Le mémoire du diplôme d’expertise comptable est l’épreuve n° 3 du DEC : la rédaction puis la soutenance d’un mémoire portant sur une activité relevant de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes. Son sujet doit avoir été agréé par le jury national, il compte pour le coefficient le plus élevé du diplôme, et toute note inférieure à 10 sur 20 y est éliminatoire.
C’est la seule épreuve du DEC qui se prépare sur des mois plutôt que sur des heures, et la seule dont l’échec ne se rattrape pas par une moyenne. Un arrêté du 23 avril 2026 vient d’en réécrire les modalités : la règle change entre la session 2026 et la session de printemps 2027, et beaucoup de mémorialistes préparent aujourd’hui un dossier sous un calendrier qui ne sera plus le leur.
Qu’est-ce que l’épreuve n° 3 du DEC exactement ?
L’arrêté du 13 février 2019 relatif aux épreuves du DEC (NOR ESRS1900136A) fixe trois épreuves et leur pondération. Le mémoire est la troisième, et de loin la plus lourde.
| Épreuve | Nature | Durée | Coefficient | Note éliminatoire |
|---|---|---|---|---|
| N° 1 — Réglementation professionnelle et déontologie | Écrit sous forme de questions | 1 heure | 1 | Inférieure à 6/20 |
| N° 2 — Révision légale et contractuelle des comptes | Écrit, cas pratique | 4 h 30 | 3 | Inférieure à 6/20 |
| N° 3 — Mémoire | Rédaction et soutenance | Soutenance : 1 heure maximum | 4 | Inférieure à 10/20 |
Deux chiffres méritent d’être lus ensemble. Le mémoire pèse 4 sur un total de 8 : à lui seul, il vaut autant que les deux écrits réunis. Et son seuil éliminatoire n’est pas 6 comme ailleurs, mais 10 sur 20 — autrement dit, une note en dessous de la moyenne sur le mémoire fait échouer le diplôme quelle que soit la performance sur les écrits. Le diplôme est décerné aux candidats ayant obtenu une moyenne générale d’au moins 10 sur 20 sans note éliminatoire, sur des épreuves toutes notées sur 20.
Deux sessions sont organisées chaque année pour chacune des épreuves. Et l’inscription suppose de produire l’attestation de fin de stage prévue par le décret du 30 mars 2012 : le mémoire n’est pas un travail d’étudiant mais l’aboutissement d’un stage professionnel de trois ans, que ce même décret définit comme « l’exécution de travaux professionnels complétés par des actions de formation ».

Ce que l’arrêté du 23 avril 2026 change — et à partir de quand
L’arrêté du 23 avril 2026 (NOR ESRS2611472A, Bulletin officiel de l’enseignement supérieur et de la recherche n° 19 du 7 mai 2026) modifie l’arrêté de 2019 sur trois points. Chacun entre en vigueur à une date différente, et c’est là que se joue le risque d’erreur.
| Point modifié | Règle jusqu’à la session 2026 | Nouvelle règle | Entrée en vigueur |
|---|---|---|---|
| Dépôt de la demande d’agrément | Sujet proposé à l’agrément du jury national six mois au moins avant le début des épreuves de la session de soutenance | Délai supprimé ; l’inscription à l’épreuve requiert simplement d’avoir obtenu l’agrément, et la décision est communiquée dans un délai de deux mois à compter de la demande | Session de printemps 2027 |
| Inscription aux épreuves écrites | Obligation de s’inscrire aux épreuves n° 1 et n° 2 lors de la première inscription | Alinéa supprimé | Session de printemps 2027 |
| Conservation des notes | Toute note supérieure ou égale à 10 reportable sur demande pendant huit sessions | Toute note égale ou supérieure à 10 est conservée pendant les huit sessions suivantes, sans possibilité de repasser l’épreuve ; pour les épreuves n° 1 et n° 2, les notes comprises entre 6 et 10 peuvent aussi être conservées, sur demande | Session d’automne 2026, pour les notes obtenues au titre de cette session |
L’arrêté est explicite sur le sort de la session en cours : « Pour la session 2026, le sujet du mémoire continue à être proposé à l’agrément du jury national six mois au moins avant la date de début des épreuves de la session de soutenance. » Si vous visez une soutenance en 2026, la règle des six mois s’applique encore intégralement. Si vous visez le printemps 2027, elle ne s’applique plus — mais l’agrément doit être obtenu avant l’inscription, ce qui déplace la contrainte sans la supprimer.
Le changement le plus sous-estimé est le troisième. La conservation d’une note égale ou supérieure à 10 devient automatique et s’accompagne d’une interdiction de repasser l’épreuve concernée. Un candidat qui obtenait 11 à un écrit et espérait remonter sa moyenne en le repassant ne le pourra plus. La stratégie de session s’en trouve modifiée dès l’automne 2026.
Comment obtenir l’agrément du sujet ?
L’agrément est une décision du jury national, pas une formalité de votre cabinet. Le sujet doit relever d’une ou plusieurs des activités de l’expertise comptable ou du commissariat aux comptes — c’est la seule contrainte thématique que pose l’arrêté.
Trois règles gouvernent la durée de vie de cette décision, et elles n’ont pas été modifiées en 2026 :
- La décision accordant l’agrément a une durée de validité de quatre sessions.
- Si le mémoire n’a pas été soutenu dans ce délai, l’agrément devient caduc.
- Le dépôt d’une nouvelle demande d’agrément entraîne la renonciation définitive à tout agrément obtenu antérieurement.
Cette dernière règle est celle qui coûte le plus cher. Déposer un second sujet « pour voir » ne crée pas une option supplémentaire : elle annule la première. À partir du printemps 2027, l’arrêté ouvre en revanche deux portes explicites — en cas de refus, le candidat peut déposer une nouvelle demande ; et lorsque le jury demande des modifications du sujet, le candidat peut déposer une nouvelle demande qui en tient compte. Ces deux cas sont désormais nommés dans le texte.
Quel format pour le mémoire ? Ce que le texte ne dit pas
Il faut le dire clairement : ni l’arrêté de 2019 ni celui de 2026 ne fixent un nombre de pages, une police, un interligne ou un plan type pour le mémoire du DEC. Les chiffres qui circulent — souvent « une centaine de pages » — ne viennent pas d’un texte réglementaire.
Ils viennent des documents du jury national : la notice qui accompagne la demande d’agrément et les rapports de session. Ce sont ces documents-là qui vous engagent sur la forme, et ils sont révisés régulièrement. C’est exactement la hiérarchie décrite dans notre annuaire des textes officiels par type de mémoire : le texte national fixe la nature de l’épreuve, le document opérationnel fixe le format. Récupérez la version de votre session, pas celle qu’un collègue a utilisée deux ans plus tôt.
DEC ou DSCG : deux mémoires, deux exercices
La confusion est fréquente parce que les deux diplômes appartiennent à la même filière et que les deux épreuves s’appellent « mémoire ». Elles n’attendent pourtant pas la même chose.
| Mémoire du DSCG (UE 7) | Mémoire du DEC (épreuve n° 3) | |
|---|---|---|
| Situe le candidat | En fin de cursus, avant le stage | En fin de stage professionnel |
| Qui agrée le sujet | Procédure d’agrément propre à l’UE 7 | Le jury national du DEC |
| Coefficient dans le diplôme | Une UE parmi d’autres | 4 sur 8 |
| Seuil éliminatoire | Selon le règlement du DSCG | 10/20 — sous ce seuil, le diplôme est refusé |
Si c’est le mémoire du DSCG que vous préparez, notre guide du mémoire DSCG UE 7 traite la fiche d’agrément, le plan et la soutenance propres à cette épreuve. Le présent article ne s’adresse qu’aux mémorialistes du DEC. Et si vous hésitez plus largement sur la nature de l’écrit qu’on attend de vous, le comparatif des travaux de fin d’études replace le mémoire du DEC parmi les autres livrables professionnels.

La soutenance : une heure maximum
L’arrêté fixe une seule contrainte de durée — une heure au maximum — et laisse au jury le soin d’organiser l’échange. La composition de ce jury national est en revanche entièrement définie par l’arrêté de 2019 : le commissaire du gouvernement près le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables ou son représentant, un inspecteur général de l’éducation nationale, quatre enseignants dont deux au moins enseignant en master Comptabilité, contrôle, audit, deux experts-comptables, deux experts-comptables exerçant également comme commissaires aux comptes, et un diplômé d’expertise comptable exerçant en entreprise.
Cette composition dit ce que la soutenance vérifie : un jury où siègent des praticiens en exercice et des universitaires n’attend ni un exposé académique ni un compte rendu de mission. Il attend que vous défendiez des choix professionnels — de périmètre, de méthode, de recommandation — en sachant pourquoi vous les avez faits et ce que vous auriez pu faire autrement.
Et si vous échouez à l’épreuve n° 3 ?
Une note inférieure à 10 sur 20 au mémoire est éliminatoire : elle empêche l’obtention du diplôme, indépendamment des notes obtenues aux écrits. Vos notes égales ou supérieures à 10 aux autres épreuves sont conservées pendant les huit sessions suivantes, ce qui vous laisse quatre ans pour revenir.
La question pratique est alors : faut-il reprendre le même sujet ou en changer ? Reprendre le même sujet conserve l’agrément, tant qu’on reste dans la fenêtre de quatre sessions. En changer implique une nouvelle demande — et donc la renonciation définitive à l’agrément en cours. Le calcul se fait sur ce que le rapport de jury vous reproche : un défaut de méthode se corrige sur le même sujet, un sujet mal calibré dès l’origine ne se corrige pas.
Pour les aspects transversaux — construction d’un corpus, traitement des données de mission, appareil de citation — notre guide du mémoire en finance, comptabilité et audit reste applicable.
Ce que Tesify ne fait pas
- Tesify ne rédige pas un mémoire remettable en l’état. La matière de votre épreuve n° 3 — vos missions, vos dossiers, vos arbitrages en cabinet — n’existe que chez vous, et le jury est composé de praticiens qui le vérifieront en une heure.
- Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur de plagiat ou d’IA. La promesse est vide, et particulièrement ici : le contrôle n’est pas le problème, c’est le travail professionnel manquant qui l’est. Un mémoire qu’on ne peut pas défendre devant deux experts-comptables en exercice échoue à la soutenance, pas au contrôle.
- Tesify ne vous dispense pas d’être l’auteur, et n’obtient pas l’agrément à votre place.
Ce que l’outil fait, une fois le sujet agréé : tenir la structure d’un document long rédigé sur plusieurs mois en parallèle d’une activité à temps plein, vérifier que chaque partie du plan agréé trouve une réponse dans le texte, et calibrer un registre professionnel qui n’est ni celui du rapport de mission ni celui de l’article académique.
Structurez votre mémoire du DEC avec Tesify — une fois votre sujet agréé.
FAQ — Le mémoire du DEC
Quand faut-il déposer la demande d’agrément du sujet ?
Pour la session 2026, six mois au moins avant la date de début des épreuves de la session de soutenance. À partir de la session de printemps 2027, ce délai est supprimé : l’inscription à l’épreuve requiert simplement que l’agrément ait été obtenu, et la décision du jury est communiquée dans un délai de deux mois à compter de la demande.
Combien de temps l’agrément reste-t-il valable ?
Quatre sessions. Si le mémoire n’a pas été soutenu dans ce délai, la décision devient caduque. Déposer une nouvelle demande d’agrément entraîne par ailleurs la renonciation définitive à tout agrément obtenu antérieurement.
Combien de pages doit faire le mémoire du DEC ?
Aucun texte réglementaire ne fixe un nombre de pages. Les contraintes de format figurent dans la notice du jury national qui accompagne la demande d’agrément, ainsi que dans les rapports de session. Ce sont ces documents qu’il faut récupérer, dans leur version applicable à votre session.
Quelle note faut-il obtenir au mémoire ?
Au moins 10 sur 20. Contrairement aux épreuves n° 1 et n° 2, où le seuil éliminatoire est de 6 sur 20, toute note inférieure à 10 sur 20 à l’épreuve n° 3 est éliminatoire et empêche l’obtention du diplôme.
Combien de temps dure la soutenance ?
Une heure au maximum. L’arrêté ne fixe aucune autre contrainte de déroulement : la répartition entre exposé et questions relève du jury national.
Le mémoire du DEC est-il la même chose que le mémoire du DSCG ?
Non. Le mémoire de l’UE 7 du DSCG se prépare en fin de cursus, avant le stage d’expertise comptable. Le mémoire du DEC est l’épreuve n° 3 du diplôme final, se prépare après le stage, et son sujet est agréé par le jury national du DEC. Les deux épreuves ont des attendus et des jurys différents.
