Vous avez tapé « mémoire master santé publique structure IMRAD » dans un moteur de recherche parce que votre directeur de mémoire vous a renvoyé un premier jet avec une remarque du type : « Revoyez le plan, on ne sait pas où commencent vos résultats. » Rassurez-vous, c’est l’un des retours les plus fréquents en santé publique, et il se corrige avec une méthode claire.
En santé publique, le jury ne lit pas votre mémoire comme un essai. Il le lit comme un article scientifique : il veut savoir quel problème vous étudiez, comment vous l’avez étudié, ce que vous avez trouvé et ce que cela change. Ce découpage porte un nom, IMRAD, et il structure aussi bien les mémoires de l’EHESP que ceux des masters de santé publique de l’Université de Bordeaux, d’Aix-Marseille ou de la Sorbonne.
Ce guide vous accompagne section par section, avec ce que chaque partie doit contenir, ce qu’elle ne doit surtout pas contenir, et un exemple fil rouge pour rendre tout cela concret.
Pourquoi IMRAD s’impose en santé publique
IMRAD est l’acronyme international de « Introduction, Methods, Results, and Discussion », soit en français Introduction, Méthodes, Résultats et Discussion. L’École des hautes études en santé publique (EHESP) le présente comme le modèle pour organiser les rapports de stage, thèses et mémoires de recherche. C’est le format de référence dans le domaine médical et en santé publique, pour une raison simple : il calque la démarche scientifique elle-même.
Concrètement, IMRAD répond à quatre questions que se pose tout lecteur scientifique :
- Introduction : pourquoi cette étude était-elle nécessaire ?
- Méthodes : comment avez-vous procédé, et pourrait-on refaire la même chose ?
- Résultats : qu’avez-vous observé, factuellement ?
- Discussion : que signifient ces observations, et qu’en faire ?
L’intérêt pour vous est double. D’abord, votre jury sait exactement où chercher chaque information, ce qui rend sa lecture plus fluide et son évaluation plus juste. Ensuite, si vous visez une publication ou un doctorat, votre mémoire est déjà presque au format d’un article soumis à une revue.

Le plan type d’un mémoire master santé publique en structure IMRAD
Avant d’entrer dans le détail, voici la vue d’ensemble. Gardez ce tableau sous les yeux pendant toute la rédaction : il vous évitera de glisser un résultat dans l’introduction ou une interprétation dans les résultats.
| Partie | Contenu attendu | Ce qu’il ne faut pas y mettre |
|---|---|---|
| Pages liminaires | Page de garde, résumé et abstract, mots-clés | Remerciements interminables, jargon non défini |
| Introduction | Contexte, revue de littérature, problème de santé publique, question de recherche ou objectifs | Vos propres résultats |
| Méthodes | Devis, terrain, population, critères d’inclusion et d’exclusion, outils de collecte, analyses, éthique | Justifications théoriques longues, résultats |
| Résultats | Description de l’échantillon, résultats par objectif, tableaux et figures | Interprétation, comparaison avec la littérature |
| Discussion | Confrontation à la littérature, forces, limites, implications et recommandations | Nouveaux résultats non présentés plus haut |
| Sections finales | Références normées, annexes (outils de recueil, grilles d’entretien, consentements) | Sources non citées dans le texte |
Pour illustrer chaque section, prenons un exemple fil rouge : Léa, étudiante en master de santé publique à l’Université de Bordeaux, étudie les freins à la vaccination contre les papillomavirus chez les parents de collégiens en Gironde.
Structurez votre mémoire IMRAD sans page blanche. L’Éditeur IA de Tesify vous aide à reformuler vos paragraphes en langage académique, à développer un concept trop survolé et vous donne un retour en temps réel sur la cohérence de votre texte, directement dans le navigateur. Export en PDF, Word ou LaTeX quand vous êtes prêt à rendre.
L’introduction : du contexte à la question de recherche
Selon l’EHESP, l’introduction expose la revue de la littérature existante, identifie le problème de santé publique ou la lacune de connaissances, et formule la question de recherche ou les objectifs principaux. C’est une progression en entonnoir : on part du large pour arriver au précis.
Poser le contexte et le fardeau du problème
Commencez par montrer pourquoi votre sujet compte pour la santé de la population. Quel est le poids de la maladie, du comportement ou de l’inégalité que vous étudiez ? Appuyez-vous sur des sources institutionnelles et des publications récentes, chiffres sourcés à l’appui. Léa, par exemple, ouvrirait sur l’enjeu des cancers liés aux papillomavirus et sur les politiques vaccinales nationales.
Synthétiser la littérature
Dans un mémoire IMRAD, la revue de littérature est intégrée à l’introduction, elle ne forme pas une grande partie théorique autonome comme dans certains mémoires de sciences humaines. Elle doit être synthétique et orientée : chaque étude citée sert à montrer ce que l’on sait déjà et, surtout, ce que l’on ne sait pas encore. Chaque paragraphe gagne à suivre une logique idée, preuve, interprétation, lien, comme le détaille notre guide sur l’architecture d’un paragraphe de mémoire.
Identifier la lacune et formuler la question
L’introduction se termine par la lacune de connaissances, puis par la question de recherche et les objectifs. Une question trop large est le premier piège : « les freins à la vaccination en France » n’est pas un sujet de master. « Quels freins à la vaccination HPV déclarent les parents de collégiens girondins ? » l’est déjà davantage. Si vous peinez à resserrer votre sujet, appuyez-vous sur notre méthode pour délimiter le sujet d’un mémoire avec des bornes et des critères clairs.
Formulez ensuite un objectif principal et, si nécessaire, deux ou trois objectifs secondaires. Ils vont structurer toute la suite : chaque objectif devra trouver sa méthode, son résultat et sa discussion.

Les méthodes : écrire pour être reproductible
La section Méthodes est celle que les jurys de santé publique scrutent le plus. Le guide de la HES-SO la résume ainsi : elle décrit de manière reproductible la conception de l’étude (study design), le terrain ou contexte, la population cible, ainsi que les critères d’inclusion et d’exclusion. Le test est simple : un autre étudiant pourrait-il refaire votre étude à partir de cette seule section ?
Le devis de l’étude
Nommez précisément votre devis : étude transversale descriptive, cohorte, cas-témoins, étude qualitative par entretiens semi-directifs, méthodes mixtes, revue systématique. Ne vous contentez pas d’un « j’ai fait une enquête ». Léa écrirait par exemple qu’elle a mené une étude qualitative par entretiens semi-directifs auprès de parents, complétée ou non par un questionnaire.
Le terrain et la population
Décrivez le lieu, la période et la population cible. Puis listez noir sur blanc les critères d’inclusion et d’exclusion, ainsi que la méthode d’échantillonnage ou de recrutement. C’est ici que beaucoup de mémoires perdent des points, faute de précision sur qui a été inclus et pourquoi.
Les outils de collecte
Questionnaire, grille d’entretien, extraction de bases de données, observation : présentez chaque outil, sa construction et, le cas échéant, sa validation ou son test préalable. Placez l’outil complet en annexe et renvoyez-y dans le texte.
L’analyse des données
Pour une étude quantitative, indiquez les tests statistiques, le seuil de significativité choisi et le logiciel utilisé. Notre guide pour choisir le bon test statistique selon votre plan de recueil s’applique très bien aux enquêtes en santé publique. Pour une étude qualitative, décrivez la méthode d’analyse (analyse thématique, analyse de contenu) et les procédures qui garantissent la rigueur, comme la triangulation ou le double codage, que nous détaillons dans notre article sur la validité et la fiabilité en recherche qualitative.
Les considérations éthiques
Consentement des participants, anonymisation, protection des données, avis éventuel d’un comité d’éthique : cette sous-partie est attendue dans toute recherche impliquant des personnes. Renseignez-vous tôt auprès de votre établissement sur les démarches réglementaires, car elles peuvent conditionner le démarrage du terrain.
Les résultats : montrer sans interpréter
La règle d’or tient en une phrase, empruntée là encore à la HES-SO : cette partie présente de façon objective et neutre les données brutes et les analyses obtenues. Pas de « ce résultat est inquiétant », pas de « comme l’avait montré tel auteur ». Vous décrivez, point.
Commencer par l’échantillon
Ouvrez sur la description de votre population : nombre de participants, caractéristiques sociodémographiques, éventuel diagramme de flux montrant les inclusions et les exclusions. Le lecteur doit savoir à qui s’appliquent vos résultats avant de les découvrir.
Suivre l’ordre des objectifs
Présentez ensuite les résultats dans le même ordre que vos objectifs. Un objectif, une sous-partie. Si Léa a deux objectifs (identifier les freins, puis repérer les sources d’information des parents), sa section Résultats comptera deux sous-parties correspondantes.
Tableaux, figures et texte
Utilisez les tableaux pour les données détaillées et les figures pour les tendances. Le texte ne doit pas répéter chaque valeur du tableau : il met en avant les résultats principaux et renvoie au tableau. En qualitatif, organisez par thèmes et illustrez avec des verbatims courts, anonymisés.
La discussion : donner du sens et des recommandations
C’est la partie où vous prouvez votre maturité scientifique. D’après la HES-SO, elle expose les forces et les limites méthodologiques de l’étude, ainsi que les implications pratiques, managériales ou les recommandations pour les politiques de santé publique. Une structure en cinq temps fonctionne très bien :
- Rappel du résultat principal en deux ou trois phrases, sans répéter toute la section Résultats.
- Confrontation à la littérature : vos résultats confirment-ils, nuancent-ils ou contredisent-ils les études antérieures ? Proposez des explications.
- Forces de l’étude : originalité du terrain, qualité de l’outil, taille ou diversité de l’échantillon.
- Limites : biais de sélection, de mémoire, de désirabilité sociale, représentativité, transférabilité. Soyez honnête, le jury valorise la lucidité bien plus qu’une étude présentée comme parfaite.
- Implications et recommandations : pour les politiques de santé publique, les pratiques des professionnels, et les recherches futures.
Pour Léa, les recommandations pourraient concerner la communication des centres de vaccination ou le rôle des infirmiers scolaires. Elles doivent découler directement de ses résultats, jamais de convictions personnelles. Les jurys de disciplines voisines sanctionnent d’ailleurs souvent ce glissement, comme le montre notre analyse des motifs de refus d’un mémoire de psychologie.
Pages liminaires, références et annexes
Le corps IMRAD ne constitue pas à lui seul le mémoire. Il est encadré par des éléments obligatoires.
Avant l’introduction
- La page de garde : titre, auteur, formation, établissement, directeur de mémoire, année.
- Le résumé bilingue (français et anglais), idéalement lui-même structuré en IMRAD : contexte, méthodes, résultats, conclusion.
- Les mots-clés, choisis de préférence dans un thésaurus médical reconnu pour faciliter l’indexation.
Après la discussion
- La conclusion, si votre établissement l’exige, courte et tournée vers les perspectives.
- Les références bibliographiques, dans la norme demandée, souvent Vancouver en santé, parfois APA.
- Les annexes : questionnaire, grille d’entretien, formulaire de consentement, tableaux complémentaires.
La bibliographie est un poste chronophage. Tesify génère automatiquement vos références en Vancouver, APA, MLA ou Chicago et vérifie l’originalité de votre texte en le comparant à des sources académiques comme HAL, TEL ou Cairn.info, ce qui vous laisse plus de temps pour soigner votre discussion.
Les erreurs qui coûtent des points
| Erreur | Pourquoi c’est sanctionné | Correction |
|---|---|---|
| Interpréter dans les résultats | Brouille la frontière entre faits et analyse | Déplacer tout commentaire vers la discussion |
| Méthodes trop vagues | L’étude n’est pas reproductible | Préciser devis, critères, outils, analyses |
| Revue de littérature hypertrophiée | Dilue la question de recherche | Garder uniquement les travaux utiles à la lacune |
| Limites absentes ou expédiées | Donne une impression de manque de recul | Consacrer une sous-partie argumentée aux limites |
| Recommandations hors sol | Elles ne découlent pas des données | Relier chaque recommandation à un résultat |
| Objectifs non repris | Le fil logique se perd | Un objectif = un résultat = un point de discussion |
Si vous venez des soins infirmiers et préparez un master en pratique avancée ou en santé publique, notez que les attentes diffèrent sensiblement de celles d’un TFE : notre comparatif TFE IFSI et mémoire de master en pratique avancée fait le point.
Dans quel ordre rédiger ?
L’ordre de lecture n’est pas l’ordre d’écriture. Voici la séquence qui fonctionne le mieux pour la plupart des étudiants :
- Méthodes en premier, idéalement dès le protocole, avant même le recueil des données.
- Résultats dès que les analyses sont terminées, tableaux et figures d’abord, texte ensuite.
- Discussion, une fois les résultats stabilisés.
- Introduction, réécrite à la fin pour qu’elle annonce exactement ce que le mémoire démontre.
- Résumé, titre et mots-clés en tout dernier.
Cette méthode évite l’écueil classique d’une introduction rédigée en début d’année, qui promet un mémoire que les données ne permettent plus de tenir.
Conclusion
La structure IMRAD n’est pas une contrainte arbitraire : c’est une grille de lecture partagée par toute la communauté de santé publique. Une introduction qui mène à une question précise, des méthodes reproductibles, des résultats neutres et une discussion lucide, assortie de recommandations ancrées dans vos données, voilà ce qu’un jury attend d’un mémoire master santé publique en structure IMRAD. Reprenez le tableau du plan type, vérifiez chaque section avec la liste des erreurs fréquentes, et avancez partie par partie plutôt que de tout réécrire d’un coup.
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Questions fréquentes
Que signifie IMRAD dans un mémoire de santé publique ?
IMRAD est l’acronyme international de Introduction, Methods, Results, and Discussion, soit Introduction, Méthodes, Résultats et Discussion. C’est le modèle de référence pour organiser les mémoires de recherche et les articles scientifiques dans le domaine médical et en santé publique.
La revue de littérature est-elle une partie séparée dans un mémoire IMRAD ?
Non, en règle générale elle est intégrée à l’introduction. Elle doit rester synthétique et servir à montrer ce que l’on sait déjà, puis à identifier la lacune de connaissances qui justifie votre question de recherche. Vérifiez toutefois les consignes propres à votre formation.
Peut-on utiliser la structure IMRAD pour un mémoire qualitatif ?
Oui. La logique reste la même : les méthodes décrivent le devis qualitatif, le terrain, les critères de sélection des participants, la grille d’entretien et la méthode d’analyse, les résultats sont organisés par thèmes avec des verbatims, et la discussion confronte ces thèmes à la littérature.
Où placer les considérations éthiques dans un mémoire IMRAD ?
Elles figurent dans la section Méthodes, généralement en dernière sous-partie. Vous y présentez le consentement des participants, l’anonymisation, la protection des données et l’éventuel avis d’un comité d’éthique, et vous placez les formulaires de consentement en annexe.
Quelle différence entre la partie résultats et la partie discussion ?
Les résultats présentent les données de façon neutre et objective, sans interprétation, en commençant par la description de l’échantillon. La discussion interprète ces résultats, les compare à la littérature, analyse les forces et les limites de l’étude et formule des recommandations.
Quels éléments ajouter en dehors des quatre parties IMRAD ?
Le mémoire comprend des pages liminaires (page de garde, résumé bilingue et mots-clés) et des sections finales : références bibliographiques normées et annexes, comme les outils de recueil, les grilles d’entretien et les formulaires de consentement.
