Salaires des diplômés de master par discipline France 2026 : les données InserSup complètes

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Salaires des diplômés de master par discipline France 2026 : les données InserSup complètes

Un master de mathématiques rapporte presque 1 100 € de plus par mois qu’un master d’archéologie dès la première année d’emploi. Ces chiffres, issus de l’enquête nationale InserSup du SIES-MESRI, révèlent des inégalités salariales considérables selon la filière choisie. Si le master reste globalement une valeur sûre sur le marché du travail français — avec un salaire net médian de 1 990 € à 18 mois — la réalité discipline par discipline est bien plus contrastée.

Cette analyse compile les données des enquêtes InserSup portant sur les diplômés de master universitaire 2022-2023, interrogés à 18 et 30 mois après l’obtention de leur diplôme. Résultat clé : les disciplines scientifiques et de gestion dominent nettement, tandis que les sciences humaines et les arts accusent un retard structurel persistant.

Réponse rapide : Le salaire net médian d’un diplômé de master universitaire est de 1 990 € net/mois à 18 mois et dépasse 2 170 € à 30 mois (hors masters enseignement). L’écart entre la discipline la mieux rémunérée (mathématiques : 2 670 €) et la moins bien rémunérée (archéologie-ethnologie : 1 615 €) atteint 65 %.

1. Méthodologie InserSup : que mesure l’enquête ?

L’enquête InserSup (anciennement IP Master) est conduite chaque année par le SIES — le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur — auprès des diplômés de master des universités et établissements assimilés. Elle interroge les diplômés à 6, 12, 18 et 30 mois après l’obtention de leur diplôme.

Les salaires mesurés sont exprimés en salaire net mensuel médian en équivalent temps plein (EQTP). Cela signifie que les travailleurs à temps partiel voient leur salaire extrapolé à un temps plein — ce qui tend à lisser l’impact des secteurs à forte proportion de temps partiels (arts, lettres). Seuls les emplois salariés en France métropolitaine sont inclus dans le calcul principal.

L’édition de décembre 2025 (NF SIES 2025-33) porte sur les diplômés de la promotion 2024, interrogés à 6 et 12 mois. Pour les données à 18 et 30 mois, les chiffres les plus récents disponibles portent sur la promotion 2022.

2. Chiffres globaux et tendances générales

Le taux d’emploi salarié en France des diplômés de master 2024 à 12 mois s’établit à 76,1 %. Ce taux représente une progression de 2,4 points par rapport à la promotion 2019 (73,7 %), témoignant de l’amélioration progressive de l’employabilité des masters universitaires. Il reste cependant inférieur à celui des diplômés d’écoles d’ingénieurs (89-93 %) ou d’écoles de commerce (87-91 %).

Indicateurs globaux d’insertion des diplômés de master (source : InserSup/SIES-MESRI)
Indicateur À 12 mois À 18 mois À 30 mois
Taux d’emploi salarié (France) 76,1 % 78,4 % 82,1 %
Salaire net médian (EQTP) ~1 920 € 1 990 € ~2 170 €
Emploi cadre 71 % 74 % 80 %
CDI ou fonctionnaire 52 % 58 % 68 %
Emploi correspondant au niveau bac+5 79 % 81 % 84 %

Entre 18 et 30 mois après la diplomation, le salaire médian croît de +9 % en moyenne. Cette progression, plus rapide que l’inflation, indique que les employeurs valorisent l’expérience acquise lors des premières années d’exercice.

3. Tableau complet des salaires médians par discipline

Le tableau ci-dessous compile les données InserSup pour les masters hors enseignement, mesurées à 18 mois après l’obtention du diplôme. Les disciplines sont classées du salaire le plus élevé au plus bas.

Salaire net médian EQTP à 18 mois — masters hors enseignement (source : InserSup SIES, promotion 2022)
Discipline / domaine Salaire médian net/mois Taux d’emploi (18 mois)
Mathématiques 2 670 € 88 %
Informatique 2 379 € 86 %
Sciences de gestion 2 270 € 84 %
Droit, économie, AES 2 270 € 79 %
Sciences physiques et chimie 2 180 € 81 %
Sciences de la vie et de la Terre 2 050 € 75 %
Moyenne globale master 1 990 € 78,4 %
Sciences humaines et sociales 1 817 € 68 %
Lettres, langues et arts 1 774 € 59 %
Psychologie et sciences de l’éducation 1 750 € 62 %
Archéologie, ethnologie, préhistoire 1 615 € 54 %

L’écart entre le 1er quartile (1 850 €) et le 3e quartile (2 610 €) de l’ensemble des masters illustre la forte dispersion intra-disciplinaire : à filière identique, le salaire peut varier du simple au triple selon l’établissement, la région, la spécialité et le type d’employeur.

4. Taux d’emploi par domaine : les lettres en difficulté structurelle

Le taux d’emploi salarié en France à 18 mois cache des situations très disparates. Le domaine Lettres, Langues et Arts (LLA) affiche le taux le plus bas : 59 % seulement des diplômés en emploi salarié dans les 18 mois — contre 88 % en mathématiques. Cette filière combine un faible taux d’emploi ET le plus bas niveau de salaire, ce qui en fait structurellement le domaine le plus difficile pour l’insertion.

En revanche, le taux d’emploi non-salarié (freelance, auto-entrepreneur, profession libérale) est particulièrement élevé en LLA : 2,3 % contre 1,0 % en moyenne, signe que certains diplômés s’orientent vers des activités indépendantes (traducteurs, journalistes freelance, auteurs, graphistes).

La filière Sciences, Technologies, Santé (STS) — hors professions de santé réglementées — atteint quant à elle le taux d’emploi le plus élevé avec 75 %, portée par la demande dans les secteurs de l’énergie, du numérique et de la pharmaceutique.

5. Évolution à 30 mois : le rattrapage partiel des sciences humaines

Entre 18 et 30 mois, les diplômés de sciences humaines enregistrent la plus forte progression relative : +12 % de salaire, contre +7 % pour les mathématiciens et +8 % pour les informaticiens. Ce rattrapage partiel s’explique par des débouchés à temps partiel ou sous-qualifiés en début de carrière, qui se régularisent avec l’expérience.

À 30 mois, deux tiers des diplômés de master déclarent être satisfaits de leur rémunération. Huit sur dix considèrent que leur emploi correspond à leur niveau bac+5 et/ou à la spécialité de leur diplôme (83 %). Ces chiffres de satisfaction sont en progression de 4 points par rapport à l’enquête portant sur la promotion 2018.

6. Effet de genre sur les salaires de master : un écart persistant de 8-10 %

Les données InserSup révèlent un écart de salaire femmes-hommes persistant, même à niveau de diplôme et de discipline équivalents. Toutes disciplines confondues, les femmes diplômées de master gagnent environ 8 à 10 % de moins que leurs homologues masculins à 18 mois.

Cet écart s’explique en partie par des effets de composition disciplinaire (les femmes sont surreprésentées dans les filières LLA et SHS, moins bien rémunérées) et sectoriels (secteur non lucratif, éducation). Mais un écart de l’ordre de 3 à 5 % subsiste même à discipline et secteur constants, reflétant des inégalités structurelles de négociation salariale et d’accès aux postes les mieux rémunérés.

7. Alternance vs formation initiale : jusqu’à +200 € net/mois

Les masters en alternance (apprentissage ou contrat de professionnalisation) génèrent systématiquement de meilleures conditions d’insertion. À 12 mois, les diplômés en alternance affichent :

  • Un taux d’emploi supérieur de +8 à +12 points par rapport aux diplômés en formation initiale classique
  • Un salaire médian supérieur de 150 à 200 € net/mois
  • Une proportion de CDI plus élevée dès la première année

Ce différentiel est particulièrement marqué en sciences de gestion (+220 €), en droit (+180 €) et en informatique (+175 €). Il s’atténue dans les filières où l’alternance est encore peu développée (sciences fondamentales, arts, certaines SHS).

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FAQ — Salaires des diplômés de master France 2026

Quel est le salaire moyen après un master en France ?

Le salaire net médian d’un diplômé de master universitaire est d’environ 1 990 € net/mois à 18 mois après l’obtention du diplôme (en équivalent temps plein). La moitié des diplômés en emploi perçoivent entre 1 850 € (1er quartile) et 2 610 € (3e quartile) par mois. Ces données proviennent de l’enquête InserSup du SIES-MESRI (promotion 2022).

Quel master universitaire mène aux plus hauts salaires ?

Le master de mathématiques affiche le salaire net médian le plus élevé : 2 670 € net/mois à 18 mois. Il est suivi par l’informatique (2 379 €) et les sciences de gestion (2 270 €). Ces filières combinent un fort taux d’emploi (86-88 %) et les rémunérations les plus élevées.

Le master en lettres ou sciences humaines mène-t-il à un emploi ?

Le taux d’emploi salarié des masters Lettres, Langues et Arts est de 59 % à 18 mois, le plus bas de toutes les disciplines, pour un salaire médian de 1 774 €. Les maîtres en sciences humaines et sociales s’en sortent légèrement mieux (68 %, 1 817 €). Ces filières peuvent déboucher sur des emplois de qualité, mais la trajectoire d’insertion est plus longue et plus incertaine.

L’alternance améliore-t-elle vraiment le salaire après un master ?

Oui. Les diplômés de master en alternance gagnent en moyenne 150 à 200 € net/mois de plus que leurs homologues en formation initiale à 12 mois, avec un taux de CDI supérieur de 8 à 12 points. L’avantage est maximal en gestion (+220 €) et en droit (+180 €).

Les salaires des masters progressent-ils rapidement ?

Entre 18 et 30 mois après la diplomation, le salaire médian croît de +9 % en moyenne. La progression est plus rapide dans les sciences humaines (+12 %) qui rattrapent partiellement leur retard. À 30 mois, les deux tiers des diplômés se déclarent satisfaits de leur rémunération.


Sources : data.gouv.fr — InserSup Master données disciplinaires · MESRI — Taux d’insertion master · L’Étudiant — Salaires master par discipline


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