Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline
La part des femmes en doctorat en France atteint désormais environ 49 % parmi l’ensemble des doctorants inscrits (données 2023, MESR-SIES) — une quasi-parité qui contraste avec la situation du début des années 2000. Pourtant, derrière cette moyenne agrégée se cachent des écarts disciplinaires persistants : 58 % de femmes en biologie-médecine-santé, 23 % en mathématiques. Plus frappant encore, le plafond de verre qui se forme après la soutenance réduit leur part à 31 % parmi les professeures des universités (PU) en 2022, contre 45 % parmi les maîtres de conférences (MCF). Ce rapport dresse, chiffre par chiffre, la radiographie officielle de la féminisation de la recherche doctorale française.
- Part des femmes parmi les doctorants inscrits : ~49 % (MESR-SIES 2023)
- Part des femmes parmi les docteurs diplômés 2020 : 43,5 % (IPDoc 2020, NF25 SIES sept. 2024)
- Extrêmes disciplinaires : de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé
- Plafond de verre : 45 % MCF / 31 % PU (MESR-DGRH 2022)
Vue d’ensemble : inscrits et diplômés
En 2023-2024, la France comptait 69 639 doctorants inscrits dans ses 289 écoles doctorales accréditées par le MESR, dont 16 400 nouveaux primo-inscrits — soit +4,6 % par rapport à 2022-2023 (source : MESR-SIES, 2024). La même année, 15 187 thèses ont été soutenues avec succès (+9,6 % par rapport à 2022, un record depuis le début du suivi SIES en 2009), en partie sous l’effet de rattrapage post-pandémique.
La progression vers la parité parmi les doctorants inscrits est lente mais réelle :
| Année | Part femmes — inscrits | Source |
|---|---|---|
| 2010-2011 | 46,2 % | MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025 |
| 2020-2021 | 46,7 % | MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025 |
| 2022-2023 | 46 % (primo-inscrits) | MESR-SIES, Note Flash SIES 2024 |
| 2023 | ~49 % | MESR-SIES, cité dans Formation Emploi n°169 (2024) |
Si la quasi-parité est atteinte pour les inscrits, la situation est différente pour les diplômés : selon la Note Flash n°25 du SIES (septembre 2024, enquête IPDoc 2020), 43,5 % des docteurs diplômés de la promotion 2020 sont des femmes. Cet écart entre inscrits (~49 %) et diplômés (~43,5 %) peut refléter des différences de durée de thèse, de taux d’abandon différentiel ou de calendrier de soutenance.
« La proportion de femmes parmi les doctorants a peu évolué sur la décennie : 46,7 % en 2020-2021, contre 46,2 % dix ans plus tôt. »
— MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2025
Pour une analyse des sorties de thèse, voir notre article sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France, qui détaille les causes et la durée réelle des parcours.
Répartition par grand domaine disciplinaire
La photographie globale cache des réalités radicalement différentes selon les disciplines. Les données du MESR-SIES publiées dans la collection Vers l’égalité femmes-hommes ? (éditions 2024, 2025 et 2026) permettent de dresser le tableau suivant :
| Grand domaine disciplinaire | Part femmes — doctorants inscrits | Source |
|---|---|---|
| Biologie, médecine, santé | 58 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |
| Sciences humaines et sociales (SHS) | 55 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |
| Sciences agronomiques et écologiques | 54 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |
| Sciences exactes et applications (hors maths/STIC) | ~35 % | OFCE / CDEFI, 2025 (données 2021) |
| Sciences pour l’ingénieur | 30 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |
| STIC (sciences et tech. de l’information et de la communication) | 27 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |
| Mathématiques | 23 % | MESR-SIES, Vers l’égalité 2024 |

L’écart entre les disciplines les plus féminisées (biologie-santé : 58 %) et les moins féminisées (mathématiques : 23 %) atteint donc 35 points de pourcentage. Cette polarisation reflète les orientations prises dès le lycée et le premier cycle universitaire, et se retrouve dans tous les pays européens — avec la France systématiquement positionnée 2 à 3 points sous la moyenne UE dans les STEM (données Eurostat, 2021, rapportées par l’OFCE en 2025).
Pour une vue complète sur la féminisation de l’ensemble des formations supérieures, notre article Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 détaille les taux par niveau et filière.
Financement du doctorat : une inégalité structurante
Le type de financement varie fortement par discipline — et ce différentiel de financement est l’un des mécanismes qui explique les inégalités de genre à l’entrée du doctorat. En 2023-2024, 79,2 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement, mais ce taux est inégalement distribué (MESR-SIES, Note Flash 2024) :
- Sciences exactes et applications : 97 % des primo-inscrits financés
- Sciences du vivant : 85 % financés
- Sciences humaines et sociales : 50 % financés (−2,2 % d’inscrits entre 2022-2023 et 2023-2024)
Les SHS — domaine à majorité féminine — présentent le taux de financement le plus bas. Cette corrélation entre sous-financement et féminisation s’observe aussi dans les durées de thèse : 38 % des thèses soutenues en 2023 durent moins de 40 mois (MESR-SIES 2024), mais les thèses non financées, plus fréquentes en SHS, tendent à être plus longues et ont un taux d’abandon plus élevé.
Rappel : depuis le 1er janvier 2024, le montant plancher du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut/mois, conformément à la Loi de Programmation de la Recherche 2020 (LPR). Les conventions CIFRE (8 % des primo-inscrits en 2023) proposent souvent des rémunérations supérieures. Pour le détail des mécanismes de financement, voir notre page Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE.
L’entonnoir des carrières : du doctorat à la chaire
C’est ici que le plafond de verre apparaît dans toute sa netteté. La progression des femmes à chaque échelon de la carrière académique montre un phénomène d’« entonnoir » : la part féminine, déjà insuffisante dans certains domaines au niveau du doctorat, se réduit encore à chaque promotion.
| Stade de la carrière | Part femmes 2000 | Part femmes 2010 | Part femmes 2022 | Source |
|---|---|---|---|---|
| Doctorants inscrits (total) | ~44 % | 46,2 % | ~47 % | MESR-SIES |
| Maîtres de conférences (MCF) | 38 % | – | 45 % | MESR-DGRH, bilans sociaux |
| Professeures des universités (PU) | 17 % | 23 % | 31 % | MESR-DGRH, bilans sociaux |

La progression est réelle — les femmes PU sont passées de 17 % en 2000 à 31 % en 2022 — mais l’entonnoir reste prononcé : alors que les femmes représentent 45 % des MCF, elles ne sont que 31 % parmi les professeurs des universités. Ce décrochage s’accentue encore si l’on intègre la dimension disciplinaire : en sciences et technologie, la part des femmes parmi les enseignants-chercheurs n’est que de 30 %, contre 55 % en lettres et sciences humaines (MESR-SIES 2023, enquête cités dans Formation Emploi n°169, 2024).
L’écart salarial accompagne ce plafond : en 2023, les femmes PU perçoivent en moyenne 205 € bruts de moins par mois que leurs homologues masculins (MESR-DGRH 2023), dont 200 € en traitement de base et 5 € en primes et indemnités.
Pour le détail de l’insertion professionnelle des docteurs après la thèse, consultez notre analyse Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline. Les données de salaire après doctorat selon le secteur sont également disponibles sur Salaire après un doctorat en 2026 (fr.tesify.pro).
Publications scientifiques : l’écart de genre persiste
La féminisation des effectifs doctorants n’a pas encore effacé un écart de publication documenté. Une étude publiée dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024-3, Pommier, Porcher et al.) portant sur les doctorants français montre que :
- Les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durant leur thèse, comparé aux doctorantes.
- Cet écart s’amplifie avec le nombre de publications et se concentre principalement dans les disciplines STEM.
- Il reflète en partie des inégalités dans l’accès aux réseaux, aux conférences et aux opportunités de co-publication.
Ces données de publication ont une importance pratique directe : le nombre de publications est un critère décisif dans les procédures de qualification CNU et de recrutement MCF/PU. Un écart de publication à l’entrée du marché académique amplifie mécaniquement les inégalités de trajectoire de carrière observées dans l’entonnoir décrit plus haut.
Part des femmes dans les organismes de recherche publics
Au-delà des universités, les organismes de recherche publics présentent des situations contrastées (données MESR-SIES 2023, fiche « Parité dans la recherche ») :
| Organisme | Part femmes parmi les chercheurs (2023) |
|---|---|
| INSERM | 54,9 % |
| Institut Pasteur (Paris) | 53,2 % |
| INRAE | 49,4 % |
| IRD | 42,3 % |
| CNRS | 36,4 % |
| INRIA | 24,3 % |
| ONERA | 18,1 % |
Au niveau global, les femmes représentent 31 % des chercheurs toutes institutions confondues (42 % dans les administrations publiques, 24 % dans les entreprises privées), et 35 % de l’ensemble des personnels de R&D en France (MESR-SIES 2023). La polarisation entre l’INSERM (54,9 %, domaine santé-biologie) et l’ONERA (18,1 %, domaine aérospatial) illustre à l’échelle des organismes les mêmes logiques disciplinaires qu’au niveau doctoral.
Pour contextualiser ces données dans le profil international du doctorat en France, notre article sur l’attractivité internationale et le profil des doctorants étrangers propose une comparaison complémentaire.
Note méthodologique : les chiffres présentés dans cet article proviennent des publications officielles du MESR-SIES (Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés éditions 2024, 2025, 2026 ; Note Flash n°25, sept. 2024 ; Note Flash n°14, juin 2025 ; fiche EESR « Parité dans la recherche », n°18), des bilans sociaux MESR-DGRH, et de l’étude de Formation Emploi n°169 (2024-3). Les données par discipline s’appuient sur le référentiel disciplinaire du SIES. Certaines catégories (SHS, STIC, sciences agronomiques) varient selon les éditions des rapports.
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Questions fréquentes
Quelle est la part des femmes parmi les doctorants inscrits en France en 2023 ?
En 2023, les femmes représentent environ 49 % des doctorants inscrits en France, selon les données MESR-SIES citées dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024). Ce chiffre global masque des variations allant de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé.
Dans quelles disciplines les femmes sont-elles majoritaires en doctorat ?
Les femmes sont majoritaires en doctorat dans les domaines de la biologie-médecine-santé (58 %), des sciences humaines et sociales (55 %) et des sciences agronomiques et écologiques (54 %) selon les données MESR-SIES publiées dans Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2024. À l’inverse, elles restent minoritaires en mathématiques (23 %), en STIC (27 %) et en sciences pour l’ingénieur (30 %).
Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France ?
En 2022, les femmes occupent 31 % des postes de professeures des universités (PU) en France, contre 17 % en 2000 et 23 % en 2010 (MESR-DGRH, bilans sociaux). Ce taux est nettement inférieur à celui des maîtres de conférences (MCF), où les femmes représentent 45 % en 2022. Cet écart constitue le principal indicateur du plafond de verre dans les carrières académiques françaises.
Les femmes abandonnent-elles leur thèse plus souvent que les hommes ?
Le MESR-SIES ne publie pas de données systématiques sur le taux d’abandon différentiel par genre. L’écart observé entre la part des femmes parmi les inscrits (~49 % en 2023) et parmi les diplômés (43,5 % pour la promotion 2020 selon la NF25 SIES de septembre 2024) suggère une différence de trajectoire, mais celle-ci peut aussi refléter des durées de thèse différentes ou des délais de soutenance selon les disciplines.
Les femmes publient-elles autant que les hommes durant leur doctorat ?
Non. Une étude publiée dans Formation Emploi (n°169, 2024-3) montre que les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durante leur thèse, comparé aux doctorantes. Cet écart est plus marqué dans les disciplines STEM et a des conséquences directes sur les trajectoires de qualification et de recrutement académique.
Quelle est la part des femmes au CNRS et à l’INSERM ?
En 2023, les femmes représentent 36,4 % des chercheurs du CNRS et 54,9 % de ceux de l’INSERM (MESR-SIES, fiche Parité dans la recherche, EESR n°18). Cet écart entre les deux organismes reflète directement la différence de féminisation des disciplines couvertes : sciences exactes et physique pour le CNRS, biologie et santé pour l’INSERM.




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