Étiquette : décrochage universitaire

  • Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

    En France, 47,8 % des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en licence L1 sont passés directement en L2 l’année suivante — soit, pour la première fois depuis la fin de la crise sanitaire, une progression notable (+3,8 points par rapport à la cohorte précédente). Ce chiffre, issu de la note flash du SIES publiée en novembre 2024, constitue le principal indicateur de réussite en première année de licence, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Derrière cette moyenne nationale se cachent des trajectoires très différentes selon la filière choisie, le type de baccalauréat obtenu et le profil social de l’étudiant.

    Pour les universités, les familles et les lycéens qui s’orientent, comprendre ces données est essentiel : qui redouble, qui part, qui réussit — et surtout pourquoi. Cet article décrypte les statistiques officielles les plus récentes du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) pour donner une lecture précise et exploitable de la réussite en L1 en 2026.

    Résultat clé : Sur 100 nouveaux bacheliers inscrits en L1 en 2022-2023, 47,8 passent directement en L2, 25,4 redoublent, 3,7 se réorientent vers une autre formation, et 23,1 quittent l’université sans réinscription. L’écart de réussite entre bac général (61,6 % de poursuite après L1) et bac professionnel (21,6 %) atteint 40 points.

    Les chiffres nationaux : passage, redoublement et sortie définitive

    La note flash SIES n° 30 de novembre 2024 analyse le devenir des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en première année de licence à la rentrée 2022-2023. Quatre trajectoires principales sont distinguées à l’issue de cette première année :

    • Passage en L2 : 47,8 % des inscrits obtiennent leur validation de L1 et progressent directement en deuxième année.
    • Redoublement en L1 : 25,4 % restent inscrits en L1 l’année suivante, soit parce qu’ils ont échoué, soit parce qu’ils choisissent de consolider leurs acquis.
    • Réorientation : 3,7 % se réinscrivent dans une autre formation universitaire ou quittent la licence vers un autre cursus (BTS, IUT, prépa, formation privée).
    • Sortie de l’université : 23,1 % ne se réinscrivent nulle part dans l’enseignement supérieur l’année suivante — ce qui constitue la mesure directe du décrochage de première année.

    Ce taux de passage de 47,8 % représente une amélioration significative après plusieurs années de recul : il était de 44,0 % pour la cohorte 2020. Toutefois, il reste inférieur aux objectifs stratégiques fixés par le MESR dans le cadre du plan Licences, qui visait un taux de 60 % à l’horizon 2025. La part des sortants sans réinscription — 23,1 % — reste préoccupante et nourrit le phénomène plus large de l’abandon universitaire en France.

    Il convient de noter que le taux de passage global masque des différences considérables selon les caractéristiques de l’étudiant entrant. La lecture nationale doit donc toujours être croisée avec la filière et le profil académique.

    Source : EESR n°18 — Parcours et réussite en licence et master à l’université, MESR-SIES

    Taux de passage L1→L2 par discipline

    Les données SIES permettent de décomposer le taux de passage selon les grandes familles disciplinaires de l’université française. Le tableau ci-dessous rassemble les chiffres issus de la cohorte 2022-2023 pour l’année d’observation 2023-2024.

    Tableau 1 — Trajectoires en L1 par discipline (bacheliers 2022, données SIES 2024)
    Discipline Passage en L2 Redoublement Réorientation Sortie définitive
    Droit, sciences politiques 47,2 % 32,2 % 2,5 % 18,0 %
    Économie, AES 46,8 % 23,2 % 3,0 % 27,0 %
    Arts, lettres, langues, SHS 48,4 % 22,4 % 2,6 % 26,6 %
    Sciences, santé 48,9 % 26,6 % 6,7 % 17,8 %
    STAPS 45,9 % 24,1 % 5,2 % 24,8 %
    Source : SIES, note flash n° 30, novembre 2024 — cohorte bacheliers 2022.

    Trois lectures s’imposent à partir de ce tableau. Premièrement, les taux de passage sont relativement homogènes entre disciplines (45,9 % à 48,9 %), ce qui suggère que la discipline en elle-même n’est pas le déterminant principal du passage en L2 au niveau national. Deuxièmement, c’est la structure des trajectoires alternatives qui diffère franchement : le droit affiche le taux de redoublement le plus élevé (32,2 %) mais le taux de sortie définitive le plus bas (18,0 %), tandis que l’économie-AES cumule un taux de sortie de 27,0 %, le plus élevé de l’ensemble. Troisièmement, les filières scientifiques présentent un taux de réorientation significativement plus élevé (6,7 %), cohérent avec les possibilités de passerelles vers des IUT ou des classes préparatoires intégrées.

    Ces données complètent utilement les analyses disponibles sur le taux d’abandon universitaire en France, qui montrent que les sorties sans diplôme sont concentrées dans les premières années de cycle.

    L’écart majeur selon le type de baccalauréat

    La variable la plus discriminante en matière de réussite en L1 n’est pas la discipline ni même l’établissement : c’est le type de baccalauréat obtenu. Les données longitudinales du SIES sur la cohorte 2020 (suivie jusqu’en troisième année) illustrent un écart structurel de grande ampleur.

    Tableau 2 — Trajectoires cumulées à l’issue de la L1 selon le type de bac (cohorte 2020, SIES)
    Type de baccalauréat Toujours en licence (3e année) En L3 (3e année) Taux de réussite en licence (5 ans)
    Baccalauréat général 61,6 % 38,1 % ~58 %
    Baccalauréat technologique 29,9 % 12,0 % ~22 %
    Baccalauréat professionnel 21,6 % 7,7 % ~12 %
    Source : SIES, EESR indicateur T149 — cohorte bacheliers 2020, observation en 2022-2023.

    Ces chiffres révèlent une réalité structurelle difficile. Un bachelier général entrant en licence a environ 58 % de chances de décrocher son diplôme dans un délai de cinq ans. Ce taux tombe à 22 % pour un bachelier technologique et à 12 % pour un bachelier professionnel. Dit autrement, près de 88 % des bacheliers professionnels inscrits en licence n’obtiennent pas leur diplôme, ce qui soulève des questions profondes sur l’orientation post-bac et sur l’adéquation entre les prérequis attendus en licence et la formation reçue avant le baccalauréat.

    La note flash SIES 2024 précise par ailleurs que la baisse globale du taux de réussite en licence (cohorte 2019 : 45,7 %, soit -1,2 point par rapport à 2018) n’est imputable qu’aux bacheliers généraux. Les taux des bacheliers technologiques et professionnels, structurellement bas, sont restés stables. Ceci indique que les réformes du baccalauréat général (mise en place de la réforme Blanquer en 2019-2021, introduction du contrôle continu) ont pu modifier la composition et le niveau des entrants en licence sans améliorer significativement leur taux de réussite à long terme.

    Par ailleurs, les taux de passage L1→L2 varient de 43 % à 62 % selon la combinaison de spécialités choisies au lycée, confirmant que le choix des matières au cycle terminal constitue un déterminant précoce de la réussite universitaire.

    La réorientation : une issue sous-estimée

    Le taux national de réorientation de 3,7 % peut sembler modeste. Il mérite cependant d’être contextualisé. Premièrement, ce chiffre ne capture que les réorientations formelles vers une autre formation enregistrée dans les bases du SIES ; il ne comptabilise pas les étudiants qui abandonnent en cours d’année sans acte administratif formalisé, qui sont intégrés dans la catégorie « sortie définitive ». Deuxièmement, les réorientations sont inégalement réparties : elles atteignent 6,7 % dans les filières sciences-santé, notamment en raison des passerelles vers les IUT de chimie, biologie ou mesures physiques.

    La réorientation en fin de L1 est encouragée par la circulaire « parcours adaptés » qui impose aux universités de proposer un entretien de bilan à tout étudiant en difficulté dès la fin du premier semestre. Le dispositif « oui-si » issu de la loi ORE de 2018 prévoit des parcours avec accompagnement renforcé, mais son déploiement reste hétérogène selon les établissements.

    Du côté des flux, les étudiants qui se réorientent en fin de L1 se dirigent prioritairement vers : les BTS (environ 40 % des réorientés), les IUT — désormais BUT — (environ 25 %), et d’autres mentions de licence ou de formations professionnelles courtes. Une fraction non négligeable interrompt temporairement ses études pour reprendre un emploi ou partir en mobilité internationale.

    Réussite en 3 et 4 ans : la mesure longue

    Le taux de passage L1→L2 est un indicateur de court terme. La mesure de référence pour évaluer l’efficacité réelle des parcours de licence est le taux d’obtention du diplôme en 3 ans (durée théorique) et en 4 ans (une année de redoublement supplémentaire). Ces données longitudinales, construites sur des cohortes de bacheliers suivies pendant 5 à 7 ans, révèlent une réalité moins favorable que le taux de passage annuel.

    Pour la cohorte de bacheliers 2019 — la plus récente pour laquelle le SIES dispose d’un recul suffisant —, le taux de réussite en licence s’établit à 45,7 % en 4 ans, en recul de 1,2 point par rapport à la cohorte 2018 (46,9 %). Ce chiffre intègre toutes les trajectoires : passage direct, redoublement suivi de validation, et réinscription après une interruption temporaire.

    La lecture par type de bac (présentée dans le tableau 2 ci-dessus) indique que la réussite en 5 ans atteint environ 58 % pour les bacheliers généraux — ce qui signifie que même parmi les bacheliers les mieux préparés, plus de 40 % n’obtiennent pas leur licence. Ce constat alimente les débats sur l’architecture du cycle licence, sur la pertinence du redoublement comme outil pédagogique, et sur les politiques d’orientation active mises en place par les établissements. Pour une lecture complémentaire sur la continuité des parcours, la réussite en master en France suit une tout autre dynamique, avec des taux beaucoup plus élevés (91,6 % à l’issue du M2).

    Facteurs explicatifs du décrochage en L1

    Les statistiques de passage ne s’expliquent pas par un facteur unique. La recherche en sciences de l’éducation et les rapports institutionnels convergent vers plusieurs déterminants majeurs :

    Le niveau académique à l’entrée

    Le type de baccalauréat (cf. tableau 2) est le prédicteur le plus robuste. Au-delà du type, la mention obtenue au baccalauréat est fortement corrélée au passage en L2 : les bacheliers généraux avec mention Très Bien affichent des taux de passage nettement supérieurs à la moyenne de leur catégorie. La combinaison des spécialités de terminale joue également un rôle croissant depuis la réforme du bac 2021.

    L’adéquation formation-projet

    Un étudiant inscrit en licence sans projet professionnel défini ou par défaut d’orientation (faute d’admission dans une filière sélective) présente statistiquement un risque de décrochage plus élevé. C’est l’une des limites documentées du dispositif Parcoursup : une partie des étudiants acceptent une proposition de licence faute d’alternative, sans adhésion au projet d’études.

    Les difficultés socio-économiques

    Les études sur les causes de l’abandon universitaire en France montrent que les contraintes financières — nécessité d’occuper un emploi salarié en parallèle des études, coût du logement étudiant, absence de bourse — sont significativement associées au décrochage, particulièrement dans les premières années de cycle.

    Le choc pédagogique de la transition lycée-université

    La rupture entre les méthodes d’apprentissage du lycée (cours en classe entière, évaluations fréquentes, contrôle régulier de la présence) et celles de l’université (amphithéâtres, autonomie, rareté du suivi individuel) constitue un facteur de déstabilisation bien documenté, en particulier pour les étudiants de première génération universitaire. Ce phénomène, souvent qualifié de « choc de la première année », explique en partie pourquoi le taux d’abandon est maximal au cours du premier semestre.

    L’offre de remédiation et d’accompagnement

    Les établissements qui proposent un accompagnement renforcé dès l’entrée en L1 — tutorat par les étudiants avancés, dispositifs « oui-si », modules de remise à niveau — enregistrent des taux de passage supérieurs à la moyenne nationale dans leurs filières concernées. Ces dispositifs, bien qu’insuffisamment généralisés, font partie des leviers identifiés par le MESR pour améliorer la réussite en licence.

    FAQ — Questions fréquentes sur la réussite en licence L1

    Quel est le taux de passage de L1 en L2 en France en 2025 ?

    D’après la note flash SIES n° 30 de novembre 2024 (données cohorte bacheliers 2022), le taux de passage direct de L1 en L2 est de 47,8 %. C’est le chiffre le plus récent disponible, en hausse de 3,8 points par rapport à la cohorte précédente. Ce taux intègre tous les bacheliers, toutes disciplines confondues.

    Combien d’étudiants abandonnent la licence après la L1 ?

    Sur 100 nouveaux inscrits en L1, 23,1 % ne se réinscrivent nulle part l’année suivante (sortie définitive de l’université). Un 3,7 % supplémentaire se réoriente vers une autre formation. Le décrochage net — étudiants qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme — représente donc une proportion significative des entrants en première année.

    Quelle discipline a le meilleur taux de passage en L2 ?

    D’après les données SIES 2024, les filières sciences-santé affichent le taux de passage direct le plus élevé (48,9 %), suivies d’arts-lettres-langues-SHS (48,4 %). Le droit (47,2 %) et l’économie-AES (46,8 %) sont légèrement en dessous. Les STAPS enregistrent le taux le plus bas (45,9 %). Les écarts sont faibles en termes de passage, mais importants sur la structure redoublement/sortie.

    Un bachelier professionnel a-t-il ses chances en licence ?

    Les statistiques officielles indiquent une difficulté structurelle : seuls environ 12 % des bacheliers professionnels inscrits en licence décrochent ce diplôme, même en 5 ans. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de réussir, mais que le parcours licence est rarement adapté à leur profil. Les filières comme le BTS, le BUT ou les licences professionnelles sont statistiquement beaucoup mieux adaptées aux bacheliers professionnels.

    Qu’est-ce que le dispositif « oui-si » et quel est son impact sur la réussite ?

    Le dispositif « oui-si », introduit par la loi ORE (2018), permet aux universités d’accepter conditionnellement des candidats dont le dossier ne correspond pas exactement aux prérequis de la filière, à condition de les orienter vers un parcours adapté avec accompagnement renforcé. Son impact sur le taux de passage est documenté positivement dans les établissements qui l’appliquent rigoureusement, mais son déploiement reste inégal sur le territoire.

    Comment les taux de réussite en L1 ont-ils évolué ces dernières années ?

    Le taux de passage L1→L2 a connu plusieurs phases. Il était d’environ 44 % pour la cohorte 2020 (affectée par la crise sanitaire), et remonte à 47,8 % pour la cohorte 2022 — un rebond notable. En parallèle, le taux de réussite en licence en 4 ans (mesure longue) a légèrement reculé, passant de 46,9 % (cohorte 2018) à 45,7 % (cohorte 2019), notamment en raison de la recomposition des entrants suite à la réforme du baccalauréat général.

    Où trouver les données officielles sur la réussite en licence ?

    Les données officielles sont publiées par le SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques) du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les notes flash sont disponibles gratuitement sur le site publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Le tableau de bord synthétique figure également dans l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche (EESR), indicateur T149.

    Préparer votre licence avec les bons outils

    Réussir sa L1 demande une organisation rigoureuse : gestion des sources bibliographiques, structuration des notes de cours, rédaction des premiers travaux universitaires. Tesify accompagne les étudiants dès la première année pour acquérir les méthodes de travail académique qui font la différence sur les résultats. Découvrez comment notre plateforme peut vous aider à franchir le cap de la L1.

  • Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Décrochage et Abandon en Licence en France : les Chiffres 2026 (Réussite, Redoublement, Réorientation)

    Moins d’un étudiant sur deux inscrit en première année de licence obtient son diplôme en trois ou quatre ans. Ce constat, posé par le SIES — sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) — dans sa Note Flash n° 2024-30 de novembre 2024, résume l’ampleur du défi que représente le taux d’abandon et de décrochage en licence en France en 2026. Derrière ce chiffre global se cachent des réalités très différentes selon la filière, le type de baccalauréat, le genre ou l’origine sociale. La session 2024 affiche néanmoins une légère progression du taux de passage en deuxième année, signe que les politiques d’orientation et d’accompagnement commencent à produire des effets — même si la Cour des comptes, dans son Rapport public annuel de mars 2025, qualifie encore ces politiques de « sans effet durable ».

    Cet article compile l’ensemble des statistiques officielles disponibles au premier semestre 2026 : taux de passage L1→L2, réussite en trois ou quatre ans, décomposition des parcours (passage, redoublement, réorientation), écarts disciplinaires et profils académiques. Toutes les données sont sourcées ; aucun chiffre n’est estimé.

    Résultat clé — taux abandon décrochage licence France statistiques 2026

    Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence générale en trois ou quatre ans — soit une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019. Le taux de passage L1→L2 pour les néo-bacheliers de la session 2024 atteint quant à lui 49,1 %, en hausse de 1,3 point.

    Taux de passage L1→L2 : la progression récente

    Le taux de passage des néo-bacheliers de la première en deuxième année de licence constitue l’indicateur de court terme le plus suivi par le MESR. Il mesure la proportion d’étudiants inscrits en L1 lors d’une session qui obtiennent leur passage en L2 — dans le même établissement ou dans un autre — l’année suivante.

    Après plusieurs années difficiles marquées par la crise sanitaire, cet indicateur repart à la hausse pour la deuxième session consécutive :

    Session Taux passage L1→L2 Variation Source
    Session 2022 44,0 % SIES
    Session 2023 47,8 % +3,8 pts SIES NF 2024-30
    Session 2024 49,1 % +1,3 pt SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, « Parcours et réussite en licence — résultats de la session 2024 », novembre 2024.

    Malgré deux hausses consécutives, ce taux reste inférieur à 50 % : un néo-bachelier inscrit en L1 en 2024 a donc statistiquement moins d’une chance sur deux de se retrouver en L2 à la rentrée suivante. L’écart entre la progression du taux de passage et la stagnation du taux de réussite global en 3 ou 4 ans constitue l’un des paradoxes centraux des statistiques de licence françaises.

    Réussite en 3 ou 4 ans : 40,3 % pour la promotion 2020

    L’indicateur de moyen terme par excellence est le taux de réussite en trois ou quatre ans : il mesure la proportion d’une cohorte de néo-bacheliers entrés en L1 qui ont finalement décroché une licence générale, dans le délai normal (3 ans) ou en incluant une année supplémentaire (4 ans).

    Pour la promotion 2020 — c’est-à-dire les étudiants qui ont commencé leur L1 à la rentrée 2020-2021, en pleine crise sanitaire — ce taux s’établit à 40,3 %, selon le SIES (novembre 2024). C’est une baisse de 5,4 points par rapport à la promotion 2019, qui avait affiché 45,7 %.

    Facteur COVID : La promotion 2020 a entamé sa L1 dans des conditions particulièrement dégradées (cours en ligne, isolement, accès limité aux ressources universitaires). Cette dégradation conjoncturelle explique en partie la baisse observée, sans remettre en cause la tendance structurelle.

    Promotion entrée en L1 Réussite en 3 ou 4 ans Source
    2019 (rentrée 2019-2020) 45,7 % SIES
    2020 (rentrée 2020-2021) 40,3 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 ; données promotion 2019 issues de la Note Flash précédente (SIES, novembre 2023).

    Ces chiffres incluent les licences professionnelles. Le taux pour les seules licences générales suit une tendance similaire. La Cour des comptes, dans son Rapport public annuel 2025, évalue le coût de cet échec en premier cycle à 534 millions d’euros par an et juge la politique de lutte contre l’abandon « sans effet durable à ce jour ».

    Décomposition des parcours en L1 : passage, redoublement, réorientation

    Illustration schématique des trois trajectoires des étudiants après la première année de licence : passage en L2, réorientation et sortie sans diplôme
    Schéma illustratif des trois grandes trajectoires en fin de première année de licence : passage en L2, réorientation vers une autre formation et sortie sans réinscription. Source des données : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    La compréhension du taux d’abandon en licence France impose de distinguer plusieurs trajectoires après la L1. Tous les étudiants qui ne passent pas directement en L2 ne « décrochent » pas au sens strict : une fraction se réoriente, une autre redouble.

    D’après la Note Flash SIES n° 2024-30, pour la session 2023 (dernière session avec données détaillées sur la réorientation) :

    • 47,8 % des néo-bacheliers passent en L2 (session 2023).
    • 19,7 % se réorientent vers une autre formation : parmi eux, environ 25 % rejoignent une section de technicien supérieur (STS/BTS) et plus de 40 % s’inscrivent dans une autre licence.
    • Le reste (environ 32 %) se répartit entre redoublement et sortie sans réinscription — incluant les abandons purs et les passages vers d’autres voies non recensées (apprentissage, formations privées, arrêt d’études).
    Trajectoire après la L1 (session 2023) Part des néo-bacheliers Source
    Passage en L2 47,8 % SIES NF 2024-30
    Réorientation (autre formation) 19,7 % SIES NF 2024-30
    Redoublement + sortie sans réinscription ~32,5 % Calculé par complémentarité

    Note : le SIES ne publie pas de chiffre unique distinguant redoublement et abandon pur dans la Note Flash 2024-30. Le solde de 32,5 % inclut les deux catégories.

    Sur la session 2024, le taux de redoublement en L1 a stagné (–0,6 point), après avoir progressé de 5,4 points cumulés lors des deux sessions précédentes. Cette stagnation constitue un signal légèrement positif, mais ne suffit pas à inverser la tendance de fond sur la réussite en 3 ou 4 ans.

    Le lien entre exercice d’une activité salariée et réussite à l’université est documenté : les étudiants travaillant plus de 16 heures par semaine voient leurs chances de validation de l’année baisser sensiblement, ce qui contribue aux taux de redoublement et de décrochage observés.

    Écarts par filière : psychologie en tête, langues et AES en retrait

    Le taux de réussite en 3 ou 4 ans varie considérablement selon la discipline. Le tableau ci-dessous présente les données pour la promotion 2020, issues de la Note Flash SIES de novembre 2024 :

    Filière Réussite 3 ou 4 ans (promotion 2020) vs moyenne nationale Source
    Psychologie 45,0 % +4,7 pts SIES NF 2024-30
    Droit et sciences politiques 43,3 % +3,0 pts SIES NF 2024-30
    Sciences économiques 43,2 % +2,9 pts SIES NF 2024-30
    Toutes disciplines (moyenne) 40,3 % SIES NF 2024-30
    Sciences – Santé 36,6 % –3,7 pts SIES NF 2024-30
    Administration économique et sociale (AES) 34,3 % –6,0 pts SIES NF 2024-30
    Langues 34,2 % –6,1 pts SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024 — promotion 2020, réussite mesurée en sessions 2023 et 2024.

    L’écart entre la filière la plus performante (psychologie, 45 %) et la moins performante (langues, 34,2 %) atteint près de 11 points. En Sciences–Santé, la transition vers les études de médecine et de pharmacie — soumises depuis 2020 à une réforme du PASS/L.AS — complexifie l’interprétation : une partie des étudiants quitte la licence de sciences pour intégrer les formations de santé sans être comptabilisée comme diplômée de licence.

    Pour aller plus loin sur les profils par discipline, l’article Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 — taux de passage, réorientation et profils par discipline détaille les données de la session précédente.

    Profil baccalauréat, mention et origine sociale

    Les statistiques de réussite en licence révèlent des inégalités marquées selon le type de baccalauréat obtenu, la mention, le genre et le milieu social d’origine. Ces données, toutes issues de la Note Flash SIES n° 2024-30, portent sur la promotion 2020.

    Écart selon le type de baccalauréat

    Type de baccalauréat Réussite licence en 3 ou 4 ans Source
    Baccalauréat général 46,1 % SIES NF 2024-30
    Baccalauréat technologique 14,0 % SIES NF 2024-30
    Baccalauréat professionnel 6,5 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    Diagramme en barres illustrant l'écart de taux de réussite en licence selon le type de baccalauréat : bac général, bac technologique et bac professionnel
    Représentation schématique de l’écart de réussite en licence selon le type de baccalauréat. La hauteur relative des barres illustre les différences de trajectoire entre bac général, bac technologique et bac professionnel (données MESR-SIES, promotion 2020).

    L’écart entre titulaires d’un bac général (46,1 %) et d’un bac professionnel (6,5 %) atteint près de 40 points. Ce différentiel illustre la problématique de l’orientation vers la licence générale pour des profils dont le parcours scolaire est davantage orienté vers des formations courtes professionnalisantes (BTS, BUT, CFA). La Cour des comptes (RPA 2025) pointe ce mauvais appariement comme l’une des causes structurelles de l’échec en premier cycle.

    Mention au baccalauréat et genre

    La mention obtenue au baccalauréat est le prédicteur individuel le plus puissant de la réussite en licence :

    • Mention Très bien : 69,7 % de réussite en 3 ou 4 ans (–5 points vs promotion précédente).
    • Par genre : les femmes obtiennent leur licence en 3 ou 4 ans dans 44,5 % des cas, contre 33,7 % pour les hommes — soit 10,8 points d’écart.

    Origine sociale

    Les inégalités sociales restent particulièrement marquées :

    Catégorie socioprofessionnelle Réussite en 3 ou 4 ans Source
    Milieu très favorisé (cadres) 51,3 % SIES NF 2024-30
    Milieu favorisé 48,8 % SIES NF 2024-30
    Milieu défavorisé (personnes sans emploi) 23,8 % SIES NF 2024-30

    Source : MESR-SIES, Note Flash n° 2024-30, novembre 2024.

    L’écart de plus de 27 points entre enfants de cadres (51,3 %) et enfants de personnes sans emploi (23,8 %) traduit un cumul de désavantages : contraintes financières obligeant souvent à travailler en parallèle des études, moindre accès à l’accompagnement pédagogique, et concentration dans les filières au taux de réussite le plus bas.

    Ces facteurs de risque psychosociaux — anxiété, isolement, charge de travail — sont également documentés dans l’analyse de la santé mentale des étudiants en contexte académique (données OVE, Nightline, ANR, 2026).

    Parcoursup et dispositif Oui-Si : quel bilan ?

    Depuis l’introduction de Parcoursup à la rentrée 2018, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur a progressivement permis une meilleure adéquation entre les profils des lycéens et les formations universitaires. Le taux de passage L1→L2 a progressé depuis lors, et le taux de réorientation a évolué : une fraction croissante d’étudiants en difficulté quitte la licence avant la fin de la première année pour rejoindre une formation mieux adaptée.

    Le dispositif Oui-Si, qui permet aux universités d’admettre des candidats avec des « oui avec conditions », est censé accompagner les profils les plus fragiles par des modules renforcés. Son bilan reste néanmoins mitigé : selon la Cour des comptes (Rapport public annuel 2025), la politique globale de prévention de l’échec en premier cycle reste « sans effet durable à ce jour », la licence générale souffrant d’un « sous-investissement » structurel en matière d’encadrement pédagogique.

    Paradoxe 2024 : le taux de passage L1→L2 remonte (49,1 %) mais le taux de réussite en 3 ou 4 ans baisse (40,3 %). L’explication tient en partie au profil des étudiants qui passent en L2 grâce à Parcoursup : mieux orientés à l’entrée, ils ont davantage de chances de passer la première année — mais les effets covid sur la cohorte 2020 pèsent encore sur le taux de diplomation final.

    À noter : les étudiants qui ont finalement décroché leur licence peuvent s’interroger sur les débouchés professionnels. Le taux d’abandon en thèse de doctorat en France (données 2026) montre que les difficultés de persévérance ne s’arrêtent pas à la licence et touchent aussi les cycles supérieurs.

    Questions fréquentes sur le décrochage et l’abandon en licence

    Quel est le taux d’abandon en licence en France en 2026 ?

    Selon le SIES (Note Flash n° 2024-30, novembre 2024), 40,3 % des néo-bacheliers entrés en L1 en 2020 ont obtenu leur licence en 3 ou 4 ans — ce qui signifie que près de 60 % n’ont pas décroché leur diplôme dans les délais. Ce chiffre inclut les étudiants ayant redoublé, ceux qui se sont réorientés et ceux qui ont abandonné. Le taux de passage direct en L2 (session 2024) est quant à lui de 49,1 %.

    Quelle filière a le meilleur taux de réussite en licence ?

    Pour la promotion 2020 (SIES, novembre 2024), la filière psychologie affiche le meilleur taux de réussite en 3 ou 4 ans (45,0 %), suivie par le droit et les sciences politiques (43,3 %) et les sciences économiques (43,2 %). Les langues (34,2 %) et l’AES (34,3 %) enregistrent les taux les plus bas.

    Les bacheliers technologiques et professionnels réussissent-ils leur licence ?

    Les taux de réussite sont très faibles pour ces profils : 14,0 % pour les bacheliers technologiques et 6,5 % pour les bacheliers professionnels (SIES NF 2024-30, promotion 2020), contre 46,1 % pour les titulaires d’un baccalauréat général. Ces filières sont davantage orientées vers des formations courtes (BTS, BUT, apprentissage), mieux adaptées à leurs acquis.

    Combien d’étudiants se réorientent après la L1 ?

    Sur la session 2023, 19,7 % des néo-bacheliers ayant suivi une L1 se sont réorientés vers une autre formation à l’issue de leur première année (SIES NF 2024-30). Parmi eux, environ 25 % ont rejoint une STS/BTS et plus de 40 % ont opté pour une autre licence dans un champ disciplinaire différent.

    Quel est le coût de l’échec en licence pour la société française ?

    La Cour des comptes évalue le coût de l’échec en premier cycle universitaire à 534 millions d’euros par an (Rapport public annuel 2025, mars 2025). Ce chiffre inclut les ressources publiques consacrées aux étudiants qui ne valident pas leur licence ou se réorientent après un ou plusieurs semestres infructueux.

    Parcoursup a-t-il réduit le décrochage en licence ?

    Parcoursup a contribué à améliorer le taux de passage L1→L2, qui a progressé depuis la rentrée 2018 et atteint 49,1 % à la session 2024. En revanche, le taux de réussite en 3 ou 4 ans reste en baisse (40,3 % pour la promotion 2020). La Cour des comptes (RPA 2025) juge que la politique de lutte contre l’échec en premier cycle reste « sans effet durable », notamment faute d’encadrement suffisant dans les licences générales.

    Vous êtes étudiant en licence — et vous avez un mémoire ou un travail de recherche à rendre ?

    Tesify est un assistant IA conçu pour les étudiants de l’enseignement supérieur français : structure de plan, aide à la rédaction, vérification de cohérence. Essayez gratuitement pour voir si cela peut vous faire gagner du temps sur votre prochain travail académique.

    Essayer Tesify gratuitement →