30 sujets de mémoire en soins infirmiers gériatriques 2026

Les stages en gériatrie, en EHPAD, en unité de soins de longue durée ou en équipe mobile de gériatrie ouvrent un terrain riche pour un mémoire infirmier ou un TFE, mais le sujet reste souvent à préciser au-delà du simple constat « le vieillissement de la population ». Cette liste propose 30 sujets classés par thème, chacun avec une question de recherche de départ à ancrer dans une situation de stage réellement vécue.

Comment utiliser cette liste

Comme pour tout sujet de mémoire infirmier, chaque piste ci-dessous doit être resserrée à partir d’une situation d’appel observée en stage plutôt que choisie uniquement pour son intérêt théorique. Une même piste peut donner lieu à des problématiques très différentes selon qu’elle est abordée en EHPAD, en unité de soins de longue durée, en service de court séjour gériatrique ou au domicile de la personne âgée : le terrain concret dont dispose l’étudiant doit orienter le choix final autant que le thème lui-même. Vérifier avec son formateur référent que le terrain envisagé est réellement accessible dans le temps du mémoire reste une étape à ne pas sauter, quel que soit l’enthousiasme suscité par le sujet.

Autonomie et dépendance (sujets 1 à 5)

  1. Le maintien de l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne en EHPAD. Question de recherche : comment les pratiques soignantes concilient-elles le respect du rythme et des capacités résiduelles du résident avec les contraintes d’organisation du service ?
  2. L’évaluation de la dépendance et son influence sur le projet de soin personnalisé. Question de recherche : comment les résultats d’une grille d’évaluation de la dépendance se traduisent-ils concrètement dans les objectifs du projet de soin individualisé ?
  3. La stimulation cognitive dans le maintien de l’autonomie. Question de recherche : quelles activités de stimulation cognitive l’infirmier ou l’équipe soignante intègrent-ils au quotidien, et avec quels effets perçus sur l’autonomie fonctionnelle ?
  4. Le syndrome de glissement chez la personne âgée hospitalisée. Question de recherche : quels signes précoces l’équipe infirmière identifie-t-elle pour repérer un syndrome de glissement avant son installation complète ?
  5. L’accompagnement du retour à domicile après une hospitalisation. Question de recherche : quels facteurs l’infirmier prend-il en compte pour évaluer la faisabilité réelle d’un retour à domicile après une hospitalisation prolongée ?

Prévention des chutes et sécurité (sujets 6 à 10)

  1. La prévention des chutes en unité de soins de longue durée. Question de recherche : quelles mesures de prévention des chutes sont réellement mises en œuvre au quotidien, au-delà des protocoles écrits ?
  2. La contention physique et son encadrement éthique. Question de recherche : comment l’équipe soignante arbitre-t-elle entre la prévention du risque de chute et le respect de la liberté de mouvement du résident ?
  3. L’aménagement de l’environnement comme outil de prévention. Question de recherche : quelles adaptations de l’environnement matériel les équipes identifient-elles comme les plus efficaces pour réduire le risque de chute ?
  4. Le vécu de la personne âgée après une chute. Question de recherche : comment évolue le comportement de mobilisation d’une personne âgée après une chute, et quel rôle l’infirmier joue-t-il dans la reconstruction de la confiance ?
  5. L’iatrogénie médicamenteuse et le risque de chute. Question de recherche : dans quelle mesure l’infirmier participe-t-il à la détection d’un lien entre une prescription récente et une augmentation du risque de chute chez la personne âgée ?
Infirmière aidant une personne âgée à marcher en toute sécurité en EHPAD, illustration d'un mémoire en soins infirmiers gériatriques
La prévention des chutes est un terrain déjà bien documenté, mais riche en tensions pratiques à explorer.

Troubles cognitifs et démence (sujets 11 à 15)

  1. La communication avec une personne atteinte de troubles cognitifs sévères. Question de recherche : quelles techniques de communication non verbale l’infirmier mobilise-t-il lorsque le langage verbal devient difficile à mobiliser pour la personne soignée ?
  2. La gestion des troubles du comportement en unité spécialisée. Question de recherche : comment l’équipe soignante distingue-t-elle un trouble du comportement lié à une souffrance non exprimée d’un trouble directement lié à la pathologie neurodégénérative ?
  3. L’accompagnement des familles face au diagnostic de démence. Question de recherche : quel rôle l’infirmier joue-t-il dans l’accompagnement de la famille au moment de l’annonce ou de l’évolution du diagnostic ?
  4. Les activités thérapeutiques non médicamenteuses dans la prise en charge de la démence. Question de recherche : comment ces activités sont-elles intégrées au projet de soin individuel, et par qui sont-elles évaluées ?
  5. Le maintien du lien social de la personne atteinte de troubles cognitifs. Question de recherche : quelles pratiques soignantes favorisent le maintien d’interactions sociales significatives malgré l’avancée des troubles cognitifs ?

Fin de vie et soins palliatifs (sujets 16 à 20)

  1. L’accompagnement de la fin de vie en EHPAD. Question de recherche : comment l’équipe soignante d’un établissement non spécialisé en soins palliatifs organise-t-elle l’accompagnement d’un résident en fin de vie ?
  2. La douleur de la personne âgée en fin de vie et son évaluation. Question de recherche : quels outils d’évaluation de la douleur sont mobilisés lorsque la personne présente des troubles cognitifs qui limitent l’auto-évaluation ?
  3. Les directives anticipées et leur prise en compte réelle. Question de recherche : dans quelle mesure les directives anticipées rédigées par la personne âgée influencent-elles concrètement les décisions de soin en fin de vie ?
  4. L’épuisement professionnel des soignants face à la fin de vie répétée. Question de recherche : comment les soignants d’unités accueillant fréquemment des fins de vie décrivent-ils leur propre vécu émotionnel de ces situations répétées ?
  5. L’accompagnement des proches après le décès en institution. Question de recherche : quelles pratiques d’accompagnement des familles endeuillées l’équipe soignante met-elle en œuvre après un décès survenu en établissement ?
Soignant tenant la main d'une personne âgée en fin de vie, illustration pour un mémoire en soins infirmiers gériatriques
L’accompagnement de fin de vie reste un terrain exigeant sur le plan éthique, autant pour le résident que pour l’équipe soignante elle-même.

Polymédication et sécurité du traitement (sujets 21 à 25)

  1. La polymédication et le rôle de vigilance de l’infirmier. Question de recherche : comment l’infirmier repère-t-il et signale-t-il un risque d’interaction médicamenteuse chez une personne âgée polymédiquée ?
  2. L’observance thérapeutique de la personne âgée à domicile. Question de recherche : quels freins à l’observance du traitement l’infirmier libéral identifie-t-il le plus fréquemment chez ses patients âgés ?
  3. La déprescription chez la personne âgée fragile. Question de recherche : quel rôle l’infirmier joue-t-il dans le repérage des situations où une démarche de déprescription pourrait être envisagée avec le médecin traitant ?
  4. La gestion des piluliers et l’autonomie dans la prise médicamenteuse. Question de recherche : comment l’infirmier évalue-t-il le moment où une personne âgée à domicile perd la capacité à gérer seule son traitement ?
  5. Les erreurs médicamenteuses en établissement gériatrique. Question de recherche : quels facteurs organisationnels favorisent ou préviennent les erreurs médicamenteuses dans un service à forte charge de travail ?

Bientraitance, institution et lien social (sujets 26 à 30)

  1. La bientraitance au quotidien en EHPAD. Question de recherche : comment les soignants définissent-ils concrètement la bientraitance dans les gestes ordinaires du soin, au-delà de la définition institutionnelle ?
  2. Le repérage de situations de maltraitance en institution. Question de recherche : quels signes d’alerte l’équipe soignante identifie-t-elle, et quelles difficultés rencontre-t-elle pour les signaler ?
  3. L’adaptation de l’accueil en EHPAD pour les personnes âgées migrantes vieillissantes. Question de recherche : quelles adaptations culturelles et linguistiques les équipes mettent-elles en œuvre pour l’accueil de résidents d’origine étrangère ?
  4. Le sentiment de solitude de la personne âgée institutionnalisée. Question de recherche : quelles pratiques soignantes contribuent à réduire le sentiment de solitude exprimé par certains résidents malgré la présence continue de personnel ?
  5. La collaboration entre l’équipe soignante et les bénévoles en établissement gériatrique. Question de recherche : comment se répartissent en pratique les rôles entre soignants et bénévoles autour de l’accompagnement relationnel du résident ?

Resserrer une piste en problématique

Chacune de ces 30 pistes reste un thème à affiner, pas une problématique achevée. Le resserrement suit la même logique que pour tout mémoire infirmier : préciser le terrain exact accessible (EHPAD, unité de soins de longue durée, domicile, court séjour gériatrique), vérifier la faisabilité éthique de l’enquête envisagée auprès de personnes âgées parfois vulnérables ou présentant des troubles cognitifs, et reformuler le thème en question de recherche précise plutôt qu’en constat général déjà connu.

Un point de vigilance propre à ce terrain

Enquêter auprès de personnes âgées présentant des troubles cognitifs ou une grande vulnérabilité suppose des précautions éthiques renforcées, en particulier sur le consentement à participer à une étude et sur l’adaptation du mode de recueil (entretien court, présence d’un proche, recueil par observation plutôt que par questionnaire direct). De nombreux sujets de cette liste peuvent aussi être traités en interrogeant les professionnels ou les proches aidants plutôt que les personnes âgées elles-mêmes, ce qui reste tout aussi légitime selon la question posée et allège sensiblement les contraintes éthiques du protocole.

Ce que ces sujets ont en commun avec la pédiatrie

Les deux extrémités de la vie partagent, sur le plan méthodologique, des contraintes similaires pour un mémoire infirmier : dans les deux cas, la population étudiée peut présenter des difficultés à s’exprimer directement (le très jeune enfant d’un côté, la personne âgée atteinte de troubles cognitifs de l’autre), ce qui pousse souvent vers un recueil auprès des professionnels ou des proches, ou vers une méthode d’observation directe plutôt qu’un questionnaire déclaratif classique. Un étudiant hésitant entre ces deux terrains gagnera à comparer les sujets disponibles dans les deux domaines avant de choisir, plutôt que de se limiter au premier stage effectué.

Anticiper la question du terrain avant de s’engager

Au-delà de l’intérêt du thème, la question la plus concrète reste souvent celle de l’accès au terrain d’enquête : un établissement peut refuser l’accès à ses résidents pour une étude étudiante, en particulier lorsque le sujet touche à des questions sensibles comme la contention, la maltraitance ou la fin de vie. Solliciter l’accord de principe d’un cadre de santé ou d’une direction d’établissement le plus tôt possible dans le processus, avant même de finaliser la problématique, évite de devoir reformuler entièrement un sujet pourtant prometteur faute d’accès réel au terrain envisagé.

Questions fréquentes

Faut-il avoir fait un stage en gériatrie pour choisir un sujet dans ce domaine ?

Ce n’est pas une obligation stricte, mais c’est fortement recommandé : un sujet ancré dans une situation vécue en stage est presque toujours plus solide et plus facile à défendre en soutenance qu’un sujet choisi uniquement par intérêt théorique.

Peut-on interroger directement des résidents atteints de troubles cognitifs ?

C’est possible mais suppose des précautions éthiques renforcées (consentement adapté, présence d’un proche, méthode de recueil simplifiée). Beaucoup de TFE en gériatrie interrogent plutôt les professionnels ou les aidants, ce qui reste une approche légitime.

Ces sujets conviennent-ils à un TFE infirmier ou seulement à un mémoire de spécialisation en gérontologie ?

La plupart conviennent aux deux, avec un niveau d’approfondissement différent : le TFE infirmier de fin d’IFSI reste généralement plus descriptif, tandis qu’un mémoire de spécialisation en gérontologie peut mobiliser un cadre théorique et une méthodologie plus développés.

Pour la construction méthodologique une fois le sujet resserré, l’échantillon et l’échantillonnage suivent la méthode générale détaillée dans le guide sur l’échantillon en soins infirmiers, et le sentiment d’auto-efficacité des soignants face à des situations exigeantes, souvent pertinent sur les thèmes de la fin de vie ou de l’épuisement professionnel, peut être mesuré avec l’échelle générale présentée dans le guide sur l’échelle GSE d’auto-efficacité. Pour un terrain comparable en pédiatrie plutôt qu’en gériatrie, la liste équivalente de sujets en soins infirmiers pédiatriques suit la même logique de construction.

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