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  • Mon Master en chiffres : 2,6 millions de candidatures, 258 289 candidats, 144 885 acceptations — ce que les données officielles disent vraiment (2026)

    Mon Master en chiffres : 2,6 millions de candidatures, 258 289 candidats, 144 885 acceptations — ce que les données officielles disent vraiment (2026)

    Chaque printemps, les mêmes gros titres : « des millions de candidatures sur Mon Master », « la plateforme saturée ». Et chaque printemps, la même confusion entre trois nombres qui ne mesurent pas la même chose. Le ministère de l’Enseignement supérieur publie pourtant un jeu de données officiel — fr-esr-mon_master, sur son portail open data — qui permet de savoir exactement de quoi on parle. Nous l’avons interrogé (données des campagnes 2024 et 2025, dernière mise à jour du jeu : 4 décembre 2025). Voici les chiffres, leurs évolutions, et les pièges de lecture.

    Les chiffres officiels, session par session

    Session 2024 Session 2025
    Candidats (ayant confirmé au moins une candidature) 234 513 258 289
    Formations proposées 8 090 8 167
    Candidatures en phase principale 2 266 706 2 643 131
    Candidatures en phase complémentaire 163 751 185 361
    Acceptations d’une proposition sur la plateforme 139 563 144 885

    Les quatre premières lignes sont les totaux annoncés par la documentation officielle du jeu de données ; la dernière est la somme des acceptations enregistrées formation par formation dans le fichier — notre calcul, dont le total se recoupe avec les données publiées ligne à ligne.

    Entonnoir entre les millions de candidatures Mon Master et les acceptations finales
    2,6 millions de candidatures, 258 289 candidats, 144 885 acceptations : trois étages d’un même entonnoir.

    La confusion n° 1 : candidatures ≠ candidats

    2 643 131 candidatures en phase principale 2025, ce n’est pas 2,6 millions d’étudiants : c’est 258 289 candidats qui ont déposé en moyenne une dizaine de candidatures chacun (10,2 en 2025, contre 9,7 en 2024 — notre calcul à partir des totaux officiels). Le chiffre spectaculaire mesure d’abord le fonctionnement de la plateforme — candidater à plusieurs formations est la norme — pas une « demande » multipliée. Toute phrase du type « 2,6 millions d’étudiants veulent un master » est fausse d’un facteur dix.

    La confusion n° 2 : acceptation sur la plateforme ≠ inscription en master

    144 885 acceptations en 2025 ne signifie pas que seuls 144 885 candidats ont poursuivi en master. Le jeu de données décrit ce qui se passe sur la plateforme : des candidats acceptent une proposition puis s’inscrivent ailleurs, d’autres entrent en master par des voies hors plateforme, d’autres encore renoncent après acceptation. À l’inverse, un candidat sans proposition en phase principale a pu aboutir en phase complémentaire — 185 361 candidatures y ont été déposées en 2025, en hausse de 13 % sur 2024. La donnée mesure le processus d’admission, pas les effectifs de rentrée : pour les effectifs, c’est une autre source (les inscriptions universitaires) qu’il faut citer.

    La confusion n° 3 : la moyenne nationale ≠ votre mention

    En rapportant les acceptations aux candidats, on obtient un ordre de grandeur national — mais le jeu de données montre surtout d’énormes écarts entre formations : il détaille, pour chacune des 8 167 formations, le nombre de candidats, de classés, de propositions et d’acceptations, le rang du dernier appelé, la part de candidats venant de licence générale ou professionnelle. Deux mentions du même nom dans deux universités peuvent vivre deux réalités sans rapport. Si vous préparez une candidature, la seule lecture utile est celle de vos formations cibles, ligne à ligne.

    Étudiant comparant les données de deux sessions de candidature en master
    La moyenne nationale rassure ou effraie ; la ligne de votre formation informe.

    Comment lire une ligne du fichier

    Chaque ligne du jeu de données décrit une formation pour une session, à travers une chaîne de variables qui raconte l’entonnoir complet. D’abord l’identité : établissement, académie, région, mention, parcours, discipline, alternance ou non. Puis la demande : nombre de candidats en phase principale et complémentaire, avec leur origine — licence générale, licence professionnelle, BUT, déjà titulaires d’un master, non-inscrits dans le supérieur l’année précédente — et la part de femmes à chaque étape. Puis la décision : candidats classés, propositions envoyées, rang du dernier appelé par phase. Enfin l’issue : acceptations, ventilées selon les mêmes origines.

    Cette granularité permet des questions fines que les gros titres écrasent : dans telle mention, les diplômés de licence professionnelle sont-ils classés à proportion de leur présence parmi les candidats ? Le rang du dernier appelé s’est-il allongé entre 2024 et 2025 — signe de désistements en chaîne ? La part de femmes se déforme-t-elle entre candidature et acceptation ? Chacune de ces questions se traite en quelques filtres, sans une ligne de code.

    Ce que les évolutions 2024 → 2025 disent

    D’une session à l’autre : +23 776 candidats (+10 %), +77 formations, +376 425 candidatures en phase principale (+17 %), +5 322 acceptations (+4 %). La demande croît plus vite que l’offre et que les admissions — chaque candidat dépose davantage de vœux, et la sélectivité apparente augmente mécaniquement. Pour un candidat 2026, la conséquence pratique n’est pas « c’est perdu », mais « la stratégie de liste compte » : diversifier réellement les formations visées, et anticiper la phase complémentaire comme une phase à part entière plutôt qu’une session de rattrapage — son fonctionnement est détaillé dans le fonctionnement de Mon Master et ses alternatives, son calendrier dans le calendrier Mon Master 2026-2027, et les recours après refus dans les recours en phase complémentaire.

    Utiliser ce jeu de données dans un mémoire ou un dossier

    Le fichier est ouvert, documenté et interrogeable en ligne : 16 257 lignes (une par formation et par session), des dizaines de variables, téléchargeables ou requêtables par l’API du portail — la méthode pour compter sans programmer est dans l’interrogation d’un jeu de données par l’URL. Trois usages solides : documenter la sélectivité d’un champ disciplinaire (les variables détaillent candidats et acceptations par discipline), étudier les écarts territoriaux (académie et région figurent dans le fichier), suivre une mention dans le temps entre 2024 et 2025. Et une règle transversale : datez votre extraction et distinguez chiffre publié et calcul personnel — le réflexe de tout travail sur source vivante, détaillé dans le tableau d’orientation des sources publiques.

    Ouvrez votre mémoire dans Tesify si ces données deviennent votre matériau : le cadrage chiffré en introduction, vos calculs en méthode — et chaque phrase reste la vôtre.

    Questions fréquentes

    Où se trouve le jeu de données exactement ?

    Sur le portail open data du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (data.enseignementsup-recherche.gouv.fr), sous l’identifiant fr-esr-mon_master : « MonMaster 2024 & 2025 — vœux de poursuite d’études et de réorientation en master et réponses des établissements ». Il est téléchargeable et interrogeable sans compte.

    Les chiffres de la session 2026 sont-ils disponibles ?

    Pas encore dans ce jeu de données à la date où nous écrivons (12 août 2026) : il couvre les campagnes 2024 et 2025, avec une dernière mise à jour le 4 décembre 2025. Les données 2026 y seront vraisemblablement ajoutées après la clôture complète de la campagne — vérifiez la date de mise à jour du jeu avant de citer.

    Combien de vœux par candidat en moyenne ?

    En rapportant les candidatures de phase principale aux candidats : environ 10,2 en 2025 et 9,7 en 2024 (nos calculs à partir des totaux officiels). La hausse du volume de candidatures tient donc autant au comportement de candidature qu’au nombre de candidats.

    Peut-on connaître le « taux d’admission » d’une formation précise ?

    Le fichier donne, par formation : candidats, classés, propositions, acceptations et rang du dernier appelé. Vous pouvez en tirer des ratios — en gardant à l’esprit qu’une acceptation sur la plateforme n’est pas une inscription, et que le rang du dernier appelé dépend des désistements. Citez la variable exacte que vous utilisez.

    Ces données disent-elles quelles formations sont « les meilleures » ?

    Non. La sélectivité mesure la rareté des places rapportée à la demande, pas la qualité pédagogique ni l’insertion professionnelle. Pour l’insertion, le ministère publie d’autres jeux (enquêtes d’insertion des diplômés de master) — ne faites pas dire à un fichier d’admission ce qu’il ne mesure pas.

    Lisez la ligne de vos formations, datez vos chiffres, distinguez les trois étages de l’entonnoir — et si ce fichier devient votre terrain de mémoire, rédigez-le avec Tesify, avec vos propres mots.

  • Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    L’enseignement supérieur privé désigne les établissements non publics accueillant des étudiants après le baccalauréat : écoles de commerce, écoles d’ingénieurs privées, établissements d’enseignement supérieur libres et écoles spécialisées. En 2024-2025, il scolarise plus d’un étudiant sur quatre en France, soit 26,5 % des effectifs.

    Réponse rapide : en 2024-2025, la France comptait 3,01 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur (+1,4 % sur un an), dont 26,5 % inscrits dans un établissement privé. Les prévisions du ministère tablent sur 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) puis une nouvelle hausse en 2026 (+0,7 %), portée par une croissance plus soutenue dans le privé que dans les universités.

    Quelle part des étudiants est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français sont inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre. Cette proportion est le résultat d’une progression continue sur la dernière décennie, portée principalement par les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs privées et les établissements d’enseignement supérieur libres.

    Ce seuil symbolique du quart des effectifs marque une recomposition durable du paysage. Là où l’université publique concentrait historiquement l’essentiel des inscriptions post-bac, le privé s’est imposé comme une voie parallèle structurée, particulièrement visible dans les formations professionnalisantes courtes et dans les cursus en alternance.

    Étudiants dans le hall d'une école supérieure privée en France
    Plus d’un étudiant sur quatre est inscrit dans un établissement privé en 2024-2025.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur français ?

    En 2024-2025, 3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en France, en hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente. Ce franchissement durable de la barre des trois millions constitue un point de repère utile pour interpréter toutes les statistiques sectorielles.

    Effectifs de l’enseignement supérieur en France : constat et prévisions
    Année universitaire Effectifs totaux Évolution annuelle Statut
    2024-2025 3 010 000 +1,4 % Constaté
    2025-2026 3 027 000 +0,5 % Prévision MESR
    2026-2027 Environ 3 048 000 +0,7 % Prévision MESR

    Source : ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), note de prévisions des effectifs — rentrées 2025 et 2026.

    Le contexte global d’effectifs est détaillé dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027.

    Le privé croît-il plus vite que le public ?

    Oui, et c’est le point saillant des prévisions ministérielles. Le ministère anticipe une croissance des effectifs « modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés ». Concrètement, les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025 par rapport à la précédente, soit une hausse de +2,4 % — un rythme nettement supérieur à la moyenne nationale de +0,5 %.

    Cet écart de rythme est le véritable moteur de la progression de la part du privé. Même dans un scénario de quasi-stagnation des effectifs nationaux, une croissance de +2,4 % dans le privé face à une université proche de l’étale suffit à faire progresser mécaniquement la part relative du secteur privé année après année.

    Amphithéâtre moderne d'une école de commerce privée française
    Les écoles de commerce et d’ingénieurs privées portent l’essentiel de la croissance du secteur.

    Que prévoit le ministère pour les rentrées 2025 et 2026 ?

    Selon la note de prévisions du MESR, la rentrée 2025 devait compter 3 027 000 étudiants (+0,5 %), et cette légère croissance devait se poursuivre à la rentrée 2026 avec +0,7 %. Le ministère attribue explicitement ce maintien à trois moteurs : l’augmentation des inscriptions dans certaines disciplines universitaires, les écoles de commerce, et les écoles d’ingénieurs — ces deux dernières catégories relevant largement du secteur privé.

    Il faut lire ces chiffres avec la prudence qui s’attache à toute prévision : ce sont des projections démographiques et comportementales, révisées chaque année à la lumière des inscriptions réelles. Elles donnent une tendance fiable, pas une valeur certaine.

    Quels types d’établissements composent le privé ?

    Le secteur privé de l’enseignement supérieur français n’est pas un bloc homogène. Il recouvre des statuts juridiques et des niveaux de reconnaissance très différents, ce qui a des conséquences directes sur la valeur du diplôme et sur l’accès aux aides.

    Principales catégories d’établissements privés
    Catégorie Exemples Reconnaissance des diplômes
    Écoles de commerce et de management Écoles consulaires et privées Souvent visées par l’État, grade de master possible
    Écoles d’ingénieurs privées Écoles habilitées CTI Titre d’ingénieur si habilitation CTI
    Établissements d’enseignement supérieur libres Instituts catholiques, facultés libres Variable, souvent en convention avec une université
    Écoles spécialisées Design, communication, informatique, santé Titre RNCP selon les cas — à vérifier

    La vérification du niveau de reconnaissance — diplôme visé, grade de master, habilitation CTI, inscription au RNCP — reste la précaution décisive avant toute inscription. Pour un cadrage comparatif des deux voies, voir notre analyse Grande École vs Université : comparaison complète ainsi que le palmarès des écoles de commerce en France 2026.

    Combien coûte une inscription dans le privé ?

    C’est la principale différence structurelle avec le public. Là où les droits nationaux d’inscription à l’université se comptent en centaines d’euros, les frais de scolarité des établissements privés se chiffrent couramment en milliers d’euros par an, fixés librement par chaque établissement.

    Cet écart de coût pèse directement sur les choix d’orientation et sur le recours à l’alternance, souvent mobilisée comme mode de financement. Le détail comparatif des montants figure dans notre article sur les frais de scolarité des universités françaises 2026 : comparatif public / privé.

    Le rendement de cet investissement se juge notamment à l’insertion professionnelle, documentée dans nos données sur l’insertion professionnelle des diplômés en France.

    Questions fréquentes

    Quelle part des étudiants français est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français étaient inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur en France ?

    3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en 2024-2025, en hausse de 1,4 % sur un an. Le ministère prévoyait 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) et une nouvelle hausse de 0,7 % à la rentrée 2026.

    Le privé se développe-t-il plus vite que l’université ?

    Oui. Le ministère prévoit une croissance modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés. Les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025, soit +2,4 %, contre +0,5 % pour l’ensemble du supérieur.

    Quels établissements sont considérés comme privés ?

    Le secteur privé regroupe les écoles de commerce et de management, les écoles d’ingénieurs privées habilitées par la CTI, les établissements d’enseignement supérieur libres (instituts catholiques, facultés libres) et les écoles spécialisées en design, communication, informatique ou santé.

    Un diplôme du privé a-t-il la même valeur qu’un diplôme public ?

    Cela dépend entièrement du niveau de reconnaissance de l’établissement. Un diplôme visé par l’État, conférant le grade de master, ou un titre d’ingénieur habilité par la CTI a une reconnaissance équivalente. À l’inverse, une formation sans visa ni inscription au RNCP délivre un diplôme d’établissement dont la portée est limitée : cette vérification est indispensable avant inscription.

    Les étudiants du privé peuvent-ils être boursiers ?

    Oui, à condition que la formation soit habilitée à recevoir des boursiers sur critères sociaux. Toutes les formations privées ne le sont pas : l’éligibilité dépend de la reconnaissance de l’établissement par le ministère, un point à vérifier auprès de l’école avant de constituer un Dossier Social Étudiant.

  • Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparaient un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un centre de formation d’apprentis (CFA), selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans — un rythme très différent des années 2020-2022, marquées par une croissance de +78 % en seulement deux ans. L’apprentissage dans l’enseignement supérieur est devenu une réalité structurelle du paysage éducatif français : les apprentis représentent désormais une proportion significative des inscrits dans presque toutes les filières du bac+2 au bac+5.

    Cette note statistique présente la pyramide complète des apprentis du supérieur en 2024 : répartition par niveau de formation (STS/BTS, IUT/BUT, licence professionnelle, école de commerce, cycle ingénieur), part du public et du privé, profil social des apprentis, et trajectoire de croissance depuis 2020. Toutes les données citées sont issues de sources officielles (SIES-MESR, Dares, Trésor). Pour replacer ces effectifs dans le paysage plus large des filières sélectives, consultez notre analyse Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière et sélectivité.

    Résultat clé : L’apprentissage dans le supérieur compte 657 900 étudiants fin 2024 (+3 % sur un an). Les STS concentrent près de 30 % des effectifs, devant les titres RNCP (25 %) et les écoles de commerce (17 %). La licence professionnelle affiche le taux d’apprentissage le plus élevé de l’université avec 61 % de ses étudiants en alternance. La croissance, explosive entre 2020 et 2022 (+78 %), s’est fortement modérée depuis 2023 (+3 à +4 % par an).

    657 900 apprentis dans le supérieur : le chiffre clé 2024

    La Note Flash SIES N° 2025-21, publiée le 11 septembre 2025 par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESR), constitue la référence officielle pour les chiffres de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur en France au titre de l’année 2024. Au 31 décembre 2024, les CFA accueillaient 657 900 étudiants préparant un diplôme de niveau supérieur (bac+2 et au-delà).

    Ce chiffre s’inscrit dans une tendance de ralentissement amorcée dès 2023. Si la croissance reste positive (+3 % sur un an, +14 % sur deux ans), elle est sans commune mesure avec les rythmes observés entre 2018 et 2022, période durant laquelle la réforme de la loi Avenir professionnel de 2018 a libéralisé les conditions d’ouverture des CFA et supprimé le numerus clausus sur les formations habilitées.

    À titre de comparaison, l’ensemble de l’enseignement supérieur français compte 3,01 millions d’étudiants en 2024-2025 selon le SIES, ce qui signifie que les apprentis représentent environ 22 % des effectifs totaux du supérieur — un niveau sans précédent historique.

    Répartition par type de formation

    La structure par formation révèle une concentration marquée dans trois grandes catégories : les STS, les titres RNCP et les écoles de commerce. Le tableau ci-dessous synthétise la répartition des 657 900 apprentis du supérieur selon les données SIES 2024.

    Répartition des apprentis du supérieur par type de formation — 31 décembre 2024
    Type de formation Part des apprentis du supérieur Effectifs estimés
    STS (BTS — Sections de Technicien Supérieur) ~30 % ~197 000
    Titres RNCP homologués (hors diplômes nationaux) ~25 % ~164 000
    Écoles de commerce 17 % ~112 000
    Licence professionnelle (université) non isolé
    IUT (BUT — Bachelor Universitaire de Technologie) non isolé
    Cycle ingénieur (écoles d’ingénieurs) ~12 % ~32 000
    Total enseignement supérieur 100 % 657 900

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025. Les effectifs sont estimés en appliquant les parts déclarées. Le SIES ne publie pas de décomposition exhaustive par filière dans la note flash.

    Le poids des STS (sections préparant le BTS) est historiquement ancré : la voie technologique courte a très tôt adopté l’alternance comme mode pédagogique. Les titres RNCP homologués, qui désignent les certifications professionnelles enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles sans être des diplômes nationaux, constituent la deuxième catégorie et illustrent la diversification de l’offre de formation privée depuis 2018. Les écoles de commerce, avec 17 % du total, confirment leur positionnement historique sur l’apprentissage en alternance.

    Taux d’apprentissage par filière : qui mène la course ?

    Au-delà des effectifs bruts, le taux d’apprentissage — proportion d’étudiants d’une filière qui suivent leur formation en alternance — renseigne sur la pénétration structurelle de l’apprentissage dans chaque voie. Les chiffres 2024 du SIES dessinent une hiérarchie claire.

    Taux d’apprentissage par filière dans l’enseignement supérieur — 2024
    Filière Taux d’apprentissage 2024 Commentaire
    Licence professionnelle 61 % Filière la plus intégrée à l’alternance en milieu universitaire
    Écoles de commerce 34 % Modèle économique historiquement fondé sur l’alternance
    STS (BTS) ~50 % Près d’un étudiant sur deux en STS est apprenti
    Cycle ingénieur ~20 % Un étudiant sur cinq en école d’ingénieurs en apprentissage
    IUT (BUT) 26 % Progression nette depuis le passage au BUT en 2021

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025 ; Note Flash SIES cycle ingénieur 2024-2025.

    Source : EESR n°18 — L’apprentissage dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La licence professionnelle se distingue nettement : 61 % de ses étudiants sont apprentis, ce qui en fait la formation universitaire la plus étroitement liée au marché du travail. Ce taux élevé s’explique par la vocation même de la licence pro — une formation courte (un an après un bac+2) conçue pour une insertion professionnelle rapide dans un secteur précis. La majorité des étudiants qui y entrent recherchent précisément la double compétence académique et professionnelle que confère l’apprentissage.

    Le taux de 50 % en STS mérite d’être mis en perspective : sur les 400 000 étudiants inscrits en STS en France, la moitié est donc en apprentissage — un chiffre qui reflète la forte demande des TPE/PME pour des techniciens supérieurs formés directement sur poste. Les IUT, dont la réforme vers le BUT a allongé la formation à trois ans en 2021, voient leur taux d’apprentissage progresser à 26 %, signe d’une meilleure articulation entre le référentiel de compétences du BUT et les besoins des employeurs.

    Les écoles d’ingénieurs affichent un taux de 20 % sur un total de 158 600 inscrits en cycle ingénieur en 2024-2025 — soit environ 32 000 apprentis ingénieurs, un segment à forte valeur ajoutée pour les employeurs du secteur industriel et numérique.

    Part du public et du privé dans l’apprentissage du supérieur

    La structure institutionnelle de l’apprentissage supérieur révèle une domination marquée du secteur privé. Selon les données SIES, plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés.

    Cette répartition s’explique par plusieurs facteurs structurels :

    • La prédominance des CFA privés : depuis la loi Avenir professionnel de 2018, n’importe quel organisme de formation peut ouvrir un CFA sans autorisation administrative préalable. Cette déréglementation a favorisé la multiplication des CFA privés spécialisés.
    • Le poids des écoles de commerce privées : les grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, mais aussi les ESC régionales) ont massivement développé leurs programmes en apprentissage depuis 2018, contribuant à une part significative des 112 000 apprentis en école de commerce.
    • Les titres RNCP hors diplômes nationaux : l’essentiel des formations délivrant des titres RNCP homologués relèvent du secteur privé (organismes de formation professionnelle, CFA d’entreprise).

    Le secteur public — universités, IUT publics, lycées accueillant des STS — pèse donc moins de 25 % des apprentis du supérieur, malgré des efforts notables d’ouverture via les CFA universitaires. Cette asymétrie public/privé est un enjeu de politique publique régulièrement débattu : l’accès à l’apprentissage reste plus aisé via les établissements privés, dont les frais de scolarité peuvent être entièrement pris en charge par les OPCO, qu’au sein de l’université publique. Cette dynamique fait écho aux tensions de capacité observées plus largement dans le supérieur, comme le montre notre dossier sur la crise du logement étudiant en France 2025.

    Évolution 2020-2024 : accélération explosive puis décélération

    La trajectoire de l’apprentissage dans le supérieur sur cinq ans illustre un cycle classique en deux temps : une phase d’expansion rapide portée par la réforme structurelle, suivie d’un plateau de maturité. Le tableau suivant retrace les effectifs annuels estimés.

    Évolution des apprentis dans l’enseignement supérieur — 2020 à 2024
    Année (au 31 déc.) Effectifs apprentis supérieur Croissance annuelle
    2020 ~324 000
    2021 ~480 000 +48 %
    2022 576 300 +20 %
    2023 ~576 900 – 638 000 ~+8 %
    2024 657 900 +3 %

    Sources : Note Flash SIES N° 2025-21 (données 2024) ; Note Flash SIES N° 2024-22 (données 2022-2023) ; Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), données Éducation nationale pour 2022. Les chiffres 2020-2021 sont des estimations déduites du taux de croissance +78 % sur deux ans confirmé par le SIES.

    La rupture de rythme est manifeste. Entre 2020 et 2022, le volume d’apprentis du supérieur a été multiplié par 1,78 en deux ans, soit une croissance cumulée de +78 %. Ce choc d’offre résulte de la convergence de trois facteurs : la simplification administrative ouverte par la loi Avenir professionnel de 2018, les aides exceptionnelles à l’embauche d’apprentis mises en place en 2020 (aide pouvant aller jusqu’à 8 000 € pour les contrats dans le supérieur), et une demande étudiante structurellement forte face aux incertitudes du marché de l’emploi post-Covid.

    Depuis 2023, la décélération est nette : +3 % en 2024, contre +48 % en 2021. Plusieurs raisons expliquent ce plateau :

    • Réduction des aides à l’embauche : le montant de l’aide unique aux employeurs d’apprentis a été revu à la baisse à partir de 2023 pour les contrats dans le supérieur (formations bac+3 et au-delà).
    • Saturation des capacités d’accueil : un nombre croissant de CFA signalent des difficultés à trouver suffisamment d’entreprises maîtres d’apprentissage, notamment dans les métropoles où la concurrence pour les postes est forte.
    • Stabilisation de la demande : le nombre d’employeurs recrutant des apprentis du supérieur, qui avait atteint un pic de 90 600 structures en 2021, est redescendu à 66 800 en 2024 selon les données Dares.

    Nouveaux contrats signés et dynamique du marché

    À l’échelle nationale, tous niveaux confondus (secondaire et supérieur), 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en 2024, portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre marque un quasi-triplement par rapport aux 306 000 contrats signés en 2017, année précédant la réforme.

    Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà, confirmant l’inversion structurelle du mix niveau amorcée autour de 2021 : l’apprentissage est désormais davantage un fait du supérieur que de la formation professionnelle initiale secondaire.

    Point de vigilance : La réduction des aides à l’embauche pour les contrats supérieurs bac+3 introduite en 2023 a entraîné un reflux de la demande. Des signaux de ralentissement plus prononcé pourraient apparaître dans les données 2025, notamment sur les segments master et cycle ingénieur.

    Profil social des apprentis du supérieur : une démocratisation ciblée

    Les données SIES apportent un éclairage nuancé sur l’origine sociale des apprentis dans le supérieur. La lecture simple — « l’apprentissage favorise la démocratisation de l’enseignement supérieur » — doit être pondérée selon les filières.

    Dans les formations d’ingénieur et dans les écoles de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que leurs homologues en formation initiale classique (dits « scolaires »). Cet effet est structurel : pour une famille dont les ressources ne permettent pas de financer 3 à 5 ans de frais de scolarité dans une grande école privée, l’apprentissage constitue la voie d’accès principale, les coûts étant pris en charge par l’OPCO via la prise en charge du coût pédagogique.

    En revanche, dans les formations universitaires (IUT, licence professionnelle), le profil social des apprentis est comparable à celui des étudiants en formation initiale. L’université étant moins chère d’accès, l’apprentissage y est choisi pour ses avantages pratiques (rémunération, expérience professionnelle) plutôt que comme unique voie d’accès financièrement accessible.

    Ce constat suggère que l’apprentissage joue un rôle de démocratisation différentielle : il ouvre des portes dans les grandes écoles à des publics qui n’y auraient pas accès autrement, mais il ne modifie pas fondamentalement la composition sociale de l’université publique. Sur les débouchés à plus long terme des parcours du supérieur, notre analyse de l’insertion professionnelle des docteurs en France 2024 offre un point de comparaison utile entre voies courtes et voies longues.

    Coût public de l’apprentissage : 15 milliards d’euros

    L’expansion de l’apprentissage a un coût budgétaire considérable. En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti et par an. Ce montant agrège :

    • Le coût pédagogique pris en charge par les OPCO (Opérateurs de compétences), financé via la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA) versée par les entreprises.
    • Les exonérations de charges sociales dont bénéficient les employeurs d’apprentis (exonération quasi-totale pour les contrats dans les entreprises de moins de 250 salariés).
    • L’aide à l’embauche versée aux employeurs (réduite en 2023 mais toujours existante).
    • Le coût de l’Aide personnalisée au logement (APL) et d’autres aides sociales dont bénéficient les apprentis.

    Ce niveau de dépense publique place la France parmi les pays européens qui investissent le plus dans l’apprentissage rapporté au PIB, loin devant l’Espagne et le Portugal, mais comparable à l’Allemagne et à l’Autriche, dont les systèmes duaux font figure de référence.

    La question du retour sur investissement collectif est posée : les études sur l’insertion professionnelle montrent que l’avantage de l’apprentissage sur la formation initiale classique est plus marqué aux niveaux inférieurs (CAP, BEP) qu’aux niveaux supérieurs. Au niveau master, l’effet sur les taux d’emploi 18 mois après la sortie est jugé « limité » par la Direction générale du Trésor dans son bilan 2025 — ce qui alimente un débat sur la pertinence de maintenir des aides élevées pour les contrats dans les grandes écoles privées.

    Perspectives et enjeux pour 2025-2026

    Plusieurs tendances de fond dessineront l’évolution de l’apprentissage dans le supérieur français au cours des prochains mois.

    La modulation des aides à l’embauche

    Depuis 2023, les aides à l’embauche ont été différenciées selon le niveau de qualification. Les contrats de niveau bac+3 et au-delà bénéficient d’une aide réduite par rapport aux contrats de niveau bac à bac+2. Cette politique vise à concentrer le soutien public sur les apprentissages qui génèrent le meilleur effet de démocratisation. Son impact quantitatif sur les contrats signés en 2025 sera observable dans les prochaines publications SIES.

    Le BUT comme vecteur de croissance dans les IUT

    La réforme des IUT (passage au Bachelor Universitaire de Technologie en 2021, formation de 3 ans) a rendu les programmes plus compatibles avec l’apprentissage, notamment grâce à la structure par blocs de compétences. Avec 26 % des étudiants IUT déjà en apprentissage en 2024, la marge de progression existe, en particulier dans les spécialités techniques (informatique, réseaux, mécatronique) où la demande des employeurs reste forte.

    La question des ruptures de contrat

    Avec le ralentissement du marché, le taux de rupture anticipée des contrats d’apprentissage mérite une attention particulière. Dans un contexte économique plus difficile, certaines entreprises renoncent à leurs apprentis en cours de cycle, laissant les étudiants en difficulté pour trouver un nouvel employeur dans les délais impartis. Ce risque rejoint la problématique plus large du décrochage et de la réussite en licence, où la rupture de parcours est un enjeu central.

    L’apprentissage au niveau master

    Le master reste le niveau où la pénétration de l’apprentissage est la plus récente et la plus hétérogène. Les données globales ne permettent pas d’isoler précisément le stock d’apprentis en master, mais des signaux de croissance sont visibles dans les secteurs du numérique, de la finance et du conseil en management, où les grandes entreprises ont massivement ouvert des postes d’apprentis ingénieurs ou consultants en master.

    Pour les étudiants qui envisagent de rédiger un mémoire de master en alternance, Tesify propose un accompagnement IA structuré pour gérer en parallèle les exigences académiques du mémoire et les contraintes opérationnelles d’un poste en entreprise.

    FAQ — Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France

    Combien d’apprentis y a-t-il dans l’enseignement supérieur en France en 2024 ?

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparent un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un CFA, selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le MESR en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans. Ramené au total des 3,01 millions d’inscrits dans le supérieur, cela signifie qu’environ un étudiant sur cinq est apprenti.

    Quelles formations du supérieur comptent le plus d’apprentis ?

    Les STS (préparant le BTS) concentrent environ 30 % des apprentis du supérieur, soit près de 197 000 étudiants. Les formations délivrant des titres RNCP homologués représentent environ 25 % (164 000) et les écoles de commerce 17 % (112 000). Ce trio de tête totalise plus de 70 % des apprentis du supérieur, loin devant les filières universitaires et les grandes écoles d’ingénieurs.

    Quel est le taux d’apprentissage en IUT (BUT) en 2024 ?

    En 2024, 26 % des étudiants inscrits en IUT (préparant un BUT) effectuent leur formation en apprentissage. Ce taux est inférieur à celui de la licence professionnelle (61 %) et des STS (~50 %), mais supérieur à celui du cycle ingénieur (~20 %). Il est en progression depuis la réforme BUT de 2021, qui a rendu les programmes IUT plus compatibles avec le rythme d’alternance.

    Quelle est la part du secteur privé dans l’apprentissage du supérieur ?

    Plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés (écoles de commerce, CFA privés, organismes délivrant des titres RNCP). Ce déséquilibre public/privé est structurel : la libéralisation du marché de la formation par la loi Avenir professionnel de 2018 a surtout bénéficié aux acteurs privés, qui ont ouvert des CFA sans les contraintes administratives qui pèsent encore sur l’université publique.

    Comment a évolué l’apprentissage dans le supérieur entre 2020 et 2024 ?

    L’apprentissage dans le supérieur a augmenté de +78 % entre 2020 et 2022 (de ~324 000 à 576 300 étudiants), porté par les aides à l’embauche post-Covid et la déréglementation. Depuis 2023, la croissance s’est très nettement modérée : +8 % environ en 2023, puis +3 % en 2024 pour atteindre 657 900. La réduction des aides pour les niveaux bac+3 et plus et la contraction de la demande des employeurs expliquent ce ralentissement.

    L’apprentissage démocratise-t-il l’accès aux grandes écoles ?

    Oui, partiellement. Dans les écoles d’ingénieurs et de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que les étudiants en formation initiale classique, ce qui confirme un effet de démocratisation réel. En revanche, dans les filières universitaires (IUT, licence pro), le profil social des apprentis est similaire à celui des autres étudiants — l’apprentissage y est choisi pour l’expérience professionnelle et la rémunération, pas comme unique voie d’accès.

    Quel est le coût public de l’apprentissage en France ?

    En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti par an. Ce montant comprend les coûts pédagogiques pris en charge par les OPCO, les exonérations de charges sociales pour les employeurs, les aides à l’embauche et les aides sociales (APL, etc.) versées aux apprentis.

    Combien de nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France en 2024 ?

    En 2024, 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France (tous niveaux confondus), portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre représente environ trois fois le volume de 2017 (306 000 contrats), illustrant l’ampleur de la transformation du système. Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà.

    Sources officielles et pour aller plus loin

  • Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Soixante-neuf mille doctorants inscrits, quatorze mille sept cents thèses soutenues en un an, une durée réglementaire de trois ans que moins de la moitié des docteurs tiennent : les chiffres du doctorat en France 2026 racontent une réalité plus complexe que le calendrier officiel. Ce tour d’horizon s’appuie exclusivement sur les publications du service statistique du ministère (SIES), les notes flash annuelles et l’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR n°19). Chaque donnée est sourcée et datée — aucune estimation non vérifiée n’est présentée.

    Que vous soyez candidat au doctorat, directeur de thèse ou responsable d’une école doctorale, ces indicateurs permettent de situer un parcours dans le contexte national : combien de doctorants entrent chaque année, dans quels domaines, avec quels financements, et en combien de temps la majorité parvient à soutenir.

    Résultat clé : À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans 289 écoles doctorales françaises. En 2024, 14 727 doctorats ont été délivrés (−3 % vs 2023). En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an) — mais ce taux culmine à 58 % en sciences exactes contre 11 % en sciences humaines. 81 % des nouveaux doctorants bénéficient d’un financement dédié. (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19, 2025.)

    69 432 doctorants inscrits : l’effectif 2024-2025

    À la rentrée 2024-2025, la France compte 69 432 étudiants inscrits en doctorat, en légère baisse de 0,3 % par rapport à 2023-2024. Sur dix ans, l’effectif total a reculé de 9,6 % par rapport à 2013 (EESR n°19, SIES 2025). Cette contraction traduit principalement le déclin des inscriptions en sciences de la société (−4,7 % sur un an) et en sciences humaines et humanités (−0,9 %), partiellement compensé par la progression des sciences exactes et applications (+1,8 %) et la quasi-stabilité des sciences du vivant (+0,4 %).

    Les primo-inscrits — doctorants entrant en première année — sont en revanche en hausse : 17 000 nouveaux doctorants ont intégré le système à la rentrée 2024, soit +3,2 % par rapport à 2023 (16 400 primo-inscrits). Ces étudiants se répartissent dans les 289 écoles doctorales accréditées par le MESR. Pour comprendre le fonctionnement de ces structures et les critères d’admission, voir École doctorale en France : comment choisir et intégrer la bonne.

    Effectifs du doctorat en France — évolution 2022-2025
    Rentrée Inscrits total Primo-inscrits Source
    2022-2023 70 700 15 700 SIES NF 2024-17 / Campus France
    2023-2024 69 639 16 400 SIES enquête EDs 2024
    2024-2025 69 432 17 000 SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19

    14 727 docteurs diplômés en 2024 : la production annuelle

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit une baisse de 3,0 % par rapport à 2023 (SIES Note Flash n°14, juin 2025). L’année 2023 avait constitué un pic à 15 187 diplômes (+9,6 % vs 2022), en partie liée au rattrapage post-pandémique des soutenances retardées. Le niveau 2024 reste toutefois supérieur aux années antérieures à 2022, confirmant une progression de long terme : +0,9 % par rapport à 2013 (EESR n°19).

    Docteurs diplômés en France — évolution récente
    Année Docteurs diplômés Variation Source SIES
    2023 15 187 +9,6 % Note Flash SIES n°17, juin 2024
    2024 14 727 −3,0 % Note Flash SIES n°14, juin 2025

    Une fois la soutenance réussie, la question de l’insertion professionnelle s’impose. Les données détaillées par discipline et type d’employeur sont disponibles dans l’article : Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline.

    Répartition par grand domaine : sciences, SHS et vivant

    Le SIES ventile les effectifs doctoraux selon quatre grands domaines disciplinaires. À la rentrée 2024-2025, les sciences exactes et applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) forment le premier contingent avec 26 815 inscrits (38,6 % du total). Les sciences humaines et humanités (littérature, histoire, philosophie, arts) arrivent en deuxième position (17 765 inscrits, 25,6 %), suivies des sciences du vivant — biologie, agronomie, environnement — (13 081 inscrits, 18,8 %) et des sciences de la société — économie, droit, gestion, sciences politiques — (11 771 inscrits, 17,0 %).

    Doctorants inscrits et diplômés par domaine — France 2024-2025 et 2024 (Source : EESR n°19, SIES 2025)
    Domaine Inscrits 2024-25 Part Diplômés 2024 Part diplômés
    Sciences exactes & applications 26 815 38,6 % 7 125 48,4 %
    Sciences humaines & humanités 17 765 25,6 % 2 499 17,0 %
    Sciences du vivant 13 081 18,8 % 3 362 22,8 %
    Sciences de la société 11 771 17,0 % 1 741 11,8 %
    Total 69 432 100 % 14 727 100 %

    L’écart entre la part dans les inscrits (25,6 %) et la part dans les diplômés (17,0 %) pour les sciences humaines est le signal le plus visible d’un phénomène structurel : ces doctorants mettent plus longtemps à soutenir — et certains n’y parviennent pas. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les diplômés (48,4 %) par rapport à leur poids parmi les inscrits (38,6 %), signe d’une durée de thèse plus courte et d’un taux d’achèvement plus élevé.

    Diagramme en barres comparant la part de doctorants inscrits et diplômés par grand domaine disciplinaire en France — sciences exactes, sciences humaines, sciences du vivant, sciences de la société
    Illustration de la répartition des doctorants inscrits et des diplômés par grand domaine en France (2024-2025). Source de données : EESR n°19, SIES 2025.

    Part de doctorants étrangers : la France, pôle d’attraction doctoral

    Le doctorat français attire une proportion très élevée d’étudiants internationaux. En 2022-2023, 25 880 doctorants de nationalité étrangère étaient inscrits sur un total de 70 700, soit 37 % des effectifs (SIES / Campus France, Chiffres clés 2024). Ce taux dépasse la moyenne européenne (25 %) et place la France à égalité avec l’Irlande, légèrement derrière l’Autriche (39 %).

    L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la première zone géographique d’origine, devant l’Europe. En termes de diplôme d’accès, les données EESR n°19 indiquent que 80 % des primo-inscrits sont titulaires d’un diplôme français (master ou diplôme d’ingénieur) : la mobilité internationale au doctorat concerne donc principalement des étudiants qui ont effectué leurs études supérieures en France.

    Tendance à surveiller : le nombre de doctorants étrangers inscrits à l’université a reculé d’environ 15 % en cinq ans, passant de près de 24 000 à environ 20 000 entre 2018-2019 et 2023-2024 (Campus France 2024). Cette évolution interroge sur l’attractivité internationale du doctorat français dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes et asiatiques.

    Durée de la thèse par discipline (données SIES 2025)

    La durée réglementaire d’une thèse est fixée à 36 mois (3 ans) par les textes, avec possibilité d’extensions annuelles jusqu’à 6 ans en cas de contrat CIFRE, de situation de handicap, de thèse en cotutelle ou de circonstances exceptionnelles. La réalité statistique s’écarte sensiblement de ce cadre.

    En 2024, 42 % des docteurs diplômés ont soutenu en moins de 40 mois, en hausse de 4 points sur un an et proche du niveau d’avant-Covid (SIES Note Flash n°14, juin 2025). Autrement dit, une majorité de docteurs dépasse encore la durée réglementaire de 36 mois. La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois, soit environ 3 ans et demi à 4 ans et demi ; à l’autre extrémité, environ un diplômé sur dix soutient au-delà de 72 mois (EESR n°19, SIES 2025).

    Part des docteurs 2024 ayant soutenu en moins de 40 mois, par domaine (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; contraste disciplinaire d’après EESR n°19)
    Durée de la thèse Tous domaines Sciences exactes Sciences humaines
    Moins de 40 mois 42 % ≈ 58 % ≈ 11 %
    40 mois et plus 58 % ≈ 42 % ≈ 89 %

    Le contraste disciplinaire sur la tranche « moins de 40 mois » est saisissant : près de 58 % en sciences exactes contre à peine 11 % en sciences humaines. Cet écart tient à plusieurs facteurs structurels cumulatifs : le financement quasi-systématique des thèses en sciences exactes (qui permet de consacrer la totalité du temps à la recherche), la dépendance fréquente des doctorants SHS à une activité professionnelle parallèle, la nature des travaux en SHS (enquêtes de terrain longues, corpus documentaires étendus, conditions d’accès aux archives), et des cultures disciplinaires qui n’accordent pas la même valeur à la brièveté.

    Pour explorer comment organiser concrètement la rédaction d’une thèse, le guide complet du doctorat en France 2026 détaille les étapes depuis l’inscription jusqu’à la soutenance.

    Financement des doctorants : qui finance les thèses ?

    Le financement est le déterminant le plus puissant de la durée et de l’achèvement de la thèse. À la rentrée 2024-2025, 81 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement dédié — contre 79,2 % en 2023-2024 (SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19). Ce taux agrégé cache des disparités disciplinaires considérables.

    Principales sources de financement des primo-inscrits en doctorat — 2024-2025 (Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19)
    Type de financement Part des primo-inscrits
    Contrats doctoraux MESRE (ministère) 38,6 %
    Financement organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) 18,4 %
    Financements étrangers (co-financements internationaux) 11,2 %
    Contrats CIFRE (partenariat avec une entreprise privée) 9,4 %
    Autres financements (ANR, collectivités, fondations, etc.) ~3,4 %
    Sans financement dédié (avec ou sans activité salariée parallèle) ~19 %

    La disparité disciplinaire en matière de financement est l’une des plus prononcées du système d’enseignement supérieur français. En sciences exactes et applications, le taux de financement dépasse 97 % des primo-inscrits. En sciences humaines et humanités, il avoisine 50 % (données SIES 2023-2024). Cette inégalité structure directement le rythme de la thèse et la probabilité d’achèvement. Un doctorant non financé doit articuler son travail de recherche avec une activité professionnelle, ce qui allonge mécaniquement la durée de la thèse et accroît le risque d’abandon.

    Achèvement et abandon : ce que disent les données

    Les statistiques sur le taux d’achevement du doctorat sont moins systématiquement publiées que les effectifs ou les données de durée. Les études disponibles — analyses par cohorte du SIES, rapports HCERES et rapport Pommier-Lazarus — documentent un taux d’abandon significatif, particulièrement marqué en SHS et parmi les doctorants non financés. Cette dimension mérite un traitement à part entière, disponible dans l’article dédié : Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle.

    La distribution des durées présentée dans la section précédente offre un signal indirect : les thèses dépassant 72 mois ne sont pas toutes abandonnées, mais les analyses par cohorte de primo-inscrits montrent qu’une fraction non négligeable des doctorants inscrits ne parvient jamais à la soutenance — avec des taux qui varient fortement selon le domaine et la présence ou l’absence d’un financement. Pour situer le doctorat dans l’ensemble des diplômes de cycle long et comprendre la distinction fondamentale avec le master, voir le guide différence entre mémoire et thèse en 2026 sur fr.tesify.pro.

    FAQ — Le doctorat en France en chiffres

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans les 289 écoles doctorales françaises, dont 17 000 primo-inscrits (+3,2 % par rapport à 2023). L’effectif total est en légère baisse de 0,3 % sur un an et de 9,6 % par rapport à 2013. Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Combien de doctorats sont délivrés en France chaque année ?

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit −3 % par rapport au pic de 2023 (15 187 diplômes). Les sciences exactes représentent 48,4 % des diplômes (7 125), devant les sciences du vivant (3 362), les sciences humaines (2 499) et les sciences de la société (1 741). Source : SIES Note Flash n°14, juin 2025.

    Quelle est la durée médiane d’une thèse en France ?

    En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an). La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois. L’écart disciplinaire est considérable : environ 58 % des thèses en sciences exactes sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et humanités. Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19.

    Quelle proportion de doctorants en France sont étrangers ?

    En 2022-2023, 37 % des doctorants inscrits en France (25 880 sur 70 700) étaient de nationalité étrangère. Ce taux est en recul d’environ 15 % en cinq ans. Les principales zones d’origine sont l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe. Source : SIES / Campus France, Chiffres clés 2024.

    Quel est le taux de financement des doctorants en France ?

    81 % des primo-inscrits à la rentrée 2024-2025 bénéficient d’un financement dédié. Ce taux atteint plus de 97 % en sciences exactes mais tombe à environ 50 % en sciences humaines et humanités. Le principal mécanisme est le contrat doctoral MESRE (38,6 % des primo-inscrits), suivi du financement par les organismes de recherche (18,4 %). Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Quel domaine regroupe le plus de doctorants en France ?

    Les sciences exactes et applications concentrent 26 815 doctorants (38,6 % du total) à la rentrée 2024-2025, devant les sciences humaines et humanités (17 765, soit 25,6 %), les sciences du vivant (13 081, soit 18,8 %) et les sciences de la société (11 771, soit 17 %). Source : EESR n°19, SIES 2025.

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  • Annuaire des écoles doctorales en France 2026 : liste complète par discipline et région

    Annuaire des écoles doctorales en France 2026 : liste complète par discipline et région

    Annuaire des écoles doctorales en France 2026 : liste complète par discipline et région

    Constituer l’annuaire des écoles doctorales en France par discipline est la première démarche concrète de tout futur doctorant — et souvent la plus opaque. En France, plus de 280 écoles doctorales (ED) sont accréditées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), réparties sur l’ensemble du territoire national et organisées autour de grands domaines scientifiques. Chacune fédère des unités de recherche, délivre des formations doctorales spécifiques et accompagne les candidats de l’admission jusqu’à la soutenance.

    Ce guide-annuaire recense les écoles doctorales françaises par grand domaine disciplinaire — Sciences humaines et sociales, Sciences exactes et ingénierie, Santé et sciences de la vie, Droit-Économie-Gestion, Lettres-Arts-Langues — et indique les sources officielles pour consulter la liste exhaustive par région. Il détaille également les étapes d’inscription, les modalités de financement et les ressources institutionnelles à mobiliser pour préparer votre candidature.

    Toutes les informations contenues dans cet article sont issues de sources françaises officielles (MESR, ADUM, HCERES, Campus France). Les effectifs et calendriers évoluant d’une année sur l’autre, vérifiez systématiquement les données directement auprès de chaque ED avant toute démarche administrative.

    En bref : la France compte plus de 280 écoles doctorales accréditées par le MESR. Chacune est identifiée par un numéro national (ex. ED 478) et couvre un ou plusieurs domaines disciplinaires. Pour trouver l’ED correspondant à votre sujet, consultez l’annuaire officiel MESRI ou le portail Campus France, puis candidatez via la plateforme ADUM.

    Qu’est-ce qu’une école doctorale ?

    Une école doctorale est une structure organisée au sein d’un établissement d’enseignement supérieur — ou en partenariat entre plusieurs établissements — chargée d’organiser la formation des doctorants et de veiller à la qualité de l’encadrement des thèses. Son rôle va bien au-delà d’une simple administration d’inscription : elle sélectionne les candidats, coordonne l’offre de formations transversales (méthodologie, éthique, langues, compétences professionnelles), suit les trajectoires des docteurs et rend compte au HCERES lors des évaluations quinquennales.

    Chaque ED est identifiée par un numéro national attribué par le MESR. Ce numéro figure dans tous les documents officiels : diplôme de doctorat, publications, actes de colloques. À titre d’exemple, l’ED 356 « Cognition, Langage, Éducation » est adossée à l’Université Aix-Marseille ; l’ED 478 « Sciences de Gestion » est rattachée à l’Université Toulouse-Capitole. Ces numéros sont stables : ils ne changent pas lors des renouvellements d’accréditation, sauf en cas de fusion ou de réorganisation institutionnelle.

    L’accréditation est accordée par le MESR sur avis du HCERES pour une période de cinq ans. Durant ce cycle, l’ED doit démontrer la qualité scientifique des unités de recherche qu’elle fédère, la pertinence de ses formations et l’employabilité de ses diplômés. La charte d’intégrité scientifique, obligatoire dans toutes les EDs depuis le décret du 26 août 2022, fait partie des critères évalués par le HCERES.

    Qui peut s’inscrire dans une école doctorale ?

    L’accès au doctorat requiert un diplôme national de master (bac+5) ou un diplôme conférant le grade de master. Certains établissements proposent des dérogations sur dossier pour les candidats titulaires d’un diplôme étranger équivalent. La condition préalable reste l’obtention d’un accord d’encadrement d’un directeur de thèse membre d’une unité de recherche rattachée à l’ED visée.

    Le rôle du comité de suivi individuel (CSI)

    Depuis le décret du 25 mai 2016, chaque doctorant bénéficie annuellement d’un comité de suivi individuel (CSI), composé d’au moins deux membres extérieurs à l’équipe d’encadrement. Le CSI rend un avis sur l’avancement des travaux et peut alerter l’ED en cas de difficultés relationnelles ou scientifiques. Ce dispositif renforce l’indépendance du suivi doctoral vis-à-vis du seul directeur de thèse.

    Les cinq grands domaines disciplinaires

    Les écoles doctorales françaises sont traditionnellement regroupées en cinq grands domaines. Cette classification n’est pas rigide — certaines EDs sont explicitement pluridisciplinaires — mais elle structure la plupart des annuaires et des appels à candidature.

    1. Sciences humaines et sociales (SHS)

    Le domaine SHS est l’un des plus vastes de l’enseignement doctoral français. Il recouvre la sociologie, l’anthropologie, la géographie, l’histoire, la psychologie, les sciences de l’éducation, la philosophie, les sciences de l’information et de la communication (SIC) et la linguistique. On y trouve des EDs pluridisciplinaires comme l’ED « Sciences Sociales et Humanités » (n° 629) de l’Université Paris-Saclay, qui réunit des unités de recherche en sciences sociales, philosophie et SIC. Des EDs équivalentes existent dans la plupart des grandes universités régionales : Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Aix-Marseille, Rennes.

    Exemples d’EDs en SHS (données indicatives — vérifiez auprès de l’ED concernée)
    Dénomination Domaines couverts Rattachement principal
    Sciences Sociales et Humanités (n° 629) Sociologie, géographie, philosophie, SIC Université Paris-Saclay
    Sciences Humaines et Sociales Sociologie, anthropologie, psychologie Université de Reims (URCA)
    Arts, Humanités, Sciences Sociales (n° 628) Arts, cultures, sciences sociales (24 spécialités) CY Cergy Paris Université
    Sciences de l’homme et de la société Histoire, géographie, sociologie, ethnologie Plusieurs universités (réseau)

    2. Sciences exactes, naturelles et ingénierie

    Ce domaine fédère les EDs en mathématiques, physique, chimie, sciences de la terre, informatique, génie des procédés et sciences de l’ingénieur. Les grands organismes de recherche (CEA, CNRS, INRIA) y adossent fréquemment leurs thèses, de même que les grandes écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, Grenoble INP). L’ED 178 « Sciences Fondamentales » de l’Université Clermont-Auvergne illustre la pluridisciplinarité de ce domaine : chimie organique, biotechnologie, écologie, pharmacologie et sciences analytiques y coexistent. L’ED 361 « Sciences et Technologies » de l’Université de Caen propose un périmètre comparable pour la Normandie.

    3. Santé et sciences de la vie

    Ce domaine couvre la biologie cellulaire et moléculaire, la médecine, la pharmacie, la santé publique, les neurosciences et les sciences vétérinaires. Les EDs de santé sont souvent adossées aux CHU régionaux et aux unités INSERM. L’ED Pierre Louis de Santé Publique (Sorbonne Université, n° 393) et les EDs sciences de la vie des universités de Strasbourg, Montpellier et Lyon figurent parmi les plus actives en termes d’effectifs financés. Les doctorants de ce domaine travaillent fréquemment en lien avec des projets financés par l’ANR ou des fonds européens Horizon Europe.

    4. Droit, économie et gestion

    Ce domaine regroupe les EDs en droit privé, droit public, sciences politiques, économie et management. L’ED 284 « Droit et Science Politique » de CY Cergy Paris Université accueille des doctorants en droit privé, droit pénal, droit public et sociologie du droit. L’ED 231 « Économie et Gestion » de l’Université de Montpellier couvre l’agriculture, l’entrepreneuriat, le développement durable et les marchés. Les thèses CIFRE y sont particulièrement fréquentes, notamment en sciences de gestion et en économie appliquée.

    5. Lettres, arts et langues

    Littératures françaises et comparées, langues vivantes, études culturelles, sciences du langage, histoire de l’art et musicologie composent ce domaine. Des EDs spécialisées comme celles rattachées aux facultés des lettres de Sorbonne Université, de Strasbourg ou d’Aix-Marseille forment chaque année des centaines de docteurs. Une proportion significative de ces diplômés s’oriente vers l’enseignement supérieur et la recherche, mais aussi vers les métiers de la culture, de l’édition et de la traduction.

    Trouver l’annuaire officiel des écoles doctorales par région

    Il n’existe pas d’annuaire papier national mis à jour en temps réel : le référentiel officiel est maintenu par le MESR sur sa plateforme open data et via l’application ADUM. Pour localiser rapidement les EDs d’une région, trois sources font autorité :

    1. Annuaire MESRI (appliweb)appliweb.dgri.education.fr/annuaire/ : filtres par discipline, établissement et région ; données issues directement du système d’information du ministère.
    2. Portail Campus France – La Recherche en Francedoctorat.campusfrance.org : annuaire filtrable par domaine et région, utile notamment pour les candidats francophones internationaux.
    3. Jeu de données open data MESRdata.enseignementsup-recherche.gouv.fr : liste des EDs accréditées, téléchargeable au format CSV/JSON pour analyse ou export.

    Le tableau ci-dessous dresse un panorama des principales régions universitaires et de leurs domaines doctoraux forts. Les données sur les effectifs sont à titre indicatif et se mettent à jour chaque vague d’accréditation HCERES.

    Paysage doctoral français par région (données indicatives — vérifiez auprès des EDs concernées)
    Région Pôles universitaires majeurs Domaines forts
    Île-de-France PSL, Sorbonne Université, Paris Cité, Paris-Saclay, Panthéon-Assas, Paris-Nanterre, Paris 8… Tous domaines ; SHS, droit, sciences exactes, santé
    Auvergne-Rhône-Alpes Université Claude Bernard Lyon 1, Lumière Lyon 2, Jean Moulin Lyon 3, Grenoble Alpes, Clermont-Ferrand Sciences, santé, ingénierie, SHS
    Occitanie Université Toulouse-Capitole (UT1), Université Toulouse III (UT3/Paul Sabatier), INPT, Montpellier Sciences de gestion, aérospatial, agronomie, droit
    Nouvelle-Aquitaine Université de Bordeaux, Bordeaux Montaigne, Pau, Limoges, La Rochelle Sciences de la vie, droit, SHS, chimie
    Hauts-de-France Université de Lille, Valenciennes, Amiens (UPJV) Sciences et technologies, SHS, lettres
    Grand Est Université de Strasbourg, Reims, Lorraine (Nancy/Metz) Chimie, droit, lettres, SHS, sciences
    Provence-Alpes-Côte d’Azur Aix-Marseille Université, Université Côte d’Azur (Nice), Toulon Sciences cognitives, médecine, SHS, droit
    Pays de la Loire / Bretagne Université de Nantes, Rennes 1, Rennes 2, Brest, Angers Droit, sciences, mer et environnement, lettres
    Bourgogne-Franche-Comté Université de Bourgogne (Dijon), Université de Franche-Comté (Besançon), Belfort-Montbéliard Ingénierie, SHS, sciences, droit
    Normandie Université de Caen, Université de Rouen, Le Havre Normandie Histoire, droit, sciences, lettres

    Le choix de votre région de thèse est intimement lié à la réputation de l’établissement porteur dans votre discipline. Consultez notre article sur le classement des meilleures universités françaises 2026 pour identifier les pôles d’excellence selon les grands classements internationaux (QS, THE, Shanghai).

    Comment choisir son école doctorale

    Le choix d’une ED ne se fait pas indépendamment du laboratoire et du directeur de thèse : il en découle directement. Voici les critères qui structurent cette décision.

    1. L’adéquation disciplinaire

    Chaque ED est habilitée à délivrer des doctorats dans une ou plusieurs spécialités précises. Vérifiez que la spécialité correspondant à votre thèse figure bien dans le périmètre de l’ED visée. Si votre sujet est à la croisée de deux disciplines — par exemple, informatique et linguistique computationnelle — recherchez une ED interdisciplinaire ou renseignez-vous sur la possibilité d’une co-inscription dans deux EDs.

    2. L’appartenance institutionnelle de votre directeur de thèse

    Le directeur de thèse doit impérativement être membre d’une unité de recherche rattachée à l’ED dans laquelle vous vous inscrivez. C’est ce lien institutionnel qui conditionne la validité de l’inscription. Dans le cas d’une co-direction, le second directeur peut être rattaché à une ED différente, voire à un établissement étranger (convention de co-tutelle internationale).

    3. L’offre de formation et l’accompagnement

    Comparez l’offre pédagogique des EDs : séminaires méthodologiques, ateliers d’écriture académique, formation en langues étrangères, préparation à la valorisation des recherches, suivi de l’insertion professionnelle. Certaines EDs proposent des modules spécifiques à la gestion des données de recherche — indispensables si vous devez rédiger un plan de gestion des données (PGD) pour l’ANR ou d’autres financeurs publics.

    4. Les indicateurs de performance de l’ED

    Le rapport HCERES de chaque ED est accessible en ligne et contient des données précieuses : taux de financement des doctorants, durée médiane de la thèse, taux de soutenance dans les délais (trois à quatre ans), devenir professionnel des docteurs à deux et cinq ans après la soutenance. Ces indicateurs varient de façon notable d’une ED à l’autre. Les causes du non-achèvement de thèse sont multifactorielles : notre article sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France présente les statistiques disponibles et les facteurs de risque identifiés dans la littérature.

    5. Les possibilités de mobilité internationale

    Certaines EDs sont membres de réseaux doctoraux européens ou partenaires de collèges doctoraux transfrontaliers (ex. EuroCampus franco-allemand, réseau universitaire franco-québécois). Ces affiliations ouvrent des possibilités de financement pour des séjours de recherche à l’étranger, cofinancés par l’ED et par des dispositifs comme le DAAD, la bourse Explora’doc (Région Auvergne-Rhône-Alpes) ou les aides de Campus France. Consultez les aides régionales à la mobilité étudiante 2026 pour un tableau comparatif par région.

    Inscription et procédure d’admission en école doctorale

    La procédure d’inscription suit des étapes relativement standardisées sur le plan national, même si les calendriers diffèrent d’un établissement à l’autre.

    Étape 1 : Identifier et contacter un directeur de thèse

    C’est le prérequis absolu. Parcourez les pages des laboratoires rattachés à l’ED visée, lisez les publications récentes des enseignants-chercheurs, identifiez ceux dont les axes de recherche correspondent à votre projet. Contactez-les par email avec un projet de thèse d’une à deux pages, un CV académique détaillé et vos relevés de notes de master. La période de recrutement s’intensifie généralement entre avril et juillet pour une rentrée en octobre, en lien avec les concours de contrats doctoraux organisés par les EDs.

    Étape 2 : Déposer la demande d’admission via ADUM

    Une fois l’accord de votre futur directeur obtenu, toute la procédure d’admission s’effectue sur la plateforme nationale ADUM. Vous y renseignez votre sujet de thèse, les informations de votre directeur, votre unité de recherche et vos modalités de financement. Le dossier est ensuite validé successivement par le directeur de thèse, le directeur de l’unité de recherche, puis par la direction de l’ED.

    Étape 3 : Validation par l’ED et inscription administrative

    Après validation par l’ED, vous procédez à l’inscription administrative dans l’établissement porteur. Cette inscription est annuelle et doit être renouvelée chaque année universitaire avec un rapport d’avancement et un avis favorable du directeur de thèse. La plupart des EDs exigent la signature d’une charte du doctorat qui reprend les engagements réciproques entre l’ED, le directeur de thèse et le doctorant — ainsi que les dispositions de la charte d’intégrité scientifique en thèse issue du décret du 26 août 2022.

    Étape 4 : Le suivi annuel et le dépôt de thèse

    Chaque année, le comité de suivi individuel (CSI) se réunit avec le doctorant pour évaluer l’avancement des travaux. À l’issue de la thèse, le manuscrit est déposé sur ADUM, puis référencé automatiquement sur THESES.FR, le portail national. La version définitive peut ensuite être diffusée en open access via HAL. Notre guide sur publier votre travail sur HAL/DUMAS étape par étape détaille la procédure de soumission institutionnelle, applicable également aux thèses de doctorat.

    Les modes de financement de la thèse

    Un doctorat non financé reste juridiquement possible mais est fortement déconseillé. Le MESR a engagé une politique volontariste en faveur du financement doctoral : la proportion de doctorants financés est passée d’environ 50 % à plus de 80 % sur une vingtaine d’années, et la loi de programmation de la recherche (LPR) a revalorisé de manière significative les contrats doctoraux.

    Le contrat doctoral

    C’est le mode de financement de référence pour les thèses au sein des établissements publics. Il s’agit d’un contrat de travail de droit public d’une durée de trois ans. À compter du 1er janvier 2026, la rémunération minimale est fixée à 2 300 € brut mensuel (soit environ 1 850 € net), conformément à la LPR. Des missions complémentaires rémunérées — enseignement (jusqu’à 64 heures annuelles équivalent TD), valorisation de la recherche, diffusion scientifique — peuvent porter cette rémunération à la hausse. Les contrats doctoraux sont attribués via des concours organisés par chaque ED, généralement en mai-juin pour une prise de fonction en octobre. À la fin des trois ans, les doctorants ont droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) via France Travail s’ils n’ont pas trouvé de poste.

    Le dispositif CIFRE

    La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE), gérée par l’ANRT pour le compte du MESR, permet à une entreprise d’accueillir un doctorant travaillant sur un sujet en lien avec ses activités. L’entreprise verse un salaire brut annuel minimum de 27 600 € par an et reçoit en retour une subvention forfaitaire de 14 000 € par an de l’État. Environ 1 300 conventions CIFRE sont attribuées chaque année selon l’ANRT. Cette voie est particulièrement développée en sciences de gestion, informatique, ingénierie et sciences de l’environnement.

    Financements ANR, Horizon Europe et organismes de recherche

    Les projets ANR (Agence Nationale de la Recherche), les programmes Horizon Europe et les contrats des grands organismes (CNRS, INRAE, INSERM, INRIA, CEA) constituent d’autres sources de financement doctoral. Ces postes sont attribués directement par les laboratoires dans le cadre de leurs projets financés. Les doctorants rattachés à ces financements ont souvent l’obligation de rédiger un plan de gestion des données (PGD) ANR décrivant comment les données de recherche seront collectées, stockées et partagées.

    Les aides complémentaires à la mobilité

    Parallèlement au financement principal, plusieurs dispositifs permettent de financer des séjours de recherche à l’étranger ou des participations à des congrès internationaux : allocations de mobilité de l’ED, bourses de congrès des établissements, aides régionales spécifiques. Le guide complet des aides régionales à la mobilité étudiante en France 2026 recense les principaux dispositifs par région, dont certains sont accessibles aux doctorants.

    Ressources officielles pour l’annuaire des écoles doctorales

    Pour naviguer efficacement dans le paysage doctoral français, voici les ressources institutionnelles incontournables :

    • Annuaire MESRI (appliweb) — liste officielle des EDs par discipline, sous-discipline et région ; données issues directement du système d’information du ministère.
    • Portail Campus France – Annuaire des EDs — filtres par relevance, nom, numéro, domaine et région ; utile pour les candidats francophones et internationaux.
    • data.gouv.fr – Liste des EDs accréditées — jeu de données ouvert, téléchargeable au format CSV/JSON, historique depuis 1991.
    • ADUM — plateforme nationale pour candidater, gérer les inscriptions annuelles et déposer le manuscrit de thèse.
    • doctorat.gouv.fr — portail officiel du doctorat français : réglementation, financement, reconnaissance internationale du titre de docteur.
    • HCERES — accès aux rapports d’évaluation des EDs par vague, permettant de comparer les indicateurs de performance.

    Si votre parcours commence par un mémoire de master avant d’envisager une thèse, la méthodologie de rédaction et les normes bibliographiques sont très proches de celles du doctorat. Le guide comment rédiger un mémoire en 2026 aborde la structuration du cadre théorique, la gestion des sources et l’usage responsable de l’IA dans la rédaction académique. Pour les normes de citation bibliographique en vigueur dans les universités françaises, consultez également notre article sur la norme ISO 690 pour les citations et la bibliographie de mémoire 2026.

    Foire aux questions

    Combien y a-t-il d’écoles doctorales en France ?

    Selon les données de l’annuaire MESRI (appliweb.dgri.education.fr), la France comptait 287 écoles doctorales accréditées à la rentrée universitaire 2022. Ce chiffre évolue d’une année sur l’autre en fonction des fusions d’établissements, des reconfigurations régionales et des nouvelles accréditations accordées par le MESR sur avis du HCERES. Consultez l’annuaire officiel pour le nombre actualisé.

    Comment trouver l’école doctorale correspondant à ma discipline ?

    Utilisez l’annuaire MESRI (appliweb.dgri.education.fr/annuaire/) et filtrez par discipline ou sous-discipline (ex. « sciences de l’information et de la communication »). Le portail Campus France (doctorat.campusfrance.org) offre également un filtre par domaine et par région. Si votre sujet est interdisciplinaire, consultez directement les laboratoires susceptibles d’accueillir votre thèse : ils sont rattachés à une ou plusieurs EDs précises.

    Peut-on changer d’école doctorale en cours de thèse ?

    Un changement d’ED en cours de thèse est possible mais rare et administrativement complexe. Il intervient généralement en cas de changement d’établissement, de changement de directeur de thèse ou d’évolution significative du sujet qui sort du périmètre disciplinaire de l’ED initiale. La démarche passe par une demande conjointe du doctorant et du directeur, validée par les deux EDs et les deux établissements porteurs. Vérifiez les conditions auprès de votre ED actuelle avant d’engager la procédure.

    Quel est le salaire d’un doctorant avec un contrat doctoral en 2026 ?

    Pour un contrat signé à partir du 1er janvier 2026, la rémunération mensuelle minimale est de 2 300 € brut (environ 1 850 € net), conformément à la loi de programmation de la recherche. Des missions complémentaires rémunérées — enseignement, valorisation, diffusion scientifique — peuvent augmenter ce montant. Un contrat CIFRE prévoit quant à lui un salaire brut annuel minimum de 27 600 €, versé par l’entreprise d’accueil, avec une subvention de 14 000 € versée à l’entreprise par l’ANRT.

    Faut-il un financement pour s’inscrire en doctorat en France ?

    Non, l’inscription en doctorat sans financement reste juridiquement possible. Cependant, la plupart des EDs regardent très favorablement — voire exigent — un financement avant d’accepter une inscription, particulièrement dans les disciplines scientifiques. En SHS et en lettres, des inscriptions sans financement sont plus souvent tolérées, à condition que le doctorant dispose de ressources propres ou d’un emploi compatible. Les EDs mettent en garde contre les risques élevés de non-achèvement en l’absence de financement dédié.

    Qu’est-ce que le numéro d’une école doctorale et à quoi sert-il ?

    Chaque école doctorale accréditée reçoit un numéro national unique attribué par le MESR (ex. ED 356, ED 478, ED 629). Ce numéro identifie l’ED dans tous les documents officiels : diplôme de doctorat, publications scientifiques, actes de colloques, dossiers d’évaluation HCERES. Il est stable et ne change pas lors des renouvellements d’accréditation, sauf en cas de fusion ou de réorganisation institutionnelle majeure.

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  • Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Sur les 69 600 étudiants inscrits en doctorat en France à la rentrée 2023-2024, une proportion significative ne déposera jamais sa thèse. Les statistiques officielles sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France restent peu centralisées, mais les données du SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, MESR), les rapports d’évaluation du HCERES et le rapport Pommier-Lazarus de novembre 2024 permettent désormais de dresser un tableau précis. Cet article compile l’ensemble des données disponibles : taux d’abandon par discipline, durée réelle de la thèse, effet du financement et facteurs humains qui précipitent le décrochage.

    Résultat clé

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), soit un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Ce taux varie fortement selon la discipline et le financement : inférieur à 5 % dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées, il peut dépasser 30 % en sciences humaines et sociales lorsque les doctorants ne bénéficient d’aucun financement dédié. La durée réelle de la thèse s’étend de moins de 40 mois en sciences exactes à plus de 72 mois en SHS.

    Panorama des effectifs doctoraux 2023-2024

    Le doctorat français est en contraction structurelle depuis plus d’une décennie. À la rentrée 2023-2024, le MESR/SIES dénombre 69 600 inscrits en doctorat, soit une baisse de 1,5 % en un an et de 11,2 % par rapport à la rentrée 2012. Le nombre de primo-inscrits recule de 13,6 % sur la même période, même si la rentrée 2023-2024 enregistre un rebond de +4,6 % avec 16 500 nouveaux doctorants — signe que la désaffection n’est pas irréversible.

    Effectifs doctoraux par champ disciplinaire — rentrée 2023-2024 (Source : MESR/SIES, EESRI n°18)
    Champ disciplinaire Inscrits Part du total
    Sciences exactes et applications 26 332 37,8 %
    Sciences humaines et humanités 17 980 25,8 %
    Sciences du vivant 13 026 18,7 %
    Sciences de la société 12 301 17,7 %
    Total 69 600 100 %

    Côté résultats, le bilan est plus encourageant : 15 187 diplômes de doctorat ont été conférés en 2023, un record absolu (+9,6 % par rapport à 2022, +2,6 % par rapport à 2012), en partie grâce au rattrapage post-pandémie. Les hausses les plus marquées concernent les sciences agronomiques (+20,8 %), les sciences exactes (+20,2 %) et les sciences du vivant (+14,8 %). À l’inverse, les sciences humaines et sociales affichent un léger recul de −2,2 % du nombre de primo-inscrits.

    Taux d’abandon en thèse de doctorat : ce que disent les données nationales

    La mesure centralisée du taux d’abandon en thèse de doctorat en France reste lacunaire. Le MESR ne publie pas de taux national consolidé d’attrition : les données disponibles proviennent des enquêtes SIES sur les promotions de nouveaux docteurs, des rapports d’évaluation HCERES portant sur les écoles doctorales et des travaux de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). La synthèse de ces sources permet néanmoins de dégager des ordres de grandeur solides.

    La donnée la plus synthétique disponible est le taux de réussite estimé à 87 % pour 2023-2024 (SIES), ce qui implique un taux d’abandon global d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle doctoral toutes disciplines confondues.

    Ce que révèlent les évaluations HCERES école doctorale par école doctorale

    Dans leurs rapports d’évaluation des écoles doctorales, les comités d’experts du HCERES documentent systématiquement les taux d’abandon. L’analyse croisée de ces rapports individuels met en évidence une amélioration tendancielle significative :

    • Taux moyen d’abandon estimé à 12,1 % pour les promotions entrantes en 2017-2018
    • Ramené à 6,3 % pour les promotions entrantes en 2021-2022
    • Moyenne consolidée sur la période évaluée : environ 8,6 %
    • Dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées : taux fréquemment inférieurs à 5 %
    • Dans les disciplines peu financées : taux pouvant dépasser 30 %
    Point méthodologique : attention à l’interprétation des chiffres bruts

    Une fraction des abandons officiellement comptabilisés correspond à des doctorants qui ont trouvé un emploi avant la soutenance — notamment via des conventions CIFRE en entreprise ou des recrutements en collectivités. Dans certaines écoles doctorales évaluées par le HCERES, ce motif représente la moitié des sorties sans diplôme. Le taux d’abandon « subi » — véritablement involontaire — est donc structurellement inférieur aux chiffres bruts présentés dans les rapports.

    Durée réelle de la thèse par discipline

    L’arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale fixe à trois ans en équivalent temps plein la durée normale de préparation d’une thèse. La réalité statistique s’éloigne sensiblement de cette norme selon la discipline, le type de financement et le contexte institutionnel.

    Durée réelle de la thèse par discipline — promotions 2023 (Source : MESR/SIES)
    Discipline Part terminant en < 40 mois Part dépassant 72 mois Profil type
    Sciences exactes et applications 37,6 % Faible Contrat doctoral 3 ans
    Sciences du vivant 40,5 % Faible Contrat doctoral 3–4 ans
    Sciences humaines et sociales < 14 % 37,3 % Souvent sans financement dédié
    Toutes disciplines 38 % ~10 %

    Le contraste est saisissant : en sciences du vivant et en sciences exactes, les doctorants financés terminent leur thèse avec une régularité proche du calendrier légal. En SHS, plus de 8 doctorants sur 10 ne respectent pas les 40 mois réglementaires, et plus d’un tiers mettent plus de six ans. La corrélation avec le financement est directe : seuls 4 doctorants en SHS sur 10 bénéficient d’un contrat doctoral ou d’une allocation dédiée, contre 7 sur 10 en moyenne nationale (données AEF info / SIES).

    La comparaison dans le temps confirme une légère dégradation post-pandémie : la proportion de doctorants soutenant en moins de 40 mois était de 43 % pour la promotion 2016 (contre 38 % en 2023), en lien avec les reports de soutenance contraints par la crise sanitaire de 2020.

    Le financement, premier déterminant de la réussite doctorale

    Le lien entre financement et probabilité d’aller au bout de la thèse est la donnée la plus robuste et la plus constamment documentée de la littérature sur le doctorat français. Le rapport Pommier-Lazarus (novembre 2024), commandé par les ministres chargés de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’industrie, consolide cette démonstration avec des données récentes.

    Financement des primo-inscrits en doctorat par discipline — 2023-2024 (Source : Rapport Pommier-Lazarus / MESR)
    Discipline Taux de financement dédié Part combinant thèse et emploi Sans financement ni emploi
    Sciences exactes et applications 97,1 % 3 % Marginal
    Sciences du vivant 85,3 % 15 % Rare
    Sciences humaines et sociales 50,9 % 30 % ~20 %
    Toutes disciplines 79,2 % 14 % 6,5 %

    Ce taux global de 79,2 % de primo-inscrits financés représente une amélioration notable par rapport à 2012 (68,1 %), soit un gain de 11 points en une décennie. La structure du financement se décompose ainsi pour 2023-2024 (MESR/SIES) :

    • Contrats doctoraux MESR : 40,8 % des financements
    • Organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) : 16,9 %
    • Conventions CIFRE (industrie) : 9,9 %
    • Financement par un établissement étranger : 10,6 %

    La conséquence directe sur l’abandon : selon les rapports d’évaluation HCERES, dans les disciplines où le financement est la norme, les abandons restent l’exception. À l’inverse, parmi les doctorants en SHS sans financement ni emploi régulier — environ 20 % de cette population —, le risque de décrochage est le plus élevé.

    Causes de l’abandon : encadrement, isolement et précarité financière

    Au-delà du financement, la décision d’abandonner la thèse est multifactorielle. Les travaux publiés dans la Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur (OpenEdition) et les enquêtes de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) identifient trois catégories de déterminants qui s’alimentent mutuellement.

    La relation d’encadrement : facteur protecteur ou déclencheur

    La qualité de la relation entre le doctorant et son directeur de thèse constitue le premier déterminant non financier du parcours doctoral. Une direction claire, un retour régulier sur les travaux et une capacité à sortir le doctorant de l’isolement intellectuel réduisent considérablement le risque d’abandon. À l’inverse, une supervision défaillante — consignes floues, indisponibilité chronique, conflits interpersonnels — figure parmi les premiers motifs explicitement mentionnés dans les études qualitatives françaises sur le décrochage doctoral.

    La charte d’intégrité scientifique en thèse, rendue obligatoire par le décret du 26 août 2022, encadre désormais les obligations mutuelles entre le doctorant, son directeur et son institution. Elle prévoit notamment des formations obligatoires à l’éthique de la recherche — une mesure qui contribue à clarifier les attendus du parcours doctoral et à réduire les malentendus susceptibles de mener à l’abandon.

    Isolement social et santé mentale : une problématique documentée

    Le doctorat est structurellement une expérience solitaire, particulièrement en SHS où les doctorants travaillent souvent en dehors des grands laboratoires collectifs. Le Réseau National des Collèges Doctoraux (RNCD) indique que, parmi les doctorants inscrits en 2022-2023, 54 % se déclaraient exposés au stress. Cette prévalence est cohérente avec des données comparatives publiées dans la littérature internationale en sciences de l’éducation, qui montrent que les doctorants présentent des niveaux de vulnérabilité psychologique significativement plus élevés que des salariés de niveau de qualification comparable.

    Les variables les plus corrélées à la dégradation du bien-être incluent l’isolement social, la difficulté à maintenir une vie en dehors de la thèse et le sentiment de stagnation face aux exigences de production scientifique. Ces facteurs se cumulent chez les doctorants précaires qui combinent rédaction et activité salariée à temps plein. Les enquêtes récentes sur les usages numériques montrent par ailleurs que les étudiants chercheurs intègrent progressivement des outils d’IA dans leur pratique de recherche documentaire et de rédaction — une évolution dont les implications sur les pratiques académiques sont suivies de près, comme en témoignent les statistiques sur l’utilisation de l’IA par les étudiants en 2026 (fr.tesify.pro).

    Précarité financière et travail contraint

    Pour les doctorants sans financement dédié, la thèse se rédige en parallèle d’une activité professionnelle souvent incompatible avec le rythme de la recherche. Les données de l’enquête OVE 2020 (n = 636 doctorants) montrent que 80 à 90 % des doctorants en situation de travail occasionnel déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins mensuels — un signal fort de précarité structurelle qui pèse directement sur la motivation à poursuivre.

    Les statistiques sur la mobilité étudiante internationale en France 2026 illustrent un contraste révélateur : les doctorants bénéficiant de co-tutelles ou de financements internationaux accèdent à des structures d’encadrement diversifiées qui atténuent ces risques. Pourtant, les inscriptions en co-tutelle internationale ont elles aussi reculé à 931 primo-inscrits en 2023-2024, niveau le plus bas depuis 2012 selon le MESR/SIES — une convergence préoccupante de plusieurs indicateurs négatifs.

    Tendances 2026 et perspectives

    Une contraction structurelle des effectifs qui se confirme

    La France a perdu 18 % de nouveaux inscrits en doctorat entre 2010 et 2022 (AEF info / MESR). Si le rebond de rentrée 2023-2024 est encourageant, il ne compense pas la tendance de fond. La désaffection est particulièrement marquée en sciences humaines, où le déficit chronique de financement, la durée allongée des thèses et des perspectives d’insertion académique limitées se cumulent pour décourager les vocations.

    La professionnalisation du doctorat comme réponse structurelle

    Le rapport Pommier-Lazarus (2024) formule dix recommandations pour améliorer la reconnaissance et la valorisation du doctorat en entreprise, notamment en augmentant la part des docteurs parmi les chercheurs et ingénieurs du secteur privé. L’objectif est d’élargir les débouchés pour réduire le sentiment d’impasse qui pousse certains doctorants à l’abandon — en particulier ceux dont les perspectives académiques s’avèrent étroites.

    La vague E du HCERES : un suivi renforcé à partir de 2026

    La vague E des évaluations HCERES (2026), portant sur les universités d’Île-de-France et des Hauts-de-France, renforce le suivi des taux de complétion et des délais de soutenance dans son référentiel d’évaluation des formations doctorales. Les écoles doctorales concernées devront documenter plus précisément leurs dispositifs d’accompagnement des doctorants en difficulté — ce qui améliorera la disponibilité des données nationales d’ici 2027. Pour repérer les écoles doctorales par discipline et établissement, l’annuaire des écoles doctorales en France par discipline 2026 constitue un point d’entrée structuré.

    La valorisation de l’archive ouverte comme levier de visibilité

    Dans ce contexte de contraction, rendre visibles ses travaux doctoraux prend une importance accrue, y compris pour les doctorants qui n’iront pas jusqu’à la soutenance. Le dépôt en archive ouverte nationale — dont le guide pratique est détaillé dans HAL/DUMAS : publier son mémoire étape par étape 2026 — permet d’assurer la diffusion et de valoriser une contribution scientifique partielle le cas échéant.

    À titre comparatif, les taux d’abandon à l’université en France au niveau licence et master présentent un profil différent — concentrés en première année de licence, souvent liés à l’orientation plutôt qu’à la précarité — mais les facteurs financiers et d’accompagnement restent des constantes à tous les niveaux du cycle universitaire.

    Questions fréquentes sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France

    Quel est le taux d’abandon moyen en thèse de doctorat en France ?

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), ce qui correspond à un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Les rapports d’évaluation HCERES sur les écoles doctorales documentent une amélioration notable : de 12,1 % pour les promotions 2017-2018 à 6,3 % pour les promotions 2021-2022, avec une moyenne consolidée d’environ 8,6 %.

    Quelle discipline enregistre le plus fort taux d’abandon en doctorat ?

    Les sciences humaines et sociales (SHS) enregistrent les taux d’abandon les plus élevés. Avec seulement 50,9 % des primo-inscrits bénéficiant d’un financement dédié (contre 97,1 % en sciences exactes), les doctorants en SHS sont contraints de combiner thèse et activité salariée, ce qui allonge la durée et multiplie le risque de décrochage. Dans les écoles doctorales en SHS sans financement structurel, les taux d’abandon peuvent dépasser 30 %.

    Combien de temps dure réellement une thèse de doctorat en France ?

    La durée légale est de trois ans (arrêté du 25 mai 2016). En pratique, en sciences exactes, 37,6 % des doctorants soutiennent en moins de 40 mois ; en sciences du vivant, 40,5 %. En SHS, plus de 37 % mettent plus de 72 mois (six ans) et moins de 14 % terminent dans les 40 mois réglementaires. Toutes disciplines confondues, 38 % des docteurs de la promotion 2023 ont soutenu en moins de 40 mois (MESR/SIES).

    Quelles sont les principales causes d’abandon d’une thèse de doctorat ?

    Les principales causes documentées sont : (1) la précarité financière — absence de contrat doctoral ou de financement dédié ; (2) les problèmes d’encadrement — indisponibilité du directeur, consignes floues, conflits relationnels ; (3) l’isolement social et les difficultés de santé mentale (54 % des doctorants se déclarent exposés au stress, enquête RNCD 2022-2023) ; (4) un marché académique étroit qui décourage la poursuite au-delà des premières années d’inscription.

    Le taux d’abandon en doctorat augmente-t-il ou diminue-t-il en France ?

    Les données HCERES suggèrent une tendance à la baisse du taux d’abandon : de 12,1 % (promotions 2017-2018) à 6,3 % (promotions 2021-2022). Cette amélioration s’explique en partie par la hausse du taux de financement des primo-inscrits, passé de 68,1 % en 2012 à 79,2 % en 2023-2024. La contraction globale des effectifs doctoraux (−11,2 % entre 2012 et 2023) signale néanmoins une désaffection structurelle qui dépasse la seule question de l’abandon en cours de thèse.

    Que se passe-t-il si on abandonne sa thèse en cours de route ?

    Un abandon n’est pas irréversible. Plusieurs options sont prévues par la réglementation française : la suspension d’inscription (accordée par le chef d’établissement, notamment pour raisons médicales ou familiales), le transfert vers un autre établissement avec un nouvel encadrement, ou l’interruption temporaire avec reprise ultérieure. Les travaux produits — articles publiés, chapitres rédigés — peuvent par ailleurs être valorisés indépendamment de la soutenance finale.

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  • Doctorat en France : attractivité internationale et profil des doctorants étrangers 2025 — les données SIES

    Doctorat en France : attractivité internationale et profil des doctorants étrangers 2025 — les données SIES

    Doctorat en France : attractivité internationale et profil des doctorants étrangers 2025 — les données SIES

    La France occupe le 4e rang mondial pour l’accueil des doctorants en mobilité internationale. Ce résultat, documenté par les notes d’information SIES NI-2025-05 et NF-2025-14 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), coexiste avec un paradoxe structurel : le pays présente l’un des ratios d’entrée en doctorat les plus bas de l’espace OCDE. Comprendre cette tension — attractivité internationale avérée, faible accès national — est devenu un enjeu stratégique pour les établissements français, les candidats étrangers et les financeurs publics.

    Les chiffres publiés par le MESR et Campus France pour l’attractivité doctorat France international statistiques 2025 permettent d’en dresser un tableau précis. Cet article synthétise ces données en croisant trois angles : la position de la France dans la compétition mondiale pour les doctorants étrangers, le profil détaillé de cette population, et les dynamiques de diplôme et de financement qui conditionnent l’avenir du dispositif doctoral français.

    Résultat clé : 38 % des doctorants inscrits en France sont en mobilité internationale (moyenne UE : 25 %), ce qui place le pays au 4e rang mondial pour l’accueil doctoral étranger. Pourtant, avec seulement 2,0 nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur (contre 2,8 en moyenne OCDE et 3,7 en UE), la France présente un double visage : très attractive pour les candidats étrangers, mais sous-utilisée par ses propres diplômés.

    La France au 4e rang mondial : ce que mesurent réellement les indicateurs

    Selon les données compilées par Campus France dans ses Chiffres clés 2025, la France se classe au 4e rang mondial pour l’accueil des doctorants en mobilité internationale, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada. Cette mesure porte sur les étudiants qui ont quitté leur pays d’origine pour s’inscrire dans un programme doctoral à l’étranger — ce que les statistiques de l’OCDE désignent comme « étudiants mobiles au niveau doctoral ».

    Ce rang n’est pas fortuit. Il résulte de plusieurs facteurs structurels : la gratuité relative des frais d’inscription dans les universités publiques françaises par rapport aux établissements anglophones, la densité du tissu de laboratoires de recherche, la reconnaissance internationale des grandes universités et des grandes écoles d’ingénieurs, ainsi que la présence de cotutelles internationales de thèse facilement accessibles. Pour de nombreux candidats africains et du Proche-Orient, la France représente également un accès à l’enseignement supérieur occidental dans un cadre linguistique familier.

    L’indicateur clé qui reflète cette attractivité est la part des doctorants en mobilité internationale dans l’effectif doctoral total. En France, cette part s’établit à 38 %, soit 13 points au-dessus de la moyenne européenne de 25 %. Cette proportion place la France dans une catégorie à part en Europe continentale, aux côtés des Pays-Bas et de la Suisse.

    Tableau 1 — Part des doctorants en mobilité internationale dans l’effectif doctoral total (sélection de pays, données OCDE/Campus France 2025)
    Pays Part doctorants mobiles Rang mondial (accueil)
    Royaume-Uni nd 2
    France 38 % 4
    Moyenne UE 25 %
    Moyenne OCDE nd
    Allemagne nd 5

    Sources : Campus France, Chiffres clés 2025 — Au niveau doctoral ; MESR, NI-2025-05, Comparaisons internationales sur le doctorat : l’attractivité française avérée.

    Le paradoxe du ratio d’entrée : fort pour l’étranger, faible pour les nationaux

    La note SIES NI-2025-05 met en évidence un paradoxe structurel que les seuls chiffres absolus de mobilité masquent. Si la France attire massivement les doctorants étrangers, son ratio d’entrée en doctorat — soit le nombre de nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur — est l’un des plus faibles de l’espace OCDE et européen.

    En 2021, ce ratio s’établissait à 2,0 en France, contre 2,8 en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE et 3,7 dans l’Union européenne. Autrement dit : à entrée dans le supérieur équivalente, un étudiant européen est presque deux fois plus susceptible d’accéder au doctorat qu’un étudiant français.

    Pourquoi ce faible ratio ? La structure du système français d’enseignement supérieur joue un rôle déterminant. Une proportion élevée des étudiants s’oriente vers des filières courtes et professionnalisantes (BTS, BUT, licences professionnelles) qui ne constituent pas un continuum vers la recherche doctorale. Par ailleurs, la culture de la recherche reste concentrée dans les universités et dans certaines grandes écoles, sans diffuser suffisamment vers l’ensemble des cursus de niveau master.

    Ce constat a une conséquence directe sur la composition du corps doctoral : pour maintenir les effectifs, les écoles doctorales françaises sont structurellement dépendantes du recrutement international. La forte représentation des doctorants étrangers (38 %) n’est donc pas seulement le signe d’une attractivité ; c’est aussi le reflet d’un déficit national.

    Pour mieux comprendre le financement qui conditionne cet accès, voir l’article Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE.

    Profil des doctorants étrangers : origines, disciplines, établissements

    Au total, environ 25 300 doctorants étrangers étaient inscrits en France en 2023-2024, répartis dans 270 écoles doctorales au sein de 57 établissements d’enseignement supérieur (source : Campus France, Chiffres clés 2025).

    Origines géographiques

    La géographie des origines reflète à la fois les réseaux historiques de la francophonie et l’internationalisation croissante de la formation doctorale. Les cinq premiers pays d’origine sont :

    Tableau 2 — Principaux pays d’origine des doctorants étrangers en France, 2023-2024 (Campus France)
    Pays d’origine Effectif (doctorants) Remarque
    Chine 1 806 Stable sur 5 ans
    Italie 1 622 Forte progression
    Liban 1 534 20 % de tous les Libanais en France
    Maroc 1 229 En recul sur 5 ans
    Algérie 1 090 Recul de -24 % sur 5 ans

    Un indicateur de concentration mérite d’être signalé : 39 % de l’ensemble des étudiants indiens présents en France sont inscrits au niveau doctoral — une proportion exceptionnellement élevée qui illustre que la France attire les Indiens principalement pour la recherche, non pour les cursus de premier ou second cycle.

    Répartition par disciplines

    La distribution disciplinaire des doctorants étrangers diffère sensiblement de celle de leurs homologues français. Les sciences dures et l’informatique concentrent l’essentiel des flux :

    • Sciences (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) : 53 % des inscriptions de doctorants étrangers
    • Lettres, sciences humaines et sociales : 28 %
    • Santé et médecine : minoritaire en volume, mais en croissance de +67 % sur cinq ans

    Cette concentration en sciences est cohérente avec les données MESR sur l’ensemble de la population doctorale : en 2020, les disciplines ICT, sciences naturelles, mathématiques et statistiques représentaient déjà 37 % des doctorants en France. En revanche, la santé reste structurellement sous-représentée dans le doctorat français (5 % des inscriptions doctorales contre 21 % en moyenne dans l’UE), ce qui constitue une divergence notable vis-à-vis des systèmes américain et britannique.

    Pour la carte des écoles doctorales par région et discipline, voir Écoles doctorales France 2026 : effectifs par région, disciplines et financement.

    Répartition par type d’établissement

    Les universités hébergent 79 % des doctorants étrangers. Les écoles d’ingénieurs en accueillent 10 %, et les autres établissements (instituts, EPST, etc.) les 11 % restants. Cette prédominance universitaire s’explique par la densité des unités de recherche labellisées CNRS et par la plus grande accessibilité des universités aux candidats étrangers comparativement aux concours sélectifs des grandes écoles.

    Tendances sur cinq ans : les baisses préoccupantes

    Malgré son rang mondial, la France enregistre une érosion significative de ses effectifs doctoraux étrangers sur la période 2018-2023. La baisse globale est de -12 % sur cinq ans selon les données Campus France 2025 — un recul qui contraste avec la croissance observée dans la plupart des pays concurrents.

    Les dynamiques sont toutefois très hétérogènes selon les origines :

    Tableau 3 — Évolution des effectifs de doctorants étrangers en France par région d’origine, 2018-2023 (Campus France)
    Région / Pays d’origine Évolution 2018-2023
    Algérie -24 %
    Tunisie -35 %
    Europe de l’Ouest (hors Italie) -12 à -16 %
    Amérique latine -12 à -16 %
    Italie Forte hausse
    Inde / Chine Stable / légère progression

    Les baisses en provenance du Maghreb s’expliquent par plusieurs facteurs conjugués : durcissement des conditions d’octroi des visas de long séjour, concurrence accrue des destinations anglophones (Canada, Allemagne), et tensions diplomatiques ponctuelles. La baisse tunisienne de -35 % est particulièrement préoccupante au regard des liens historiques entre les deux pays et de la forte tradition académique tunisienne.

    À l’inverse, la progression italienne — qui hisse l’Italie au 2e rang des pays d’origine — traduit un phénomène de mobilité intra-européenne : face à un système doctoral national sous-financé, les doctorants italiens cherchent des financements à l’étranger. La France bénéficie ici de sa politique de contrat doctoral et de cotutelle.

    Ces tendances sont à lire en lien avec la mobilité Erasmus+ des étudiants français 2026-2027, qui illustre les flux symétriques sortants depuis la France.

    📊
    Campus France — Chiffres clés 2025 : mobilité doctorale

    La page interactive de Campus France présente l’ensemble des données sur les doctorants étrangers en France : origines, disciplines, établissements d’accueil et comparaisons internationales. Source de référence pour les statistiques SIES NI-2025-05.

    Consulter les données doctorales →

    Source : Campus France, Chiffres clés de la mobilité étudiante dans le monde, mai 2025

    Financement et durée de thèse : les données 2024-2025

    Le financement est le principal levier d’attractivité du doctorat français — et aussi son principal point de fragilité comparatif. La note NF-2025-14 du MESR fournit les données les plus récentes sur ce sujet.

    En 2024-2025, 81 % des doctorants inscrits en première année de thèse bénéficient d’un financement — une proportion en progression par rapport aux années précédentes. Cette évolution reflète la politique du Plan doctoral national, qui vise à généraliser le contrat doctoral et à réduire les situations de thèse sans financement, longtemps endémiques dans certaines disciplines des sciences humaines et sociales.

    Le taux de 81 % masque toutefois de fortes disparités disciplinaires. En sciences dures, l’accès au financement est quasi-systématique depuis une décennie. En sciences humaines et sociales, en droit et en lettres, les taux restent structurellement plus faibles, même si la tendance est à la convergence. C’est dans ces disciplines que se concentrent paradoxalement les doctorants étrangers dont le financement provient de leur pays d’origine — bourses gouvernementales, financements d’ambassades ou ressources personnelles.

    La durée des thèses évolue également : en 2024, la part des thèses soutenues en moins de 40 mois a progressé de 4 points de pourcentage. Ce raccourcissement partiel est un signal positif pour l’attractivité, notamment vis-à-vis des candidats étrangers qui préfèrent des durées prévisibles compatibles avec des financements à terme fixe.

    Pour l’ensemble du panorama des mécanismes de financement (ANR, CIFRE, contrats régionaux), voir Financement d’une thèse de doctorat en 2026 : contrat doctoral, ANR, CIFRE.

    Diplômés 2024 : baisse après le pic pandémique

    Le nombre de docteurs diplômés en France en 2024 accuse une baisse de 3,0 % par rapport à 2023. Cette diminution succède à une hausse exceptionnelle de 9,6 % en 2023, elle-même imputable à un effet de rattrapage post-pandémique : de nombreuses thèses dont la soutenance avait été reportée en 2020-2021 se sont concentrées sur 2023.

    Le recul de 2024 ne traduit donc pas une dégradation structurelle du système doctoral, mais le retour à une trajectoire normalisée après deux années atypiques. Les nouvelles inscriptions en 2024-2025 progressent d’ailleurs de 3,2 % — signe que l’entrée dans le dispositif doctoral reste dynamique.

    La baisse de 3,0 % en 2024 doit être mise en regard des effectifs absolus : la France produit chaque année entre 16 000 et 17 000 docteurs, ce qui la place parmi les premiers producteurs européens en valeur absolue, derrière l’Allemagne mais devant l’Espagne et l’Italie.

    Ces données rejoignent les constats sur le taux d’abandon en doctorat en France, qui soulignent que le goulot d’étranglement principal n’est pas l’entrée mais la phase de rédaction.

    Insertion professionnelle des docteurs : l’avantage comparatif

    L’attractivité d’une formation doctorale ne se mesure pas uniquement au nombre d’inscrits : elle se mesure aussi aux perspectives offertes aux diplômés. Sur ce point, les données MESR révèlent un avantage comparatif des docteurs français, mais un avantage moins marqué que dans les autres pays de l’OCDE.

    Les titulaires d’un doctorat en France bénéficient d’un avantage d’environ 2 points de pourcentage sur leur taux d’emploi par rapport aux détenteurs d’un master ou d’un diplôme d’ingénieur. Dans le reste de l’OCDE, cet avantage est en moyenne de 4 points. L’écart tient en partie à la nature du marché du travail français, où les grandes entreprises ont historiquement privilégié les diplômes de grandes écoles pour leurs recrutements de cadres supérieurs.

    Pour les docteurs étrangers, la question de l’insertion se pose différemment : une part significative d’entre eux retourne dans leur pays d’origine après la soutenance — phénomène qualifié de « fuite des cerveaux inversée ». D’autres s’insèrent dans le marché du travail français, contribuant à l’économie de la recherche et développement du pays.

    L’analyse complète des données par discipline et type de contrat est disponible dans l’article Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline.

    Par ailleurs, les docteurs français sortent du cursus doctoral plus tôt que leurs homologues de la plupart des pays comparables — un atout pour une entrée précoce sur le marché du travail, à condition que la durée réduite de thèse ne se fasse pas au détriment de la qualité scientifique de la contribution.

    Enjeux stratégiques et perspectives

    Les données SIES pour 2025 dessinent un système doctoral français à la croisée des chemins. Quatre enjeux se dégagent.

    Enjeu 1 — Consolider le financement doctoral universel. La progression vers les 81 % de doctorants de première année financés est réelle, mais le chemin vers 100 % reste long, notamment en sciences humaines. Un financement insuffisant fragilise l’attractivité internationale sur les segments de candidats qui ne peuvent mobiliser de bourses extérieures.

    Enjeu 2 — Inverser la baisse des flux maghrébins. Les reculs de -24 % (Algérie) et -35 % (Tunisie) sur cinq ans représentent une perte substantielle pour la diversité du corps doctoral français. Les politiques de visas et les accords bilatéraux de recherche sont des leviers prioritaires.

    Enjeu 3 — Augmenter le ratio d’entrée national. Un ratio de 2,0 pour 100 entrants dans le supérieur n’est pas compatible avec les ambitions de la France en matière de recherche et d’innovation. Cela suppose de mieux articuler les masters recherche avec le doctorat et de valoriser davantage le grade de docteur dans le recrutement privé.

    Enjeu 4 — Développer la représentation en santé. La sous-représentation chronique de la santé dans le doctorat français (5 % contre 21 % en UE) est un angle mort stratégique, dans un contexte où les sciences biomédicales et pharmaceutiques concentrent une part croissante des financements de recherche mondiaux.

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    FAQ

    Quel est le rang de la France pour l’accueil des doctorants étrangers dans le monde ?

    La France est le 4e pays d’accueil mondial des doctorants en mobilité internationale, selon les données Campus France 2025. Elle devance l’Australie et l’Allemagne, mais reste derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada.

    Quelle part des doctorants en France sont étrangers ?

    38 % des doctorants inscrits en France sont en mobilité internationale, contre 25 % en moyenne dans l’Union européenne. Au total, environ 25 300 doctorants étrangers étaient inscrits en 2023-2024.

    Quels pays envoient le plus de doctorants en France ?

    Les principaux pays d’origine sont la Chine (1 806 doctorants), l’Italie (1 622), le Liban (1 534), le Maroc (1 229) et l’Algérie (1 090), selon les chiffres Campus France 2025.

    Pourquoi le ratio d’entrée en doctorat est-il faible en France ?

    La France enregistre seulement 2,0 nouvelles inscriptions en doctorat pour 100 entrants dans l’enseignement supérieur, contre 2,8 en moyenne OCDE et 3,7 en UE. Ce faible ratio s’explique par la forte proportion de filières professionnalisantes (BTS, BUT, licences pro) qui n’ouvrent pas sur le doctorat, et par une culture de la recherche encore concentrée dans certains types d’établissements.

    Quel est le taux de financement des doctorants en première année en France en 2025 ?

    En 2024-2025, 81 % des doctorants inscrits en première année bénéficient d’un financement, contre des niveaux inférieurs les années précédentes. Cette progression reflète les efforts du Plan doctoral national pour généraliser le contrat doctoral.

    Le nombre de doctorants étrangers en France augmente-t-il ?

    Non. Les effectifs de doctorants étrangers ont reculé de 12 % entre 2018 et 2023. Les baisses les plus marquées concernent l’Algérie (-24 %), la Tunisie (-35 %) et plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, même si certaines origines comme la Chine et l’Inde restent stables ou progressent légèrement.

    Dans quelles disciplines les doctorants étrangers sont-ils les plus représentés en France ?

    Les sciences (mathématiques, physique, chimie, informatique) concentrent 53 % des inscriptions de doctorants étrangers. Les lettres, sciences humaines et sociales représentent 28 %. La santé, bien que minoritaire en volume, a connu une croissance de 67 % sur cinq ans.

    Combien de docteurs ont été diplômés en France en 2024 ?

    Le nombre de docteurs diplômés en 2024 a baissé de 3,0 % après la forte hausse de 9,6 % enregistrée en 2023, laquelle s’expliquait par un effet de rattrapage post-pandémique. La part des thèses soutenues en moins de 40 mois a cependant progressé de 4 points de pourcentage.

  • Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    La dixième édition du rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) en mars 2026, confirme une tendance de fond : les femmes sont majoritaires parmi les étudiants diplômés, mais restent structurellement sous-représentées aux postes de rang A de la recherche, dans les disciplines scientifiques et dans les instances de gouvernance. L’égalité femmes hommes enseignement supérieur France statistiques 2026 révèle des progrès réels sur vingt-cinq ans, et des plafonds de verre persistants à tous les niveaux de la hiérarchie académique.

    Ce panorama compile les données officielles du MESR-SIES, de l’INPI et des publications statistiques du système éducatif pour dresser un état des lieux rigoureux : effectifs étudiants par formation, corps enseignant par discipline et grade, doctorat, gouvernance des établissements et innovation brevetée. Chaque chiffre est issu de sources publiquement vérifiables. Pour une lecture complémentaire des tendances de long terme, voir aussi notre analyse de la féminisation de l’enseignement supérieur en France 2026.

    Résultat clé : En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités — soit le double du taux de 2000 (17 %) — mais seulement 14 % des inventors cités dans les dépôts de brevets à l’INPI, et 25 % des présidents d’université. La progression est réelle et documentée ; la parité reste hors d’atteinte dans les filières scientifiques et aux postes de direction.

    Étudiantes par filière : les grandes asymétries

    La première fracture statistique se lit dès l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les femmes constituent, à l’échelle nationale, une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : parmi les jeunes sortant de formation initiale, 57 % des femmes ont obtenu un diplôme du supérieur contre 47 % des hommes (MESR-SIES, moyenne 2020-2022). Cette avance globale masque des disparités disciplinaires considérables.

    Tableau 1 — Part des femmes parmi les étudiants par filière, 2023-2024

    Filière / formation Part des femmes Source
    Formations paramédicales et sociales 83,7 % MESR-SIES 2024
    Lettres, sciences humaines (université) 70,9 % MESR-SIES 2024
    Médecine, odontologie, pharmacie 67,2 % MESR-SIES 2024
    CPGE (classes préparatoires) 40,2 % MESR-SIES 2025
    BUT (bachelor universitaire de technologie) 40,3 % MESR-SIES 2024
    Formations d’ingénieurs 29,8 % MESR-SIES 2024
    BUT production, dont informatique 22,1 % MESR-SIES 2024

    Les CPGE illustrent un paradoxe structurel : bien que 46 % des candidates aient soumis un dossier en 2025, seules 40 % ont accepté une proposition d’admission. Le même phénomène s’observe en BUT : 47 % de candidates à l’entrée, 40 % d’admises finales. Ces écarts entre candidatures et admissions dans les filières sélectives sont documentés dans le rapport 2026 du MESR et appellent des analyses d’auto-censure, de conseil d’orientation et de sélection. Pour le détail de la sélectivité de ces filières, voir nos chiffres clés des CPGE 2025.

    Point d’attention : La surreprésentation féminine dans les formations paramédicales et en lettres ne traduit pas une avance globale en termes de statut professionnel ou salarial. Ces filières concentrent des débouchés à rémunération médiane plus basse, ce qui contribue à l’écart salarial persistant à la sortie des études.

    Doctorat et recherche : les inégalités persistent selon la discipline

    Au niveau doctoral, le tableau national est trompeur : 47 % environ des doctorants sont des femmes en 2024, un taux stable depuis une décennie. Cette stabilité globale dissimule des contrastes disciplinaires très marqués.

    Tableau 2 — Part des femmes parmi les doctorants par grand domaine disciplinaire

    Domaine disciplinaire Part des femmes doctorants Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES
    Sciences humaines et sociales 55 % MESR-SIES
    Agronomie et écologie 54 % MESR-SIES
    Sciences de l’ingénieur 30 % MESR-SIES
    Sciences de l’information et de la communication (STIC) 27 % MESR-SIES
    Mathématiques 23 % MESR-SIES

    Le doctorat en mathématiques concentre la sous-représentation la plus sévère : trois doctorants sur quatre sont des hommes. Ce déséquilibre n’est pas propre à la France — il est observé dans l’ensemble de l’OCDE — mais il est particulièrement marqué dans les grandes écoles et les formations d’élite qui alimentent les laboratoires de mathématiques pures. Pour situer ces données dans l’ensemble du dispositif doctoral, voir nos statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    Dans les organismes de recherche publics, les femmes représentent 39 % des chercheurs en 2024, contre 24 % dans la recherche privée (entreprises) en 2023. Cette différence de seize points entre secteur public et secteur privé est une constante européenne : les institutions académiques offrent des structures de recrutement plus transparentes et des politiques d’égalité plus formalisées.

    Personnels enseignants-chercheurs : grade et discipline

    La progression des femmes dans le corps enseignant universitaire est documentée sur le long terme. En 2024, 41 % des enseignants-chercheurs titulaires de l’université sont des femmes, toutes disciplines confondues. Mais ce chiffre moyen efface des écarts considérables entre grades et entre sections.

    Professeures des universités : une progression historique, un plafond persistant

    La part des femmes parmi les professeures des universités (corps de rang A) s’établit à 33 % en 2024. Cette proportion a presque doublé en vingt-cinq ans — elle était de 17 % en 2000 et de 23 % en 2010 — mais elle reste loin de la parité et s’effrite à mesure qu’on monte dans la hiérarchie institutionnelle.

    Pour les maîtres de conférences (rang B), la représentation féminine atteint 45 % de l’ensemble du corps en 2022. En 2024, 49 % des personnels promus au dernier échelon du grade de maître de conférences sont des femmes — un signal positif, mais qui ne se traduit pas encore par une parité au grade supérieur.

    Tableau 3 — Part des femmes parmi les enseignants-chercheurs titulaires par discipline, 2024

    Discipline Part des femmes (tous grades) Source
    Langues et littératures 64–65 % MESR-SIES 2024
    Sciences de la vie (lettres et SHS confondues) 55 % MESR-SIES 2024
    Sciences et techniques (ensemble) 30 % MESR-SIES 2024
    Mathématiques (section CNU) 14–15 % MESR-SIES 2024

    En mathématiques, la sous-représentation féminine se reproduit à chaque étape du parcours : de 23 % des doctorants à 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires. Ce « pipeline leaky » — ou effet d’éviction progressive — est analysé depuis plusieurs années par la communauté de recherche sur le genre en sciences exactes. Il combine des phénomènes de biais implicite dans les recrutements, des conditions de travail peu compatibles avec les responsabilités parentales inégalement réparties, et des réseaux de cooptation à dominante masculine.

    Mécanique du plafond de verre : La proportion de femmes diminue systématiquement à chaque franchissement de grade. En mathématiques, on passe de 23 % au doctorat à 14 % parmi les enseignants-chercheurs titulaires. Dans les sciences et techniques au sens large, on passe de 30 % de femmes en formation d’ingénieur à 30 % des EC — une stagnation relative sur le long terme.

    Gouvernance des établissements

    La gouvernance des universités et des grandes écoles constitue l’un des indicateurs les plus scrutés par les observateurs de la parité dans l’enseignement supérieur. En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux. Ce taux est en progression par rapport aux années 2010, mais reste très en deçà de la parité.

    À l’échelon des vice-présidences, la représentation féminine est sensiblement plus élevée : 43,7 % des 955 vice-présidents d’université sont des femmes. Cet écart entre la gouvernance de premier rang (25 %) et le second échelon (44 %) signale un phénomène classique d’accès différencié : les femmes sont nombreuses dans les équipes de direction, mais restent minoritaires au sommet.

    Dans les grandes écoles, la situation est encore plus déséquilibrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) relevait en 2025 que seulement 15 % des dirigeants de grandes écoles sont des femmes, avec une projection de parité qui, au rythme de progression actuel, ne serait atteinte qu’aux alentours de 2060.

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) est dirigée depuis septembre 2024 par Claire Giry, nommée présidente-directrice générale par décret présidentiel. Cette nomination illustre un mouvement de féminisation progressive des agences de financement de la recherche.

    Brevets et innovation : le chantier le plus en retard

    La statistique la plus éloquente en matière de parité dans l’innovation provient de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des 56 000 personnes physiques désignées comme inventeurs dans les demandes de brevet publiées à l’INPI. Ce chiffre correspond à la moyenne européenne établie par l’Office européen des brevets (EPO) en 2019 à 13 %.

    Tableau 4 — Femmes inventeurs dans les dépôts de brevets français, 2021-2023 (INPI)

    Indicateur Valeur
    Part des femmes parmi les inventeurs cités 14 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % féminines 4 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % masculines 78 %
    Part des femmes dans les dépôts d’établissements publics 16 % (demandes avec femme)
    Part des femmes dans les dépôts d’ETI/PME 9 %
    Secteur le plus paritaire (équipes mixtes) Biotechnologie : 56 % des demandes
    Secteur le moins paritaire Éléments mécaniques : 90 % d’équipes 100 % masculines

    L’écart entre la part des femmes chercheuses (39 % dans les organismes publics) et leur présence dans l’inventariat breveté (14 %) est particulièrement instructif. Il suggère que les femmes chercheuses sont actives dans des domaines moins susceptibles de donner lieu à des dépôts de brevets (recherche fondamentale, sciences humaines) et qu’elles bénéficient moins souvent de l’accompagnement à la valorisation industrielle de leurs travaux.

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    Rapport officiel : Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026

    La dixième édition du rapport MESR-SIES compilant toutes les statistiques de parité dans l’enseignement supérieur et la recherche — effectifs étudiants, corps enseignant, gouvernance, brevets et comparaisons internationales.

    Accéder au rapport PDF →

    Source : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES), mars 2026

    Insertion professionnelle et salaires

    L’écart de rémunération à l’entrée dans la vie active est l’une des manifestations les plus directement mesurables des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur. En décembre 2023, pour la promotion 2022 :

    • Diplômés de licence professionnelle : salaire médian féminin de 1 740 €/mois, masculin de 1 870 €/mois — écart de 130 € à l’entrée dans l’emploi.
    • Diplômés de master (hors enseignement) : salaire médian féminin de 2 010 €/mois, masculin de 2 220 €/mois — écart de 210 €/mois, soit environ 9,5 %.

    Ces écarts de départ sont observés toutes disciplines confondues et persistent même à niveau de diplôme et de secteur d’activité comparables. Ils s’expliquent en partie par la concentration des femmes dans des filières et métiers structurellement moins bien rémunérés, mais également par des différences de négociation salariale et de temps de travail. Le taux d’insertion à 30 mois est similaire pour les deux sexes au niveau master (83 % pour les femmes, 84 % pour les hommes), mais l’accès à l’emploi stable reste moins favorable aux femmes (65 % contre 73 %). Pour le détail discipline par discipline, consultez nos données sur les salaires des diplômés de master par discipline en France 2026.

    Comparaison européenne et internationale

    La France s’inscrit dans un contexte européen contrasté. Dans l’Union européenne, les femmes représentent en 2025 environ 20 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 19 % en France. Ce niveau est relativement faible au regard de certains pays d’Europe centrale et orientale où la féminisation des filières informatiques est historiquement plus élevée.

    Sur les brevets, l’EPO estimait en 2019 à 13 % la part des inventrices dans les dépôts européens, chiffre que la France dépasse légèrement avec 14 % entre 2021 et 2023. Le rapport 2026 du MESR intègre pour la première fois une section comparée avec les données OCDE sur les distinctions scientifiques, où la sous-représentation féminine est également documentée.

    La Commission européenne a publié en mars 2026, simultanément à l’édition française du rapport MESR, sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes 2026-2030, qui fixe notamment des objectifs chiffrés pour la représentation des femmes dans les filières STEM et dans le financement de la recherche.

    Tesify et la rédaction de mémoires sur la parité

    Si vos travaux portent sur l’égalité de genre en contexte académique — sociologie, sciences de l’éducation, gestion des ressources humaines — Tesify vous accompagne dans la structuration de votre mémoire : cadre théorique, extraction de références bibliographiques et mise en forme normée (APA, Vancouver, Chicago).

    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France en 2026 ?

    En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités, selon les données du MESR-SIES publiées dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026. Ce taux est en progression par rapport à 2000 (17 %) et à 2010 (23 %), mais reste bien en deçà de la parité. Le grade de maître de conférences est plus proche de l’équilibre, avec 45 % de femmes dans l’ensemble du corps.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles le plus sous-représentées à l’université ?

    Les mathématiques concentrent la sous-représentation la plus forte : 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires sont des femmes, et seulement 23 % des doctorants. Les sciences de l’information et de la communication (27 % de femmes au doctorat), les sciences de l’ingénieur (30 %) et les formations d’ingénieurs (29,8 % d’étudiantes) affichent des niveaux similairement bas. À l’inverse, les lettres, langues et sciences paramédicales sont à dominante féminine.

    Combien de présidentes d’université y a-t-il en France ?

    En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux (EPE). La représentation est plus élevée au niveau des vice-présidences, avec 43,7 % de femmes parmi les 955 vice-présidents recensés. Dans les grandes écoles, seuls 15 % des dirigeants sont des femmes, selon la Conférence des grandes écoles (2025).

    Quelle est la part des femmes inventeurs dans les brevets déposés en France ?

    Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des inventeurs cités dans les demandes de brevet publiées à l’INPI — un niveau proche de la moyenne européenne (13 % selon l’EPO en 2019). Seulement 4 % des demandes publiées impliquent des équipes exclusivement féminines, contre 78 % pour les équipes exclusivement masculines. La biotechnologie est le secteur le plus mixte, avec 56 % de demandes impliquant des équipes mixtes.

    Les femmes sont-elles majoritaires parmi les étudiants en France ?

    Globalement, les femmes représentent une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur en France : 57 % des femmes ayant quitté la formation initiale ont obtenu un diplôme du supérieur, contre 47 % des hommes. Cependant, cette avance est très inégalement répartie entre filières : les femmes sont minoritaires dans les formations d’ingénieurs (29,8 %), les BUT production (22 %) et les CPGE (40 %).

    Quel est l’écart de salaire entre femmes et hommes à la sortie de l’université ?

    Pour la promotion 2022, interrogée en décembre 2023, l’écart médian est de 210 €/mois au niveau master (toutes disciplines, hors enseignement) : 2 010 €/mois pour les femmes contre 2 220 €/mois pour les hommes, soit un écart d’environ 9,5 %. En licence professionnelle, l’écart est de 130 €/mois (1 740 € contre 1 870 €). Ces écarts s’expliquent en partie par la concentration différenciée dans des secteurs d’activité à rémunération inégale.

    Où trouver les données officielles sur la parité dans l’enseignement supérieur français ?

    Les données de référence sont publiées chaque année par le MESR-SIES dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, disponible sur le site enseignementsup-recherche.gouv.fr. Les données sur les brevets proviennent de l’INPI (inpi.fr). Les fichiers Excel de micro-données par discipline, grade et établissement sont téléchargeables sur le même portail.

    Sources officielles