progresse de +4 points, tandis que l’ouverture via les archives ouvertes stagne. Cette asymétrie traduit l’accélération des politiques de voie dorée des grands éditeurs — notamment via les accords transformants négociés par Couperin — au détriment d’un dépôt en archive qui reste souvent facultatif ou méconnu dans les établissements.

    Cette évolution soulève une question de souveraineté scientifique : la dépendance croissante à la voie dorée via les plateformes éditeurs transfère la maîtrise de l’accès à des acteurs commerciaux, dont les politiques tarifaires et les conditions d’utilisation peuvent évoluer. Les défenseurs de la voie verte — dont HAL, financé sur fonds publics — insistent sur la nécessité d’équilibrer les deux modes.

    Le mandat ANR : 88,6 % d’accès ouvert et 97 % de dépôts dans HAL

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) publie depuis plusieurs années sa propre déclinaison du baromètre, centrée sur les publications issues des projets qu’elle finance. Les résultats de l’édition 2024 sont particulièrement significatifs.

    88,6 % des publications issues de projets ANR (publiées en 2023) sont en accès ouvert, soit une progression de 23,3 points depuis 2019 où ce taux s’établissait à 65,3 %. Cette performance reflète l’efficacité du mandat ANR, qui impose depuis le Plan d’action 2022 que toutes les publications de projets financés soient déposées immédiatement en accès ouvert dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY ou équivalente.

    97 % des publications issues des appels spécifiques de science ouverte de l’ANR sont présents dans HAL. Ce taux presque parfait illustre que lorsque l’obligation est claire, bien communiquée et vérifiée, le taux de conformité est quasi total.

    Baromètre science ouverte ANR — évolution du taux d’accès ouvert
    Année de mesure Taux OA publications ANR
    2019 65,3 %
    2021 ~75 % (progression intermédiaire)
    2024 88,6 %
    Progression totale 2019-2024 +23,3 points

    Source : ANR — Baromètre science ouverte 2024 : 88,6 % des publications en accès ouvert.

    Pour les doctorants bénéficiant d’un contrat doctoral ANR ou d’une allocation CIFRE incluant un partenaire ANR, ces obligations s’appliquent directement à leurs articles. Le panorama des financements de doctorat en France 2026 (ANR, écoles doctorales, régions) détaille les conditions contractuelles associées à chaque type de financement.

    Partage des données et des codes : des progrès, mais des marges importantes

    Le BSO 2024 inaugure un suivi élargi incluant pour la première fois, en version bêta, le partage des données de recherche et des codes sources logiciels — deux piliers du deuxième PNSO. Les résultats de cette première mesure fournissent un état des lieux utile.

    25 % des publications françaises de 2023 partagent un jeu de données, soit une progression de 3 points par rapport à l’édition précédente. Ce résultat dépasse la part des publications partageant le code produit, qui reste légèrement sous 20 % (stable). L’écart entre données et codes reflète en partie les différentes cultures disciplinaires : en sciences expérimentales, le dépôt de données brutes devient une norme éditoriale imposée par les revues de haut rang, tandis que le partage de code reste moins systématisé en dehors de l’informatique et de la bioinformatique.

    Pour les chercheurs qui écrivent leurs premiers articles ou préparent leur soutenance de thèse, ces chiffres ont une implication concrète : les revues de référence exigent de plus en plus la mise à disposition des données dans un entrepôt certifié (Zenodo, Figshare, Recherche Data Gouv) comme condition de soumission ou de révision. Anticiper ce dépôt dès la phase de collecte évite des retards à la publication.

    Politiques institutionnelles : 57,5 % des établissements dotés d’une politique de science ouverte

    L’édition 2024 du BSO introduit un nouveau périmètre de mesure : le suivi des politiques institutionnelles de science ouverte dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche français. Ce nouvel indicateur révèle qu’en 2024, 57,5 % des établissements considérés disposent d’une politique formalisée de science ouverte.

    Ce chiffre est en réalité à double lecture. D’un côté, plus de la moitié des établissements ont formalisé leurs engagements, ce qui représente une avancée structurelle significative depuis le premier PNSO de 2018. De l’autre, près d’un établissement sur deux n’a pas encore adopté de cadre institutionnel clair, ce qui se traduit souvent par une connaissance insuffisante des obligations parmi les doctorants et enseignants-chercheurs de ces établissements.

    Dans les universités et grandes écoles dotées d’une politique formalisée, les chercheurs bénéficient généralement :

    • D’un service d’appui au dépôt HAL et à la gestion des données de recherche ;
    • De financements institutionnels pour couvrir les APC des publications en accès ouvert immédiat ;
    • De formations dédiées à la science ouverte, souvent intégrées aux formations doctorales.

    Le Plan national pour la science ouverte 2021-2024 : cadre et objectifs

    Les statistiques du BSO s’inscrivent dans un cadre politique explicite : le deuxième Plan national pour la science ouverte (PNSO 2021-2024), adopté en juillet 2021 par le gouvernement français. Ce plan fixe l’objectif de 100 % de publications en accès ouvert d’ici 2030, en ligne avec la Loi de programmation de la recherche 2021-2030.

    Articulé en 12 mesures, ce deuxième PNSO vise à généraliser la science ouverte à l’ensemble du processus de recherche — publications, données, codes sources et logiciels — et non plus aux seules publications. Parmi ses dispositions clés :

    • Obligation généralisée de dépôt en accès ouvert pour les publications issues de projets financés sur fonds publics, avec accès immédiat sans embargo ;
    • Soutien au modèle diamant (accès ouvert sans frais pour les auteurs ni pour les lecteurs) via le Fonds national pour la science ouverte ;
    • Promotion du multilinguisme et financement de traductions pour assurer la diffusion des travaux français en dehors de l’espace anglophone ;
    • Triplement du budget dédié à la science ouverte, passé de 5 M€ à 15 M€ par an.

    Pour les doctorants, la conséquence la plus directe est l’obligation de déposer leur thèse dans le portail Open Access Monitor France et dans theses.fr, dès validation par le jury. Cette obligation s’étend aux articles produits pendant le doctorat lorsqu’ils sont financés par l’ANR ou un autre bailleur public signataire du Plan S européen.

    La trajectoire de la France vers l’objectif 2030 dépend donc autant des politiques des financeurs que de la montée en puissance des politiques institutionnelles. Pour les données complètes sur les effectifs et les financements de la recherche doctorale, voir les statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    HAL et les obligations de dépôt pour chercheurs et doctorants

    HAL (Hyper Articles en Ligne) est l’archive ouverte nationale française, gérée par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe). Elle joue un rôle central dans la stratégie de science ouverte française, à la fois comme archive de dépôt et comme vecteur de calcul du baromètre.

    Pour les doctorants, les obligations de dépôt dans HAL varient selon le statut du travail :

    • Thèse de doctorat : dépôt obligatoire dans theses.fr (passerelle vers HAL) au moment de la soutenance, sauf dérogation motivée (confidentialité industrielle, CIFRE sous accord de confidentialité).
    • Articles issus d’un projet ANR (Plan d’action 2022 et ultérieur) : dépôt immédiat de la version acceptée dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY.
    • Mémoires de master : dépôt encouragé, souvent sur DUMAS (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance), hébergé par HAL. Le détail des pratiques est analysé dans l’article sur le taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026.

    Le taux de 97 % de présence dans HAL pour les publications issues des appels spécifiques ANR démontre que l’obligation de dépôt, lorsqu’elle est clairement formulée et vérifiée dans les rapports finaux de projet, est massivement respectée. L’enjeu pour les années à venir est d’étendre ce niveau de conformité à l’ensemble des productions scientifiques françaises, quel que soit le financeur.

    Sur le plan pratique, le dépôt dans HAL est facilité par des interfaces de dépôt par établissement (portails HAL-[NomÉtablissement]) et par l’intégration croissante avec les outils de gestion des références (Zotero, Mendeley). Certains établissements proposent également des imports automatiques depuis des bases comme Web of Science ou Scopus.

    Tesify et la rédaction de thèse ou de mémoire
    Si vous préparez un mémoire de master ou une thèse de doctorat en France, Tesify vous accompagne dans la structuration, la rédaction assistée par IA et la mise en conformité avec les exigences de dépôt HAL ou DUMAS de votre établissement.

    FAQ — Questions fréquentes sur la science ouverte en France

    Quel est le taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises en 2024 ?

    Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2024 (MESR), 67 % des 160 000 publications scientifiques françaises parues en 2023 sont en accès ouvert en décembre 2024. Ce taux est en hausse de 1,5 point par rapport à l’édition précédente et a plus que doublé depuis 2018.

    Qu’est-ce que le Baromètre français de la Science Ouverte (BSO) ?

    Le BSO est un outil de suivi annuel publié par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il mesure le taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises portant un DOI ou un identifiant HAL. Depuis 2024, il suit également, en version bêta, le partage des données de recherche et des codes sources.

    Quel est le taux d’accès ouvert pour les projets financés par l’ANR ?

    Pour les publications issues de projets ANR (publiées en 2023), le taux d’accès ouvert atteint 88,6 % en 2024, contre 65,3 % en 2019 — soit une progression de 23,3 points en cinq ans. Par ailleurs, 97 % des publications issues des appels spécifiques science ouverte de l’ANR sont présentes dans HAL.

    Quelle discipline a le taux d’accès ouvert le plus élevé en France ?

    Les mathématiques affichent le taux le plus élevé parmi les disciplines suivies par l’ANR : 91 % des publications issues de projets ANR en mathématiques sont en accès ouvert. Cette performance s’explique par la culture ancienne du preprint (arXiv, HAL) dans cette discipline.

    Pourquoi le taux de partage des résultats d’essais cliniques a-t-il baissé en 2024 ?

    Le BSO 2024 enregistre un recul de 8 points du partage des résultats d’essais cliniques dans les trois ans suivant leur fin : de 52 % à 44 %. Ce déclin est attribué à des difficultés structurelles dans le suivi post-essai et aux délais de publication dans les revues médicales commerciales. Les autorités sanitaires et les éditeurs médicaux renforcent leurs exigences en réponse.

    Quelle est l’obligation de dépôt dans HAL pour les doctorants ?

    Tout doctorant soutenant sa thèse en France doit la déposer dans theses.fr (qui alimente HAL), sauf dérogation justifiée (confidentialité industrielle). Pour les articles publiés dans le cadre d’un financement ANR (Plan d’action 2022 et postérieur), le dépôt immédiat en accès ouvert dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY, est obligatoire.

    Qu’est-ce que le Plan national pour la science ouverte 2021-2024 ?

    Le deuxième PNSO, adopté en juillet 2021, vise à généraliser la science ouverte à l’ensemble du processus de recherche — publications, données et codes sources — avec pour objectif 100 % de publications en accès ouvert d’ici 2030. Il comporte 12 mesures, triple le budget dédié à 15 M€/an et renforce le soutien au modèle diamant sans frais pour les auteurs.

    Quelle est la différence entre voie dorée et voie verte en accès ouvert ?

    La voie dorée consiste à publier dans une revue en accès ouvert immédiat, souvent avec des frais d’APC à la charge de l’auteur ou de son établissement. La voie verte consiste à déposer une version du manuscrit (version acceptée ou preprint) dans une archive ouverte comme HAL, sans frais, en parallèle ou après publication dans une revue abonnement.

    Combien d’établissements français ont une politique de science ouverte en 2024 ?

    Selon le BSO 2024, 57,5 % des établissements d’enseignement supérieur et de recherche français considérés dans le baromètre disposaient d’une politique formalisée de science ouverte en 2024. C’est le premier exercice de suivi de cet indicateur, introduit dans cette édition du baromètre.

  • Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Un quart des doctorants français n’atteignent jamais la soutenance. Ce chiffre global, issu des évaluations des écoles doctorales par le Hcéres, masque une réalité bien plus contrastée : le taux d’abandon oscille de 5 % en sciences exactes à 40 % en sciences humaines et sociales (SHS), selon les données publiées dans le rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS. La phase de rédaction — typiquement la troisième et quatrième année — concentre la majorité de ces décrochages, précisément au moment où le financement s’épuise et l’isolement s’installe.

    Comprendre ces chiffres, c’est identifier les leviers réels sur lesquels agir : discipline, mode de financement, durée contractuelle, profil du doctorant. Cet article présente l’ensemble des données officielles disponibles en 2026, structurées par discipline et par type de contrat, pour donner aux futurs doctorants — et à leurs directeurs — une base d’analyse factuelle.

    Résultat clé : En France, le taux d’abandon doctoral moyen est d’environ 25 % au niveau national. Il atteint 40 % en SHS (lettres, sciences humaines et sociales) contre seulement 5 % en sciences de la matière. Le principal facteur prédictif est le financement : les doctorants sans contrat doctoral abandonnent massivement lors de la phase de rédaction, quand leur ressource financière cesse.

    Les chiffres clés du doctorat en France en 2026

    Les données les plus récentes publiées par le MESR dans l’état de l’ESR n°18 dressent un tableau contrasté :

    Indicateur Valeur (2023) Évolution
    Doctorants inscrits (total) 69 639 −1,5 % vs 2022
    Nouveaux inscrits en doctorat 16 500 +4,6 % vs 2022
    Thèses soutenues 15 187 +9,6 % vs 2022
    Doctorants financés (1re année) 79,2 % +0,6 pt vs 2022
    Part SHS dans les effectifs totaux ≈ 44 % −2,2 % nouveaux inscrits

    Ce premier tableau révèle une tension structurelle : les inscriptions progressent légèrement (hausse des primo-inscrits), mais l’effectif total recule, ce qui traduit des sorties anticipées — abandons ou interruptions — supérieures aux nouvelles entrées dans certaines disciplines. Par ailleurs, le recul de −11,2 % des effectifs depuis 2012 renforce l’hypothèse d’une désaffection progressive, particulièrement marquée en lettres et sciences humaines, comme l’illustrent les statistiques nationales de réussite et d’abandon des travaux universitaires.

    Taux d’abandon par discipline

    Le taux d’abandon doctoral moyen est estimé à environ 25 % au niveau national, mais les évaluations des écoles doctorales par le Hcéres montrent que cette moyenne agrège des situations très disparates. Le rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS documente les écarts suivants :

    Domaine disciplinaire Taux d’abandon estimé Taux de financement (1re année)
    Sciences exactes et applications ~5 % 97 %
    Sciences du vivant ~10–15 % 85 %
    Sciences sociales ~20–30 % 50 %
    Lettres, arts, langues et SHS jusqu’à 40 % 38–50 %
    Moyenne nationale ~25 % 79,2 %

    En 2023, les SHS représentaient 44 % des effectifs doctoraux totaux — soit environ 30 000 doctorants — pour seulement 29 % des thèses soutenues. Cet écart entre inscriptions et soutenances est précisément l’expression statistique de l’abandon massif en humanités. À l’Université de Paris ou à Aix-Marseille Université, les rapports d’évaluation des écoles doctorales de SHS mentionnent régulièrement des cohortes dont moins de 60 % aboutissent à une soutenance dans les cinq ans.

    La répartition des thèses soutenues en 2023 confirme ce déséquilibre :

    • Sciences exactes : 7 269 soutenances (48 % du total)
    • Sciences du vivant : 3 576 (24 %)
    • Sciences sociales : 1 791 (12 %)
    • Lettres et humanités : 2 551 (17 %)

    Financement et abandon : une corrélation directe

    La variable la plus prédictive de l’abandon reste le financement. En sciences dures, 96 à 97 % des thèses bénéficient d’un contrat doctoral ou d’un financement équivalent (contrat doctoral MESR, ANR, CIFRE). En SHS, cette proportion descend à 38–50 % selon les disciplines. Un tiers des doctorants en lettres et humanités commencent leurs travaux sans aucun financement dédié.

    Le détail des sources de financement pour les primo-inscrits 2023 est le suivant :

    Source de financement Part des primo-inscrits 2023
    Contrat doctoral MESR 40,8 %
    Financement organisme de recherche 16,9 %
    Financement étranger (cotutelle, bourse pays d’origine) 10,6 %
    Convention CIFRE 9,9 %
    Salarié hors contrat doctoral 14,3 %
    Sans activité rémunérée connue 6,5 %

    Les 6,5 % déclarés sans activité rémunérée, auxquels s’ajoutent une part des 14,3 % de salariés en activité parallèle, constituent le noyau dur des doctorants à risque élevé d’abandon. En SHS spécifiquement, les contrats CIFRE représentent 28 % de l’ensemble des thèses — un chiffre en hausse, mais qui ne compense pas encore la sous-dotation globale du secteur.

    Pour approfondir les modalités de financement et les montants des contrats doctoraux en 2026, consultez notre analyse du financement des thèses de doctorat (contrat doctoral, ANR, CIFRE).

    Pourquoi l’abandon se concentre en phase de rédaction

    La phase de rédaction coïncide généralement avec la troisième — et parfois quatrième — année du doctorat. C’est précisément la fenêtre où plusieurs facteurs de risque se superposent :

    Témoignage « L’envie d’abandonner en doctorat !? » — chaîne Tim et sa thèse, sur les moments de découragement en phase de rédaction.
    1. Expiration du contrat doctoral : le financement prend fin à l’issue des trois ans, laissant le doctorant sans revenu juste au moment où la thèse n’est pas encore rédigée.
    2. Isolement croissant : la rédaction est un travail solitaire, moins structuré que les phases d’enquête ou de collecte de données. Les contacts avec le directeur de thèse s’espacent.
    3. Pression temporelle : la prolongation doit être demandée avant la 4e année et nécessite l’accord du chef d’établissement, du directeur de thèse et du comité de suivi — une procédure qui génère une charge administrative supplémentaire au pire moment.
    4. Contraintes professionnelles : selon les données Alliance Athéna, près de la moitié des doctorants en SHS exercent une activité salariée pendant la thèse. Cette double charge devient difficile à maintenir lors de la rédaction intensive.
    5. Facteurs affectifs : une thèse de doctorat soutenue à l’Université Paul-Valéry Montpellier (référencée sur theses.fr) sur 393 doctorants en lettres et SHS montre que les affects négatifs — anxiété, épuisement, sentiment d’échec — atteignent leur pic lors de la phase de rédaction, réduisant significativement l’intention de poursuivre.

    L’absence de jalons clairs aggrave la situation. Contrairement à la collecte de données ou aux analyses en laboratoire, la rédaction ne produit pas de résultats intermédiaires visibles, ce qui génère un sentiment chronique d’immobilisme difficile à surmonter. L’accompagnement méthodologique de la rédaction — plans détaillés, objectifs hebdomadaires, relecture itérative — est souvent cité comme le facteur de différenciation entre les doctorants qui soutiennent et ceux qui abandonnent.

    Durée des thèses et dépassements

    La durée de référence est de trois ans. En pratique, la répartition des thèses soutenues en 2023 selon la durée est la suivante :

    Durée de la thèse Part des soutenances 2023
    Moins de 40 mois (≈ 3,3 ans) 37,6 %
    40 à 52 mois (3,3–4,3 ans) 36,1 %
    52 à 72 mois (4,3–6 ans) 14,9 %
    Plus de 72 mois (plus de 6 ans) 11,4 %

    Ainsi, plus d’un quart des doctorants qui soutiennent dépassent les 52 mois. Les thèses en SHS affichent une durée moyenne de 4 ans, contre 3,5 ans pour les autres disciplines. Les doctorants actifs professionnellement allongent encore la durée moyenne d’environ 1,5 an. Cette prolongation de la phase de rédaction multiplie la probabilité d’abandon : chaque mois supplémentaire sans financement accroît la pression économique et la fatigue émotionnelle.

    La tendance est néanmoins positive : en 2023, 37,6 % des thèses ont été soutenues en moins de 40 mois, contre 34 % en 2022 — soit un gain de 3,6 points. Cette amélioration est principalement portée par les disciplines scientifiques bénéficiant d’un taux de financement proche de 100 %.

    Pour en savoir plus sur les chiffres clés de l’enseignement supérieur en France en 2026-2027, notamment les effectifs par niveau d’études, consultez notre analyse complète de la rentrée.

    Le rôle du Hcéres dans le suivi des abandons

    Le Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) évalue périodiquement chaque école doctorale française. Le taux d’abandon est systématiquement intégré comme indicateur de qualité : les écoles doctorales doivent déclarer le nombre de doctorants qui ont cessé leur thèse sans soutenir, identifier les causes (financières, relationnelles, professionnelles, santé) et mettre en place des dispositifs correctifs.

    Ces rapports d’évaluation sont publics et constituent la principale source d’information qualitative sur l’abandon doctoral au niveau institutionnel. Ils révèlent des disparités importantes entre établissements : une école doctorale bien dotée en contrats doctoraux et proposant un encadrement structuré peut afficher des taux d’abandon inférieurs à 10 %, là où une école doctorale en SHS sous-financée peut approcher les 35–40 %.

    L’arrêté du 25 mai 2016, qui réglemente la formation doctorale, impose par ailleurs la mise en place d’un comité de suivi individuel pour chaque doctorant. Ce comité, réuni au moins une fois par an, a pour mission explicite de détecter précocement les risques d’abandon — notamment lors de la phase de rédaction — et de proposer des solutions d’accompagnement. Son efficacité dépend toutefois largement des pratiques locales.

    Pour les futurs doctorants souhaitant comprendre l’admission, les écoles doctorales et le déroulé d’un doctorat de A à Z, consulter notre panorama de plus de 50 statistiques sur la réussite, la durée et l’abandon des travaux de recherche universitaires.

    FAQ

    Quel est le taux d’abandon en doctorat en France ?

    Le taux d’abandon moyen est d’environ 25 % au niveau national. Il varie fortement selon la discipline : environ 5 % en sciences exactes et jusqu’à 40 % en sciences humaines et sociales (SHS). Ces estimations sont issues des évaluations des écoles doctorales par le Hcéres et du rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS.

    À quel moment du doctorat les abandons sont-ils les plus fréquents ?

    Les abandons se concentrent principalement lors de la phase de rédaction, généralement en 3e et 4e année. C’est le moment où le contrat doctoral arrive à terme, où l’isolement est maximal et où la pression économique devient insoutenable pour les doctorants non ou sous-financés.

    Quel est l’impact du financement sur le risque d’abandon ?

    L’impact est décisif. En sciences dures, 96 à 97 % des thèses sont financées et le taux d’abandon est de l’ordre de 5 %. En SHS, seulement 38 à 50 % des doctorants bénéficient d’un financement dédié, et le taux d’abandon peut atteindre 40 %. Le financement est le facteur prédictif le plus robuste de l’achèvement du doctorat.

    Combien de temps dure un doctorat en France en moyenne ?

    La durée de référence est de 3 ans. En pratique, selon les données MESR 2023, 37,6 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois et 36,1 % entre 40 et 52 mois. Les thèses en SHS durent en moyenne 4 ans, contre 3,5 ans dans les autres disciplines. Les doctorants actifs professionnellement allongent encore cette durée d’environ 1,5 an.

    Les doctorants sans financement abandonnent-ils plus souvent ?

    Oui, nettement. Le tiers des doctorants en SHS qui commencent sans financement présente un risque d’abandon très élevé. En l’absence de contrat doctoral, la contrainte économique pousse souvent à l’interruption pendant la phase de rédaction, quand la charge de travail est à son maximum et que la fin n’est pas encore en vue.

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2026 ?

    Selon les dernières données MESR disponibles (rentrée 2023), 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat en France, dont environ 44 % en lettres, sciences humaines et sociales. 16 500 nouveaux doctorants se sont inscrits en première année — soit une hausse de 4,6 % par rapport à l’année précédente.

    Comment le Hcéres évalue-t-il les abandons dans les écoles doctorales ?

    Le Hcéres intègre le taux d’abandon comme indicateur obligatoire dans ses rapports d’évaluation périodiques des écoles doctorales. Chaque établissement doit déclarer les causes des abandons et justifier les dispositifs d’accompagnement mis en place, notamment le comité de suivi individuel imposé par l’arrêté du 25 mai 2016. Ces rapports sont publics.

    Finir sa thèse malgré la pression de la rédaction

    La phase de rédaction est statistiquement la plus dangereuse du doctorat — mais elle est aussi la plus outillable. Des outils comme Tesify aident à structurer l’écriture académique, détecter les problèmes de cohérence et maintenir un rythme régulier de production, même sans encadrement quotidien. Pour les doctorants en fin de parcours, l’enjeu n’est plus la recherche mais l’écriture : pour bien préparer le terrain, consultez notre guide complet du doctorat en France (admission, financement, durée).

    Voir aussi : les statistiques de réussite des mémoires de master dans les universités françaises et les options de financement d’une thèse en 2026 pour anticiper les risques économiques avant de s’inscrire.

  • Durée moyenne du stage M2 en 2026 : gratification minimum et cadre légal

    Durée moyenne du stage M2 en 2026 : gratification minimum et cadre légal

    Durée moyenne du stage M2 en 2026 : gratification minimum et cadre légal

    Le stage de Master 2 est une étape structurante du cursus universitaire français. Entre la durée imposée par votre maquette pédagogique, le plafond légal de six mois et l’obligation de gratification dès le premier jour du troisième mois, naviguer dans le cadre réglementaire relève parfois du parcours du combattant. En 2026, la revalorisation du plafond horaire de la Sécurité sociale a mécaniquement rehaussé la gratification minimum à 4,50 € de l’heure, soit 682,50 € brut par mois pour un stage à temps plein. Cet article rassemble les données vérifiables sur la durée moyenne du stage M2 en France 2026, les statistiques de rémunération et le cadre légal issu du Code de l’éducation.

    Que vous négociiez votre convention, prépariez votre rapport ou cherchiez à savoir si votre employeur respecte ses obligations, voici les chiffres et textes de référence.

    Réponse rapide
    En 2026, le stage de M2 dure couramment entre 4 et 6 mois. La gratification minimum est de 4,50 € par heure (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale fixé à 30 €), soit 682,50 € brut/mois pour 151,67 heures. Elle est obligatoire dès que le stage dépasse deux mois consécutifs ou 308 heures cumulées. La durée maximale légale est de 6 mois (924 heures) par organisme d’accueil et par année d’enseignement, en vertu de l’article L124-5 du Code de l’éducation.

    Durée légale du stage M2 : ce que dit le Code de l’éducation

    Le chapitre IV du Code de l’éducation (articles L124-1 à L124-20) constitue le socle réglementaire de tous les stages dans l’enseignement supérieur français. Deux règles méritent une attention particulière :

    La durée maximale : 6 mois par année d’enseignement

    L’article L124-5 du Code de l’éducation pose une limite absolue : un stagiaire ne peut pas effectuer plus de six mois de stage auprès du même organisme d’accueil au cours d’une même année d’enseignement. Cette limite est atteinte dès que l’étudiant cumule 924 heures de présence effective. Le calcul repose sur la convention : 7 heures de présence, consécutives ou non, équivalent à une journée ; 22 jours équivalent à un mois.

    La durée minimale pour l’obligation de gratification : 2 mois

    Le droit à la gratification naît dès que la durée du stage dépasse deux mois consécutifs ou, au cours d’une même année universitaire, deux mois consécutifs ou non, soit l’équivalent de 308 heures. En dessous de ce seuil, l’employeur n’est pas légalement tenu de rémunérer le stagiaire, même si rien ne l’interdit.

    Repères légaux — Stage M2 (Code de l’éducation)
    Paramètre Valeur 2026 Référence légale
    Durée maximale 6 mois / 924 h par organisme et par année Art. L124-5 C. éducation
    Seuil gratification obligatoire 2 mois consécutifs ou 308 h cumulées Art. L124-6 C. éducation
    Temps de travail hebdomadaire maximal 35 heures (sauf dérogation sectorielle) Art. L124-9 C. éducation
    Nombre de stagiaires simultanés / tuteur 3 (en principe) Art. D124-4 C. éducation

    Durée pratique observée dans les masters français

    La durée légale maximale de six mois délimite le plafond, mais elle ne rend pas compte de la réalité pédagogique des programmes. La maquette de chaque master définit librement la durée minimale de stage à valider. On observe dans les faits plusieurs configurations :

    • 3 à 4 mois : fréquent dans les masters à fort volume cours (sciences humaines, droit), où la soutenance est fixée en septembre. L’étudiant part en stage dès avril-mai et revient début août.
    • 4 à 6 mois : configuration la plus répandue dans les masters à orientation professionnelle (management, informatique, ingénierie). Le stage débute entre janvier et mars et s’achève en juin ou juillet.
    • Jusqu’à 6 mois : certaines formations (écoles d’ingénieurs, sciences de l’éducation) exploitent le maximum légal pour permettre une véritable expérience opérationnelle.

    Il n’existe pas à ce jour de statistique nationale officielle publiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur la durée moyenne précise des stages M2, tous domaines confondus. Les données de l’Onisep indiquent toutefois que la durée communément admise dans l’enseignement supérieur oscille entre deux mois et six mois, selon la spécialité. La plage 4 à 6 mois ressort comme la plus représentée dans les conventions de stage de niveau M2 examinées par les services universitaires.

    Gratification minimum 2026 : calcul et montants

    Depuis le 1er janvier 2026, le plafond horaire de la Sécurité sociale est fixé à 30 € (Urssaf, plafonds 2026). La gratification minimum est calculée à hauteur de 15 % de ce plafond horaire, conformément à l’article L124-6 du Code de l’éducation :

    Formule de calcul 2026
    Taux horaire minimum = 30 € × 15 % = 4,50 €/heure
    Montant mensuel minimum (151,67 h) = 151,67 × 4,50 € = 682,50 € brut/mois

    Ce montant s’applique à tout stage d’une durée supérieure au seuil légal, quelle que soit la taille de l’organisme d’accueil (entreprise, association, collectivité publique, établissement de santé).

    Évolution du taux horaire minimum de gratification de stage
    Année Plafond horaire SS Taux horaire gratification Mensuel (151,67 h)
    2024 29,01 € 4,35 € 659,75 €
    2025 29,40 € (approx.) 4,41 € 669,17 €
    2026 30,00 € 4,50 € 682,50 €

    Sources : Service-Public.fr — Gratification minimale d’un stagiaire ; Urssaf — Plafonds de la Sécurité sociale 2026.

    Seuil d’obligation de gratification : 2 mois ou 308 heures

    La gratification devient obligatoire lorsque la durée du stage dépasse le seuil fixé par le Code de l’éducation. Ce seuil peut être apprécié de deux façons :

    1. En durée calendaire : plus de deux mois consécutifs auprès du même organisme d’accueil au cours d’une même année universitaire.
    2. En volume horaire : plus de 308 heures cumulées (44 jours × 7 heures) — notion utile pour les stages fractionnés ou à temps partiel.

    Un stage de 6 semaines à temps plein (soit environ 210 heures) n’ouvre donc pas droit à gratification légale. En revanche, dès que vous franchissez les 308 heures, l’employeur est tenu de verser au minimum 4,50 €/heure. Attention : certains accords de branche ou conventions collectives prévoient des montants supérieurs au minimum légal — à vérifier systématiquement.

    Astuce pratique : Si votre stage est à mi-temps ou à 80 %, les heures sont comptabilisées proportionnellement. Un stage de 4 mois à mi-temps (≈ 304 heures) se situe juste sous le seuil ; à 80 % (≈ 486 heures), vous êtes largement au-dessus.

    Gratification nette vs brute : quelle différence ?

    La gratification minimum de 682,50 € brut par mois est également, dans ce cas précis, nette de cotisations sociales. En effet, tant que la gratification reste dans la limite de 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (soit 4,50 €/heure), elle est exonérée de CSG, de CRDS et de cotisations patronales. Pour un stage au minimum légal à temps plein, vous recevez donc 682,50 € net.

    Si votre employeur verse davantage — par exemple 600 € nets supplémentaires — la partie excédant 682,50 € brut est assujettie aux contributions sociales habituelles. L’Urssaf détaille ces règles sur sa page dédiée aux stagiaires étudiants.

    Avantages facultatifs en complément de la gratification

    La gratification est le minimum légal. En pratique, de nombreuses entreprises y ajoutent des avantages dont la liste ci-dessous n’est pas exhaustive :

    • Tickets restaurant : selon les accords internes, la prise en charge patronale est habituelle (la participation de l’employeur est exonérée dans certaines limites).
    • Remboursement des transports : les organismes d’accueil situés en Île-de-France et dans les agglomérations dotées d’un réseau de transports collectifs doivent rembourser 50 % du titre de transport, conformément à l’article L3261-2 du Code du travail.
    • Accès à la mutuelle ou à la restauration d’entreprise : avantage non obligatoire mais souvent proposé dans les grandes structures.
    • Télétravail et congés : pour les stages de plus de deux mois, la convention doit mentionner les modalités d’autorisation d’absence (art. L124-13 du Code de l’éducation).

    Convention tripartite : ce qu’elle doit contenir

    Tout stage doit obligatoirement faire l’objet d’une convention tripartite signée par l’étudiant, l’établissement d’enseignement et l’organisme d’accueil, avant le début du stage. Cette convention doit mentionner, selon l’article L124-2 du Code de l’éducation :

    • La définition des activités confiées au stagiaire en lien avec les objectifs pédagogiques
    • Les dates de début et de fin du stage, ainsi que la durée hebdomadaire de présence attendue
    • Le montant de la gratification versée et les modalités de son versement
    • Les congés et autorisations d’absence pour lesquels le stagiaire peut bénéficier
    • L’intitulé et les coordonnées du responsable pédagogique et du tuteur d’entreprise

    L’absence de convention de stage est une infraction grave : le stagiaire peut se retrouver requalifié en salarié, avec toutes les conséquences juridiques que cela implique pour l’employeur.

    Préparer son rapport de stage M2

    La durée du stage influence directement la richesse du rapport attendu. Un stage de 6 mois implique en général un mémoire professionnel plus étoffé qu’un stage de 3 mois : recul sur les missions, analyse critique de l’organisation, voire une partie méthodologique ou comparative. Pour vous aider à structurer un document conforme aux attentes de votre jury, consultez notre guide sur comment formater un mémoire Word en 2026 et notre article sur comment réagir si votre soutenance se passe mal.

    Si vous rédigez votre rapport pendant le stage lui-même, une bonne organisation du temps est clé : commencer à noter vos observations dès les premières semaines, structurer votre plan à mi-parcours et rédiger la majeure partie lors des deux dernières semaines vous évitera le stress du dernier moment. L’IA peut accélérer la phase de rédaction — Tesify accompagne les étudiants M2 de la structuration du plan à la finalisation du document.

    FAQ — Durée et rémunération du stage M2

    Quelle est la durée maximale légale d’un stage M2 en France ?

    La durée maximale est de 6 mois par organisme d’accueil et par année d’enseignement, ce qui correspond à 924 heures de présence effective. Ce plafond est fixé par l’article L124-5 du Code de l’éducation. Il est possible d’effectuer un second stage chez un autre employeur au cours de la même année, dans la limite de 6 mois supplémentaires.

    Quel est le montant exact de la gratification minimum en 2026 ?

    En 2026, la gratification minimum est de 4,50 € par heure, soit 682,50 € brut/mois pour 151,67 heures (temps plein). Ce montant correspond à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, fixé à 30 € depuis le 1er janvier 2026. Il est exonéré de cotisations sociales et de CSG-CRDS, si bien que le montant net est identique au brut à ce niveau.

    La gratification est-elle obligatoire pour un stage de 2 mois ?

    Non. La gratification devient obligatoire uniquement lorsque la durée dépasse deux mois consécutifs ou 308 heures cumulées au sein du même organisme. Un stage de deux mois précis n’atteint pas ce seuil : l’employeur n’est donc pas légalement tenu de verser une gratification, même s’il peut le faire volontairement.

    Un stage M2 à temps partiel est-il possible ?

    Oui, la réglementation ne l’interdit pas. La durée hebdomadaire doit rester inférieure à 35 heures. Le seuil de gratification est calculé en heures cumulées : 308 heures. Un stage à mi-temps de 4 mois représente environ 304 heures, soit juste sous le seuil. À 80 %, il représente environ 486 heures, ouvrant donc le droit à gratification.

    L’employeur peut-il dépasser la gratification minimum ?

    Oui, le minimum légal de 4,50 €/heure est un plancher. Rien n’empêche l’employeur de verser davantage. Dans les grandes entreprises ou cabinets de conseil, les gratifications peuvent atteindre 1 000 € à 1 500 € voire davantage, notamment en Île-de-France. La partie dépassant 682,50 € brut/mois est soumise aux cotisations sociales ordinaires.

    Que faire si l’employeur ne verse pas la gratification obligatoire ?

    En cas de non-paiement, l’étudiant peut d’abord signaler la situation à son établissement universitaire (responsable des stages), qui peut intervenir auprès de l’organisme d’accueil. Si le litige persiste, il est possible de saisir le Conseil de prud’hommes. L’absence de gratification peut également entraîner la résiliation de la convention et des sanctions pour l’organisme d’accueil.

    Rédigez votre rapport de stage M2 plus rapidement

    Tesify aide les étudiants de Master 2 à structurer, rédiger et mettre en forme leur rapport de stage conforme aux exigences universitaires. Commencer gratuitement →