Le mémoire d’ingénieur du Cnam est une unité d’activités de 39 crédits ECTS — la plus lourde du cursus. Il démontre votre capacité à mobiliser des compétences scientifiques, techniques et professionnelles pour résoudre une problématique complexe, et il doit obligatoirement intégrer une dimension internationale et une dimension responsabilité sociale et environnementale.
Ces deux obligations de contenu sont écrites noir sur blanc dans le règlement des études, et elles surprennent chaque année des candidats qui découvrent trois semaines avant le dépôt qu’un mémoire techniquement irréprochable ne coche pas deux cases explicites. Voici ce que le règlement impose réellement, dans sa version 2025-2026 pour le cursus hors temps de travail.
Ce que le règlement des études impose (et que personne ne lit avant)
Le règlement des études des formations d’ingénieurs de l’EiCnam, dans sa version applicable au cursus hors temps de travail 2025-2026, est le document qui vous engage. Trois points en découlent directement.
| Élément | Ce que prévoit le règlement |
|---|---|
| Poids du mémoire | Une UA « Mémoire d’ingénieur » de 39 ECTS, consistant en la réalisation d’un mémoire et de sa soutenance |
| Expérience professionnelle | Une UA de 15 ECTS correspondant à « l’équivalent de 2 ans d’emploi à temps plein sur des fonctions classiquement confiées à un ingénieur » |
| Note requise | Au moins 10/20 après délibération, pour l’attribution des 39 ECTS |
| Jury | Au minimum quatre membres, dont un expert du domaine issu du monde industriel ou de la recherche |
| Contenu obligatoire | Une dimension internationale et une dimension RSE |
Le poids relatif dit l’essentiel : 39 ECTS pour le mémoire contre 15 pour deux ans d’expérience professionnelle validée. Le diplôme d’ingénieur se joue en très grande partie sur ce document et sur l’heure qui suit.
Les trois verrous d’inscription à l’UA mémoire
On ne s’inscrit pas au mémoire quand on se sent prêt. Le règlement pose trois conditions cumulatives, et chacune peut vous coûter un semestre entier si vous la découvrez tard.
- Avoir validé l’UE « Communication et information pour l’ingénieur – Oral probatoire ». Cette UE de 3 ECTS vérifie que le candidat a acquis les connaissances, compétences et savoir-être requis pour exercer le métier d’ingénieur. Point capital : « Le candidat ne peut se présenter plus de trois fois à l’épreuve de l’examen probatoire quelle que soit la spécialité ou le parcours. » Trois tentatives, toutes spécialités confondues — changer de parcours ne remet pas le compteur à zéro.
- Présenter un sujet de mémoire validé par le responsable du diplôme ou son représentant.
- Présenter un test externe de langue anglaise du cadre européen commun de référence. Le niveau minimal exigé pour la délivrance du diplôme est le B2, et le règlement est catégorique : sans l’UE d’anglais et le test externe, « le titre d’ingénieur ne pourra être délivré ».
Le troisième verrou est celui qui piège le plus de candidats, parce qu’il est administratif et non académique. Passer un test externe demande de s’inscrire, d’attendre une session et de recevoir un résultat : plusieurs semaines, souvent plusieurs mois. Le règlement le dit d’ailleurs explicitement, en demandant de présenter ce test « pour éviter toute difficulté au moment de la diplomation ».

Comment se choisit le sujet
Le règlement décrit le sujet comme « le résultat d’un échange entre l’élève, un représentant de son entreprise et l’enseignant responsable de la spécialité ou du parcours », formalisé par la signature d’une convention de stage.
C’est une négociation à trois, et les trois parties n’ont pas les mêmes intérêts. Votre entreprise veut un problème qui la concerne. Votre responsable de spécialité veut une problématique d’ingénierie qui laisse place à une démarche. Vous, vous avez besoin d’un périmètre tenable en parallèle d’un emploi à temps plein.
Le sujet qui satisfait les trois a une propriété simple : il porte sur un problème réel de votre organisation et il expose un arbitrage technique non trivial. Une mission d’exécution bien menée ne fait pas un mémoire d’ingénieur, même si elle a demandé six mois de travail.
Le suivi est ensuite assuré par un tuteur enseignant du Cnam, et quand c’est possible par un tuteur en entreprise. La désignation du tuteur enseignant est validée par l’enseignant responsable de la spécialité.
Les deux dimensions obligatoires : international et RSE
C’est la spécificité la plus concrète et la plus sous-estimée. Le règlement énonce que le mémoire d’ingénieur « devra intégrer obligatoirement » :
- Une dimension internationale, illustrée par un contexte, une problématique ou une bibliographie en lien avec l’international ;
- Une dimension responsabilité sociale et environnementale, démontrant la prise en compte d’enjeux environnementaux, éthiques ou sociaux dans l’approche ingénierie.
Notez la formulation de la première : le règlement accepte trois voies alternatives — le contexte, la problématique, ou la bibliographie. Une bibliographie sérieusement internationale suffit à satisfaire l’exigence formelle, ce qui est une bonne nouvelle si votre projet est franco-français. Mais un contexte international réellement argumenté — benchmark de solutions étrangères, normes internationales applicables, comparaison de pratiques — vaut évidemment mieux devant un jury où siège un industriel.
La dimension RSE, elle, n’admet pas de voie de contournement bibliographique : il faut démontrer la prise en compte d’enjeux dans l’approche ingénierie. Une section RSE ajoutée à la fin se voit. Un arbitrage technique justifié en partie par un critère environnemental, social ou éthique, intégré au corps du raisonnement, est ce qui est attendu.
À cela s’ajoute une UA « Activités liées à l’international » de 3 ECTS, elle aussi validée lors de la soutenance du mémoire.

Le jury et la soutenance
Le jury de soutenance est constitué par décision de la direction de l’EiCnam et présidé par l’enseignant responsable de la spécialité ou du parcours, qui peut déléguer cette fonction. Il comprend a minima quatre membres : le président, le tuteur académique du mémoire, un expert du domaine issu du monde industriel ou de la recherche, et un enseignant de la spécialité ou un second expert. Si le président est également le tuteur académique, un enseignant supplémentaire est ajouté.
À l’issue de la soutenance, un procès-verbal est rédigé et signé par les membres du jury, puis transmis à la direction de l’EiCnam.
La présence garantie d’un expert industriel ou de recherche oriente la préparation : les questions les plus dures ne portent pas sur la forme du document mais sur vos choix — pourquoi cette solution, à quel coût, avec quelles limites, et ce que vous feriez différemment. Nos guides sur les questions de jury en soutenance et la construction de l’oral s’appliquent, à condition d’y substituer un registre d’ingénierie.
Et si le sujet est confidentiel ?
Le cas est prévu. À la demande de l’organisme au sein duquel le mémoire a été préparé et/ou de l’auteur, et sur décision du président de jury, la soutenance du mémoire ou le mémoire lui-même peut avoir un caractère confidentiel.
La décision appartient donc au président de jury, sur demande — ce n’est ni automatique ni acquis. Pour les mécanismes généraux (clause, embargo, qui peut lire le document), notre guide du mémoire confidentiel en entreprise détaille la marche à suivre.
Ce n’est pas un PFE d’école d’ingénieur
La confusion est fréquente et coûteuse. Le projet de fin d’études d’une école d’ingénieur en formation initiale se déroule en fin de cursus, chez un commanditaire, avec un double encadrement école-entreprise. Le mémoire d’ingénieur du Cnam se prépare en emploi, adossé à une expérience professionnelle validée comme telle, avec des obligations de contenu propres.
Si c’est un PFE que vous préparez, notre guide pour rédiger son PFE en école d’ingénieur traite ce livrable-là. Et si vous n’êtes pas certain de la nature de l’écrit qu’on attend de vous, le comparatif des travaux de fin d’études situe les deux l’un par rapport à l’autre.
Ce que Tesify ne fait pas
Une précision nécessaire, parce que ce cursus se suit en travaillant, souvent sur plusieurs années, et que la pression au moment du dépôt est réelle :
- Tesify ne produit pas un mémoire remettable en l’état. La matière — votre projet, vos données industrielles, vos arbitrages — n’existe que chez vous, et votre jury comprend obligatoirement un expert du domaine.
- Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur de plagiat ou d’IA. La promesse est vide. Le contrôle n’est pas le problème : c’est le travail personnel manquant qui l’est. Sur un mémoire d’ingénieur, la vérification se fait en direct, par un industriel qui connaît le sujet et vous demande le coût de votre solution.
- Tesify ne valide pas votre sujet, ne passe pas votre oral probatoire et ne remplace pas votre test d’anglais. Ces trois verrous sont administratifs et vous appartiennent.
Ce que l’outil fait : tenir la structure d’un document long rédigé le soir et le week-end sur plusieurs mois, garder la cohérence entre la problématique validée et ce que le texte démontre à l’arrivée, et vérifier point par point que les exigences du règlement — dimension internationale, dimension RSE, démarche d’ingénierie explicite — trouvent chacune une réponse identifiable dans le mémoire plutôt qu’une mention en conclusion.
Structurez votre mémoire d’ingénieur avec Tesify — votre projet et vos données restent les vôtres.
FAQ — Le mémoire d’ingénieur du Cnam
Combien d’ECTS vaut le mémoire d’ingénieur du Cnam ?
39 ECTS, au titre d’une unité d’activités consistant en la réalisation d’un mémoire et de sa soutenance. À titre de comparaison, l’unité validant deux ans d’expérience professionnelle sur des fonctions d’ingénieur en vaut 15.
Quelles conditions faut-il remplir pour s’inscrire à l’UA mémoire d’ingénieur ?
Trois conditions cumulatives : avoir validé l’UE « Communication et information pour l’ingénieur – Oral probatoire » ; présenter un sujet de mémoire validé par le responsable du diplôme ou son représentant ; et présenter un test externe de langue anglaise reconnu, du cadre européen commun de référence.
Combien de fois peut-on passer l’oral probatoire ?
Trois fois au maximum, quelle que soit la spécialité ou le parcours. Changer de spécialité ne réinitialise pas ce nombre de tentatives, et la validation de cette UE conditionne l’inscription au mémoire.
Quel niveau d’anglais est exigé ?
Le niveau B2 du cadre européen commun de référence, attesté par un test externe, en plus de la validation de l’UE d’anglais du programme. Sans ces deux validations, le titre d’ingénieur ne peut pas être délivré.
Le mémoire doit-il vraiment contenir une partie internationale et une partie RSE ?
Oui, les deux sont obligatoires. La dimension internationale peut être illustrée par un contexte, une problématique ou une bibliographie en lien avec l’international. La dimension responsabilité sociale et environnementale doit démontrer la prise en compte d’enjeux environnementaux, éthiques ou sociaux dans l’approche ingénierie.
Qui compose le jury de soutenance ?
Au minimum quatre membres : le président — l’enseignant responsable de la spécialité ou son délégué —, le tuteur académique du mémoire, un expert du domaine issu du monde industriel ou de la recherche, et un enseignant de la spécialité ou un second expert. Les 39 ECTS sont attribués à partir d’une note d’au moins 10 sur 20 après délibération.
Un mémoire d’ingénieur du Cnam peut-il être confidentiel ?
Oui. À la demande de l’organisme d’accueil et/ou de l’auteur, et sur décision du président de jury, la soutenance ou le mémoire lui-même peut avoir un caractère confidentiel. La demande doit être formulée : ce n’est pas automatique.
