Doctorat en France 2026 : statistiques complètes sur les effectifs, le financement et les disciplines

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Doctorat en France 2026 : statistiques complètes sur les effectifs, le financement et les disciplines

Le doctorat en France attire chaque année des dizaines de milliers d’étudiants prêts à consacrer trois à six ans à la recherche originale. Pourtant, les statistiques 2026 sur le doctorat français révèlent une réalité contrastée : des effectifs en baisse depuis une décennie, une part croissante de doctorants financés, une rémunération revalorisée à 2 300 € brut mensuel, et des disparités disciplinaires profondes. Comprendre ces données est essentiel pour tout étudiant envisageant cette voie d’excellence.

À la rentrée 2023-2024, 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat dans les établissements français, selon l’enquête annuelle sur les écoles doctorales du MESR-SIES (Sous-Direction des Systèmes d’Information et des Études Statistiques). Ce chiffre marque une baisse de 1,5 % sur un an et de 11,2 % par rapport au pic de 2012-2013. Malgré cette tendance, le nombre de thèses soutenues a augmenté de 9,6 % en 2023 par rapport à 2022, signalant une amélioration du taux de complétion. Voici l’analyse complète.

Résultat clé : En 2024, la France compte environ 69 600 doctorants inscrits (–11,2 % depuis 2012). 15 187 thèses ont été soutenues en 2023 (+9,6 %). 79,2 % des doctorants de première année bénéficient d’un financement, et la rémunération du contrat doctoral est fixée à 2 300 € brut/mois en 2026, soit +30 % en six ans.

Effectifs des doctorants en France : tendance décennale

Le nombre de doctorants inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche français a atteint son maximum autour de 2012-2013 avant d’entamer une décroissance progressive. L’enquête du SIES publiée pour la rentrée 2023-2024 fait état de 69 639 doctorants inscrits, contre 70 700 l’année précédente (–1,5 %) et près de 78 000 en 2012-2013 (–11,2 %).

Rentrée Doctorants inscrits Variation annuelle
2012-2013 ~78 500
2018-2019 ~73 000 –0,8 % (moy.)
2021-2022 71 800 –0,5 %
2022-2023 70 700 –1,5 %
2023-2024 69 639 –1,5 %

Cette baisse ne touche pas uniformément toutes les disciplines. Elle est particulièrement marquée en lettres et sciences humaines (–3,5 % sur la dernière année), tandis que les sciences exactes (–1,0 %), les sciences du vivant (–0,7 %) et les sciences de la société (–0,5 %) résistent mieux. Les inscriptions en première année de doctorat enregistraient au contraire une hausse de +4,6 % en 2023-2024 avec 16 500 nouveaux inscrits, signal encourageant sur l’attractivité du doctorat pour les nouvelles générations.

Thèses soutenues : données 2023

Le nombre de thèses soutenues constitue un indicateur clé du rendement du système doctoral. En 2023, 15 187 doctorats ont été délivrés en France, soit une hausse de +9,6 % par rapport aux 13 856 de 2022. Cette progression, la plus forte depuis plusieurs années, est partiellement attribuable au rattrapage post-Covid de cohortes qui avaient vu leurs soutenances retardées.

Sur le long terme, le nombre annuel de thèses soutenues a progressé de +2,6 % depuis 2012, malgré la baisse des effectifs totaux inscrits. Cela traduit une amélioration du taux de complétion : davantage de doctorants arrivent au bout de leur thèse dans un délai raisonnable.

Répartition par discipline

Les données de l’enquête SIES 2023-2024 sur les inscriptions par grand domaine disciplinaire montrent la prédominance des sciences exactes et de l’ingénierie dans le système doctoral français :

Domaine disciplinaire Doctorants inscrits Part des soutenances
Sciences exactes et applications 26 332 48 %
Sciences humaines et humanités 17 980 17 %
Sciences du vivant 13 026 24 %
Sciences de la société 12 301 12 %

L’écart entre la part des inscrits et la part des soutenances en sciences humaines et humanités (26 % des inscrits mais seulement 17 % des soutenances) illustre un phénomène bien documenté : les thèses en SHS prennent plus de temps et enregistrent des taux d’abandon plus élevés. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les soutenances par rapport à leur poids en inscriptions, grâce à des financements plus systématiques et des délais plus courts.

Financement des doctorants : types et proportions

Le financement est l’une des questions centrales du doctorat. Depuis la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) de 2020, l’objectif affiché est de tendre vers 100 % de doctorants financés. En 2023-2024, parmi les doctorants de première année :

  • 79,2 % bénéficiaient d’un financement (contre environ 50 % vingt ans plus tôt)
  • 14,3 % déclaraient avoir un emploi sans financement doctoral spécifique
  • 6,5 % étaient sans aucune source de revenu déclarée
Type de financement Part des 1ers-années financés
Contrat doctoral MESR (université/école) 40,8 %
Financement organisme de recherche (CNRS, INSERM…) 16,9 %
Financement doctorants étrangers (bourses gouvernements) 10,6 %
CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche) 9,9 %
Allocations territoriales (régions, collectivités) 6,2 %
Autres financements 15,5 %

Le financement CIFRE mérite une attention particulière : il s’agit d’un dispositif tripartite entre l’entreprise, l’école doctorale et l’ANRT (Association Nationale de la Recherche et de la Technologie), permettant à un doctorant de mener ses travaux au sein d’une entreprise tout en étant salarié de celle-ci. En 2024, environ 1 700 nouvelles conventions CIFRE ont été signées, représentant un vivier de doctorants industriels particulièrement valorisés sur le marché de l’emploi.

Rémunération du contrat doctoral en 2026

L’une des évolutions majeures de la décennie est la revalorisation substantielle de la rémunération des doctorants sous contrat. En 2026, le contrat doctoral est rémunéré à 2 300 € brut mensuel, contre 1 769 € brut en 2020. Cette hausse de +30 % en six ans représente un effort significatif de l’État pour rendre le doctorat financièrement viable.

Cette revalorisation résulte directement de la LPR, qui prévoyait une montée en charge progressive jusqu’à 2030. Les doctorants sous contrat bénéficient du statut de salarié : protection sociale, cotisations retraite, droit au chômage à l’issue du contrat. Le contrat doctoral standard dure 3 ans, avec possibilité de prolongation d’un an sous conditions.

Hors contrat doctoral MESR, les doctorants CIFRE sont rémunérés directement par leur entreprise, avec un salaire brut minimum fixé à 2 200 € par mois en 2026. Les doctorants financés par des organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM…) bénéficient de conditions proches du contrat doctoral.

Durée des thèses selon la discipline

La durée de réalisation d’une thèse varie considérablement selon la discipline et le mode de financement. Les données du SIES montrent que :

  • Sciences exactes et ingénierie : durée médiane de 3,5 à 4 ans — les financements étant généralement limités à 3 ans avec possibilité d’extension, la pression à finir est forte
  • Sciences du vivant : durée médiane de 4 à 4,5 ans — les expériences biologiques et cliniques allongent souvent les délais
  • Sciences sociales et économiques : durée médiane de 4,5 à 5,5 ans
  • Lettres, langues, arts, philosophie : durée médiane de 6 à 8 ans, avec des thèses non financées pouvant s’étaler sur 10 à 15 ans

Les thèses sans financement — souvent en SHS — présentent une durée médiane nettement supérieure, et un taux d’abandon estimé entre 30 et 40 %. Les thèses financées (contrat doctoral, CIFRE) affichent des taux de complétion largement supérieurs, autour de 80-85 %.

Données de genre dans le doctorat français

L’enseignement doctoral français a connu une féminisation progressive. Les femmes représentent aujourd’hui environ 48 % des doctorants inscrits, une parité quasi-atteinte qui masque néanmoins des disparités disciplinaires marquées :

  • Sciences humaines et sociales : majorité féminine, autour de 55-60 %
  • Sciences du vivant et biologie : parité atteinte, ~50 %
  • Sciences exactes et mathématiques : sous-représentation féminine, ~35 %
  • Informatique et ingénierie : minorité féminine, ~25-28 %

La féminisation se réduit toutefois aux stades supérieurs de la carrière académique. Parmi les professeurs des universités (rang A), les femmes ne représentent que 27 % en 2024, illustrant un phénomène de « plafond de verre » persistant dans la recherche française.

Les écoles doctorales en France

La France compte environ 270 écoles doctorales accréditées par le MESR, regroupées dans des établissements ou des communautés d’universités et établissements (ComUE). Chaque école doctorale est rattachée à un ou plusieurs domaines disciplinaires et encadre des cohortes de doctorants.

Les établissements qui forment le plus grand nombre de doctorants sont les universités Paris-Saclay, Sorbonne Université, Université de Paris (Paris Cité), Aix-Marseille Université, et l’Université Grenoble Alpes. Ces cinq établissements concentrent environ 30 % des doctorants inscrits en France. L’Université Paris-Saclay, qui regroupe plusieurs grandes écoles et instituts de recherche, est systématiquement en tête pour le nombre de doctorats délivrés annuellement.

Méthodologie et sources

Les données statistiques de cet article proviennent des sources officielles suivantes :

  • MESR-DGESIP/DGRI-SIES : enquête annuelle sur les écoles doctorales — données 2023-2024
  • data.gouv.fr : jeu de données « Effectifs des doctorants et docteurs des écoles doctorales, financements des doctorants et cotutelles »
  • ANRT : rapport annuel sur les conventions CIFRE 2024
  • Loi de Programmation de la Recherche (LPR) 2020 : objectifs de financement et revalorisation salariale
  • Étudiant.gouv.fr : informations sur le financement doctoral et les contrats
  • Publication EESR n°18 (MESR) : « Le doctorat et les docteurs »

Tendances et enjeux du doctorat français en 2026

1. La LPR et la montée en puissance du financement. La Loi de Programmation de la Recherche de 2020 avait fixé des objectifs ambitieux : atteindre 100 % de doctorants financés d’ici 2030 et revaloriser progressivement les rémunérations. En 2026, avec 79,2 % de premiers-années financés, la trajectoire est en bonne voie, mais l’objectif de 100 % reste exigeant, notamment en sciences humaines où les financements privés sont plus rares.

2. Le budget MIRES 2026. La loi de finances pour 2026 alloue 31 milliards d’euros à la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur, en hausse de 725 millions par rapport à 2025. L’ANR (Agence Nationale de la Recherche) dépasse désormais le milliard d’euros de financement annuel, avec un taux de succès aux appels à projets visant 30 %. Ces financements alimentent les bourses doctorales des laboratoires.

3. La concurrence internationale. La baisse des effectifs doctoraux français s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes, qui attirent des étudiants français de master (notamment en STEM) avec des packages doctoraux incluant frais de scolarité couverts et bourse d’environ 25 000-35 000 USD par an. La revalorisation du contrat doctoral à 2 300 € brut réduit cet écart, sans l’effacer entièrement.

4. La valorisation des doctorants CIFRE. Le dispositif CIFRE connaît un regain d’intérêt avec la montée en puissance des départements R&D dans les entreprises françaises, notamment en intelligence artificielle, biotechnologie et matériaux. Les docteurs CIFRE affichent des taux d’insertion professionnelle supérieurs à la moyenne et des salaires d’embauche plus élevés.

5. L’impact de l’IA sur la recherche doctorale. Des outils comme Tesify s’inscrivent dans la transformation numérique de la rédaction académique. Les doctorants utilisent de plus en plus l’IA pour la revue de littérature, la synthèse de corpus, la rédaction d’articles et la préparation de soutenance — tout en naviguant des politiques institutionnelles encore en cours d’élaboration.

FAQ — Doctorat en France 2026

Combien y a-t-il de doctorants en France en 2026 ?

À la rentrée 2023-2024, 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat en France. Ce chiffre est en baisse de 1,5 % sur un an et de 11,2 % par rapport au pic de 2012-2013 (environ 78 500). En revanche, les nouvelles inscriptions en première année ont progressé de +4,6 % pour atteindre 16 500 en 2023-2024.

Quel est le salaire d’un doctorant en France en 2026 ?

Le contrat doctoral est rémunéré à 2 300 € brut mensuel en 2026, contre 1 769 € en 2020 (+30 % en six ans). Les doctorants CIFRE bénéficient d’un minimum de 2 200 € brut mensuel versé par l’entreprise d’accueil. Les docteurs sans contrat n’ont pas de rémunération garantie.

Combien de thèses sont soutenues chaque année en France ?

En 2023, 15 187 doctorats ont été délivrés en France, soit une hausse de +9,6 % par rapport à 2022. Ce niveau représente une progression de +2,6 % sur le long terme depuis 2012, malgré la baisse du nombre d’inscrits.

Quelle proportion de doctorants est financée en France ?

En 2023-2024, 79,2 % des doctorants inscrits en première année bénéficiaient d’un financement. Le principal type est le contrat doctoral MESR (40,8 %), suivi des financements d’organismes de recherche (16,9 %), des bourses pour doctorants étrangers (10,6 %), des CIFRE (9,9 %) et des allocations territoriales (6,2 %).

Combien de temps dure une thèse de doctorat en France ?

La durée varie selon la discipline. Les sciences exactes affichent une durée médiane de 3,5 à 4 ans, les sciences du vivant de 4 à 4,5 ans, les sciences sociales de 4,5 à 5,5 ans, et les lettres/humanités de 6 à 8 ans. Les thèses sans financement en SHS peuvent s’étendre sur 10 à 15 ans.

Qu’est-ce qu’une thèse CIFRE ?

La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE) est un dispositif permettant à un doctorant d’effectuer ses travaux de recherche au sein d’une entreprise, tout en étant salarié de celle-ci (minimum 2 200 € brut/mois). L’ANRT gère ce programme. Environ 1 700 nouvelles conventions CIFRE sont signées chaque année. Les docteurs CIFRE bénéficient d’un excellent taux d’insertion professionnelle dans le secteur privé.

Dans quelle discipline y a-t-il le plus de doctorants en France ?

Les sciences exactes et applications représentent la discipline la plus nombreuse avec 26 332 inscrits (données 2023-2024), suivies des sciences humaines et humanités (17 980), des sciences du vivant (13 026) et des sciences de la société (12 301). Les sciences exactes représentent aussi 48 % des thèses soutenues.

Combien coûtent les droits d’inscription en doctorat en France ?

Les droits d’inscription en doctorat dans une université publique française s’élèvent à 397 € par an pour les étudiants UE/EEE/Suisse, auxquels s’ajoute la CVEC de 105 €, soit un total minimal de 502 €. Les doctorants non-UE entrant pour la première fois paient 3 941 € dans les universités appliquant les droits différenciés. Les doctorants sous contrat doctoral bénéficient souvent d’une exonération ou d’une prise en charge de ces frais.


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