Le nombre de thèses soutenues par an en France tient dans une fourchette étroite. Selon le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur (SIES), il oscille entre 14 000 et 15 200 soutenances par an depuis plusieurs années. Le dernier point connu, environ 14 900 docteurs diplômés en 2025, se situe exactement dans cette bande.
Derrière cette stabilité, les trois dernières années sont plus mouvementées. On observe un record en 2023 avec 15 187 doctorats délivrés, puis un recul de 3,0 % en 2024 (14 727 thèses), puis un rebond de 1,0 % en 2025. Ce dossier rassemble les chiffres officiels et explique ce que chacun mesure réellement. Il indique aussi comment les citer proprement dans un mémoire ou une thèse.
Toutes les données proviennent des publications du SIES, la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques du ministère. Aucune estimation extérieure n’a été ajoutée. Les seuls calculs sont des opérations arithmétiques simples, signalées comme telles.
Les chiffres clés en un tableau
Le tableau ci-dessous réunit les six indicateurs officiels les plus utiles pour décrire la production doctorale française. Chaque ligne renvoie à la même source institutionnelle : les notes statistiques du SIES publiées sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
| Indicateur | Valeur | Période | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Docteurs diplômés | environ 14 900 | 2025 | +1,0 % par rapport à 2024 |
| Thèses soutenues | 14 727 (arrondi : 14 700) | 2024 | −3,0 % par rapport à 2023 (note flash n° 2025-14) |
| Doctorats délivrés | 15 187 | 2023 | Année record, effet de rattrapage post-crise sanitaire |
| Fourchette annuelle | 14 000 à 15 200 | Depuis plusieurs années | Volume structurellement stable |
| Thèses soutenues en moins de 40 mois | environ 42 % | Donnée récente SIES | Durée légale théorique : 36 mois |
| Doctorants inscrits | un peu moins de 70 000 | Stock | Dont 16 000 à 17 000 primo-inscrits par an |
Ces six lignes suffisent pour planter le décor d’une introduction ou d’un chapitre de contexte. Elles ne se lisent toutefois pas toutes de la même façon. Certaines décrivent un flux annuel (les soutenances), d’autres un stock (les inscrits), d’autres encore une distribution (les durées). Les sections suivantes détaillent chaque cas.
Vous citez ces chiffres dans votre mémoire ? Une note statistique ministérielle se référence comme un rapport institutionnel : auteur collectif, titre, numéro de note, date et URL. La bibliographie automatique de Tesify génère ce type de référence en APA 7e édition, MLA, Chicago ou Vancouver en un clic. Elle donne aussi accès à des millions d’articles via Google Scholar, PubMed, HAL et Cairn.info pour compléter votre revue de littérature.

2023-2025 : un record, un recul, un rebond
Les trois dernières années publiées dessinent une courbe en V aplati. Le SIES ne présente pas 2023 comme une tendance de fond. Il y voit une anomalie conjoncturelle : 15 187 doctorats ont été délivrés cette année-là, un record lié notamment au rattrapage des soutenances décalées par la crise sanitaire et au décalage des calendriers universitaires.
| Année | Volume | Variation annuelle | Lecture du SIES |
|---|---|---|---|
| 2023 | 15 187 doctorats délivrés | Record | Rattrapage post-crise sanitaire |
| 2024 | 14 727 thèses soutenues | −3,0 % | Recul après le pic |
| 2025 | environ 14 900 docteurs diplômés | +1,0 % | Rebond |
Pourquoi le recul de 2024 n’est pas un effondrement
Un titre comme « les soutenances de thèse en baisse de 3 % » peut sembler alarmant. Replacé dans son contexte, il l’est beaucoup moins. Le point de comparaison, 2023, était gonflé par des soutenances reportées des années précédentes. Une partie de la baisse correspond donc mécaniquement à la fin de cet effet de rattrapage. Les 14 727 thèses de 2024 restent d’ailleurs dans la fourchette habituelle de 14 000 à 15 200.
Un rebond modeste en 2025
La hausse de 1,0 % en 2025 porte le total à environ 14 900 docteurs diplômés. C’est un retour vers le haut de la fourchette, sans retrouver le niveau exceptionnel de 2023. Une variation de cette ampleur reste faible au regard des fluctuations ordinaires. Il serait prématuré d’y voir une dynamique de croissance. Le piège est le même que celui de la surinterprétation de résultats dans un mémoire : donner un sens fort à un écart minime.
Le nombre de thèses soutenues par an en France sur le moyen terme
Sur plusieurs années, le nombre de thèses soutenues par an en France varie peu. Le SIES le résume ainsi : le volume « oscille globalement entre 14 000 et 15 200 par an ». L’écart entre le bas et le haut de la fourchette est de 1 200 soutenances (simple soustraction). Cela reste limité à l’échelle d’un système qui forme plusieurs dizaines de milliers de doctorants.
Cette stabilité a trois conséquences pratiques pour qui utilise ces chiffres :
- Comparer des moyennes, pas des années isolées. Une année atypique comme 2023 peut fausser toute comparaison si elle sert de point de départ.
- Contextualiser chaque variation. Une baisse de 3 % ou une hausse de 1 % s’explique souvent par des effets de calendrier plutôt que par un changement d’attractivité du doctorat.
- Préférer une fourchette à un chiffre unique. Dans une introduction, écrire « environ 14 000 à 15 200 thèses par an » est plus robuste qu’un chiffre isolé, qui sera vite dépassé.
Pour situer ce volume dans l’ensemble de l’enseignement supérieur, il est utile de le rapprocher des effectifs en amont. Les chiffres de master posent des problèmes de périmètre comparables, comme le montre notre analyse sur les effectifs de master et ce que comptent vraiment les chiffres officiels.

Docteurs, thèses, doctorats : ce que chaque chiffre compte
Les publications du SIES emploient trois formulations selon les années : « docteurs diplômés » (2025), « thèses soutenues » (2024) et « doctorats délivrés » (2023). Dans le langage courant, elles désignent la même réalité : une thèse soutenue avec succès donne lieu à la délivrance du diplôme de doctorat. Dans un travail académique, mieux vaut pourtant reprendre la formulation exacte de la source.
| Formulation | Ce qu’elle met en avant | Exemple |
|---|---|---|
| Thèses soutenues | L’événement : la soutenance | 14 727 en 2024 |
| Doctorats délivrés | L’acte administratif : le diplôme | 15 187 en 2023 |
| Docteurs diplômés | La personne qui obtient le titre | environ 14 900 en 2025 |
14 700 ou 14 727 ?
Pour 2024, la même source donne deux valeurs : 14 700 et 14 727. Il ne s’agit pas d’une contradiction. 14 700 est l’arrondi à la centaine de 14 727. Dans un tableau ou une analyse chiffrée, la valeur exacte est préférable. Dans un texte de présentation, l’arrondi suffit. L’important est de ne pas mélanger les deux dans un même calcul de variation.
Ne pas confondre avec les bases de signalement
Les chiffres du SIES sont des statistiques administratives sur les diplômes délivrés. Une base documentaire comme theses.fr recense des signalements de thèses, avec sa propre couverture et sa propre chronologie. Les deux ne se superposent pas. Les différences de périmètre sont détaillées dans notre article sur theses.fr en chiffres et ce que son moteur compte vraiment. Pour un chiffre de cadrage national, la source de référence reste le SIES.
Durée réelle d’une thèse : 36 mois en théorie, davantage en pratique
La durée de référence d’un doctorat est de trois ans, soit 36 mois. Les données du SIES montrent que ce calendrier est l’exception plutôt que la règle. Environ 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois. Par complément, plus d’une thèse sur deux dépasse ce seuil, qui laisse pourtant déjà quatre mois de marge par rapport à la durée théorique.
Les écarts entre disciplines sont nets. Le SIES les décrit ainsi :
| Grand domaine | Délai de soutenance |
|---|---|
| Sciences exactes et applications | Généralement plus court |
| Sciences du vivant | Généralement plus court |
| Sciences humaines et sociales (SHS) | Nettement plus long |
Plusieurs facteurs, souvent évoqués dans la littérature sur le doctorat, peuvent expliquer ces écarts : modes de financement, place du travail en laboratoire et forme du manuscrit, plus proche d’un ouvrage en SHS. Le SIES ne les détaille pas dans les chiffres retenus ici. Il faut donc les présenter comme des hypothèses d’explication, pas comme des résultats établis.
À retenir : la durée légale de 36 mois est un cadre administratif, pas une moyenne observée. Avec environ 42 % de soutenances en moins de 40 mois, le doctorat « en trois ans » reste minoritaire, surtout en SHS.
Le vivier : un peu moins de 70 000 doctorants
Les soutenances annuelles sont le débit de sortie d’un système plus large. Selon le SIES, la France compte un peu moins de 70 000 doctorants inscrits dans les écoles doctorales. Environ 16 000 à 17 000 d’entre eux sont des primo-inscrits en première année.
| Indicateur | Nature | Valeur |
|---|---|---|
| Doctorants inscrits | Stock (toutes années confondues) | un peu moins de 70 000 |
| Primo-inscrits | Flux d’entrée annuel | 16 000 à 17 000 |
| Docteurs diplômés | Flux de sortie annuel | environ 14 900 (2025) |
Pourquoi on ne peut pas en déduire un taux d’abandon
Il est tentant de rapprocher les 16 000 à 17 000 entrées annuelles des quelque 14 900 diplômés de 2025 et d’y lire un taux d’échec. Ce raccourci est méthodologiquement fragile. Les docteurs de 2025 ne sont pas entrés la même année que les primo-inscrits de 2025. Comme la majorité des thèses dépasse 40 mois, ils appartiennent à des cohortes d’entrée différentes. Un vrai taux d’abandon exige un suivi de cohorte : on suit les inscrits d’une même année jusqu’à leur sortie. Les chiffres réunis ici ne permettent pas ce suivi.
On peut en revanche noter, sans extrapoler, que le flux d’entrée est un peu supérieur au flux de sortie. C’est cohérent avec un système où les durées s’allongent au-delà de trois ans et où une partie des inscrits ne va pas jusqu’à la soutenance.
Citer ces statistiques dans un mémoire
Les chiffres du doctorat apparaissent souvent en introduction de mémoires de sciences de l’éducation, de sociologie de l’enseignement supérieur ou d’économie de la recherche. Quelques règles évitent les erreurs les plus fréquentes :
- Citer la source primaire. Renvoyez à la note du SIES, par exemple la note flash n° 2025-14 pour 2024, plutôt qu’à un article de presse qui la reprend.
- Reprendre la formulation exacte. « Thèses soutenues », « doctorats délivrés » ou « docteurs diplômés » : gardez le terme de la source.
- Dater chaque chiffre. Un volume sans année est inutilisable, surtout quand une année record comme 2023 se trouve dans la série.
- Distinguer stock et flux. Les 70 000 doctorants ne se comparent pas directement aux 14 900 diplômés.
- Signaler les arrondis. Indiquez « environ » quand la source le fait, comme pour 2025.
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Questions fréquentes
Combien de thèses sont soutenues chaque année en France ?
Selon le SIES, le nombre de thèses soutenues en France oscille entre 14 000 et 15 200 par an depuis plusieurs années. En 2025, environ 14 900 docteurs ont été diplômés.
Pourquoi 2023 est-elle une année record pour les doctorats ?
En 2023, 15 187 doctorats ont été délivrés. Le SIES explique ce record par un effet de rattrapage post-crise sanitaire, qui avait décalé de nombreuses soutenances, et par le décalage des calendriers universitaires.
Le nombre de thèses soutenues a-t-il baissé en 2024 ?
Oui. En 2024, 14 727 thèses ont été soutenues, soit 3,0 % de moins qu’en 2023. Ce recul s’explique surtout par la comparaison avec une année 2023 exceptionnelle. Le volume reste dans la fourchette habituelle et repart à la hausse de 1,0 % en 2025.
Combien de temps dure réellement une thèse en France ?
La durée de référence est de 36 mois, mais seules environ 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois selon le SIES. Les délais sont plus courts en sciences exactes et en sciences du vivant, et nettement plus longs en sciences humaines et sociales.
Combien y a-t-il de doctorants en France ?
La France compte un peu moins de 70 000 doctorants inscrits dans les écoles doctorales. Environ 16 000 à 17 000 nouveaux doctorants s’inscrivent en première année chaque année.
