Analyse de discours : méthode et corpus pour le mémoire en SHS 2026
Votre mémoire porte sur des textes — discours politiques, entretiens, articles de presse, productions institutionnelles — et vous cherchez une méthode capable d’en révéler les mécanismes de sens profonds, bien au-delà du simple comptage thématique. L’analyse de discours méthode mémoire 2026 à la française répond précisément à ce besoin : héritière des travaux fondateurs de Dominique Maingueneau et de Michel Pêcheux, elle offre un cadre théorique et opérationnel robuste pour les sciences humaines et sociales. Ce guide vous explique comment la mettre en œuvre de A à Z, du choix du corpus jusqu’aux logiciels d’analyse.
Contrairement à l’analyse de contenu, qui vise à classer des occurrences dans des catégories prédéfinies, l’analyse de discours (AD) s’intéresse aux conditions de production du sens : qui parle, depuis quelle position institutionnelle, dans quel genre textuel, avec quels effets d’autorité ? Cette distinction fondamentale — souvent mal comprise dans les mémoires — est la première chose à maîtriser avant d’ouvrir votre premier logiciel.
1. AD vs analyse de contenu : ne pas confondre les deux
La confusion entre analyse de discours et analyse de contenu est l’une des erreurs les plus fréquentes dans les mémoires de master en SHS. Pourtant, ces deux approches reposent sur des épistémologies radicalement différentes, et les mobiliser de façon interchangeable fragilise l’ensemble de votre démarche.
| Critère | Analyse de discours (AD) | Analyse de contenu (Bardin) |
|---|---|---|
| Objet d’étude | Conditions de production du sens, positions énonciatives | Fréquence et distribution de catégories thématiques |
| Posture | Interprétative, contextualisante | Descriptive, classificatoire |
| Unité d’analyse | L’énoncé dans son contexte discursif | L’unité de codage (mot, phrase, paragraphe) |
| Rapport au sens | Le sens est construit, idéologiquement situé | Le sens est accessible par comptage et catégorisation |
| Représentants | Maingueneau, Pêcheux, Charaudeau, Authier-Revuz | Bardin, Berelson, Mucchielli |
| Rapport quantitatif | Possible (textométrie) mais non prioritaire | Central (fréquences, pourcentages) |
En termes simples : l’analyse de contenu répond à la question « qu’est-ce qui est dit, et à quelle fréquence ? », tandis que l’analyse de discours répond à « comment et depuis quelle position ce qui est dit prend-il du sens ? ». Pour un mémoire s’interrogeant sur la construction discursive d’une identité professionnelle, d’une controverse publique ou de représentations sociales, l’AD est l’outil approprié. Pour un mémoire cherchant à mesurer la présence de thèmes dans un corpus homogène, l’analyse de contenu sera plus adaptée.
2. Cadres théoriques de référence : Maingueneau et Pêcheux
L’analyse de discours à la française s’est construite autour de deux courants fondateurs dont la maîtrise est indispensable à tout mémoire se réclamant de cette approche.
2.1 Dominique Maingueneau : scénographie, ethos et genre discursif
Dans ses travaux parus dès 1979 dans la revue Repères, Maingueneau pose que le discours ne peut être analysé indépendamment de la scène d’énonciation qui lui donne sens. Cette scène comporte trois niveaux articulés :
- La scène englobante : le type de discours auquel appartient le texte (discours politique, discours médical, discours publicitaire).
- La scène générique : le genre discursif spécifique mobilisé (éditorial, rapport institutionnel, allocution, entretien semi-directif). La scène générique impose des contraintes énonciatives précises — ce qu’on peut dire, comment, à qui.
- La scénographie : la mise en scène construite par le discours lui-même, qui excède le genre et instaure un cadre énonciatif singulier. La scénographie est le dispositif par lequel un discours se valide en exhibant la scène depuis laquelle il se dit légitime.
À ces niveaux s’articule la notion d’ethos discursif : l’image de l’énonciateur que le discours construit de lui-même, indépendamment de toute biographie. L’ethos ne se déclare pas, il se montre — par le ton, le vocabulaire, les références convoquées, la posture adoptée. Dans une revue académique comme dans un rapport institutionnel, l’ethos de sérieux, de compétence ou d’impartialité est activement construit par des procédés langagiers identifiables. Comme Maingueneau le montre dans sa synthèse publiée dans Langage et société (n° 160-161, 2017, pp. 129-143), ces concepts ont été progressivement testés sur des corpus très variés, de la publicité au discours littéraire, démontrant leur robustesse opératoire pour les SHS[1].
2.2 Michel Pêcheux : formation discursive et interdiscours
Le courant initié par Michel Pêcheux à la fin des années 1960 — parfois qualifié d’Analyse du Discours à la française au sens strict — introduit une dimension idéologique explicite. Pêcheux emprunte à Foucault la notion de formation discursive (FD) : l’ensemble des contraintes qui déterminent ce qui peut et doit être dit depuis une position sociale donnée, à un moment historique donné. Deux sujets occupant des positions antagonistes dans le champ social ne produisent pas simplement deux discours différents : ils opèrent dans des formations discursives distinctes, qui déterminent le sens même des mots qu’ils emploient.
Le concept d’interdiscours est encore plus décisif : pour Pêcheux, tout discours est traversé par d’autres discours, présents sous forme de traces, de citations implicites, de présupposés. Le pré-construit — ce qui va de soi, ce qui n’a pas besoin d’être dit — est une manifestation privilégiée de l’interdiscours. Repérer le non-dit dans votre corpus est précisément l’une des tâches centrales de l’AD. Ces fondements théoriques sont accessibles dans les archives en ligne de la revue Repères, où Maingueneau en avait posé les bases définitionnelles dès 1979[2].
3. Constituer un corpus solide pour votre mémoire
Le corpus est le matériau premier de toute analyse de discours. Sa constitution n’est pas une étape technique préalable à l’analyse : c’est déjà un geste théorique, qui engage votre positionnement épistémologique. Un corpus mal construit invalide l’ensemble de la démarche.
3.1 Critères de sélection
Quatre critères structurent la constitution d’un corpus recevable en AD :
- La représentativité discursive : les textes retenus doivent être représentatifs du type de discours que vous étudiez (même genre, même institution, même espace discursif). Un corpus composite — mélangeant des communiqués officiels et des tweets de citoyens sur le même objet sans le justifier — pose des problèmes de comparabilité.
- La cohérence temporelle : sauf démarche diachronique explicitement problématisée, le corpus doit couvrir une période temporelle homogène, permettant d’isoler une formation discursive stable.
- La saturation : à partir d’un certain volume, l’ajout de nouveaux textes n’apporte plus de catégories nouvelles. Ce principe, emprunté à la théorie ancrée, s’applique aux corpus qualitatifs en AD.
- L’accessibilité et la traçabilité : chaque document du corpus doit être identifiable, daté, sourcé et, si possible, accessible en ligne (via Cairn, Persée, HAL, ou les archives institutionnelles). Cela garantit la réplicabilité et facilite le travail de votre jury.
3.2 Types de corpus selon l’objet de recherche
| Type de corpus | Exemples | Questions de recherche adaptées |
|---|---|---|
| Corpus institutionnel | Rapports, circulaires, plans stratégiques | Construction de l’identité organisationnelle, légitimation de politiques |
| Corpus médiatique | Articles de presse, éditoriaux, communiqués | Représentations sociales, cadrage journalistique |
| Corpus d’entretiens | Verbatims semi-directifs, récits de vie | Identités professionnelles, expériences vécues |
| Corpus numérique | Forums, réseaux sociaux, blogs | Discours profanes, controverses en ligne |
| Corpus littéraire/scientifique | Articles académiques, monographies, thèses | Construction de l’autorité, ethos disciplinaire |
3.3 Taille du corpus
La question de la taille est récurrente dans les mémoires. Pour une approche qualitative en AD, un corpus de 10 à 50 documents denses est généralement suffisant pour un mémoire de master. Si vous mobilisez des outils textométriques (TXM, Iramuteq), un volume d’au moins 30 000 à 50 000 mots est souhaitable pour que les calculs de spécificité et de cooccurrence soient statistiquement robustes. La cohérence prime toujours sur la quantité : un corpus de 15 rapports institutionnels minutieusement sélectionnés vaut mieux qu’un corpus de 100 textes hétéroclites.
4. Démarche pas à pas : de la problématique à l’interprétation
Voici la procédure structurée que vous pouvez suivre pour mener une analyse de discours dans le cadre de votre mémoire en SHS.
- Formuler une problématique discursive. La problématique d’une AD ne porte pas sur un phénomène social en général, mais sur la façon dont ce phénomène est construit discursivement. Exemple : non pas « comment les syndicats perçoivent-ils la réforme X ? », mais « quels dispositifs énonciatifs les syndicats mobilisent-ils pour se positionner face à la réforme X ? ».
- Choisir et justifier votre cadre théorique. Précisez si vous travaillez dans la tradition de Maingueneau (scène d’énonciation, scénographie, ethos), de Pêcheux (formation discursive, interdiscours), ou d’une articulation des deux. Ce choix doit être cohérent avec votre objet et explicité dans votre chapitre méthodologique. Voir à ce sujet notre guide sur le cadre théorique vs cadre conceptuel dans un mémoire.
- Constituer le corpus. Appliquez les critères décrits à la section précédente. Documentez chaque document : auteur, date, source, contexte de production. Créez un tableau récapitulatif à inclure en annexe.
- Préparer les données pour l’analyse assistée. Convertissez vos textes en format adapté au logiciel choisi. Pour TXM : balisage XML/TEI. Pour Iramuteq et AntConc : texte brut encodé en UTF-8, avec séparateurs de variables étoilées pour Iramuteq.
- Mener l’analyse de premier niveau. Repérez les récurrences lexicales, les isotopies, les marques énonciatives (pronoms, modalités, connecteurs argumentatifs). Créez un premier système de catégories analytiques.
- Mener l’analyse de second niveau : interprétation discursive. À partir des régularités repérées, identifiez les formations discursives à l’œuvre, les ethos construits, les présupposés et sous-entendus, les figures de l’Autre dans le discours. C’est ici que l’AD se distingue nettement d’une analyse thématique classique.
- Rédiger les résultats en articulant exemples et théorie. Chaque interprétation doit être étayée par des extraits du corpus (en italique ou entre guillemets, avec référence précise au document). Évitez les généralisations non ancrées textuellement.
Pour approfondir la rédaction du chapitre méthodologique, vous pouvez consulter notre guide sur comment rédiger le chapitre méthodologie de son mémoire de master. Consultez aussi notre article sur le mémoire en sociologie : méthodologie qualitative 2026 pour des exemples de mise en pratique dans une discipline voisine.
5. Outils et logiciels : TXM, AntConc, Iramuteq
Trois logiciels libres et gratuits dominent aujourd’hui l’analyse de corpus assistée par ordinateur dans les SHS françaises. Chacun correspond à des usages et des niveaux de compétence distincts.
5.1 TXM — La textométrie rigoureuse
TXM est un logiciel open source développé par le CNRS (laboratoire ICAR, ENS de Lyon) dans le cadre du projet ANR Textométrie. Il implémente la méthode textométrique — fondée sur l’analyse statistique des distributions lexicales — et offre un environnement complet : concordancier, calcul de spécificités, cooccurrences, progression, partition de corpus. TXM travaille nativement avec des corpus au format XML/TEI, ce qui permet d’encoder des métadonnées (auteur, date, institution) et de les exploiter comme variables de partition[3].
Pour quel mémoire ? TXM convient particulièrement aux corpus volumineux (plusieurs centaines de milliers de mots) et aux recherches nécessitant une comparaison fine entre sous-corpus (par exemple : évolution diachronique du discours d’une institution, ou comparaison entre plusieurs locuteurs). Sa courbe d’apprentissage est plus élevée ; des tutoriels sont disponibles sur le site MATE-SHS du CNRS.
5.2 AntConc — L’accessibilité pour les débutants
AntConc (développé par Laurence Anthony, Waseda University) est un concordancier multiplatforme fonctionnant avec des fichiers texte brut. Sa prise en main est rapide — quelques heures suffisent pour maîtriser les fonctions essentielles : liste de fréquences, concordancier KWIC (Keyword in Context), calcul des n-grammes, analyse de collocations. AntConc est idéal pour les premiers mémoires intégrant une composante textométrique, notamment en sciences du langage, en communication ou en sociologie.
Limite principale : AntConc ne permet pas de travailler avec des métadonnées structurées ni de réaliser des analyses statistiques avancées. Pour dépasser la description lexicale et atteindre une véritable analyse discursive, il faudra articuler les résultats AntConc avec une lecture interprétative approfondie des concordances.
5.3 Iramuteq — La classification et les représentations sociales
Iramuteq (Interface de R pour les Analyses Multidimensionnelles de Textes et de Questionnaires) fonctionne en interface avec le langage R et propose un ensemble d’analyses complémentaires : classification hiérarchique descendante (méthode Reinert), analyse de similitude, nuage de mots lexicométriques, et analyse de correspondances. Sa force réside dans la capacité à identifier des classes de discours homogènes à l’intérieur d’un corpus, ce qui en fait un outil privilégié pour les recherches sur les représentations sociales et les logiques discursives groupales. Des ressources méthodologiques sont disponibles sur le site officiel d’Iramuteq ainsi que sur MATE-SHS.

- Vous débutez, corpus de taille modeste (<100 000 mots) : AntConc pour la description lexicale + lecture qualitative approfondie.
- Vous travaillez sur des représentations sociales ou des entretiens : Iramuteq (classification Reinert).
- Vous avez un grand corpus structuré avec métadonnées, ou vous faites une thèse : TXM.
6. Intégrer l’AD dans votre chapitre méthodologie
L’analyse de discours n’échappe pas à l’obligation de justification méthodologique. Votre chapitre méthodologie doit explicitement répondre aux questions suivantes :
6.1 Justification du choix de l’AD
Expliquez en quoi votre objet de recherche appelle une approche discursive plutôt que d’autres méthodes qualitatives. Si votre question porte sur la construction linguistique du sens (et non sur des comportements, des pratiques ou des vécus), l’AD est légitime. Référencez les auteurs de référence (Maingueneau, Pêcheux, Charaudeau, ou les théoriciens critiques comme Fairclough ou van Dijk si vous mobilisez une perspective internationale) pour ancrer votre démarche dans un champ reconnu.
Pour situer l’AD dans une réflexion plus large sur les méthodes qualitatives en SHS, consultez notre guide complet sur la recherche qualitative pour le mémoire et la thèse.
6.2 Présentation du corpus
Décrivez le corpus de façon précise : nombre de documents, volumétrie en mots, période couverte, critères d’inclusion et d’exclusion, mode de collecte. Un tableau synthétique est apprécié. Justifiez également les exclusions éventuelles : pourquoi tel document n’a-t-il pas été retenu ? La transparence sur les choix de constitution du corpus est un marqueur de rigueur scientifique.
6.3 Description de la procédure analytique
Détaillez les catégories analytiques que vous avez retenues (par exemple : identification des marqueurs d’ethos, repérage des formations discursives, analyse des présuppositions) et comment vous les avez construites. Précisez si vos catégories sont prédéfinies (approche déductive, fondée sur le cadre théorique) ou émergentes (approche inductive, construites au fil de l’analyse). La plupart des mémoires en AD adoptent une démarche abductive, combinant les deux.
6.4 Réflexivité et limites
L’AD est une démarche interprétative : elle ne prétend pas à l’objectivité totale. Votre chapitre méthodologie doit inclure une section sur les limites de la démarche : risque d’interprétation surplombante, limites liées à la représentativité du corpus, biais potentiels liés à votre propre position de chercheur. Cette réflexivité n’est pas une faiblesse : c’est un signe de maturité scientifique. Pour aller plus loin sur la dimension épistémologique, notre article sur la méta-analyse : méthode complète pour mémoire et thèse offre une perspective complémentaire sur la rigueur analytique en SHS.
Enfin, si vous souhaitez gagner du temps sur la mise en forme et la cohérence stylistique de votre mémoire, Tesify peut vous aider à calibrer le registre académique et à structurer vos chapitres sans décider à votre place.
FAQ
Quelle est la différence entre l’analyse de discours et l’analyse de contenu ?
L’analyse de contenu (Bardin) vise à quantifier des catégories thématiques prédéfinies dans un corpus. L’analyse de discours s’intéresse aux conditions de production du sens : qui parle, depuis quelle position, selon quelles contraintes génériques et idéologiques. L’AD traite le texte comme un événement discursif ancré dans un contexte historique et social, là où l’analyse de contenu reste plus proche d’une logique de classification. Le tableau comparatif en section 1 de cet article détaille les critères de différenciation.
Combien de textes faut-il pour constituer un corpus d’analyse de discours ?
Il n’existe pas de seuil universel. Un corpus qualitatif en AD peut comprendre entre 10 et 50 documents selon la densité des textes et l’objectif analytique. L’essentiel est la cohérence : les textes doivent partager un même espace discursif (même genre, même institution, même moment historique). Pour une analyse textométrique avec TXM ou Iramuteq, un minimum de 30 000 à 50 000 mots est souhaitable. Un corpus trop hétérogène affaiblit la comparabilité et la validité des interprétations.
TXM, AntConc ou Iramuteq : quel logiciel choisir pour son mémoire ?
TXM (CNRS, open source) est idéal pour la textométrie rigoureuse sur des corpus balisés XML/TEI. AntConc est plus accessible pour des corpus en texte brut et convient aux débutants. Iramuteq se distingue pour les analyses de représentations sociales et la classification hiérarchique descendante (méthode Reinert). Pour un mémoire de master, Iramuteq ou AntConc sont généralement suffisants ; TXM s’impose pour les thèses avec corpus volumineux et structurés.
Qu’est-ce que la formation discursive au sens de Pêcheux ?
Chez Michel Pêcheux, la formation discursive (FD) désigne l’ensemble des contraintes idéologiques qui déterminent ce qui peut et doit être dit depuis une position sociale donnée. Inspiré de Foucault et Althusser, Pêcheux montre que le sens d’un énoncé n’est jamais intrinsèque : il résulte de la place occupée dans l’interdiscours, c’est-à-dire dans l’ensemble des discours déjà tenus qui traversent et conditionnent tout nouveau discours.
Comment intégrer l’analyse de discours dans le chapitre méthodologie d’un mémoire ?
Dans votre chapitre méthodologie, présentez : (1) votre ancrage théorique (AD à la française, auteurs de référence), (2) les critères de constitution du corpus et sa justification, (3) la procédure d’analyse (catégories retenues : scénographie, ethos, formation discursive, etc.), (4) les outils utilisés et leur pertinence, (5) les limites de la démarche (subjectivité interprétative, représentativité du corpus). Chaque choix doit être justifié par rapport à votre problématique.
L’analyse de discours est-elle compatible avec une approche quantitative ?
Oui. L’AD n’est pas exclusivement qualitative. La textométrie (TXM, Iramuteq) permet d’associer traitement statistique des fréquences lexicales et interprétation qualitative des énoncés. Cette combinaison est particulièrement valorisée dans les mémoires en SHS car elle renforce la rigueur méthodologique et permet de travailler sur des corpus de plusieurs centaines de milliers de mots.
Peut-on analyser des données issues de réseaux sociaux avec l’AD ?
Oui, à condition de respecter les contraintes éthiques (anonymisation, conditions d’utilisation des plateformes) et de justifier la cohérence discursive du corpus. Les tweets, posts ou commentaires constituent des genres discursifs à part entière, avec leurs propres contraintes énonciatives. Il convient de consulter votre directeur de mémoire et, le cas échéant, votre comité d’éthique institutionnel avant toute collecte automatisée de données.

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