181 130 étudiants en formation de santé (2026) : les chiffres DREES, et le taux d’interruption que votre mémoire peut interroger

Si votre mémoire, votre TFE ou votre écrit professionnel touche de près ou de loin aux formations de santé — attractivité des études infirmières, abandons en cours de cursus, démographie des professions — il existe une source officielle que trop peu d’étudiants citent : l’enquête Écoles de la DREES, le service statistique du ministère de la Santé. Sa livraison publiée le 31 octobre 2025, portant sur l’année 2024, donne des chiffres précis, datés et citables. Les voici, avec ce qu’ils permettent de dire — et les trois précautions qui séparent une citation solide d’un chiffre en l’air.

Les chiffres 2024, tels que publiés

D’après « Les formations aux professions de santé non médicales et à la profession de sage-femme en 2024 » (DREES, 31 octobre 2025) :

  • 181 130 élèves ou étudiants inscrits, dont 83 % de femmes, répartis dans 1 425 formations ;
  • 103 100 préparent un diplôme d’infirmier et 31 900 un diplôme d’aide-soignant — les deux filières concentrent à elles seules les trois quarts des effectifs couverts ;
  • 93 300 inscrits en première année, soit 2 % de plus qu’en 2023 ;
  • 67 800 diplômés dans l’année, et 92 % de réussite parmi les candidats présentés ;
  • un taux d’interruption de formation de 13,5 % en soins infirmiers, et de 13,2 % chez les aides-soignants.
Étudiants en formation de santé dans un institut de formation
Plus de 181 000 inscrits — et une filière infirmière qui pèse plus de la moitié du total.

Le chiffre qui porte un mémoire : 13,5 % d’interruptions

Le nombre le plus intéressant de la série n’est pas le plus gros. Un taux d’interruption de 13,5 % en formation infirmière signifie qu’environ un étudiant sur sept ne va pas au bout de son cursus sans le valider — un phénomène massif, documenté nationalement, et pourtant sous-étudié à l’échelle locale. C’est une matière première idéale pour un mémoire : les causes d’interruption dans votre institut, le vécu des étudiants qui suspendent, le rôle des stages dans la décision, les dispositifs d’accompagnement qui retiennent — autant de questions locales que le chiffre national permet de cadrer et de justifier dès l’introduction.

Attention au vocabulaire, cependant : une interruption n’est pas un échec. La catégorie recouvre des abandons, des réorientations, des suspensions pour raisons de santé ou de vie — votre écrit doit garder la distinction, exactement comme la source la garde. Et le pendant positif mérite d’être cité avec la même rigueur : 92 % des candidats présentés obtiennent leur diplôme. « Présentés » n’est pas « inscrits en première année trois ans plus tôt » : les deux dénominateurs racontent deux histoires différentes, et les confondre fabrique un taux de réussite trompeur.

Courbe d'inscriptions en hausse et fuite symbolisant les interruptions de formation
Des entrées en hausse, des sorties en cours de route : deux flux à ne jamais additionner.

Les trois précautions avant de citer

1. Le périmètre. L’enquête Écoles couvre les formations aux professions de santé non médicales et de sage-femme — infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, manipulateurs, etc. Elle ne compte ni les études de médecine, de pharmacie ou d’odontologie, ni les formations universitaires hors de son champ. « 181 130 étudiants en santé » sans cette précision est une phrase fausse.

2. Le millésime et la date de publication. Les chiffres décrivent l’année 2024 et ont été publiés le 31 octobre 2025. Citez les deux dates : « selon la DREES (données 2024, publiées en octobre 2025)… ». Un chiffre sans millésime n’est pas vérifiable, et ces séries sont mises à jour chaque année — celui qui relira votre mémoire en 2027 doit pouvoir retrouver votre version.

3. La nature de la source. C’est une enquête administrative auprès des établissements de formation, pas un sondage : les effectifs sont des comptages. En revanche, les catégories (qu’est-ce qu’une « interruption » ? qui est « présenté » au diplôme ?) sont définies par l’enquête — reprenez les définitions de la publication plutôt que d’y substituer les vôtres.

Trois sujets de mémoire prêts à cadrer avec ces chiffres

« Comprendre les interruptions en première année dans mon IFSI. » Le cadrage : 13,5 % au national, votre taux local en regard. Le terrain : entretiens avec des étudiants ayant suspendu ou envisagé de suspendre, et avec les formateurs référents de suivi. La valeur ajoutée : le national mesure, votre mémoire explique — moments de bascule, rôle du premier stage, poids des conditions matérielles.

« L’attractivité retrouvée des études d’aide-soignant : réalité locale ? » Le cadrage : 93 300 entrants en première année toutes filières, en hausse de 2 %. Le terrain : la série des candidatures et des rentrées de votre institut sur cinq ans, croisée avec les entretiens des nouveaux entrants sur leurs motivations. Le résultat : confronter la tendance nationale à une trajectoire locale, en expliquant les écarts.

« Que deviennent les 8 % ? » Le cadrage : 92 % des présentés réussissent leur diplôme — donc 8 % échouent au moment décisif, après avoir tenu tout le cursus. Le terrain : le parcours des candidats ajournés, leur accompagnement vers la session suivante, les facteurs de l’échec terminal — un angle presque jamais traité, que le chiffre national rend immédiatement légitime.

Dans les trois cas, la mécanique est la même : le chiffre officiel justifie le sujet en deux phrases d’introduction, et libère votre terrain pour ce qu’il sait faire — comprendre.

Ce que ces chiffres permettent (et ne permettent pas) de dire

Ils permettent de cadrer une introduction (« la formation infirmière accueille plus de 100 000 étudiants… »), de justifier un sujet (l’interruption concerne un étudiant sur sept), de comparer votre terrain à la référence nationale (votre promotion perd-elle plus ou moins que 13,5 % ?), et de documenter la féminisation des filières (83 %). Ils ne permettent pas d’expliquer : le taux d’interruption national ne dit rien des causes, et rien de votre institut en particulier. C’est exactement la ligne de partage d’un bon mémoire — le chiffre national cadre, votre terrain explique.

Pour transformer ce cadrage en travail complet : la structure du travail de fin d’études est dans le guide du mémoire infirmier, la méthode d’enquête locale dans le guide de l’entretien semi-directif, et si votre question devient « quelle source publique pour quelle question », le tableau d’orientation fait le tri. Les autres jeux ouverts du champ santé — ceux de l’Assurance Maladie — sont détaillés dans les données de santé ouvertes.

Ouvrez votre mémoire dans Tesify : posez le cadrage chiffré en introduction, votre terrain en méthode, et gardez la distinction cadrer/expliquer jusqu’à la discussion — chaque phrase reste la vôtre.

Questions fréquentes

Où trouver la publication exacte ?

Sur le site de la DREES, rubrique jeux de données : « Les formations aux professions de santé non médicales et à la profession de sage-femme en 2024 », publiée le 31 octobre 2025, adossée à l’enquête Écoles. Les données détaillées sont téléchargeables — par formation, par région, par année.

Puis-je comparer plusieurs années ?

Oui — l’enquête est annuelle et la DREES publie les séries. C’est même l’un des meilleurs usages en mémoire : suivre l’évolution des entrées en première année ou des interruptions sur cinq ans dit plus qu’une photographie isolée. Datez chaque millésime cité.

Le chiffre des interruptions vaut-il pour mon IFSI ?

Non — c’est une moyenne nationale. Votre institut peut se situer bien au-dessus ou en dessous, et c’est précisément l’écart qui fait un sujet de mémoire. Demandez les chiffres locaux à votre direction, et comparez-les à la référence nationale en citant les deux.

Ces données couvrent-elles les IPA et les spécialités ?

L’enquête Écoles couvre les formations aux professions non médicales dans son périmètre — vérifiez dans la documentation de la publication quelles formations exactes sont incluses pour l’année citée avant d’étendre une affirmation à une filière précise. La règle vaut pour toute source : lisez la documentation avant le fichier.

Puis-je recalculer mes propres pourcentages à partir des données ?

Oui, et c’est encouragé — mais signalez ce qui est un chiffre publié et ce qui est votre calcul. « 103 100 sur 181 130 inscrits, soit 57 % (notre calcul) » : trois mots qui vous protègent d’une objection en soutenance.

Cadrez avec le national, expliquez avec votre terrain — puis rédigez votre mémoire avec Tesify, avec vos propres mots.

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