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  • Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    La part des femmes en doctorat en France atteint désormais environ 49 % parmi l’ensemble des doctorants inscrits (données 2023, MESR-SIES) — une quasi-parité qui contraste avec la situation du début des années 2000. Pourtant, derrière cette moyenne agrégée se cachent des écarts disciplinaires persistants : 58 % de femmes en biologie-médecine-santé, 23 % en mathématiques. Plus frappant encore, le plafond de verre qui se forme après la soutenance réduit leur part à 31 % parmi les professeures des universités (PU) en 2022, contre 45 % parmi les maîtres de conférences (MCF). Ce rapport dresse, chiffre par chiffre, la radiographie officielle de la féminisation de la recherche doctorale française.

    Réponse rapide — chiffres clés 2023

    • Part des femmes parmi les doctorants inscrits : ~49 % (MESR-SIES 2023)
    • Part des femmes parmi les docteurs diplômés 2020 : 43,5 % (IPDoc 2020, NF25 SIES sept. 2024)
    • Extrêmes disciplinaires : de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé
    • Plafond de verre : 45 % MCF / 31 % PU (MESR-DGRH 2022)

    Vue d’ensemble : inscrits et diplômés

    En 2023-2024, la France comptait 69 639 doctorants inscrits dans ses 289 écoles doctorales accréditées par le MESR, dont 16 400 nouveaux primo-inscrits — soit +4,6 % par rapport à 2022-2023 (source : MESR-SIES, 2024). La même année, 15 187 thèses ont été soutenues avec succès (+9,6 % par rapport à 2022, un record depuis le début du suivi SIES en 2009), en partie sous l’effet de rattrapage post-pandémique.

    La progression vers la parité parmi les doctorants inscrits est lente mais réelle :

    Année Part femmes — inscrits Source
    2010-2011 46,2 % MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
    2020-2021 46,7 % MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
    2022-2023 46 % (primo-inscrits) MESR-SIES, Note Flash SIES 2024
    2023 ~49 % MESR-SIES, cité dans Formation Emploi n°169 (2024)

    Si la quasi-parité est atteinte pour les inscrits, la situation est différente pour les diplômés : selon la Note Flash n°25 du SIES (septembre 2024, enquête IPDoc 2020), 43,5 % des docteurs diplômés de la promotion 2020 sont des femmes. Cet écart entre inscrits (~49 %) et diplômés (~43,5 %) peut refléter des différences de durée de thèse, de taux d’abandon différentiel ou de calendrier de soutenance.

    « La proportion de femmes parmi les doctorants a peu évolué sur la décennie : 46,7 % en 2020-2021, contre 46,2 % dix ans plus tôt. »
    — MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2025

    Pour une analyse des sorties de thèse, voir notre article sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France, qui détaille les causes et la durée réelle des parcours.

    Répartition par grand domaine disciplinaire

    La photographie globale cache des réalités radicalement différentes selon les disciplines. Les données du MESR-SIES publiées dans la collection Vers l’égalité femmes-hommes ? (éditions 2024, 2025 et 2026) permettent de dresser le tableau suivant :

    Grand domaine disciplinaire Part femmes — doctorants inscrits Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences humaines et sociales (SHS) 55 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences agronomiques et écologiques 54 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences exactes et applications (hors maths/STIC) ~35 % OFCE / CDEFI, 2025 (données 2021)
    Sciences pour l’ingénieur 30 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    STIC (sciences et tech. de l’information et de la communication) 27 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Mathématiques 23 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Graphique en barres illustrant la part des femmes par discipline dans les doctorats français, de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-santé, données MESR-SIES
    Répartition des femmes par discipline dans le doctorat français — de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-santé (MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? 2024)

    L’écart entre les disciplines les plus féminisées (biologie-santé : 58 %) et les moins féminisées (mathématiques : 23 %) atteint donc 35 points de pourcentage. Cette polarisation reflète les orientations prises dès le lycée et le premier cycle universitaire, et se retrouve dans tous les pays européens — avec la France systématiquement positionnée 2 à 3 points sous la moyenne UE dans les STEM (données Eurostat, 2021, rapportées par l’OFCE en 2025).

    Pour une vue complète sur la féminisation de l’ensemble des formations supérieures, notre article Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 détaille les taux par niveau et filière.

    Financement du doctorat : une inégalité structurante

    Le type de financement varie fortement par discipline — et ce différentiel de financement est l’un des mécanismes qui explique les inégalités de genre à l’entrée du doctorat. En 2023-2024, 79,2 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement, mais ce taux est inégalement distribué (MESR-SIES, Note Flash 2024) :

    • Sciences exactes et applications : 97 % des primo-inscrits financés
    • Sciences du vivant : 85 % financés
    • Sciences humaines et sociales : 50 % financés (−2,2 % d’inscrits entre 2022-2023 et 2023-2024)

    Les SHS — domaine à majorité féminine — présentent le taux de financement le plus bas. Cette corrélation entre sous-financement et féminisation s’observe aussi dans les durées de thèse : 38 % des thèses soutenues en 2023 durent moins de 40 mois (MESR-SIES 2024), mais les thèses non financées, plus fréquentes en SHS, tendent à être plus longues et ont un taux d’abandon plus élevé.

    Rappel : depuis le 1er janvier 2024, le montant plancher du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut/mois, conformément à la Loi de Programmation de la Recherche 2020 (LPR). Les conventions CIFRE (8 % des primo-inscrits en 2023) proposent souvent des rémunérations supérieures. Pour le détail des mécanismes de financement, voir notre page Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE.

    L’entonnoir des carrières : du doctorat à la chaire

    C’est ici que le plafond de verre apparaît dans toute sa netteté. La progression des femmes à chaque échelon de la carrière académique montre un phénomène d’« entonnoir » : la part féminine, déjà insuffisante dans certains domaines au niveau du doctorat, se réduit encore à chaque promotion.

    Stade de la carrière Part femmes 2000 Part femmes 2010 Part femmes 2022 Source
    Doctorants inscrits (total) ~44 % 46,2 % ~47 % MESR-SIES
    Maîtres de conférences (MCF) 38 % 45 % MESR-DGRH, bilans sociaux
    Professeures des universités (PU) 17 % 23 % 31 % MESR-DGRH, bilans sociaux
    Illustration du plafond de verre dans la carrière académique française : entonnoir montrant la réduction progressive de la part des femmes de doctorant à MCF à professeure des universités
    Le plafond de verre dans la carrière académique française : de ~47 % parmi les doctorants à 45 % parmi les MCF à seulement 31 % parmi les professeures des universités (MESR-DGRH 2022)

    La progression est réelle — les femmes PU sont passées de 17 % en 2000 à 31 % en 2022 — mais l’entonnoir reste prononcé : alors que les femmes représentent 45 % des MCF, elles ne sont que 31 % parmi les professeurs des universités. Ce décrochage s’accentue encore si l’on intègre la dimension disciplinaire : en sciences et technologie, la part des femmes parmi les enseignants-chercheurs n’est que de 30 %, contre 55 % en lettres et sciences humaines (MESR-SIES 2023, enquête cités dans Formation Emploi n°169, 2024).

    L’écart salarial accompagne ce plafond : en 2023, les femmes PU perçoivent en moyenne 205 € bruts de moins par mois que leurs homologues masculins (MESR-DGRH 2023), dont 200 € en traitement de base et 5 € en primes et indemnités.

    Pour le détail de l’insertion professionnelle des docteurs après la thèse, consultez notre analyse Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline. Les données de salaire après doctorat selon le secteur sont également disponibles sur Salaire après un doctorat en 2026 (fr.tesify.pro).

    Publications scientifiques : l’écart de genre persiste

    La féminisation des effectifs doctorants n’a pas encore effacé un écart de publication documenté. Une étude publiée dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024-3, Pommier, Porcher et al.) portant sur les doctorants français montre que :

    • Les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durant leur thèse, comparé aux doctorantes.
    • Cet écart s’amplifie avec le nombre de publications et se concentre principalement dans les disciplines STEM.
    • Il reflète en partie des inégalités dans l’accès aux réseaux, aux conférences et aux opportunités de co-publication.

    Ces données de publication ont une importance pratique directe : le nombre de publications est un critère décisif dans les procédures de qualification CNU et de recrutement MCF/PU. Un écart de publication à l’entrée du marché académique amplifie mécaniquement les inégalités de trajectoire de carrière observées dans l’entonnoir décrit plus haut.

    Part des femmes dans les organismes de recherche publics

    Au-delà des universités, les organismes de recherche publics présentent des situations contrastées (données MESR-SIES 2023, fiche « Parité dans la recherche ») :

    Organisme Part femmes parmi les chercheurs (2023)
    INSERM 54,9 %
    Institut Pasteur (Paris) 53,2 %
    INRAE 49,4 %
    IRD 42,3 %
    CNRS 36,4 %
    INRIA 24,3 %
    ONERA 18,1 %

    Au niveau global, les femmes représentent 31 % des chercheurs toutes institutions confondues (42 % dans les administrations publiques, 24 % dans les entreprises privées), et 35 % de l’ensemble des personnels de R&D en France (MESR-SIES 2023). La polarisation entre l’INSERM (54,9 %, domaine santé-biologie) et l’ONERA (18,1 %, domaine aérospatial) illustre à l’échelle des organismes les mêmes logiques disciplinaires qu’au niveau doctoral.

    Pour contextualiser ces données dans le profil international du doctorat en France, notre article sur l’attractivité internationale et le profil des doctorants étrangers propose une comparaison complémentaire.

    Note méthodologique : les chiffres présentés dans cet article proviennent des publications officielles du MESR-SIES (Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés éditions 2024, 2025, 2026 ; Note Flash n°25, sept. 2024 ; Note Flash n°14, juin 2025 ; fiche EESR « Parité dans la recherche », n°18), des bilans sociaux MESR-DGRH, et de l’étude de Formation Emploi n°169 (2024-3). Les données par discipline s’appuient sur le référentiel disciplinaire du SIES. Certaines catégories (SHS, STIC, sciences agronomiques) varient selon les éditions des rapports.

    Vous préparez une thèse ou un mémoire sur les questions de genre et d’enseignement supérieur ? Tesify accompagne les doctorants et mastérants dans la structuration, la rédaction et la vérification d’intégrité de leurs travaux académiques.

    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les doctorants inscrits en France en 2023 ?

    En 2023, les femmes représentent environ 49 % des doctorants inscrits en France, selon les données MESR-SIES citées dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024). Ce chiffre global masque des variations allant de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles majoritaires en doctorat ?

    Les femmes sont majoritaires en doctorat dans les domaines de la biologie-médecine-santé (58 %), des sciences humaines et sociales (55 %) et des sciences agronomiques et écologiques (54 %) selon les données MESR-SIES publiées dans Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2024. À l’inverse, elles restent minoritaires en mathématiques (23 %), en STIC (27 %) et en sciences pour l’ingénieur (30 %).

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France ?

    En 2022, les femmes occupent 31 % des postes de professeures des universités (PU) en France, contre 17 % en 2000 et 23 % en 2010 (MESR-DGRH, bilans sociaux). Ce taux est nettement inférieur à celui des maîtres de conférences (MCF), où les femmes représentent 45 % en 2022. Cet écart constitue le principal indicateur du plafond de verre dans les carrières académiques françaises.

    Les femmes abandonnent-elles leur thèse plus souvent que les hommes ?

    Le MESR-SIES ne publie pas de données systématiques sur le taux d’abandon différentiel par genre. L’écart observé entre la part des femmes parmi les inscrits (~49 % en 2023) et parmi les diplômés (43,5 % pour la promotion 2020 selon la NF25 SIES de septembre 2024) suggère une différence de trajectoire, mais celle-ci peut aussi refléter des durées de thèse différentes ou des délais de soutenance selon les disciplines.

    Les femmes publient-elles autant que les hommes durant leur doctorat ?

    Non. Une étude publiée dans Formation Emploi (n°169, 2024-3) montre que les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durante leur thèse, comparé aux doctorantes. Cet écart est plus marqué dans les disciplines STEM et a des conséquences directes sur les trajectoires de qualification et de recrutement académique.

    Quelle est la part des femmes au CNRS et à l’INSERM ?

    En 2023, les femmes représentent 36,4 % des chercheurs du CNRS et 54,9 % de ceux de l’INSERM (MESR-SIES, fiche Parité dans la recherche, EESR n°18). Cet écart entre les deux organismes reflète directement la différence de féminisation des disciplines couvertes : sciences exactes et physique pour le CNRS, biologie et santé pour l’INSERM.

  • Salaire d’un jeune diplômé de master en France 2026 : chiffres par discipline (MESR-SIES, Apec, Insee)

    Salaire d’un jeune diplômé de master en France 2026 : chiffres par discipline (MESR-SIES, Apec, Insee)

    Salaire d’un jeune diplômé de master en France 2026 : chiffres par discipline (MESR-SIES, Apec, Insee)

    Choisir une filière de master est aussi une décision financière. La question du salaire d’un jeune diplômé de master par discipline revient systématiquement en fin de L3 et à chaque réorientation. Les chiffres officiels existent, mais ils sont éparpillés entre l’enquête InserSup du ministère de l’Enseignement supérieur (MESR-SIES), les baromètres Apec et les publications Insee « Formations et emploi ». Cette page les rassemble dans un format citable, avec source et année pour chaque donnée.

    Avertissement méthodologique : les montants présentés ci-dessous sont des salaires nets mensuels médians en équivalent temps plein, mesurés 18 mois après l’obtention du diplôme, sauf indication contraire. La médiane signifie que la moitié des diplômés gagne moins, l’autre moitié gagne plus — elle est plus robuste que la moyenne, que quelques rémunérations élevées tirent vers le haut.

    Réponse rapide

    Dix-huit mois après le master, le salaire net médian toutes disciplines confondues s’établit à environ 2 000 € par mois (InserSup / MESR-SIES ; Insee Formations et emploi, éd. 2025). Les écarts disciplinaires sont importants : de 1 615 € en archéologie-ethnologie à 2 670 € en mathématiques. L’informatique (2 379 €), le droit-économie-gestion (2 270 €) et les formations d’ingénieurs (2 150 – 2 770 €) se situent au-dessus de la médiane. Les sciences humaines et sociales (1 817 €) et les lettres-langues-arts (1 774 €) restent en dessous.

    Sources : InserSup, Apec, Insee — qui mesure quoi ?

    Trois sources institutionnelles couvrent le sujet de façon complémentaire, avec des périmètres distincts.

    InserSup (MESR-SIES) est l’enquête de référence pour les diplômés de l’enseignement supérieur français. Coordonnée par la sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques (SIES) du ministère de l’Enseignement supérieur, elle mesure l’emploi salarié et la rémunération à 12, 18 et 30 mois après le diplôme à partir des déclarations sociales nominatives (DSN) — c’est-à-dire les données réelles de paie transmises par les employeurs, non des déclarations autodites. La note d’information n° 33, publiée par le SIES en décembre 2025, porte sur les diplômés de la promotion 2024 et leur situation à 12 mois. Les données par discipline à 18 mois proviennent de la vague précédente, accessibles en open data sur la plateforme ouverte du MESR.

    L’Apec suit l’emploi et la rémunération des cadres en activité, dont une proportion croissante de jeunes diplômés bac+5. Son Baromètre de rémunération 2025 couvre les cadres toutes anciennetés confondues avec un focus sur les moins de 30 ans. Il constitue un complément utile à InserSup pour les filières à forte cadrifiliation (commerce, ingénierie, IT).

    L’Insee publie dans Formations et emploi (édition 2025) des données de salaires nets par niveau de diplôme et par secteur, fondées sur les déclarations annuelles de données sociales (DADS) et l’enquête Emploi. Ces données croisent diplôme et temps écoulé depuis la sortie de formation.

    Vue d’ensemble : les chiffres clés

    Selon la publication Formations et emploi de l’Insee (édition 2025), les diplômés du supérieur long (bac+5 et plus) ayant quitté la formation initiale depuis un à quatre ans perçoivent un salaire net médian de 2 000 € par mois en équivalent temps plein — soit 1 410 € pour les seuls titulaires du baccalauréat dans les mêmes conditions d’ancienneté.

    L’InserSup confirme ce niveau pour les masters universitaires à 18 mois, avec une dispersion notable : le premier quartile s’établit à 1 850 € et le troisième à 2 610 € (données InserSup, citées par L’Étudiant, 2024). Autrement dit, un quart des jeunes diplômés de master employés gagnent moins de 1 850 € et un quart gagnent plus de 2 610 €.

    Le taux d’emploi salarié à 12 mois atteint 70,4 % pour l’ensemble des masters, selon la note d’information SIES n° 33 de décembre 2025. Ce taux varie de 59 % pour les lettres-langues-arts à 75 % pour les sciences-technologies-santé. Les diplômés qui peinent davantage à trouver un premier poste acceptent souvent des emplois moins qualifiés et moins bien rémunérés, ce qui tire la médiane salariale vers le bas dans ces filières.

    Tableau comparatif par discipline (InserSup, 18 mois après le master)

    Graphique comparatif des salaires nets médians par discipline de master en France (MESR-SIES / InserSup)
    Salaires nets médians par discipline de master à 18 mois — source : MESR-SIES / InserSup

    Le tableau ci-dessous compile les salaires nets médians mensuels en équivalent temps plein, mesurés 18 mois après la diplomation, issus de la base InserSup du MESR-SIES. Il ne couvre pas les masters enseignement (MEEF), qui relèvent d’une grille de la fonction publique distincte, ni les formations d’ingénieurs et d’écoles de management qui disposent de leur propre dispositif de suivi CGE.

    Salaire net médian mensuel des jeunes diplômés de master par discipline, 18 mois après la diplomation
    Discipline ou domaine Salaire net médian (€/mois) Source
    Mathématiques 2 670 € InserSup / MESR-SIES
    Informatique 2 379 € InserSup / MESR-SIES
    Sciences de gestion 2 270 € InserSup / MESR-SIES
    Droit-économie-gestion (ensemble DEG) 2 270 € InserSup / MESR-SIES
    Sciences humaines et sociales (SHS) 1 817 € InserSup / MESR-SIES
    Lettres, langues et arts (LLA) 1 774 € InserSup / MESR-SIES
    Archéologie, ethnologie, préhistoire 1 615 € InserSup / MESR-SIES
    Tous masters (médiane nationale) ~2 000 € InserSup / MESR-SIES ; Insee Formations et emploi 2025

    Informatique et mathématiques : les filières les mieux rémunérées

    Les masters en informatique et en mathématiques se distinguent nettement du reste du classement. Avec 2 379 €/mois pour l’informatique et 2 670 €/mois pour les mathématiques à 18 mois (InserSup / MESR-SIES), ces deux filières se situent de 19 % à 34 % au-dessus de la médiane nationale.

    La prime salariale s’explique par la tension structurelle sur le marché du travail numérique et quantitatif. Les employeurs recrutent des profils en data science, en intelligence artificielle, en cybersécurité et en développement logiciel avant même la soutenance du mémoire. La quasi-totalité des diplômés sont recrutés comme cadres dès le premier emploi, ce qui leur ouvre directement la grille de rémunération des conventions collectives technologiques — souvent supérieure à la médiane nationale.

    Ces chiffres concernent les masters universitaires. Les diplômés d’écoles d’ingénieurs accréditées par la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI, bac+5) atteignent un salaire net de 2 150 à 2 770 €/mois à l’embauche selon les données MESR-SIES publiées par Diplomeo en janvier 2025 — une fourchette qui varie selon le secteur (aéronautique, numérique, énergie renouvelable) et la localisation.

    Pour maximiser ce potentiel dès la sortie d’école, beaucoup d’étudiants choisissent de combiner master et contrat d’apprentissage. Notre guide sur l’alternance en master détaille les conditions d’éligibilité, les rémunérations pendant la formation et les secteurs les plus ouverts à cette formule.

    Droit, économie, gestion et commerce

    Le domaine DEG couvre des réalités très hétérogènes. Les données InserSup situent la médiane à 2 270 €/mois pour les sciences de gestion et une fourchette similaire pour l’ensemble du domaine, 18 mois après le master. C’est 14 % au-dessus de la médiane nationale.

    Au sein de ce domaine, les spécialisations financières et commerciales tirent les salaires vers le haut : finance d’entreprise, contrôle de gestion, marketing digital, droit des affaires et droit fiscal affichent des premières rémunérations supérieures à la médiane DEG. Les masters en droit public, droit social ou droit notarial restent davantage contraints par les débuts de carrière en cabinet ou par les grilles statutaires de la fonction publique.

    Pour les diplômés des grandes écoles de commerce et de management, le référentiel est différent de celui d’InserSup (cf. section grande école vs université ci-dessous). Le guide complet du master en France présente les différences de structure entre masters universitaires, formations en alternance et programmes grandes écoles pour aider à choisir la voie la plus adaptée à ses objectifs.

    Sciences-Technologies-Santé et ingénierie

    Le groupe STS affiche le taux d’emploi salarié le plus élevé de toutes les grandes familles disciplinaires : 75 % à 12 mois après le master (SIES, note d’information n° 33, décembre 2025). Ce chiffre reflète à la fois la vigueur du marché scientifique et la diversité des débouchés : industrie, biotechnologies, environnement, numérique, défense et santé.

    Au sein du STS, les filières informatique et mathématiques dominent la hiérarchie salariale (cf. section précédente). Pour les autres sous-disciplines — chimie, physique, biologie, sciences de la vie et de la terre —, les salaires d’embauche restent proches de la médiane nationale ou légèrement en dessous pour les masters très académiques qui conduisent majoritairement vers la recherche publique. Les contrats doctoraux, dont le montant est encadré par l’État, offrent une rémunération inférieure aux postes en entreprise, même après la revalorisation de 2023.

    La santé constitue un cas particulier. Les masters en santé publique ou en management hospitalier mènent à des postes dans la fonction publique hospitalière ou les agences de santé, dont les grilles salariales sont régies par des statuts spécifiques. Les salaires d’entrée sont fréquemment en dessous de la médiane DEG ou ingénierie, avant de progresser selon l’ancienneté statutaire et les responsabilités.

    Sciences humaines et sociales, lettres-langues-arts

    Les SHS et les LLA rassemblent des disciplines à forte valeur culturelle et sociale — psychologie, sociologie, histoire, géographie, linguistique, arts du spectacle, traduction — mais à marché de l’emploi qualifié plus étroit et plus concurrentiel.

    Les données InserSup placent le salaire net médian à 1 817 €/mois pour les SHS et 1 774 €/mois pour les LLA à 18 mois, soit respectivement 9 % et 11 % sous la médiane nationale. Le taux d’emploi salarié des LLA n’est que de 59 % à 12 mois (SIES, décembre 2025) — le plus bas de toutes les grandes disciplines.

    Ces moyennes masquent des sous-filières très différentes. En psychologie clinique, le master est la condition d’accès au titre de psychologue ; les praticiens en CMP ou en libéral peuvent atteindre des niveaux supérieurs à la médiane SHS en quelques années. En traduction spécialisée, en communication d’entreprise ou en ressources humaines, les débouchés dans les services juridiques ou le marketing offrent des rémunérations proches de la médiane nationale. À l’inverse, les masters très académiques en histoire ancienne ou en arts du spectacle conduisent davantage vers des emplois sous-qualifiés en attente d’opportunités spécialisées.

    Écart salarial hommes/femmes après le master

    Illustration de l'écart salarial hommes/femmes après le master : inégalités de rémunération dès la première embauche (données Apec / InserSup)
    Écart salarial H/F dès la première embauche après le master — données Apec, Baromètre de rémunération 2025

    L’enseignement supérieur réduit l’écart salarial global entre hommes et femmes, mais ne l’efface pas. Les analyses des données InserSup montrent que les diplômées de master perçoivent un salaire net médian inférieur à celui de leurs homologues masculins dès le premier emploi — avant même que les effets de carrière (congés parentaux, temps partiel choisi ou subi) ne s’accumulent.

    Plusieurs facteurs structurels expliquent cet écart à la sortie du master. D’abord, les filières à haut salaire — informatique, mathématiques, ingénierie — restent fortement masculinisées. Ensuite, la concentration des femmes dans les filières SHS et LLA, moins bien rémunérées en entrée de carrière, tire mécaniquement la médiane féminine vers le bas. L’Apec confirme dans son Baromètre de rémunération 2025 un écart de rémunération médiane persistant chez les cadres en début de carrière, toutes filières confondues.

    Pour contextualiser, l’Insee indique que le revenu salarial des femmes est inférieur en moyenne de 21,8 % à celui des hommes dans l’ensemble du secteur privé en 2024, en intégrant les différences de volume de travail (Insee Focus n° 377, 2024). Cet écart global est supérieur à celui mesuré pour les seuls jeunes diplômés bac+5, mais il illustre la trajectoire prévisible si des inégalités de départ ne sont pas corrigées.

    Grande école vs université : l’impact sur le salaire de départ

    Évolution salariale comparée entre diplômés de grandes écoles et de masters universitaires de 18 à 30 mois après l'obtention du diplôme
    Trajectoires salariales comparées : grandes écoles vs masters universitaires de 18 à 30 mois (données CGE / InserSup)

    La distinction grande école / université influence significativement le premier salaire dans les domaines management, commerce et ingénierie.

    En commerce et management, l’écart est documenté par l’enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles (CGE). Portant sur la promotion 2024, l’édition 2025 indique que les diplômés des programmes grande école membres de la CGE perçoivent un salaire brut médian de 40 000 €/an hors primes — soit environ 2 580 € nets mensuels — et de 43 000 €/an avec primes variables, soit environ 2 770 € nets. L’Apec confirme dans son Baromètre de rémunération 2025 que la rémunération médiane des cadres de moins de 30 ans s’établit à 43 000 €/an brut, un profil cohérent avec les jeunes diplômés bac+5 en poste cadre.

    En ingénierie, les écoles accréditées CTI affichent les rémunérations les plus élevées de la fourchette (2 500 – 2 770 €/mois en net), tandis que les masters universitaires en sciences et technologies se situent davantage en bas (2 150 – 2 300 €/mois). L’écart se résorbe généralement en trois à cinq ans selon les secteurs et les progressions individuelles.

    Cette réalité n’invalide pas le choix de l’université. Le coût d’une grande école de commerce peut atteindre 50 000 à 150 000 € sur cinq ans, contre quelques centaines d’euros par an pour un master universitaire. Pour évaluer le retour sur investissement, notre analyse du coût des études supérieures en France met en regard frais de formation, aides disponibles et salaires à la sortie. La mobilité étudiante internationale constitue un autre levier : les diplômés ayant effectué un double diplôme ou un séjour Erasmus+ accèdent plus facilement à des postes à dimension internationale et à des rémunérations supérieures à la médiane nationale.

    Mémoire de master rigoureux : un signal pour les recruteurs

    Les données InserSup montrent que la qualité du premier poste obtenu influence la trajectoire salariale sur toute la carrière. Tesify est un outil d’intégrité académique qui aide les étudiants à structurer leur mémoire, vérifier la cohérence de leurs sources et finaliser leur travail dans le respect des exigences de leur établissement — quelle que soit la discipline, du droit à l’informatique en passant par les SHS.

    Questions fréquentes

    Quel est le salaire médian d’un diplômé de master en France en 2026 ?

    Le salaire net médian d’un diplômé de master en France est d’environ 2 000 € par mois en équivalent temps plein, 18 mois après l’obtention du diplôme, selon les données InserSup du MESR-SIES et l’édition 2025 de Formations et emploi de l’Insee. Le premier quartile s’établit à 1 850 € et le troisième à 2 610 €, illustrant la forte dispersion selon la discipline et le secteur d’embauche.

    Quelle filière de master mène aux salaires les plus élevés ?

    Selon les données InserSup / MESR-SIES, les mathématiques (2 670 €/mois) et l’informatique (2 379 €/mois) offrent les salaires médians les plus élevés parmi les masters universitaires à 18 mois. Les formations d’ingénieurs accréditées CTI (2 150 – 2 770 €/mois) et les grandes écoles de management (médiane brute de 40 000 €/an selon l’enquête CGE 2025) se situent également au-dessus de la médiane nationale.

    Les diplômés de master en SHS et en lettres gagnent-ils vraiment moins ?

    En termes de médiane à 18 mois, oui. Les SHS affichent 1 817 €/mois et les LLA 1 774 €/mois contre ~2 000 € toutes disciplines confondues (InserSup / MESR-SIES). Cela s’explique par un marché de l’emploi qualifié plus étroit et un taux d’emploi salarié à 12 mois plus faible (59 % pour les LLA). Des sous-filières comme la psychologie clinique, la communication d’entreprise ou la traduction spécialisée permettent d’atteindre des niveaux supérieurs à la médiane SHS.

    Y a-t-il un écart salarial entre hommes et femmes après le master ?

    Oui, un écart est documenté dès la première embauche après le master. Il résulte en partie de la concentration des femmes dans les disciplines SHS et LLA — moins rémunérées — et de leur sous-représentation dans les filières numériques et d’ingénierie — mieux rémunérées. L’Apec (Baromètre de rémunération 2025) confirme un écart de rémunération médiane persistant chez les cadres en début de carrière. Pour l’ensemble du secteur privé, l’Insee estime l’écart de revenu salarial femmes/hommes à 21,8 % en 2024 (Insee Focus n° 377), toutes anciennetés et volumes de travail confondus.

    Comment évolue le salaire entre 18 mois et 30 mois après le master ?

    L’InserSup suit l’emploi à plusieurs horizons temporels. Entre 18 et 30 mois, la progression salariale est généralement de l’ordre de 5 à 10 % en nominal selon les secteurs. Elle est plus rapide dans le numérique et la finance — où les grilles de progression en début de carrière sont dynamiques — et plus lente dans les postes à statut (fonction publique, hospitalier). La hiérarchie disciplinaire se maintient dans le temps : les filières qui démarrent haut restent en tête à 30 mois.

    Le salaire en sortie de grande école est-il plus élevé qu’en master universitaire ?

    Dans les domaines commerce et ingénierie, oui, en moyenne. L’enquête CGE 2025 donne une médiane brute de 40 000 €/an pour les diplômés des grandes écoles de commerce (promotion 2024), soit environ 2 580 € nets mensuels. L’écart est réel mais doit être mis en regard du coût de la formation en grande école, qui peut atteindre 50 000 à 150 000 € sur cinq ans, contre quelques centaines d’euros par an pour un master universitaire. Le retour sur investissement dépend fortement du secteur visé et de la progression de carrière après les premières années.