Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)
Moins d’un étudiant sur deux inscrit en première année de licence obtient son diplôme en trois ou quatre ans. Ce constat, posé par le SIES — sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) — dans sa Note Flash n° 2024-30 de novembre 2024, résume l’ampleur du défi que représente le taux d’abandon et de décrochage en licence en France en 2026. Derrière ce chiffre global se cachent des réalités très différentes selon la filière, le type de baccalauréat, le genre ou l’origine sociale. La session 2024 affiche néanmoins une légère progression du taux de passage en deuxième année, signe que les politiques d’orientation et d’accompagnement commencent à produire des effets — même si la Cour des comptes, dans son Rapport public annuel de mars 2025, qualifie encore ces politiques de « sans effet durable ».
Cet article compile l’ensemble des statistiques officielles disponibles au premier semestre 2026 : taux de passage L1→L2, réussite en trois ou quatre ans, décomposition des parcours (passage, redoublement, réorientation), écarts disciplinaires et profils académiques. Toutes les données sont sourcées ; aucun chiffre n’est estimé.
Résultat clé — taux abandon décrochage licence France statistiques 2026
Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence générale en trois ou quatre ans — soit une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019. Le taux de passage L1→L2 pour les néo-bacheliers de la session 2024 atteint quant à lui 49,1 %, en hausse de 1,3 point.
Taux de passage L1→L2 : la progression récente
Le taux de passage des néo-bacheliers de la première en deuxième année de licence constitue l’indicateur de court terme le plus suivi par le MESR. Il mesure la proportion d’étudiants inscrits en L1 lors d’une session qui obtiennent leur passage en L2 — dans le même établissement ou dans un autre — l’année suivante.
Après plusieurs années difficiles marquées par la crise sanitaire, cet indicateur repart à la hausse pour la deuxième session consécutive :
| Session | Taux passage L1→L2 | Variation | Source |
|---|---|---|---|
| Session 2022 | 44,0 % | – | SIES |
| Session 2023 | 47,8 % | +3,8 pts | SIES NF 2024-30 |
| Session 2024 | 49,1 % | +1,3 pt | SIES NF 2024-30 |
Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, « Parcours et réussite en licence — résultats de la session 2024 », novembre 2024.
Malgré deux hausses consécutives, ce taux reste inférieur à 50 % : un néo-bachelier inscrit en L1 en 2024 a donc statistiquement moins d’une chance sur deux de se retrouver en L2 à la rentrée suivante. L’écart entre la progression du taux de passage et la stagnation du taux de réussite global en 3 ou 4 ans constitue l’un des paradoxes centraux des statistiques de licence françaises.
Réussite en 3 ou 4 ans : 40,3 % pour la promotion 2020
L’indicateur de moyen terme par excellence est le taux de réussite en trois ou quatre ans : il mesure la proportion d’une cohorte de néo-bacheliers entrés en L1 qui ont finalement décroché une licence générale, dans le délai normal (3 ans) ou en incluant une année supplémentaire (4 ans).
Pour la promotion 2020 — c’est-à-dire les étudiants qui ont commencé leur L1 à la rentrée 2020-2021, en pleine crise sanitaire — ce taux s’établit à 40,3 %, selon le SIES (novembre 2024). C’est une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019, qui avait affiché 45,7 %.
Facteur COVID : La promotion 2020 a entamé sa L1 dans des conditions particulièrement dégradées (cours en ligne, isolement, accès limité aux ressources universitaires). Cette dégradation conjoncturelle explique en partie la baisse observée, sans remettre en cause la tendance structurelle.
| Promotion entrée en L1 | Réussite en 3 ou 4 ans | Source |
|---|---|---|
| 2019 (rentrée 2019-2020) | 45,7 % | SIES |
| 2020 (rentrée 2020-2021) | 40,3 % | SIES NF 2024-30 |
Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 ; données promotion 2019 issues de la Note Flash précédente (SIES, novembre 2023).
Ces chiffres incluent les licences professionnelles. Le taux pour les seules licences générales suit une tendance similaire. La Cour des comptes, dans son Rapport public annuel 2025, évalue le coût de cet échec en premier cycle à 534 millions d’euros par an et juge la politique de lutte contre l’abandon « sans effet durable à ce jour ».
Décomposition des parcours en L1 : passage, redoublement, réorientation

La compréhension du taux d’abandon en licence France impose de distinguer plusieurs trajectoires après la L1. Tous les étudiants qui ne passent pas directement en L2 ne « décrochent » pas au sens strict : une fraction se réoriente, une autre redouble.
D’après la Note Flash SIES n° 2024-30, pour la session 2023 (dernière session avec données détaillées sur la réorientation) :
- 47,8 % des néo-bacheliers passent en L2 (session 2023).
- 19,7 % se réorientent vers une autre formation : parmi eux, environ 25 % rejoignent une section de technicien supérieur (STS/BTS) et plus de 40 % s’inscrivent dans une autre licence.
- Le reste (environ 32 %) se répartit entre redoublement et sortie sans réinscription — incluant les abandons purs et les passages vers d’autres voies non recensées (apprentissage, formations privées, arrêt d’études).
| Trajectoire après la L1 (session 2023) | Part des néo-bacheliers | Source |
|---|---|---|
| Passage en L2 | 47,8 % | SIES NF 2024-30 |
| Réorientation (autre formation) | 19,7 % | SIES NF 2024-30 |
| Redoublement + sortie sans réinscription | ~32,5 % | Calculé par complémentarité |
Note : le SIES ne publie pas de chiffre unique distinguant redoublement et abandon pur dans la Note Flash 2024-30. Le solde de 32,5 % inclut les deux catégories.
Sur la session 2024, le taux de redoublement en L1 a stagné (–0,6 point), après avoir progressé de 5,4 points cumulés lors des deux sessions précédentes. Cette stagnation constitue un signal légèrement positif, mais ne suffit pas à inverser la tendance de fond sur la réussite en 3 ou 4 ans.
Le lien entre exercice d’une activité salariée et réussite à l’université est documenté : les étudiants travaillant plus de 16 heures par semaine voient leurs chances de validation de l’année baisser sensiblement, ce qui contribue aux taux de redoublement et de décrochage observés.
Écarts par filière : psychologie en tête, langues et AES en retrait
Le taux de réussite en 3 ou 4 ans varie considérablement selon la discipline. Le tableau ci-dessous présente les données pour la promotion 2020, issues de la Note Flash SIES de novembre 2024 :
| Filière | Réussite 3 ou 4 ans (promotion 2020) | vs moyenne nationale | Source |
|---|---|---|---|
| Psychologie | 45,0 % | +4,7 pts | SIES NF 2024-30 |
| Droit et sciences politiques | 43,3 % | +3,0 pts | SIES NF 2024-30 |
| Sciences économiques | 43,2 % | +2,9 pts | SIES NF 2024-30 |
| Toutes disciplines (moyenne) | 40,3 % | — | SIES NF 2024-30 |
| Sciences – Santé | 36,6 % | –3,7 pts | SIES NF 2024-30 |
| Administration économique et sociale (AES) | 34,3 % | –6,0 pts | SIES NF 2024-30 |
| Langues | 34,2 % | –6,1 pts | SIES NF 2024-30 |
Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 — promotion 2020, réussite mesurée en sessions 2023 et 2024.
L’écart entre la filière la plus performante (psychologie, 45 %) et la moins performante (langues, 34,2 %) atteint près de 11 points. En Sciences–Santé, la transition vers les études de médecine et de pharmacie — soumises depuis 2020 à une réforme du PASS/L.AS — complexifie l’interprétation : une partie des étudiants quitte la licence de sciences pour intégrer les formations de santé sans être comptabilisée comme diplômée de licence.
Pour aller plus loin sur les profils par discipline, l’article Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 — taux de passage, réorientation et profils par discipline détaille les données de la session précédente.
Profil baccalauréat, mention et origine sociale
Les statistiques de réussite en licence révèlent des inégalités marquées selon le type de baccalauréat obtenu, la mention, le genre et le milieu social d’origine. Ces données, toutes issues de la Note Flash SIES n° 2024-30, portent sur la promotion 2020.
Écart selon le type de baccalauréat
| Type de baccalauréat | Réussite licence en 3 ou 4 ans | Source |
|---|---|---|
| Baccalauréat général | 46,1 % | SIES NF 2024-30 |
| Baccalauréat technologique | 14,0 % | SIES NF 2024-30 |
| Baccalauréat professionnel | 6,5 % | SIES NF 2024-30 |
Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

L’écart entre titulaires d’un bac général (46,1 %) et d’un bac professionnel (6,5 %) atteint près de 40 points. Ce différentiel illustre la problématique de l’orientation vers la licence générale pour des profils dont le parcours scolaire est davantage orienté vers des formations courtes professionnalisantes (BTS, BUT, CFA). La Cour des comptes (RPA 2025) pointe ce mauvais appariement comme l’une des causes structurelles de l’échec en premier cycle.
Mention au baccalauréat et genre
La mention obtenue au baccalauréat est le prédicteur individuel le plus puissant de la réussite en licence :
- Mention Très bien : 69,7 % de réussite en 3 ou 4 ans (–5 points vs promotion précédente).
- Par genre : les femmes obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans dans 44,5 % des cas, contre 33,7 % pour les hommes — soit 10,8 points d’écart.
Origine sociale
Les inégalités sociales restent particulièrement marquées :
| Catégorie socioprofessionnelle | Réussite en 3 ou 4 ans | Source |
|---|---|---|
| Milieu très favorisé (cadres) | 51,3 % | SIES NF 2024-30 |
| Milieu favorisé | 48,8 % | SIES NF 2024-30 |
| Milieu défavorisé (personnes sans emploi) | 23,8 % | SIES NF 2024-30 |
Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.
L’écart de plus de 27 points entre enfants de cadres (51,3 %) et enfants de personnes sans emploi (23,8 %) traduit un cumul de désavantages : contraintes financières obligeant souvent à travailler en parallèle des études, moindre accès à l’accompagnement pédagogique, et concentration dans les filières au taux de réussite le plus bas.
Ces facteurs de risque psychosociaux — anxiété, isolement, charge de travail — sont également documentés dans l’analyse de la santé mentale des étudiants en contexte académique (données OVE, Nightline, ANR, 2026).
Parcoursup et dispositif Oui-Si : quel bilan ?
Depuis l’introduction de Parcoursup à la rentrée 2018, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur a progressivement permis une meilleure adéquation entre les profils des lycéens et les formations universitaires. Le taux de passage L1→L2 a progressé depuis lors, et le taux de réorientation a évolué : une fraction croissante d’étudiants en difficulté quitte la licence avant la fin de la première année pour rejoindre une formation mieux adaptée.
Le dispositif Oui-Si, qui permet aux universités d’admettre des candidats avec des « oui avec conditions », est censé accompagner les profils les plus fragiles par des modules renforcés. Son bilan reste néanmoins mitigé : selon la Cour des comptes (Rapport public annuel 2025), la politique globale de prévention de l’échec en premier cycle reste « sans effet durable à ce jour », la licence générale souffrant d’un « sous-investissement » structurel en matière d’encadrement pédagogique.
Paradoxe 2024 : le taux de passage L1→L2 remonte (49,1 %) mais le taux de réussite en 3 ou 4 ans baisse (40,3 %). L’explication tient en partie au profil des étudiants qui passent en L2 grâce à Parcoursup : mieux orientés à l’entrée, ils ont davantage de chances de passer la première année — mais les effets covid sur la cohorte 2020 pèsent encore sur le taux de diplomation final.
À noter : les étudiants qui ont finalement décroché leur licence peuvent s’interroger sur les débouchés professionnels. Le taux d’abandon en thèse de doctorat en France (données 2026) montre que les difficultés de persévérance ne s’arrêtent pas à la licence et touchent aussi les cycles supérieurs.
Questions fréquentes sur le décrochage et l’abandon en licence
Quel est le taux d’abandon en licence en France en 2026 ?
Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence en 3 ou 4 ans — ce qui signifie que près de 60 % n’ont pas décroché leur diplôme dans les délais. Ce chiffre inclut les étudiants ayant redoublé, ceux qui se sont réorientés et ceux qui ont abandonné. Le taux de passage direct en L2 (session 2024) est quant à lui de 49,1 %.
Quelle filière a le meilleur taux de réussite en licence ?
Pour la promotion 2020 (SIES, novembre 2024), la filière psychologie affiche le meilleur taux de réussite en 3 ou 4 ans (45,0 %), suivie par le droit et les sciences politiques (43,3 %) et les sciences économiques (43,2 %). Les langues (34,2 %) et l’AES (34,3 %) enregistrent les taux les plus bas.
Les bacheliers technologiques et professionnels réussissent-ils leur licence ?
Les taux de réussite sont très faibles pour ces profils : 14,0 % pour les bacheliers technologiques et 6,5 % pour les bacheliers professionnels (SIES NF 2024-30, promotion 2020), contre 46,1 % pour les titulaires d’un baccalauréat général. Ces filières sont davantage orientées vers des formations courtes (BTS, BUT, apprentissage), mieux adaptées à leurs acquis.
Combien d’étudiants se réorientent après la L1 ?
Sur la session 2023, 19,7 % des néo-bacheliers ayant suivi une L1 se sont réorientés vers une autre formation à l’issue de leur première année (SIES NF 2024-30). Parmi eux, environ 25 % ont rejoint une STS/BTS et plus de 40 % ont opté pour une autre licence dans un champ disciplinaire différent.
Quel est le coût de l’échec en licence pour la société française ?
La Cour des comptes évalue le coût de l’échec en premier cycle universitaire à 534 millions d’euros par an (Rapport public annuel 2025, mars 2025). Ce chiffre inclut les ressources publiques consacrées aux étudiants qui ne valident pas leur licence ou se réorientent après un ou plusieurs semestres infructueux.
Parcoursup a-t-il réduit le décrochage en licence ?
Parcoursup a contribué à améliorer le taux de passage L1→L2, qui a progressé depuis la rentrée 2018 et atteint 49,1 % à la session 2024. En revanche, le taux de réussite en 3 ou 4 ans reste en baisse (40,3 % pour la promotion 2020). La Cour des comptes (RPA 2025) juge que la politique de lutte contre l’échec en premier cycle reste « sans effet durable », notamment faute d’encadrement suffisant dans les licences générales.
Vous êtes étudiant en licence — et vous avez un mémoire ou un travail de recherche à rendre ?
Tesify est un assistant IA conçu pour les étudiants de l’enseignement supérieur français : structure de plan, aide à la rédaction, vérification de cohérence. Essayez gratuitement pour voir si cela peut vous faire gagner du temps sur votre prochain travail académique.




Leave a Reply