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  • Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Votre directeur de thèse vous demande un plan de gestion des données, l’ANR l’exige avant le premier versement, ou votre établissement vous y oblige en vertu d’un décret paru fin 2021 : dans tous ces cas, vous vous retrouvez face à un document dont personne ne vous a expliqué ni la structure, ni les enjeux réels. Le plan de gestion des données mémoire thèse 2026 n’est pas une formalité administrative de plus — c’est l’outil qui protège vos données, sécurise votre travail contre la perte accidentelle et démontre votre rigueur scientifique à tout jury ou évaluateur. Ce guide pratique vous donne tout ce qu’il faut savoir : cadre légal exact, outil OPIDoR, les sept rubriques standard et la procédure pas à pas pour rédiger votre premier PGD.

    Que vous soyez doctorant en début de thèse, masterant en M2 avec des données d’entretiens ou un jeu de données quantitatif, ou encore chercheur junior soumettant un projet ANR ou Horizon Europe, ce guide vous accompagne de la première rubrique à la validation finale. Les exigences ont évolué en 2026 : les établissements publics de recherche sont désormais soumis à une obligation légale explicite, et les financeurs européens ont renforcé leurs critères d’évaluation des DMP.

    En bref : Un plan de gestion des données (PGD ou DMP) est un document structuré en 7 rubriques qui décrit comment vous collectez, documentez, stockez, protégez et partagez vos données de recherche tout au long de votre projet. En France, le Décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021 le rend obligatoire dans les établissements publics de recherche. L’outil gratuit recommandé est DMP OPIDoR, opéré par l’INIST-CNRS.

    Le Décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021, publié au Journal officiel, définit les exigences d’intégrité scientifique applicables aux établissements publics contribuant au service public de la recherche ainsi qu’aux fondations reconnues d’utilité publique dont la recherche publique constitue l’activité principale. Son article 6 — confirmé par plusieurs universités françaises dans leur documentation interne — impose aux chercheurs de ces établissements de rédiger un plan de gestion des données dans le cadre de leurs projets de recherche.

    L’intégrité scientifique y est définie comme l’ensemble des règles et valeurs qui doivent régir les activités de recherche pour en garantir le caractère honnête et scientifiquement rigoureux. Le plan de gestion des données s’inscrit directement dans cette logique : il documente les choix méthodologiques relatifs aux données, rend la recherche reproductible, et prévient les risques de perte, de manipulation ou de mauvaise utilisation des données primaires.

    Pour les doctorants, ce décret s’applique dès le premier jour d’inscription. Pour les masterants en M2 réalisant un mémoire de recherche avec collecte de données empiriques, la rédaction d’un PGD — même simplifié — constitue une bonne pratique fortement encouragée par les écoles doctorales et les bibliothèques universitaires, et parfois exigée par les directeurs de mémoire.

    Point de vigilance : Le décret cible les établissements publics de recherche. Si vous êtes inscrit dans une grande école privée ou un organisme non soumis au service public de la recherche, vérifiez le règlement intérieur de votre établissement. En pratique, la quasi-totalité des écoles doctorales françaises ont intégré cette exigence dans leurs chartes.

    Qu’est-ce qu’un PGD/DMP ? Définition et enjeux

    Un plan de gestion des données (PGD en français, DMP pour Data Management Plan en anglais) est un document évolutif qui décrit, à chaque étape du cycle de vie de la recherche, comment les données sont collectées, traitées, documentées, stockées, protégées et, le cas échéant, partagées ou archivées à long terme. Il ne s’agit pas d’un document figé : le PGD s’actualise au fil du projet, notamment lors de changements méthodologiques ou de nouvelles contraintes éthiques identifiées en cours de terrain.

    Trois enjeux majeurs justifient la rédaction d’un PGD pour tout mémoire ou thèse comportant de la collecte de données :

    • Protection contre la perte : identifier dès le départ les stratégies de sauvegarde (règle 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site) protège des années de travail.
    • Conformité RGPD et éthique : toute collecte de données personnelles (entretiens, questionnaires avec données identifiantes) doit être encadrée par une base légale explicite et un protocole d’anonymisation documenté — voir à ce sujet le guide complet sur le protocole RGPD pour entretiens de mémoire 2026.
    • Valorisation et partage : un PGD bien rédigé facilite le dépôt dans un entrepôt de données certifié et la citation de vos données par d’autres chercheurs, renforçant l’impact de vos travaux.

    Le PGD s’inscrit dans le mouvement international pour la science ouverte et les données FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable). Ces quatre principes — trouvabilité, accessibilité, interopérabilité, réutilisabilité — constituent le socle de toute politique de gestion des données moderne, qu’il s’agisse d’une thèse de doctorat ou d’un grand projet de recherche financé par l’Union européenne.


    📊 Cycle de vie des données de recherche — Ressource interactive INIST-CNRS
    Source : DoRANum / INIST-CNRS — Licence CC BY-NC-SA

    OPIDoR : l’outil gratuit de l’INIST-CNRS

    DMP OPIDoR (Outil en ligne pour un Plan de gestion de données Ouvert et Réutilisable) est la plateforme de référence en France pour rédiger son plan de gestion des données. Opérée par l’INIST-CNRS (Institut de l’information scientifique et technique du Centre national de la recherche scientifique), elle est accessible gratuitement à l’adresse dmp.opidor.fr.

    OPIDoR propose plusieurs ressources adaptées aux étudiants comme aux chercheurs confirmés :

    • Modèles de plans publics : des gabarits préconfigurés selon le financeur (ANR, Horizon Europe) ou la discipline permettent de ne pas partir d’une page blanche.
    • Groupes de guidage : des ensembles de recommandations organisées par communauté disciplinaire, rédigées par des experts de domaine.
    • Plans publics en exemple : des PGD réels (anonymisés ou publics) illustrent ce qu’un plan finalisé doit contenir.
    • Glossaire et ressources pédagogiques : définitions des types de données de recherche, FAQ technique, accès API pour les établissements.

    Pour créer votre compte OPIDoR, rendez-vous sur dmp.opidor.fr et utilisez de préférence votre identifiant institutionnel (via la fédération d’identité éducation/recherche). Une fois connecté, sélectionnez le modèle correspondant à votre financeur ou, à défaut, le modèle générique. L’outil vous guidera rubrique par rubrique avec des questions directrices et des exemples de réponses.

    Pour compléter votre apprentissage de l’outil, la plateforme DoRANum (Données de la Recherche : Apprentissage NUMérique) propose un module interactif spécifiquement dédié à la prise en main d’OPIDoR, accessible sans inscription. De nombreuses bibliothèques universitaires françaises, comme celle d’Aix-Marseille Université, proposent également des tutoriels en quatre étapes rédigés par leur cellule Science ouverte — consultez notamment les ressources en ligne de l’AMU.

    Les 7 rubriques standard d’un DMP expliquées

    Quel que soit le modèle utilisé (ANR, Horizon Europe, institutionnel), un plan de gestion des données s’articule autour de sept rubriques fondamentales. Le tableau ci-dessous synthétise leur contenu et les questions directrices associées.

    Les 7 rubriques standard d’un plan de gestion des données
    # Rubrique Questions directrices
    1 Collecte et description des données Quels types de données ? Quels formats ? Quel volume estimé ? Des données existantes sont-elles réutilisées ?
    2 Documentation et métadonnées Quelles informations permettront d’interpréter les données dans 10 ans ? Quels standards de métadonnées (Dublin Core, DataCite) ?
    3 Stockage et sauvegarde Où les données sont-elles stockées ? Quelle stratégie de sauvegarde (règle 3-2-1) ? Qui a accès ? Quelle sécurité (chiffrement, ISO 27001) ?
    4 Éthique et conformité légale Y a-t-il des données personnelles (RGPD) ? Un comité d’éthique est-il requis ? Quelles conditions de confidentialité ? Quels consentements obtenus ?
    5 Conservation à long terme Quelles données méritent d’être conservées après le projet ? Pour combien de temps ? Dans quel entrepôt ? Quels formats pérennes (PDF/A, CSV, TIFF) ?
    6 Partage et diffusion Les données seront-elles ouvertes ou soumises à embargo ? Dans quel entrepôt (Zenodo, Recherche Data Gouv, Nakala) ? Quelle licence (Creative Commons) ?
    7 Responsabilités et ressources Qui est responsable de chaque tâche ? Quels coûts humains et techniques sont associés (stockage, curation) ?

    Rubrique 1 — Collecte et description des données

    Décrivez précisément la nature de vos données : données textuelles (transcriptions d’entretiens, notes de terrain), numériques (tableurs de mesures, bases de données statistiques), visuelles (photographies, vidéos) ou mixtes. Précisez les formats de fichier — privilégiez les formats ouverts (CSV, TXT, ODT) aux formats propriétaires (XLSX, DOCX) pour garantir la pérennité. Si vous réutilisez des données existantes (bases publiques, corpus en ligne), indiquez leur source et les conditions de réutilisation.

    Rubrique 4 — Éthique et conformité RGPD

    Cette rubrique est souvent celle qui demande le plus d’attention pour les masterants et doctorants en sciences humaines et sociales. Toute collecte de données personnelles (entretiens enregistrés, questionnaires comportant des données identifiantes directes ou indirectes) doit reposer sur une base légale explicite au sens du RGPD (article 6), généralement le consentement éclairé de la personne enquêtée. Documentez dans votre PGD : le formulaire de consentement utilisé, la procédure d’anonymisation ou de pseudonymisation, la durée de conservation des données brutes et les mesures de sécurité adoptées. Pour une méthodologie complète de mise en conformité, consultez notre guide détaillé sur le protocole RGPD pour entretiens de mémoire 2026.

    Rubrique 6 — Partage et diffusion

    Le partage des données est au cœur de la politique de science ouverte. En France, les principaux entrepôts recommandés sont Recherche Data Gouv (portail national généraliste), Nakala (données en SHS, opéré par la TGIR Huma-Num), et Zenodo (plateforme européenne du CERN, acceptant toutes les disciplines). Pour les thèses, le dépôt dans l’entrepôt de votre établissement est souvent possible en parallèle du dépôt institutionnel sur HAL/DUMAS. Pensez à appliquer une licence Creative Commons (CC BY 4.0 recommandée pour les données ouvertes) et à indiquer si un embargo temporaire est justifié (valorisation commerciale, données sensibles).

    Rédiger son PGD étape par étape

    Voici la procédure recommandée pour créer votre premier plan de gestion des données via OPIDoR, de la connexion à la validation finale.

    1. Créez votre compte OPIDoR : Rendez-vous sur dmp.opidor.fr et connectez-vous via votre identifiant institutionnel ou créez un compte avec votre adresse email universitaire. La connexion via la fédération d’identité éducation/recherche (eduGAIN) est recommandée si votre établissement la supporte.
    2. Sélectionnez ou créez un plan : Cliquez sur « Créer un plan ». Donnez-lui un titre explicite (ex. : PGD — Mémoire M2 Sociologie — Données d’entretiens sur les pratiques numériques — 2025-2026). Choisissez votre établissement dans la liste pour obtenir des recommandations contextualisées.
    3. Choisissez le bon modèle : OPIDoR propose des modèles spécifiques ANR, Horizon Europe, et des modèles institutionnels. Si votre recherche n’est pas financée par un appel à projets, sélectionnez le modèle générique Science Europe ou le modèle de votre établissement. Pour une thèse ANR, le modèle ANR 2023 est le plus récent disponible.
    4. Répondez aux 7 rubriques : Ne cherchez pas l’exhaustivité dès la première version. Répondez honnêtement en indiquant ce que vous savez, ce qui est incertain et ce qui reste à décider. L’outil accepte les réponses partielles ; le PGD sera complété au fil du projet. Chaque rubrique comporte des questions directrices et des exemples de réponses adaptées à votre discipline.
    5. Faites relire par votre bibliothèque universitaire : La plupart des BU françaises disposent d’un service dédié aux données de recherche (souvent rattaché à la cellule Science ouverte). Soumettez votre PGD pour relecture avant de le finaliser — c’est gratuit et les bibliothécaires-documentalistes connaissent les attentes des financeurs locaux.
    6. Exportez et déposez : OPIDoR permet d’exporter le PGD en PDF ou en JSON (pour interopérabilité avec d’autres outils). Si votre financeur exige un dépôt dans son espace dédié (portail ANR, espace projet Horizon Europe), exportez en PDF et déposez via l’interface du financeur. Conservez une copie dans votre dossier de projet.
    7. Mettez à jour à chaque jalon : Le PGD doit évoluer avec votre projet. Planifiez une révision à mi-parcours (ex. : après la collecte de données) et une révision finale (avant la soutenance ou la clôture du projet). Indiquez la date de dernière mise à jour sur la page de couverture du document.

    Exigences ANR et Horizon Europe en 2026

    Les deux principaux financeurs de la recherche pour les chercheurs et doctorants en France ont des politiques de gestion des données distinctes mais convergentes.

    ANR (Agence Nationale de la Recherche)

    L’ANR exige un plan de gestion des données pour tous les projets qu’elle finance depuis 2019. Le PGD doit être soumis dans les six premiers mois suivant le démarrage officiel du projet et mis à jour à chaque jalon. L’ANR s’appuie sur le modèle Science Europe, disponible directement dans OPIDoR sous la dénomination « modèle ANR ». Les données doivent respecter les principes FAIR et, dans la mesure du possible, être déposées dans un entrepôt certifié — l’ANR recommande prioritairement Recherche Data Gouv.

    Horizon Europe (Commission européenne)

    Le programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation Horizon Europe va plus loin : le PGD est obligatoire pour tous les projets financés, le premier livrable devant être soumis dans les six premiers mois. La Commission européenne exige que les données soient « aussi ouvertes que possible, aussi fermées que nécessaire » (as open as possible, as closed as necessary). Le modèle Horizon Europe est disponible dans OPIDoR et intègre des sections spécifiques sur les logiciels et codes sources. Un embargo peut être accordé pour des données commercialement sensibles ou soumises à des contraintes éthiques légitimes, mais doit être explicitement justifié dans le PGD.

    Conseil pratique : Si vous êtes doctorant dans un laboratoire porteur d’un contrat ANR ou Horizon Europe, votre PGD de thèse peut être aligné avec le PGD du projet. Demandez à votre directeur de thèse ou au responsable scientifique du projet si un PGD de contrat existe — vous pourrez vous en inspirer pour votre propre document.

    Erreurs fréquentes à éviter

    L’analyse des plans soumis par des doctorants et masterants français révèle un ensemble d’erreurs récurrentes que l’on peut facilement éviter avec une bonne information préalable.

    • Rédiger le PGD une seule fois et ne jamais le mettre à jour : Le plan est conçu comme un document évolutif. Un PGD non actualisé depuis la phase de conception ne correspond plus à la réalité du terrain.
    • Omettre la rubrique éthique/RGPD : Beaucoup d’étudiants considèrent que leurs données ne sont « pas vraiment personnelles » car anonymisées a posteriori. Rappel : dès que vous collectez des données sur des individus identifiables — même temporairement — le RGPD s’applique. Documentez chaque étape de l’anonymisation.
    • Choisir des formats de fichiers propriétaires pour l’archivage : Stocker vos données définitives uniquement en .xlsx ou .docx expose à une inaccessibilité future. Convertissez en formats pérennes (CSV, TXT, PDF/A) pour l’archivage long terme. Consultez également notre guide sur la publication de mémoire sur HAL/DUMAS pour comprendre les exigences de format à l’étape du dépôt.
    • Ne pas indiquer de responsable clairement identifié : La rubrique 7 est souvent expédiée. Pour une thèse individuelle, le doctorant est certes le principal responsable, mais précisez le rôle du directeur de thèse, du laboratoire et de la bibliothèque dans la chaîne de conservation.
    • Négliger l’évaluation des coûts : Stocker des téraoctets de données vidéo sur un serveur institutionnel a un coût. Anticiper ces ressources dans le PGD, même approximativement, montre la maturité de votre approche aux évaluateurs.
    • Confondre entrepôt de données et archive institutionnelle : HAL et DUMAS sont des archives pour les publications et mémoires ; elles ne sont pas conçues pour héberger des jeux de données bruts. Utilisez un entrepôt dédié (Zenodo, Recherche Data Gouv, Nakala) pour vos données primaires.

    FAQ — Plan de gestion des données mémoire thèse 2026

    Le plan de gestion des données est-il obligatoire pour un mémoire de master ?

    Pour un mémoire de master, le PGD n’est pas encore légalement obligatoire au sens du Décret 2021-1572 (qui cible les chercheurs des établissements publics). Cependant, de nombreux directeurs de mémoire l’exigent dès que le mémoire comporte une collecte de données empiriques (entretiens, questionnaires, observation). À minima, sa rédaction est vivement recommandée : elle structure la démarche, protège le travail contre la perte de données et constitue un atout lors de la soutenance.

    OPIDoR est-il le seul outil pour rédiger un DMP en France ?

    Non. D’autres outils existent, comme DMPonline (développé par le DCC britannique) ou RDMO (Research Data Management Organiser). Cependant, OPIDoR est l’outil de référence recommandé par la grande majorité des universités françaises, les bibliothèques universitaires et l’ANR, car il est opéré par l’INIST-CNRS, disponible en français et intègre des modèles adaptés au contexte de la recherche française et européenne.

    Quelle est la différence entre un PGD et un registre des traitements RGPD ?

    Le PGD couvre l’intégralité du cycle de vie des données de recherche (collecte, documentation, stockage, partage, archivage) et a une finalité scientifique et institutionnelle. Le registre des traitements RGPD est un document juridique spécifique, tenu par le délégué à la protection des données (DPO) de l’établissement, qui recense les traitements de données personnelles. Les deux documents sont complémentaires : la rubrique 4 de votre PGD (éthique et conformité légale) doit être cohérente avec ce que le DPO a enregistré pour votre projet.

    Que faire si mes données sont confidentielles et ne peuvent pas être partagées ?

    La politique de science ouverte est « aussi ouverte que possible, aussi fermée que nécessaire ». Si vos données sont confidentielles (données cliniques identifiables, données issues d’entreprises sous accord de confidentialité, données sensibles relevant de l’article 9 du RGPD), vous pouvez opter pour un accès restreint ou un embargo dans votre PGD. L’essentiel est d’expliquer clairement la raison de cette restriction, sa durée et la procédure d’accès pour les chercheurs légitimes. OPIDoR prévoit ces options dans ses modèles.

    Combien de pages doit faire un PGD pour une thèse ?

    Il n’existe pas de norme de longueur fixe. Un PGD de thèse pour un projet individuel en SHS avec des entretiens semi-directifs tient généralement en 5 à 10 pages. Un projet en sciences expérimentales avec de grands volumes de données (imagerie, séquençage) peut nécessiter 15 à 20 pages. Pour un mémoire de master, un PGD simplifié de 2 à 4 pages suffit dans la plupart des cas. L’ANR et Horizon Europe n’imposent pas de limite de pages mais évaluent la qualité et la complétude des réponses.

    Quels entrepôts de données sont recommandés pour les chercheurs en France ?

    Recherche Data Gouv est le portail national généraliste soutenu par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche — il est recommandé en premier lieu par l’ANR. Nakala (TGIR Huma-Num) est spécialisé dans les données en sciences humaines et sociales. Zenodo (CERN) est une solution européenne pluridisciplinaire, gratuite, attribuant des DOI. Pour les disciplines spécifiques, le registre re3data.org répertorie plus de 2 000 entrepôts certifiés et permet de filtrer par discipline, pays et type de données.

    Le plan de gestion des données doit-il figurer en annexe de la thèse ou du mémoire ?

    Non, le PGD n’est pas un appendice de la thèse ou du mémoire : c’est un document de gestion de projet qui reste dans l’espace de travail du chercheur et de son établissement. Il n’est pas soumis au jury de soutenance. En revanche, vous pouvez vous appuyer sur son contenu pour rédiger la section méthodologique de votre chapitre sur le terrain (description des données, procédures de collecte, mesures éthiques), ce qui renforce la rigueur de votre texte académique.

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  • 40 Revues Scientifiques Françaises en Accès Ouvert où Publier ou Citer, Classées par Discipline (2026)

    40 Revues Scientifiques Françaises en Accès Ouvert où Publier ou Citer, Classées par Discipline (2026)

    40 Revues Scientifiques Françaises en Accès Ouvert où Publier ou Citer, Classées par Discipline (2026)

    Trouver une revue sérieuse pour publier un premier article ou identifier une source fiable pour un mémoire de master : la tâche est plus difficile qu’il n’y paraît. Entre les plateformes commerciales avec embargo de trois à cinq ans, les revues prédatrices qui imitent les vraies, et les archives ouvertes souvent confondues avec des journaux scientifiques, les étudiants et jeunes chercheurs perdent un temps précieux. La France dispose pourtant d’un tissu remarquable de revues scientifiques en accès ouvert — gratuites à lire, gratuites à citer, et pour beaucoup, gratuites à publier.

    Ce répertoire recense 40 revues francophones en accès ouvert actives en 2026, vérifiées sur leurs plateformes respectives. Elles sont classées par discipline et indiquent clairement le modèle d’accès : voie diamant (gratuit pour l’auteur et le lecteur, immédiat), accès ouvert immédiat sans APC, ou mode freemium (HTML libre, PDF sur abonnement institutionnel). Chaque section distingue les revues — publications périodiques à comité de lecture — des archives ouvertes comme HAL ou DUMAS, qui sont des dépôts de textes et non des revues scientifiques.

    L’essentiel en 3 lignes — Les 40 revues de ce répertoire sont accessibles gratuitement sur quatre infrastructures : Centre Mersenne (mathématiques et sciences, modèle diamant), Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (7 séries disciplinaires, diamond OA depuis 2020), OpenEdition Journals (SHS et droit, 407 revues en OA intégral et 203 en freemium) et Érudit (lettres et sciences sociales, partiellement OA). Pour toute revue absente de cette liste, le DOAJ (doaj.org) est la liste blanche internationale de référence.

    Accès ouvert : voie dorée, diamant, verte et freemium

    L’accès ouvert (open access) désigne la diffusion gratuite et permanente des résultats de la recherche sur internet. Toutes les revues OA ne proposent pas le même niveau de gratuité ni les mêmes conditions pour les auteurs. Comprendre ces distinctions évite les mauvaises surprises au moment de soumettre un article ou d’identifier une source pour un travail universitaire.

    Modèle Lecteur Auteur (APC) Exemples français
    Voie diamant Gratuit, immédiat Aucun frais Centre Mersenne, Comptes Rendus
    Voie dorée sans APC Gratuit, immédiat Aucun frais Criminocorpus, Jus Politicum
    Voie dorée avec APC Gratuit, immédiat Payant (souvent 1 500–3 000 €) Certains éditeurs internationaux
    Freemium OpenEdition HTML libre, PDF sur abonnement Aucun frais Genèses, Clio, Droit et Société
    Accès différé (embargo) Gratuit après 1 à 5 ans Variable Revues archivées sur Persée

    Selon le Baromètre de la Science Ouverte publié par le Comité pour la Science Ouverte (ouvrirlascience.fr), la majorité des publications françaises récentes sont désormais accessibles en accès ouvert sous une forme ou une autre. Près de 70 % des revues répertoriées dans le DOAJ n’imposent aucun frais de publication — ce qui invalide l’idée reçue que publier en OA nécessite un paiement de l’auteur. Pour les données détaillées par discipline, voir notre guide sur la science ouverte en France (taux, disciplines, plan national).

    À ne pas confondre avec les archives ouvertes. HAL, DUMAS et theses.fr sont des dépôts institutionnels : les auteurs y versent une version de leur texte (preprint ou postprint), mais ces plateformes n’effectuent aucune évaluation par les pairs. Une archive ouverte et une revue en accès ouvert sont deux objets distincts. Ce répertoire se concentre exclusivement sur les revues dotées d’un processus d’évaluation indépendant.

    Les 4 plateformes françaises de référence

    OpenEdition Journals (anciennement Revues.org)

    Créée en 1999, OpenEdition Journals est la principale infrastructure publique française pour les revues en SHS et en droit. Elle héberge plus de 670 revues, dont 407 en accès ouvert intégral (HTML et PDF libres) et 203 en mode freemium (HTML toujours lisible gratuitement en ligne, PDF réservé aux abonnés institutionnels). Le statut de chaque revue est consultable dans le catalogue public : catalogues.openedition.org/journals. Pour approfondir l’usage pratique d’OpenEdition et d’Érudit, voir notre guide dédié à ces deux plateformes.

    Centre Mersenne

    Héritier du CEDRAM, le Centre Mersenne est la plateforme française d’édition scientifique en accès ouvert diamant pour les mathématiques et les sciences exactes. Il publie plus de 20 revues entièrement gratuites pour les auteurs comme pour les lecteurs, toutes indexées dans le DOAJ et accessibles depuis centre-mersenne.org.

    Comptes Rendus de l’Académie des Sciences

    Depuis 2020, les Comptes Rendus édités par l’Académie des Sciences sont distribués en accès ouvert diamant via le Centre Mersenne : sept séries disciplinaires, aucun APC, licence Creative Commons CC BY 4.0, accès immédiat et permanent. C’est l’un des rares exemples au monde d’une revue nationale pluridisciplinaire entièrement passée au modèle diamant.

    Érudit

    Plateforme franco-québécoise fondée en 1998, Érudit héberge des revues publiées en français au Québec et, pour certaines, en collaboration avec des institutions françaises. Trois revues supplémentaires ont rejoint l’accès ouvert immédiat en 2026. Pour compléter la recherche documentaire au-delà des revues, consulter notre liste des 23 bases de données scientifiques gratuites pour votre mémoire.

    Les quatre plateformes françaises de référence pour les revues scientifiques en accès ouvert : OpenEdition, Centre Mersenne, Comptes Rendus et Érudit
    Les quatre infrastructures publiques françaises pour l’édition en accès ouvert : OpenEdition (SHS/droit), Centre Mersenne (mathématiques), Comptes Rendus (pluridisciplinaire, voie diamant) et Érudit (franco-québécois)

    1. Mathématiques et sciences formelles — 8 revues (Centre Mersenne, voie diamant)

    Toutes les revues de ce groupe sont publiées par le Centre Mersenne en accès ouvert diamant : aucun frais pour l’auteur, aucun abonnement pour le lecteur, accès immédiat et permanent. Elles sont portées par des institutions françaises — universités, CNRS, sociétés savantes.

    # Revue Domaine précis Institution porteuse
    1 Annales de l’Institut Fourier Mathématiques (toutes branches) Institut Fourier, Univ. Grenoble Alpes
    2 Annales de la Faculté des Sciences de Toulouse — Mathématiques Mathématiques pures et appliquées Université Toulouse III
    3 Annales Henri Lebesgue Mathématiques, haut niveau Universités de Rennes et Bretagne
    4 Journal de l’École polytechnique — Mathématiques (e-ISSN 2270-518X) Recherche mathématique fondamentale École Polytechnique
    5 Journal de Théorie des Nombres de Bordeaux Théorie des nombres Université de Bordeaux
    6 Confluentes Mathematici Mathématiques pures et physique mathématique Université Lyon 1 / ICJ
    7 Annales mathématiques Blaise Pascal Mathématiques pures et appliquées Université Clermont-Auvergne
    8 SMAI Journal of Computational Mathematics Mathématiques computationnelles SMAI (Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles)

    Le Centre Mersenne héberge également des revues en physique mathématique, en intelligence artificielle (Revue ouverte d’intelligence artificielle) et en écologie statistique (Journal of Statistical Ecology). La liste complète est disponible sur centre-mersenne.org.

    2. Sciences de la nature et de l’ingénieur — 7 revues (Comptes Rendus, voie diamant)

    Les sept séries des Comptes Rendus de l’Académie des Sciences forment un ensemble sans équivalent en France : des revues disciplinaires éditées par l’Académie des Sciences, passées au modèle diamant en 2020, sous licence CC BY 4.0, avec DOI systématique et indexation internationale.

    # Série Domaine Modèle
    9 Comptes Rendus. Mathématique Mathématiques Diamant / CC BY 4.0
    10 Comptes Rendus. Physique Physique et astrophysique Diamant / CC BY 4.0
    11 Comptes Rendus. Chimie Chimie Diamant / CC BY 4.0
    12 Comptes Rendus. Mécanique Mécanique des fluides et des solides Diamant / CC BY 4.0
    13 Comptes Rendus. Géoscience Sciences de la Terre et de l’environnement Diamant / CC BY 4.0
    14 Comptes Rendus. Biologies Sciences de la vie Diamant / CC BY 4.0
    15 Comptes Rendus. Palevol Paléontologie et évolution Diamant / CC BY 4.0

    Ces sept séries acceptent les articles en français et en anglais, et sont indexées dans Web of Science, Scopus et le DOAJ. La soumission se fait via le Centre Mersenne, sans aucun frais de traitement.

    3. Sciences humaines et sociales — 10 revues (OpenEdition Journals)

    Les revues ci-dessous sont hébergées sur OpenEdition Journals. La colonne Accès distingue les revues en OA intégral (HTML et PDF librement téléchargeables) des revues en mode freemium (HTML toujours lisible en ligne gratuitement ; PDF uniquement via bibliothèque universitaire abonnée). Dans les deux cas, lire et citer ces revues est gratuit. Pour les archives des anciennes revues SHS françaises, Persée constitue un complément précieux : voir notre guide Persée pour la recherche académique.

    # Revue Domaine Éditeur Accès
    16 Revue française de pédagogie Sciences de l’éducation ENS Éditions / INRP OA intégral
    17 Criminocorpus Histoire de la justice et du droit pénal CESDIP / CNRS OA intégral
    18 Champ pénal / Penal field Criminologie et sociologie pénale Société de criminologie OA intégral
    19 Tracés. Revue de Sciences humaines SHS interdisciplinaires ENS de Lyon OA intégral
    20 Mots. Les langages du politique Linguistique et science politique ENS Éditions OA intégral
    21 Temporalités. Revue de sciences sociales et humaines Sociologie du temps GDR Temporalités / OpenEdition OA intégral
    22 Clio. Femmes, Genre, Histoire Histoire du genre Presses Universitaires du Midi Freemium
    23 Genèses. Sciences sociales et histoire SHS historiques interdisciplinaires Belin / EHESS Freemium
    24 Histoire de l’éducation Histoire de l’éducation ENS Éditions / INRP OA intégral
    25 Enquête. Anthropologie, Histoire, Sociologie Anthropologie et sociologie EHESS Marseille OA intégral

    4. Droit et sciences juridiques — 6 revues

    La France dispose d’un réseau actif de revues juridiques en accès ouvert, recensées par le Portail Universitaire du Droit (univ-droit.fr), qui maintient la liste exhaustive des revues en voie dorée. Les six revues sélectionnées ici figurent sur OpenEdition ou sur des plateformes institutionnelles françaises.

    # Revue Domaine Éditeur / Plateforme Accès
    26 Jus Politicum Droit constitutionnel comparé Université Paris II / OpenEdition OA intégral
    27 La Revue des Droits de l’Homme Droits fondamentaux internationaux Univ. Paris Nanterre / OpenEdition OA intégral
    28 Droits fondamentaux Droits et libertés fondamentaux Université Paris Cité OA intégral
    29 Droit et Cultures Droit comparé et sciences sociales Univ. Paris Nanterre / OpenEdition OA intégral
    30 Droit et Société Sociologie du droit LGDJ / OpenEdition Freemium
    31 Titre VII Droit constitutionnel Conseil constitutionnel OA intégral (publication officielle)

    Titre VII est la revue du Conseil constitutionnel français, accessible intégralement sur le site institutionnel. Elle publie des analyses de jurisprudence constitutionnelle et des études doctrinales, et constitue une source primaire d’autorité pour les travaux en droit public français. Pour les signaux permettant de distinguer une revue juridique légitime d’une revue prédatrice, voir notre guide sur les revues prédatrices.

    5. Économie et gestion — 3 revues

    # Revue Domaine Éditeur / Plateforme Accès
    32 Économie et Statistique / Economics and Statistics (e-ISSN 1777-5574) Économie appliquée, statistiques descriptives INSEE — site insee.fr OA intégral (publication publique)
    33 Œconomia. History, Methodology, Philosophy Histoire et épistémologie de la pensée économique ESCP Europe / OpenEdition OA intégral
    34 Revue de l’OFCE — Observation et diagnostics économiques Économie politique, conjoncture macroéconomique OFCE / Sciences Po / OpenEdition Freemium

    Économie et Statistique, publiée par l’INSEE, est accessible librement sur le site de l’institut. Elle publie simultanément les articles en français et en anglais dans sa version électronique, ce qui en fait une source de premier rang pour les travaux empiriques sur l’économie française. Son e-ISSN 1777-5574 est vérifiable sur le portail ISSN international.

    6. Santé et sciences médicales — 3 revues

    L’édition médicale française reste davantage orientée vers les modèles commerciaux que les SHS. Ces trois revues constituent des exceptions notables, portées par des institutions publiques ou des sociétés savantes.

    # Revue Domaine Éditeur / Plateforme Accès
    35 Médecine Tropicale et Santé Internationale Médecine tropicale et santé mondiale Société française de médecine tropicale et de santé internationale OA intégral
    36 Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) Épidémiologie et santé publique Santé Publique France OA intégral (publication officielle)
    37 Anthropologie et Santé Anthropologie médicale et santé globale AMADES / OpenEdition OA intégral

    Le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire est une publication officielle de l’agence nationale Santé Publique France. C’est une source primaire de référence pour les travaux en santé publique, épidémiologie et politique de santé. Anthropologie et Santé constitue un pont entre les méthodes qualitatives SHS et les problématiques de santé globale.

    7. Lettres, arts et culture — 3 revues

    # Revue Domaine Éditeur / Plateforme Accès
    38 Tangence Littérature et arts (francophone) UQAR / UQTR — Érudit OA intégral depuis 2026
    39 RACAR. Revue d’art canadienne / Canadian Art Review Histoire de l’art et études visuelles AAUC — Érudit OA intégral depuis 2026
    40 CeROArt. Conservation, Exposition, Restauration d’Oeuvres d’Art Conservation-restauration, muséologie CeROArt / OpenEdition OA intégral

    Tangence et RACAR sont des revues québécoises publiées en français ou bilingues : leur contenu est pleinement pertinent pour les étudiants français en lettres, arts et histoire de l’art, mais leurs institutions de tutelle sont canadiennes. Toutes deux ont rejoint l’accès ouvert immédiat en 2026 via Érudit.

    Évaluer une revue OA avant de l’utiliser ou d’y soumettre

    L’essor de l’accès ouvert a, par effet secondaire, facilité la prolifération de revues prédatrices qui imitent les revues légitimes sur la forme — site soigné, numéros d’ISSN, noms de comités — sans respecter leurs pratiques éditoriales. Trois vérifications suffisent avant toute décision.

    Vérifier la présence dans les listes blanches

    Le DOAJ (doaj.org) indexe les revues OA satisfaisant un cahier des charges éditorial strict : comité de lecture par les pairs, ISSN vérifié, transparence des frais de publication. Une revue référencée dans le DOAJ est un signal fort de légitimité. En France, Mir@bel (reseau-mirabel.info) recense spécifiquement les revues françaises et leur statut DOAJ. Sur OpenEdition, le catalogue public affiche le statut d’accès et l’existence d’un processus d’évaluation revue par revue.

    Appliquer la démarche Think·Check·Submit

    Le protocole Think·Check·Submit propose une série de questions rapides : l’éditeur est-il identifiable et joignable ? Le comité de rédaction liste-t-il des chercheurs avec affiliations vérifiables ? La revue possède-t-elle un ISSN confirmé sur le portail ISSN officiel ? Toutes les revues de ce répertoire répondent à ces critères.

    Contrôler l’indexation et la continuité éditoriale

    Une revue légitime est indexée dans au moins un agrégateur reconnu : DOAJ, Web of Science, Scopus, PubMed ou ERIH Plus pour les SHS. La continuité éditoriale — plusieurs années de numéros publiés régulièrement, archives accessibles — est un indicateur de fiabilité complémentaire. Pour un guide détaillé sur les 10 signaux d’alerte des revues prédatrices, voir notre article dédié avec la checklist Think-Check-Submit.

    Grille d'évaluation d'une revue scientifique en accès ouvert : vérification du comité de lecture, de l'ISSN et de la présence dans le DOAJ
    Évaluer une revue OA : vérifier sa présence dans le DOAJ, son comité de lecture identifiable, son ISSN certifié et sa continuité éditoriale — trois étapes pour éviter les revues prédatrices

    Comment citer un article issu d’une revue en accès ouvert

    La citation d’un article en accès ouvert suit exactement les mêmes normes bibliographiques qu’un article commercial. Le fait que l’article soit gratuit ne modifie ni le format ni les éléments obligatoires. En APA 7 :

    Dupont, M., et Martin, S. (2024). Titre de l’article. Nom de la Revue, 12(3), 45–67. https://doi.org/10.xxxx/xxxxx

    Trois points pratiques à retenir :

    • DOI plutôt qu’URL de plateforme. Le DOI est un identifiant permanent : il renvoie vers l’article même si la plateforme migre vers un autre nom de domaine. Les Comptes Rendus, les revues Centre Mersenne et la plupart des revues OpenEdition attribuent systématiquement un DOI. Vérifiez-le dans la notice de l’article avant de copier une URL.
    • Pas de mention « accès libre » en APA 7. Le statut OA n’apparaît pas dans la référence bibliographique standard. La licence Creative Commons peut être mentionnée en note si le contexte de réutilisation le justifie.
    • Date de consultation. Elle s’ajoute uniquement pour les documents susceptibles de changer (pages web sans DOI, rapports institutionnels non versionnés). Pour un article de revue avec DOI, elle est inutile.

    Pour une présentation complète des normes APA 7, leurs formats et leurs exemples pour chaque type de source (article, ouvrage, rapport institutionnel, page web), notre guide Normes APA 7e édition en 2026 détaille la méthode de citation complète. Si vous envisagez de transformer votre mémoire en article pour l’une de ces revues, notre guide comment transformer son mémoire en article scientifique publiable détaille la restructuration en format IMRaD, le choix de la revue cible et la rédaction de la lettre de soumission.

    FAQ — Revues scientifiques françaises en accès ouvert

    Quelle est la différence entre une archive ouverte (HAL) et une revue en accès ouvert ?

    HAL, DUMAS et theses.fr sont des dépôts institutionnels : les auteurs y versent leurs textes (preprints ou postprints) sans qu’aucune évaluation par les pairs indépendante n’y soit effectuée. Une revue en accès ouvert est un périodique doté d’un comité de lecture qui évalue et sélectionne les articles avant publication. Pour citer dans un mémoire, préférez toujours la version publiée dans une revue à comité de lecture — dont le DOI figure souvent dans la notice HAL associée.

    Qu’est-ce que le mode freemium d’OpenEdition et est-ce vraiment gratuit pour un étudiant ?

    En mode freemium, la version HTML d’un article est toujours accessible gratuitement en ligne sur journals.openedition.org, sans inscription ni abonnement. Le téléchargement du fichier PDF ou ePub nécessite un accès via une bibliothèque universitaire abonnée. Pour un étudiant souhaitant lire et citer un article, le mode freemium est donc gratuit en pratique : lire l’article en ligne dans le navigateur est toujours possible. La restriction concerne uniquement l’export du fichier hors de la plateforme.

    Peut-on soumettre un article aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences sans être affilié à l’Académie ?

    Oui. Depuis la réforme de 2020, les sept séries des Comptes Rendus acceptent des soumissions directes de tout chercheur affilié à une institution, sans parrainage d’un académicien. Les articles sont évalués par le processus classique de revue par les pairs. La soumission se fait via le Centre Mersenne, sans frais de publication. Les articles sont acceptés en français et en anglais.

    Comment vérifier qu’un ISSN est authentique avant de citer une revue ?

    Le portail officiel ISSN (portal.issn.org) permet de rechercher gratuitement tout ISSN et d’obtenir les métadonnées associées : titre de la revue, éditeur, pays et historique. Si un ISSN ne renvoie à aucune notice, ou si les métadonnées ne correspondent pas à la revue consultée, il s’agit d’un signal d’alerte fort. Les revues prédatrices utilisent parfois des ISSN invalides ou empruntés à d’autres publications légitimes.

    Où trouver d’autres revues OA françaises au-delà de cette liste de 40 ?

    Quatre outils complémentaires : (1) le DOAJ (doaj.org), filtrable par langue française, pays de publication et présence ou absence d’APC ; (2) Mir@bel (reseau-mirabel.info), qui recense spécifiquement les revues françaises et leur statut dans le DOAJ ; (3) le catalogue OpenEdition (catalogues.openedition.org/journals), avec 407 revues en OA intégral et 203 en freemium, filtrables par discipline ; (4) la liste complète des revues Centre Mersenne (centre-mersenne.org) pour les mathématiques et les sciences exactes.

    Les revues de ce répertoire sont-elles reconnues dans les dossiers de candidature en doctorat ?

    Oui, pour la grande majorité. Les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences sont indexés dans Web of Science et Scopus. Les revues Centre Mersenne (Annales de l’Institut Fourier, Journal de Théorie des Nombres de Bordeaux) ont une réputation internationale en mathématiques. Les revues OpenEdition sont référencées dans ERIH Plus et reconnues par les commissions de recrutement françaises. Un article dans Jus Politicum, Criminocorpus ou Champ pénal est valorisé dans les dossiers de recrutement académique en droit, histoire et sciences sociales.

    Préparer un article à partir de votre mémoire

    Certaines de ces 40 revues constituent des débouchés naturels pour un mémoire de master bien structuré. Tesify vous aide à reformuler votre problématique au format IMRaD, à identifier la revue la plus adaptée à votre sujet et à gagner du temps sur la mise en forme bibliographique. Essayer Tesify gratuitement →

  • Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Depuis le plan d’action 2019 de l’Agence nationale de la recherche (ANR), tout projet financé par l’agence doit être accompagné d’un plan de gestion des données (PGD) — ou data management plan (DMP) en anglais. Ce document vivant décrit comment les données produites dans le cadre d’un projet seront collectées, documentées, stockées, partagées et préservées tout au long du cycle de recherche. Pourtant, beaucoup de doctorants et de maîtres de conférences découvrent la contrainte au dernier moment, faute d’un modèle clair à portée de main. Cet article propose un modèle structuré, section par section, conforme aux exigences actuelles de l’ANR pour 2026.

    Que vous rédigiez une thèse à l’Université Paris Cité, à Aix-Marseille Université ou à Sciences Po, et que votre laboratoire soit rattaché à l’ANR ou à Horizon Europe, le PGD répond désormais à des standards formels. La plateforme nationale DMP OPIDoR, hébergée par Inist-CNRS, met à disposition un modèle structuré en français directement aligné sur les attentes de l’ANR — et il est gratuit.

    En bref : Le PGD ANR 2026 comporte six sections obligatoires, se rédige sur DMP OPIDoR en sélectionnant le financeur ANR, et doit être soumis en trois versions (T0+6 mois, mi-parcours, clôture). L’ANR applique le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ».

    1. Pourquoi le PGD est devenu incontournable en 2026

    La science ouverte n’est plus un simple idéal militant : elle est désormais inscrite dans le paysage institutionnel français. Le Plan national pour la science ouverte (PNSO), piloté par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), fait de la gestion des données un axe stratégique. Parallèlement, Horizon Europe — le programme-cadre européen — exige lui aussi un DMP pour la quasi-totalité des projets qu’il finance.

    Concrètement, pour tout projet ANR dont le démarrage scientifique intervient à partir du plan d’action 2019, la production d’un PGD conditionne le versement final des financements. L’agence a précisé ses attentes via sa FAQ officielle sur le PGD : le document n’est pas une formalité administrative, mais un véritable outil de pilotage des données qui évolue avec le projet.

    Webinaire EcoDoR : prise en main de DMP OPIDoR pour créer son plan de gestion des données, section par section.

    Au-delà de l’obligation formelle, rédiger un PGD présente des avantages concrets :

    • Anticiper les questions de stockage et de sauvegarde avant qu’elles ne deviennent des urgences ;
    • Clarifier dès le départ les droits d’accès aux données entre partenaires du consortium ;
    • Faciliter la réutilisation des données par d’autres équipes après la clôture du projet ;
    • Démontrer aux évaluateurs et aux jurys de thèse que la démarche de recherche respecte les principes FAIR (Trouvable, Accessible, Interopérable, Réutilisable).

    Pour les doctorants qui s’interrogent sur la structure globale de leur projet de recherche, l’article justifier le choix de sa méthodologie dans un mémoire 2026 apporte des repères complémentaires sur l’articulation entre terrain, données et cadre théorique.

    2. DMP OPIDoR : l’outil officiel recommandé par l’ANR

    DMP OPIDoR (Data Management Plan for the Optimization of Sharing and Interoperability of Research Data) est la plateforme nationale de référence pour rédiger des PGD en France. Hébergée et maintenue par Inist-CNRS, elle est construite sur le code open source DMPRoadmap et mise à disposition gratuitement de l’ensemble de la communauté ESR.

    Principales fonctionnalités de DMP OPIDoR
    Fonctionnalité Détail
    Modèles prédéfinis ANR, CNRS, Science Europe, Horizon Europe, modèles institutionnels
    Collaboration Co-propriétaire, éditeur, lecture seule — travail en équipe possible
    Machine-actionable Export JSON/maDMP pour interopérabilité avec data.gouv et autres systèmes
    Formats d’export PDF, DOCX, HTML, JSON — pour dépôt dans les systèmes de l’ANR
    Recommandations guidées Exemples et conseils affichés pour chaque champ du questionnaire
    Nouveauté 2025–2026 Partage automatisé du contenu PGD structuré vers l’ANR directement depuis la plateforme

    Pour accéder au modèle ANR, connectez-vous sur dmp.opidor.fr, créez un nouveau plan et sélectionnez « Agence nationale de la recherche (ANR) » comme financeur. Le modèle structuré officiel, disponible en français et en anglais, se charge automatiquement.

    Depuis juin 2025, une nouvelle fonctionnalité de partage automatisé permet à un porteur de projet de transmettre le contenu du PGD structuré directement à l’ANR depuis l’interface — sans export manuel ni envoi par courriel, selon l’annonce officielle de l’ANR.

    3. Les six sections du modèle ANR : contenu et exemples

    Le modèle ANR structuré comprend six sections. Voici, pour chacune, les questions clés, les éléments attendus et un exemple de formulation.

    Section 1 — Informations générales

    Ce qu’on y met : titre du projet, acronyme, numéro ANR, durée, porteur principal, établissement hébergeur, partenaires.

    Exemple de formulation : « Projet ANR-25-XXXX-0001 « NeuroCog », durée 48 mois, porteur : Université de Bordeaux, partenaires : INSERM U1234, CEA Paris-Saclay. »

    Section 2 — Description des données

    Ce qu’on y met : types de données produites ou réutilisées (textuelles, numériques, images, enregistrements), volume estimé, formats de fichiers, méthodes de collecte.

    Exemple : « Données primaires : entretiens semi-directifs (n=40, format WAV, ~2 Go) et questionnaires en ligne (CSV, ~5 000 lignes). Données secondaires : bases de données INSEE réutilisées sous licence Open Data. »

    Si vous conduisez des entretiens impliquant des personnes physiques, la section données doit renvoyer à votre protocole d’anonymisation. L’article protocole RGPD pour les entretiens de mémoire 2026 fournit un modèle d’anonymisation directement applicable.

    Section 3 — Documentation et qualité

    Ce qu’on y met : métadonnées utilisées (Dublin Core, DataCite, schémas disciplinaires), standards de nommage des fichiers, dictionnaire des variables, procédures de contrôle qualité.

    Exemple : « Métadonnées conformes au schéma DataCite 4.5. Convention de nommage : AAAA-MM-JJ_NomParticipant_Type.ext. Contrôle qualité : double saisie et vérification par le data manager en fin de collecte. »

    Section 4 — Stockage et sauvegarde en cours de recherche

    Ce qu’on y met : infrastructure de stockage (serveurs institutionnels, cloud sécurisé), fréquence des sauvegardes, politique de sauvegarde 3-2-1, responsable des sauvegardes.

    Exemple : « Données stockées sur le serveur NAS du laboratoire (redondance RAID-6) et répliquées quotidiennement sur le cloud institutionnel OVH hébergé en France. Accès restreint aux membres du projet par authentification double facteur. »

    Section 5 — Exigences légales et éthiques

    Ce qu’on y met : données à caractère personnel (RGPD), accord du comité d’éthique le cas échéant, droits de propriété intellectuelle, licences d’utilisation des données sources, confidentialité industrielle.

    Exemple : « Les entretiens impliquent des données personnelles traitées conformément au RGPD. Registre de traitement déposé auprès du DPO de l’établissement. Consentement éclairé signé par chaque participant. Les données anonymisées seront diffusées sous licence CC BY 4.0. »

    Pour aller plus loin sur les enjeux d’intégrité, consultez l’article charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 qui détaille ce que dit la loi et les sanctions encourues.

    Section 6 — Partage et conservation à long terme

    Ce qu’on y met : entrepôt de dépôt choisi (Zenodo, Nakala, Recherche Data Gouv, entrepôt disciplinaire), identifiant pérenne (DOI, ARK), embargo éventuel, modalités d’accès après clôture du projet.

    Exemple : « Les données anonymisées seront déposées dans l’entrepôt national Recherche Data Gouv avec un DOI DataCite. Embargo de 24 mois pour les données liées à des brevets en cours. Accès libre en fin d’embargo sous licence CC BY 4.0. »

    Pour retrouver facilement les entrepôts institutionnels et disciplinaires disponibles en France, l’article annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn 2026 recense les principales plateformes de dépôt.

    4. Calendrier de soumission et versions successives

    L’ANR attend trois versions successives du PGD tout au long du projet :

    Calendrier des versions PGD selon l’ANR
    Version Échéance Contenu attendu
    Version initiale T0 + 6 mois Description prévisionnelle des données, infrastructure choisie, cadre légal identifié
    Mise à jour mi-parcours Projets > 30 mois uniquement Actualisation des volumes, des formats, des changements de partenaires ou d’entrepôt
    Version finale Date de clôture scientifique Bilan des données effectivement produites, DOI des dépôts réalisés, accès déclaré

    Le versionnement est géré nativement dans DMP OPIDoR : chaque modification peut être annotée, et l’historique est conservé. La version finale conditionne le versement des derniers financements ANR — ne la négligez donc pas.

    5. Dix conseils pratiques pour rédiger un PGD solide

    1. Commencez dès la signature de la convention ANR.

      N’attendez pas T0+5 mois pour ouvrir votre plan sur DMP OPIDoR. Rédiger tôt permet d’identifier les lacunes dans la gestion des données avant qu’elles ne coûtent du temps ou de l’argent.

    2. Choisissez le modèle ANR structuré, pas le modèle libre.

      Sur DMP OPIDoR, deux modèles ANR coexistent : un modèle texte libre (héritage du PDF de 2019) et un modèle structuré machine-actionable. L’ANR recommande depuis 2023 le modèle structuré, qui facilite le partage automatisé avec l’agence.

    3. Nommez un responsable des données dans l’équipe.

      Le PGD doit identifier clairement qui est en charge de la sauvegarde, de la documentation et du dépôt final. Dans les gros consortiums, c’est souvent un ingénieur de recherche ou un data manager dédié.

    4. Soyez précis sur les formats.

      Préférez les formats ouverts et pérennes : CSV plutôt que .xlsx, TIFF ou PNG plutôt que formats propriétaires, PDF/A pour les documents textuels. Les formats propriétaires sont acceptés mais doivent être justifiés.

    5. Distinguez données brutes et données traitées.

      La section 2 doit différencier les données primaires (collectées directement) des données secondaires (réutilisées d’une source tierce) et des données dérivées (produites par traitement des données primaires).

    6. Anticipez les contraintes RGPD dès la section 5.

      Si votre projet implique des données personnelles (entretiens, questionnaires, données de santé), consultez votre DPO (délégué à la protection des données) institutionnel avant de rédiger cette section. Un PGD incomplet sur les aspects éthiques peut bloquer le projet.

    7. Choisissez un entrepôt adapté à votre discipline.

      Recherche Data Gouv est l’entrepôt généraliste national. Pour des disciplines spécifiques, des entrepôts certifiés existent : NAKALA pour les sciences humaines et sociales, SEANOE pour les sciences marines, GenBank pour les données génomiques.

    8. Attribuez un identifiant pérenne.

      Lors du dépôt des données, assurez-vous qu’un DOI ou un ARK est attribué automatiquement par l’entrepôt. Cet identifiant sera à reporter dans la version finale de votre PGD et dans les publications issues du projet.

    9. Justifiez les données non ouvertes.

      L’ANR n’impose pas l’ouverture totale. Pour les données sensibles ou couvertes par un brevet, indiquez la durée d’embargo et les conditions d’accès restreint. Une justification claire vaut mieux qu’une case laissée vide.

    10. Exploitez les ressources de formation de DoRANum.

      La plateforme DoRANum propose des tutoriels vidéo, des guides disciplinaires et des webinaires sur la rédaction de PGD structurés — gratuitement, en français. Un investissement de deux heures évite beaucoup d’allers-retours avec le correspondant science ouverte de l’ANR.

    Si votre mémoire de master inclut une collecte de données avec questionnaire, les principes abordés dans l’article sur construire une échelle de Likert valide pour son mémoire 2026 s’appliquent directement à la section 2 (description et qualité des données).

    FAQ

    Le PGD ANR est-il obligatoire pour tous les projets ?

    Oui, pour tous les projets financés par l’ANR à partir du plan d’action 2019. Une première version est attendue dans les six mois suivant le démarrage scientifique, avec une mise à jour à mi-parcours pour les projets de plus de 30 mois, et une version finale à la clôture. L’absence de PGD peut conditionner le versement final des financements.

    Quel outil utiliser pour rédiger un PGD ANR ?

    L’ANR recommande DMP OPIDoR, la plateforme nationale hébergée par Inist-CNRS. En sélectionnant le financeur ANR à la création, vous accédez directement au modèle structuré officiel en français ou en anglais.

    Combien de versions du PGD faut-il soumettre à l’ANR ?

    En règle générale, trois versions : une initiale à T0+6 mois, une mise à jour à mi-parcours (projets de plus de 30 mois), et une version finale à la clôture du projet. Le versionnement est géré automatiquement dans DMP OPIDoR.

    Les données doivent-elles obligatoirement être ouvertes dans un PGD ANR ?

    Non. L’ANR applique le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ». Vous pouvez justifier la restriction d’accès (données personnelles, confidentialité industrielle, brevets en cours) et indiquer un embargo ou un accès restreint dans la section partage et conservation.

    Un doctorant non financé par l’ANR doit-il rédiger un PGD ?

    L’obligation réglementaire s’applique aux projets ANR et Horizon Europe. Cependant, de nombreuses universités (Paris Cité, Sorbonne, Aix-Marseille) recommandent ou imposent un PGD dans leur règlement de doctorat pour encourager les bonnes pratiques de science ouverte.

    Quelle est la différence entre un PGD et un DMP ?

    PGD (plan de gestion des données) est le terme français ; DMP (data management plan) est son équivalent anglais. En France, les deux termes désignent le même document. La plateforme nationale s’appelle DMP OPIDoR, mais son interface est disponible en français.

    Tesify vous accompagne dans la gestion de vos données de recherche

    Structurer un mémoire ou une thèse conforme aux standards de science ouverte demande rigueur et méthode. Tesify aide les étudiants et chercheurs français à rédiger, reformuler et vérifier leurs écrits académiques — de l’introduction à la bibliographie. Essayez Tesify gratuitement et gagnez du temps sur la rédaction pour vous concentrer sur vos données.

  • Publications scientifiques France 2026 : statistiques HAL et theses.fr

    Publications scientifiques France 2026 : statistiques HAL et theses.fr

    La France compte plus d’1,1 million de publications archivées dans HAL (Hyper Articles en Ligne) — la plus grande base de données de documents scientifiques francophones — avec un rythme de dépôt d’environ 7 000 documents par mois. Dans le même temps, theses.fr référence l’intégralité des thèses de doctorat soutenues depuis 1985. Ces deux plateformes constituent le cœur de la politique française de science ouverte.

    Cependant, la position internationale de la France se dégrade : classée 6e nation mondiale pour les publications scientifiques en 2010, elle est tombée à la 13e place en 2022 selon l’Observatoire des Sciences et Technologies (OST-HCERES). Cette évolution soulève des questions structurelles sur le financement de la recherche et l’attractivité de la carrière académique.

    Chiffre clé : HAL héberge plus d’1,1 million de publications (2023), avec 152 portails institutionnels interopérables (janvier 2026) et une certification CoreTrustSeal obtenue en février 2025. La France est passée du 6e au 13e rang mondial des pays publiants entre 2010 et 2022 (rapport OST-HCERES 2024).

    1. HAL en chiffres : volume, croissance et gouvernance

    Créée en 2001 par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe) du CNRS, la plateforme HAL est devenue l’archive nationale de référence pour la recherche française. Depuis sa désignation comme archive officielle en juin 2006, elle s’est imposée comme l’outil central de la politique de science ouverte du MESRI.

    HAL — chiffres clés 2023-2026 (sources : CCSD, Wikipedia HAL, Baromètre Science Ouverte)
    Indicateur Valeur Référence
    Total documents archivés > 1,1 million 2023
    Rythme mensuel de dépôts ~7 000 docs/mois 2019 (tendance stable)
    Portails institutionnels interopérables 152 Janvier 2026
    Publications HCERES (périmètre évaluation) 46 344 2024
    Certification qualité CoreTrustSeal Février 2025

    En 2023, la migration de hal.archives-ouvertes.fr vers hal.science a modernisé l’interface et les fonctionnalités de recherche. Cette refonte a également amélioré l’interopérabilité avec les systèmes d’évaluation des unités de recherche (HCERES, ANR, Europe Horizon).

    Le réseau HAL inclut les plus grandes institutions de recherche françaises : CNRS, Inria, Inserm, Institut Pasteur, IRD, Cirad, CEA, INRAE — soit l’essentiel de la production scientifique publique française. Depuis 2019, le CNRS s’est engagé à archiver 100 % de ses publications dans HAL.

    2. Theses.fr : le registre national des doctorats français

    Theses.fr, géré par l’ABES (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur), constitue le moteur de recherche officiel des thèses de doctorat françaises. Il référence :

    • Toutes les thèses soutenues en France depuis 1985
    • Les thèses en cours de préparation (projet de thèse déclaré)
    • Les thèses soutenues accessibles en texte intégral via TEL (Thèses En Ligne), portail HAL dédié aux thèses

    Le nombre de doctorats soutenus en France se maintient autour de 14 000 à 16 000 par an, malgré une légère tendance à la baisse observée depuis 2017. Cette tendance reflète la crise du financement doctoral : le faible nombre de contrats doctoraux (moins de la moitié des thèses sont financées par un contrat doctoral classique) freine les inscriptions en doctorat.

    3. Position internationale de la France : un recul préoccupant

    Le rapport de l’OST-HCERES de février 2025 dresse un constat sévère : entre 2010 et 2022, la France a perdu sept places dans le classement mondial des pays les plus publiants, passant du 6e au 13e rang. Sur la même période, sa part dans le total mondial des publications a diminué d’un quart.

    Rang mondial de la France en publications scientifiques (source : OST-HCERES 2025)
    Année Rang mondial Part dans les publications mondiales
    2010 6e ~5,0 %
    2018 9e ~4,2 %
    2022 13e ~3,7 %

    Cette régression ne signifie pas que la France publie moins en valeur absolue — le volume de publications françaises a augmenté. Elle reflète surtout la montée en puissance de pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud) qui ont massivement investi dans leur recherche publique. En termes de citations reçues et d’impact scientifique relatif, la France maintient un profil scientifique reconnu, notamment en mathématiques, en physique et en sciences de la vie.

    4. Baromètre de la science ouverte : la France en bonne voie

    La politique nationale de science ouverte (Plan National pour la Science Ouverte, PNSO) porte ses fruits. Selon le Baromètre français de la Science Ouverte (publié par le MESRI) :

    • Le taux d’accès ouvert aux publications françaises dépasse désormais 60 %
    • L’objectif du PNSO est d’atteindre 100 % d’accès ouvert à l’horizon 2030
    • La dynamique de dépôt dans HAL a accéléré depuis la loi pour une République Numérique (2016) et son article 30 sur l’accès ouvert

    En 2024, HAL a enregistré 46 344 publications dans le périmètre HCERES, utilisées pour les évaluations des unités de recherche. Ce volume représente un indicateur de la production des équipes de recherche éligibles au financement public via l’ANR et l’HCERES.

    5. Production scientifique par grande discipline

    La France maintient une position de référence dans plusieurs disciplines, malgré son recul global :

    • Mathématiques : excellence mondiale reconnue, médailles Fields régulières
    • Physique : contribution significative via le CNRS et les partenariats CEA-Cern
    • Sciences de la vie et médecine : fort volume de publications (Inserm, Institut Pasteur)
    • Sciences humaines et sociales (SHS) : publication encore majoritairement en français, ce qui réduit la visibilité dans les classements anglophones
    • Sciences de l’ingénieur : en croissance, portée par Inria (numérique) et les partenariats industrie-université

    Un point de vigilance : les SHS françaises sont structurellement sous-représentées dans les classements internationaux (qui utilisent des corpus anglophones comme Web of Science ou Scopus). L’HCERES travaille depuis 2023 à intégrer des corpus multilingues pour mieux refléter la production réelle en sciences humaines.

    FAQ — Publications scientifiques France HAL theses.fr 2026

    Combien de documents sont archivés dans HAL ?

    HAL héberge plus d’1,1 million de publications scientifiques (données 2023). C’est la plus grande base de documents scientifiques francophones. Le rythme de dépôt est d’environ 7 000 documents par mois. En janvier 2026, 152 portails institutionnels sont interopérables avec HAL.

    La France recule-t-elle en termes de publications scientifiques ?

    En termes de rang mondial, oui. La France est passée du 6e au 13e rang des pays publiants entre 2010 et 2022 (rapport OST-HCERES, février 2025). Sa part dans les publications mondiales a diminué d’un quart. Cela reflète surtout la montée en puissance des pays émergents plutôt qu’une baisse absolue de la production française.

    À quoi sert theses.fr pour un étudiant en master ?

    Theses.fr permet à un étudiant de master de rechercher des thèses de doctorat françaises (depuis 1985) par mots-clés, discipline, directeur de thèse ou établissement. C’est un outil précieux pour la revue de littérature, pour identifier les travaux de recherche existants et pour trouver des directeurs de thèse potentiels si vous envisagez un doctorat.

    Dois-je déposer mon mémoire de master dans HAL ?

    Le dépôt dans HAL est obligatoire pour les thèses de doctorat soutenues dans des établissements publics français. Pour les mémoires de master, le dépôt est recommandé mais non systématiquement obligatoire — cela dépend de la politique de votre établissement. Certaines universités ont leur propre archive institutionnelle interopérable avec HAL.

    Combien de thèses sont soutenues chaque année en France ?

    Entre 14 000 et 16 000 thèses de doctorat sont soutenues chaque année en France, selon les données SIES-MESRI. Ce chiffre est en légère baisse depuis 2017, reflétant les difficultés de financement doctoral. Toutes ces thèses sont référencées sur theses.fr et la plupart sont accessibles en texte intégral via le portail TEL de HAL.


    Sources : HCERES — Position scientifique de la France 2024 · HAL — Statistiques et gouvernance · Baromètre Science Ouverte — Dynamique HAL · Theses.fr — Moteur de recherche national des thèses · AEF Info — France 6e au 13e rang mondial

  • Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    76 000 mémoires en texte intégral, 11 000 dépôts par an, 54 universités participantes — les chiffres de DUMAS en 2026 témoignent d’une croissance soutenue de l’archive ouverte dédiée aux travaux étudiants en France. Pourtant, derrière ces agrégats nationaux se cachent des disparités disciplinaires et institutionnelles importantes : certaines académies alimentent le portail de façon systématique, d’autres restent en marge. Cet article analyse les données disponibles sur les taux de dépôt DUMAS/HAL mémoires master 2026 statistiques, en distinguant ce que les sources officielles permettent d’affirmer de ce qu’elles ne couvrent pas encore.

    Pour les étudiants en master qui s’interrogent sur la visibilité de leur travail, et pour les bibliothécaires ou coordinateurs pédagogiques qui pilotent les politiques de dépôt dans leur établissement, ces données constituent un socle de référence indispensable. Les chiffres cités ici proviennent exclusivement du portail DUMAS (CCSD/CNRS), du Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, et de l’ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur).

    Résultat clé : En janvier 2026, DUMAS héberge plus de 76 000 documents en texte intégral. Le volume annuel de dépôts atteint 11 000 en 2025. Cependant, seulement 54 des 75 universités françaises ont ouvert une collection institutionnelle, et les taux de dépôt par académie restent hétérogènes selon les disciplines et les politiques locales.

    DUMAS et HAL en 2026 : périmètre et chiffres globaux

    DUMAS — Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance — est un portail d’archives ouvertes hébergé par HAL (Hyper Articles en Ligne), la plateforme nationale développée par le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) du CNRS. Il accueille les mémoires d’étudiants à partir du niveau bac+4 (master 1, master 2, thèses d’exercice en pharmacie, médecine et odontologie), validés par un jury, dans toutes les disciplines. Les thèses de doctorat sont, elles, déposées sur TEL (Thèses En Ligne), autre composante de HAL.

    En janvier 2026, le portail recense plus de 76 000 documents en texte intégral, selon les données publiées sur la page Wikipedia de DUMAS, qui synthétise les communications officielles du CCSD. Ce chiffre marque une accélération par rapport à février 2025 (66 000 documents) et à mars 2020 (28 000 documents), ce qui témoigne d’un doublement du corpus en six ans.

    Évolution du corpus DUMAS (texte intégral)
    Date Nombre de documents Source
    Mars 2020 28 000 CCSD/Wikipédia
    Décembre 2023 52 787 (analyse scraping) Étude innovation-pedagogique.fr / HAL
    Février 2025 66 000+ CCSD/Wikipédia
    Janvier 2026 76 000+ CCSD/Wikipédia

    Pour approfondir la liste des portails et collections disponibles sur HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn, consultez notre article guides méthodo HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn 2026 qui recense les collections par discipline et par établissement.

    Croissance des dépôts : de 100 à 11 000 par an

    La trajectoire de DUMAS est spectaculaire à l’échelle d’une quinzaine d’années. En 2008, année de lancement du portail, le nombre annuel de dépôts s’élevait à environ une centaine. En 2025, ce chiffre atteint 11 000 dépôts annuels — soit une multiplication par cent en dix-sept ans.

    Cette croissance s’explique principalement par deux dynamiques cumulatives. D’un côté, l’élargissement progressif du réseau des établissements participants : en 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles et d’écoles spécialisées ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS. De l’autre, la généralisation des politiques de science ouverte dans les établissements, encouragées par le Plan national pour la Science Ouverte (PNSO) lancé en 2018 et ses actualisations successives.

    Un jalon symbolique a été franchi en 2025 : la première université francophone non française a rejoint le réseau DUMAS, l’Université Senghor d’Alexandrie (Égypte), signe d’une ambition désormais internationale pour l’archive.

    Il est important de noter que la croissance du volume total reste distincte du taux de dépôt par université. Augmenter le nombre d’établissements participants fait mécaniquement grossir le corpus global sans nécessairement indiquer que chaque université couvre l’intégralité de ses mémoires soutenus. L’absence d’obligation légale pour les mémoires de master (contrairement aux thèses de doctorat) laisse aux établissements une grande latitude dans leurs pratiques.

    Répartition disciplinaire : santé, SHS et sciences exactes

    Une étude publiée sur HAL et relayée par Innovation Pédagogique a analysé en décembre 2023, via un scraping Python/Selenium, l’intégralité des 52 787 mémoires alors présents dans DUMAS. Les résultats révèlent une distribution très inégale selon les disciplines.

    Répartition des mémoires dans DUMAS par grand domaine (décembre 2023)
    Grand domaine Part des documents Part des téléchargements
    Sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) 53,5 % ~55 %
    Sciences humaines et sociales (SHS) 41,1 % ~42 %
    Sciences exactes et naturelles 5,4 % ~3 %

    La surreprésentation des sciences de la santé dans DUMAS s’explique en grande partie par l’obligation historique et culturelle de remettre une thèse d’exercice pour l’obtention du diplôme en pharmacie et en médecine — un travail de niveau master qui trouve naturellement sa place dans ce portail. Les facultés de pharmacie et de médecine sont également parmi les plus structurées en matière de gestion documentaire post-soutenance.

    Au sein des SHS, la gestion-management se distingue par un rendement exceptionnel : elle représente seulement 1,3 % du corpus mais génère 5,1 % des téléchargements totaux, en raison d’une forte demande professionnelle pour ces travaux. À l’inverse, les disciplines littéraires et juridiques déposent peu, en partie par réticence à la diffusion publique de travaux qui pourraient être repris dans des projets de publication.

    La sous-représentation marquée des sciences exactes (5,4 %) illustre une culture disciplinaire différente : en physique, chimie ou biologie, les résultats de master s’inscrivent le plus souvent dans des articles ou des rapports de laboratoire, non dans des mémoires autonomes déposés en archives ouvertes.

    Disparités institutionnelles : qui dépose, qui ne dépose pas

    Sur les 75 universités françaises recensées, 54 avaient ouvert une collection dans DUMAS en 2025, soit un taux de couverture institutionnelle d’environ 72 %. Vingt et une universités — soit plus d’un quart — n’y participaient donc pas encore.

    Les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, de publier un palmarès précis par académie du nombre de mémoires déposés par établissement : DUMAS ne publie pas de tableau de bord comparatif public avec des taux calculés université par université pour la même année de soutenance. Ce que les sources confirment, en revanche, c’est l’existence de collections institutionnelles très différentes en taille.

    • Universités à fort volume : les facultés de santé (Paris Cité, Bordeaux, Aix-Marseille) contribuent à l’essentiel du volume grâce à leurs thèses d’exercice en pharmacie et odontologie.
    • Universités à dépôt récent : plusieurs établissements ont rejoint le réseau dans les années 2020-2025, avec des collections encore jeunes mais en croissance rapide.
    • Universités absentes : certaines universités de lettres et de droit ont des politiques de dépôt optionnel peu encouragées, voire des restrictions de confidentialité pour les mémoires en partenariat professionnel.

    Pour contextualiser ces données dans l’ensemble du paysage des publications académiques françaises, l’article rapports HCERES vague E 2026 sur les universités d’Île-de-France et Hauts-de-France offre un panorama de l’évaluation institutionnelle qui conditionne souvent les politiques de science ouverte.

    Par ailleurs, le réseau HAL comptait en janvier 2026 152 portails institutionnels (universités, organismes de recherche, grandes écoles), selon les données publiées par le CCSD. Ce chiffre inclut les portails HAL au sens large (publications scientifiques), non seulement les collections DUMAS, ce qui explique l’écart avec les 54 universités ayant une collection DUMAS active.

    L’accès ouvert pour les thèses de doctorat : le baromètre MESR 2025

    Pour les thèses de doctorat — distinctes des mémoires de master mais relevant du même écosystème HAL — le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR fournit des données nationales robustes. En 2025, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert — un taux en progression constante depuis 2019, date de lancement du baromètre.

    Taux d’accès ouvert aux publications et thèses françaises (BSO 2025, MESR)
    Indicateur Taux 2025
    Publications scientifiques en accès ouvert 62 %
    Thèses de doctorat en accès ouvert 76 %
    Données de recherche partagées 27 %

    Le taux de 76 % pour les thèses de doctorat est national, mais il masque des écarts disciplinaires très marqués. En astronomie, mathématiques, informatique et sciences de la Terre, le taux d’accès ouvert est quasi universel. En droit, en sciences politiques et en lettres, il reste inférieur à 50 %. Ces chiffres s’appliquent aux thèses de doctorat et non directement aux mémoires de master sur DUMAS, mais ils reflètent les mêmes logiques disciplinaires.

    Au niveau des établissements, plusieurs baromètres institutionnels documentent des taux supérieurs à la moyenne nationale. L’Université de Rennes affichait 79 % de publications 2024 en accès ouvert, soit 17 points au-dessus de la moyenne nationale ; Nantes Université atteignait 75,9 % pour ses publications 2023, La Rochelle Université 76,5 % et la Sorbonne Nouvelle plus de 70 % en 2024.

    Pour les mémoires de master spécifiquement, l’ABES indique que son réseau Thèses couvre 455 697 thèses de doctorat soutenues depuis 1985 et 77 900 thèses en préparation, sans publier de chiffre comparable pour les mémoires de master — ce qui traduit l’absence d’un suivi national systématique de ce type de travaux.

    Pourquoi de tels écarts entre académies ?

    Les disparités observées dans les taux de dépôt sur DUMAS ne sont pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs structurels expliquent la variabilité entre académies et entre établissements.

    Politiques institutionnelles hétérogènes

    L’adhésion à DUMAS est volontaire pour les mémoires de master. Certains établissements en font une étape administrative obligatoire, intégrée dans les procédures de validation de diplôme. D’autres la présentent comme optionnelle, laissant au directeur de mémoire ou à l’étudiant le soin de décider. En l’absence de cadrage national, les pratiques divergent considérablement.

    Capacités des services documentaires

    Le dépôt sur DUMAS ne s’effectue pas directement par l’étudiant dans la majorité des établissements : il est géré par les bibliothèques universitaires, qui vérifient la qualité des métadonnées et les autorisations de diffusion. Les bibliothèques sous-dotées en personnel ont souvent des délais de traitement plus longs, voire des collections moins exhaustives.

    Questions de confidentialité et de propriété intellectuelle

    Les mémoires de master réalisés en partenariat avec une entreprise (CIFRE, apprentissage, stage de fin d’études) contiennent fréquemment des données confidentielles. Dans ce cas, le dépôt sur DUMAS est impossible ou est limité à un accès restreint intranet. Les académies accueillant une forte proportion d’universités en lien avec le tissu industriel régional (Lyon, Grenoble, Toulouse) tendent à avoir des taux de dépôt en accès ouvert plus faibles pour les mémoires professionnels.

    Culture disciplinaire de la publication ouverte

    Comme le montrent les données disciplinaires, les sciences de la santé — dont les thèses d’exercice constituent une obligation de cursus — alimentent massivement DUMAS. Les facultés situées dans des CHU de grande taille (Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Lyon, Paris) concentrent donc naturellement un volume important de dépôts. À l’inverse, les universités spécialisées en droit ou en lettres (Paris 2, Paris 3, Paris-Sorbonne) présentent structurellement des taux plus faibles.

    Implications pratiques pour les étudiants en master

    Ces statistiques ont des conséquences directes pour tout étudiant qui s’interroge sur la visibilité et la pérennité de son travail de recherche.

    Vérifier si son université dépose sur DUMAS

    La première étape est de confirmer si votre établissement dispose d’une collection active sur DUMAS. Il suffit de se rendre sur dumas.ccsd.cnrs.fr et de chercher le nom de votre université dans la liste des collections. Si aucune collection n’existe, il sera nécessaire de se tourner vers d’autres dispositifs locaux (dépôt dans le catalogue de la bibliothèque universitaire, archive HAL institutionnelle).

    Le dépôt améliore la visibilité à long terme

    L’étude de décembre 2023 publiée dans HAL quantifie l’impact de l’accès ouvert sur la consultation des mémoires. Un mémoire déposé en 2012 cumulait en moyenne 746 vues, contre 85 pour un mémoire de 2022 — un écart lié à l’exposition temporelle. Les mémoires en gestion-management affichent une médiane de classement en téléchargements de 1,7 sur les 13 années analysées, indiquant une demande professionnelle durable bien au-delà de la soutenance.

    La licence Creative Commons est obligatoire

    Tout mémoire diffusé via DUMAS doit porter une licence Creative Commons, précisant les conditions de réutilisation autorisées. Cette obligation protège l’auteur tout en permettant une diffusion encadrée — un compromis important pour les étudiants souhaitant publier leurs résultats ultérieurement.

    Pour une vue d’ensemble des candidatures en master en France, les statistiques officielles des candidatures Mon Master 2026 permettent de contextualiser la démographie étudiante concernée par ces dépôts.

    Pour les étudiants souhaitant publier leur mémoire sur HAL ou DUMAS, le guide pratique publier son mémoire sur HAL/DUMAS étape par étape en 2026 détaille les démarches concrètes, de la création du compte HAL à la validation de la licence.

    Pour explorer l’ensemble des portails d’archives et ressources documentaires disponibles en 2026, l’annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn constitue une ressource de référence.

    FAQ

    Combien de mémoires sont déposés sur DUMAS en 2026 ?

    En janvier 2026, le portail DUMAS recense plus de 76 000 documents en texte intégral. Le nombre de dépôts annuels a atteint 11 000 en 2025, contre une centaine seulement en 2008. Cette croissance est portée par l’élargissement du réseau des établissements participants et par les politiques de science ouverte.

    Toutes les universités françaises participent-elles à DUMAS ?

    Non. En 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS, sur les 75 universités que compte la France. La participation reste partielle et inégale selon les académies. Les établissements absents manquent souvent de ressources documentaires dédiées ou ont des mémoires à forte confidentialité professionnelle.

    Quelle discipline dépose le plus de mémoires sur DUMAS ?

    Les sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) représentent 53,5 % des documents présents sur DUMAS, selon l’analyse de 52 787 mémoires conduite en décembre 2023. Les sciences humaines et sociales comptent pour 41,1 %, et les sciences dures pour 5,4 %. La prépondérance des sciences de la santé s’explique par l’obligation de thèse d’exercice dans ces filières.

    Le dépôt sur DUMAS est-il obligatoire pour un mémoire de master ?

    Non, le dépôt sur DUMAS n’est pas imposé par la loi pour les mémoires de master. Il dépend de la politique propre à chaque établissement. En revanche, le dépôt des thèses de doctorat est obligatoire dans le réseau Thèses géré par l’ABES. Certaines universités intègrent le dépôt DUMAS à leurs procédures de validation de diplôme de master, d’autres le laissent optionnel.

    Quel est le taux d’accès ouvert pour les thèses de doctorat en France en 2026 ?

    Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert. Ce taux varie fortement selon la discipline : quasi-universel en mathématiques ou informatique, inférieur à 50 % en droit ou en lettres. Il s’applique aux doctorats et non directement aux mémoires de master.

    Comment vérifier si mon université dépose sur DUMAS ?

    Rendez-vous directement sur dumas.ccsd.cnrs.fr et recherchez le nom de votre université dans la liste des collections institutionnelles. Si votre université n’apparaît pas, interrogez le service des bibliothèques universitaires de votre établissement : certains ont des dispositifs locaux équivalents ou peuvent vous orienter vers le portail HAL institutionnel.

    Préparez votre mémoire avec Tesify

    Rédiger un mémoire de qualité suffisante pour être déposé sur DUMAS implique de soigner la structure, les citations et le style académique. Tesify accompagne les étudiants de master dans la rédaction et la vérification anti-plagiat de leur mémoire, pour qu’il soit non seulement validé par le jury mais aussi valorisé dans l’archive ouverte.

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  • Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    Science ouverte en France 2024 : taux d’accès ouvert, disciplines et plan national

    En décembre 2024, 67 % des 160 000 publications scientifiques françaises parues en 2023 sont accessibles en accès ouvert, selon le Baromètre français de la Science Ouverte (BSO) publié par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce chiffre représente une hausse de 1,5 point par rapport à l’édition précédente et confirme une trajectoire de progression continue depuis la création du baromètre. Loin d’être une simple statistique ministérielle, ce taux conditionne l’accès au savoir pour des millions d’étudiants, de chercheurs indépendants et de professionnels qui ne disposent pas d’abonnements institutionnels coûteux.

    Le science ouverte France statistiques 2024 agrège les données de publications portant un identifiant DOI ou HAL, couvrant des dizaines de disciplines et des centaines d’établissements. Les résultats révèlent des écarts considérables selon les champs disciplinaires, les modes d’ouverture et les financeurs. Pour les doctorants et enseignants-chercheurs qui doivent se conformer aux obligations de dépôt, comprendre ces dynamiques est devenu indispensable.

    Cet article analyse les chiffres clés du BSO 2024, les obligations imposées par l’ANR, le rôle pivot de HAL, les disparités disciplinaires confirmées et les orientations du deuxième Plan national pour la science ouverte (PNSO 2021-2024).

    Résultat clé
    67 % des publications scientifiques françaises (corpus de 160 000 articles de 2023) sont en accès ouvert en décembre 2024 — un taux qui a plus que doublé depuis 2018. Pour les projets financés par l’ANR, ce taux monte à 88,6 %, grâce à un mandat d’accès immédiat appliqué depuis le Plan d’action 2022.

    Taux global d’accès ouvert en 2024 : 67 % sur 160 000 publications

    Le Baromètre français de la Science Ouverte analyse chaque année le corpus des publications scientifiques françaises portant un DOI ou un identifiant HAL. Pour l’édition 2024 — portant sur les publications de l’année 2023 — ce corpus atteint 160 000 articles, représentant la quasi-totalité de la production scientifique nationale indexée.

    Sur ce périmètre, 67 % des publications sont accessibles en accès ouvert au 31 décembre 2024. Ce résultat place la France dans le peloton de tête des pays européens engagés dans la transformation vers l’accès ouvert. La progression annuelle reste positive, même si elle ralentit : +1,5 point par rapport à 2022, contre des gains de 4 à 6 points enregistrés entre 2018 et 2022.

    Évolution du taux d'accès ouvert des publications ANR 2019-2024 : progression de 65,3 % à 88,6 %
    Source : ANR — Baromètre science ouverte 2024
    Taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises — BSO 2024
    Indicateur Valeur 2024
    Corpus analysé (publications 2023) 160 000 articles
    Taux d’accès ouvert global 67 %
    Variation par rapport à l’édition précédente +1,5 point
    Publications partageant un jeu de données 25 % (+3 pts)
    Publications partageant le code produit Légèrement sous 20 % (stable)
    Établissements dotés d’une politique de science ouverte 57,5 %

    Source : MESR — Baromètre français de la Science Ouverte 2024.

    Évolution depuis 2018 : une progression continue, mais un ralentissement récent

    Lancé en 2018 dans le sillage du premier Plan national pour la science ouverte, le baromètre français mesure une transformation structurelle de l’édition scientifique. Les données historiques disponibles tracent une courbe de progression remarquable.

    En décembre 2019, 49 % des publications de 2018 étaient en accès ouvert. En décembre 2020, ce taux atteignait 56 % pour les publications de 2019. En 2022, le baromètre enregistrait déjà 67 % pour les publications de 2021 — un plateau apparent qui se confirme pour 2023. Autrement dit, le taux a plus que doublé par rapport au niveau de référence observé pour les publications de 2017 (environ 38 %), mais la progression annuelle tend à se tasser depuis 2022.

    Évolution du taux d’accès ouvert — publications françaises (BSO)
    Année de publication Taux d’accès ouvert mesuré
    2017 ~38 %
    2018 49 %
    2019 56 %
    2021 67 %
    2023 (édition 2024) 67 % (+1,5 pt)

    Cette stabilisation n’est pas surprenante : les publications les plus facilement convertibles à l’accès ouvert — celles financées sur fonds publics et dans des disciplines où les archives ouvertes sont culturellement acceptées — ont déjà basculé. Les résistances restantes se concentrent dans des segments où les éditeurs commerciaux détiennent une position dominante, notamment en sciences biomédicales et en sciences humaines et sociales.

    Pour les chercheurs qui déposent leurs travaux dans HAL, cette dynamique souligne l’importance d’un dépôt systématique. Les statistiques HAL et thèses.fr pour 2026 montrent que l’archive ouverte nationale reste un levier central pour atteindre les objectifs nationaux d’ici 2030.

    Disparités disciplinaires : de 91 % en mathématiques à 44 % pour les essais cliniques

    Le taux global de 67 % masque des réalités disciplinaires très contrastées. Le Baromètre 2024 confirme que le niveau d’ouverture varie de façon significative d’une discipline à l’autre, tout en restant globalement stable d’une année sur l’autre au sein de chaque champ.

    Les mathématiques affichent le taux le plus élevé : 91 % des publications financées par l’ANR en mathématiques sont en accès ouvert. Cette performance s’explique par une culture disciplinaire ancienne du preprint — les dépôts sur arXiv et HAL précèdent souvent la publication formelle —, et par l’adoption massive de la voie verte. À l’opposé, le secteur de la santé présente des contraintes spécifiques.

    Pour les essais cliniques dans le domaine de la santé, la situation est préoccupante : seulement 44 % des essais partagent leurs résultats dans les trois ans suivant la fin de l’essai, en recul de 8 points par rapport à l’édition précédente (52 %). Ce déclin interpelle, dans un contexte où la transparence sur les résultats d’essais cliniques est une exigence éthique internationale et une condition de reproductibilité scientifique.

    Point de vigilance : essais cliniques
    Le recul de 8 points du partage des résultats d’essais cliniques (de 52 % à 44 %) constitue le signal d’alerte de l’édition 2024. Ce chiffre est surveillé de près par les autorités de santé et les éditeurs médicaux qui conditionnent de plus en plus la publication à la déclaration préalable sur ClinicalTrials.gov ou EU Clinical Trials Register.

    Ces écarts disciplinaires tiennent à plusieurs facteurs structurels :

    • Culture du preprint : très ancrée en mathématiques, physique et informatique ; plus récente en SHS et quasi-absente en droit.
    • Modèles économiques des éditeurs : en médecine et en sciences de la vie, les grands éditeurs commerciaux (Elsevier, Springer, Wiley) maintiennent des embargo longs sur la voie verte.
    • Obligations contractuelles : les financeurs comme l’ANR ou l’ERC imposent des mandats qui pèsent davantage dans les disciplines à fort taux de financement public.
    • Modèles APC (Article Processing Charges) : leur coût, souvent supérieur à 2 000 €, freine l’accès ouvert immédiat via la voie dorée dans les disciplines où les financements sont plus modestes.

    Pour les doctorants préparant leur thèse, connaître le taux de leur discipline permet d’anticiper les contraintes de dépôt. Le panorama complet des publications françaises par discipline, rang mondial et impact HCERES fournit un cadrage utile pour situer ces statistiques d’accès ouvert dans l’écosystème global de la recherche française.

    Modes d’ouverture : l’éditeur progresse, l’archive ouverte stagne

    L’accès ouvert ne se réduit pas à un taux agrégé : il couvre des réalités très différentes selon la voie empruntée. Le BSO distingue deux grands modes :

    • Voie dorée (Gold OA) : publication dans une revue intégralement ou partiellement en accès ouvert, avec ou sans APC.
    • Voie verte (Green OA) : dépôt d’une version du manuscrit (preprint, version acceptée ou version publiée) dans une archive ouverte comme HAL, arXiv ou PubMed Central.

    L’édition 2024 du BSO enregistre une tendance claire : l’ouverture via la plateforme éditeur progresse de +4 points, tandis que l’ouverture via les archives ouvertes stagne. Cette asymétrie traduit l’accélération des politiques de voie dorée des grands éditeurs — notamment via les accords transformants négociés par Couperin — au détriment d’un dépôt en archive qui reste souvent facultatif ou méconnu dans les établissements.

    Cette évolution soulève une question de souveraineté scientifique : la dépendance croissante à la voie dorée via les plateformes éditeurs transfère la maîtrise de l’accès à des acteurs commerciaux, dont les politiques tarifaires et les conditions d’utilisation peuvent évoluer. Les défenseurs de la voie verte — dont HAL, financé sur fonds publics — insistent sur la nécessité d’équilibrer les deux modes.

    Le mandat ANR : 88,6 % d’accès ouvert et 97 % de dépôts dans HAL

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) publie depuis plusieurs années sa propre déclinaison du baromètre, centrée sur les publications issues des projets qu’elle finance. Les résultats de l’édition 2024 sont particulièrement significatifs.

    88,6 % des publications issues de projets ANR (publiées en 2023) sont en accès ouvert, soit une progression de 23,3 points depuis 2019 où ce taux s’établissait à 65,3 %. Cette performance reflète l’efficacité du mandat ANR, qui impose depuis le Plan d’action 2022 que toutes les publications de projets financés soient déposées immédiatement en accès ouvert dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY ou équivalente.

    97 % des publications issues des appels spécifiques de science ouverte de l’ANR sont présents dans HAL. Ce taux presque parfait illustre que lorsque l’obligation est claire, bien communiquée et vérifiée, le taux de conformité est quasi total.

    Baromètre science ouverte ANR — évolution du taux d’accès ouvert
    Année de mesure Taux OA publications ANR
    2019 65,3 %
    2021 ~75 % (progression intermédiaire)
    2024 88,6 %
    Progression totale 2019-2024 +23,3 points

    Source : ANR — Baromètre science ouverte 2024 : 88,6 % des publications en accès ouvert.

    Pour les doctorants bénéficiant d’un contrat doctoral ANR ou d’une allocation CIFRE incluant un partenaire ANR, ces obligations s’appliquent directement à leurs articles. Le panorama des financements de doctorat en France 2026 (ANR, écoles doctorales, régions) détaille les conditions contractuelles associées à chaque type de financement.

    Partage des données et des codes : des progrès, mais des marges importantes

    Le BSO 2024 inaugure un suivi élargi incluant pour la première fois, en version bêta, le partage des données de recherche et des codes sources logiciels — deux piliers du deuxième PNSO. Les résultats de cette première mesure fournissent un état des lieux utile.

    25 % des publications françaises de 2023 partagent un jeu de données, soit une progression de 3 points par rapport à l’édition précédente. Ce résultat dépasse la part des publications partageant le code produit, qui reste légèrement sous 20 % (stable). L’écart entre données et codes reflète en partie les différentes cultures disciplinaires : en sciences expérimentales, le dépôt de données brutes devient une norme éditoriale imposée par les revues de haut rang, tandis que le partage de code reste moins systématisé en dehors de l’informatique et de la bioinformatique.

    Pour les chercheurs qui écrivent leurs premiers articles ou préparent leur soutenance de thèse, ces chiffres ont une implication concrète : les revues de référence exigent de plus en plus la mise à disposition des données dans un entrepôt certifié (Zenodo, Figshare, Recherche Data Gouv) comme condition de soumission ou de révision. Anticiper ce dépôt dès la phase de collecte évite des retards à la publication.

    Politiques institutionnelles : 57,5 % des établissements dotés d’une politique de science ouverte

    L’édition 2024 du BSO introduit un nouveau périmètre de mesure : le suivi des politiques institutionnelles de science ouverte dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche français. Ce nouvel indicateur révèle qu’en 2024, 57,5 % des établissements considérés disposent d’une politique formalisée de science ouverte.

    Ce chiffre est en réalité à double lecture. D’un côté, plus de la moitié des établissements ont formalisé leurs engagements, ce qui représente une avancée structurelle significative depuis le premier PNSO de 2018. De l’autre, près d’un établissement sur deux n’a pas encore adopté de cadre institutionnel clair, ce qui se traduit souvent par une connaissance insuffisante des obligations parmi les doctorants et enseignants-chercheurs de ces établissements.

    Dans les universités et grandes écoles dotées d’une politique formalisée, les chercheurs bénéficient généralement :

    • D’un service d’appui au dépôt HAL et à la gestion des données de recherche ;
    • De financements institutionnels pour couvrir les APC des publications en accès ouvert immédiat ;
    • De formations dédiées à la science ouverte, souvent intégrées aux formations doctorales.

    Le Plan national pour la science ouverte 2021-2024 : cadre et objectifs

    Les statistiques du BSO s’inscrivent dans un cadre politique explicite : le deuxième Plan national pour la science ouverte (PNSO 2021-2024), adopté en juillet 2021 par le gouvernement français. Ce plan fixe l’objectif de 100 % de publications en accès ouvert d’ici 2030, en ligne avec la Loi de programmation de la recherche 2021-2030.

    Articulé en 12 mesures, ce deuxième PNSO vise à généraliser la science ouverte à l’ensemble du processus de recherche — publications, données, codes sources et logiciels — et non plus aux seules publications. Parmi ses dispositions clés :

    • Obligation généralisée de dépôt en accès ouvert pour les publications issues de projets financés sur fonds publics, avec accès immédiat sans embargo ;
    • Soutien au modèle diamant (accès ouvert sans frais pour les auteurs ni pour les lecteurs) via le Fonds national pour la science ouverte ;
    • Promotion du multilinguisme et financement de traductions pour assurer la diffusion des travaux français en dehors de l’espace anglophone ;
    • Triplement du budget dédié à la science ouverte, passé de 5 M€ à 15 M€ par an.

    Pour les doctorants, la conséquence la plus directe est l’obligation de déposer leur thèse dans le portail Open Access Monitor France et dans theses.fr, dès validation par le jury. Cette obligation s’étend aux articles produits pendant le doctorat lorsqu’ils sont financés par l’ANR ou un autre bailleur public signataire du Plan S européen.

    La trajectoire de la France vers l’objectif 2030 dépend donc autant des politiques des financeurs que de la montée en puissance des politiques institutionnelles. Pour les données complètes sur les effectifs et les financements de la recherche doctorale, voir les statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    HAL et les obligations de dépôt pour chercheurs et doctorants

    HAL (Hyper Articles en Ligne) est l’archive ouverte nationale française, gérée par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe). Elle joue un rôle central dans la stratégie de science ouverte française, à la fois comme archive de dépôt et comme vecteur de calcul du baromètre.

    Pour les doctorants, les obligations de dépôt dans HAL varient selon le statut du travail :

    • Thèse de doctorat : dépôt obligatoire dans theses.fr (passerelle vers HAL) au moment de la soutenance, sauf dérogation motivée (confidentialité industrielle, CIFRE sous accord de confidentialité).
    • Articles issus d’un projet ANR (Plan d’action 2022 et ultérieur) : dépôt immédiat de la version acceptée dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY.
    • Mémoires de master : dépôt encouragé, souvent sur DUMAS (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance), hébergé par HAL. Le détail des pratiques est analysé dans l’article sur le taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026.

    Le taux de 97 % de présence dans HAL pour les publications issues des appels spécifiques ANR démontre que l’obligation de dépôt, lorsqu’elle est clairement formulée et vérifiée dans les rapports finaux de projet, est massivement respectée. L’enjeu pour les années à venir est d’étendre ce niveau de conformité à l’ensemble des productions scientifiques françaises, quel que soit le financeur.

    Sur le plan pratique, le dépôt dans HAL est facilité par des interfaces de dépôt par établissement (portails HAL-[NomÉtablissement]) et par l’intégration croissante avec les outils de gestion des références (Zotero, Mendeley). Certains établissements proposent également des imports automatiques depuis des bases comme Web of Science ou Scopus.

    Tesify et la rédaction de thèse ou de mémoire
    Si vous préparez un mémoire de master ou une thèse de doctorat en France, Tesify vous accompagne dans la structuration, la rédaction assistée par IA et la mise en conformité avec les exigences de dépôt HAL ou DUMAS de votre établissement.

    FAQ — Questions fréquentes sur la science ouverte en France

    Quel est le taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises en 2024 ?

    Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2024 (MESR), 67 % des 160 000 publications scientifiques françaises parues en 2023 sont en accès ouvert en décembre 2024. Ce taux est en hausse de 1,5 point par rapport à l’édition précédente et a plus que doublé depuis 2018.

    Qu’est-ce que le Baromètre français de la Science Ouverte (BSO) ?

    Le BSO est un outil de suivi annuel publié par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il mesure le taux d’accès ouvert des publications scientifiques françaises portant un DOI ou un identifiant HAL. Depuis 2024, il suit également, en version bêta, le partage des données de recherche et des codes sources.

    Quel est le taux d’accès ouvert pour les projets financés par l’ANR ?

    Pour les publications issues de projets ANR (publiées en 2023), le taux d’accès ouvert atteint 88,6 % en 2024, contre 65,3 % en 2019 — soit une progression de 23,3 points en cinq ans. Par ailleurs, 97 % des publications issues des appels spécifiques science ouverte de l’ANR sont présentes dans HAL.

    Quelle discipline a le taux d’accès ouvert le plus élevé en France ?

    Les mathématiques affichent le taux le plus élevé parmi les disciplines suivies par l’ANR : 91 % des publications issues de projets ANR en mathématiques sont en accès ouvert. Cette performance s’explique par la culture ancienne du preprint (arXiv, HAL) dans cette discipline.

    Pourquoi le taux de partage des résultats d’essais cliniques a-t-il baissé en 2024 ?

    Le BSO 2024 enregistre un recul de 8 points du partage des résultats d’essais cliniques dans les trois ans suivant leur fin : de 52 % à 44 %. Ce déclin est attribué à des difficultés structurelles dans le suivi post-essai et aux délais de publication dans les revues médicales commerciales. Les autorités sanitaires et les éditeurs médicaux renforcent leurs exigences en réponse.

    Quelle est l’obligation de dépôt dans HAL pour les doctorants ?

    Tout doctorant soutenant sa thèse en France doit la déposer dans theses.fr (qui alimente HAL), sauf dérogation justifiée (confidentialité industrielle). Pour les articles publiés dans le cadre d’un financement ANR (Plan d’action 2022 et postérieur), le dépôt immédiat en accès ouvert dans HAL, sans embargo, sous licence CC-BY, est obligatoire.

    Qu’est-ce que le Plan national pour la science ouverte 2021-2024 ?

    Le deuxième PNSO, adopté en juillet 2021, vise à généraliser la science ouverte à l’ensemble du processus de recherche — publications, données et codes sources — avec pour objectif 100 % de publications en accès ouvert d’ici 2030. Il comporte 12 mesures, triple le budget dédié à 15 M€/an et renforce le soutien au modèle diamant sans frais pour les auteurs.

    Quelle est la différence entre voie dorée et voie verte en accès ouvert ?

    La voie dorée consiste à publier dans une revue en accès ouvert immédiat, souvent avec des frais d’APC à la charge de l’auteur ou de son établissement. La voie verte consiste à déposer une version du manuscrit (version acceptée ou preprint) dans une archive ouverte comme HAL, sans frais, en parallèle ou après publication dans une revue abonnement.

    Combien d’établissements français ont une politique de science ouverte en 2024 ?

    Selon le BSO 2024, 57,5 % des établissements d’enseignement supérieur et de recherche français considérés dans le baromètre disposaient d’une politique formalisée de science ouverte en 2024. C’est le premier exercice de suivi de cet indicateur, introduit dans cette édition du baromètre.

  • HAL Archives Ouvertes : Guide d’Utilisation pour Chercheurs Français 2026

    HAL Archives Ouvertes : Guide d’Utilisation pour Chercheurs Français 2026

    HAL Archives Ouvertes : Guide d’Utilisation pour Chercheurs Français 2026

    HAL (Hyper Articles en Ligne) est l’archive ouverte nationale française, gérée par le CNRS (Centre Commun de Publications, CCSd). Lancée en 2001, elle regroupe en 2026 plus de 2,7 millions de dépôts : articles de revues, communications de conférences, rapports de recherche, thèses, livres et chapitres d’ouvrages. C’est la principale infrastructure de science ouverte en France et un outil incontournable pour tout chercheur francophone.

    En résumé : HAL est gratuit, ouvert à tous, sans inscription pour la consultation. Pour déposer, vous devez créer un compte chercheur. HAL garantit la pérennité des URL (identifiant hal-XXXXXXXX), indexe dans Google Scholar et référence dans la Bibliographie Nationale de France. Depuis 2022, le dépôt dans HAL est obligatoire pour les publications financées sur fonds publics français.

    1. Rechercher dans HAL

    Accédez à HAL sur hal.science. La recherche simple accepte des mots-clés, des noms d’auteurs ou des titres. La recherche avancée permet de filtrer par :

    • Type de document : articles de revue, communications, thèses, rapports…
    • Domaine HAL : classification par grandes disciplines (SDV, SHS, MATH, PHYS…)
    • Établissement : CNRS, INRIA, Sorbonne, Paris-Saclay…
    • Auteur : nom ou identifiant IdHAL
    • Date de dépôt ou date de publication
    • Accès au texte intégral (open access uniquement)

    Astuce pour la recherche en SHS

    Pour les sciences humaines et sociales, HAL complète avantageusement Google Scholar en référençant de nombreuses publications en français non indexées dans les bases anglophones. Combinez HAL avec Cairn.info pour une couverture exhaustive de la littérature académique francophone, notamment pour votre revue de littérature.

    2. Déposer vos travaux dans HAL

    Depuis la Loi pour une République Numérique (2016) et son renforcement par la Loi de Programmation de la Recherche (LPR 2020), le dépôt dans une archive ouverte est un droit pour tous les chercheurs dont les travaux sont financés sur fonds publics — même si l’éditeur a signé un accord d’exclusivité.

    Ce que vous pouvez déposer

    • Articles de revues (preprint, postprint ou version éditeur selon l’accord avec l’éditeur)
    • Communications et posters de conférences
    • Chapitres d’ouvrages
    • Rapports de recherche
    • Thèses de doctorat (aussi référencées sur thèses.fr)
    • Mémoires de master (si votre université a signé une convention avec HAL)

    Procédure de dépôt

    1. Créez un compte sur hal.science (ou utilisez votre compte institutionnel)
    2. Choisissez le type de document
    3. Importez le fichier (PDF ou formats Office)
    4. Remplissez les métadonnées : titre, auteurs, résumé, mots-clés, discipline
    5. Indiquez la politique de l’éditeur (embargo éventuel sur le texte intégral)
    6. Soumettez — la modération prend 24-48 h

    Vérifier la politique de votre éditeur

    Consultez Sherpa/Romeo pour connaître les droits de dépôt accordés par chaque éditeur. La couleur indique le niveau d’ouverture : vert (libre accès complet), jaune (postprint accepté), bleu (preprint accepté), blanche (restrictions).

    3. Collections et portails thématiques

    HAL est organisé en collections institutionnelles et thématiques :

    • HAL-SHS : sciences humaines et sociales — halshs.archives-ouvertes.fr
    • HAL-INRIA : informatique et mathématiques — inria.fr
    • PasteurLink : Institut Pasteur
    • Collections universitaires : HAL Sorbonne, HAL Paris-Saclay, HAL Bordeaux…

    Les collections institutionnelles permettent de suivre les publications d’un laboratoire ou d’une université spécifique — utile pour rester à jour sur les recherches récentes de votre domaine.

    4. Votre identifiant chercheur IdHAL

    L’IdHAL est votre identifiant chercheur sur HAL. Il regroupe toutes vos publications sur un même profil, quel que soit l’orthographe de votre nom. C’est l’équivalent français de l’ORCID (Open Researcher and Contributor ID) — les deux sont complémentaires.

    Si vous êtes doctorant, créez votre IdHAL dès le début de votre thèse. Cela simplifie le dépôt de vos publications et améliore votre visibilité dans les bases de données académiques. L’IdHAL est également exigé pour certains appels à projets ANR.

    5. HAL dans votre revue de littérature

    Pour citer une publication trouvée sur HAL dans votre bibliographie APA 7, utilisez l’URL permanente HAL :

    Dupont, M. (2024). Titre de l’article. Nom de la revue, 15(2), 45-62. https://hal.science/hal-04123456

    L’identifiant HAL (hal-XXXXXXXX) garantit la pérennité du lien — contrairement aux URL de sites web qui peuvent expirer. Cela rend vos références plus fiables et vérifiables par vos lecteurs.

    FAQ — HAL Archives Ouvertes

    HAL est-il différent de thèses.fr ?

    Oui. Thèses.fr référence uniquement les thèses de doctorat soutenues en France et est géré par l’ABES. HAL est une archive ouverte pour tous types de publications académiques (articles, communications, rapports, thèses, livres) et est géré par le CNRS. Les thèses déposées dans HAL sont également référencées sur thèses.fr via des protocoles d’échange de métadonnées. Pour la recherche documentaire, utilisez les deux.

    Est-ce que tout le monde peut déposer dans HAL ?

    HAL est ouvert à tous les chercheurs et auteurs académiques, pas seulement aux chercheurs du CNRS. Les doctorants, enseignants-chercheurs, ingénieurs de recherche et même les chercheurs indépendants peuvent déposer leurs travaux. Certaines collections institutionnelles sont réservées aux membres de l’établissement, mais HAL général est ouvert à tous.

    HAL compte-t-il comme une publication académique ?

    Le dépôt dans HAL n’est pas en soi une publication académique — c’est un dépôt en archive ouverte. Si vous déposez un preprint (version avant peer-review), il n’est pas considéré comme « publié » au sens académique. Si vous déposez la version postprint d’un article accepté dans une revue à comité de lecture, c’est votre article publié qui compte — HAL en est simplement l’accès libre. La valeur académique vient de la publication originale, pas du dépôt HAL.

    Gérez vos sources HAL dans votre bibliographie

    Après votre recherche sur HAL, importez vos références directement dans Tesify pour générer votre bibliographie APA 7 automatiquement.

    Générer ma bibliographie →

  • Entretien Semi-Directif : Méthode en 5 Étapes (2026)

    Entretien Semi-Directif : Méthode en 5 Étapes (2026)

    Entretien semi-directif : problèmes fréquents et solution en 5 étapes

    L’entretien semi-directif est probablement la méthode qualitative la plus enseignée dans les universités françaises — et pourtant, c’est aussi celle qui génère le plus de questions, de doutes et d’erreurs méthodologiques au moment de la mise en œuvre. Combien de mémoires de master ou de thèses de doctorat souffrent de biais de conduite, de guides d’entretien mal construits ou de transcriptions exploitées sans rigueur analytique suffisante ?

    Ce n’est pas un problème de compétence. C’est un problème de méthode. La différence entre un entretien semi-directif qui produit des données riches et exploitables, et un entretien qui part dans tous les sens, tient à quelques décisions précises — prises avant même d’allumer l’enregistreur.

    Réponse rapide : qu’est-ce qu’un entretien semi-directif réussi ?
    Un entretien semi-directif réussi repose sur un guide d’entretien structuré mais flexible, un protocole éthique conforme aux standards académiques français (RGPD, consentement éclairé), une conduite maîtrisée qui évite les biais de confirmation, et une analyse des données tracée et reproductible. Les 5 étapes détaillées dans cet article permettent de sécuriser chacune de ces dimensions.

    Chercheur adoptant une posture d'écoute active lors d'un entretien semi-directif — méthodologie de recherche qualitative

    Qu’est-ce qu’un entretien semi-directif ? Définition et positionnement méthodologique

    Définition — Entretien semi-directif
    L’entretien semi-directif est une technique de collecte de données qualitatives dans laquelle le chercheur dispose d’un guide d’entretien composé de thèmes et de questions ouvertes, mais laisse l’interviewé développer librement ses réponses. Le chercheur intervient pour recentrer la discussion sur les thèmes prédéfinis sans imposer une séquence rigide.

    Cette méthode occupe une position centrale dans la méthodologie de recherche qualitative en sciences humaines et sociales. Elle se distingue de l’entretien directif (où chaque question est posée dans un ordre strict) et de l’entretien non-directif (où le chercheur n’intervient presque pas), en proposant un équilibre entre structure et souplesse.

    Côté historique, c’est Carl Rogers qui, dès les années 1940, a posé les bases de l’entretien centré sur la personne — un héritage théorique que les chercheurs en SHS ont progressivement adapté à des fins scientifiques. En France, des méthodologues comme Christine Delory-Momberger ou encore les travaux publiés dans la revue Recherches Qualitatives (disponible sur Cairn.info) ont contribué à formaliser les pratiques de terrain.

    Ce qui rend l’entretien semi-directif particulièrement adapté à la recherche académique ? Sa capacité à produire des données riches sur les représentations, les pratiques et les significations subjectives que les acteurs accordent à leurs expériences. Aucun questionnaire fermé ne peut saisir ce niveau de profondeur.

    Mais attention : cette richesse potentielle est aussi sa fragilité. Sans rigueur méthodologique — au sens des normes de citation et d’éthique académique — l’entretien semi-directif produit du bruit plutôt que du signal.

    Les 6 problèmes les plus fréquents dans la conduite d’un entretien semi-directif

    Voici ce que l’on observe dans les mémoires, thèses et articles soumis à des revues francophones — des erreurs récurrentes qui fragilisent non seulement la validité des données, mais aussi l’intégrité académique de la démarche.

    Problème 1 — Un guide d’entretien trop directif

    Le chercheur pose des questions fermées qui orientent les réponses. Résultat : l’interviewé confirme ce que le chercheur pense déjà. C’est le biais de confirmation dans sa forme la plus classique.

    Problème 2 — L’absence de consentement éclairé formalisé

    En France, depuis le RGPD de 2018 et les circulaires du Comité d’éthique du CNRS, tout entretien enregistré implique une obligation de recueil de consentement explicite. Un formulaire verbal ou une simple mention orale ne suffit pas dans la plupart des contextes institutionnels.

    Problème 3 — La conduite trop directive en situation

    Le chercheur interrompt, reformule en induisant une direction, ou laisse paraître ses hypothèses. L’interviewé, soucieux de « bien répondre », s’aligne sur les attentes perçues. Ce phénomène — connu en sociologie comme l’effet de désirabilité sociale — peut fausser l’ensemble du corpus.

    Point d’attention
    Selon la synthèse bisannuelle 2022–2023 de l’OFIS (Office français de l’intégrité scientifique), une proportion significative des signalements de manquements dans les travaux en SHS concerne des problèmes de collecte et de traitement des données qualitatives. Consulter le rapport OFIS 2022-2023.

    Problème 4 — Une transcription approximative

    Transcrire partiellement, paraphraser, ou ne conserver que les passages qui « confirment » l’hypothèse de départ constitue une forme de sélection abusive des données. Ce problème est plus fréquent qu’on ne le pense, surtout sous pression de délais.

    Problème 5 — Un codage opaque et non reproductible

    Si un autre chercheur ne peut pas reprendre votre grille de codage et obtenir des résultats comparables, la fiabilité de votre analyse est discutable. La reproductibilité est un standard méthodologique, pas une option.

    Problème 6 — Des citations extraites de leur contexte

    Citer un extrait d’entretien sans le situer dans son contexte discursif, ou sans respecter les normes de citation académiques, fragilise l’argumentation et peut constituer une déformation des propos de l’interviewé.

    Entretien directif, semi-directif ou non-directif : tableau comparatif

    Choisir la bonne modalité d’entretien, c’est d’abord clarifier vos questions de recherche. Ce tableau vous aide à positionner votre choix méthodologique.

    Critère Entretien directif Entretien semi-directif Entretien non-directif
    Structure Questions fermées, ordre fixe Thèmes prédéfinis, ordre flexible Thème général, libre développement
    Rôle du chercheur Directif, contrôle strict Facilitateur actif Écoute passive, reformulations
    Type de données Standardisées, comparables Riches et partiellement comparables Très riches, peu comparables
    Durée typique 15–30 minutes 45–90 minutes 60–120 minutes
    Analyse Statistique descriptive Analyse thématique / de contenu Analyse narrative, phénoménologique
    Usage privilégié Enquêtes à grande échelle Études de cas, explorations Récits de vie, études cliniques

    La plupart des travaux de master 2 et de doctorat en SHS françaises s’appuient sur l’entretien semi-directif — ce qui confirme son statut de méthode centrale dans l’arsenal méthodologique académique.

    Étape 1 — Construire un guide d’entretien rigoureux

    1 Concevoir un guide d’entretien structuré et non inducteur

    Guide d'entretien semi-directif structuré en trois parties — amorce, thèmes centraux et clôture — pour une méthodologie de recherche rigoureuse

    Le guide d’entretien n’est pas un questionnaire. C’est une carte mentale que le chercheur porte en tête — ou sur une feuille discrète — pour s’assurer que tous les thèmes essentiels sont abordés, sans verrouiller l’exploration.

    Un guide efficace se compose généralement de trois parties :

    1. L’amorce : une question d’ouverture large et non engageante qui met l’interviewé à l’aise et l’invite à parler librement. Exemple : « Pouvez-vous me décrire comment vous avez découvert ce domaine ? »
    2. Les thèmes centraux : 4 à 7 thèmes maximum, formulés sous forme de questions ouvertes avec des relances possibles. Chaque thème correspond à une dimension de votre problématique de recherche.
    3. La clôture : une question ouverte finale (« Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez ajouter ? ») et le protocole de fin (rappel de l’anonymat, suite de la recherche).

    Voici le principe méthodologique clé que la plupart des manuels mentionnent trop rapidement : testez votre guide sur 2 ou 3 personnes avant le terrain réel. Ce pré-test révélera les questions ambiguës, les thèmes qui se chevauchent et les transitions abruptes. C’est ce qui fait la différence entre un chercheur qui subit son terrain et un chercheur qui le maîtrise.

    Conseil méthodologique
    Formulez vos questions de relance en termes de « Pouvez-vous développer ? », « Comment entendez-vous… ? » ou « Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? ». Évitez les pourquoi directs, souvent perçus comme accusatoires, et préférez les « Comment se fait-il que… ».

    La relation entre la construction du guide et votre cadre théorique est directe : chaque thème doit pouvoir être rattaché à un concept ou une dimension de votre revue de littérature. Si ce n’est pas le cas, posez-vous la question de la pertinence de ce thème dans votre démarche.

    Étape 2 — Respecter le cadre éthique et juridique

    2 Mettre en place un protocole éthique conforme aux standards français

    L’éthique dans l’entretien semi-directif ne se résume pas à « ne pas nuire à l’interviewé ». C’est un cadre structuré qui implique des obligations légales, institutionnelles et déontologiques précises.

    Le consentement éclairé : une obligation, pas une formalité

    En France, tout recueil de données personnelles dans le cadre d’une recherche est soumis au RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données, 2018) et aux recommandations de la CNIL. Pour un entretien enregistré, cela implique :

    • Un formulaire de consentement écrit, signé avant l’entretien
    • Une information claire sur les finalités de la recherche, les modalités de stockage des données et les droits de l’interviewé
    • La garantie de l’anonymisation ou de la pseudonymisation des données
    • La durée de conservation des enregistrements et transcriptions

    Le CNRS a publié un rapport sur l’intégrité scientifique qui formalise ces exigences pour les chercheurs affiliés à des établissements publics français. Consulter le rapport Intégrité scientifique du CNRS. Ce document est une référence incontournable pour tout chercheur en sciences humaines.

    Le comité d’éthique : quand est-il obligatoire ?

    En France, la saisine d’un comité d’éthique (CERSTAPS, CEEI ou comités internes aux universités) n’est pas toujours obligatoire pour les entretiens en SHS — contrairement au secteur médical. Mais elle est fortement recommandée pour toute recherche impliquant des populations vulnérables, des données sensibles (opinions politiques, données de santé, situations de précarité), ou des recherches financées par des appels à projets institutionnels (ANR, Europe).

    L’Université Paris-Saclay a développé le programme POLÉTHIS qui propose des ressources de formation sur l’intégrité scientifique et l’éthique de la recherche — une ressource précieuse, trop peu connue des doctorants en première année.

    Ce que la plupart des tutoriels omettent
    L’anonymat de l’interviewé ne se garantit pas seulement en changeant son prénom dans la transcription. Il faut aussi supprimer (ou modifier) les détails contextuels qui permettraient une identification indirecte : ville précise, établissement, poste unique dans une organisation. C’est ce que les méthodologues appellent la ré-identification par recoupement.

    Pour approfondir ces questions d’éthique et d’intégrité dans la pratique de recherche, le MOOC « Intégrité scientifique dans les métiers de la recherche » de l’Université de Bordeaux (disponible sur FUN-MOOC) constitue une formation structurée et accessible à tous les niveaux.

    Étape 3 — Maîtriser la conduite de l’entretien

    3 Adopter une posture d’écoute active et une neutralité méthodologique

    La conduite d’un entretien semi-directif est une compétence qui s’apprend — et qui s’améliore avec l’expérience. Mais certains principes fondamentaux peuvent être intégrés dès le premier terrain.

    La posture du chercheur : entre engagement et neutralité

    On parle souvent de « neutralité » du chercheur, mais ce terme est trompeur. Il ne s’agit pas d’être froid ou distant — cela bloquerait la parole. Il s’agit de neutralité méthodologique : ne pas laisser ses propres opinions, hypothèses ou réactions émotionnelles orienter le discours de l’interviewé.

    Concrètement, cela implique :

    • Éviter les hochements de tête approbateurs sur certaines réponses et pas d’autres
    • Ne pas reformuler en ajoutant une interprétation (« Donc vous voulez dire que… » suivi d’une interprétation orientée)
    • Gérer les silences : un silence de 5 secondes en entretien semble long, mais il est souvent productif. Résistez à l’envie de le combler immédiatement.
    • Prendre des notes sans décoder pendant l’entretien : noter les thèmes abordés, les formulations saillantes, mais éviter de construire une interprétation en temps réel.

    Les erreurs de conduite les plus coûteuses

    Parmi toutes les erreurs possibles, deux sont particulièrement nuisibles à la qualité des données :

    La première : poser plusieurs questions à la fois. L’interviewé choisit celle à laquelle il répond (généralement la dernière), et vous perdez de l’information sur les autres.

    La seconde : ne pas creuser les implicites. Quand un interviewé dit « C’est compliqué » ou « Ça dépend », c’est une invitation à approfondir. La relance « Qu’est-ce qui rend cela compliqué pour vous ? » est souvent là où se trouvent les données les plus intéressantes.

    Étape 4 — Transcrire et coder avec une méthodologie traçable

    4 Établir un protocole de transcription et de codage reproductible

    Poste de travail pour la transcription et le codage de données qualitatives — protocole traçable et reproductible pour l'analyse d'entretiens semi-directifs

    La transcription est l’étape la plus sous-estimée de tout le processus. Et pourtant, c’est là que se jouent une grande partie de la rigueur et de l’intégrité de votre recherche.

    Standards de transcription pour la recherche académique

    Il n’existe pas de norme universelle unique en France pour la transcription d’entretiens de recherche, mais plusieurs conventions sont largement adoptées dans les laboratoires de SHS :

    Élément Convention courante Remarques
    Tours de parole I: (Intervieweur) / R: (Répondant) Indiquer les initiales si plusieurs interviewés
    Pauses (…) ou (pause 3s) Les silences significatifs doivent être notés
    Chevauchements [en même temps] Utile pour l’analyse interactionnelle
    Inaudible [inaudible] Ne jamais reconstituer un mot incertain
    Rires, hésitations (rires) / euh Conserver les marqueurs para-verbaux
    Anonymisation [nom anonymisé], [ville anonymisée] Systématique dès la transcription

    Le codage : entre induction et déduction

    Le codage des données d’entretien peut être déductif (à partir de catégories issues du cadre théorique), inductif (les catégories émergent du corpus), ou mixte — ce dernier étant le plus courant dans la recherche qualitative en SHS.

    La traçabilité du codage implique de documenter :

    • Le dictionnaire des codes avec leur définition précise
    • Les règles d’attribution (qu’est-ce qui justifie l’attribution d’un code à un extrait ?)
    • L’évolution du codebook entre les versions successives
    • Si possible, le coefficient de fiabilité inter-codeurs (kappa de Cohen) pour les recherches soumises à évaluation par les pairs

    Pour aller plus loin sur la reproductibilité des analyses qualitatives, des outils numériques (NVivo, Atlas.ti, MAXQDA) permettent de gérer la transcription, le codage et la traçabilité des données issues d’entretiens.

    Étape 5 — Analyser, citer et rédiger selon les normes académiques

    5 Rédiger l’analyse en respectant les normes de citation et d’éthique académique

    L’analyse des données d’entretien semi-directif aboutit à une rédaction qui doit respecter à la fois les normes de présentation des données qualitatives et les standards de citation bibliographique en vigueur dans le contexte académique français.

    Comment citer un extrait d’entretien dans une publication ?

    La citation d’extraits d’entretiens obéit à des règles spécifiques qui diffèrent de la citation bibliographique classique. Les principes généraux :

    1. Identifier clairement la source : nom de code de l’interviewé (R1, E3, etc.), date de l’entretien, numéro de ligne dans la transcription si possible
    2. Respecter l’intégrité du discours : ne pas modifier les formulations, signaler toute coupure par […]
    3. Contextualiser l’extrait : replacer le verbatim dans son contexte discursif et analytique
    4. Distinguer les données des interprétations : la citation illustre ou interroge, elle ne remplace pas l’analyse

    Concernant les références bibliographiques mobilisées dans la section théorique, les normes les plus utilisées dans les revues françaises sont l’APA (7e édition) pour les SHS et la norme ISO 690 pour certaines disciplines. Les erreurs les plus fréquentes concernent le format des auteurs, de la date et du titre — vérifiez chaque entrée bibliographique avant la remise finale de votre travail.

    La Science Ouverte et le dépôt des données d’entretien

    Depuis 2020, le mouvement de la Science Ouverte encourage fortement le dépôt et le partage des données de recherche, y compris qualitatives. Le Passeport pour la Science Ouverte (Guide pratique à l’usage des doctorant·e·s, ouvrirlascience.fr) constitue une ressource de référence sur ce sujet.

    Pour les données d’entretiens, le dépôt doit être conditionné à :

    • L’anonymisation complète des transcriptions
    • L’accord explicite des interviewés (prévu dans le formulaire de consentement)
    • Le choix d’un accès restreint ou embargé si nécessaire

    La plateforme HAL archives ouvertes accepte le dépôt de données de recherche, et Nakala (Huma-Num) est spécifiquement adaptée aux données en SHS. Theses.fr permet par ailleurs de consulter les pratiques méthodologiques adoptées dans des thèses récentes — une ressource très utile pour calibrer son propre protocole.

    Pratique recommandée
    Indiquez systématiquement dans votre section « Méthodologie » la date de collecte des données, le nombre d’entretiens réalisés, la durée moyenne, le mode d’enregistrement et les critères de sélection des participants. Ces informations permettent à vos lecteurs (et évaluateurs) d’apprécier la robustesse de votre corpus.

    Pour situer ces pratiques dans un cadre méthodologique plus large, notre guide complet sur la méthodologie de recherche, les normes de citation et l’éthique académique couvre l’ensemble du spectre des normes françaises en vigueur.

    Checklist complète : avant, pendant et après l’entretien semi-directif

    Cette checklist synthétise les 5 étapes en actions concrètes vérifiables. Imprimez-la, affichez-la dans votre espace de travail, partagez-la avec vos collègues doctorants.

    Avant l’entretien

    • Problématique de recherche définie et questions de recherche précisées
    • Revue de littérature réalisée et cadre théorique posé
    • Guide d’entretien rédigé (thèmes + questions + relances)
    • Guide pré-testé sur 2–3 personnes et ajusté
    • Formulaire de consentement éclairé rédigé (RGPD conforme)
    • Procédure d’anonymisation définie et documentée
    • Matériel d’enregistrement testé (batterie, qualité audio)
    • Lieu de l’entretien choisi (calme, confidentiel)
    • Durée estimée communiquée à l’interviewé

    Pendant l’entretien

    • Consentement signé avant de démarrer l’enregistrement
    • Présentation du chercheur et du cadre de la recherche
    • Posture d’écoute active maintenue tout au long de l’entretien
    • Relances non inductrices utilisées en cas de réponse courte
    • Silences respectés sans interruption systématique
    • Notes discrètes prises (thèmes, formulations saillantes)
    • Durée respectée sauf accord explicite de l’interviewé

    Après l’entretien

    • Mémo réflexif rédigé dans les 30 minutes suivant l’entretien
    • Transcription intégrale réalisée selon le protocole défini
    • Anonymisation appliquée dès la transcription
    • Codage réalisé selon le codebook documenté
    • Fiabilité inter-codeurs vérifiée (si applicable)
    • Données archivées de manière sécurisée
    • Compte-rendu synthétique envoyé à l’interviewé si prévu
  • HAL Archives Ouvertes : Guide Complet pour Déposer et Trouver des Recherches

    HAL Archives Ouvertes : Guide Complet pour Déposer et Trouver des Recherches

    HAL Archives Ouvertes : Guide Complet pour Déposer et Trouver des Recherches en 2026

    HAL Archives Ouvertes est la plateforme nationale française de dépôt et de diffusion des publications scientifiques en accès libre. En 2026, elle héberge plus de 2 millions de documents — articles de recherche, thèses, actes de conférences, rapports — et constitue un outil incontournable pour tout chercheur, doctorant ou étudiant souhaitant accéder à la littérature scientifique française sans barrière payante.

    Que vous cherchiez à valoriser vos propres travaux ou à trouver des sources fiables pour votre mémoire ou votre thèse, HAL représente une ressource considérable souvent sous-exploitée. Ce guide vous explique tout ce qu’il faut savoir pour en tirer le meilleur parti en 2026.

    En résumé : HAL Archives Ouvertes est l’archive ouverte nationale française, gérée par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe). Elle permet le dépôt gratuit de publications académiques et leur accès libre. En 2026, le dépôt sur HAL est fortement recommandé — voire obligatoire pour certains financements ANR — et booste la visibilité des travaux des chercheurs.

    Qu’est-ce que HAL Archives Ouvertes ?

    HAL (Hyper Articles en Ligne) est une archive ouverte pluridisciplinaire créée en 2001 par le CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe), sous tutelle du CNRS, de l’INRIA et de plusieurs universités françaises.

    Son rôle dans le paysage de la recherche française est triple :

    • Archive : conserver durablement les publications scientifiques
    • Diffusion : rendre accessibles les travaux au-delà des abonnements payants
    • Référencement : permettre l’indexation par Google Scholar et les moteurs de recherche académiques

    En 2026, HAL est pleinement intégré à la politique de science ouverte du gouvernement français. Le Plan national de la Science Ouverte 2021-2026 impose aux projets financés par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) de déposer leurs publications dans HAL ou un entrepôt certifié.

    Comment utiliser HAL pour trouver des sources

    Trouver des sources sur HAL est simple. Voici la méthode efficace :

    Recherche simple

    1. Rendez-vous sur hal.science (l’URL a été modernisée en hal.science en 2022)
    2. Saisissez vos mots-clés dans la barre de recherche principale
    3. Filtrez par type de document, discipline ou date

    Recherche avancée

    La recherche avancée de HAL permet de filtrer par :

    • Auteur : utile pour trouver tous les travaux d’un chercheur spécifique
    • Institution : pour voir ce que publie une université ou un laboratoire précis
    • Discipline : HAL classe les documents selon les domaines de la classification du CNRS
    • Statut du document : préprint, version acceptée, version publiée
    • Période : pour se concentrer sur les publications récentes (2020-2026 pour les sujets d’actualité)

    Conseils de recherche

    Astuce : Cherchez d’abord l’auteur plutôt que le titre exact. En sociologie, psychologie et SHS, beaucoup d’auteurs déposent leurs manuscrits acceptés sur HAL même si l’article final est derrière un paywall. Vous accédez ainsi au même contenu légalement et gratuitement.

    Comment déposer ses travaux sur HAL

    Le dépôt sur HAL est gratuit et ouvert à tout chercheur affilié à une institution française. Voici les étapes :

    Étape 1 : Créer un compte HAL

    Créez un compte sur hal.science avec votre adresse institutionnelle. Vous pouvez aussi créer un identifiant ORCID (Open Researcher and Contributor ID) et le lier à HAL pour une meilleure traçabilité.

    Étape 2 : Vérifier les droits de dépôt

    Avant de déposer, vérifiez que vous avez le droit de diffuser votre document. Pour les articles publiés dans des revues, consultez la base SHERPA/RoMEO qui recense les politiques de chaque éditeur. La plupart des éditeurs autorisent le dépôt du manuscrit accepté après une période d’embargo (généralement 6 ou 12 mois).

    Étape 3 : Préparer le document

    Déposez de préférence le PDF de votre manuscrit accepté (version post-referee, avant mise en forme éditoriale). Le format PDF est recommandé.

    Étape 4 : Remplir les métadonnées

    Les métadonnées sont cruciales pour l’indexation de votre document : titre, résumé, mots-clés, auteurs, institution, type de document, date. Un document bien décrit est un document qu’on trouvera.

    Étape 5 : Soumettre et attendre la validation

    HAL possède un modèle de validation. Les dépôts sont vérifiés par un comité (équipe HAL ou portail institutionnel) avant publication officielle, généralement sous 48 heures.

    Types de documents disponibles sur HAL

    Type de document Description Accès libre ?
    Article de revue Publications dans des revues à comité de lecture Souvent oui (manuscrit accepté)
    Thèse Thèses de doctorat et HDR Oui (sauf embargo)
    Communication Actes de conférences et colloques Oui
    Préprint Version avant soumission à une revue Oui
    Rapport Rapports de recherche institutionnels Souvent oui
    Chapitre d’ouvrage Contributions à des ouvrages collectifs Souvent (après embargo)

    HAL et les thèses : le lien avec theses.fr

    HAL et theses.fr sont deux plateformes complémentaires mais distinctes :

    • theses.fr est le portail national des thèses de doctorat en France, géré par l’ABES (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur). Il recense les thèses soutenues et en préparation.
    • HAL-thèses est le sous-portail de HAL dédié aux thèses déposées en texte intégral.

    Depuis 2011, les nouvelles thèses de doctorat doivent être déposées électroniquement dans les systèmes de gestion des thèses des universités (STEP, ADUM), et transmises automatiquement à theses.fr. HAL complète ce dispositif en permettant le dépôt volontaire du texte intégral.

    Pour les étudiants en master ou thèse, consulter thèses.fr pour rechercher des thèses françaises reste le premier réflexe. HAL complète cette recherche pour les articles et communications des chercheurs.

    Pourquoi déposer sur HAL ? Les avantages concrets

    Au-delà de l’obligation pour les projets ANR, déposer sur HAL présente des avantages tangibles pour les chercheurs :

    1. Visibilité internationale : les documents HAL sont indexés par Google Scholar, BASE, OpenAIRE et d’autres agrégateurs internationaux. Un article déposé sur HAL reçoit en moyenne 30 % de citations supplémentaires par rapport à un article resté derrière un paywall.
    2. Pérennité : HAL garantit la conservation à long terme de vos documents, même si vous changez d’institution.
    3. Référencement personnalisé : via votre page chercheur sur HAL (IDHAL), vous pouvez centraliser tous vos travaux et les afficher publiquement.
    4. Preuve de paternité : le dépôt en préprint date officiellement votre travail, utile en cas de litige de priorité scientifique.
    5. Intégration avec les outils d’évaluation : HAL alimente les portails institutionnels comme LabIntel du CNRS ou les bilans d’habilitation HCERES.

    Les portails thématiques de HAL

    HAL propose des portails spécialisés pour les grandes disciplines et institutions :

    • HAL-SHS (Sciences Humaines et Sociales) : halshs.archives-ouvertes.fr
    • MathDoc pour les mathématiques
    • INRIA pour l’informatique et les mathématiques appliquées
    • Portails institutionnels : chaque grande université ou organisme de recherche (CNRS, INSERM, INRAE…) dispose de son portail HAL propre

    La plupart des universités françaises ont mis en place leur portail HAL institutionnel. Renseignez-vous auprès de votre bibliothèque universitaire pour savoir si votre établissement dispose d’une chargée de HAL ou d’un accompagnement au dépôt.

    Pour des recherches académiques comparatives en accès ouvert à l’international, consultez aussi les guides disponibles en anglais sur les formats de citation APA et en portugais pour voir comment les pratiques de science ouverte évoluent dans d’autres contextes universitaires. Les outils d’IA pour la recherche documentaire transforment aussi la façon dont les chercheurs explorent les archives ouvertes.

    Pour formater correctement vos citations tirées de HAL dans votre mémoire ou thèse, consultez notre guide sur la norme APA en français et notre article sur la bibliographie APA.

    Questions fréquentes sur HAL Archives Ouvertes

    HAL et arXiv, quelle est la différence ?

    arXiv est une archive internationale principalement utilisée en physique, mathématiques et informatique. HAL est l’équivalent français, pluridisciplinaire, couvrant aussi les sciences humaines et sociales. Les deux archives peuvent coexister pour un même document : un chercheur peut déposer un article en physique à la fois sur arXiv et sur HAL.

    Les documents HAL sont-ils soumis à un comité de lecture ?

    Non, HAL est une archive de dépôt, pas une revue. Les documents déposés ne sont pas soumis à une évaluation scientifique par des pairs. HAL héberge à la fois des préprints (avant peer review) et des articles déjà publiés dans des revues à comité de lecture. Il faut donc vérifier le statut de chaque document avant de le citer.

    Peut-on citer un document HAL dans un mémoire de master ?

    Oui, si le document cité est un article publié dans une revue à comité de lecture (le fait qu’il soit aussi disponible sur HAL ne change rien à sa valeur scientifique). Si le document est uniquement un préprint (non encore publié), mentionnez clairement ce statut dans votre citation. En normes APA, on cite le DOI de la revue de préférence, ou l’URL HAL si le document n’est disponible qu’en archive.

    Comment créer sa page chercheur sur HAL ?

    Après avoir créé un compte sur hal.science, allez dans votre profil et créez votre identifiant IDHAL. Vous pouvez ensuite relier tous vos dépôts à cet identifiant et créer une page publique affichant votre liste de publications. Cette page peut être intégrée dans votre page institutionnelle ou votre profil LinkedIn.

    HAL est-il obligatoire pour les chercheurs en France ?

    Le dépôt sur HAL ou un entrepôt certifié est obligatoire pour les publications issues de projets financés par l’ANR depuis 2022 et pour les publications produites dans le cadre de la mise en œuvre du Plan National de la Science Ouverte. Pour les autres chercheurs, le dépôt reste volontaire mais fortement encouragé par toutes les institutions françaises.

    Combien de temps faut-il pour qu’un document soit visible sur HAL ?

    Après dépôt, la validation par l’équipe HAL prend généralement entre 24 et 72 heures ouvrées. Une fois validé, le document est immédiatement visible sur hal.science et indexé par les moteurs de recherche académiques sous 1 à 7 jours supplémentaires.

    Peut-on retirer un document déposé sur HAL ?

    Les documents déposés sur HAL ne peuvent pas être supprimés une fois validés (principe d’archive), mais ils peuvent être remplacés par une version révisée ou rendu inaccessible temporairement à la demande motivée du déposant (embargo, litige d’édition). Les métadonnées restent toujours visibles même si le texte intégral est retiré.

    Exploitez vos sources HAL plus efficacement

    Une fois que vous avez trouvé vos sources sur HAL, il vous faut les citer correctement dans votre mémoire ou votre thèse. Tesify génère automatiquement les références bibliographiques au format APA, Chicago ou MLA à partir des URL ou des métadonnées de vos documents. Gagnez des heures sur votre bibliographie.

  • Méthodologie de recherche : HAL vs theses.fr 2025

    Méthodologie de recherche : HAL vs theses.fr 2025

    HAL archives ouvertes vs theses.fr : quel dépôt privilégier ?

    Votre soutenance approche — ou vient tout juste de se terminer — et vous vous retrouvez face à une question que personne n’a vraiment anticipée dans votre formation doctorale : dois-je déposer sur HAL, sur theses.fr, ou les deux à la fois ? La réponse semble technique, presque administrative. Pourtant, ce choix conditionne la visibilité internationale de vos travaux, le respect de vos obligations légales et, dans certains cas, l’obtention définitive de votre grade de docteur.

    Ce que la plupart des doctorants ignorent : ces deux plateformes ne sont pas des concurrentes. Elles répondent à des logiques institutionnelles différentes, s’inscrivent dans des cadres réglementaires distincts et servent des publics partiellement disjoints. Confondre leurs fonctions, c’est risquer des doublons mal gérés, des embargos mal configurés ou une visibilité amputée.

    Réponse rapide : theses.fr est le portail national obligatoire de signalement des thèses françaises, géré par l’ABES — le dépôt y est imposé par arrêté ministériel. HAL archives ouvertes est la plateforme d’accès ouvert du CNRS/CCSD où le dépôt du texte intégral est fortement recommandé (et parfois obligatoire selon les établissements). Dans la grande majorité des cas, les deux dépôts sont complémentaires et non exclusifs.

    Comparaison HAL archives ouvertes et theses.fr — diffusion en accès ouvert et signalement institutionnel des thèses françaises

    Définitions : ce que sont vraiment HAL et theses.fr

    Avant toute comparaison, il faut poser les bases — et elles sont moins évidentes qu’il n’y paraît.

    HAL archives ouvertes : une infrastructure de diffusion scientifique

    HAL (Hyper Articles en Ligne) est une archive ouverte nationale créée en 2001 par le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD), unité propre du CNRS. Sa vocation première est la diffusion en accès libre du texte intégral des travaux scientifiques : articles de revues, communications, rapports, mais aussi thèses et mémoires. Fin 2023, HAL héberge plus de 1,5 million de documents en texte intégral.

    Ce qui distingue HAL structurellement, c’est son architecture distribuée : chaque établissement peut disposer de son portail HAL propre (HAL-Sorbonne, HAL AMU, HAL Université de Lorraine…), alimenté par le même référentiel central. Le dépôt est ouvert à tout chercheur affilié à un établissement d’enseignement supérieur ou de recherche français.

    theses.fr : le portail national de signalement des thèses

    theses.fr est géré par l’Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur (ABES). Sa mission est différente : signaler (référencer les métadonnées), certifier (attester la soutenance) et archiver pérennement les thèses françaises. C’est un registre national, pas simplement un entrepôt de fichiers.

    Le circuit passe par le logiciel STAR (Signalement des Thèses et Archivage) pour les thèses soutenues, et STEP (Signalement des Thèses En Préparation) pour les thèses en cours. Toute thèse soutenue en France doit, par obligation légale, être signalée via ce circuit — qu’un texte intégral soit accessible ou non.

    Point clé : HAL et theses.fr ne sont pas deux versions du même service. L’une diffuse, l’autre signale et certifie. Comprendre cette distinction change tout à votre stratégie de dépôt.

    Les différences fondamentales entre les deux plateformes

    Voici où la méthodologie de recherche et les normes de citation françaises entrent directement en jeu : chaque plateforme impose ses propres standards de description bibliographique et ses propres règles de validation.

    Tableau comparatif : HAL archives ouvertes vs theses.fr (2025)
    Critère HAL archives ouvertes theses.fr (STAR/STEP)
    Gestionnaire CNRS / CCSD ABES (Ministère MESR)
    Obligation légale Recommandée / imposée par certains établissements Obligatoire par arrêté (arrêté du 25 mai 2016)
    Fonction principale Diffusion en accès ouvert du texte intégral Signalement, certification et archivage pérenne
    Formats acceptés PDF, TEI, LaTeX, DOCX, etc. PDF/A validé FACILE (CINES) obligatoire
    Embargo possible Oui (accès différé paramétrable) Oui (confidentialité totale possible)
    Identifiant pérenne HAL-ID, peut recevoir DOI NNT (Numéro National de Thèse)
    Interopérabilité OAI-PMH, OpenAIRE, ORCID Sudoc, DART-Europe, EThOS
    Public cible Communauté scientifique internationale Registre national + établissements d’enseignement supérieur

    Ce tableau illustre une réalité que beaucoup de doctorants découvrent trop tard : si theses.fr certifie votre grade, HAL amplifie votre visibilité. Négliger l’un ou l’autre, c’est jouer à moitié.

    L’interopérabilité technique : un enjeu sous-estimé

    HAL est moissonnée par OpenAIRE (portail européen de la science ouverte) et s’interconnecte avec ORCID pour l’identification des auteurs. theses.fr alimente le Sudoc (catalogue collectif français) et DART-Europe (portail des thèses européennes). Ces chaînes d’interopérabilité déterminent où vos travaux apparaîtront dans les moteurs de recherche académiques — Google Scholar, BASE, Core.ac.uk.

    Obligations légales de dépôt : ce que dit la réglementation

    C’est le point que personne ne lit vraiment — et c’est pourtant là que se jouent des situations concrètes de blocage administratif.

    L’arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale (article 24) impose le dépôt de la thèse sous forme numérique dans les établissements de soutenance, qui transmettent ensuite le fichier à l’ABES via STAR. Le texte intégral est rendu accessible — sauf décision contraire du jury motivée par des raisons de confidentialité.

    Le Deuxième Plan national pour la science ouverte 2021-2024 est allé plus loin : il fixe l’objectif de 100 % de publications de la recherche publique française en accès ouvert, avec HAL comme infrastructure privilégiée. Concrètement, de nombreux établissements ont intégré dans leur règlement doctoral une obligation de dépôt dans HAL en plus de STAR.

    Signal important : Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2023 (BSO — Ministère MESR), le taux d’accès ouvert aux thèses françaises dépasse 80 %, grâce notamment à la généralisation du dépôt dans STAR/theses.fr. HAL contribue à ce chiffre en hébergeant les versions texte intégral.

    Pour une analyse approfondie des obligations légales qui s’appliquent spécifiquement à votre situation, l’article sur la science ouverte et les obligations légales pour thèses en 2025 détaille les textes de référence et leur application par établissement.

    Le cas des thèses sous confidentialité

    Une thèse réalisée en partenariat industriel (CIFRE, par exemple) peut faire l’objet d’une demande de confidentialité totale pendant une durée maximale de 10 ans. Dans ce cas, theses.fr conserve les métadonnées (titre, auteur, résumé, NNT), mais le texte intégral n’est pas accessible au public. HAL peut également héberger le document avec embargo prolongé. Cette configuration mérite d’être anticipée dès la rédaction du contrat doctoral.

    Critères pour choisir votre plateforme de dépôt

    Posons la vraie question : si vous ne pouviez déposer que sur une seule plateforme (ce qui n’est presque jamais le cas, mais supposons), laquelle choisiriez-vous ? La réponse dépend de trois paramètres.

    1. Votre objectif principal : certification ou diffusion ?

    Si votre priorité est d’obtenir votre diplôme et de respecter le cadre légal français, theses.fr (via STAR) est non négociable. Le NNT (Numéro National de Thèse) est l’identifiant qui atteste officiellement votre grade de docteur. Sans ce dépôt, la délivrance du diplôme peut être bloquée.

    Si votre priorité est la visibilité internationale de vos travaux — citations par la communauté académique mondiale, indexation dans Google Scholar, présence dans OpenAIRE — HAL est plus puissant. Son intégration dans les réseaux européens d’archives ouvertes lui confère une portée que theses.fr n’a pas vocation à atteindre.

    2. La politique de votre établissement

    Certains établissements ont signé des accords de type « HAL-X » et imposent le dépôt dans le portail HAL institutionnel. D’autres délèguent entièrement à STAR et n’exigent pas de dépôt HAL séparé. Vérifiez le règlement doctoral de votre école doctorale — c’est le document de référence, pas les rumeurs de couloir.

    3. La nature de votre document

    theses.fr est exclusivement réservé aux thèses de doctorat françaises. HAL accepte une palette bien plus large : thèses de master, HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), articles, chapitres d’ouvrages, jeux de données. Si vous voulez centraliser l’ensemble de vos productions scientifiques sur un profil unique, HAL offre cette cohérence.

    Erreur fréquente : Déposer sur HAL en pensant que cela remplace le dépôt STAR. Ce sont deux circuits indépendants. HAL ne transmet pas automatiquement vos données à l’ABES. La passerelle automatique HAL-STAR n’existe que dans certains établissements ayant signé une convention spécifique — vérifiez auprès de votre bibliothèque universitaire.

    Guide pratique : déposer sur HAL et theses.fr étape par étape

    Voici ce que personne ne vous dit clairement dans les tutoriels officiels : les deux processus sont techniquement distincts, mais peuvent se rejoindre selon la configuration de votre établissement.

    Déposer sur theses.fr via STAR

    Étapes de dépôt d'une thèse sur theses.fr via STAR — préparation PDF/A, saisie des métadonnées, validation institutionnelle et attribution du Numéro National de Thèse

    1. Préparer le fichier PDF/A — Le format exigé est PDF/A (archive), validé par le service FACILE du CINES. Ce n’est pas un PDF ordinaire : les polices doivent être intégrées, les liens actifs, les métadonnées XMP renseignées.
    2. Saisir les métadonnées dans STAR — Titre, résumé en français et en anglais, mots-clés (au minimum en deux langues), discipline, directeur de thèse, membres du jury. La qualité de ces métadonnées détermine votre indexabilité dans le Sudoc et dans les moteurs de recherche académiques.
    3. Validation par l’établissement — Le service de scolarité ou la bibliothèque universitaire vérifie la conformité du dossier. L’ABES détaille les contrôles de validation dans la documentation ThèsesPro.
    4. Attribution du NNT — Une fois validé, l’ABES attribue le Numéro National de Thèse. C’est ce numéro que vous citez dans votre CV et dans les demandes de dérogation.
    5. Mise en ligne sur theses.fr — Le délai entre validation et publication varie entre 24h et quelques semaines selon les établissements et le volume de dossiers.

    Déposer sur HAL archives ouvertes

    1. Créer ou vérifier votre compte HAL — Si vous avez un ORCID, liez-le immédiatement à votre profil HAL. Cette association automatisera le renseignement de vos affiliations.
    2. Choisir le type de document — Sélectionnez « Thèse » dans le formulaire de dépôt. La documentation officielle HAL détaille chaque champ du formulaire.
    3. Déposer le fichier et renseigner les métadonnées — HAL accepte plusieurs formats. Renseignez le résumé structuré, les mots-clés (idéalement issus d’un thésaurus comme MeSH pour les sciences de la santé ou Rameau pour les sciences humaines), et l’identifiant HAL de votre directeur de thèse.
    4. Configurer les droits d’accès — Accès immédiat, embargo temporaire ou accès restreint. Si votre thèse est sous confidentialité partielle, l’embargo peut être paramétré chapitre par chapitre.
    5. Validation et modération — L’équipe HAL vérifie la conformité du dépôt. Des tutoriels vidéo sont disponibles sur le wiki CCSD pour accompagner chaque étape.

    Pour un guide pas-à-pas encore plus détaillé, avec captures d’écran et recommandations spécifiques par établissement, consultez le guide complet 2025 sur le dépôt de thèse sur HAL et theses.fr.

    Normes de citation et métadonnées : les exigences de chaque plateforme

    C’est ici que la méthodologie de recherche et les normes de citation (France) deviennent concrètes. Une thèse mal décrite bibliographiquement n’existe presque pas pour les moteurs de recherche académiques.

    Le standard de métadonnées Dublin Core dans HAL

    HAL repose sur le Dublin Core qualifié et sur le protocole OAI-PMH pour l’interopérabilité. Chaque dépôt génère automatiquement une fiche de métadonnées exportable en formats XML, BibTeX, RIS, EndNote. Si vous utilisez Zotero (et vous devriez), HAL est directement compatible avec le connecteur Zotero — une thèse déposée sur HAL s’importe en un clic dans votre bibliothèque de références.

    La gestion des références bibliographiques est d’ailleurs l’une des compétences les plus mal maîtrisées par les doctorants — et les erreurs de métadonnées dans HAL ou STAR en sont souvent la cause directe.

    L’identifiant NNT : la référence bibliographique de votre thèse

    Quand quelqu’un cite votre thèse dans un article académique, le NNT est l’identifiant de référence. Il s’écrit sous la forme : ANNÉEÉTABLISSEMENTNNNN (ex. : 2024PARI0042). Ce code doit figurer dans les métadonnées HAL si vous y déposez également votre thèse, pour assurer le lien entre les deux référentiels.

    La question du format : PDF/A pour l’archivage pérenne

    theses.fr exige un PDF/A validé FACILE — et ce n’est pas une formalité. L’archivage pérenne au CINES (Centre Informatique National de l’Enseignement Supérieur) garantit que votre thèse restera lisible dans 50 ans, indépendamment des évolutions technologiques. Un PDF ordinaire, avec des polices non intégrées ou des scripts JavaScript, sera refusé par le validateur. Anticipez cette contrainte lors de la compilation finale, que vous travailliez sous Word, LaTeX ou LibreOffice.

    Pour ceux qui rédigent sous LaTeX, la chaîne LaTeX → PDF/A est bien documentée, notamment dans les ressources pédagogiques de Martin Vérot sur la bibliographie avec Zotero sous LaTeX — une référence dans la communauté des doctorants francophones.

    Mots-clés et thésaurus : un choix stratégique

    Ce point est systématiquement sous-estimé. Les mots-clés que vous renseignez dans STAR et HAL déterminent dans quelles listes de résultats votre thèse apparaîtra. Privilégiez des termes issus de thésaurus reconnus (Rameau, MeSH, Eurovoc selon votre discipline) plutôt que des termes libres inventés. Une thèse en sciences de l’éducation indexée avec « apprentissage » (terme générique) sera nettement moins visible que la même thèse indexée avec « apprentissage par problèmes — enseignement supérieur » (descripteur Rameau normalisé).

    Questions fréquentes sur HAL archives ouvertes et theses.fr

    Peut-on déposer sa thèse sur HAL sans passer par theses.fr ?

    Techniquement, oui — HAL accepte les dépôts indépendants de tout circuit institutionnel. Mais légalement, le dépôt dans STAR/theses.fr reste obligatoire pour toute thèse soutenue dans un établissement français. Déposer uniquement sur HAL sans passer par STAR ne satisfait pas à l’obligation réglementaire issue de l’arrêté du 25 mai 2016 et peut bloquer la délivrance officielle du diplôme.

    Un dépôt sur theses.fr entraîne-t-il automatiquement un dépôt sur HAL ?

    Non, pas systématiquement. Certains établissements ont mis en place une passerelle automatique STAR → HAL, mais c’est loin d’être universel. Vérifiez auprès de votre service de documentation universitaire si une telle passerelle existe dans votre établissement. Dans le doute, un dépôt manuel sur HAL prend moins d’une heure et garantit la visibilité dans les réseaux internationaux comme OpenAIRE.

    Quel est le délai réglementaire pour déposer sa thèse après soutenance ?

    L’arrêté du 25 mai 2016 ne fixe pas de délai calendaire précis, mais les établissements conditionnent généralement la délivrance du diplôme au dépôt dans STAR. En pratique, la plupart des écoles doctorales exigent le dépôt dans les 3 mois suivant la soutenance. Certains établissements ont des délais plus courts. Consultez le règlement de votre école doctorale dès la date de soutenance fixée.

    Comment gérer une thèse sous confidentialité dans STAR et HAL ?

    Dans STAR, une demande de confidentialité doit être formulée par le président du jury et motivée (partenariat industriel, brevet en cours, données sensibles). La confidentialité est accordée pour une durée maximale de 10 ans, renouvelable. Les métadonnées restent publiques ; seul le texte intégral est inaccessible. Dans HAL, un embargo peut être configuré de manière identique — les deux systèmes sont paramétrables indépendamment.

    HAL est-il compatible avec Zotero pour la gestion des références ?

    Oui, pleinement. HAL expose ses métadonnées via OAI-PMH et propose des exports en BibTeX, RIS et EndNote, tous compatibles avec Zotero. Le connecteur Zotero détecte automatiquement les fiches HAL et permet leur import en un clic depuis le navigateur. Des ressources pédagogiques spécifiques, notamment la playlist DocToBib sur Zotero pour la recherche académique, détaillent ces flux de travail.

    Peut-on modifier ou retirer une thèse après dépôt dans HAL ou theses.fr ?

    Sur HAL, le principe de l’archive ouverte interdit la suppression définitive d’un dépôt — mais une version amendée peut être soumise et les droits d’accès modifiés. Sur theses.fr, les métadonnées peuvent être corrigées via STAR avec l’accord de l’établissement, mais le retrait total n’est possible que sur décision judiciaire ou administrative motivée. Cette pérennité est précisément ce qui donne sa valeur à l’archivage institutionnel.

    Synthèse : adopter une stratégie de dépôt cohérente

    HAL archives ouvertes et theses.fr ne s’opposent pas — ils se complètent. theses.fr certifie votre identité de docteur ; HAL projette vos travaux dans la communauté scientifique mondiale. La bonne stratégie, pour la quasi-totalité des doctorants français, est de mener les deux dépôts en parallèle, avec une attention particulière à la qualité des métadonnées et à la conformité des formats.

    Ce qui fait réellement la différence, c’est l’anticipation. Un fichier PDF/A mal préparé peut retarder votre dépôt STAR de plusieurs semaines. Des mots-clés génériques dans HAL peuvent réduire de moitié votre visibilité dans les moteurs de recherche académiques. Des métadonnées incohérentes entre les deux plateformes créent des doublons difficiles à corriger après coup.

    La méthodologie de recherche et les normes de citation françaises imposent une rigueur documentaire qui s’applique aussi — et surtout — au moment du dépôt de vos propres travaux.

    Approfondir votre pratique du dépôt académique

    Vous préparez le dépôt de votre thèse ? Explorez ces ressources complémentaires :

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    Article mis à jour en 2025. Sources principales : arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale (JORF), Baromètre français de la Science Ouverte 2023 (Ministère MESR), Plan national pour la science ouverte 2021-2024 (Ministère MESR/Ouvrir la Science), documentation officielle ABES (ThèsesPro) et CCSD (HAL).