701 grilles de rédaction, une seule pour votre mémoire : COREQ, STROBE ou CONSORT selon votre design (2026)

Il existe une bibliothèque officielle des grilles de rédaction en recherche, tenue par le réseau EQUATOR — Enhancing the QUAlity and Transparency Of health Research. Au 11 août 2026, elle en recensait 701. Votre mémoire n’en demande qu’une. Et le critère qui la désigne n’est pas votre discipline : c’est le design de votre étude.

C’est la confusion la plus coûteuse à ce stade. Deux étudiants en soins infirmiers peuvent avoir besoin de deux grilles différentes ; un étudiant en STAPS et un étudiant en santé publique peuvent avoir besoin de la même. Ce qui compte, c’est ce que vous avez fait, pas où vous êtes inscrit.

Arbre de décision menant d'un type de design de recherche vers la grille de rédaction correspondante
Le chemin part toujours du design, jamais de la discipline.

Une grille de rédaction n’est pas une grille d’évaluation

Le malentendu à lever d’abord. Ces documents disent ce qu’un rapport de recherche doit contenir pour être lisible et reproductible. Ils ne disent pas si l’étude est bonne.

Les auteurs de STROBE l’écrivent noir sur blanc : « the checklist is not an instrument to evaluate the quality of observational research » — la liste n’est pas un instrument d’évaluation de la qualité de la recherche observationnelle. Cocher les 32 items de COREQ ne rend pas des entretiens rigoureux ; cela rend seulement leur description complète.

La conséquence pratique est libératrice : vous n’avez pas à « réussir » la grille. Vous avez à répondre à ses questions, honnêtement, y compris quand la réponse est « nous ne l’avons pas fait ».

Le tableau de correspondance : votre design, votre grille

Vous avez conduit un essai randomisé

CONSORT 2025 pour les résultats — CONsolidated Standards Of Reporting Trials, décrit comme un « ensemble minimal de recommandations fondées sur les preuves pour rendre compte des résultats d’essais randomisés ». Il comprend 30 items et un diagramme de flux.

Si vous rédigez le protocole et non les résultats, c’est SPIRIT 2025Standard Protocol Items: Recommendations for Interventional Trials — soit 34 items et une figure. La distinction protocole/résultats est celle que les étudiants ratent le plus souvent : ce sont deux documents, deux grilles.

Vous avez conduit une étude observationnelle

STROBE, qui couvre trois designs : cohorte, cas-témoins et transversale. Référence : von Elm E, Altman DG, Egger M, Pocock SJ, Gøtzsche PC, Vandenbroucke JP, The Strengthening the Reporting of Observational Studies in Epidemiology (STROBE) Statement: guidelines for reporting observational studies, publiée simultanément dans huit revues, la publication principale étant Ann Intern Med 2007;147(8):573-577.

C’est la grille du mémoire quantitatif le plus courant : un questionnaire diffusé une fois, à un moment donné, sur une population — autrement dit une étude transversale. Si c’est votre cas, la méthodologie quantitative par questionnaire et échantillon vous donne le contenu ; STROBE vous donne la liste de ce qu’il faut en dire.

Vous avez fait une revue de littérature

PRISMAPreferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses — pour une revue systématique ou une méta-analyse, et son extension PRISMA-ScR pour une revue de portée (scoping review). C’est la grille la mieux connue et la plus documentée : voyez la méthode PRISMA pour une revue de littérature systématique, qui en détaille le déroulé et le diagramme de flux.

Vous avez conduit des entretiens ou des focus groups

COREQ : « Consolidated criteria for reporting qualitative research (COREQ): a 32-item checklist for interviews and focus groups ». Référence complète : Tong A, Sainsbury P, Craig J, Int J Qual Health Care. 2007;19(6):349-357. Trente-deux items, portant sur l’ensemble du rapport.

C’est la grille du mémoire d’IFSI, de sage-femme, de kinésithérapie ou de cadre de santé construit sur une série d’entretiens semi-directifs. Si vous en êtes à concevoir vos entretiens, le guide pratique de l’entretien semi-directif précède logiquement l’usage de COREQ.

Vous avez fait du qualitatif, mais pas des entretiens

SRQRStandards for Reporting Qualitative Research — s’applique à la recherche qualitative en général et à l’ensemble du rapport. Référence : O’Brien BC, Harris IB, Beckman TJ, Reed DA, Cook DA, Acad Med. 2014;89(9):1245-1251.

Les autres cas fréquents

  • CARE — étude de cas, case report. Le mémoire de kinésithérapie ou d’ergothérapie construit sur un patient unique relève de cette famille.
  • STARD — études de précision diagnostique.
  • TIDieR — description d’une intervention. Utile en complément, pas en remplacement : si votre mémoire évalue un dispositif, TIDieR dit comment décrire le dispositif lui-même.
  • SQUIRE — projets d’amélioration de la qualité. C’est la grille des mémoires de cadre de santé portant sur une démarche qualité en service.

COREQ ou SRQR : la bifurcation qui bloque le plus d’étudiants

Les deux sont des grilles qualitatives, et beaucoup de mémoires citent l’une pour l’autre. Le critère de partage est simple.

COREQ est spécialisé. Son titre le dit : entretiens et focus groups. Il pose des questions très concrètes sur ce dispositif précis — qui menait l’entretien, quelle relation existait avec les participants, comment la saturation a été appréciée.

SRQR est généraliste. Il couvre la recherche qualitative dans son ensemble, ce qui le rend adapté aux travaux qui ne reposent pas sur des entretiens : analyse documentaire, observation, ethnographie, analyse de contenu sur corpus existant.

Si vous avez fait des entretiens semi-directifs et rien d’autre, prenez COREQ. Si vous avez combiné plusieurs matériaux, ou travaillé sur un corpus que vous n’avez pas produit vous-même, SRQR est plus honnête. Dans les deux cas, l’étape suivante — coder, catégoriser — relève de l’analyse thématique, que ces grilles vous demandent précisément de décrire.

L’usage qui change tout : ouvrir la grille avant d’écrire

Une grille de rédaction utilisée comme plan du chapitre méthode plutôt que comme vérification finale
La même liste, lue au bon moment, cesse d’être une vérification pour devenir un plan.

La plupart des étudiants découvrent ces grilles à la fin, comme une vérification. C’est le pire moment : à ce stade, chaque item manquant est une réécriture.

Ouvrez-la au moment où vous rédigez votre chapitre méthode, et lisez-la comme un plan. Chaque item est une sous-partie potentielle, dans un ordre déjà pensé par des méthodologistes. Vous n’avez plus à inventer la structure de votre partie méthodologique : elle vous est donnée, et elle est défendable devant n’importe quel jury parce qu’elle vient d’un standard international.

Mieux encore, la grille agit comme un révélateur en amont. Si un item vous met en difficulté — « comment avez-vous déterminé la taille de votre échantillon ? », « qui a codé les données, et avec quel accord entre codeurs ? » — c’est le signe qu’il faut régler la question sur le terrain, pendant qu’il en est encore temps, et non l’habiller à la rédaction.

Ouvrez votre mémoire dans Tesify et construisez votre chapitre méthode section par section : la structure suit votre grille, les phrases restent les vôtres.

Deux pièges, et une limite qu’il faut connaître

Piège 1 : prendre « la plus proche ». Le registre EQUATOR contient des centaines d’extensions très spécialisées — pour l’acupuncture, l’endodontie, la vibration corps entier, les interventions fondées sur l’intelligence artificielle. Ces extensions supposent la grille mère. Si vous n’êtes pas exactement dans leur champ, restez sur la grille générale : CONSORT plutôt qu’une extension CONSORT, STROBE plutôt qu’une déclinaison de STROBE.

Piège 2 : confondre grille de rédaction et outil d’évaluation critique. Quand vous lisez les études des autres pour votre revue de littérature, vous n’utilisez pas COREQ ou STROBE : ce sont des grilles pour écrire, pas pour juger. L’évaluation critique des sources relève d’outils distincts.

La limite, dite franchement : ces grilles ont été conçues pour la publication dans des revues de santé, pas pour les mémoires universitaires français. Aucun texte ne vous impose de les suivre pour un mémoire d’IFSI ou de master. Leur intérêt est ailleurs — elles vous donnent gratuitement une structure éprouvée et un vocabulaire que votre jury reconnaîtra. Annoncez-la en une phrase dans votre méthodologie (« le compte rendu suit la grille COREQ ») et tenez cette promesse ; ne l’annoncez pas si vous ne la tenez pas.

Questions fréquentes

Dois-je mettre la grille remplie en annexe de mon mémoire ?

Ce n’est obligatoire nulle part pour un mémoire. C’est néanmoins une annexe qui coûte peu et qui rassure : elle montre en une page que chaque élément attendu figure quelque part dans le texte, avec le numéro de page. Si votre directeur y voit un intérêt, faites-le ; sinon, une phrase dans la méthodologie suffit.

Ma recherche est mixte, quantitative et qualitative. Quelle grille ?

Les deux, appliquées chacune à son volet. Un mémoire à méthodes mixtes décrit son volet quantitatif selon la grille du design correspondant et son volet qualitatif selon COREQ ou SRQR. Il n’y a pas de raison de choisir : ce sont deux ensembles de recueil et d’analyse, donc deux comptes rendus.

Où trouver la liste complète et à jour ?

Sur la bibliothèque de grilles du réseau EQUATOR, qui recensait 701 grilles au 11 août 2026 et se met à jour en continu. Le nombre change ; le mécanisme de sélection, lui, reste le même : partez de votre design.

COREQ est-il obligatoire pour un mémoire d’IFSI ?

Non. Aucune obligation réglementaire ne s’attache à COREQ pour un mémoire de fin d’études en soins infirmiers. C’est un standard éditorial international, adopté volontairement. Il reste le meilleur plan disponible pour la partie méthode d’un travail bâti sur des entretiens — voyez la structure attendue du mémoire infirmier pour l’articuler au reste du document.

Faut-il citer la grille dans la bibliographie ?

Oui, si vous l’annoncez dans le texte. Citez l’article fondateur — par exemple Tong, Sainsbury et Craig (2007) pour COREQ, ou von Elm et coll. (2007) pour STROBE — comme n’importe quelle référence méthodologique.

Une grille peut-elle remplacer un plan de mémoire ?

Non, et c’est une erreur fréquente. Elle structure la partie méthode et, partiellement, la présentation des résultats. Elle ne dit rien de votre problématique, de votre cadre théorique ni de votre discussion — c’est-à-dire précisément de ce qui fait la valeur du travail.

Vous savez quelle grille est la vôtre. Passez à la rédaction avec Tesify — le plan tient, les sections s’enchaînent, et chaque phrase est écrite par vous.

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