Scoping review pour le mémoire de master : méthode, étapes et différences avec la revue systématique
Vous avez identifié un sujet de mémoire, commencé à explorer la littérature, et réalisé que le corpus est vaste, hétérogène, réparti entre plusieurs disciplines — sans qu’aucune revue systématique n’existe encore sur cette question. La scoping review méthode mémoire master 2026 est précisément l’outil conçu pour cette situation. Ni simple bibliographie annotée, ni revue systématique exigeant des mois de travail, la scoping review (ou revue de cadrage) permet de cartographier l’étendue et la nature des données disponibles sur un sujet, d’identifier les lacunes conceptuelles et de poser les bases d’une recherche future — le tout en suivant un cadre rigoureux reconnu par les jurys et les comités de rédaction.
Le cadre méthodologique de référence a été posé par Hilary Arksey et Lisa O’Malley en 2005 dans International Journal of Social Research Methodology, puis enrichi par Levac, Colquhoun et O’Brien en 2010, et standardisé par le Joanna Briggs Institute (JBI) en 2020. Cet article vous guide à travers les cinq étapes du processus, expose les différences fondamentales avec la revue systématique, et précise quand choisir l’une ou l’autre approche pour votre mémoire de master.
1. Qu’est-ce qu’une scoping review ?
La scoping review — traduisible en français par revue de cadrage ou revue exploratoire de la littérature — est une méthode de synthèse des données probantes qui vise à cartographier l’étendue, la nature et la distribution des travaux existants sur un sujet donné. Son objectif premier n’est pas de répondre à une question d’efficacité précise, mais de dresser un panorama conceptuel : quels types de données existent ? Quelles populations ont été étudiées ? Quels cadres théoriques sont mobilisés ? Quelles lacunes persistent ?
À la différence d’une revue systématique, la scoping review n’exige pas d’évaluation critique formalisée de la qualité méthodologique de chaque étude (ce que l’on appelle le quality appraisal). Elle n’aboutit pas non plus à une méta-analyse statistique. En contrepartie, elle peut intégrer une gamme plus large de types de sources — études quantitatives, qualitatives, mixtes, littérature grise — ce qui la rend particulièrement adaptée aux domaines hétérogènes ou émergents.
Dans le contexte d’un mémoire de master, la scoping review remplit plusieurs fonctions stratégiques : elle légitime votre sujet en montrant que le champ existe mais n’a pas encore été systématiquement synthétisé ; elle identifie les axes théoriques et empiriques à mobiliser dans votre cadre théorique ou conceptuel ; et elle produit un état de l’art structuré qui constitue à lui seul un chapitre valorisable.
2. Cadre historique : Arksey & O’Malley, Levac et JBI
2.1 La fondation : Arksey & O’Malley (2005)
C’est dans l’article Scoping Studies: Towards a Methodological Framework, publié dans International Journal of Social Research Methodology (vol. 8, n° 1, 2005), qu’Hilary Arksey et Lisa O’Malley formalisent pour la première fois la scoping review comme méthode distincte. Elles en définissent quatre usages principaux :
- examiner l’étendue, l’ampleur et la nature des données disponibles sur un sujet ;
- synthétiser et diffuser les résultats de recherche ;
- identifier les lacunes dans la littérature existante ;
- clarifier les concepts et les définitions clés d’un domaine.
Le cadre original comporte cinq étapes séquentielles, plus une sixième étape optionnelle de consultation des parties prenantes. Sa force réside dans sa flexibilité : il n’impose pas de restriction sur les types d’études à inclure ni d’évaluation formelle de la qualité, ce qui permet d’appréhender un domaine dans toute sa diversité.
2.2 Les raffinements de Levac, Colquhoun & O’Brien (2010)
Cinq ans plus tard, Levac et ses co-auteures publient Scoping studies: advancing the methodology dans Implementation Science (vol. 5, n° 69, 2010). Leurs recommandations visent à renforcer la rigueur du cadre Arksey & O’Malley sans en abolir la souplesse. Les apports clés de Levac et al. sont les suivants :
- Étape 1 : exiger que la question de recherche lie explicitement le concept central, la population cible et les résultats attendus, pour ancrer la revue dans une finalité claire.
- Étape 2 : constituer une équipe pluridisciplinaire et justifier toute décision de limiter la portée de la recherche, en assumant les biais potentiels.
- Étape 3 : traiter la sélection des études comme un processus itératif, avec au moins deux examinateurs indépendants qui se concertent à plusieurs stades.
- Étape 4 : développer collectivement les formulaires d’extraction et les mettre à jour de façon continue, notamment pour les informations conceptuellement complexes.
- Étape 5 : décomposer la synthèse en trois sous-étapes distinctes — analyse descriptive et thématique, présentation des résultats, puis discussion des implications pour la recherche, la pratique et les politiques.
- Étape 6 (consultation) : passer du statut optionnel à quasi-obligatoire, avec un objectif de consultation défini et des résultats préliminaires utilisés pour faciliter l’engagement des parties prenantes.
2.3 La standardisation JBI (2020)
Le Joanna Briggs Institute (JBI) — organisation de référence mondiale pour la médecine fondée sur les données probantes — publie en 2020, par Peters et al. dans JBI Evidence Synthesis, des lignes directrices méthodologiques actualisées pour la conduite des scoping reviews. Cette version standardisée devient le référentiel international le plus cité. Le JBI confirme les cinq étapes d’Arksey & O’Malley, intègre les raffinements de Levac, et ajoute des exigences précises :
- utilisation de l’outil PRISMA-ScR pour le reporting ;
- définition obligatoire des critères d’éligibilité selon le cadre PCC (Population, Concept, Context) — analogue au PICO de la revue systématique ;
- enregistrement du protocole (recommandé sur OSF ou dans une revue à comité de lecture) ;
- inclusion explicite de la littérature grise dans la stratégie de recherche.
3. Scoping review vs revue systématique : tableau comparatif
La confusion entre ces deux méthodes est fréquente chez les étudiants de master. Le tableau ci-dessous synthétise les différences fondamentales.
| Critère | Scoping review | Revue systématique |
|---|---|---|
| Type de question | Large, exploratoire, cartographique | Précise, focalisée sur l’efficacité d’une intervention |
| Cadre de référence | Arksey & O’Malley (2005) / JBI (2020) / PRISMA-ScR | PRISMA (2020), Cochrane Handbook |
| Évaluation de la qualité | Non obligatoire | Obligatoire (risque de biais, GRADE) |
| Méta-analyse | Absente | Fréquente (si homogénéité suffisante) |
| Types d’études inclus | Tous types + littérature grise | Généralement restreint (ex. : essais randomisés) |
| Synthèse | Descriptive et thématique (narration) | Statistique (méta-analyse) ou narrative |
| Objectif principal | Cartographier le corpus, identifier les lacunes | Produire une recommandation fondée sur les preuves |
| Durée typique | 2 à 6 mois | 12 à 24 mois |
| Ressources nécessaires | Modérées (faisable seul ou en binôme) | Importantes (équipe, logiciels spécialisés) |
| Adapté au mémoire de master ? | Oui, très adapté | Exigeant, possible en M2 recherche |
Pour aller plus loin sur la méta-analyse et la revue systématique, consultez notre guide dédié qui détaille le protocole PICO, le forest plot et les outils RevMan et Jamovi.
4. Quand choisir une scoping review pour votre mémoire ?
La scoping review est le choix pertinent dans les situations suivantes :
- Le sujet est récent ou émergent et peu de synthèses bibliographiques structurées existent encore dans les bases de données indexées.
- La question est conceptuelle et exploratoire : vous cherchez à comprendre comment un concept est défini, opérationnalisé ou utilisé dans différentes disciplines, plutôt qu’à mesurer l’efficacité d’une intervention.
- Le corpus est hétérogène : il mélange études quantitatives, qualitatives, mixtes, rapports institutionnels — une revue systématique serait difficile à justifier méthodologiquement.
- Votre mémoire a une visée exploratoire : vous préparez le terrain pour une recherche empirique future, ou vous souhaitez identifier des pistes de recherche pour votre propre collecte de données.
- Vous travaillez seul ou en binôme avec un calendrier de six mois ou moins : la scoping review est réalisable dans ce contexte, contrairement à la revue systématique complète.
En revanche, si votre directeur vous demande de répondre à une question précise sur l’efficacité d’une intervention pédagogique, d’un traitement ou d’une politique publique avec une recommandation de niveau de preuve, la revue systématique reste la référence. Dans le doute, discutez de votre choix avec votre directeur de mémoire dès la phase de cadrage, en vous appuyant sur les guides méthodologiques HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn disponibles en libre accès.
5. Les cinq étapes de la scoping review
Le cadre JBI (2020) structure la scoping review en cinq étapes, auxquelles s’ajoute une sixième étape optionnelle de consultation. Voici une description opérationnelle de chaque étape, calibrée pour un mémoire de master.
Étape 1 — Formuler la question de recherche
La question doit être suffisamment large pour permettre une cartographie, mais suffisamment précise pour délimiter le corpus. Le JBI recommande d’utiliser le cadre PCC :
- P — Population ou participants : qui sont les sujets concernés ? (ex. : étudiants de master en sciences de l’éducation)
- C — Concept : quel est le phénomène central ? (ex. : usage des outils numériques collaboratifs pour la rédaction du mémoire)
- C — Contexte : dans quel cadre géographique, institutionnel ou temporel ? (ex. : universités françaises, 2015-2026)
Levac et al. insistent sur la nécessité de lier explicitement la finalité de la revue à la question : pourquoi ce sujet, pour quels usages des résultats ? Cette justification orientera toutes les décisions ultérieures et convaincra le jury de la pertinence méthodologique de votre démarche.
« Quels types de dispositifs numériques d’aide à la rédaction académique ont été étudiés chez les étudiants de master (P) en relation avec l’amélioration de la qualité rédactionnelle (C) dans les universités d’Europe francophone entre 2015 et 2026 (C) ? »
Étape 2 — Identifier les études pertinentes
Cette étape consiste à construire une stratégie de recherche documentaire exhaustive et reproductible. Les bonnes pratiques incluent :
- Interroger plusieurs bases de données pertinentes pour votre discipline : ERIC ou PsycINFO pour l’éducation ; PubMed ou CINAHL pour les sciences de la santé ; CAIRN, Francis ou BDSP pour les SHS francophones ; Scopus et Web of Science pour une couverture internationale.
- Définir les termes de recherche avec leurs équivalents en anglais, français et, le cas échéant, en espagnol ou en portugais. Utiliser les opérateurs booléens (AND, OR, NOT) et les troncatures.
- Inclure la littérature grise : thèses accessibles via theses.fr, rapports institutionnels, documents de politique publique, dépôts HAL.
- Documenter la stratégie dans un tableau de bord reproductible (date, base interrogée, équation de recherche, nombre de résultats bruts).
Levac et al. recommandent de constituer une équipe avec des expertises complémentaires. Dans le cadre d’un mémoire individuel, cela se traduit par des échanges réguliers avec votre directeur et, si possible, avec un bibliothécaire spécialisé dans votre discipline.
Étape 3 — Sélectionner les études
La sélection s’effectue en deux passages successifs :
- Screening des titres et résumés : appliquer les critères d’inclusion et d’exclusion définis a priori (type de document, langue, date de publication, population, concept, contexte). Dans une revue systématique stricte, deux examinateurs indépendants réalisent ce passage. Dans un mémoire de master, le recours à un second lecteur pour un sous-échantillon (10 à 20 % du corpus) avec calcul du coefficient d’accord (kappa de Cohen) est apprécié des jurys exigeants.
- Lecture du texte intégral : les études retenues au premier passage sont lues en intégralité pour confirmer leur éligibilité. Les motifs d’exclusion sont documentés dans un tableau des exclusions.
Conformément aux recommandations de Levac et al., ce processus doit être traité comme itératif : il est normal de revisiter les critères d’inclusion à mesure que la compréhension du corpus s’affine, à condition de documenter ces ajustements de façon transparente.
Étape 4 — Extraire les données
L’extraction des données se fait à l’aide d’un formulaire de charting (tableau d’extraction) développé a priori par l’équipe. Ce formulaire capture les informations clés de chaque étude : auteurs, année, pays, type d’étude, population, concept étudié, principaux résultats, définitions opérationnelles, limites signalées.
Contrairement à la revue systématique — qui extrait des données quantitatives précises pour la méta-analyse —, la scoping review s’intéresse à la nature et à la distribution des données : quelles définitions du concept sont mobilisées ? Quelle diversité de contextes ? Quels sous-groupes sont sous-représentés ?
Le JBI insiste sur le caractère itératif de l’extraction : le formulaire doit être piloted (testé sur 3 à 5 articles) et ajusté avant l’extraction systématique. Consignez toutes les modifications dans un journal de bord méthodologique.
Étape 5 — Synthétiser et rédiger les résultats
Levac et al. décomposent cette étape finale en trois sous-tâches, que le JBI reprend intégralement :
- Analyse quantitative descriptive : dresser le profil du corpus — répartition temporelle, géographique, disciplinaire, par type d’étude. Ces statistiques descriptives montrent l’évolution du champ et ses angles morts.
- Analyse thématique qualitative : identifier les grandes thématiques récurrentes, les tensions conceptuelles, les définitions divergentes et les modèles théoriques dominants. Cette étape s’apparente à une analyse thématique de la revue de littérature, mais conduite sur un corpus délimité par les critères PCC.
- Discussion des implications : que révèle cette cartographie pour la recherche future ? Quelles lacunes justifient une étude empirique ? Quelles implications pour la pratique professionnelle ou les politiques publiques ? Cette sous-étape est la plus valorisée par les jurys car elle articule la revue à la contribution propre de votre mémoire.
6. PRISMA-ScR : le reporting adapté
En 2018, Tricco et al. ont publié dans Annals of Internal Medicine l’extension PRISMA-ScR (Preferred Reporting Items for Systematic reviews and Meta-Analyses extension for Scoping Reviews). Cet outil de reporting comporte 22 items obligatoires et 5 recommandés, adaptés aux spécificités de la scoping review.
Les éléments les plus distinctifs de PRISMA-ScR par rapport au PRISMA standard sont :
- la présentation du cadre PCC (et non PICO) ;
- la mention explicite de l’objectif de la revue (cartographie, identification de lacunes, etc.) ;
- la documentation de la stratégie de recherche dans la littérature grise ;
- l’absence d’item sur l’évaluation du risque de biais des études individuelles ;
- un diagramme de flux adapté, parfois désigné comme PRISMA-ScR flow diagram.
📄 Checklist PRISMA-ScR (22 items) — Télécharger sur EQUATOR Network
Pour votre mémoire, utiliser la checklist PRISMA-ScR téléchargeable sur le portail EQUATOR démontre au jury que vous connaissez les standards de reporting internationaux — un signal fort de rigueur méthodologique.
7. Conseils pratiques pour le mémoire de master
7.1 Limiter le corpus de manière justifiée
Une scoping review pour un mémoire de master n’a pas vocation à être exhaustive au sens absolu. L’enjeu est de justifier les délimitations retenues (langues, période, bases de données, types de documents) plutôt que de prétendre à une exhaustivité impossible dans les délais impartis. Un corpus de 30 à 60 articles soigneusement sélectionnés et analysés est préférable à 150 études survolées.
7.2 Utiliser un outil de gestion bibliographique dès le départ
Zotero (voir notre guide dédié sur Zotero pour le mémoire et la thèse), Mendeley ou EndNote permettent de centraliser les références, de gérer les doublons entre bases de données et d’exporter les métadonnées pour alimenter le tableau de charting. Coupler Zotero à un tableur (Google Sheets ou Excel) pour le formulaire d’extraction est une solution efficace et peu coûteuse.
7.3 Documenter chaque décision méthodologique
Tenez un journal de bord méthodologique dès le premier jour. Notez-y les équations de recherche, les bases interrogées, les dates, les ajustements des critères d’inclusion, les désaccords avec un second lecteur et leurs résolutions. Ce journal alimentera directement le chapitre méthodologie de votre mémoire et rendra votre démarche auditable par le jury.
7.4 Enregistrer le protocole (optionnel mais valorisant)
Enregistrer votre protocole sur l’OSF (Open Science Framework) avant de commencer la collecte des données est facultatif pour un mémoire, mais fortement apprécié dans les masters recherche. Cela démontre que votre question de recherche et vos critères d’éligibilité ont été définis a priori, réduisant le risque de biais de confirmation. L’OSF délivre un DOI citable dans votre bibliographie.
7.5 Rédiger la méthode avant d’avoir tous les résultats
La section méthode d’une scoping review se rédige au présent du protocole (ou au passé composé si vous rapportez ce que vous avez fait). Rédigez-la progressivement, au fil des étapes, plutôt que de la récupérer en bloc à la fin. Cela limite les erreurs de mémoire et aligne la description de la méthode sur ce qui a effectivement été réalisé.
FAQ
Qu’est-ce qu’une scoping review ?
Une scoping review (ou revue de cadrage) est une méthode de synthèse bibliographique qui vise à cartographier l’étendue et la nature des données disponibles sur un sujet large. Contrairement à la revue systématique, elle ne requiert pas d’évaluation obligatoire de la qualité des études ni de méta-analyse. Elle répond à des questions exploratoires selon le cadre PCC (Population, Concept, Contexte) et peut intégrer tous types de sources, y compris la littérature grise.
Quelle est la différence entre une scoping review et une revue systématique ?
La revue systématique répond à une question précise sur l’efficacité d’une intervention, inclut une évaluation critique formalisée de la qualité des études (risque de biais) et aboutit souvent à une méta-analyse statistique. Elle prend généralement 12 à 24 mois. La scoping review répond à une question large et exploratoire, cartographie le corpus existant sans évaluation de qualité obligatoire ni synthèse statistique, et peut être réalisée en 2 à 6 mois. La scoping review est mieux adaptée à un mémoire de master.
Combien de temps prend une scoping review pour un mémoire de master ?
Pour un mémoire de master, une scoping review bien délimitée demande généralement 6 à 10 semaines : 1 à 2 semaines pour la formulation de la question et le protocole, 2 à 3 semaines pour la collecte et la sélection des études, 2 à 3 semaines pour l’extraction et l’analyse thématique, et 1 à 2 semaines pour la rédaction du chapitre. Ce calendrier est compatible avec un semestre académique standard.
Faut-il déposer un protocole de scoping review avant de commencer ?
Dans le cadre d’une publication scientifique, il est recommandé d’enregistrer le protocole sur OSF (Open Science Framework) ou de le soumettre à JBI Evidence Synthesis pour garantir la transparence. Pour un mémoire de master, un protocole rédigé dans le chapitre méthodologie suffit, mais son dépôt public sur OSF est un atout apprécié des jurys axés recherche, car cela démontre une démarche a priori et réduit le risque de biais de confirmation.
La scoping review est-elle appropriée pour un mémoire en sciences humaines et sociales ?
Oui. La scoping review est particulièrement adaptée aux sciences humaines et sociales, en santé publique, en éducation ou en gestion, lorsque le domaine est hétérogène, que la littérature est dispersée entre plusieurs disciplines ou que l’objectif est de dresser un état des connaissances avant d’entreprendre une recherche empirique. La capacité à intégrer des études qualitatives et de la littérature grise la rend plus ouverte que la revue systématique classique.
Peut-on inclure de la littérature grise dans une scoping review ?
Oui, et c’est même recommandé par le cadre JBI (2020). La littérature grise — rapports institutionnels, thèses, documents de politique publique, présentations de congrès — est intégrée dans une scoping review pour garantir la représentativité du corpus, surtout sur des sujets récents où la littérature indexée est encore limitée. Des sources comme theses.fr, HAL, les archives institutionnelles et les sites d’organisations professionnelles doivent être systématiquement interrogées.
Doit-on suivre PRISMA pour une scoping review ?
Il existe une extension spécifique : PRISMA-ScR (Preferred Reporting Items for Systematic reviews and Meta-Analyses extension for Scoping Reviews), publiée en 2018 par Tricco et al. dans Annals of Internal Medicine. Elle comporte 22 items obligatoires adaptés à la scoping review et remplace l’utilisation du PRISMA standard pour ce type de revue. La checklist PRISMA-ScR est téléchargeable gratuitement sur le portail EQUATOR.

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