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  • Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    Enseignement supérieur privé en France 2026 : effectifs, part des étudiants et croissance

    L’enseignement supérieur privé désigne les établissements non publics accueillant des étudiants après le baccalauréat : écoles de commerce, écoles d’ingénieurs privées, établissements d’enseignement supérieur libres et écoles spécialisées. En 2024-2025, il scolarise plus d’un étudiant sur quatre en France, soit 26,5 % des effectifs.

    Réponse rapide : en 2024-2025, la France comptait 3,01 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur (+1,4 % sur un an), dont 26,5 % inscrits dans un établissement privé. Les prévisions du ministère tablent sur 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) puis une nouvelle hausse en 2026 (+0,7 %), portée par une croissance plus soutenue dans le privé que dans les universités.

    Quelle part des étudiants est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français sont inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre. Cette proportion est le résultat d’une progression continue sur la dernière décennie, portée principalement par les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs privées et les établissements d’enseignement supérieur libres.

    Ce seuil symbolique du quart des effectifs marque une recomposition durable du paysage. Là où l’université publique concentrait historiquement l’essentiel des inscriptions post-bac, le privé s’est imposé comme une voie parallèle structurée, particulièrement visible dans les formations professionnalisantes courtes et dans les cursus en alternance.

    Étudiants dans le hall d'une école supérieure privée en France
    Plus d’un étudiant sur quatre est inscrit dans un établissement privé en 2024-2025.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur français ?

    En 2024-2025, 3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en France, en hausse de 1,4 % par rapport à l’année précédente. Ce franchissement durable de la barre des trois millions constitue un point de repère utile pour interpréter toutes les statistiques sectorielles.

    Effectifs de l’enseignement supérieur en France : constat et prévisions
    Année universitaire Effectifs totaux Évolution annuelle Statut
    2024-2025 3 010 000 +1,4 % Constaté
    2025-2026 3 027 000 +0,5 % Prévision MESR
    2026-2027 Environ 3 048 000 +0,7 % Prévision MESR

    Source : ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), note de prévisions des effectifs — rentrées 2025 et 2026.

    Le contexte global d’effectifs est détaillé dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027.

    Le privé croît-il plus vite que le public ?

    Oui, et c’est le point saillant des prévisions ministérielles. Le ministère anticipe une croissance des effectifs « modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés ». Concrètement, les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025 par rapport à la précédente, soit une hausse de +2,4 % — un rythme nettement supérieur à la moyenne nationale de +0,5 %.

    Cet écart de rythme est le véritable moteur de la progression de la part du privé. Même dans un scénario de quasi-stagnation des effectifs nationaux, une croissance de +2,4 % dans le privé face à une université proche de l’étale suffit à faire progresser mécaniquement la part relative du secteur privé année après année.

    Amphithéâtre moderne d'une école de commerce privée française
    Les écoles de commerce et d’ingénieurs privées portent l’essentiel de la croissance du secteur.

    Que prévoit le ministère pour les rentrées 2025 et 2026 ?

    Selon la note de prévisions du MESR, la rentrée 2025 devait compter 3 027 000 étudiants (+0,5 %), et cette légère croissance devait se poursuivre à la rentrée 2026 avec +0,7 %. Le ministère attribue explicitement ce maintien à trois moteurs : l’augmentation des inscriptions dans certaines disciplines universitaires, les écoles de commerce, et les écoles d’ingénieurs — ces deux dernières catégories relevant largement du secteur privé.

    Il faut lire ces chiffres avec la prudence qui s’attache à toute prévision : ce sont des projections démographiques et comportementales, révisées chaque année à la lumière des inscriptions réelles. Elles donnent une tendance fiable, pas une valeur certaine.

    Quels types d’établissements composent le privé ?

    Le secteur privé de l’enseignement supérieur français n’est pas un bloc homogène. Il recouvre des statuts juridiques et des niveaux de reconnaissance très différents, ce qui a des conséquences directes sur la valeur du diplôme et sur l’accès aux aides.

    Principales catégories d’établissements privés
    Catégorie Exemples Reconnaissance des diplômes
    Écoles de commerce et de management Écoles consulaires et privées Souvent visées par l’État, grade de master possible
    Écoles d’ingénieurs privées Écoles habilitées CTI Titre d’ingénieur si habilitation CTI
    Établissements d’enseignement supérieur libres Instituts catholiques, facultés libres Variable, souvent en convention avec une université
    Écoles spécialisées Design, communication, informatique, santé Titre RNCP selon les cas — à vérifier

    La vérification du niveau de reconnaissance — diplôme visé, grade de master, habilitation CTI, inscription au RNCP — reste la précaution décisive avant toute inscription. Pour un cadrage comparatif des deux voies, voir notre analyse Grande École vs Université : comparaison complète ainsi que le palmarès des écoles de commerce en France 2026.

    Combien coûte une inscription dans le privé ?

    C’est la principale différence structurelle avec le public. Là où les droits nationaux d’inscription à l’université se comptent en centaines d’euros, les frais de scolarité des établissements privés se chiffrent couramment en milliers d’euros par an, fixés librement par chaque établissement.

    Cet écart de coût pèse directement sur les choix d’orientation et sur le recours à l’alternance, souvent mobilisée comme mode de financement. Le détail comparatif des montants figure dans notre article sur les frais de scolarité des universités françaises 2026 : comparatif public / privé.

    Le rendement de cet investissement se juge notamment à l’insertion professionnelle, documentée dans nos données sur l’insertion professionnelle des diplômés en France.

    Questions fréquentes

    Quelle part des étudiants français est inscrite dans le privé ?

    En 2024-2025, 26,5 % des étudiants de l’enseignement supérieur français étaient inscrits dans un établissement privé, soit plus d’un étudiant sur quatre, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

    Combien d’étudiants compte l’enseignement supérieur en France ?

    3,01 millions d’étudiants étaient inscrits dans l’enseignement supérieur en 2024-2025, en hausse de 1,4 % sur un an. Le ministère prévoyait 3 027 000 étudiants à la rentrée 2025 (+0,5 %) et une nouvelle hausse de 0,7 % à la rentrée 2026.

    Le privé se développe-t-il plus vite que l’université ?

    Oui. Le ministère prévoit une croissance modérée en université et plus soutenue dans les établissements privés. Les établissements d’enseignement supérieur privés libres devaient accueillir 2 300 étudiants supplémentaires à la rentrée 2025, soit +2,4 %, contre +0,5 % pour l’ensemble du supérieur.

    Quels établissements sont considérés comme privés ?

    Le secteur privé regroupe les écoles de commerce et de management, les écoles d’ingénieurs privées habilitées par la CTI, les établissements d’enseignement supérieur libres (instituts catholiques, facultés libres) et les écoles spécialisées en design, communication, informatique ou santé.

    Un diplôme du privé a-t-il la même valeur qu’un diplôme public ?

    Cela dépend entièrement du niveau de reconnaissance de l’établissement. Un diplôme visé par l’État, conférant le grade de master, ou un titre d’ingénieur habilité par la CTI a une reconnaissance équivalente. À l’inverse, une formation sans visa ni inscription au RNCP délivre un diplôme d’établissement dont la portée est limitée : cette vérification est indispensable avant inscription.

    Les étudiants du privé peuvent-ils être boursiers ?

    Oui, à condition que la formation soit habilitée à recevoir des boursiers sur critères sociaux. Toutes les formations privées ne le sont pas : l’éligibilité dépend de la reconnaissance de l’établissement par le ministère, un point à vérifier auprès de l’école avant de constituer un Dossier Social Étudiant.

  • Âge moyen des doctorants et à la soutenance de thèse en France (chiffres 2026)

    Âge moyen des doctorants et à la soutenance de thèse en France (chiffres 2026)

    Âge moyen des doctorants et à la soutenance de thèse en France (chiffres 2026)

    L’âge moyen auquel un doctorant obtient son diplôme en France s’établit à 31,6 ans, selon la note d’information du SIES consacrée aux comparaisons internationales sur le doctorat, publiée le 11 mars 2025. Ce chiffre place la France parmi les pays où l’on soutient sa thèse le plus jeune, un résultat que le SIES attribue à des parcours généralement linéaires (formation continue sans interruption majeure avant l’entrée en doctorat) et à la faible part des doctorants en santé, une discipline où l’âge de diplomation est structurellement plus élevé ailleurs dans le monde. Cet article détaille ce chiffre, sa méthode de calcul et les écarts connus entre disciplines.

    Résultat clé : 31,6 ans est l’âge moyen de diplomation d’un doctorant en France (SIES, note d’information n°05, mars 2025), un chiffre parmi les plus bas des comparaisons internationales disponibles. L’âge varie ensuite fortement selon la discipline : les parcours les plus linéaires et les thèses les plus courtes se trouvent en sciences exactes et en ingénierie, tandis que les sciences humaines et sociales, moins souvent financées, affichent des durées de thèse — et donc des âges de soutenance — plus élevés.

    Le chiffre clé : 31,6 ans en moyenne

    Dans sa note d’information n°05 de mars 2025, intitulée « Comparaisons internationales sur le doctorat : l’attractivité française avérée », le SIES (Service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) établit l’âge moyen de diplomation d’un docteur en France à 31,6 ans. Ce chiffre agrège l’ensemble des disciplines et constitue la donnée de référence la plus récente disponible publiquement sur le sujet.

    Ce résultat s’inscrit dans un contexte où, selon les notes flash du SIES sur les docteurs diplômés, environ 14 700 doctorats ont été délivrés en France en 2024, et où la durée médiane de thèse se situe généralement dans une fourchette de 40 à 52 mois selon la discipline — un facteur qui, combiné à l’âge d’entrée en doctorat (généralement peu après l’obtention du master, soit autour de 22-23 ans), permet de retrouver un âge moyen de soutenance cohérent avec le chiffre de 31,6 ans publié par le SIES. Pour le détail des effectifs, taux de réussite et durée par discipline, notre état des lieux du doctorat en France en chiffres complète cette donnée d’âge par l’ensemble des indicateurs officiels 2026.

    Jeune docteur lors de sa soutenance de thèse devant un jury universitaire en France
    La soutenance intervient en moyenne à 31,6 ans en France, au terme d’un parcours généralement linéaire depuis le master.

    Où se situe la France par rapport aux autres pays ?

    Le SIES souligne que les docteurs français comptent parmi les plus jeunes des comparaisons internationales disponibles, pour deux raisons principales identifiées dans la note : des parcours d’études généralement linéaires, sans interruption prolongée entre la licence, le master et le doctorat, contrairement à des systèmes où une expérience professionnelle intermédiaire est plus fréquente avant l’entrée en doctorat ; et une part relativement faible de doctorants en santé, discipline où l’âge de diplomation est structurellement plus élevé dans la plupart des pays, en raison de cursus médicaux plus longs en amont du doctorat de recherche.

    Indicateur Donnée Source
    Âge moyen à la diplomation (France) 31,6 ans SIES, note d’information n°05, mars 2025
    Doctorats délivrés en 2024 ~14 700 SIES, note flash n°14, juin 2025
    Durée médiane de thèse 40 à 52 mois selon discipline SIES
    Doctorants financés en 1ère année (sciences exactes) 97,1 % SIES
    Doctorants financés en 1ère année (SHS) ~50,9 % SIES

    Les écarts par discipline

    Le SIES ne publie pas, dans ses notes accessibles publiquement, un âge moyen de soutenance détaillé par discipline. En revanche, les données de durée de thèse — un déterminant direct de l’âge de soutenance à âge d’entrée comparable — montrent des écarts nets : en sciences exactes, environ 58 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et sociales. À l’inverse, plus de 37 % des thèses en SHS dépassent 72 mois, contre une minorité en sciences dures. Mécaniquement, à âge d’entrée en doctorat comparable, cet écart de durée se traduit par un âge moyen de soutenance plus élevé en SHS qu’en sciences exactes.

    Pour une lecture complète de ces écarts de durée et d’abandon par discipline, notre analyse du taux d’abandon en thèse de doctorat en France détaille les facteurs — financement, encadrement, précarité — qui expliquent ces trajectoires différenciées.

    Doctorant en sciences exactes travaillant en laboratoire, discipline où le financement et les parcours linéaires raccourcissent la durée de thèse
    En sciences exactes, un financement quasi systématique dès la première année contribue à des thèses plus courtes, et donc à un âge de soutenance plus bas.

    Pourquoi ces écarts existent-ils ?

    Le financement constitue le facteur le plus déterminant identifié par le SIES : 97,1 % des doctorants en sciences exactes bénéficient d’un financement dès la première année, contre environ 50,9 % en sciences humaines et sociales. Un doctorat non financé oblige fréquemment l’étudiant à cumuler un emploi parallèle, ce qui allonge mécaniquement la durée de préparation et repousse d’autant l’âge de soutenance. Le niveau de rémunération lui-même — fixé au 1er janvier 2026 à un minimum de 2 300 € brut mensuel pour un contrat doctoral ou une convention CIFRE — influence également l’attractivité du doctorat selon les profils et les âges d’entrée, un sujet détaillé dans notre comparatif des salaires doctorants par type de financement. Pour une vue d’ensemble des effectifs et de la répartition par discipline, notre guide statistique complet du doctorat en France 2026 complète ces données par les chiffres d’inscription et de parité.

    L’encadrement joue également un rôle secondaire mais documenté : un directeur de thèse peu disponible ou un isolement prolongé du doctorant, en particulier en fin de parcours, retarde fréquemment la soutenance au-delà de la durée initialement prévue, indépendamment du financement. Ce facteur touche l’ensemble des disciplines mais pèse proportionnellement davantage sur les parcours déjà fragilisés par l’absence de financement.

    Une tendance au vieillissement du recrutement académique

    Au-delà de l’âge de soutenance lui-même, les données SIES sur le recrutement académique après la thèse suggèrent une tendance de fond au vieillissement des parcours de recherche en France : sur une période de 13 ans, l’âge de recrutement des chargés de recherche (CR) et des maîtres de conférences (MCF) a progressé respectivement d’environ 24 et 28 mois, soit un allongement de deux à un peu plus de deux ans. Ce chiffre concerne le recrutement post-doctoral dans des postes permanents, pas la soutenance de thèse elle-même, mais il éclaire un phénomène plus large : la période entre la fin du doctorat et la stabilisation dans un poste de recherche ou d’enseignement s’allonge, sous l’effet combiné de la multiplication des contrats post-doctoraux successifs et de la contraction du nombre de postes permanents ouverts chaque année.

    Ce contexte aide à replacer le chiffre de 31,6 ans à la diplomation dans une perspective de carrière plus longue : obtenir son doctorat jeune, comme c’est le cas en France par comparaison internationale, ne garantit pas une insertion professionnelle académique tout aussi rapide, un sujet distinct qui dépasse le cadre strict de cet article mais que tout doctorant en fin de parcours a intérêt à anticiper. Notre analyse du salaire après un doctorat, par secteur et débouché détaille comment ce parcours plus long se traduit ensuite en termes de rémunération.

    Jeune chercheur postdoctoral dans un bureau universitaire, illustrant l'allongement du parcours vers un poste de recherche permanent après la thèse
    L’âge de recrutement en poste permanent (CR, MCF) s’est allongé de deux à un peu plus de deux ans sur 13 ans, au-delà de l’âge de soutenance lui-même.

    Tesify est mentionné à titre informatif comme l’un des outils utilisés par des doctorants et étudiants en master pour structurer la rédaction de leurs travaux de recherche, sans lien direct avec la donnée d’âge présentée dans cet article.

    FAQ

    À quel âge soutient-on sa thèse en France ?

    En moyenne à 31,6 ans selon le SIES (note d’information n°05, mars 2025), ce qui place la France parmi les pays où l’on obtient son doctorat le plus jeune, grâce à des parcours généralement linéaires entre le master et le doctorat.

    L’âge d’entrée varie-t-il selon la discipline ?

    Oui. Les doctorants en santé entrent et soutiennent généralement plus tard, après un parcours médical plus long, tandis que les sciences exactes et l’ingénierie affichent les parcours les plus linéaires et les durées de thèse les plus courtes, ce qui tire leur âge moyen à la soutenance vers le bas.

    Peut-on commencer un doctorat après 30 ans ?

    Oui, rien n’interdit d’entamer un doctorat après 30 ans, notamment via une reprise d’études, un contrat CIFRE ou une validation des acquis. Ce profil reste minoritaire au regard de la moyenne nationale mais n’est pas rare, en particulier en sciences humaines et sociales.

    Quel âge moyen en SHS vs sciences ?

    Les données SIES sur la durée de thèse montrent que les sciences exactes achèvent le plus souvent en moins de 40 mois quand les sciences humaines et sociales dépassent fréquemment 72 mois, ce qui se traduit mécaniquement par un âge moyen à la soutenance plus élevé en SHS, à âge d’entrée comparable.

    Le financement dépend-il de l’âge ?

    Le financement dépend surtout de la discipline plutôt que de l’âge du doctorant : 97,1 % des doctorants en sciences exactes sont financés contre environ 50,9 % en sciences humaines et sociales, ce qui explique en partie pourquoi les thèses non financées en SHS s’étirent davantage et repoussent l’âge de soutenance.

  • Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    Statistiques boursiers CROUS 2026 : échelons, montants et nombre de bénéficiaires

    En 2024-2025, environ 662 000 étudiants ont perçu une bourse sur critères sociaux du CROUS en France, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation éligible — le taux le plus bas depuis douze ans, selon les chiffres du SIES (ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche). Pour 2026-2027, les montants restent identiques à ceux de l’année précédente, échelonnés de 1 454 € à 6 335 € par an selon l’échelon attribué. Ce guide détaille les montants par échelon, l’évolution du nombre de boursiers et les explications avancées par le SIES.

    Réponse rapide : environ 662 000 étudiants étaient boursiers CROUS en 2024-2025 (35,8 % des effectifs éligibles, chiffres SIES), un taux en baisse continue depuis plusieurs années. Les montants 2026-2027 vont de 1 454 € (échelon 0 bis) à 6 335 € par an (échelon 7), inchangés par rapport à 2025-2026.

    Combien d’étudiants sont boursiers CROUS en France ?

    Le SIES publie chaque année une note flash sur les boursiers sur critères sociaux de l’enseignement supérieur. Pour l’année 2024-2025, elle recense environ 662 000 étudiants boursiers, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation ouvrant droit à cette bourse. C’est un taux en baisse de 1,5 point par rapport à 2023-2024, et le niveau le plus bas observé depuis douze ans.

    À titre de comparaison, en 2021-2022, le SIES recensait environ 720 000 boursiers, soit un taux proche de 37,7 % parmi les effectifs éligibles. La baisse récente traduit un mouvement progressif plutôt qu’une rupture brutale sur une seule année.

    Graphique de la répartition des boursiers CROUS par échelon
    Répartition des boursiers CROUS par échelon en 2024-2025.

    Quels sont les montants par échelon en 2026-2027 ?

    La bourse sur critères sociaux comporte huit échelons, de 0 bis à 7, chacun correspondant à un montant annuel fixe déterminé par arrêté ministériel. Pour 2026-2027, ces montants sont identiques à ceux de 2025-2026 : le barème national n’a pas été revalorisé.

    Échelon Montant mensuel Montant annuel (10 mois) Montant annuel (12 mois, maintien estival)
    0 bis 145,42 € 1 454 € 1 745 €
    1 216,30 € 2 163 € 2 596 €
    2 307,10 € 3 071 € 3 685 €
    3 382,80 € 3 828 € 4 594 €
    4 458,50 € 4 585 € 5 502 €
    5 534,20 € 5 342 € 6 411 €
    6 583,30 € 5 833 € 7 000 €
    7 633,50 € 6 335 € 7 602 €

    La bourse est versée en dix mensualités par défaut, sauf pour les étudiants éligibles au maintien pendant les vacances d’été, qui perçoivent alors deux mensualités supplémentaires. L’échelon 0, en dessous de 0 bis, ne donne droit à aucun versement mais ouvre tout de même à l’exonération des frais d’inscription et de la CVEC.

    Le nombre de boursiers augmente-t-il ou diminue-t-il ?

    La tendance récente est à la baisse, après plusieurs années de relative stabilité. Le taux de boursiers parmi les étudiants éligibles est passé d’environ 37,7 % en 2021-2022 à 35,8 % en 2024-2025, une baisse cumulée de près de deux points en trois ans. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des effectifs étudiants globaux, ce qui accentue mécaniquement la baisse du taux relatif de boursiers, même si le nombre absolu de bénéficiaires reste élevé.

    Année universitaire Nombre de boursiers (approx.) Taux parmi effectifs éligibles
    2020-2021 ≈ 750 000 Non précisé
    2021-2022 ≈ 720 000 ≈ 37,7 %
    2023-2024 Supérieur à 2024-2025 ≈ 37,3 %
    2024-2025 ≈ 662 000 35,8 %

    Cette dynamique s’observe en parallèle d’une hausse des effectifs de rentrée universitaire, détaillée dans nos chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027.

    Étudiant consultant son dossier de bourse CROUS en ligne
    Consultation du Dossier Social Étudiant sur le portail CROUS.

    Pourquoi le taux de boursiers baisse-t-il malgré l’inflation ?

    Selon le SIES, l’explication tient principalement à l’absence de revalorisation du barème national d’attribution au même rythme que la hausse des revenus liée à l’inflation. Un barème figé dans un contexte de hausse générale des salaires fait mécaniquement sortir certains foyers des seuils d’éligibilité, même sans amélioration réelle de leur situation financière relative.

    Ce phénomène illustre un décalage classique entre indexation des barèmes sociaux et évolution du coût de la vie, régulièrement pointé par les associations étudiantes lors des discussions budgétaires annuelles sur l’enseignement supérieur. Pour beaucoup de familles proches des seuils, une légère hausse de revenu déclaré peut ainsi faire basculer un dossier d’un échelon supérieur vers un échelon inférieur, voire vers une sortie complète du dispositif, sans que la charge réelle du foyer n’ait changé.

    Quand et comment déposer son Dossier Social Étudiant ?

    Le Dossier Social Étudiant (DSE) s’ouvre chaque année sur le portail dédié du réseau des CROUS, généralement à la mi-janvier, avec une date limite de dépôt fixée fin mai pour une instruction dans les meilleurs délais avant la rentrée de septembre. Un dépôt tardif, hors de cette fenêtre, reste possible mais rallonge considérablement les délais de traitement et retarde le premier versement.

    • Ouverture du service en ligne : mi-janvier
    • Date limite recommandée : fin mai, avant la rentrée universitaire suivante
    • Pièces à préparer : avis d’imposition du foyer, justificatifs de situation familiale, attestation de scolarité prévisionnelle
    • Notification de l’échelon : généralement avant l’été, sous réserve de dossier complet

    Comment est calculé l’échelon d’un étudiant ?

    L’échelon est déterminé automatiquement lors du Dossier Social Étudiant, à partir de deux éléments principaux :

    • Les points de charge — nombre d’enfants à charge du foyer fiscal, éloignement entre le domicile familial et le lieu d’études, nombre de frères et sœurs également boursiers.
    • Le revenu brut global — comparé à un barème national actualisé chaque année, qui détermine le seuil d’accès à chaque échelon.

    Le montant total du budget consacré aux études (frais de scolarité, logement, alimentation) reste par ailleurs à mettre en perspective avec ce niveau de bourse : notre analyse du coût moyen d’un master en France en 2026 détaille ce budget complet, bourse déduite ou non.

    Quels avantages annexes au statut de boursier ?

    Au-delà du versement mensuel, le statut de boursier CROUS ouvre à plusieurs avantages qui pèsent lourd dans le budget étudiant global :

    Avantage Détail
    Exonération frais d’inscription Frais universitaires et CVEC pris en charge
    Accès prioritaire au logement CROUS Critère social prioritaire dans l’attribution
    Repas CROUS à tarif social Repas à 1 € dans certains restaurants universitaires
    Exonération partielle en école privée Selon les dispositifs internes de chaque établissement

    Certains établissements privés, notamment des écoles de commerce, ont mis en place des dispositifs de gratuité totale pour les échelons les plus élevés, un point détaillé dans notre article sur les frais de scolarité des écoles de commerce en France 2026. Ces montants de bourse, une fois connus, permettent aussi d’anticiper le budget consacré à la rédaction du mémoire : bibliographie, outils de relecture ou accompagnement méthodologique restent des postes à intégrer dans un budget étudiant déjà contraint, ce que Tesify propose à un tarif accessible aux étudiants boursiers.

    Questions fréquentes

    Combien d’étudiants sont boursiers CROUS en France ?

    Selon le SIES (MESR), environ 662 000 étudiants ont perçu une bourse sur critères sociaux en 2024-2025, soit 35,8 % des étudiants inscrits dans une formation ouvrant droit à cette bourse — le taux le plus bas depuis 12 ans.

    Quels sont les montants de la bourse CROUS par échelon en 2026-2027 ?

    Les montants 2026-2027 restent identiques à ceux de 2025-2026, échelonnés de 1 454 € par an (échelon 0 bis) à 6 335 € par an (échelon 7) sur 10 mois, avec des montants majorés en cas de maintien estival de la bourse.

    Pourquoi le nombre de boursiers CROUS baisse-t-il ?

    Selon le SIES, le barème national n’a pas été revalorisé au même rythme que la hausse des revenus liée à l’inflation, ce qui a mécaniquement fait sortir certains foyers des seuils d’éligibilité, expliquant la baisse du taux de boursiers observée en 2024-2025.

    Comment connaître son échelon de bourse ?

    L’échelon est calculé automatiquement lors du Dossier Social Étudiant (DSE), à partir des points de charge du foyer (nombre d’enfants, éloignement géographique, boursiers dans la fratrie) comparés au revenu brut global déclaré aux impôts.

    L’échelon 0 bis donne-t-il droit à d’autres avantages que l’argent de la bourse ?

    Oui. Même sans versement d’argent dans certains cas limites, le statut de boursier donne accès à l’exonération des frais d’inscription et de la CVEC, ainsi qu’à des critères d’accès prioritaires au logement CROUS.

  • Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis, BTS, BUT et licence pro en chiffres

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparaient un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un centre de formation d’apprentis (CFA), selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans — un rythme très différent des années 2020-2022, marquées par une croissance de +78 % en seulement deux ans. L’apprentissage dans l’enseignement supérieur est devenu une réalité structurelle du paysage éducatif français : les apprentis représentent désormais une proportion significative des inscrits dans presque toutes les filières du bac+2 au bac+5.

    Cette note statistique présente la pyramide complète des apprentis du supérieur en 2024 : répartition par niveau de formation (STS/BTS, IUT/BUT, licence professionnelle, école de commerce, cycle ingénieur), part du public et du privé, profil social des apprentis, et trajectoire de croissance depuis 2020. Toutes les données citées sont issues de sources officielles (SIES-MESR, Dares, Trésor). Pour replacer ces effectifs dans le paysage plus large des filières sélectives, consultez notre analyse Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière et sélectivité.

    Résultat clé : L’apprentissage dans le supérieur compte 657 900 étudiants fin 2024 (+3 % sur un an). Les STS concentrent près de 30 % des effectifs, devant les titres RNCP (25 %) et les écoles de commerce (17 %). La licence professionnelle affiche le taux d’apprentissage le plus élevé de l’université avec 61 % de ses étudiants en alternance. La croissance, explosive entre 2020 et 2022 (+78 %), s’est fortement modérée depuis 2023 (+3 à +4 % par an).

    657 900 apprentis dans le supérieur : le chiffre clé 2024

    La Note Flash SIES N° 2025-21, publiée le 11 septembre 2025 par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESR), constitue la référence officielle pour les chiffres de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur en France au titre de l’année 2024. Au 31 décembre 2024, les CFA accueillaient 657 900 étudiants préparant un diplôme de niveau supérieur (bac+2 et au-delà).

    Ce chiffre s’inscrit dans une tendance de ralentissement amorcée dès 2023. Si la croissance reste positive (+3 % sur un an, +14 % sur deux ans), elle est sans commune mesure avec les rythmes observés entre 2018 et 2022, période durant laquelle la réforme de la loi Avenir professionnel de 2018 a libéralisé les conditions d’ouverture des CFA et supprimé le numerus clausus sur les formations habilitées.

    À titre de comparaison, l’ensemble de l’enseignement supérieur français compte 3,01 millions d’étudiants en 2024-2025 selon le SIES, ce qui signifie que les apprentis représentent environ 22 % des effectifs totaux du supérieur — un niveau sans précédent historique.

    Répartition par type de formation

    La structure par formation révèle une concentration marquée dans trois grandes catégories : les STS, les titres RNCP et les écoles de commerce. Le tableau ci-dessous synthétise la répartition des 657 900 apprentis du supérieur selon les données SIES 2024.

    Répartition des apprentis du supérieur par type de formation — 31 décembre 2024
    Type de formation Part des apprentis du supérieur Effectifs estimés
    STS (BTS — Sections de Technicien Supérieur) ~30 % ~197 000
    Titres RNCP homologués (hors diplômes nationaux) ~25 % ~164 000
    Écoles de commerce 17 % ~112 000
    Licence professionnelle (université) non isolé
    IUT (BUT — Bachelor Universitaire de Technologie) non isolé
    Cycle ingénieur (écoles d’ingénieurs) ~12 % ~32 000
    Total enseignement supérieur 100 % 657 900

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025. Les effectifs sont estimés en appliquant les parts déclarées. Le SIES ne publie pas de décomposition exhaustive par filière dans la note flash.

    Le poids des STS (sections préparant le BTS) est historiquement ancré : la voie technologique courte a très tôt adopté l’alternance comme mode pédagogique. Les titres RNCP homologués, qui désignent les certifications professionnelles enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles sans être des diplômes nationaux, constituent la deuxième catégorie et illustrent la diversification de l’offre de formation privée depuis 2018. Les écoles de commerce, avec 17 % du total, confirment leur positionnement historique sur l’apprentissage en alternance.

    Taux d’apprentissage par filière : qui mène la course ?

    Au-delà des effectifs bruts, le taux d’apprentissage — proportion d’étudiants d’une filière qui suivent leur formation en alternance — renseigne sur la pénétration structurelle de l’apprentissage dans chaque voie. Les chiffres 2024 du SIES dessinent une hiérarchie claire.

    Taux d’apprentissage par filière dans l’enseignement supérieur — 2024
    Filière Taux d’apprentissage 2024 Commentaire
    Licence professionnelle 61 % Filière la plus intégrée à l’alternance en milieu universitaire
    Écoles de commerce 34 % Modèle économique historiquement fondé sur l’alternance
    STS (BTS) ~50 % Près d’un étudiant sur deux en STS est apprenti
    Cycle ingénieur ~20 % Un étudiant sur cinq en école d’ingénieurs en apprentissage
    IUT (BUT) 26 % Progression nette depuis le passage au BUT en 2021

    Source : Note Flash SIES N° 2025-21, MESR, septembre 2025 ; Note Flash SIES cycle ingénieur 2024-2025.

    Source : EESR n°18 — L’apprentissage dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La licence professionnelle se distingue nettement : 61 % de ses étudiants sont apprentis, ce qui en fait la formation universitaire la plus étroitement liée au marché du travail. Ce taux élevé s’explique par la vocation même de la licence pro — une formation courte (un an après un bac+2) conçue pour une insertion professionnelle rapide dans un secteur précis. La majorité des étudiants qui y entrent recherchent précisément la double compétence académique et professionnelle que confère l’apprentissage.

    Le taux de 50 % en STS mérite d’être mis en perspective : sur les 400 000 étudiants inscrits en STS en France, la moitié est donc en apprentissage — un chiffre qui reflète la forte demande des TPE/PME pour des techniciens supérieurs formés directement sur poste. Les IUT, dont la réforme vers le BUT a allongé la formation à trois ans en 2021, voient leur taux d’apprentissage progresser à 26 %, signe d’une meilleure articulation entre le référentiel de compétences du BUT et les besoins des employeurs.

    Les écoles d’ingénieurs affichent un taux de 20 % sur un total de 158 600 inscrits en cycle ingénieur en 2024-2025 — soit environ 32 000 apprentis ingénieurs, un segment à forte valeur ajoutée pour les employeurs du secteur industriel et numérique.

    Part du public et du privé dans l’apprentissage du supérieur

    La structure institutionnelle de l’apprentissage supérieur révèle une domination marquée du secteur privé. Selon les données SIES, plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés.

    Cette répartition s’explique par plusieurs facteurs structurels :

    • La prédominance des CFA privés : depuis la loi Avenir professionnel de 2018, n’importe quel organisme de formation peut ouvrir un CFA sans autorisation administrative préalable. Cette déréglementation a favorisé la multiplication des CFA privés spécialisés.
    • Le poids des écoles de commerce privées : les grandes écoles de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, mais aussi les ESC régionales) ont massivement développé leurs programmes en apprentissage depuis 2018, contribuant à une part significative des 112 000 apprentis en école de commerce.
    • Les titres RNCP hors diplômes nationaux : l’essentiel des formations délivrant des titres RNCP homologués relèvent du secteur privé (organismes de formation professionnelle, CFA d’entreprise).

    Le secteur public — universités, IUT publics, lycées accueillant des STS — pèse donc moins de 25 % des apprentis du supérieur, malgré des efforts notables d’ouverture via les CFA universitaires. Cette asymétrie public/privé est un enjeu de politique publique régulièrement débattu : l’accès à l’apprentissage reste plus aisé via les établissements privés, dont les frais de scolarité peuvent être entièrement pris en charge par les OPCO, qu’au sein de l’université publique. Cette dynamique fait écho aux tensions de capacité observées plus largement dans le supérieur, comme le montre notre dossier sur la crise du logement étudiant en France 2025.

    Évolution 2020-2024 : accélération explosive puis décélération

    La trajectoire de l’apprentissage dans le supérieur sur cinq ans illustre un cycle classique en deux temps : une phase d’expansion rapide portée par la réforme structurelle, suivie d’un plateau de maturité. Le tableau suivant retrace les effectifs annuels estimés.

    Évolution des apprentis dans l’enseignement supérieur — 2020 à 2024
    Année (au 31 déc.) Effectifs apprentis supérieur Croissance annuelle
    2020 ~324 000
    2021 ~480 000 +48 %
    2022 576 300 +20 %
    2023 ~576 900 – 638 000 ~+8 %
    2024 657 900 +3 %

    Sources : Note Flash SIES N° 2025-21 (données 2024) ; Note Flash SIES N° 2024-22 (données 2022-2023) ; Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), données Éducation nationale pour 2022. Les chiffres 2020-2021 sont des estimations déduites du taux de croissance +78 % sur deux ans confirmé par le SIES.

    La rupture de rythme est manifeste. Entre 2020 et 2022, le volume d’apprentis du supérieur a été multiplié par 1,78 en deux ans, soit une croissance cumulée de +78 %. Ce choc d’offre résulte de la convergence de trois facteurs : la simplification administrative ouverte par la loi Avenir professionnel de 2018, les aides exceptionnelles à l’embauche d’apprentis mises en place en 2020 (aide pouvant aller jusqu’à 8 000 € pour les contrats dans le supérieur), et une demande étudiante structurellement forte face aux incertitudes du marché de l’emploi post-Covid.

    Depuis 2023, la décélération est nette : +3 % en 2024, contre +48 % en 2021. Plusieurs raisons expliquent ce plateau :

    • Réduction des aides à l’embauche : le montant de l’aide unique aux employeurs d’apprentis a été revu à la baisse à partir de 2023 pour les contrats dans le supérieur (formations bac+3 et au-delà).
    • Saturation des capacités d’accueil : un nombre croissant de CFA signalent des difficultés à trouver suffisamment d’entreprises maîtres d’apprentissage, notamment dans les métropoles où la concurrence pour les postes est forte.
    • Stabilisation de la demande : le nombre d’employeurs recrutant des apprentis du supérieur, qui avait atteint un pic de 90 600 structures en 2021, est redescendu à 66 800 en 2024 selon les données Dares.

    Nouveaux contrats signés et dynamique du marché

    À l’échelle nationale, tous niveaux confondus (secondaire et supérieur), 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en 2024, portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre marque un quasi-triplement par rapport aux 306 000 contrats signés en 2017, année précédant la réforme.

    Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà, confirmant l’inversion structurelle du mix niveau amorcée autour de 2021 : l’apprentissage est désormais davantage un fait du supérieur que de la formation professionnelle initiale secondaire.

    Point de vigilance : La réduction des aides à l’embauche pour les contrats supérieurs bac+3 introduite en 2023 a entraîné un reflux de la demande. Des signaux de ralentissement plus prononcé pourraient apparaître dans les données 2025, notamment sur les segments master et cycle ingénieur.

    Profil social des apprentis du supérieur : une démocratisation ciblée

    Les données SIES apportent un éclairage nuancé sur l’origine sociale des apprentis dans le supérieur. La lecture simple — « l’apprentissage favorise la démocratisation de l’enseignement supérieur » — doit être pondérée selon les filières.

    Dans les formations d’ingénieur et dans les écoles de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que leurs homologues en formation initiale classique (dits « scolaires »). Cet effet est structurel : pour une famille dont les ressources ne permettent pas de financer 3 à 5 ans de frais de scolarité dans une grande école privée, l’apprentissage constitue la voie d’accès principale, les coûts étant pris en charge par l’OPCO via la prise en charge du coût pédagogique.

    En revanche, dans les formations universitaires (IUT, licence professionnelle), le profil social des apprentis est comparable à celui des étudiants en formation initiale. L’université étant moins chère d’accès, l’apprentissage y est choisi pour ses avantages pratiques (rémunération, expérience professionnelle) plutôt que comme unique voie d’accès financièrement accessible.

    Ce constat suggère que l’apprentissage joue un rôle de démocratisation différentielle : il ouvre des portes dans les grandes écoles à des publics qui n’y auraient pas accès autrement, mais il ne modifie pas fondamentalement la composition sociale de l’université publique. Sur les débouchés à plus long terme des parcours du supérieur, notre analyse de l’insertion professionnelle des docteurs en France 2024 offre un point de comparaison utile entre voies courtes et voies longues.

    Coût public de l’apprentissage : 15 milliards d’euros

    L’expansion de l’apprentissage a un coût budgétaire considérable. En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti et par an. Ce montant agrège :

    • Le coût pédagogique pris en charge par les OPCO (Opérateurs de compétences), financé via la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance (CUFPA) versée par les entreprises.
    • Les exonérations de charges sociales dont bénéficient les employeurs d’apprentis (exonération quasi-totale pour les contrats dans les entreprises de moins de 250 salariés).
    • L’aide à l’embauche versée aux employeurs (réduite en 2023 mais toujours existante).
    • Le coût de l’Aide personnalisée au logement (APL) et d’autres aides sociales dont bénéficient les apprentis.

    Ce niveau de dépense publique place la France parmi les pays européens qui investissent le plus dans l’apprentissage rapporté au PIB, loin devant l’Espagne et le Portugal, mais comparable à l’Allemagne et à l’Autriche, dont les systèmes duaux font figure de référence.

    La question du retour sur investissement collectif est posée : les études sur l’insertion professionnelle montrent que l’avantage de l’apprentissage sur la formation initiale classique est plus marqué aux niveaux inférieurs (CAP, BEP) qu’aux niveaux supérieurs. Au niveau master, l’effet sur les taux d’emploi 18 mois après la sortie est jugé « limité » par la Direction générale du Trésor dans son bilan 2025 — ce qui alimente un débat sur la pertinence de maintenir des aides élevées pour les contrats dans les grandes écoles privées.

    Perspectives et enjeux pour 2025-2026

    Plusieurs tendances de fond dessineront l’évolution de l’apprentissage dans le supérieur français au cours des prochains mois.

    La modulation des aides à l’embauche

    Depuis 2023, les aides à l’embauche ont été différenciées selon le niveau de qualification. Les contrats de niveau bac+3 et au-delà bénéficient d’une aide réduite par rapport aux contrats de niveau bac à bac+2. Cette politique vise à concentrer le soutien public sur les apprentissages qui génèrent le meilleur effet de démocratisation. Son impact quantitatif sur les contrats signés en 2025 sera observable dans les prochaines publications SIES.

    Le BUT comme vecteur de croissance dans les IUT

    La réforme des IUT (passage au Bachelor Universitaire de Technologie en 2021, formation de 3 ans) a rendu les programmes plus compatibles avec l’apprentissage, notamment grâce à la structure par blocs de compétences. Avec 26 % des étudiants IUT déjà en apprentissage en 2024, la marge de progression existe, en particulier dans les spécialités techniques (informatique, réseaux, mécatronique) où la demande des employeurs reste forte.

    La question des ruptures de contrat

    Avec le ralentissement du marché, le taux de rupture anticipée des contrats d’apprentissage mérite une attention particulière. Dans un contexte économique plus difficile, certaines entreprises renoncent à leurs apprentis en cours de cycle, laissant les étudiants en difficulté pour trouver un nouvel employeur dans les délais impartis. Ce risque rejoint la problématique plus large du décrochage et de la réussite en licence, où la rupture de parcours est un enjeu central.

    L’apprentissage au niveau master

    Le master reste le niveau où la pénétration de l’apprentissage est la plus récente et la plus hétérogène. Les données globales ne permettent pas d’isoler précisément le stock d’apprentis en master, mais des signaux de croissance sont visibles dans les secteurs du numérique, de la finance et du conseil en management, où les grandes entreprises ont massivement ouvert des postes d’apprentis ingénieurs ou consultants en master.

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    FAQ — Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France

    Combien d’apprentis y a-t-il dans l’enseignement supérieur en France en 2024 ?

    Au 31 décembre 2024, 657 900 étudiants préparent un diplôme de l’enseignement supérieur en apprentissage dans un CFA, selon la Note Flash SIES N° 2025-21 publiée par le MESR en septembre 2025. Ce chiffre représente une hausse de 3 % sur un an et de 14 % sur deux ans. Ramené au total des 3,01 millions d’inscrits dans le supérieur, cela signifie qu’environ un étudiant sur cinq est apprenti.

    Quelles formations du supérieur comptent le plus d’apprentis ?

    Les STS (préparant le BTS) concentrent environ 30 % des apprentis du supérieur, soit près de 197 000 étudiants. Les formations délivrant des titres RNCP homologués représentent environ 25 % (164 000) et les écoles de commerce 17 % (112 000). Ce trio de tête totalise plus de 70 % des apprentis du supérieur, loin devant les filières universitaires et les grandes écoles d’ingénieurs.

    Quel est le taux d’apprentissage en IUT (BUT) en 2024 ?

    En 2024, 26 % des étudiants inscrits en IUT (préparant un BUT) effectuent leur formation en apprentissage. Ce taux est inférieur à celui de la licence professionnelle (61 %) et des STS (~50 %), mais supérieur à celui du cycle ingénieur (~20 %). Il est en progression depuis la réforme BUT de 2021, qui a rendu les programmes IUT plus compatibles avec le rythme d’alternance.

    Quelle est la part du secteur privé dans l’apprentissage du supérieur ?

    Plus de 75 % des apprentis du supérieur sont inscrits dans des établissements privés (écoles de commerce, CFA privés, organismes délivrant des titres RNCP). Ce déséquilibre public/privé est structurel : la libéralisation du marché de la formation par la loi Avenir professionnel de 2018 a surtout bénéficié aux acteurs privés, qui ont ouvert des CFA sans les contraintes administratives qui pèsent encore sur l’université publique.

    Comment a évolué l’apprentissage dans le supérieur entre 2020 et 2024 ?

    L’apprentissage dans le supérieur a augmenté de +78 % entre 2020 et 2022 (de ~324 000 à 576 300 étudiants), porté par les aides à l’embauche post-Covid et la déréglementation. Depuis 2023, la croissance s’est très nettement modérée : +8 % environ en 2023, puis +3 % en 2024 pour atteindre 657 900. La réduction des aides pour les niveaux bac+3 et plus et la contraction de la demande des employeurs expliquent ce ralentissement.

    L’apprentissage démocratise-t-il l’accès aux grandes écoles ?

    Oui, partiellement. Dans les écoles d’ingénieurs et de commerce, les apprentis sont en moyenne d’origine sociale moins favorisée que les étudiants en formation initiale classique, ce qui confirme un effet de démocratisation réel. En revanche, dans les filières universitaires (IUT, licence pro), le profil social des apprentis est similaire à celui des autres étudiants — l’apprentissage y est choisi pour l’expérience professionnelle et la rémunération, pas comme unique voie d’accès.

    Quel est le coût public de l’apprentissage en France ?

    En 2023, la Direction générale du Trésor a estimé le coût public total de l’apprentissage à environ 15 milliards d’euros, soit environ 14 700 euros par apprenti par an. Ce montant comprend les coûts pédagogiques pris en charge par les OPCO, les exonérations de charges sociales pour les employeurs, les aides à l’embauche et les aides sociales (APL, etc.) versées aux apprentis.

    Combien de nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France en 2024 ?

    En 2024, 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés en France (tous niveaux confondus), portant le stock total à plus d’un million d’apprentis en contrat actif fin 2024. Ce chiffre représente environ trois fois le volume de 2017 (306 000 contrats), illustrant l’ampleur de la transformation du système. Dans le supérieur spécifiquement, 62 % des nouveaux contrats signés en 2023 concernaient des formations de niveau bac+2 et au-delà.

    Sources officielles et pour aller plus loin

  • Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    En France, 47,8 % des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en licence L1 sont passés directement en L2 l’année suivante — soit, pour la première fois depuis la fin de la crise sanitaire, une progression notable (+3,8 points par rapport à la cohorte précédente). Ce chiffre, issu de la note flash du SIES publiée en novembre 2024, constitue le principal indicateur de réussite en première année de licence, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Derrière cette moyenne nationale se cachent des trajectoires très différentes selon la filière choisie, le type de baccalauréat obtenu et le profil social de l’étudiant.

    Pour les universités, les familles et les lycéens qui s’orientent, comprendre ces données est essentiel : qui redouble, qui part, qui réussit — et surtout pourquoi. Cet article décrypte les statistiques officielles les plus récentes du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) pour donner une lecture précise et exploitable de la réussite en L1 en 2026.

    Résultat clé : Sur 100 nouveaux bacheliers inscrits en L1 en 2022-2023, 47,8 passent directement en L2, 25,4 redoublent, 3,7 se réorientent vers une autre formation, et 23,1 quittent l’université sans réinscription. L’écart de réussite entre bac général (61,6 % de poursuite après L1) et bac professionnel (21,6 %) atteint 40 points.

    Les chiffres nationaux : passage, redoublement et sortie définitive

    La note flash SIES n° 30 de novembre 2024 analyse le devenir des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en première année de licence à la rentrée 2022-2023. Quatre trajectoires principales sont distinguées à l’issue de cette première année :

    • Passage en L2 : 47,8 % des inscrits obtiennent leur validation de L1 et progressent directement en deuxième année.
    • Redoublement en L1 : 25,4 % restent inscrits en L1 l’année suivante, soit parce qu’ils ont échoué, soit parce qu’ils choisissent de consolider leurs acquis.
    • Réorientation : 3,7 % se réinscrivent dans une autre formation universitaire ou quittent la licence vers un autre cursus (BTS, IUT, prépa, formation privée).
    • Sortie de l’université : 23,1 % ne se réinscrivent nulle part dans l’enseignement supérieur l’année suivante — ce qui constitue la mesure directe du décrochage de première année.

    Ce taux de passage de 47,8 % représente une amélioration significative après plusieurs années de recul : il était de 44,0 % pour la cohorte 2020. Toutefois, il reste inférieur aux objectifs stratégiques fixés par le MESR dans le cadre du plan Licences, qui visait un taux de 60 % à l’horizon 2025. La part des sortants sans réinscription — 23,1 % — reste préoccupante et nourrit le phénomène plus large de l’abandon universitaire en France.

    Il convient de noter que le taux de passage global masque des différences considérables selon les caractéristiques de l’étudiant entrant. La lecture nationale doit donc toujours être croisée avec la filière et le profil académique.

    Source : EESR n°18 — Parcours et réussite en licence et master à l’université, MESR-SIES

    Taux de passage L1→L2 par discipline

    Les données SIES permettent de décomposer le taux de passage selon les grandes familles disciplinaires de l’université française. Le tableau ci-dessous rassemble les chiffres issus de la cohorte 2022-2023 pour l’année d’observation 2023-2024.

    Tableau 1 — Trajectoires en L1 par discipline (bacheliers 2022, données SIES 2024)
    Discipline Passage en L2 Redoublement Réorientation Sortie définitive
    Droit, sciences politiques 47,2 % 32,2 % 2,5 % 18,0 %
    Économie, AES 46,8 % 23,2 % 3,0 % 27,0 %
    Arts, lettres, langues, SHS 48,4 % 22,4 % 2,6 % 26,6 %
    Sciences, santé 48,9 % 26,6 % 6,7 % 17,8 %
    STAPS 45,9 % 24,1 % 5,2 % 24,8 %
    Source : SIES, note flash n° 30, novembre 2024 — cohorte bacheliers 2022.

    Trois lectures s’imposent à partir de ce tableau. Premièrement, les taux de passage sont relativement homogènes entre disciplines (45,9 % à 48,9 %), ce qui suggère que la discipline en elle-même n’est pas le déterminant principal du passage en L2 au niveau national. Deuxièmement, c’est la structure des trajectoires alternatives qui diffère franchement : le droit affiche le taux de redoublement le plus élevé (32,2 %) mais le taux de sortie définitive le plus bas (18,0 %), tandis que l’économie-AES cumule un taux de sortie de 27,0 %, le plus élevé de l’ensemble. Troisièmement, les filières scientifiques présentent un taux de réorientation significativement plus élevé (6,7 %), cohérent avec les possibilités de passerelles vers des IUT ou des classes préparatoires intégrées.

    Ces données complètent utilement les analyses disponibles sur le taux d’abandon universitaire en France, qui montrent que les sorties sans diplôme sont concentrées dans les premières années de cycle.

    L’écart majeur selon le type de baccalauréat

    La variable la plus discriminante en matière de réussite en L1 n’est pas la discipline ni même l’établissement : c’est le type de baccalauréat obtenu. Les données longitudinales du SIES sur la cohorte 2020 (suivie jusqu’en troisième année) illustrent un écart structurel de grande ampleur.

    Tableau 2 — Trajectoires cumulées à l’issue de la L1 selon le type de bac (cohorte 2020, SIES)
    Type de baccalauréat Toujours en licence (3e année) En L3 (3e année) Taux de réussite en licence (5 ans)
    Baccalauréat général 61,6 % 38,1 % ~58 %
    Baccalauréat technologique 29,9 % 12,0 % ~22 %
    Baccalauréat professionnel 21,6 % 7,7 % ~12 %
    Source : SIES, EESR indicateur T149 — cohorte bacheliers 2020, observation en 2022-2023.

    Ces chiffres révèlent une réalité structurelle difficile. Un bachelier général entrant en licence a environ 58 % de chances de décrocher son diplôme dans un délai de cinq ans. Ce taux tombe à 22 % pour un bachelier technologique et à 12 % pour un bachelier professionnel. Dit autrement, près de 88 % des bacheliers professionnels inscrits en licence n’obtiennent pas leur diplôme, ce qui soulève des questions profondes sur l’orientation post-bac et sur l’adéquation entre les prérequis attendus en licence et la formation reçue avant le baccalauréat.

    La note flash SIES 2024 précise par ailleurs que la baisse globale du taux de réussite en licence (cohorte 2019 : 45,7 %, soit -1,2 point par rapport à 2018) n’est imputable qu’aux bacheliers généraux. Les taux des bacheliers technologiques et professionnels, structurellement bas, sont restés stables. Ceci indique que les réformes du baccalauréat général (mise en place de la réforme Blanquer en 2019-2021, introduction du contrôle continu) ont pu modifier la composition et le niveau des entrants en licence sans améliorer significativement leur taux de réussite à long terme.

    Par ailleurs, les taux de passage L1→L2 varient de 43 % à 62 % selon la combinaison de spécialités choisies au lycée, confirmant que le choix des matières au cycle terminal constitue un déterminant précoce de la réussite universitaire.

    La réorientation : une issue sous-estimée

    Le taux national de réorientation de 3,7 % peut sembler modeste. Il mérite cependant d’être contextualisé. Premièrement, ce chiffre ne capture que les réorientations formelles vers une autre formation enregistrée dans les bases du SIES ; il ne comptabilise pas les étudiants qui abandonnent en cours d’année sans acte administratif formalisé, qui sont intégrés dans la catégorie « sortie définitive ». Deuxièmement, les réorientations sont inégalement réparties : elles atteignent 6,7 % dans les filières sciences-santé, notamment en raison des passerelles vers les IUT de chimie, biologie ou mesures physiques.

    La réorientation en fin de L1 est encouragée par la circulaire « parcours adaptés » qui impose aux universités de proposer un entretien de bilan à tout étudiant en difficulté dès la fin du premier semestre. Le dispositif « oui-si » issu de la loi ORE de 2018 prévoit des parcours avec accompagnement renforcé, mais son déploiement reste hétérogène selon les établissements.

    Du côté des flux, les étudiants qui se réorientent en fin de L1 se dirigent prioritairement vers : les BTS (environ 40 % des réorientés), les IUT — désormais BUT — (environ 25 %), et d’autres mentions de licence ou de formations professionnelles courtes. Une fraction non négligeable interrompt temporairement ses études pour reprendre un emploi ou partir en mobilité internationale.

    Réussite en 3 et 4 ans : la mesure longue

    Le taux de passage L1→L2 est un indicateur de court terme. La mesure de référence pour évaluer l’efficacité réelle des parcours de licence est le taux d’obtention du diplôme en 3 ans (durée théorique) et en 4 ans (une année de redoublement supplémentaire). Ces données longitudinales, construites sur des cohortes de bacheliers suivies pendant 5 à 7 ans, révèlent une réalité moins favorable que le taux de passage annuel.

    Pour la cohorte de bacheliers 2019 — la plus récente pour laquelle le SIES dispose d’un recul suffisant —, le taux de réussite en licence s’établit à 45,7 % en 4 ans, en recul de 1,2 point par rapport à la cohorte 2018 (46,9 %). Ce chiffre intègre toutes les trajectoires : passage direct, redoublement suivi de validation, et réinscription après une interruption temporaire.

    La lecture par type de bac (présentée dans le tableau 2 ci-dessus) indique que la réussite en 5 ans atteint environ 58 % pour les bacheliers généraux — ce qui signifie que même parmi les bacheliers les mieux préparés, plus de 40 % n’obtiennent pas leur licence. Ce constat alimente les débats sur l’architecture du cycle licence, sur la pertinence du redoublement comme outil pédagogique, et sur les politiques d’orientation active mises en place par les établissements. Pour une lecture complémentaire sur la continuité des parcours, la réussite en master en France suit une tout autre dynamique, avec des taux beaucoup plus élevés (91,6 % à l’issue du M2).

    Facteurs explicatifs du décrochage en L1

    Les statistiques de passage ne s’expliquent pas par un facteur unique. La recherche en sciences de l’éducation et les rapports institutionnels convergent vers plusieurs déterminants majeurs :

    Le niveau académique à l’entrée

    Le type de baccalauréat (cf. tableau 2) est le prédicteur le plus robuste. Au-delà du type, la mention obtenue au baccalauréat est fortement corrélée au passage en L2 : les bacheliers généraux avec mention Très Bien affichent des taux de passage nettement supérieurs à la moyenne de leur catégorie. La combinaison des spécialités de terminale joue également un rôle croissant depuis la réforme du bac 2021.

    L’adéquation formation-projet

    Un étudiant inscrit en licence sans projet professionnel défini ou par défaut d’orientation (faute d’admission dans une filière sélective) présente statistiquement un risque de décrochage plus élevé. C’est l’une des limites documentées du dispositif Parcoursup : une partie des étudiants acceptent une proposition de licence faute d’alternative, sans adhésion au projet d’études.

    Les difficultés socio-économiques

    Les études sur les causes de l’abandon universitaire en France montrent que les contraintes financières — nécessité d’occuper un emploi salarié en parallèle des études, coût du logement étudiant, absence de bourse — sont significativement associées au décrochage, particulièrement dans les premières années de cycle.

    Le choc pédagogique de la transition lycée-université

    La rupture entre les méthodes d’apprentissage du lycée (cours en classe entière, évaluations fréquentes, contrôle régulier de la présence) et celles de l’université (amphithéâtres, autonomie, rareté du suivi individuel) constitue un facteur de déstabilisation bien documenté, en particulier pour les étudiants de première génération universitaire. Ce phénomène, souvent qualifié de « choc de la première année », explique en partie pourquoi le taux d’abandon est maximal au cours du premier semestre.

    L’offre de remédiation et d’accompagnement

    Les établissements qui proposent un accompagnement renforcé dès l’entrée en L1 — tutorat par les étudiants avancés, dispositifs « oui-si », modules de remise à niveau — enregistrent des taux de passage supérieurs à la moyenne nationale dans leurs filières concernées. Ces dispositifs, bien qu’insuffisamment généralisés, font partie des leviers identifiés par le MESR pour améliorer la réussite en licence.

    FAQ — Questions fréquentes sur la réussite en licence L1

    Quel est le taux de passage de L1 en L2 en France en 2025 ?

    D’après la note flash SIES n° 30 de novembre 2024 (données cohorte bacheliers 2022), le taux de passage direct de L1 en L2 est de 47,8 %. C’est le chiffre le plus récent disponible, en hausse de 3,8 points par rapport à la cohorte précédente. Ce taux intègre tous les bacheliers, toutes disciplines confondues.

    Combien d’étudiants abandonnent la licence après la L1 ?

    Sur 100 nouveaux inscrits en L1, 23,1 % ne se réinscrivent nulle part l’année suivante (sortie définitive de l’université). Un 3,7 % supplémentaire se réoriente vers une autre formation. Le décrochage net — étudiants qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme — représente donc une proportion significative des entrants en première année.

    Quelle discipline a le meilleur taux de passage en L2 ?

    D’après les données SIES 2024, les filières sciences-santé affichent le taux de passage direct le plus élevé (48,9 %), suivies d’arts-lettres-langues-SHS (48,4 %). Le droit (47,2 %) et l’économie-AES (46,8 %) sont légèrement en dessous. Les STAPS enregistrent le taux le plus bas (45,9 %). Les écarts sont faibles en termes de passage, mais importants sur la structure redoublement/sortie.

    Un bachelier professionnel a-t-il ses chances en licence ?

    Les statistiques officielles indiquent une difficulté structurelle : seuls environ 12 % des bacheliers professionnels inscrits en licence décrochent ce diplôme, même en 5 ans. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de réussir, mais que le parcours licence est rarement adapté à leur profil. Les filières comme le BTS, le BUT ou les licences professionnelles sont statistiquement beaucoup mieux adaptées aux bacheliers professionnels.

    Qu’est-ce que le dispositif « oui-si » et quel est son impact sur la réussite ?

    Le dispositif « oui-si », introduit par la loi ORE (2018), permet aux universités d’accepter conditionnellement des candidats dont le dossier ne correspond pas exactement aux prérequis de la filière, à condition de les orienter vers un parcours adapté avec accompagnement renforcé. Son impact sur le taux de passage est documenté positivement dans les établissements qui l’appliquent rigoureusement, mais son déploiement reste inégal sur le territoire.

    Comment les taux de réussite en L1 ont-ils évolué ces dernières années ?

    Le taux de passage L1→L2 a connu plusieurs phases. Il était d’environ 44 % pour la cohorte 2020 (affectée par la crise sanitaire), et remonte à 47,8 % pour la cohorte 2022 — un rebond notable. En parallèle, le taux de réussite en licence en 4 ans (mesure longue) a légèrement reculé, passant de 46,9 % (cohorte 2018) à 45,7 % (cohorte 2019), notamment en raison de la recomposition des entrants suite à la réforme du baccalauréat général.

    Où trouver les données officielles sur la réussite en licence ?

    Les données officielles sont publiées par le SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques) du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les notes flash sont disponibles gratuitement sur le site publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Le tableau de bord synthétique figure également dans l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche (EESR), indicateur T149.

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  • Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Soixante-neuf mille doctorants inscrits, quatorze mille sept cents thèses soutenues en un an, une durée réglementaire de trois ans que moins de la moitié des docteurs tiennent : les chiffres du doctorat en France 2026 racontent une réalité plus complexe que le calendrier officiel. Ce tour d’horizon s’appuie exclusivement sur les publications du service statistique du ministère (SIES), les notes flash annuelles et l’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR n°19). Chaque donnée est sourcée et datée — aucune estimation non vérifiée n’est présentée.

    Que vous soyez candidat au doctorat, directeur de thèse ou responsable d’une école doctorale, ces indicateurs permettent de situer un parcours dans le contexte national : combien de doctorants entrent chaque année, dans quels domaines, avec quels financements, et en combien de temps la majorité parvient à soutenir.

    Résultat clé : À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans 289 écoles doctorales françaises. En 2024, 14 727 doctorats ont été délivrés (−3 % vs 2023). En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an) — mais ce taux culmine à 58 % en sciences exactes contre 11 % en sciences humaines. 81 % des nouveaux doctorants bénéficient d’un financement dédié. (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19, 2025.)

    69 432 doctorants inscrits : l’effectif 2024-2025

    À la rentrée 2024-2025, la France compte 69 432 étudiants inscrits en doctorat, en légère baisse de 0,3 % par rapport à 2023-2024. Sur dix ans, l’effectif total a reculé de 9,6 % par rapport à 2013 (EESR n°19, SIES 2025). Cette contraction traduit principalement le déclin des inscriptions en sciences de la société (−4,7 % sur un an) et en sciences humaines et humanités (−0,9 %), partiellement compensé par la progression des sciences exactes et applications (+1,8 %) et la quasi-stabilité des sciences du vivant (+0,4 %).

    Les primo-inscrits — doctorants entrant en première année — sont en revanche en hausse : 17 000 nouveaux doctorants ont intégré le système à la rentrée 2024, soit +3,2 % par rapport à 2023 (16 400 primo-inscrits). Ces étudiants se répartissent dans les 289 écoles doctorales accréditées par le MESR. Pour comprendre le fonctionnement de ces structures et les critères d’admission, voir École doctorale en France : comment choisir et intégrer la bonne.

    Effectifs du doctorat en France — évolution 2022-2025
    Rentrée Inscrits total Primo-inscrits Source
    2022-2023 70 700 15 700 SIES NF 2024-17 / Campus France
    2023-2024 69 639 16 400 SIES enquête EDs 2024
    2024-2025 69 432 17 000 SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19

    14 727 docteurs diplômés en 2024 : la production annuelle

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit une baisse de 3,0 % par rapport à 2023 (SIES Note Flash n°14, juin 2025). L’année 2023 avait constitué un pic à 15 187 diplômes (+9,6 % vs 2022), en partie liée au rattrapage post-pandémique des soutenances retardées. Le niveau 2024 reste toutefois supérieur aux années antérieures à 2022, confirmant une progression de long terme : +0,9 % par rapport à 2013 (EESR n°19).

    Docteurs diplômés en France — évolution récente
    Année Docteurs diplômés Variation Source SIES
    2023 15 187 +9,6 % Note Flash SIES n°17, juin 2024
    2024 14 727 −3,0 % Note Flash SIES n°14, juin 2025

    Une fois la soutenance réussie, la question de l’insertion professionnelle s’impose. Les données détaillées par discipline et type d’employeur sont disponibles dans l’article : Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline.

    Répartition par grand domaine : sciences, SHS et vivant

    Le SIES ventile les effectifs doctoraux selon quatre grands domaines disciplinaires. À la rentrée 2024-2025, les sciences exactes et applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) forment le premier contingent avec 26 815 inscrits (38,6 % du total). Les sciences humaines et humanités (littérature, histoire, philosophie, arts) arrivent en deuxième position (17 765 inscrits, 25,6 %), suivies des sciences du vivant — biologie, agronomie, environnement — (13 081 inscrits, 18,8 %) et des sciences de la société — économie, droit, gestion, sciences politiques — (11 771 inscrits, 17,0 %).

    Doctorants inscrits et diplômés par domaine — France 2024-2025 et 2024 (Source : EESR n°19, SIES 2025)
    Domaine Inscrits 2024-25 Part Diplômés 2024 Part diplômés
    Sciences exactes & applications 26 815 38,6 % 7 125 48,4 %
    Sciences humaines & humanités 17 765 25,6 % 2 499 17,0 %
    Sciences du vivant 13 081 18,8 % 3 362 22,8 %
    Sciences de la société 11 771 17,0 % 1 741 11,8 %
    Total 69 432 100 % 14 727 100 %

    L’écart entre la part dans les inscrits (25,6 %) et la part dans les diplômés (17,0 %) pour les sciences humaines est le signal le plus visible d’un phénomène structurel : ces doctorants mettent plus longtemps à soutenir — et certains n’y parviennent pas. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les diplômés (48,4 %) par rapport à leur poids parmi les inscrits (38,6 %), signe d’une durée de thèse plus courte et d’un taux d’achèvement plus élevé.

    Diagramme en barres comparant la part de doctorants inscrits et diplômés par grand domaine disciplinaire en France — sciences exactes, sciences humaines, sciences du vivant, sciences de la société
    Illustration de la répartition des doctorants inscrits et des diplômés par grand domaine en France (2024-2025). Source de données : EESR n°19, SIES 2025.

    Part de doctorants étrangers : la France, pôle d’attraction doctoral

    Le doctorat français attire une proportion très élevée d’étudiants internationaux. En 2022-2023, 25 880 doctorants de nationalité étrangère étaient inscrits sur un total de 70 700, soit 37 % des effectifs (SIES / Campus France, Chiffres clés 2024). Ce taux dépasse la moyenne européenne (25 %) et place la France à égalité avec l’Irlande, légèrement derrière l’Autriche (39 %).

    L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la première zone géographique d’origine, devant l’Europe. En termes de diplôme d’accès, les données EESR n°19 indiquent que 80 % des primo-inscrits sont titulaires d’un diplôme français (master ou diplôme d’ingénieur) : la mobilité internationale au doctorat concerne donc principalement des étudiants qui ont effectué leurs études supérieures en France.

    Tendance à surveiller : le nombre de doctorants étrangers inscrits à l’université a reculé d’environ 15 % en cinq ans, passant de près de 24 000 à environ 20 000 entre 2018-2019 et 2023-2024 (Campus France 2024). Cette évolution interroge sur l’attractivité internationale du doctorat français dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes et asiatiques.

    Durée de la thèse par discipline (données SIES 2025)

    La durée réglementaire d’une thèse est fixée à 36 mois (3 ans) par les textes, avec possibilité d’extensions annuelles jusqu’à 6 ans en cas de contrat CIFRE, de situation de handicap, de thèse en cotutelle ou de circonstances exceptionnelles. La réalité statistique s’écarte sensiblement de ce cadre.

    En 2024, 42 % des docteurs diplômés ont soutenu en moins de 40 mois, en hausse de 4 points sur un an et proche du niveau d’avant-Covid (SIES Note Flash n°14, juin 2025). Autrement dit, une majorité de docteurs dépasse encore la durée réglementaire de 36 mois. La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois, soit environ 3 ans et demi à 4 ans et demi ; à l’autre extrémité, environ un diplômé sur dix soutient au-delà de 72 mois (EESR n°19, SIES 2025).

    Part des docteurs 2024 ayant soutenu en moins de 40 mois, par domaine (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; contraste disciplinaire d’après EESR n°19)
    Durée de la thèse Tous domaines Sciences exactes Sciences humaines
    Moins de 40 mois 42 % ≈ 58 % ≈ 11 %
    40 mois et plus 58 % ≈ 42 % ≈ 89 %

    Le contraste disciplinaire sur la tranche « moins de 40 mois » est saisissant : près de 58 % en sciences exactes contre à peine 11 % en sciences humaines. Cet écart tient à plusieurs facteurs structurels cumulatifs : le financement quasi-systématique des thèses en sciences exactes (qui permet de consacrer la totalité du temps à la recherche), la dépendance fréquente des doctorants SHS à une activité professionnelle parallèle, la nature des travaux en SHS (enquêtes de terrain longues, corpus documentaires étendus, conditions d’accès aux archives), et des cultures disciplinaires qui n’accordent pas la même valeur à la brièveté.

    Pour explorer comment organiser concrètement la rédaction d’une thèse, le guide complet du doctorat en France 2026 détaille les étapes depuis l’inscription jusqu’à la soutenance.

    Financement des doctorants : qui finance les thèses ?

    Le financement est le déterminant le plus puissant de la durée et de l’achèvement de la thèse. À la rentrée 2024-2025, 81 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement dédié — contre 79,2 % en 2023-2024 (SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19). Ce taux agrégé cache des disparités disciplinaires considérables.

    Principales sources de financement des primo-inscrits en doctorat — 2024-2025 (Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19)
    Type de financement Part des primo-inscrits
    Contrats doctoraux MESRE (ministère) 38,6 %
    Financement organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) 18,4 %
    Financements étrangers (co-financements internationaux) 11,2 %
    Contrats CIFRE (partenariat avec une entreprise privée) 9,4 %
    Autres financements (ANR, collectivités, fondations, etc.) ~3,4 %
    Sans financement dédié (avec ou sans activité salariée parallèle) ~19 %

    La disparité disciplinaire en matière de financement est l’une des plus prononcées du système d’enseignement supérieur français. En sciences exactes et applications, le taux de financement dépasse 97 % des primo-inscrits. En sciences humaines et humanités, il avoisine 50 % (données SIES 2023-2024). Cette inégalité structure directement le rythme de la thèse et la probabilité d’achèvement. Un doctorant non financé doit articuler son travail de recherche avec une activité professionnelle, ce qui allonge mécaniquement la durée de la thèse et accroît le risque d’abandon.

    Achèvement et abandon : ce que disent les données

    Les statistiques sur le taux d’achevement du doctorat sont moins systématiquement publiées que les effectifs ou les données de durée. Les études disponibles — analyses par cohorte du SIES, rapports HCERES et rapport Pommier-Lazarus — documentent un taux d’abandon significatif, particulièrement marqué en SHS et parmi les doctorants non financés. Cette dimension mérite un traitement à part entière, disponible dans l’article dédié : Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle.

    La distribution des durées présentée dans la section précédente offre un signal indirect : les thèses dépassant 72 mois ne sont pas toutes abandonnées, mais les analyses par cohorte de primo-inscrits montrent qu’une fraction non négligeable des doctorants inscrits ne parvient jamais à la soutenance — avec des taux qui varient fortement selon le domaine et la présence ou l’absence d’un financement. Pour situer le doctorat dans l’ensemble des diplômes de cycle long et comprendre la distinction fondamentale avec le master, voir le guide différence entre mémoire et thèse en 2026 sur fr.tesify.pro.

    FAQ — Le doctorat en France en chiffres

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans les 289 écoles doctorales françaises, dont 17 000 primo-inscrits (+3,2 % par rapport à 2023). L’effectif total est en légère baisse de 0,3 % sur un an et de 9,6 % par rapport à 2013. Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Combien de doctorats sont délivrés en France chaque année ?

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit −3 % par rapport au pic de 2023 (15 187 diplômes). Les sciences exactes représentent 48,4 % des diplômes (7 125), devant les sciences du vivant (3 362), les sciences humaines (2 499) et les sciences de la société (1 741). Source : SIES Note Flash n°14, juin 2025.

    Quelle est la durée médiane d’une thèse en France ?

    En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an). La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois. L’écart disciplinaire est considérable : environ 58 % des thèses en sciences exactes sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et humanités. Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19.

    Quelle proportion de doctorants en France sont étrangers ?

    En 2022-2023, 37 % des doctorants inscrits en France (25 880 sur 70 700) étaient de nationalité étrangère. Ce taux est en recul d’environ 15 % en cinq ans. Les principales zones d’origine sont l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe. Source : SIES / Campus France, Chiffres clés 2024.

    Quel est le taux de financement des doctorants en France ?

    81 % des primo-inscrits à la rentrée 2024-2025 bénéficient d’un financement dédié. Ce taux atteint plus de 97 % en sciences exactes mais tombe à environ 50 % en sciences humaines et humanités. Le principal mécanisme est le contrat doctoral MESRE (38,6 % des primo-inscrits), suivi du financement par les organismes de recherche (18,4 %). Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Quel domaine regroupe le plus de doctorants en France ?

    Les sciences exactes et applications concentrent 26 815 doctorants (38,6 % du total) à la rentrée 2024-2025, devant les sciences humaines et humanités (17 765, soit 25,6 %), les sciences du vivant (13 081, soit 18,8 %) et les sciences de la société (11 771, soit 17 %). Source : EESR n°19, SIES 2025.

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  • Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Moins d’un étudiant sur deux inscrit en première année de licence obtient son diplôme en trois ou quatre ans. Ce constat, posé par le SIES — sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) — dans sa Note Flash n° 2024-30 de novembre 2024, résume l’ampleur du défi que représente le taux d’abandon et de décrochage en licence en France en 2026. Derrière ce chiffre global se cachent des réalités très différentes selon la filière, le type de baccalauréat, le genre ou l’origine sociale. La session 2024 affiche néanmoins une légère progression du taux de passage en deuxième année, signe que les politiques d’orientation et d’accompagnement commencent à produire des effets — même si la Cour des comptes, dans son Rapport public annuel de mars 2025, qualifie encore ces politiques de « sans effet durable ».

    Cet article compile l’ensemble des statistiques officielles disponibles au premier semestre 2026 : taux de passage L1→L2, réussite en trois ou quatre ans, décomposition des parcours (passage, redoublement, réorientation), écarts disciplinaires et profils académiques. Toutes les données sont sourcées ; aucun chiffre n’est estimé.

    Résultat clé — taux abandon décrochage licence France statistiques 2026

    Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence générale en trois ou quatre ans — soit une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019. Le taux de passage L1→L2 pour les néo-bacheliers de la session 2024 atteint quant à lui 49,1 %, en hausse de 1,3 point.

    Taux de passage L1→L2 : la progression récente

    Le taux de passage des néo-bacheliers de la première en deuxième année de licence constitue l’indicateur de court terme le plus suivi par le MESR. Il mesure la proportion d’étudiants inscrits en L1 lors d’une session qui obtiennent leur passage en L2 — dans le même établissement ou dans un autre — l’année suivante.

    Après plusieurs années difficiles marquées par la crise sanitaire, cet indicateur repart à la hausse pour la deuxième session consécutive :

    Session Taux passage L1→L2 Variation Source
    Session 2022 44,0 % SIES
    Session 2023 47,8 % +3,8 pts SIES NF 2024-30
    Session 2024 49,1 % +1,3 pt SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, « Parcours et réussite en licence — résultats de la session 2024 », novembre 2024.

    Malgré deux hausses consécutives, ce taux reste inférieur à 50 % : un néo-bachelier inscrit en L1 en 2024 a donc statistiquement moins d’une chance sur deux de se retrouver en L2 à la rentrée suivante. L’écart entre la progression du taux de passage et la stagnation du taux de réussite global en 3 ou 4 ans constitue l’un des paradoxes centraux des statistiques de licence françaises.

    Réussite en 3 ou 4 ans : 40,3 % pour la promotion 2020

    L’indicateur de moyen terme par excellence est le taux de réussite en trois ou quatre ans : il mesure la proportion d’une cohorte de néo-bacheliers entrés en L1 qui ont finalement décroché une licence générale, dans le délai normal (3 ans) ou en incluant une année supplémentaire (4 ans).

    Pour la promotion 2020 — c’est-à-dire les étudiants qui ont commencé leur L1 à la rentrée 2020-2021, en pleine crise sanitaire — ce taux s’établit à 40,3 %, selon le SIES (novembre 2024). C’est une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019, qui avait affiché 45,7 %.

    Facteur COVID : La promotion 2020 a entamé sa L1 dans des conditions particulièrement dégradées (cours en ligne, isolement, accès limité aux ressources universitaires). Cette dégradation conjoncturelle explique en partie la baisse observée, sans remettre en cause la tendance structurelle.

    Promotion entrée en L1 Réussite en 3 ou 4 ans Source
    2019 (rentrée 2019-2020) 45,7 % SIES
    2020 (rentrée 2020-2021) 40,3 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 ; données promotion 2019 issues de la Note Flash précédente (SIES, novembre 2023).

    Ces chiffres incluent les licences professionnelles. Le taux pour les seules licences générales suit une tendance similaire. La Cour des comptes, dans son Rapport public annuel 2025, évalue le coût de cet échec en premier cycle à 534 millions d’euros par an et juge la politique de lutte contre l’abandon « sans effet durable à ce jour ».

    Décomposition des parcours en L1 : passage, redoublement, réorientation

    Illustration schématique des trois trajectoires des étudiants après la première année de licence : passage en L2, réorientation et sortie sans diplôme
    Schéma illustratif des trois grandes trajectoires en fin de première année de licence : passage en L2, réorientation vers une autre formation et sortie sans réinscription. Source des données : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    La compréhension du taux d’abandon en licence France impose de distinguer plusieurs trajectoires après la L1. Tous les étudiants qui ne passent pas directement en L2 ne « décrochent » pas au sens strict : une fraction se réoriente, une autre redouble.

    D’après la Note Flash SIES n° 2024-30, pour la session 2023 (dernière session avec données détaillées sur la réorientation) :

    • 47,8 % des néo-bacheliers passent en L2 (session 2023).
    • 19,7 % se réorientent vers une autre formation : parmi eux, environ 25 % rejoignent une section de technicien supérieur (STS/BTS) et plus de 40 % s’inscrivent dans une autre licence.
    • Le reste (environ 32 %) se répartit entre redoublement et sortie sans réinscription — incluant les abandons purs et les passages vers d’autres voies non recensées (apprentissage, formations privées, arrêt d’études).
    Trajectoire après la L1 (session 2023) Part des néo-bacheliers Source
    Passage en L2 47,8 % SIES NF 2024-30
    Réorientation (autre formation) 19,7 % SIES NF 2024-30
    Redoublement + sortie sans réinscription ~32,5 % Calculé par complémentarité

    Note : le SIES ne publie pas de chiffre unique distinguant redoublement et abandon pur dans la Note Flash 2024-30. Le solde de 32,5 % inclut les deux catégories.

    Sur la session 2024, le taux de redoublement en L1 a stagné (–0,6 point), après avoir progressé de 5,4 points cumulés lors des deux sessions précédentes. Cette stagnation constitue un signal légèrement positif, mais ne suffit pas à inverser la tendance de fond sur la réussite en 3 ou 4 ans.

    Le lien entre exercice d’une activité salariée et réussite à l’université est documenté : les étudiants travaillant plus de 16 heures par semaine voient leurs chances de validation de l’année baisser sensiblement, ce qui contribue aux taux de redoublement et de décrochage observés.

    Écarts par filière : psychologie en tête, langues et AES en retrait

    Le taux de réussite en 3 ou 4 ans varie considérablement selon la discipline. Le tableau ci-dessous présente les données pour la promotion 2020, issues de la Note Flash SIES de novembre 2024 :

    Filière Réussite 3 ou 4 ans (promotion 2020) vs moyenne nationale Source
    Psychologie 45,0 % +4,7 pts SIES NF 2024-30
    Droit et sciences politiques 43,3 % +3,0 pts SIES NF 2024-30
    Sciences économiques 43,2 % +2,9 pts SIES NF 2024-30
    Toutes disciplines (moyenne) 40,3 % SIES NF 2024-30
    Sciences – Santé 36,6 % –3,7 pts SIES NF 2024-30
    Administration économique et sociale (AES) 34,3 % –6,0 pts SIES NF 2024-30
    Langues 34,2 % –6,1 pts SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 — promotion 2020, réussite mesurée en sessions 2023 et 2024.

    L’écart entre la filière la plus performante (psychologie, 45 %) et la moins performante (langues, 34,2 %) atteint près de 11 points. En Sciences–Santé, la transition vers les études de médecine et de pharmacie — soumises depuis 2020 à une réforme du PASS/L.AS — complexifie l’interprétation : une partie des étudiants quitte la licence de sciences pour intégrer les formations de santé sans être comptabilisée comme diplômée de licence.

    Pour aller plus loin sur les profils par discipline, l’article Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 — taux de passage, réorientation et profils par discipline détaille les données de la session précédente.

    Profil baccalauréat, mention et origine sociale

    Les statistiques de réussite en licence révèlent des inégalités marquées selon le type de baccalauréat obtenu, la mention, le genre et le milieu social d’origine. Ces données, toutes issues de la Note Flash SIES n° 2024-30, portent sur la promotion 2020.

    Écart selon le type de baccalauréat

    Type de baccalauréat Réussite licence en 3 ou 4 ans Source
    Baccalauréat général 46,1 % SIES NF 2024-30
    Baccalauréat technologique 14,0 % SIES NF 2024-30
    Baccalauréat professionnel 6,5 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    Diagramme en barres illustrant l'écart de taux de réussite en licence selon le type de baccalauréat : bac général, bac technologique et bac professionnel
    Représentation schématique de l’écart de réussite en licence selon le type de baccalauréat. La hauteur relative des barres illustre les différences de trajectoire entre bac général, bac technologique et bac professionnel (données MESR-SIES, promotion 2020).

    L’écart entre titulaires d’un bac général (46,1 %) et d’un bac professionnel (6,5 %) atteint près de 40 points. Ce différentiel illustre la problématique de l’orientation vers la licence générale pour des profils dont le parcours scolaire est davantage orienté vers des formations courtes professionnalisantes (BTS, BUT, CFA). La Cour des comptes (RPA 2025) pointe ce mauvais appariement comme l’une des causes structurelles de l’échec en premier cycle.

    Mention au baccalauréat et genre

    La mention obtenue au baccalauréat est le prédicteur individuel le plus puissant de la réussite en licence :

    • Mention Très bien : 69,7 % de réussite en 3 ou 4 ans (–5 points vs promotion précédente).
    • Par genre : les femmes obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans dans 44,5 % des cas, contre 33,7 % pour les hommes — soit 10,8 points d’écart.

    Origine sociale

    Les inégalités sociales restent particulièrement marquées :

    Catégorie socioprofessionnelle Réussite en 3 ou 4 ans Source
    Milieu très favorisé (cadres) 51,3 % SIES NF 2024-30
    Milieu favorisé 48,8 % SIES NF 2024-30
    Milieu défavorisé (personnes sans emploi) 23,8 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    L’écart de plus de 27 points entre enfants de cadres (51,3 %) et enfants de personnes sans emploi (23,8 %) traduit un cumul de désavantages : contraintes financières obligeant souvent à travailler en parallèle des études, moindre accès à l’accompagnement pédagogique, et concentration dans les filières au taux de réussite le plus bas.

    Ces facteurs de risque psychosociaux — anxiété, isolement, charge de travail — sont également documentés dans l’analyse de la santé mentale des étudiants en contexte académique (données OVE, Nightline, ANR, 2026).

    Parcoursup et dispositif Oui-Si : quel bilan ?

    Depuis l’introduction de Parcoursup à la rentrée 2018, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur a progressivement permis une meilleure adéquation entre les profils des lycéens et les formations universitaires. Le taux de passage L1→L2 a progressé depuis lors, et le taux de réorientation a évolué : une fraction croissante d’étudiants en difficulté quitte la licence avant la fin de la première année pour rejoindre une formation mieux adaptée.

    Le dispositif Oui-Si, qui permet aux universités d’admettre des candidats avec des « oui avec conditions », est censé accompagner les profils les plus fragiles par des modules renforcés. Son bilan reste néanmoins mitigé : selon la Cour des comptes (Rapport public annuel 2025), la politique globale de prévention de l’échec en premier cycle reste « sans effet durable à ce jour », la licence générale souffrant d’un « sous-investissement » structurel en matière d’encadrement pédagogique.

    Paradoxe 2024 : le taux de passage L1→L2 remonte (49,1 %) mais le taux de réussite en 3 ou 4 ans baisse (40,3 %). L’explication tient en partie au profil des étudiants qui passent en L2 grâce à Parcoursup : mieux orientés à l’entrée, ils ont davantage de chances de passer la première année — mais les effets covid sur la cohorte 2020 pèsent encore sur le taux de diplomation final.

    À noter : les étudiants qui ont finalement décroché leur licence peuvent s’interroger sur les débouchés professionnels. Le taux d’abandon en thèse de doctorat en France (données 2026) montre que les difficultés de persévérance ne s’arrêtent pas à la licence et touchent aussi les cycles supérieurs.

    Questions fréquentes sur le décrochage et l’abandon en licence

    Quel est le taux d’abandon en licence en France en 2026 ?

    Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence en 3 ou 4 ans — ce qui signifie que près de 60 % n’ont pas décroché leur diplôme dans les délais. Ce chiffre inclut les étudiants ayant redoublé, ceux qui se sont réorientés et ceux qui ont abandonné. Le taux de passage direct en L2 (session 2024) est quant à lui de 49,1 %.

    Quelle filière a le meilleur taux de réussite en licence ?

    Pour la promotion 2020 (SIES, novembre 2024), la filière psychologie affiche le meilleur taux de réussite en 3 ou 4 ans (45,0 %), suivie par le droit et les sciences politiques (43,3 %) et les sciences économiques (43,2 %). Les langues (34,2 %) et l’AES (34,3 %) enregistrent les taux les plus bas.

    Les bacheliers technologiques et professionnels réussissent-ils leur licence ?

    Les taux de réussite sont très faibles pour ces profils : 14,0 % pour les bacheliers technologiques et 6,5 % pour les bacheliers professionnels (SIES NF 2024-30, promotion 2020), contre 46,1 % pour les titulaires d’un baccalauréat général. Ces filières sont davantage orientées vers des formations courtes (BTS, BUT, apprentissage), mieux adaptées à leurs acquis.

    Combien d’étudiants se réorientent après la L1 ?

    Sur la session 2023, 19,7 % des néo-bacheliers ayant suivi une L1 se sont réorientés vers une autre formation à l’issue de leur première année (SIES NF 2024-30). Parmi eux, environ 25 % ont rejoint une STS/BTS et plus de 40 % ont opté pour une autre licence dans un champ disciplinaire différent.

    Quel est le coût de l’échec en licence pour la société française ?

    La Cour des comptes évalue le coût de l’échec en premier cycle universitaire à 534 millions d’euros par an (Rapport public annuel 2025, mars 2025). Ce chiffre inclut les ressources publiques consacrées aux étudiants qui ne valident pas leur licence ou se réorientent après un ou plusieurs semestres infructueux.

    Parcoursup a-t-il réduit le décrochage en licence ?

    Parcoursup a contribué à améliorer le taux de passage L1→L2, qui a progressé depuis la rentrée 2018 et atteint 49,1 % à la session 2024. En revanche, le taux de réussite en 3 ou 4 ans reste en baisse (40,3 % pour la promotion 2020). La Cour des comptes (RPA 2025) juge que la politique de lutte contre l’échec en premier cycle reste « sans effet durable », notamment faute d’encadrement suffisant dans les licences générales.

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  • Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Sur les 69 600 étudiants inscrits en doctorat en France à la rentrée 2023-2024, une proportion significative ne déposera jamais sa thèse. Les statistiques officielles sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France restent peu centralisées, mais les données du SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, MESR), les rapports d’évaluation du HCERES et le rapport Pommier-Lazarus de novembre 2024 permettent désormais de dresser un tableau précis. Cet article compile l’ensemble des données disponibles : taux d’abandon par discipline, durée réelle de la thèse, effet du financement et facteurs humains qui précipitent le décrochage.

    Résultat clé

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), soit un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Ce taux varie fortement selon la discipline et le financement : inférieur à 5 % dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées, il peut dépasser 30 % en sciences humaines et sociales lorsque les doctorants ne bénéficient d’aucun financement dédié. La durée réelle de la thèse s’étend de moins de 40 mois en sciences exactes à plus de 72 mois en SHS.

    Panorama des effectifs doctoraux 2023-2024

    Le doctorat français est en contraction structurelle depuis plus d’une décennie. À la rentrée 2023-2024, le MESR/SIES dénombre 69 600 inscrits en doctorat, soit une baisse de 1,5 % en un an et de 11,2 % par rapport à la rentrée 2012. Le nombre de primo-inscrits recule de 13,6 % sur la même période, même si la rentrée 2023-2024 enregistre un rebond de +4,6 % avec 16 500 nouveaux doctorants — signe que la désaffection n’est pas irréversible.

    Effectifs doctoraux par champ disciplinaire — rentrée 2023-2024 (Source : MESR/SIES, EESRI n°18)
    Champ disciplinaire Inscrits Part du total
    Sciences exactes et applications 26 332 37,8 %
    Sciences humaines et humanités 17 980 25,8 %
    Sciences du vivant 13 026 18,7 %
    Sciences de la société 12 301 17,7 %
    Total 69 600 100 %

    Côté résultats, le bilan est plus encourageant : 15 187 diplômes de doctorat ont été conférés en 2023, un record absolu (+9,6 % par rapport à 2022, +2,6 % par rapport à 2012), en partie grâce au rattrapage post-pandémie. Les hausses les plus marquées concernent les sciences agronomiques (+20,8 %), les sciences exactes (+20,2 %) et les sciences du vivant (+14,8 %). À l’inverse, les sciences humaines et sociales affichent un léger recul de −2,2 % du nombre de primo-inscrits.

    Taux d’abandon en thèse de doctorat : ce que disent les données nationales

    La mesure centralisée du taux d’abandon en thèse de doctorat en France reste lacunaire. Le MESR ne publie pas de taux national consolidé d’attrition : les données disponibles proviennent des enquêtes SIES sur les promotions de nouveaux docteurs, des rapports d’évaluation HCERES portant sur les écoles doctorales et des travaux de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). La synthèse de ces sources permet néanmoins de dégager des ordres de grandeur solides.

    La donnée la plus synthétique disponible est le taux de réussite estimé à 87 % pour 2023-2024 (SIES), ce qui implique un taux d’abandon global d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle doctoral toutes disciplines confondues.

    Ce que révèlent les évaluations HCERES école doctorale par école doctorale

    Dans leurs rapports d’évaluation des écoles doctorales, les comités d’experts du HCERES documentent systématiquement les taux d’abandon. L’analyse croisée de ces rapports individuels met en évidence une amélioration tendancielle significative :

    • Taux moyen d’abandon estimé à 12,1 % pour les promotions entrantes en 2017-2018
    • Ramené à 6,3 % pour les promotions entrantes en 2021-2022
    • Moyenne consolidée sur la période évaluée : environ 8,6 %
    • Dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées : taux fréquemment inférieurs à 5 %
    • Dans les disciplines peu financées : taux pouvant dépasser 30 %
    Point méthodologique : attention à l’interprétation des chiffres bruts

    Une fraction des abandons officiellement comptabilisés correspond à des doctorants qui ont trouvé un emploi avant la soutenance — notamment via des conventions CIFRE en entreprise ou des recrutements en collectivités. Dans certaines écoles doctorales évaluées par le HCERES, ce motif représente la moitié des sorties sans diplôme. Le taux d’abandon « subi » — véritablement involontaire — est donc structurellement inférieur aux chiffres bruts présentés dans les rapports.

    Durée réelle de la thèse par discipline

    L’arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale fixe à trois ans en équivalent temps plein la durée normale de préparation d’une thèse. La réalité statistique s’éloigne sensiblement de cette norme selon la discipline, le type de financement et le contexte institutionnel.

    Durée réelle de la thèse par discipline — promotions 2023 (Source : MESR/SIES)
    Discipline Part terminant en < 40 mois Part dépassant 72 mois Profil type
    Sciences exactes et applications 37,6 % Faible Contrat doctoral 3 ans
    Sciences du vivant 40,5 % Faible Contrat doctoral 3–4 ans
    Sciences humaines et sociales < 14 % 37,3 % Souvent sans financement dédié
    Toutes disciplines 38 % ~10 %

    Le contraste est saisissant : en sciences du vivant et en sciences exactes, les doctorants financés terminent leur thèse avec une régularité proche du calendrier légal. En SHS, plus de 8 doctorants sur 10 ne respectent pas les 40 mois réglementaires, et plus d’un tiers mettent plus de six ans. La corrélation avec le financement est directe : seuls 4 doctorants en SHS sur 10 bénéficient d’un contrat doctoral ou d’une allocation dédiée, contre 7 sur 10 en moyenne nationale (données AEF info / SIES).

    La comparaison dans le temps confirme une légère dégradation post-pandémie : la proportion de doctorants soutenant en moins de 40 mois était de 43 % pour la promotion 2016 (contre 38 % en 2023), en lien avec les reports de soutenance contraints par la crise sanitaire de 2020.

    Le financement, premier déterminant de la réussite doctorale

    Le lien entre financement et probabilité d’aller au bout de la thèse est la donnée la plus robuste et la plus constamment documentée de la littérature sur le doctorat français. Le rapport Pommier-Lazarus (novembre 2024), commandé par les ministres chargés de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’industrie, consolide cette démonstration avec des données récentes.

    Financement des primo-inscrits en doctorat par discipline — 2023-2024 (Source : Rapport Pommier-Lazarus / MESR)
    Discipline Taux de financement dédié Part combinant thèse et emploi Sans financement ni emploi
    Sciences exactes et applications 97,1 % 3 % Marginal
    Sciences du vivant 85,3 % 15 % Rare
    Sciences humaines et sociales 50,9 % 30 % ~20 %
    Toutes disciplines 79,2 % 14 % 6,5 %

    Ce taux global de 79,2 % de primo-inscrits financés représente une amélioration notable par rapport à 2012 (68,1 %), soit un gain de 11 points en une décennie. La structure du financement se décompose ainsi pour 2023-2024 (MESR/SIES) :

    • Contrats doctoraux MESR : 40,8 % des financements
    • Organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) : 16,9 %
    • Conventions CIFRE (industrie) : 9,9 %
    • Financement par un établissement étranger : 10,6 %

    La conséquence directe sur l’abandon : selon les rapports d’évaluation HCERES, dans les disciplines où le financement est la norme, les abandons restent l’exception. À l’inverse, parmi les doctorants en SHS sans financement ni emploi régulier — environ 20 % de cette population —, le risque de décrochage est le plus élevé.

    Causes de l’abandon : encadrement, isolement et précarité financière

    Au-delà du financement, la décision d’abandonner la thèse est multifactorielle. Les travaux publiés dans la Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur (OpenEdition) et les enquêtes de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) identifient trois catégories de déterminants qui s’alimentent mutuellement.

    La relation d’encadrement : facteur protecteur ou déclencheur

    La qualité de la relation entre le doctorant et son directeur de thèse constitue le premier déterminant non financier du parcours doctoral. Une direction claire, un retour régulier sur les travaux et une capacité à sortir le doctorant de l’isolement intellectuel réduisent considérablement le risque d’abandon. À l’inverse, une supervision défaillante — consignes floues, indisponibilité chronique, conflits interpersonnels — figure parmi les premiers motifs explicitement mentionnés dans les études qualitatives françaises sur le décrochage doctoral.

    La charte d’intégrité scientifique en thèse, rendue obligatoire par le décret du 26 août 2022, encadre désormais les obligations mutuelles entre le doctorant, son directeur et son institution. Elle prévoit notamment des formations obligatoires à l’éthique de la recherche — une mesure qui contribue à clarifier les attendus du parcours doctoral et à réduire les malentendus susceptibles de mener à l’abandon.

    Isolement social et santé mentale : une problématique documentée

    Le doctorat est structurellement une expérience solitaire, particulièrement en SHS où les doctorants travaillent souvent en dehors des grands laboratoires collectifs. Le Réseau National des Collèges Doctoraux (RNCD) indique que, parmi les doctorants inscrits en 2022-2023, 54 % se déclaraient exposés au stress. Cette prévalence est cohérente avec des données comparatives publiées dans la littérature internationale en sciences de l’éducation, qui montrent que les doctorants présentent des niveaux de vulnérabilité psychologique significativement plus élevés que des salariés de niveau de qualification comparable.

    Les variables les plus corrélées à la dégradation du bien-être incluent l’isolement social, la difficulté à maintenir une vie en dehors de la thèse et le sentiment de stagnation face aux exigences de production scientifique. Ces facteurs se cumulent chez les doctorants précaires qui combinent rédaction et activité salariée à temps plein. Les enquêtes récentes sur les usages numériques montrent par ailleurs que les étudiants chercheurs intègrent progressivement des outils d’IA dans leur pratique de recherche documentaire et de rédaction — une évolution dont les implications sur les pratiques académiques sont suivies de près, comme en témoignent les statistiques sur l’utilisation de l’IA par les étudiants en 2026 (fr.tesify.pro).

    Précarité financière et travail contraint

    Pour les doctorants sans financement dédié, la thèse se rédige en parallèle d’une activité professionnelle souvent incompatible avec le rythme de la recherche. Les données de l’enquête OVE 2020 (n = 636 doctorants) montrent que 80 à 90 % des doctorants en situation de travail occasionnel déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins mensuels — un signal fort de précarité structurelle qui pèse directement sur la motivation à poursuivre.

    Les statistiques sur la mobilité étudiante internationale en France 2026 illustrent un contraste révélateur : les doctorants bénéficiant de co-tutelles ou de financements internationaux accèdent à des structures d’encadrement diversifiées qui atténuent ces risques. Pourtant, les inscriptions en co-tutelle internationale ont elles aussi reculé à 931 primo-inscrits en 2023-2024, niveau le plus bas depuis 2012 selon le MESR/SIES — une convergence préoccupante de plusieurs indicateurs négatifs.

    Tendances 2026 et perspectives

    Une contraction structurelle des effectifs qui se confirme

    La France a perdu 18 % de nouveaux inscrits en doctorat entre 2010 et 2022 (AEF info / MESR). Si le rebond de rentrée 2023-2024 est encourageant, il ne compense pas la tendance de fond. La désaffection est particulièrement marquée en sciences humaines, où le déficit chronique de financement, la durée allongée des thèses et des perspectives d’insertion académique limitées se cumulent pour décourager les vocations.

    La professionnalisation du doctorat comme réponse structurelle

    Le rapport Pommier-Lazarus (2024) formule dix recommandations pour améliorer la reconnaissance et la valorisation du doctorat en entreprise, notamment en augmentant la part des docteurs parmi les chercheurs et ingénieurs du secteur privé. L’objectif est d’élargir les débouchés pour réduire le sentiment d’impasse qui pousse certains doctorants à l’abandon — en particulier ceux dont les perspectives académiques s’avèrent étroites.

    La vague E du HCERES : un suivi renforcé à partir de 2026

    La vague E des évaluations HCERES (2026), portant sur les universités d’Île-de-France et des Hauts-de-France, renforce le suivi des taux de complétion et des délais de soutenance dans son référentiel d’évaluation des formations doctorales. Les écoles doctorales concernées devront documenter plus précisément leurs dispositifs d’accompagnement des doctorants en difficulté — ce qui améliorera la disponibilité des données nationales d’ici 2027. Pour repérer les écoles doctorales par discipline et établissement, l’annuaire des écoles doctorales en France par discipline 2026 constitue un point d’entrée structuré.

    La valorisation de l’archive ouverte comme levier de visibilité

    Dans ce contexte de contraction, rendre visibles ses travaux doctoraux prend une importance accrue, y compris pour les doctorants qui n’iront pas jusqu’à la soutenance. Le dépôt en archive ouverte nationale — dont le guide pratique est détaillé dans HAL/DUMAS : publier son mémoire étape par étape 2026 — permet d’assurer la diffusion et de valoriser une contribution scientifique partielle le cas échéant.

    À titre comparatif, les taux d’abandon à l’université en France au niveau licence et master présentent un profil différent — concentrés en première année de licence, souvent liés à l’orientation plutôt qu’à la précarité — mais les facteurs financiers et d’accompagnement restent des constantes à tous les niveaux du cycle universitaire.

    Questions fréquentes sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France

    Quel est le taux d’abandon moyen en thèse de doctorat en France ?

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), ce qui correspond à un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Les rapports d’évaluation HCERES sur les écoles doctorales documentent une amélioration notable : de 12,1 % pour les promotions 2017-2018 à 6,3 % pour les promotions 2021-2022, avec une moyenne consolidée d’environ 8,6 %.

    Quelle discipline enregistre le plus fort taux d’abandon en doctorat ?

    Les sciences humaines et sociales (SHS) enregistrent les taux d’abandon les plus élevés. Avec seulement 50,9 % des primo-inscrits bénéficiant d’un financement dédié (contre 97,1 % en sciences exactes), les doctorants en SHS sont contraints de combiner thèse et activité salariée, ce qui allonge la durée et multiplie le risque de décrochage. Dans les écoles doctorales en SHS sans financement structurel, les taux d’abandon peuvent dépasser 30 %.

    Combien de temps dure réellement une thèse de doctorat en France ?

    La durée légale est de trois ans (arrêté du 25 mai 2016). En pratique, en sciences exactes, 37,6 % des doctorants soutiennent en moins de 40 mois ; en sciences du vivant, 40,5 %. En SHS, plus de 37 % mettent plus de 72 mois (six ans) et moins de 14 % terminent dans les 40 mois réglementaires. Toutes disciplines confondues, 38 % des docteurs de la promotion 2023 ont soutenu en moins de 40 mois (MESR/SIES).

    Quelles sont les principales causes d’abandon d’une thèse de doctorat ?

    Les principales causes documentées sont : (1) la précarité financière — absence de contrat doctoral ou de financement dédié ; (2) les problèmes d’encadrement — indisponibilité du directeur, consignes floues, conflits relationnels ; (3) l’isolement social et les difficultés de santé mentale (54 % des doctorants se déclarent exposés au stress, enquête RNCD 2022-2023) ; (4) un marché académique étroit qui décourage la poursuite au-delà des premières années d’inscription.

    Le taux d’abandon en doctorat augmente-t-il ou diminue-t-il en France ?

    Les données HCERES suggèrent une tendance à la baisse du taux d’abandon : de 12,1 % (promotions 2017-2018) à 6,3 % (promotions 2021-2022). Cette amélioration s’explique en partie par la hausse du taux de financement des primo-inscrits, passé de 68,1 % en 2012 à 79,2 % en 2023-2024. La contraction globale des effectifs doctoraux (−11,2 % entre 2012 et 2023) signale néanmoins une désaffection structurelle qui dépasse la seule question de l’abandon en cours de thèse.

    Que se passe-t-il si on abandonne sa thèse en cours de route ?

    Un abandon n’est pas irréversible. Plusieurs options sont prévues par la réglementation française : la suspension d’inscription (accordée par le chef d’établissement, notamment pour raisons médicales ou familiales), le transfert vers un autre établissement avec un nouvel encadrement, ou l’interruption temporaire avec reprise ultérieure. Les travaux produits — articles publiés, chapitres rédigés — peuvent par ailleurs être valorisés indépendamment de la soutenance finale.

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  • BTS et BUT en France 2024-2025 : effectifs, taux d’insertion à 6 mois et débouchés par filière

    BTS et BUT en France 2024-2025 : effectifs, taux d’insertion à 6 mois et débouchés par filière

    BTS et BUT en France 2024-2025 : effectifs, taux d’insertion à 6 mois et débouchés par filière

    En janvier 2025, 62 % des apprentis de niveau BTS étaient en emploi salarié six mois après leur sortie d’études, contre seulement 41 % pour la voie scolaire — un écart de 21 points qui résume à lui seul les enjeux du choix de filière. Ces chiffres, issus des enquêtes croisées de la DEPP, de la DARES et du dispositif InserJeunes sur la promotion 2024, s’inscrivent dans un contexte d’effectifs en légère transformation : la voie scolaire recule dans les STS, le BUT poursuit sa montée en puissance, et l’apprentissage dans le supérieur franchit le cap des 657 000 apprenants. Ce tableau de bord statistique compile les données officielles disponibles à ce jour pour les candidats, les familles et les conseillers d’orientation.

    Résultat clé
    À la rentrée 2024-2025, 217 700 étudiants sont inscrits en STS sous statut scolaire et 147 900 en IUT pour un BUT. Six mois après la sortie de la promotion 2024, le taux d’emploi salarié atteint 41 % (voie scolaire, CAP-BTS) et 62 % (apprentissage, CAP-BTS) selon la DEPP/DARES. Le BUT affiche 69,2 % d’emploi salarié un an après le diplôme pour sa première promotion (SIES, déc. 2025).

    Effectifs STS-BTS 2024-2025 : voie scolaire et apprentissage

    Les sections de technicien supérieur (STS), qui délivrent le brevet de technicien supérieur (BTS), demeurent la filière courte post-bac la plus peuplée de France. À la rentrée 2024-2025, le SIES recense 217 700 étudiants sous statut scolaire, un effectif en recul de 0,8 % par rapport à 2023-2024. Cette baisse touche principalement le secteur privé (-2,6 %), tandis que les inscriptions dans les établissements publics restent stables.

    Du côté de l’apprentissage, la dynamique reste structurellement positive, mais le rythme ralentit. Au 31 décembre 2024, 657 900 apprentis étudient dans l’enseignement supérieur, en hausse de 3 % sur un an. Près de trois sur dix sont inscrits en STS, soit environ 190 000 apprentis préparant un BTS. Conséquence directe : moins de la moitié des étudiants en STS suivent désormais leur formation en apprentissage, une proportion en légère progression depuis dix ans.

    Tableau 1 — Effectifs STS (BTS) à la rentrée 2024-2025
    Voie de formation Effectif estimé Évolution 2023-2024
    Voie scolaire (STS sous statut scolaire) 217 700 −0,8 %
    Apprentissage (STS en alternance) ~190 000 +3 % (supérieur global)
    Total toutes voies (estimation) ~408 000

    Sources : SIES, Note Flash n°2025-25 (oct. 2025) ; SIES, Note Flash n°2025-21 (sept. 2025) — apprentissage dans l’enseignement supérieur en 2024. L’effectif apprentissage STS est une estimation issue du ratio « près de 3 sur 10 » appliqué au total de 657 900.

    Il est à noter que la session 2024 du BTS a enregistré 193 400 candidats, en hausse de 3,7 % par rapport à l’année précédente, avec un taux de réussite de 74,7 %, légèrement en retrait de 0,8 point. Ces deux indicateurs — effectifs inscrits et candidats à l’examen — ne se confondent pas : une partie des inscrits en STS prépare le diplôme sur deux ans sans se présenter à la session intermédiaire.

    Effectifs BUT en IUT : la première vague complète

    Le bachelor universitaire de technologie (BUT), qui a remplacé le DUT en 2021, entre dans une phase de maturité. À la rentrée 2024-2025, 147 900 étudiants sont inscrits en IUT pour préparer un BUT, soit une progression de +1,7 % par rapport à 2023-2024. C’est aussi la première rentrée permettant d’observer une cohorte complète sur les trois années du cycle, après l’ouverture de la troisième année en 2023.

    Deux signaux contrastés méritent attention :

    • Les nouveaux entrants (BUT1) augmentent de +2,5 % — signe d’un attrait croissant pour la filière.
    • Les inscriptions en deuxième année (BUT2) reculent légèrement de −0,9 %, probablement sous l’effet de réorientations ou de redoublements.

    Parmi les nouveaux entrants, plus de quatre sur dix sont des bacheliers technologiques, ce qui confirme la vocation initiale de cette filière. Du côté de l’apprentissage en IUT, le nombre d’apprentis progresse de +3 % en 2024, une dynamique plus mesurée que les années précédentes mais qui porte la part des apprentis à 26 % des étudiants en IUT.

    Tableau 2 — Effectifs BUT (IUT) à la rentrée 2024-2025
    Indicateur Valeur Évolution
    Total inscrits en BUT (IUT) 147 900 +1,7 %
    Nouveaux entrants BUT1 n.d. +2,5 %
    Inscrits BUT2 n.d. −0,9 %
    Part des apprentis en IUT 26 % +3 %
    Bacheliers technologiques parmi les nouveaux entrants >40 %

    Source : SIES, page « Étudiants inscrits en BUT en 2024-2025 » — enseignementsup-recherche.gouv.fr (données publiées en 2025).

    Insertion à 6 mois — voie scolaire (promotion 2024)

    Le dispositif InserJeunes, piloté conjointement par la DEPP et la DARES, mesure chaque année la situation des sortants de la voie professionnelle six mois après leur diplôme. Pour la promotion 2024 (sortie en juin 2024, situation observée en janvier 2025) :

    • Parmi les lycéens professionnels et étudiants de niveau CAP à BTS ne poursuivant pas d’études, 41 % sont en emploi salarié.
    • Ce taux est en recul de 3,7 points par rapport à la génération précédente, en lien avec le ralentissement du marché du travail français.

    Ce chiffre de 41 % couvre l’ensemble des niveaux CAP à BTS voie scolaire. Pour les seuls diplômés de BTS voie scolaire, les données de l’outil InserJeunes par spécialité indiquent des résultats variables. À titre d’illustration, le BTS Management Commercial Opérationnel affiche 60 % d’emploi salarié six mois après la sortie, toutes voies confondues, selon les données cumulées des sessions 2022-2023 et 2023-2024 publiées sur inserjeunes.education.gouv.fr.

    Le recul du taux d’insertion à l’échelle nationale ne doit pas masquer la diversité des résultats selon les spécialités : les BTS à forte composante technique ou de services à la personne résistent mieux que les filières tertiaires généralistes face à un marché du travail plus sélectif.

    Insertion à 6 mois — apprentissage (promotion 2024)

    Les apprentis de niveau CAP à BTS sortis en 2024 affichent un taux d’emploi salarié de 62 % en janvier 2025, soit six mois après leur sortie d’études. Ce résultat se décompose en 58 % dans le secteur privé et environ 3 % dans le secteur public. Il est en recul de 4 points par rapport à la génération précédente (66 % en 2023), un repli significatif mais qui maintient l’écart avec la voie scolaire à 21 points.

    Parmi les spécialités BTS en apprentissage qui affichent les meilleurs taux d’emploi salarié à 6 mois pour la promotion 2024, on peut citer :

    • Mécanique et structures métalliques : 70 %
    • Services aux personnes / sanitaire et social : 69 %
    • Transport, manutention, magasinage : 68 %

    Un élément structurel à intégrer dans l’analyse : 39 % des apprentis en dernière année de formation de niveau BTS (année scolaire 2023-2024) sont toujours en études en 2025, en poursuite d’études — un taux en hausse de 1,8 point. Autrement dit, une proportion croissante d’apprentis BTS choisit de continuer vers un Bachelor, une licence professionnelle ou un cycle ingénieur plutôt que d’entrer directement sur le marché du travail. Ce phénomène explique en partie la légère baisse du taux d’insertion : les sortants effectifs sont de plus en plus ceux qui n’ont pas trouvé de poursuite d’études, une sélection qui peut influer sur les résultats.

    Insertion des diplômés BUT 2024 : première mesure officielle

    La Note Flash SIES n°2025-35 (publiée le 19 décembre 2025) livre les premiers résultats d’insertion pour la promotion BUT 2024, celle qui a obtenu le premier diplôme de three-year cycle complet. Le taux d’emploi salarié en France, mesuré un an après l’obtention du diplôme, s’établit à 69,2 % pour les diplômés ne poursuivant pas d’études. Ce chiffre se situe nettement au-dessus du taux BTS voie scolaire à 6 mois, avec une mesure à horizon temporel différent (12 mois vs 6 mois), ce qui rend la comparaison directe impossible mais illustre le positionnement du BUT sur le marché de l’emploi.

    Le clivage le plus marquant concerne le secteur de spécialité :

    Tableau 3 — Taux d’emploi salarié des diplômés BUT 2024 (1 an après le diplôme)
    Secteur de spécialité Taux d’emploi salarié
    Production (chimie, génie industriel, maintenance…) 78,7 %
    Services (gestion, informatique, communication…) 62,6 %
    Toutes spécialités (moyenne) 69,2 %

    Source : SIES, Note Flash n°2025-35, « Le taux d’emploi salarié en France des diplômés 2024 de BUT », publiée le 19 décembre 2025.

    L’analyse par genre révèle une légère avance des femmes sur l’insertion globale (69,6 % contre 68,9 % pour les hommes). En revanche, les hommes décrochent plus fréquemment un contrat à durée indéterminée (CDI) : 58,4 % contre 45,7 % pour les femmes. L’écart de type de contrat reflète la concentration des femmes dans les spécialités de services, où les CDD et contrats courts sont plus courants.

    Comparatif par grandes familles de filières

    Pour synthétiser les données disponibles et orienter les choix, le tableau suivant rapproche les indicateurs clés selon la filière et la voie de formation. Les horizons de mesure diffèrent (6 mois pour BTS, 12 mois pour BUT), ce qui empêche toute comparaison stricte mais donne une image d’ensemble fiable.

    Tableau 4 — Synthèse des indicateurs BTS / BUT 2024-2025
    Filière / Voie Effectifs 2024-2025 Taux emploi salarié Horizon mesure
    BTS voie scolaire (STS) 217 700 41 % 6 mois (promo 2024)
    BTS apprentissage (STS) ~190 000 62 % 6 mois (promo 2024)
    BUT (IUT) — Production 147 900 (total) 78,7 % 12 mois (promo 2024)
    BUT (IUT) — Services 62,6 % 12 mois (promo 2024)
    BUT (IUT) — toutes spécialités 147 900 69,2 % 12 mois (promo 2024)

    Ces données s’inscrivent dans un contexte plus large de l’enseignement supérieur français. Pour une vision d’ensemble des effectifs et tendances par filière à la rentrée 2026-2027, voir l’article Chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027.

    📊
    InserJeunes — Portail officiel des taux d’insertion BTS/BUT

    Le portail InserJeunes (DEPP/Éducation nationale) permet de consulter les taux d’emploi salarié par spécialité de BTS ou de BUT, par établissement et par région. Les données sont mises à jour annuellement et présentent les indicateurs à 6 mois pour la voie scolaire comme pour l’apprentissage.

    Consulter InserJeunes →

    Source : InserJeunes — Dispositif DEPP/DARES, Ministère de l’Éducation nationale

    Les sources officielles à consulter pour des données actualisées :

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    FAQ

    Combien d’étudiants sont inscrits en BTS en France en 2024-2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, les sections de technicien supérieur (STS) accueillent 217 700 étudiants sous statut scolaire, en baisse de 0,8 % par rapport à la rentrée précédente. En ajoutant les apprentis en STS (environ 190 000), le total dépasse 400 000 personnes en formation BTS toutes voies confondues. Ces chiffres proviennent des publications SIES du ministère de l’Enseignement supérieur.

    Quel est le taux d’insertion à 6 mois après un BTS en voie scolaire ?

    Pour la promotion 2024, 41 % des diplômés de niveau CAP à BTS en voie scolaire ne poursuivant pas d’études sont en emploi salarié en janvier 2025, soit six mois après leur sortie. Ce taux est en recul de 3,7 points par rapport à la génération précédente, en lien avec le ralentissement du marché du travail. Source : DEPP/Éducation nationale, Note d’Information 2025.

    Quel est le taux d’insertion à 6 mois après un BTS en apprentissage ?

    Les apprentis de niveau CAP à BTS de la promotion 2024 affichent un taux d’emploi salarié de 62 % en janvier 2025 (six mois après leur sortie). Ce taux est en recul de 4 points par rapport à la génération précédente (66 % en 2023) mais reste supérieur de 21 points à la voie scolaire. Source : DEPP/DARES, InserJeunes 2024.

    BTS en alternance ou en voie scolaire : quelle voie choisir ?

    Sur le critère de l’insertion à 6 mois, l’alternance est nettement plus favorable : 62 % en emploi salarié contre 41 % pour la voie scolaire, soit un écart de 21 points (données DEPP/DARES, promotion 2024). L’apprentissage apporte aussi une expérience professionnelle directe et une rémunération pendant la formation. La voie scolaire reste un point d’entrée accessible lorsque la recherche d’une entreprise d’accueil est difficile, notamment dans certaines spécialités ou zones géographiques peu pourvues en offres d’alternance.

    Combien d’étudiants sont inscrits en BUT en 2024-2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, 147 900 étudiants sont inscrits en IUT pour préparer un BUT, en hausse de 1,7 % par rapport à 2023-2024. Les nouveaux entrants augmentent de 2,5 % tandis que les inscriptions en deuxième année reculent légèrement (-0,9 %). Plus de quatre nouveaux entrants sur dix sont des bacheliers technologiques. Source : SIES, MESRI, 2025.

    Quel est le taux d’insertion des diplômés de BUT en 2024 ?

    Le taux d’emploi salarié en France de la première promotion de diplômés BUT 2024 (hors poursuite d’études) atteint 69,2 % un an après le diplôme. Les diplômés de spécialités de production s’insèrent davantage (78,7 %) que ceux des spécialités de services (62,6 %). Source : SIES, Note Flash n°2025-35, décembre 2025.

    Quelle est la part d’apprentis dans les STS et les IUT en 2024 ?

    Au 31 décembre 2024, 657 900 apprentis poursuivent une formation dans l’enseignement supérieur. Parmi eux, environ trois sur dix sont en STS (soit ~190 000 apprentis BTS). En IUT, la part des apprentis représente 26 % des étudiants inscrits en BUT. Source : SIES, Note Flash n°2025-21, septembre 2025.

    Les diplômés de BUT peuvent-ils poursuivre vers un cycle ingénieur ?

    Oui. Le BUT a été conçu pour faciliter les passerelles vers les écoles d’ingénieurs et les licences professionnelles. Le taux d’insertion de 69,2 % mesuré par le SIES ne concerne que les diplômés ne poursuivant pas d’études : une fraction significative de la promotion 2024 a donc continué vers un cycle ingénieur ou une licence pro, ce qui n’est pas comptabilisé dans ce taux d’insertion.

  • Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    En France, 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance, selon la Note Flash SIES n°25 publiée en septembre 2024. Ce chiffre global masque des réalités très différentes selon la discipline, la nationalité et le secteur d’activité. Les docteurs en sciences et ingénierie affichent des taux d’emploi proches de 95 %, quand leurs homologues en sciences de la vie peinent à décrocher un poste stable dans les douze premiers mois. L’enquête IPDoc, conduite par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, offre la photographie la plus complète à ce jour de l’entrée sur le marché du travail après le doctorat.

    Comprendre ces chiffres intéresse autant les doctorants en cours de thèse que les directeurs d’école doctorale et les responsables RH. Car derrière le taux d’emploi global se cache une dichotomie structurelle : l’emploi académique reste très précaire à court terme (seulement 45 % de postes stables dans le secteur public-académique à un an), tandis que le secteur privé offre de meilleures conditions de stabilité immédiate, notamment pour les profils scientifiques et d’ingénierie.

    Résultat clé
    À un an, 89 % des docteurs français 2020 sont en emploi, dont 49 % dans le secteur académique. Seulement 49 % occupent un poste stable (CDI ou équivalent). À trois ans, le taux d’emploi monte à 94 % et la stabilité à 66 %. Les sciences et ingénierie dominent en salaire médian (2 724 €/mois net à 3 ans), les SHS restent en retrait (2 000 €/mois à un an). Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 et EESR n°15.

    Méthodologie de l’enquête IPDoc

    L’enquête IPDoc (Insertion Professionnelle des Docteurs) est conduite chaque année par le Service statistique du MESR (SIES). La cinquième édition — IPDoc 2021 — a interrogé les docteurs diplômés en 2020, soit un an après l’obtention de leur diplôme. Le périmètre couvre 11 806 diplômes de doctorat délivrés en 2020, avec 10 146 docteurs contactés et un taux de réponse net de 64 %, soit 6 477 réponses exploitables. Les résultats sont publiés en septembre 2024 dans la Note Flash SIES n°25.

    La même édition interroge également les docteurs diplômés en 2018 sur leur situation à trois ans (volet longitudinal IPDoc 2021). Cette double fenêtre temporelle — un an et trois ans — permet de mesurer la progression de l’insertion, le passage du précaire au stable, et l’évolution salariale au début de carrière. Les données nationales sexuées par discipline détaillée sont accessibles en open data sur data.gouv.fr.

    Trois grands champs disciplinaires structurent les analyses : les sciences exactes et leurs applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie), les sciences de la vie et de la santé (biologie, médecine, pharmacie), et les sciences humaines et sociales (SHS : droit, économie, lettres, sciences sociales). Cette tripartition est celle retenue par le SIES dans l’ensemble de ses publications.

    Taux d’emploi global à un an et à trois ans

    Le taux d’insertion à un an s’établit à 89 % pour la cohorte 2020 — c’est-à-dire 89 % des docteurs en situation active sur le marché du travail occupent un emploi, quelle qu’en soit la nature. Ce résultat est cohérent avec les cohortes antérieures et confirme la robustesse globale du doctorat comme signal employabilité. À titre de comparaison, le taux d’insertion à un an des diplômés de master se situe autour de 88 à 92 % selon les disciplines, ce qui place le doctorat dans un registre comparable mais sans avantage net à très court terme.

    À trois ans, le taux d’emploi progresse à 94 %, et la qualité de l’emploi s’améliore sensiblement : 90 % occupent un poste de cadre ou de profession intellectuelle supérieure, et 95 % travaillent à temps plein. Ces chiffres confirment que le doctorat, même s’il ne garantit pas une insertion immédiate dans les meilleures conditions, positionne ses titulaires dans le segment supérieur du marché du travail à horizon trois ans. Pour les aspects liés au financement du doctorat en France via les contrats doctoraux et le CIFRE, les conditions d’entrée sur le marché du travail varient également selon le type de financement reçu pendant la thèse.

    Tableau 1 — Taux d’emploi des docteurs par horizon temporel (cohortes 2018-2020, France)
    Horizon Taux d’emploi Emploi stable Cadres Temps plein
    1 an (cohorte 2020) 89 % 49 % 90 % 95 %
    3 ans (cohorte 2018) 94 % 66 % 96 % ~95 %
    Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 (Note Flash SIES n°25, sept. 2024) et EESR n°15.

    Stabilité de l’emploi et répartition sectorielle

    Le chiffre qui mérite le plus d’attention n’est pas le taux d’emploi brut mais le taux d’emploi stable : à un an, seuls 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé, titularisation dans le public, ou contrat de longue durée). Cela reflète la réalité de l’entrée dans la carrière académique, qui passe généralement par des post-doctorats, des ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche) ou des contrats à durée déterminée.

    La répartition sectorielle à un an se divise ainsi : 49,1 % des docteurs en emploi travaillent dans le secteur académique (universités, CNRS, INSERM, CEA et autres organismes publics de recherche), tandis que le secteur privé et les autres structures absorbent les 51 % restants. Cette quasi-parité est trompeuse, car les conditions d’emploi diffèrent radicalement selon le secteur. Dans l’académique, moins de la moitié des postes sont stables à un an. Dans le secteur privé, le CDI est la norme dès l’embauche pour les profils scientifiques et d’ingénierie, ce qui explique l’avantage structurel du privé sur la stabilité immédiate.

    Point de vigilance
    Le taux d’emploi stable dans le secteur académique à un an s’établit à environ 45 % seulement, contre un taux bien supérieur dans le secteur privé pour les disciplines scientifiques. La précarité post-doctorale est donc avant tout un phénomène du secteur public académique, pas du marché du travail dans son ensemble.

    À trois ans, la situation du secteur académique s’améliore : 66 % des docteurs toutes disciplines confondues occupent un emploi stable. Mais l’écart entre secteurs reste significatif : un docteur en sciences de la vie qui reste dans l’académique après un ou deux post-docs peut attendre cinq à sept ans avant d’accéder à un CDI ou un poste de titulaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles on observe une mobilité croissante vers le secteur privé, notamment dans l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies. Le phénomène de non-soutenance ou d’abandon en cours de thèse, documenté dans notre analyse du taux d’abandon en doctorat en France, s’explique en partie par ces perspectives perçues comme incertaines.

    Données par discipline : emploi, CDI et salaire

    Les disparités entre disciplines sont la variable la plus déterminante de l’insertion professionnelle des docteurs. L’enquête IPDoc ventile les résultats selon les trois grands champs disciplinaires, et les écarts sont substantiels, en particulier sur la stabilité de l’emploi à court terme.

    Tableau 2 — Insertion professionnelle à 1 an par discipline (cohorte 2020)
    Discipline Taux d’emploi Emploi stable Cadres
    Sciences exactes & ingénierie ~94 % 51 % ~98 %
    Sciences de la vie & de la santé ~92 % 40 % ~96 %
    Sciences humaines & sociales ~92 % 54 % ~92 %
    Ensemble 89 % 49 % 90 %
    Source : MESR-SIES, IPDoc 2021 (cohorte diplômés 2020). Données arrondies.
    Données interactives : taux d’insertion des docteurs à 1 an par discipline (cohorte 2020). Source : MESR-SIES, EESR n°18

    Plusieurs constats se dégagent de ce tableau. Premièrement, le taux d’emploi à un an est élevé dans toutes les disciplines — les écarts entre champs restent inférieurs à 3 points. Deuxièmement, et c’est là l’information la plus saillante, le taux d’emploi stable à un an varie de 40 à 54 % selon la discipline. Les sciences de la vie enregistrent le score le plus faible, reflet direct de la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans ce secteur. Les SHS surprennent avec le taux le plus élevé (54 %), car une fraction importante des docteurs en lettres, droit ou économie s’insère directement dans des postes pérennes du secteur tertiaire (enseignement secondaire via l’agrégation, secteur public, cabinets de conseil).

    À trois ans, les écarts se réduisent mais persistent. L’enquête EESR n°15 (Le devenir des docteurs trois ans après l’obtention de leur thèse) documente une stabilité à 69,7 % pour les sciences et ingénierie, 53,2 % pour les sciences de la vie et 70,3 % pour les SHS à l’horizon trois ans. Le rattrapage en sciences de la vie reste partiel, ce qui confirme la longueur des trajectoires post-doctorales dans ce champ.

    L’effet nationalité : docteurs étrangers et secteur privé

    La Note Flash SIES n°25 met en lumière une divergence marquée selon la nationalité. 57 % des docteurs de nationalité étrangère diplômés en France en 2020 travaillaient dans le secteur privé à un an, contre 40 % seulement pour les docteurs français. Cet écart de 17 points s’explique par plusieurs facteurs structurels.

    D’abord, les docteurs étrangers sont davantage représentés dans les disciplines scientifiques et d’ingénierie, où l’insertion dans le privé est plus fréquente. Ensuite, l’accès au secteur académique français (maîtres de conférences, chargés de recherche) suppose pour les non-Européens une bonne maîtrise du français et une familiarité avec le système d’accréditation national, ce qui limite l’attractivité de cette voie. Enfin, les grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques, notamment en Île-de-France, recrutent activement des docteurs étrangers en CDI dès la soutenance, particulièrement en data science, intelligence artificielle et chimie.

    La question de la rétention des docteurs étrangers en France est un enjeu de politique scientifique. Selon l’enquête à trois ans conduite par Dauphine PSL, 57 % des docteurs étrangers en emploi trois ans après la soutenance travaillent toujours en France — les 43 % restants ont rejoint un autre pays, souvent dans le cadre de post-doctorats internationaux ou d’emplois dans leurs pays d’origine. La mobilité internationale post-doctorale est donc un phénomène massif, particulièrement dans les disciplines à fort recrutement mondial (mathématiques, physique, informatique, biologie). Ce sujet est directement lié aux enjeux de science ouverte en France, où l’attractivité de la recherche française pour les profils internationaux conditionne aussi la visibilité des publications.

    Salaires médians par discipline et secteur

    Les données salariales de l’enquête IPDoc portent sur le salaire net mensuel, primes incluses, pour les docteurs employés à temps plein en France. À un an, les SHS affichent un salaire médian de 2 000 €/mois net, nettement inférieur à la médiane toutes disciplines. À trois ans, la médiane nationale remonte à 2 450 €/mois net, avec des écarts importants selon le champ disciplinaire.

    Tableau 3 — Salaire net médian mensuel des docteurs à 3 ans par discipline (cohorte 2016-2018)
    Discipline Salaire médian (net/mois) Part secteur privé Taux cadres
    Sciences & Ingénierie (docteurs-ingénieurs) 2 724 € 63 % 99 %
    Toutes disciplines (médiane nationale) 2 450 € ~51 % 96 %
    Sciences humaines & sociales ~2 000 € ~40 % 91 %
    Source : MESR-SIES EESR n°15 (cohorte 3 ans) et IPDoc 2021 (SHS à 1 an). Salaires nets mensuels, primes incluses, temps plein.

    Les docteurs-ingénieurs (sciences exactes et ingénierie) bénéficient d’un avantage salarial structurel de l’ordre de +11 % par rapport à la médiane nationale à trois ans. Cet avantage s’explique par la très forte demande des secteurs technologiques (semiconducteurs, intelligence artificielle, aérospatial, défense, énergie) pour des profils disposant à la fois d’une expertise théorique de niveau doctoral et d’une orientation applicative. Le secteur privé représente 63 % des débouchés pour ces profils.

    À l’opposé, les SHS démarrent avec un désavantage salarial qui reflète principalement la forte part d’emploi académique (précaire à court terme) et le déclassement partiel observé dans certains sous-champs (lettres, arts, philosophie) où le débouché « enseignant du secondaire » reste prédominant. Il convient toutefois de nuancer : les docteurs en économie, droit des affaires ou sciences de gestion accèdent à des rémunérations proches de la médiane nationale, tandis que ceux en lettres classiques ou philosophie restent nettement en deçà.

    La trajectoire à trois ans : convergence et divergences

    La comparaison entre l’horizon un an et l’horizon trois ans fait apparaître une convergence générale : le taux d’emploi progresse, la stabilité s’améliore, et la part des cadres se consolide. Mais cette convergence est inégale selon les disciplines. Pour les sciences de la vie, le bond entre un an (40 % d’emploi stable) et trois ans (53,2 %) est réel mais insuffisant : plus d’un docteur sur deux dans ce champ n’a toujours pas de poste stable au bout de trois ans, ce qui reste une réalité difficile pour des diplômés qui ont consacré trois à cinq années à leur thèse.

    En sciences et ingénierie, la trajectoire est beaucoup plus favorable. Le taux d’emploi stable passe de 51 % à 69,7 % entre un an et trois ans, et le taux de cadres frôle les 98 %. La durée de recherche d’emploi est généralement courte dans ces disciplines — souvent inférieure à deux mois — et les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents, notamment pour les docteurs ayant effectué une thèse CIFRE en entreprise. Le passage master-doctorat est d’ailleurs de plus en plus anticipé dès la phase de sélection en master, les étudiants préparant en amont leurs candidatures en école doctorale pour maximiser leurs chances d’insertion.

    La mobilité internationale constitue une variable additionnelle : 32 % des docteurs travaillent à l’étranger trois ans après leur soutenance, dont 52 % des docteurs étrangers diplômés en France. Cette proportion est bien supérieure à celle observée pour d’autres niveaux de diplômes, reflétant la nature internationale de la carrière scientifique. Pour les Français, 17 % sont expatriés à trois ans, principalement en Europe du Nord, en Amérique du Nord et en Suisse.

    Implications pour les doctorants et les employeurs

    Ces statistiques d’insertion professionnelle dessinent plusieurs lignes d’action concrètes pour les différentes parties prenantes du doctorat.

    Pour les doctorants : Le type de financement influe sur l’insertion. Un doctorant en contrat CIFRE bénéficie d’une immersion en entreprise qui facilite significativement le recrutement en CDI à la sortie. Les docteurs ayant effectué au moins un stage ou une mission en entreprise pendant leur thèse présentent des taux d’insertion dans le privé nettement supérieurs. La rédaction d’un CV doctoral adapté au secteur privé — qui valorise les compétences transversales (gestion de projet, analyse de données, communication scientifique) plutôt que la seule liste de publications — est une compétence à développer dès la deuxième année de thèse. Pour naviguer efficacement dans la phase de rédaction et de valorisation de la thèse, des outils comme Tesify permettent de structurer le manuscrit doctoral tout en anticipant les usages professionnels des données produites.

    Pour les écoles doctorales : Les données IPDoc constituent un outil de pilotage précieux. Un taux d’emploi stable à un an inférieur à 40 % dans une discipline devrait déclencher une révision de l’offre de formation professionnelle et des partenariats avec le tissu économique local. Les résultats de l’enquête par établissement, disponibles sur data.gouv.fr, permettent de comparer les établissements et d’identifier les écoles doctorales les plus efficaces en termes d’insertion.

    Pour les employeurs du secteur privé : La quasi-totalité des docteurs (90 % à un an, 96 % à trois ans) occupent des postes de cadre. Le recrutement doctoral dans le privé bénéficie d’un avantage de séniorité intellectuelle réel — un docteur apporte une capacité d’analyse, de synthèse et d’autonomie dans la conduite de projets complexes que les formations de niveau master ne transmettent pas systématiquement. Côté rentrée universitaire, les chiffres publiés dans notre analyse des chiffres clés de la rentrée 2026-2027 montrent que les inscriptions en doctorat restent stables, ce qui garantit un vivier de recrutement régulier pour les années à venir.

    FAQ

    Quel est le taux d’emploi des docteurs français un an après leur soutenance ?

    Selon la Note Flash SIES n°25 (septembre 2024), 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance. Ce taux porte sur les docteurs en situation active sur le marché du travail. 90 % de ces emplois sont des postes de cadre, et 95 % sont à temps plein. Il existe des variations disciplinaires : les sciences et ingénierie approchent les 94 % de taux d’emploi, contre 92 % pour les sciences de la vie et les SHS.

    Combien de docteurs obtiennent un CDI directement après la thèse ?

    À un an, seulement 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé ou équivalent dans le public). Ce taux faible reflète la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans le secteur académique. À trois ans, le taux d’emploi stable monte à 66 %. Dans le secteur privé, notamment en sciences et ingénierie, les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents et le taux de stabilité est bien supérieur à la moyenne.

    Quelle discipline offre les meilleures perspectives d’emploi après un doctorat ?

    Les sciences et ingénierie présentent les meilleurs indicateurs globaux : taux d’emploi proche de 94 %, 51 % d’emplois stables à un an, salaire médian de 2 724 €/mois net à trois ans, et 63 % d’insertion dans le secteur privé. Les SHS présentent le taux de stabilité le plus élevé à un an (54 %), mais avec un salaire médian nettement inférieur. Les sciences de la vie souffrent de la précarité post-doctorale la plus longue (seulement 40 % de postes stables à un an).

    Les docteurs étrangers s’insèrent-ils différemment dans le marché du travail français ?

    Oui, avec une différence marquée sur le secteur d’activité. 57 % des docteurs étrangers diplômés en France travaillent dans le secteur privé à un an, contre 40 % pour les docteurs français. Les docteurs étrangers sont davantage présents dans les disciplines scientifiques et recrutés directement par des entreprises privées. Ils sont aussi plus mobiles à l’international : 43 % d’entre eux travaillent hors de France trois ans après leur soutenance.

    Quel est le salaire médian d’un docteur en France au début de sa carrière ?

    À trois ans post-soutenance, le salaire net médian mensuel toutes disciplines est de 2 450 € (primes incluses, temps plein). Les docteurs-ingénieurs en sciences et ingénierie atteignent une médiane de 2 724 €/mois, tandis que les SHS se situent autour de 2 000 €/mois à un an. Ces salaires sont des médianes nationales et peuvent varier significativement selon la région, le secteur (public/privé) et la taille de l’employeur.

    Où trouver les données officielles d’insertion des docteurs par établissement ?

    Les données nationales sexuées par discipline détaillée et les résultats par établissement sont disponibles en open data sur data.gouv.fr dans le jeu de données IP Doc. Les synthèses annuelles sont publiées dans les Notes Flash SIES, accessibles sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur. La dernière édition (Note Flash n°25, septembre 2024) porte sur la cohorte des diplômés 2020.

    Le doctorat améliore-t-il vraiment l’employabilité par rapport au master ?

    À court terme, l’avantage du doctorat sur le master est limité en termes de taux d’emploi brut (89 % à un an, comparable à un master professionnel bien ciblé). L’avantage réel est qualitatif : 90 à 96 % des docteurs accèdent à des postes de cadre, contre une proportion moindre pour les masters. À moyen terme (cinq ans et plus), les écarts salariaux en faveur du doctorat se creusent, particulièrement dans les secteurs R&D intensifs. Le coût d’opportunité (trois à cinq ans supplémentaires d’études) reste un facteur de décision central pour les étudiants.