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  • Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    Part des femmes en doctorat en France en 2026 : chiffres MESR-SIES par discipline

    La part des femmes en doctorat en France atteint désormais environ 49 % parmi l’ensemble des doctorants inscrits (données 2023, MESR-SIES) — une quasi-parité qui contraste avec la situation du début des années 2000. Pourtant, derrière cette moyenne agrégée se cachent des écarts disciplinaires persistants : 58 % de femmes en biologie-médecine-santé, 23 % en mathématiques. Plus frappant encore, le plafond de verre qui se forme après la soutenance réduit leur part à 31 % parmi les professeures des universités (PU) en 2022, contre 45 % parmi les maîtres de conférences (MCF). Ce rapport dresse, chiffre par chiffre, la radiographie officielle de la féminisation de la recherche doctorale française.

    Réponse rapide — chiffres clés 2023

    • Part des femmes parmi les doctorants inscrits : ~49 % (MESR-SIES 2023)
    • Part des femmes parmi les docteurs diplômés 2020 : 43,5 % (IPDoc 2020, NF25 SIES sept. 2024)
    • Extrêmes disciplinaires : de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé
    • Plafond de verre : 45 % MCF / 31 % PU (MESR-DGRH 2022)

    Vue d’ensemble : inscrits et diplômés

    En 2023-2024, la France comptait 69 639 doctorants inscrits dans ses 289 écoles doctorales accréditées par le MESR, dont 16 400 nouveaux primo-inscrits — soit +4,6 % par rapport à 2022-2023 (source : MESR-SIES, 2024). La même année, 15 187 thèses ont été soutenues avec succès (+9,6 % par rapport à 2022, un record depuis le début du suivi SIES en 2009), en partie sous l’effet de rattrapage post-pandémique.

    La progression vers la parité parmi les doctorants inscrits est lente mais réelle :

    Année Part femmes — inscrits Source
    2010-2011 46,2 % MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
    2020-2021 46,7 % MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes 2025
    2022-2023 46 % (primo-inscrits) MESR-SIES, Note Flash SIES 2024
    2023 ~49 % MESR-SIES, cité dans Formation Emploi n°169 (2024)

    Si la quasi-parité est atteinte pour les inscrits, la situation est différente pour les diplômés : selon la Note Flash n°25 du SIES (septembre 2024, enquête IPDoc 2020), 43,5 % des docteurs diplômés de la promotion 2020 sont des femmes. Cet écart entre inscrits (~49 %) et diplômés (~43,5 %) peut refléter des différences de durée de thèse, de taux d’abandon différentiel ou de calendrier de soutenance.

    « La proportion de femmes parmi les doctorants a peu évolué sur la décennie : 46,7 % en 2020-2021, contre 46,2 % dix ans plus tôt. »
    — MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2025

    Pour une analyse des sorties de thèse, voir notre article sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France, qui détaille les causes et la durée réelle des parcours.

    Répartition par grand domaine disciplinaire

    La photographie globale cache des réalités radicalement différentes selon les disciplines. Les données du MESR-SIES publiées dans la collection Vers l’égalité femmes-hommes ? (éditions 2024, 2025 et 2026) permettent de dresser le tableau suivant :

    Grand domaine disciplinaire Part femmes — doctorants inscrits Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences humaines et sociales (SHS) 55 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences agronomiques et écologiques 54 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Sciences exactes et applications (hors maths/STIC) ~35 % OFCE / CDEFI, 2025 (données 2021)
    Sciences pour l’ingénieur 30 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    STIC (sciences et tech. de l’information et de la communication) 27 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Mathématiques 23 % MESR-SIES, Vers l’égalité 2024
    Graphique en barres illustrant la part des femmes par discipline dans les doctorats français, de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-santé, données MESR-SIES
    Répartition des femmes par discipline dans le doctorat français — de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-santé (MESR-SIES, Vers l’égalité femmes-hommes ? 2024)

    L’écart entre les disciplines les plus féminisées (biologie-santé : 58 %) et les moins féminisées (mathématiques : 23 %) atteint donc 35 points de pourcentage. Cette polarisation reflète les orientations prises dès le lycée et le premier cycle universitaire, et se retrouve dans tous les pays européens — avec la France systématiquement positionnée 2 à 3 points sous la moyenne UE dans les STEM (données Eurostat, 2021, rapportées par l’OFCE en 2025).

    Pour une vue complète sur la féminisation de l’ensemble des formations supérieures, notre article Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 détaille les taux par niveau et filière.

    Financement du doctorat : une inégalité structurante

    Le type de financement varie fortement par discipline — et ce différentiel de financement est l’un des mécanismes qui explique les inégalités de genre à l’entrée du doctorat. En 2023-2024, 79,2 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement, mais ce taux est inégalement distribué (MESR-SIES, Note Flash 2024) :

    • Sciences exactes et applications : 97 % des primo-inscrits financés
    • Sciences du vivant : 85 % financés
    • Sciences humaines et sociales : 50 % financés (−2,2 % d’inscrits entre 2022-2023 et 2023-2024)

    Les SHS — domaine à majorité féminine — présentent le taux de financement le plus bas. Cette corrélation entre sous-financement et féminisation s’observe aussi dans les durées de thèse : 38 % des thèses soutenues en 2023 durent moins de 40 mois (MESR-SIES 2024), mais les thèses non financées, plus fréquentes en SHS, tendent à être plus longues et ont un taux d’abandon plus élevé.

    Rappel : depuis le 1er janvier 2024, le montant plancher du contrat doctoral est fixé à 2 300 € brut/mois, conformément à la Loi de Programmation de la Recherche 2020 (LPR). Les conventions CIFRE (8 % des primo-inscrits en 2023) proposent souvent des rémunérations supérieures. Pour le détail des mécanismes de financement, voir notre page Financements du doctorat 2026 en France : ANR, contrat doctoral, CIFRE.

    L’entonnoir des carrières : du doctorat à la chaire

    C’est ici que le plafond de verre apparaît dans toute sa netteté. La progression des femmes à chaque échelon de la carrière académique montre un phénomène d’« entonnoir » : la part féminine, déjà insuffisante dans certains domaines au niveau du doctorat, se réduit encore à chaque promotion.

    Stade de la carrière Part femmes 2000 Part femmes 2010 Part femmes 2022 Source
    Doctorants inscrits (total) ~44 % 46,2 % ~47 % MESR-SIES
    Maîtres de conférences (MCF) 38 % 45 % MESR-DGRH, bilans sociaux
    Professeures des universités (PU) 17 % 23 % 31 % MESR-DGRH, bilans sociaux
    Illustration du plafond de verre dans la carrière académique française : entonnoir montrant la réduction progressive de la part des femmes de doctorant à MCF à professeure des universités
    Le plafond de verre dans la carrière académique française : de ~47 % parmi les doctorants à 45 % parmi les MCF à seulement 31 % parmi les professeures des universités (MESR-DGRH 2022)

    La progression est réelle — les femmes PU sont passées de 17 % en 2000 à 31 % en 2022 — mais l’entonnoir reste prononcé : alors que les femmes représentent 45 % des MCF, elles ne sont que 31 % parmi les professeurs des universités. Ce décrochage s’accentue encore si l’on intègre la dimension disciplinaire : en sciences et technologie, la part des femmes parmi les enseignants-chercheurs n’est que de 30 %, contre 55 % en lettres et sciences humaines (MESR-SIES 2023, enquête cités dans Formation Emploi n°169, 2024).

    L’écart salarial accompagne ce plafond : en 2023, les femmes PU perçoivent en moyenne 205 € bruts de moins par mois que leurs homologues masculins (MESR-DGRH 2023), dont 200 € en traitement de base et 5 € en primes et indemnités.

    Pour le détail de l’insertion professionnelle des docteurs après la thèse, consultez notre analyse Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline. Les données de salaire après doctorat selon le secteur sont également disponibles sur Salaire après un doctorat en 2026 (fr.tesify.pro).

    Publications scientifiques : l’écart de genre persiste

    La féminisation des effectifs doctorants n’a pas encore effacé un écart de publication documenté. Une étude publiée dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024-3, Pommier, Porcher et al.) portant sur les doctorants français montre que :

    • Les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durant leur thèse, comparé aux doctorantes.
    • Cet écart s’amplifie avec le nombre de publications et se concentre principalement dans les disciplines STEM.
    • Il reflète en partie des inégalités dans l’accès aux réseaux, aux conférences et aux opportunités de co-publication.

    Ces données de publication ont une importance pratique directe : le nombre de publications est un critère décisif dans les procédures de qualification CNU et de recrutement MCF/PU. Un écart de publication à l’entrée du marché académique amplifie mécaniquement les inégalités de trajectoire de carrière observées dans l’entonnoir décrit plus haut.

    Part des femmes dans les organismes de recherche publics

    Au-delà des universités, les organismes de recherche publics présentent des situations contrastées (données MESR-SIES 2023, fiche « Parité dans la recherche ») :

    Organisme Part femmes parmi les chercheurs (2023)
    INSERM 54,9 %
    Institut Pasteur (Paris) 53,2 %
    INRAE 49,4 %
    IRD 42,3 %
    CNRS 36,4 %
    INRIA 24,3 %
    ONERA 18,1 %

    Au niveau global, les femmes représentent 31 % des chercheurs toutes institutions confondues (42 % dans les administrations publiques, 24 % dans les entreprises privées), et 35 % de l’ensemble des personnels de R&D en France (MESR-SIES 2023). La polarisation entre l’INSERM (54,9 %, domaine santé-biologie) et l’ONERA (18,1 %, domaine aérospatial) illustre à l’échelle des organismes les mêmes logiques disciplinaires qu’au niveau doctoral.

    Pour contextualiser ces données dans le profil international du doctorat en France, notre article sur l’attractivité internationale et le profil des doctorants étrangers propose une comparaison complémentaire.

    Note méthodologique : les chiffres présentés dans cet article proviennent des publications officielles du MESR-SIES (Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés éditions 2024, 2025, 2026 ; Note Flash n°25, sept. 2024 ; Note Flash n°14, juin 2025 ; fiche EESR « Parité dans la recherche », n°18), des bilans sociaux MESR-DGRH, et de l’étude de Formation Emploi n°169 (2024-3). Les données par discipline s’appuient sur le référentiel disciplinaire du SIES. Certaines catégories (SHS, STIC, sciences agronomiques) varient selon les éditions des rapports.

    Vous préparez une thèse ou un mémoire sur les questions de genre et d’enseignement supérieur ? Tesify accompagne les doctorants et mastérants dans la structuration, la rédaction et la vérification d’intégrité de leurs travaux académiques.

    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les doctorants inscrits en France en 2023 ?

    En 2023, les femmes représentent environ 49 % des doctorants inscrits en France, selon les données MESR-SIES citées dans la revue Formation Emploi (n°169, 2024). Ce chiffre global masque des variations allant de 23 % en mathématiques à 58 % en biologie-médecine-santé.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles majoritaires en doctorat ?

    Les femmes sont majoritaires en doctorat dans les domaines de la biologie-médecine-santé (58 %), des sciences humaines et sociales (55 %) et des sciences agronomiques et écologiques (54 %) selon les données MESR-SIES publiées dans Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2024. À l’inverse, elles restent minoritaires en mathématiques (23 %), en STIC (27 %) et en sciences pour l’ingénieur (30 %).

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France ?

    En 2022, les femmes occupent 31 % des postes de professeures des universités (PU) en France, contre 17 % en 2000 et 23 % en 2010 (MESR-DGRH, bilans sociaux). Ce taux est nettement inférieur à celui des maîtres de conférences (MCF), où les femmes représentent 45 % en 2022. Cet écart constitue le principal indicateur du plafond de verre dans les carrières académiques françaises.

    Les femmes abandonnent-elles leur thèse plus souvent que les hommes ?

    Le MESR-SIES ne publie pas de données systématiques sur le taux d’abandon différentiel par genre. L’écart observé entre la part des femmes parmi les inscrits (~49 % en 2023) et parmi les diplômés (43,5 % pour la promotion 2020 selon la NF25 SIES de septembre 2024) suggère une différence de trajectoire, mais celle-ci peut aussi refléter des durées de thèse différentes ou des délais de soutenance selon les disciplines.

    Les femmes publient-elles autant que les hommes durant leur doctorat ?

    Non. Une étude publiée dans Formation Emploi (n°169, 2024-3) montre que les doctorants masculins ont 26,9 % de chances supplémentaires d’avoir publié au moins un article dans une revue à comité de lecture durante leur thèse, comparé aux doctorantes. Cet écart est plus marqué dans les disciplines STEM et a des conséquences directes sur les trajectoires de qualification et de recrutement académique.

    Quelle est la part des femmes au CNRS et à l’INSERM ?

    En 2023, les femmes représentent 36,4 % des chercheurs du CNRS et 54,9 % de ceux de l’INSERM (MESR-SIES, fiche Parité dans la recherche, EESR n°18). Cet écart entre les deux organismes reflète directement la différence de féminisation des disciplines couvertes : sciences exactes et physique pour le CNRS, biologie et santé pour l’INSERM.

  • Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    La dixième édition du rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) en mars 2026, confirme une tendance de fond : les femmes sont majoritaires parmi les étudiants diplômés, mais restent structurellement sous-représentées aux postes de rang A de la recherche, dans les disciplines scientifiques et dans les instances de gouvernance. L’égalité femmes hommes enseignement supérieur France statistiques 2026 révèle des progrès réels sur vingt-cinq ans, et des plafonds de verre persistants à tous les niveaux de la hiérarchie académique.

    Ce panorama compile les données officielles du MESR-SIES, de l’INPI et des publications statistiques du système éducatif pour dresser un état des lieux rigoureux : effectifs étudiants par formation, corps enseignant par discipline et grade, doctorat, gouvernance des établissements et innovation brevetée. Chaque chiffre est issu de sources publiquement vérifiables. Pour une lecture complémentaire des tendances de long terme, voir aussi notre analyse de la féminisation de l’enseignement supérieur en France 2026.

    Résultat clé : En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités — soit le double du taux de 2000 (17 %) — mais seulement 14 % des inventors cités dans les dépôts de brevets à l’INPI, et 25 % des présidents d’université. La progression est réelle et documentée ; la parité reste hors d’atteinte dans les filières scientifiques et aux postes de direction.

    Étudiantes par filière : les grandes asymétries

    La première fracture statistique se lit dès l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les femmes constituent, à l’échelle nationale, une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : parmi les jeunes sortant de formation initiale, 57 % des femmes ont obtenu un diplôme du supérieur contre 47 % des hommes (MESR-SIES, moyenne 2020-2022). Cette avance globale masque des disparités disciplinaires considérables.

    Tableau 1 — Part des femmes parmi les étudiants par filière, 2023-2024

    Filière / formation Part des femmes Source
    Formations paramédicales et sociales 83,7 % MESR-SIES 2024
    Lettres, sciences humaines (université) 70,9 % MESR-SIES 2024
    Médecine, odontologie, pharmacie 67,2 % MESR-SIES 2024
    CPGE (classes préparatoires) 40,2 % MESR-SIES 2025
    BUT (bachelor universitaire de technologie) 40,3 % MESR-SIES 2024
    Formations d’ingénieurs 29,8 % MESR-SIES 2024
    BUT production, dont informatique 22,1 % MESR-SIES 2024

    Les CPGE illustrent un paradoxe structurel : bien que 46 % des candidates aient soumis un dossier en 2025, seules 40 % ont accepté une proposition d’admission. Le même phénomène s’observe en BUT : 47 % de candidates à l’entrée, 40 % d’admises finales. Ces écarts entre candidatures et admissions dans les filières sélectives sont documentés dans le rapport 2026 du MESR et appellent des analyses d’auto-censure, de conseil d’orientation et de sélection. Pour le détail de la sélectivité de ces filières, voir nos chiffres clés des CPGE 2025.

    Point d’attention : La surreprésentation féminine dans les formations paramédicales et en lettres ne traduit pas une avance globale en termes de statut professionnel ou salarial. Ces filières concentrent des débouchés à rémunération médiane plus basse, ce qui contribue à l’écart salarial persistant à la sortie des études.

    Doctorat et recherche : les inégalités persistent selon la discipline

    Au niveau doctoral, le tableau national est trompeur : 47 % environ des doctorants sont des femmes en 2024, un taux stable depuis une décennie. Cette stabilité globale dissimule des contrastes disciplinaires très marqués.

    Tableau 2 — Part des femmes parmi les doctorants par grand domaine disciplinaire

    Domaine disciplinaire Part des femmes doctorants Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES
    Sciences humaines et sociales 55 % MESR-SIES
    Agronomie et écologie 54 % MESR-SIES
    Sciences de l’ingénieur 30 % MESR-SIES
    Sciences de l’information et de la communication (STIC) 27 % MESR-SIES
    Mathématiques 23 % MESR-SIES

    Le doctorat en mathématiques concentre la sous-représentation la plus sévère : trois doctorants sur quatre sont des hommes. Ce déséquilibre n’est pas propre à la France — il est observé dans l’ensemble de l’OCDE — mais il est particulièrement marqué dans les grandes écoles et les formations d’élite qui alimentent les laboratoires de mathématiques pures. Pour situer ces données dans l’ensemble du dispositif doctoral, voir nos statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    Dans les organismes de recherche publics, les femmes représentent 39 % des chercheurs en 2024, contre 24 % dans la recherche privée (entreprises) en 2023. Cette différence de seize points entre secteur public et secteur privé est une constante européenne : les institutions académiques offrent des structures de recrutement plus transparentes et des politiques d’égalité plus formalisées.

    Personnels enseignants-chercheurs : grade et discipline

    La progression des femmes dans le corps enseignant universitaire est documentée sur le long terme. En 2024, 41 % des enseignants-chercheurs titulaires de l’université sont des femmes, toutes disciplines confondues. Mais ce chiffre moyen efface des écarts considérables entre grades et entre sections.

    Professeures des universités : une progression historique, un plafond persistant

    La part des femmes parmi les professeures des universités (corps de rang A) s’établit à 33 % en 2024. Cette proportion a presque doublé en vingt-cinq ans — elle était de 17 % en 2000 et de 23 % en 2010 — mais elle reste loin de la parité et s’effrite à mesure qu’on monte dans la hiérarchie institutionnelle.

    Pour les maîtres de conférences (rang B), la représentation féminine atteint 45 % de l’ensemble du corps en 2022. En 2024, 49 % des personnels promus au dernier échelon du grade de maître de conférences sont des femmes — un signal positif, mais qui ne se traduit pas encore par une parité au grade supérieur.

    Tableau 3 — Part des femmes parmi les enseignants-chercheurs titulaires par discipline, 2024

    Discipline Part des femmes (tous grades) Source
    Langues et littératures 64–65 % MESR-SIES 2024
    Sciences de la vie (lettres et SHS confondues) 55 % MESR-SIES 2024
    Sciences et techniques (ensemble) 30 % MESR-SIES 2024
    Mathématiques (section CNU) 14–15 % MESR-SIES 2024

    En mathématiques, la sous-représentation féminine se reproduit à chaque étape du parcours : de 23 % des doctorants à 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires. Ce « pipeline leaky » — ou effet d’éviction progressive — est analysé depuis plusieurs années par la communauté de recherche sur le genre en sciences exactes. Il combine des phénomènes de biais implicite dans les recrutements, des conditions de travail peu compatibles avec les responsabilités parentales inégalement réparties, et des réseaux de cooptation à dominante masculine.

    Mécanique du plafond de verre : La proportion de femmes diminue systématiquement à chaque franchissement de grade. En mathématiques, on passe de 23 % au doctorat à 14 % parmi les enseignants-chercheurs titulaires. Dans les sciences et techniques au sens large, on passe de 30 % de femmes en formation d’ingénieur à 30 % des EC — une stagnation relative sur le long terme.

    Gouvernance des établissements

    La gouvernance des universités et des grandes écoles constitue l’un des indicateurs les plus scrutés par les observateurs de la parité dans l’enseignement supérieur. En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux. Ce taux est en progression par rapport aux années 2010, mais reste très en deçà de la parité.

    À l’échelon des vice-présidences, la représentation féminine est sensiblement plus élevée : 43,7 % des 955 vice-présidents d’université sont des femmes. Cet écart entre la gouvernance de premier rang (25 %) et le second échelon (44 %) signale un phénomène classique d’accès différencié : les femmes sont nombreuses dans les équipes de direction, mais restent minoritaires au sommet.

    Dans les grandes écoles, la situation est encore plus déséquilibrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) relevait en 2025 que seulement 15 % des dirigeants de grandes écoles sont des femmes, avec une projection de parité qui, au rythme de progression actuel, ne serait atteinte qu’aux alentours de 2060.

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) est dirigée depuis septembre 2024 par Claire Giry, nommée présidente-directrice générale par décret présidentiel. Cette nomination illustre un mouvement de féminisation progressive des agences de financement de la recherche.

    Brevets et innovation : le chantier le plus en retard

    La statistique la plus éloquente en matière de parité dans l’innovation provient de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des 56 000 personnes physiques désignées comme inventeurs dans les demandes de brevet publiées à l’INPI. Ce chiffre correspond à la moyenne européenne établie par l’Office européen des brevets (EPO) en 2019 à 13 %.

    Tableau 4 — Femmes inventeurs dans les dépôts de brevets français, 2021-2023 (INPI)

    Indicateur Valeur
    Part des femmes parmi les inventeurs cités 14 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % féminines 4 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % masculines 78 %
    Part des femmes dans les dépôts d’établissements publics 16 % (demandes avec femme)
    Part des femmes dans les dépôts d’ETI/PME 9 %
    Secteur le plus paritaire (équipes mixtes) Biotechnologie : 56 % des demandes
    Secteur le moins paritaire Éléments mécaniques : 90 % d’équipes 100 % masculines

    L’écart entre la part des femmes chercheuses (39 % dans les organismes publics) et leur présence dans l’inventariat breveté (14 %) est particulièrement instructif. Il suggère que les femmes chercheuses sont actives dans des domaines moins susceptibles de donner lieu à des dépôts de brevets (recherche fondamentale, sciences humaines) et qu’elles bénéficient moins souvent de l’accompagnement à la valorisation industrielle de leurs travaux.

    📄
    Rapport officiel : Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026

    La dixième édition du rapport MESR-SIES compilant toutes les statistiques de parité dans l’enseignement supérieur et la recherche — effectifs étudiants, corps enseignant, gouvernance, brevets et comparaisons internationales.

    Accéder au rapport PDF →

    Source : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES), mars 2026

    Insertion professionnelle et salaires

    L’écart de rémunération à l’entrée dans la vie active est l’une des manifestations les plus directement mesurables des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur. En décembre 2023, pour la promotion 2022 :

    • Diplômés de licence professionnelle : salaire médian féminin de 1 740 €/mois, masculin de 1 870 €/mois — écart de 130 € à l’entrée dans l’emploi.
    • Diplômés de master (hors enseignement) : salaire médian féminin de 2 010 €/mois, masculin de 2 220 €/mois — écart de 210 €/mois, soit environ 9,5 %.

    Ces écarts de départ sont observés toutes disciplines confondues et persistent même à niveau de diplôme et de secteur d’activité comparables. Ils s’expliquent en partie par la concentration des femmes dans des filières et métiers structurellement moins bien rémunérés, mais également par des différences de négociation salariale et de temps de travail. Le taux d’insertion à 30 mois est similaire pour les deux sexes au niveau master (83 % pour les femmes, 84 % pour les hommes), mais l’accès à l’emploi stable reste moins favorable aux femmes (65 % contre 73 %). Pour le détail discipline par discipline, consultez nos données sur les salaires des diplômés de master par discipline en France 2026.

    Comparaison européenne et internationale

    La France s’inscrit dans un contexte européen contrasté. Dans l’Union européenne, les femmes représentent en 2025 environ 20 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 19 % en France. Ce niveau est relativement faible au regard de certains pays d’Europe centrale et orientale où la féminisation des filières informatiques est historiquement plus élevée.

    Sur les brevets, l’EPO estimait en 2019 à 13 % la part des inventrices dans les dépôts européens, chiffre que la France dépasse légèrement avec 14 % entre 2021 et 2023. Le rapport 2026 du MESR intègre pour la première fois une section comparée avec les données OCDE sur les distinctions scientifiques, où la sous-représentation féminine est également documentée.

    La Commission européenne a publié en mars 2026, simultanément à l’édition française du rapport MESR, sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes 2026-2030, qui fixe notamment des objectifs chiffrés pour la représentation des femmes dans les filières STEM et dans le financement de la recherche.

    Tesify et la rédaction de mémoires sur la parité

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    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France en 2026 ?

    En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités, selon les données du MESR-SIES publiées dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026. Ce taux est en progression par rapport à 2000 (17 %) et à 2010 (23 %), mais reste bien en deçà de la parité. Le grade de maître de conférences est plus proche de l’équilibre, avec 45 % de femmes dans l’ensemble du corps.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles le plus sous-représentées à l’université ?

    Les mathématiques concentrent la sous-représentation la plus forte : 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires sont des femmes, et seulement 23 % des doctorants. Les sciences de l’information et de la communication (27 % de femmes au doctorat), les sciences de l’ingénieur (30 %) et les formations d’ingénieurs (29,8 % d’étudiantes) affichent des niveaux similairement bas. À l’inverse, les lettres, langues et sciences paramédicales sont à dominante féminine.

    Combien de présidentes d’université y a-t-il en France ?

    En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux (EPE). La représentation est plus élevée au niveau des vice-présidences, avec 43,7 % de femmes parmi les 955 vice-présidents recensés. Dans les grandes écoles, seuls 15 % des dirigeants sont des femmes, selon la Conférence des grandes écoles (2025).

    Quelle est la part des femmes inventeurs dans les brevets déposés en France ?

    Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des inventeurs cités dans les demandes de brevet publiées à l’INPI — un niveau proche de la moyenne européenne (13 % selon l’EPO en 2019). Seulement 4 % des demandes publiées impliquent des équipes exclusivement féminines, contre 78 % pour les équipes exclusivement masculines. La biotechnologie est le secteur le plus mixte, avec 56 % de demandes impliquant des équipes mixtes.

    Les femmes sont-elles majoritaires parmi les étudiants en France ?

    Globalement, les femmes représentent une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur en France : 57 % des femmes ayant quitté la formation initiale ont obtenu un diplôme du supérieur, contre 47 % des hommes. Cependant, cette avance est très inégalement répartie entre filières : les femmes sont minoritaires dans les formations d’ingénieurs (29,8 %), les BUT production (22 %) et les CPGE (40 %).

    Quel est l’écart de salaire entre femmes et hommes à la sortie de l’université ?

    Pour la promotion 2022, interrogée en décembre 2023, l’écart médian est de 210 €/mois au niveau master (toutes disciplines, hors enseignement) : 2 010 €/mois pour les femmes contre 2 220 €/mois pour les hommes, soit un écart d’environ 9,5 %. En licence professionnelle, l’écart est de 130 €/mois (1 740 € contre 1 870 €). Ces écarts s’expliquent en partie par la concentration différenciée dans des secteurs d’activité à rémunération inégale.

    Où trouver les données officielles sur la parité dans l’enseignement supérieur français ?

    Les données de référence sont publiées chaque année par le MESR-SIES dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, disponible sur le site enseignementsup-recherche.gouv.fr. Les données sur les brevets proviennent de l’INPI (inpi.fr). Les fichiers Excel de micro-données par discipline, grade et établissement sont téléchargeables sur le même portail.

    Sources officielles

  • Féminisation de l’Enseignement Supérieur en France 2026 : Données et Disparités

    Féminisation de l’Enseignement Supérieur en France 2026 : Données et Disparités

    Féminisation de l’Enseignement Supérieur en France 2026 : Données et Disparités

    En 2026, les femmes représentent 56 % des effectifs de l’enseignement supérieur français — un chiffre global qui masque des réalités radicalement différentes selon la filière, le niveau d’études et la discipline. Si les femmes sont majoritaires à l’université (60 % des inscrits en licence, 60 % des diplômés de master), elles ne représentent que 30 % des effectifs en ingénierie et 40 % en classes préparatoires. La féminisation de l’enseignement supérieur en France progresse depuis vingt ans, mais reste marquée par des ségrégations disciplinaires héritées de stéréotypes de genre qui résistent aux politiques d’égalité.

    Résultat clé : Les femmes représentent 56 % des étudiants du supérieur, 60 % des diplômés de master, mais seulement 30 % en ingénierie (+8 pts en 25 ans) et 40 % en classes préparatoires. Les formations paramédicales et sociales sont à 84 % féminines. L’écart de rémunération post-diplôme persiste à 8-12 % défavorable aux femmes.

    1. Vue d’ensemble 2026

    Les données du rapport « Vers l’égalité femmes-hommes — Chiffres clés 2026 » du MESRI dressent un panorama contrasté de la parité dans l’enseignement supérieur français :

    Indicateur Part des femmes 2026 Évolution vs 2000
    Ensemble de l’enseignement supérieur 56 % +2 pts
    Universités (toutes filières) 60 % +3 pts
    Diplômées de master (universités) 60 % +5 pts
    Écoles de commerce et gestion 52 % +10 pts
    Classes préparatoires 40 % +5 pts
    Diplômes d’ingénieur 30 % +8 pts
    Sections techniques (IUT/BTS) 46 % +6 pts

    2. Part des femmes par filière

    La répartition des femmes selon les filières révèle une bipolarisation marquée : hyper-féminisation dans les filières de soin et de social, hypo-féminisation dans les filières technologiques et scientifiques « dures ».

    Filière Part des femmes Caractéristique
    Formations paramédicales et sociales 84 % Très fortement féminisé
    Lettres, langues et arts (master) 71 % Féminisation historique
    Sciences humaines et sociales 65 % Féminisation forte
    Droit, économie, gestion 58 % Légèrement féminin
    Médecine, pharmacie, odontologie 58 % Féminisation récente
    Sciences (master) 46 % Parité presque atteinte
    Classes préparatoires scientifiques 40 % Sous-représentation persistante
    Diplômes d’ingénieur 30 % Forte sous-représentation

    Ces chiffres illustrent ce que les sociologues de l’éducation nomment la « ségrégation horizontale » des études supérieures : les hommes et les femmes ne se distribuent pas aléatoirement dans les filières mais suivent des logiques genrées héritées du secondaire.

    3. Progression en ingénierie et sciences : un effort structurel

    Le secteur de l’ingénierie reste le symbole des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur, mais des progrès mesurables sont enregistrés sur vingt-cinq ans :

    • 2000 : 22 % de femmes en formation d’ingénieurs
    • 2010 : 25 %
    • 2020 : 28 %
    • 2026 : 30 %

    Ce progrès de +8 points en 25 ans reste insuffisant face à l’objectif de 40 % fixé par le rapport du Sénat « XX=XY, féminiser les sciences » (2025). Les raisons de cette lenteur sont multiples :

    • L’autocensure des jeunes filles dans les filières scientifiques dès le collège et le lycée, malgré de meilleurs résultats en moyenne en mathématiques.
    • La persistance de représentations stéréotypées des métiers d’ingénieurs dans les médias et les familles.
    • La faible visibilité des femmes modèles dans les directions des grandes entreprises industrielles et technologiques.

    En sciences de la vie et de la santé en revanche, la parité est pratiquement atteinte et les femmes sont même majoritaires en médecine (58 %) depuis 2015.

    4. Parité par niveau d’études : l’effet ciseau

    Un phénomène caractéristique de la France est « l’effet ciseau » : les femmes sont de plus en plus nombreuses en licence et en master, mais leur part diminue au niveau doctoral et dans les carrières académiques.

    Niveau Part des femmes
    Licence (inscrits) 60 %
    Master (inscrits) 60 %
    Doctorat (inscrits) 47 %
    Maîtres de conférences (MCF) 42 %
    Professeurs des universités (PU) 27 %
    Présidentes d’université 28 %

    La chute de 60 % (master) à 47 % (doctorat) puis à 27 % (professorat) révèle un plafond de verre académique particulièrement solide en France. Les femmes sortent majoritairement du système académique après le master pour s’orienter vers le secteur privé, tandis que les hommes poursuivent plus fréquemment en doctorat et en recherche.

    5. Femmes dans les carrières académiques

    Au-delà des effectifs étudiants, la question de la place des femmes dans les corps enseignants et de recherche est centrale pour l’attractivité du modèle académique français :

    • Ingénieurs de recherche et de technologie : 43 % de femmes en 2026, en hausse de +5 pts depuis 2015.
    • Chercheurs CNRS : 36 % de femmes, avec de fortes variations selon la section (de 22 % en mathématiques-physique à 58 % en sciences du vivant).
    • Direction des laboratoires : 29 % de femmes à la tête des unités de recherche en 2026.
    • Prix scientifiques nationaux : 18 % des lauréats des grandes distinctions académiques françaises sont des femmes.

    Ces données illustrent que la féminisation des études supérieures n’a pas encore produit de parité dans les positions de pouvoir et d’excellence académique. Les politiques de « gender mainstreaming » dans la recherche, encouragées par l’Horizon Europe, commencent à porter leurs fruits mais les effets restent lents.

    6. Écart salarial post-diplôme

    La parité dans les effectifs étudiants ne se traduit pas par une parité salariale à l’entrée dans l’emploi. Les données InsérSup révèlent que même à diplôme, discipline et poste identiques, les femmes diplômées de master perçoivent en médiane 8 à 12 % de moins que leurs homologues masculins 30 mois après la diplomation.

    Ces données s’inscrivent dans un contexte salarial plus large : selon l’INSEE, l’écart global de rémunération femmes-hommes en France s’établit à 16,8 % en 2025 (toutes causes confondues). La part « non expliquée » — c’est-à-dire celle qui n’est pas liée à la nature du poste, au temps de travail ou à l’ancienneté — est estimée à 5-7 %, témoignant d’une discrimination résiduelle persistante.

    Pour approfondir l’analyse des salaires par discipline, consultez l’article dédié sur l’insertion professionnelle et les salaires des master 2026.

    7. Politiques d’égalité et résultats mesurés

    La France a mis en place plusieurs dispositifs pour renforcer la parité dans l’enseignement supérieur :

    • Plan « Ma Thèse en 180 secondes » : Format de valorisation des doctorants qui favorise la visibilité des chercheuses.
    • « Cordées de la réussite » et programmes MINT : Dispositifs de promotion des filières mathématiques, informatique, numérique et technologique auprès des lycéennes.
    • Label EGALE : Label national d’égalité décerné aux établissements du supérieur ayant mis en place des politiques de parité formalisées. 78 établissements labellisés en 2026.
    • Obligation de référent·e égalité : Depuis 2022, chaque établissement d’enseignement supérieur doit disposer d’un référent égalité femmes-hommes et publier un rapport annuel sur la situation comparée.

    Ces politiques commencent à produire des effets mesurables (notamment la féminisation des classes prépa de +5 pts depuis 2015), mais les transformations culturelles profondes prennent du temps.

    8. Méthodologie

    Les données présentées dans cet article proviennent principalement du rapport annuel « Vers l’égalité femmes-hommes — Chiffres clés » publié par le MESRI (édition 2026), croisées avec les données InsérSup pour les aspects salariaux et les données du CNRS et de CPU (Conférence des Présidents d’Université) pour les carrières académiques. Les statistiques par filière sont issues du SIES.

    Sources : MESRI | Observatoire des inégalités | INSEE — Femmes et hommes, l’égalité en question.

    FAQ — Féminisation enseignement supérieur France 2026

    Quelle est la part des femmes dans l’enseignement supérieur en France en 2026 ?

    Les femmes représentent 56 % de l’ensemble des effectifs de l’enseignement supérieur français en 2026. À l’université, ce taux monte à 60 % aussi bien en licence qu’en master.

    Dans quelles filières les femmes sont-elles les plus nombreuses ?

    Les formations paramédicales et sociales comptent 84 % de femmes, suivies des masters de lettres, langues et arts (71 %) et des sciences humaines et sociales (65 %). À l’opposé, les formations d’ingénieurs (30 %) et les classes préparatoires scientifiques (40 %) restent très masculines.

    La part des femmes en ingénierie progresse-t-elle en France ?

    Oui, mais lentement. La part des femmes dans les formations d’ingénieurs est passée de 22 % en 2000 à 30 % en 2026, soit +8 points en 25 ans. L’objectif fixé par les politiques publiques est d’atteindre 40 % d’ici 2030.

    Les femmes gagnent-elles autant que les hommes après un master ?

    Non. À poste et discipline comparables, les femmes diplômées de master perçoivent 8 à 12 % de moins que leurs homologues masculins à 30 mois de la diplomation selon InsérSup. Cet écart reflète des discriminations persistantes à l’embauche et dans les premières promotions.

    Y a-t-il un plafond de verre dans les carrières académiques ?

    Oui. Alors que les femmes représentent 60 % des master, elles ne sont que 47 % des doctorants, 42 % des maîtres de conférences et seulement 27 % des professeurs des universités. Ce déclin progressif avec l’avancement dans la carrière académique est appelé « effet ciseau ».

    Quelles politiques existent pour renforcer l’égalité dans le supérieur ?

    Les principaux dispositifs incluent le Label EGALE (78 établissements labellisés en 2026), les programmes MINT pour les lycéennes, l’obligation de référent égalité dans chaque établissement depuis 2022, et des plans ministériels pluriannuels en faveur de la parité dans l’enseignement supérieur et la recherche.

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