Un étudiant de master qui a rendu, l’année précédente, un dossier très bien noté sur la gouvernance des PME se pose presque toujours la même question au moment d’ouvrir son mémoire : peut-on citer son propre travail dans un mémoire, voire en reprendre des pages entières ? La réponse est oui pour la citation, non pour le recyclage silencieux. Entre les deux se trouve une frontière précise que les règlements universitaires nomment l’auto-plagiat.
Cette frontière n’a rien d’intuitif. Beaucoup d’étudiants pensent qu’un texte dont ils sont les auteurs leur appartient sans restriction. Or, du point de vue académique, un travail déjà évalué a déjà produit ses effets : il a donné lieu à une note, à des crédits ou à une publication. Le présenter à nouveau comme inédit revient à tromper le jury sur l’originalité de la contribution.
Les sections qui suivent répondent, chacune de manière autonome, aux questions concrètes : ce que dit la définition officielle, ce qui est permis, comment demander l’autorisation, comment rédiger la référence et comment vérifier son texte avant le dépôt.
Peut-on citer son propre travail dans un mémoire sans risque ?
Oui, citer son propre travail dans un mémoire est parfaitement légitime dès lors que la référence est explicite, autorisée et proportionnée. Le risque n’apparaît que lorsque l’on réutilise un texte déjà évalué sans le signaler, ou lorsque l’on reprend une part substantielle d’un travail antérieur pour obtenir une nouvelle note.
Il faut donc distinguer deux gestes très différents :
- Citer : renvoyer à un travail antérieur, en résumer les résultats, s’appuyer sur une méthode déjà éprouvée, en mentionnant clairement la source. C’est une pratique scientifique normale, que les chercheurs confirmés utilisent couramment.
- Recycler : copier des sections entières d’un dossier, d’un mémoire de M1 ou d’un article dans le nouveau document, sans mention ou en comptant sur la mention pour justifier une reprise massive. C’est ce que les règlements sanctionnent.
Trois conditions cumulatives rendent l’auto-citation conforme : l’accord préalable de l’enseignant ou du directeur, une référence bibliographique complète et une reprise limitée au strict nécessaire, de préférence reformulée. Que vous soyez inscrit à la Sorbonne, à Sciences Po ou dans une ENS, le réflexe reste le même : consulter la charte anti-plagiat de votre établissement avant de réutiliser quoi que ce soit.

Qu’est-ce que l’auto-plagiat universitaire ?
L’auto-plagiat, aussi appelé recyclage de travaux, désigne la réutilisation d’un travail personnel déjà soumis, évalué ou publié, pour une nouvelle évaluation, sans autorisation et sans citation correcte de la source. Le fait d’en être l’auteur ne change rien : c’est l’absence de transparence envers le jury qui constitue la faute.
L’Université de Genève en donne une définition précise dans son dispositif d’intégrité académique : « L’auto-plagiat consiste à réutiliser tout ou partie d’un travail personnel déjà soumis et évalué (dans le cadre d’un précédent cours, d’un autre semestre ou d’une publication antérieure) pour une nouvelle évaluation, sans l’autorisation de l’enseignant et sans citer correctement la source » (Université de Genève).
Cette définition contient quatre éléments qu’il est utile d’isoler :
- Un travail personnel antérieur : dossier, exposé écrit, mémoire de licence ou de M1, rapport, article.
- Déjà soumis, évalué ou publié : le texte a déjà été pris en compte dans une évaluation ou diffusé.
- Une nouvelle évaluation : le texte réapparaît dans un travail noté.
- L’absence d’autorisation et de citation : c’est le cœur de l’infraction.
La citation seule ne suffit d’ailleurs pas à rendre acceptable la reprise d’un devoir complet. Les règlements de l’Université d’Ottawa qualifient d’infraction « le fait de soumettre un même travail ou une partie importante d’un même travail pour obtenir des crédits à plusieurs reprises » (Université d’Ottawa). Chaque travail évalué doit apporter une contribution originale. Ce motif fait partie des causes de rejet que l’on retrouve dans toutes les disciplines, comme le détaille notre analyse sur les motifs pour lesquels un mémoire de droit est recalé.
Rédiger sans confondre citation et recyclage : Tesify est une plateforme d’écriture de mémoire assistée par l’IA, avec éditeur intelligent, templates académiques et export PDF, Word ou LaTeX. Sa bibliographie automatique génère vos références en APA 7e édition, MLA, Chicago ou Vancouver, y compris pour vos propres travaux antérieurs, et les organise dans votre document. Inscription gratuite, sans carte bancaire.
Quels travaux antérieurs peut-on réutiliser ?
Presque tous les travaux antérieurs peuvent être mobilisés comme sources, mais leur statut détermine les précautions à prendre. Un travail simplement évoqué se cite ; un travail dont on veut prolonger la recherche exige en plus l’accord du directeur ; un travail publié impose de vérifier les droits cédés à l’éditeur.
| Travail antérieur | Réutilisation envisageable ? | Précaution principale |
|---|---|---|
| Mémoire de M1 prolongé en M2 | Oui, comme point de départ | Accord du directeur, citation, reformulation des parties reprises |
| Dossier ou devoir d’un autre cours | Oui, pour une idée ou un résultat | Ne pas réinsérer le devoir entier ; citer comme travail non publié |
| Rapport de stage | Oui, pour le terrain et les observations | Distinguer clairement la partie descriptive de l’analyse nouvelle |
| Article publié en revue | Oui, par renvoi et synthèse | Vérifier le contrat d’édition avant toute reprise longue ou de figures |
| Données d’enquête collectées auparavant | Oui, sous conditions | Signaler l’origine des données, respecter le consentement initial |
| Communication orale ou poster de colloque | Oui | Citer la communication comme toute autre référence |
Le cas du rapport de stage mérite une attention particulière, car la tentation de le transformer directement en mémoire est forte. Le passage d’un document descriptif à un travail de recherche suppose une problématique, un cadre théorique et une analyse inédite, comme l’explique notre guide pour transformer son stage en mémoire de recherche en gestion.
Pour les données, la question de l’auto-plagiat se double d’une question de protection des personnes : des données recueillies pour un premier travail ne peuvent pas toujours être réutilisées pour un second sans réexaminer le consentement et l’anonymisation. Notre article consacré au RGPD et à l’anonymisation d’un jeu de données réel détaille ces précautions.

Pourquoi faut-il l’accord du directeur de mémoire ?
L’accord préalable du directeur de mémoire est requis parce que c’est lui qui juge si la reprise d’un travail antérieur reste compatible avec l’exigence d’originalité. Sans cet accord, même une reprise citée peut être considérée comme une double soumission. Avec cet accord, le prolongement d’une recherche devient une démarche transparente et valorisable.
Les recommandations d’intégrité académique sont explicites : « Si vous devez impérativement vous appuyer sur l’une de vos recherches antérieures ou prolonger un travail précédent, vous devez : 1. Demander l’autorisation au préalable à l’enseignant responsable de l’évaluation actuelle » (Evaluo). Le mot important est « au préalable » : une régularisation après le dépôt ne protège pas l’étudiant.
Que mettre dans la demande d’autorisation ?
Une demande écrite, par courriel, laisse une trace utile en cas de contestation. Elle gagne à contenir :
- l’identification précise du travail antérieur : intitulé, cours ou diplôme, semestre, statut (évalué, publié, non publié) ;
- la nature de la reprise envisagée : idée, méthode, données, résultats, passages rédigés ;
- l’ampleur approximative de la reprise, exprimée qualitativement (quelques paragraphes méthodologiques, un tableau de résultats) ;
- la manière dont le nouveau mémoire dépasse le travail antérieur : nouvelle question, nouveau corpus, analyse approfondie.
Que faire si le directeur refuse ?
Un refus ne signifie pas l’interdiction de mentionner le travail antérieur. Il impose seulement de repartir d’une rédaction neuve : vous pouvez toujours citer le dossier ou le mémoire précédent comme source, en résumer brièvement l’apport, puis construire une contribution réellement distincte.
Comment citer son propre travail selon les normes APA, Chicago ou Vancouver ?
On cite son propre travail exactement comme celui de n’importe quel autre auteur : nom, initiale du prénom, année, titre, nature du document et institution. La norme retenue est celle de la discipline ou de l’établissement. Aucune mention spéciale du type « travail personnel » ne remplace la référence complète.
La consigne est formulée sans ambiguïté : il faut « citer formellement votre propre source (selon les normes bibliographiques en vigueur dans votre discipline, ex. APA, Chicago, etc.) de la même manière que vous le feriez pour n’importe quel autre auteur » (Evaluo).
À quoi ressemble une référence à son propre mémoire non publié ?
Voici des exemples fictifs, construits pour illustrer la structure de chaque norme :
- APA 7e édition : Dupont, C. (2025). Les mobilités douces en zone périurbaine [Mémoire de master 1 non publié]. Université de Lyon.
- Chicago (auteur-date) : Dupont, Claire. 2025. « Les mobilités douces en zone périurbaine ». Mémoire de master 1, Université de Lyon.
- Vancouver : Dupont C. Les mobilités douces en zone périurbaine [mémoire de master 1]. Lyon : Université de Lyon ; 2025.
Comment formuler l’auto-citation dans le corps du texte ?
Dans le texte, l’usage académique français privilégie une formulation neutre : « Dans un travail antérieur (Dupont, 2025), nous avions observé que… ». Cette formule signale au jury l’origine du résultat et marque clairement ce qui relève du nouveau mémoire. Si vous reprenez une phrase à l’identique, elle doit figurer entre guillemets, avec la référence et, selon la norme, la page.
La référence figure ensuite dans la bibliographie, au même rang que les autres sources. Un outil comme la bibliographie automatique de Tesify évite les incohérences de format lorsque l’on mélange travaux publiés, mémoires non publiés et communications.
Combien de texte peut-on reprendre et comment reformuler ?
Il faut reprendre le moins de texte possible : le strict nécessaire, généralement limité au rappel d’une méthode ou d’un protocole. Même cité, un copier-coller massif reste déconseillé. La bonne pratique consiste à synthétiser son travail antérieur en quelques phrases nouvelles et à renvoyer vers la source pour le détail.
L’INSA Lyon le résume ainsi : « Les emprunts doivent se limiter au strict nécessaire […] le copier-coller massif de texte brut reste fortement déconseillé, même avec une citation : il est préférable de reformuler vos propos et de renvoyer vers votre article » (INSA Lyon).
Quelles techniques de reformulation fonctionnent ?
- Changer de niveau de détail : un chapitre de dix pages devient un paragraphe de synthèse qui ne retient que les résultats utiles à la nouvelle problématique.
- Changer d’angle : présenter le travail antérieur comme un élément de l’état de la question, aux côtés d’autres auteurs, plutôt que comme une section autonome. Notre guide sur la rédaction d’un état de l’art montre comment intégrer ses propres résultats dans une synthèse critique.
- Actualiser : confronter les conclusions d’hier aux travaux parus depuis, ce qui transforme la reprise en apport.
- Expliciter la continuité : un chapeau d’introduction peut annoncer que le chapitre prolonge une recherche antérieure, comme le permettent les techniques présentées dans notre article sur le chapeau, la conclusion partielle et la transition.
Quand une reprise littérale reste-t-elle acceptable ?
La description d’un protocole expérimental, d’un instrument de mesure ou d’une procédure de codage peut difficilement être réécrite sans perte de précision. Dans ce cas, une reprise courte, signalée et autorisée est admise. La règle de prudence reste la même : guillemets ou mention explicite, référence complète, et aucune reprise des parties d’analyse ou de discussion, qui doivent être entièrement neuves.
Que faire si le travail a déjà été publié dans une revue ?
Si votre travail a été publié chez un éditeur ou dans une revue, il faut vérifier le contrat d’édition avant d’en reprendre de longs extraits ou des figures. En cas de cession des droits patrimoniaux, une reprise in extenso sans autorisation de l’éditeur peut poser un problème juridique, indépendamment des règles académiques.
Les guides de rédaction académique rappellent que la cession de droits à une maison d’édition limite la liberté de l’auteur sur son propre texte : y puiser de longs passages peut créer un litige entre l’éditeur et l’auteur. Concrètement :
- relisez la licence ou le contrat signé lors de la publication ;
- consultez la politique de l’éditeur concernant la réutilisation dans une thèse ou un mémoire, souvent prévue explicitement ;
- pour une figure ou un tableau, demandez une autorisation écrite si nécessaire et indiquez « reproduit avec l’autorisation de… » sous l’élément ;
- en cas de doute, préférez la synthèse et le renvoi, qui ne posent aucune difficulté de droits.
Cette double contrainte, académique et juridique, explique pourquoi la reformulation reste la stratégie la plus sûre pour un article déjà paru.
Comment vérifier son mémoire avant le dépôt ?
Avant le dépôt, il faut contrôler trois points : chaque reprise d’un travail antérieur est autorisée, chaque reprise figure dans la bibliographie avec une référence complète, et le texte ne présente pas de similitudes non signalées avec vos anciens documents. Un passage au détecteur de similitudes permet de repérer les oublis.
Quelle liste de contrôle appliquer ?
- Lister tous les travaux antérieurs mobilisés, même brièvement.
- Conserver la trace écrite de l’accord du directeur de mémoire.
- Vérifier que chaque travail listé apparaît dans la bibliographie, dans la norme retenue.
- Relire chaque passage repris : est-il reformulé, ou placé entre guillemets avec référence ?
- S’assurer que l’analyse, la discussion et la conclusion sont entièrement nouvelles.
- Lancer une analyse de similitudes sur le document final.
Si votre ancien mémoire a été déposé dans une archive ouverte ou dans la base de votre établissement, les logiciels de détection utilisés par les jurys sont susceptibles de le retrouver. Le vérificateur Tesify Anti-Plagiat compare votre texte en temps réel avec des sources académiques comme HAL, TEL, Cairn.info ou Persée, ce qui permet de repérer avant le jury les passages qui ressemblent trop à un travail déjà diffusé.
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Questions fréquentes
Peut-on reprendre son mémoire de M1 dans son mémoire de M2 ?
Oui, comme point de départ, si le directeur de mémoire l’autorise au préalable. Le mémoire de M1 doit être cité dans le texte et dans la bibliographie, les passages repris doivent être reformulés ou signalés, et le mémoire de M2 doit apporter une analyse nouvelle plutôt qu’une version allongée du premier.
L’auto-plagiat est-il sanctionné comme le plagiat ?
Les règlements universitaires le traitent comme une infraction à l’intégrité académique. Soumettre un même travail ou une partie importante d’un même travail pour obtenir des crédits à plusieurs reprises constitue une infraction disciplinaire. La sanction dépend du règlement de chaque établissement et de la gravité de la reprise.
Faut-il citer son rapport de stage dans son mémoire ?
Oui, si le mémoire s’appuie sur des observations, des données ou des analyses déjà présentées dans un rapport de stage évalué. Le rapport se cite comme un document non publié, et le mémoire doit clairement distinguer la description du terrain, déjà rendue, de l’analyse de recherche, qui doit être inédite.
Peut-on réutiliser ses propres données d’enquête ?
Oui, à condition de signaler leur origine, d’obtenir l’accord du directeur et de vérifier que le consentement initial des participants couvre ce nouvel usage. L’anonymisation doit également être réexaminée, car une nouvelle analyse peut rendre des personnes identifiables.
Un logiciel anti-plagiat détecte-t-il l’auto-plagiat ?
Il peut le détecter si le travail antérieur figure dans sa base de comparaison, par exemple après un dépôt en archive ouverte, une publication ou un archivage par l’établissement. Le logiciel signale des similitudes ; c’est ensuite le jury qui apprécie si la reprise est citée, autorisée et proportionnée.
Doit-on mettre ses propres travaux dans la bibliographie ?
Oui. Tout travail antérieur mobilisé, publié ou non, doit figurer dans la bibliographie selon la norme de la discipline, au même titre que les sources d’autres auteurs. Une mention vague dans l’introduction ne remplace pas une référence complète.
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