Exemple de thèse d’exercice en chirurgie dentaire : modèle annoté section par section (2026)

Contrairement au mémoire de master, l’aboutissement des études de chirurgie dentaire en France est une thèse d’exercice, préparée pendant le troisième cycle court (sixième année), dont la soutenance conditionne l’obtention du diplôme d’État de docteur en chirurgie dentaire. Beaucoup d’étudiants découvrent tard que l’exercice attendu ressemble davantage à un mémoire de recherche clinique qu’à une thèse de doctorat au sens académique du terme. Voici sa structure exacte, section par section, avec un modèle annoté sur un sujet clinique construit pour l’exemple.

Modèle anatomique dentaire et articles scientifiques pour la revue de littérature d'une thèse
Le chapitre généralités reste souvent le plus développé d’une thèse d’exercice.

Thèse d’exercice, pas mémoire : ce que le nom recouvre vraiment

La thèse d’exercice en chirurgie dentaire n’est pas une thèse de doctorat de recherche au sens où l’entend une école doctorale : elle sanctionne la fin d’un cursus professionnalisant et ouvre le droit d’exercer, à la manière de la thèse d’exercice de médecine ou de pharmacie. Sa longueur (variable selon les facultés et le type de sujet) et son exigence méthodologique restent proches de celles d’un mémoire de master recherche, avec une spécificité : le sujet est très souvent ancré dans une problématique clinique directement rattachée à la pratique odontologique, et le candidat travaille fréquemment sous la direction d’un praticien hospitalo-universitaire du service où il a réalisé son stage clinique.

Deux grandes familles de sujets reviennent : la thèse à visée clinique ou épidémiologique (étude de cas, série de cas, étude rétrospective sur dossiers, enquête auprès de patients ou de praticiens) et la thèse bibliographique ou de revue de littérature, qui fait le point sur une question clinique précise sans recueil de données original. Les deux suivent la même architecture générale, avec un chapitre résultats plus ou moins développé selon le type de travail. Un troisième format, moins fréquent mais accepté dans plusieurs facultés, combine les deux approches : une revue de littérature approfondie complétée par une petite série de cas illustrative, sans prétention statistique.

La structure attendue, section par section

1. Introduction

Le contexte clinique du sujet, son enjeu pour la pratique odontologique, et l’annonce de la problématique. Une introduction de thèse d’exercice reste généralement courte (deux à quatre pages), contrairement à un mémoire de sciences humaines où l’introduction peut occuper une part plus importante du document.

2. Généralités / revue de la littérature

Le chapitre le plus développé dans la plupart des thèses d’exercice : rappel anatomique ou physiopathologique si nécessaire, état des connaissances sur le sujet clinique, controverses ou zones d’incertitude dans la littérature. C’est ici que se construit la justification scientifique du travail à venir.

3. Matériel et méthode

Pour une thèse clinique : population étudiée, critères d’inclusion et d’exclusion, protocole de recueil (dossiers patients, questionnaire, mesures cliniques), méthode d’analyse. Pour une thèse bibliographique : stratégie de recherche documentaire, bases interrogées, critères de sélection des articles retenus.

4. Résultats

Présentation factuelle des données recueillies (cliniques, statistiques ou issues de la littérature synthétisée), sans interprétation à ce stade.

5. Discussion

Interprétation des résultats à la lumière de la littérature du chapitre 2, limites de l’étude (taille de l’échantillon, biais de recrutement, nature rétrospective des données), implications cliniques pratiques pour l’exercice odontologique.

6. Conclusion

Une à deux pages qui répondent explicitement à la problématique posée en introduction et proposent, le cas échéant, des perspectives pour la pratique ou pour des travaux futurs.

7. Bibliographie

Selon la norme retenue par la faculté (souvent la norme Vancouver, courante dans les publications médicales et dentaires), avec une exigence de sources récentes et indexées.

L’accès aux dossiers patients : ce qu’il faut sécuriser avant de rédiger

Dossier patient anonymisé utilisé pour une thèse d'exercice clinique en odontologie
L’anonymisation des données patients est systématiquement attendue, même sur un faible nombre de cas.

Une thèse clinique fondée sur des dossiers patients manipule des données de santé, ce qui implique des précautions distinctes d’un simple recueil documentaire. Avant de vous engager sur une étude rétrospective, vérifiez auprès de votre faculté ou du service hospitalier concerné si une déclaration ou un avis est nécessaire — les règles applicables à la recherche sur données de santé déjà collectées dans le cadre du soin diffèrent de celles d’une recherche interventionnelle, mais ne dispensent pas systématiquement d’une formalité administrative. Les grands principes de la procédure d’avis de comité d’éthique, bien que pensés pour les mémoires de sciences humaines, donnent un premier repère utile pour savoir quand se poser la question, même si le circuit exact pour une thèse d’exercice en santé passe le plus souvent par le service de recherche clinique de l’établissement plutôt que par un comité d’éthique universitaire classique.

L’anonymisation des données patients dans le corps de la thèse est systématiquement attendue : aucun nom, aucune donnée directement identifiante ne doit apparaître dans les tableaux de résultats ou les illustrations cliniques, même lorsque le nombre de cas est faible.

Modèle annoté : un exemple construit pour l’illustration

L’exemple qui suit est une trame fictive construite pour illustrer la méthode ; il ne reproduit aucune thèse réelle et les données chiffrées qu’il évoque sont hypothétiques, données uniquement à titre d’illustration du format attendu.

Titre : Évaluation rétrospective de l’efficacité de deux protocoles de désensibilisation dentinaire en cabinet de ville : étude sur dossiers patients.

Introduction (annotation : pose le problème clinique — l’hypersensibilité dentinaire est un motif de consultation fréquent, avec plusieurs protocoles de traitement disponibles sans consensus clair sur leur efficacité comparée en pratique courante).

Généralités (annotation : rappelle le mécanisme physiopathologique de l’hypersensibilité dentinaire — théorie hydrodynamique de Brännström —, présente les grandes familles de traitements désensibilisants, résume les études comparatives déjà publiées et leurs limites méthodologiques respectives).

Matériel et méthode (annotation : décrit une étude rétrospective construite pour l’exemple sur dossiers patients d’un cabinet, avec critères d’inclusion — patients traités pour hypersensibilité entre deux dates fictives —, les deux protocoles comparés, et la méthode d’évaluation de l’efficacité à partir des scores de douleur consignés en dossier).

Résultats (annotation : présenterait, dans une thèse réelle, les données chiffrées obtenues — nombre de patients inclus dans chaque groupe, évolution moyenne du score de sensibilité — sous forme de tableaux, sans commentaire interprétatif à ce stade).

Discussion (annotation : confronterait les résultats obtenus aux données de la littérature présentées en généralités, discuterait les limites propres à une étude rétrospective sur dossiers — absence de randomisation, données parfois incomplètes — et proposerait une implication pratique pour le choix du protocole en cabinet).

Conclusion (annotation : répondrait à la question initiale et suggérerait, le cas échéant, la conduite d’une étude prospective randomisée pour confirmer la tendance observée).

Les trois écueils qui font retoquer une thèse d’exercice

  • Une revue de littérature qui ne débouche sur aucune question précise. Un chapitre généralités qui résume la littérature sans jamais formuler la question à laquelle la thèse va répondre laisse le jury deviner l’objectif du travail — c’est à l’auteur de le rendre explicite, en général à la fin du chapitre.
  • Une méthode insuffisamment détaillée pour être reproductible. Pour une thèse clinique, ne pas préciser exactement les critères d’inclusion, la période de recueil ou la méthode de mesure empêche le jury de juger la validité des résultats présentés ensuite.
  • Une discussion qui ne fait que répéter les résultats. Discuter, ce n’est pas reformuler les chiffres du chapitre précédent : c’est les confronter à la littérature, en tirer une implication clinique, et assumer les limites de l’étude plutôt que les taire.

Ce que la thèse d’exercice partage avec les autres disciplines de santé

La structure décrite ici n’est pas propre à l’odontologie : elle rejoint, dans ses grandes lignes, celle des thèses d’exercice de médecine et des thèses d’exercice vétérinaires, qui partagent la même architecture (généralités, matériel et méthode, résultats, discussion) et souvent la même exigence de norme bibliographique. Un protocole de recherche générique, comme celui utilisé pour structurer un protocole de mémoire de master, peut d’ailleurs servir de base méthodologique pour préparer la section matériel et méthode d’une thèse clinique, à condition d’y intégrer les spécificités du recueil sur dossiers ou en cabinet.

Thèse clinique ou thèse bibliographique : comment choisir

Le choix dépend largement de l’accès aux données : un étudiant qui a réalisé un stage dans un service hospitalier ou un cabinet disposé à ouvrir ses dossiers patients peut envisager une thèse clinique, plus valorisée par certains jurys car elle démontre une capacité à mener un travail de recueil et d’analyse original. Un étudiant sans accès privilégié à un tel terrain, ou disposant de peu de temps entre la fin des stages cliniques et la date de soutenance visée, s’orientera plus sereinement vers une thèse bibliographique solide, qui reste un exercice scientifique légitime si la revue de littérature est rigoureuse et la question de synthèse clairement posée.

Une troisième option intermédiaire existe dans plusieurs facultés : la thèse à visée pédagogique ou pratique, qui ne repose ni sur un recueil clinique original ni sur une simple revue de littérature, mais sur la construction d’un outil destiné aux praticiens (arbre décisionnel, protocole de prise en charge synthétique, support de formation continue) à partir d’une synthèse critique de la littérature existante. Ce format séduit les étudiants qui souhaitent produire un travail directement réutilisable dans leur future pratique, sans les contraintes d’accès aux données d’une étude clinique.

Foire aux questions

Combien de pages fait une thèse d’exercice en chirurgie dentaire ?

Il n’existe pas de norme nationale : la longueur varie selon les facultés et le type de sujet (clinique ou bibliographique), la revue de littérature représentant généralement la part la plus longue du document. Vérifiez les consignes de votre faculté.

Faut-il obligatoirement une étude clinique originale pour soutenir sa thèse ?

Non, une thèse bibliographique de qualité, fondée sur une revue de littérature rigoureuse et une problématique clinique clairement posée, est généralement acceptée par les facultés d’odontologie.

Le directeur de thèse doit-il être un enseignant de la faculté ?

En général oui pour le rôle de directeur, même si un praticien du terrain de stage peut co-encadrer ou orienter le sujet ; vérifiez les règles précises de rattachement auprès du service de scolarité de votre faculté, elles varient d’un établissement à l’autre.

Peut-on choisir un sujet en dehors de son propre stage clinique ?

Oui, rien n’impose que le sujet découle directement du stage effectué, mais un sujet ancré dans une expérience clinique vécue facilite souvent la rédaction de l’introduction et la justification de l’intérêt du travail, en plus de simplifier l’accès aux données si une composante clinique est envisagée.

Quelle est la différence entre une étude de cas et une série de cas dans une thèse d’exercice ?

L’étude de cas porte sur un seul patient présenté en détail, souvent pour illustrer une situation clinique rare ou une prise en charge originale ; la série de cas regroupe plusieurs patients partageant une caractéristique commune, ce qui permet de dégager des tendances tout en restant une démarche descriptive, sans les prétentions statistiques d’une étude rétrospective de plus grande ampleur.

Rédiger une thèse d’exercice de chirurgie dentaire ressemble par sa méthode à un mémoire de recherche clinique, avec ses propres codes et sa propre norme bibliographique. Tesify peut vous aider à structurer votre revue de littérature, à formuler une problématique claire et à vérifier la cohérence de votre discussion avec vos résultats. Essayez Tesify gratuitement pour structurer votre thèse d’exercice en chirurgie dentaire.

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