,

Le mémoire de HMONP en 2026 : mise en situation, protocole et soutenance

La HMONP — habilitation de l’architecte diplômé d’État à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre — s’obtient après une soutenance devant un jury, à l’issue d’au moins six mois de mise en situation professionnelle et d’un minimum de cent cinquante heures d’enseignement encadré. L’arrêté du 10 avril 2007 qui l’organise ne parle jamais de « mémoire » : il parle des éléments nécessaires à votre démonstration.

Cette nuance de vocabulaire explique la plus grande part de l’angoisse des candidats. On vous demande un « mémoire de HMONP », vous cherchez le format réglementaire de ce mémoire, et vous ne le trouvez pas — parce qu’il n’existe pas au niveau national. Ce qui existe, en revanche, est une définition très précise de ce que le jury vient vérifier.

Ce que dit exactement l’arrêté du 10 avril 2007

L’arrêté du 10 avril 2007 relatif à l’habilitation de l’architecte diplômé d’État à l’exercice de la maîtrise d’œuvre en son nom propre, dans sa version en vigueur, structure la formation en deux volets équivalents.

Volet Ce que l’arrêté impose Crédits
Enseignements (art. 14) « Un minimum de cent cinquante heures encadrées par des enseignants » 30 crédits européens
Mise en situation professionnelle (art. 13) « Une durée équivalant à au moins six mois à temps plein » 30 crédits européens

Les enseignements portent, aux termes de l’article 7, sur trois domaines : les responsabilités du maître d’œuvre — entreprise, déontologie, contrats, chantier —, l’économie du projet, et les réglementations et normes. Ces trois domaines ne sont pas décoratifs : ils reviennent à la soutenance, comme on va le voir.

La mise en situation professionnelle fait l’objet d’un contrat entre la structure d’accueil, le candidat et l’école, qui précise « sa rémunération, les conditions du suivi des enseignements à l’école et le détail des acquisitions attendues ». Trois éléments dans une seule phrase, et le troisième est le plus souvent négligé : les acquisitions attendues sont contractualisées dès le départ. C’est le document le plus utile de tout le dispositif, et c’est aussi celui qu’on signe sans le lire.

Chantier de construction visité pendant la mise en situation professionnelle
Six mois à temps plein minimum : la matière de votre démonstration se constitue là, pas devant l’écran.

Pourquoi il n’existe pas de format national du « mémoire »

L’article 16 est le cœur du dispositif et il tient en peu de mots : « L’habilitation de l’architecte diplômé d’État à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre est délivrée après une soutenance devant un jury », et le candidat « présente lors de sa soutenance tous les éléments nécessaires à sa démonstration ».

Aucun nombre de pages. Aucun plan type. Aucune obligation de produire un document relié — juridiquement, l’écrit est un support de la démonstration, pas l’épreuve. Chaque école nationale supérieure d’architecture définit donc son propre attendu : volume, structure, calendrier de remise, articulation avec le protocole de formation. D’une ENSA à l’autre, les formats diffèrent réellement, et c’est parfaitement régulier.

La conséquence pratique est simple : le document qui vous engage est celui de votre école, pas un modèle trouvé en ligne. C’est la hiérarchie que décrit notre annuaire des textes officiels par type de travail — le texte national fixe la nature de l’épreuve, le règlement local fixe la forme du rendu.

Ce que le jury vient réellement vérifier

La composition du jury, fixée à l’article 17, dit tout de l’exercice attendu. Il comprend au minimum cinq membres, dont au moins les deux tiers d’architectes praticiens — enseignants ou non —, un architecte-enseignant d’une autre école, et un membre proposé par le conseil régional de l’ordre des architectes. Le tuteur de la mise en situation et le directeur d’études assistent à la soutenance sans voix délibérative.

Lisez cette composition comme un cahier des charges implicite. Une majorité qualifiée de praticiens, un regard extérieur à votre école, et la présence de l’Ordre : ce jury n’évalue pas une qualité de projet architectural — vous l’avez déjà démontrée en obtenant votre diplôme d’État. Il évalue votre capacité à porter une responsabilité : signer, engager votre assurance, tenir un budget, arbitrer sur un chantier, répondre d’un contrat.

D’où la structure la plus solide pour votre démonstration : partir des objectifs que vous aviez posés dans votre protocole de formation, montrer ce que la mise en situation vous a effectivement permis d’acquérir, et traiter explicitement les trois domaines de l’article 7. Une démonstration qui parle longuement de conception et rapidement de responsabilité juridique est structurellement fragile devant ce jury-là.

Salle d'école d'architecture préparée pour une soutenance devant cinq membres de jury
Cinq membres minimum, deux tiers de praticiens, un représentant de l’Ordre : le jury évalue une responsabilité, pas un projet.

Le rôle du tuteur, et le document que vous ne rédigez pas

Un point que beaucoup de candidats découvrent tard : selon l’article 15, la période de mise en situation « est évaluée en continu » et le tuteur « transmet ses observations au directeur d’études ». Et surtout : « Ce document est porté à la connaissance des membres du jury lors de la soutenance. »

Autrement dit, une pièce que vous n’écrivez pas se trouve sur la table du jury. Elle décrit ce que vous avez réellement fait pendant six mois, vue par quelqu’un qui était là.

Cela a deux conséquences concrètes. D’abord, une démonstration qui embellit le périmètre réel de vos missions se heurte à un document contradictoire — et l’écart, lui, est fatal. Ensuite, et c’est plus utile : parlez à votre tuteur de ses observations avant la soutenance. Vous ne le pilotez pas, mais vous pouvez vous assurer que vos deux récits portent sur les mêmes missions, et anticiper les points sur lesquels il sera plus réservé que vous.

Les cas pratiques : le support prévu par le texte

L’article 12 prévoit qu’« un ou plusieurs cas pratiques servent de support, dans le cadre des enseignements théoriques et pratiques, pour assurer la maîtrise de la confrontation de la conception avec la réalité du projet et l’autonomie du candidat sur une ou plusieurs questions de mise en œuvre du projet ».

C’est la meilleure indication de méthode que donne le texte. La démonstration attendue n’est pas un traité général sur la maîtrise d’œuvre : c’est la confrontation de la conception avec la réalité du projet, sur des cas identifiés. Un dossier construit autour de deux ou trois situations réellement vécues — un avenant négocié, une entreprise défaillante, un dépassement d’enveloppe arbitré — démontre davantage qu’une revue exhaustive de la réglementation.

C’est aussi ce qui distingue cet exercice d’un travail universitaire. Si le partage vous semble encore flou, notre comparatif de la différence entre mémoire de recherche et mémoire professionnel pose le cadre général, et le comparatif des travaux de fin d’études situe la HMONP parmi les autres livrables professionnels.

Préparer l’oral

La soutenance est le moment où l’habilitation se joue, et le format des questions découle directement de la composition du jury : des praticiens vous demanderont ce que vous auriez fait autrement, ce que vous auriez refusé de signer, et comment vous auriez financé ce que vous proposez. Nos guides sur les questions de jury en soutenance et la préparation de l’oral restent applicables sur la forme, à condition de transposer le fond : ici, la bonne réponse est une décision assumée, pas une nuance méthodologique.

Ce que Tesify ne fait pas

  • Tesify ne produit pas un dossier de HMONP remettable en l’état. Votre démonstration repose sur six mois de mise en situation dont le tuteur transmet ses propres observations au jury. La matière n’existe que chez vous, et elle est contre-vérifiée par un document que vous n’écrivez pas.
  • Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur de plagiat ou d’IA. La promesse est vide. Le contrôle n’est pas le problème : c’est le travail personnel manquant qui l’est. Devant un jury composé aux deux tiers de praticiens, un dossier que vous n’avez pas construit se démonte sur la première question de responsabilité.
  • Tesify ne remplace pas le règlement de votre ENSA, qui est le seul document fixant le format attendu.

Ce que l’outil fait : structurer une démonstration écrite en parallèle d’une activité à temps plein en agence, garder la cohérence entre les objectifs posés dans votre protocole et ce que vous démontrez à l’arrivée, et vérifier que les trois domaines de l’article 7 — responsabilités, économie du projet, réglementations — trouvent chacun une réponse identifiable dans votre dossier.

Structurez votre dossier de HMONP avec Tesify — vos six mois d’agence restent les vôtres.

FAQ — Le mémoire de HMONP

Existe-t-il un format officiel du mémoire de HMONP ?

Non. L’arrêté du 10 avril 2007 prévoit une soutenance devant un jury, lors de laquelle le candidat « présente tous les éléments nécessaires à sa démonstration ». Il ne fixe ni nombre de pages, ni plan type, ni format de document. Chaque école nationale supérieure d’architecture définit son propre attendu : c’est le règlement de votre école qui vous engage.

Combien de temps dure la mise en situation professionnelle ?

Une durée équivalant à au moins six mois à temps plein, qui permet la validation de trente crédits européens. Elle s’accompagne d’un contrat entre la structure d’accueil, le candidat et l’école, précisant la rémunération, les conditions du suivi des enseignements et le détail des acquisitions attendues.

Combien d’heures d’enseignement la HMONP comporte-t-elle ?

Un minimum de cent cinquante heures encadrées par des enseignants, validant trente crédits européens. Elles portent sur les responsabilités du maître d’œuvre, l’économie du projet, et les réglementations et normes.

Qui compose le jury de la HMONP ?

Au minimum cinq membres, dont au moins les deux tiers d’architectes praticiens, enseignants ou non, un architecte-enseignant d’une autre école et un membre proposé par le conseil régional de l’ordre des architectes. Le tuteur de la mise en situation et le directeur d’études assistent à la soutenance sans voix délibérative.

Le tuteur transmet-il un avis au jury ?

Oui. La période de mise en situation est évaluée en continu et le tuteur transmet ses observations au directeur d’études ; ce document est porté à la connaissance des membres du jury lors de la soutenance. Il est donc utile d’échanger avec son tuteur avant l’oral pour que les deux récits portent sur le même périmètre de missions.

Sur quoi le jury interroge-t-il vraiment ?

Sur votre capacité à assumer la maîtrise d’œuvre en votre nom propre : responsabilité juridique, contrats, économie du projet, conduite de chantier. L’arrêté prévoit d’ailleurs que des cas pratiques servent de support pour éprouver « la confrontation de la conception avec la réalité du projet ». Une démonstration centrée sur la conception plutôt que sur la responsabilité est structurellement fragile.

Rédige ton mémoire avec l’IA

Pose ton plan, avance chapitre par chapitre et garde ta bibliographie propre.

Commencer gratuitement → Sans carte bancaire

Catégories