La démographie de la profession vétérinaire en France (2026) : les chiffres de l’Atlas de l’Ordre

L’Ordre national des vétérinaires publie chaque année un Atlas démographique qui constitue la source de référence sur les effectifs et les modes d’exercice de la profession en France. Les données présentées ici sont celles de l’édition dont les chiffres sont arrêtés au 31 décembre 2024. Elles dessinent une profession en croissance, très majoritairement féminine, et traversée par une recomposition profonde de ses activités.

Jeunes vétérinaires femmes en équipe dans une clinique vétérinaire
Les femmes représentent 75,4 % des vétérinaires de moins de 40 ans.

Quelle est la part des femmes dans la profession ?

C’est la transformation la plus nette. Les femmes représentent 59,8 % de la population des vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre. Chez les moins de 40 ans, cette part monte à 75,4 %.

L’écart entre ces deux chiffres est plus instructif que chacun pris isolément : il indique que la féminisation n’est pas un état mais une dynamique en cours. La part globale continuera mécaniquement de progresser à mesure que les générations les plus anciennes, majoritairement masculines, quitteront l’exercice. L’Ordre observe d’ailleurs que ce constat s’inscrit durablement pour les décennies à venir.

Comment se répartissent les activités ?

C’est ici qu’une précaution de lecture s’impose, car deux indicateurs distincts circulent souvent mélangés.

Indicateur Valeur au 31/12/2024 Ce qu’il mesure exactement
Vétérinaires exerçant la médecine et la chirurgie des animaux de compagnie 19 380 Tous ceux qui déclarent cette activité, y compris en exercice mixte
Dont exclusivement consacrés à cette activité 12 462 Ceux qui ne déclarent aucune autre activité
Praticiens exerçant uniquement en rurale 1 121 Exercice rural exclusif seulement
Praticiens en rurale exclusive, année précédente 1 275 (2023) Même périmètre, pour comparaison
Femmes parmi les inscrits 59,8 % Ensemble des vétérinaires inscrits
Femmes parmi les moins de 40 ans 75,4 % Sous-population des moins de 40 ans

La différence entre 19 380 et 12 462 n’est pas une contradiction : elle mesure l’ampleur de l’exercice mixte. Près de 7 000 vétérinaires déclarent une activité auprès des animaux de compagnie sans s’y consacrer exclusivement. Utiliser l’un des deux chiffres pour l’autre est l’erreur la plus courante dans les travaux étudiants et les articles de presse.

Que se passe-t-il réellement sur l’exercice rural ?

Le récit habituel — « la rurale se vide » — est trop grossier pour être exact, et l’édition 2024 des données le montre bien.

D’un côté, le nombre de praticiens exerçant uniquement en rurale continue de diminuer : 1 121 vétérinaires en 2024 contre 1 275 en 2023. La tendance à l’érosion de l’exercice rural exclusif est donc confirmée.

De l’autre, l’Ordre relève que, pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre de vétérinaires déclarant une activité auprès des animaux de rente augmente nettement en 2024.

Ces deux constats ne se contredisent pas : ils décrivent une recomposition plutôt qu’un simple déclin. L’activité auprès des animaux de rente se maintient et progresse, mais elle est de moins en moins portée par des praticiens exclusivement ruraux, et de plus en plus par des vétérinaires en exercice mixte. C’est une transformation du modèle d’exercice, avec des conséquences directes sur l’organisation des gardes, le maillage territorial et les revenus.

Nous insistons sur ce point parce qu’il constitue précisément le type de nuance qu’un travail universitaire doit restituer. Écrire « le nombre de vétérinaires ruraux a diminué de 1 275 à 1 121 » est exact ; écrire « les vétérinaires abandonnent les animaux de rente » ne l’est pas, et les deux phrases s’appuient pourtant sur la même source.

Vétérinaire rurale intervenant auprès de bovins dans une exploitation agricole
L’exercice rural exclusif recule, mais l’activité auprès des animaux de rente progresse en exercice mixte.

Où consulter les données et comment les citer ?

L’Atlas démographique de l’Ordre national des vétérinaires est désormais proposé en version dématérialisée, avec cartographie interactive et filtres de recherche. C’est un outil précieux pour toute analyse territoriale, puisqu’il permet de descendre à des mailles régionales et départementales.

Trois règles de citation, valables pour tout travail académique s’appuyant sur cette source :

  • Datez systématiquement. L’Atlas publié une année porte sur des données arrêtées au 31 décembre de l’année précédente. Écrire « en 2026 » à propos de chiffres arrêtés fin 2024 est une erreur, et elle se voit.
  • Précisez le périmètre de l’indicateur. Exclusif ou non exclusif, animaux de compagnie ou animaux de rente : le libellé exact fait la validité de la comparaison.
  • Ne combinez pas deux instruments. Les chiffres de l’Ordre portent sur les vétérinaires inscrits au tableau. Ils ne se rapportent pas mécaniquement aux effectifs formés par les écoles ni aux données d’emploi issues d’autres enquêtes. Rapprocher deux sources exige de vérifier qu’elles comptent la même population.

Ce dernier point mérite un exemple concret. Les données d’insertion et de rémunération des diplômés du supérieur, que nous détaillons dans notre analyse de l’insertion professionnelle et des salaires par discipline, reposent sur des enquêtes auprès de cohortes de diplômés — une population qui n’est pas celle des inscrits à un ordre professionnel. Les deux séries éclairent des questions voisines mais ne s’additionnent pas.

Une limite de méthode à connaître

Par construction, l’Atlas décrit les vétérinaires inscrits au tableau de l’Ordre, l’inscription étant la condition d’exercice de la profession. Cette base est donc exhaustive pour l’exercice, mais elle ne renseigne pas directement sur d’autres questions fréquemment posées : le temps de travail effectif, les revenus, les départs vers d’autres secteurs sans radiation immédiate, ou le nombre de diplômés qui n’exercent pas.

Nous n’avançons volontairement aucun chiffre sur ces dimensions : elles relèvent d’autres enquêtes, et les rapprocher sans précaution produirait exactement le type de confusion d’instruments que cet article recommande d’éviter. Si votre travail porte sur l’attractivité de la profession ou sur les conditions de travail, il faudra mobiliser des sources complémentaires et le dire explicitement.

À quoi ces données servent-elles dans un travail universitaire ?

Ces chiffres constituent un excellent matériau de cadrage pour situer une question dans son contexte professionnel : démographie d’un territoire donné, évolution d’un mode d’exercice, tension sur une filière, effets de la féminisation sur l’organisation des structures.

Ils permettent surtout d’ancrer une introduction dans du réel plutôt que dans des généralités. Une thèse qui s’ouvre sur « le nombre de praticiens en rurale exclusive est passé de 1 275 à 1 121 entre 2023 et 2024 » installe immédiatement un enjeu ; une thèse qui s’ouvre sur « la profession vétérinaire connaît de profondes mutations » n’installe rien. Si vous préparez ce travail, notre guide pour rédiger sa thèse d’exercice vétérinaire détaille la manière d’articuler ce cadrage avec la contribution personnelle.

Pour les étudiants d’autres filières de santé qui s’intéressent aux démographies professionnelles comparées, la logique de lecture reste la même : identifier l’instrument, dater les chiffres, distinguer exercice exclusif et exercice mixte. C’est aussi ce qui distingue un cadrage sérieux d’un empilement de statistiques, comme le montre la méthode appliquée au mémoire de cadre de santé pour les données d’établissement.

FAQ — Démographie de la profession vétérinaire

Quelle est la part des femmes dans la profession vétérinaire en France ?

Les femmes représentent 59,8 % des vétérinaires inscrits et 75,4 % des vétérinaires de moins de 40 ans, selon l’Atlas démographique de l’Ordre, données arrêtées au 31 décembre 2024.

Combien de vétérinaires exercent auprès des animaux de compagnie ?

19 380 vétérinaires déclarent la médecine et la chirurgie des animaux de compagnie au 31 décembre 2024, dont 12 462 exclusivement. Le premier chiffre inclut les exercices mixtes, le second non.

L’exercice rural exclusif recule-t-il en France ?

Oui : 1 121 praticiens en rurale exclusive en 2024, contre 1 275 en 2023. Cette baisse concerne l’exercice exclusif et ne doit pas être confondue avec l’activité auprès des animaux de rente, qui augmente nettement en 2024.

Où consulter les données démographiques officielles de la profession ?

L’Ordre national des vétérinaires publie l’Atlas démographique, disponible en version dématérialisée avec cartographie interactive. Les données sont arrêtées au 31 décembre de l’année précédant la publication.

Ces chiffres sont-ils utiles pour une thèse d’exercice vétérinaire ?

Oui, pour situer un travail dans son contexte professionnel. Citez toujours l’année d’arrêté des données et le périmètre exact de l’indicateur, l’Atlas distinguant exercices exclusifs et mixtes.

Rédige ton mémoire avec l’IA

Pose ton plan, avance chapitre par chapitre et garde ta bibliographie propre.

Commencer gratuitement → Sans carte bancaire

Catégories