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  • Comment analyser ses données quantitatives avec SPSS ou Excel pour un mémoire : tutoriel étape par étape (2026)

    Comment analyser ses données quantitatives avec SPSS ou Excel pour un mémoire : tutoriel étape par étape (2026)

    Comment analyser ses données quantitatives avec SPSS ou Excel pour un mémoire : tutoriel étape par étape (2026)

    Vous avez distribué votre questionnaire, récupéré vos réponses et vous vous retrouvez face à un tableur rempli de chiffres — sans savoir par où commencer. Analyser ses données quantitatives pour un mémoire de master est souvent l’étape qui génère le plus d’angoisse, non pas parce qu’elle est impossible, mais parce que personne n’a pris le temps de l’expliquer dans l’ordre. Ce tutoriel vous accompagne de la ligne brute dans Excel jusqu’à la phrase rédigée dans votre chapitre Résultats, en passant par le choix du bon test statistique dans SPSS.

    Que vous travailliez sur un mémoire de master 1 en sciences sociales, un master 2 en gestion ou une licence professionnelle, la même logique s’applique : nettoyer les données, choisir le bon test selon vos variables, lire les sorties du logiciel et traduire les chiffres en propos académique. Ce guide suit exactement cet enchaînement.

    En bref : Pour analyser vos données quantitatives dans un mémoire, commencez par nettoyer votre fichier Excel (doublons, valeurs manquantes, encodage), puis importez-le dans SPSS ou restez sous Excel selon la complexité de vos tests. Choisissez le test adapté à vos variables via le tableau de décision ci-dessous, interprétez le seuil de significativité (p < 0,05) et rédigez vos résultats en prose académique structurée.

    Étape 1 — Comment préparer et nettoyer vos données dans Excel

    Avant tout traitement statistique, vos données doivent être dans un état exploitable. Une base de données mal structurée produit des résultats erronés même si vous maîtrisez parfaitement votre logiciel. Prévoyez vingt à trente minutes pour cette phase de nettoyage, quelle que soit la taille de votre échantillon.

    Structurer le tableau de base

    Chaque ligne doit représenter un répondant ; chaque colonne, une variable. Nommez vos colonnes sans accents, sans espaces et sans caractères spéciaux (écrivez age, sexe, score_Q1) : SPSS refusera les noms non conformes à l’importation. Évitez les cellules fusionnées et les lignes de sous-titres intercalées dans les données.

    Supprimer les doublons

    Sous Excel, allez dans Données > Supprimer les doublons, sélectionnez les colonnes identifiantes (par exemple l’adresse e-mail ou l’identifiant de répondant) et confirmez. Pour un contrôle plus fin, utilisez Données > Filtre avancé avec l’option « Extraction sans doublons » vers une nouvelle plage, puis comparez les totaux avant/après.

    Traiter les valeurs manquantes

    Sélectionnez l’ensemble de votre plage, puis Ctrl+G > Cellules vides pour les mettre en évidence d’un seul coup. Selon leur proportion, vous avez trois options :

    • Moins de 5 % par variable : remplacer par la médiane (variables ordinales) ou la moyenne (variables métriques continues), en notant la procédure dans votre section méthode.
    • Entre 5 % et 15 % : envisager l’imputation multiple ou l’exclusion listwise selon le logiciel.
    • Plus de 15 % : signaler la limite dans votre mémoire et exclure la variable si elle n’est pas centrale.

    Standardiser l’encodage textuel

    Les variables catégorielles textuelles (« Homme », « homme », « HOMME ») doivent être uniformisées avant l’encodage numérique. Utilisez la formule =PROPER(cellule) pour homogénéiser la casse, =TRIM(cellule) pour éliminer les espaces superflus et =CLEAN(cellule) pour les caractères non imprimables issus d’exports de formulaires en ligne. Une fois uniformisé, convertissez chaque catégorie en code numérique (1 = Homme, 2 = Femme, 3 = Autre) dans une colonne dédiée : c’est cette colonne codée que vous importerez dans SPSS.

    Le guide de nettoyage de données proposé par DataCamp détaille également l’usage des mises en forme conditionnelles avec =ISERROR() pour repérer les cellules qui résistent à vos formules de nettoyage.

    Étape 2 — Comment importer vos données dans SPSS

    SPSS (IBM SPSS Statistics) accepte directement les fichiers Excel .xlsx. Voici la procédure standard pour 2026 :

    1. Enregistrez votre fichier Excel nettoyé (Fichier > Enregistrer sous > Classeur Excel) avec votre ligne d’en-têtes en ligne 1.
    2. Dans SPSS, allez dans Fichier > Ouvrir > Données, sélectionnez le type « Excel (*.xlsx) ».
    3. Cochez « Lire les noms de variables dans la première ligne » et ajustez la plage si nécessaire.
    4. Vérifiez dans l’onglet Vue des variables que chaque variable a le bon type (Numérique pour les codes, Chaîne pour les textes libres) et le bon niveau de mesure (Nominal, Ordinal ou Échelle).
    5. Renseignez les étiquettes de valeurs (ex. : 1 = « Homme », 2 = « Femme ») dans la colonne Valeurs : vos tableaux de sortie seront immédiatement lisibles.

    Rester sous Excel est une option valide pour les analyses simples (statistiques descriptives, corrélation de Pearson, t-test via l’Utilitaire d’analyse). SPSS devient indispensable dès que vous avez besoin d’une ANOVA à facteurs multiples, d’une régression linéaire avec diagnostics ou d’un test du khi-deux avec tableau de contingence complet. Le tutoriel de référence de Redaxio détaille l’ensemble des menus SPSS pour chaque test.

    Étape 3 — Comment choisir le bon test statistique

    Le choix du test dépend de deux critères : la nature de vos variables (nominales, ordinales, métriques) et votre question de recherche (décrire, comparer, associer, prédire). Le tableau suivant couvre les cas les plus fréquents en mémoire de master.

    Objectif Variable indépendante Variable dépendante Test recommandé SPSS : chemin de menu
    Décrire la distribution Nominale / Ordinale Effectifs et fréquences Analyse > Statistiques descriptives > Fréquences
    Décrire la distribution Métrique (continue) Moyenne, médiane, écart-type Analyse > Statistiques descriptives > Descriptives
    Lien entre deux variables catégorielles Nominale Nominale Khi-deux (χ²) Analyse > Stat. descriptives > Tableaux croisés > Statistiques
    Comparer deux groupes indépendants Nominale (2 modalités) Métrique t-test pour échantillons indépendants Analyse > Comparer les moyennes > Test t pour échantillons indépendants
    Comparer trois groupes ou plus Nominale (3+ modalités) Métrique ANOVA à un facteur Analyse > Comparer les moyennes > Analyse de variance à 1 facteur
    Lien entre deux variables métriques Métrique Métrique Corrélation de Pearson (ou Spearman si non-normale) Analyse > Corrélation > Bivariée
    Prédire une variable à partir d’une ou plusieurs Métrique(s) Métrique Régression linéaire Analyse > Régression > Linéaire

    Conseil pratique : avant tout test comparatif ou de corrélation, vérifiez la normalité de votre distribution avec le test de Shapiro-Wilk (Analyse > Explorer > Graphiques > Tests de normalité). Si la distribution est non-normale et votre échantillon inférieur à 30 répondants, utilisez les équivalents non-paramétriques : test de Mann-Whitney à la place du t-test, test de Kruskal-Wallis à la place de l’ANOVA, corrélation de Spearman à la place de Pearson.

    Pour dimensionner votre échantillon en amont, consultez notre guide sur la taille d’échantillon pour un mémoire qualitatif vs quantitatif — un t-test exige au minimum 30 répondants par groupe, une régression multiple entre 10 et 20 observations par prédicteur.

    Étape 4 — Comment réaliser les tests dans SPSS et Excel

    Dans SPSS : déroulement type

    1. Vérifier l’hypothèse de normalité : Analyse > Statistiques descriptives > Explorer, cochez « Tests de normalité avec graphiques ».
    2. Lancer le test principal en suivant le chemin indiqué dans le tableau de décision ci-dessus.
    3. Lire les tableaux de sortie dans la fenêtre Visionneur : chaque procédure produit plusieurs tableaux. Concentrez-vous sur la colonne « Sig. » (ou « p ») qui donne la probabilité observée.
    4. Vérifier les postulats du test (homogénéité des variances pour le t-test : si Levene p < 0,05, lisez la ligne « Hypothèse de variances inégales » ; pour l’ANOVA, vérifiez le test de Levene fourni en sortie).
    5. Exporter les tableaux vers Word via Fichier > Exporter dans le Visionneur (format .docx) ou par copier-coller direct.

    Dans Excel : Utilitaire d’analyse

    Si SPSS n’est pas disponible, activez l’Utilitaire d’analyse via Fichier > Options > Compléments > Compléments Excel > Utilitaire d’analyse. Vous trouverez ensuite sous Données > Analyse de données : statistiques descriptives, corrélation, régression, test t (deux échantillons supposés de variances égales ou inégales) et ANOVA à un facteur. La limitation principale d’Excel est l’absence de test de Shapiro-Wilk natif et de tableaux de contingence automatisés pour le khi-deux — pour ces analyses, SPSS (ou jamovi, gratuit) reste préférable.

    Cas pratique : comparer la satisfaction selon le statut professionnel

    Supposons que vous ayez mesuré la satisfaction au travail (score de 1 à 10) auprès de deux groupes : salariés en CDI et salariés en CDD. Votre objectif est de tester si les moyennes diffèrent significativement.

    • Variable indépendante : statut (nominale, 2 modalités) → t-test pour échantillons indépendants.
    • Dans SPSS : Analyse > Comparer les moyennes > Test t pour échantillons indépendants. Glissez satisfaction dans « Variable(s) de test », statut dans « Variable de regroupement », définissez les groupes (1 et 2).
    • Lisez le tableau « Test de Levene pour l’égalité des variances » : si p > 0,05, reportez-vous à la ligne « Hypothèse de variances égales » ; sinon à « Hypothèse de variances inégales ».
    • Note la valeur t, les degrés de liberté et la valeur Sig. (bilatérale).

    Étape 5 — Comment interpréter les résultats (p-value et intervalles de confiance)

    La valeur p (ou « Sig. » dans SPSS) exprime la probabilité d’observer un résultat au moins aussi extrême que celui obtenu si l’hypothèse nulle était vraie. La convention académique standard est :

    • p < 0,05 : résultat statistiquement significatif au seuil de 5 % — vous pouvez rejeter l’hypothèse nulle.
    • p < 0,01 : significatif au seuil de 1 % (résultat plus robuste).
    • p > 0,05 : absence de significativité statistique — ne signifie pas l’absence d’effet, mais que vos données ne permettent pas de le confirmer avec ce niveau de confiance.

    Les intervalles de confiance à 95 % sont systématiquement fournis par SPSS pour les différences de moyennes et les coefficients de régression. Un intervalle de confiance [IC 95 %] qui ne contient pas zéro confirme la significativité de l’effet. Préférez rapporter l’IC plutôt que de vous limiter à p : les jurys de master apprécient cette précision, car elle renseigne sur la taille et la direction de l’effet.

    Taille de l’effet : la significativité statistique ne renseigne pas sur l’importance pratique d’un effet. Complétez systématiquement par une mesure de taille d’effet :

    • Khi-deux → V de Cramér (disponible dans SPSS via Tableaux croisés > Statistiques > Phi et V de Cramér).
    • t-test → d de Cohen (calculer manuellement : différence des moyennes divisée par l’écart-type poolé).
    • ANOVA → η² (êta carré) ou ω² : dans SPSS, cochez « Estimation de la taille d’effet » dans les options de l’ANOVA.
    • Régression → R² (coefficient de détermination, affiché directement dans le tableau Récapitulatif du modèle).

    Pour aller plus loin sur la mise en forme des tableaux de résultats selon les normes APA 7, consultez notre guide sur comment présenter les résultats d’un mémoire avec des tableaux et figures.

    Étape 6 — Comment rédiger les résultats en prose académique

    La rédaction de la section Résultats suit une logique immuable : annoncer le test utilisé, rapporter les statistiques dans l’ordre conventionnel, conclure sur la significativité, puis interpréter brièvement — sans anticiper la discussion.

    Formulations types par test

    Statistiques descriptives :

    « Les participants présentent un score moyen de satisfaction de 6,8 (ET = 1,4, n = 87). La distribution est approximativement symétrique (asymétrie = −0,21). »

    Khi-deux :

    « L’analyse de l’indépendance entre le genre et le choix de filière révèle une association statistiquement significative, χ²(2, N = 120) = 8,43, p = 0,015, V de Cramér = 0,27. »

    t-test :

    « Les salariés en CDI obtiennent un score de satisfaction significativement plus élevé (M = 7,2, ET = 1,1) que les salariés en CDD (M = 5,9, ET = 1,6), t(98) = 4,12, p < 0,001, IC 95 % [0,68 ; 1,92], d = 0,94. »

    ANOVA :

    « L’analyse de variance indique un effet significatif du niveau d’études sur le score d’engagement, F(2, 117) = 6,78, p = 0,002, η² = 0,10. Les comparaisons post-hoc (Tukey) révèlent que les diplômés de master diffèrent significativement des titulaires d’un bac+2 (p = 0,004). »

    Régression linéaire :

    « Le modèle de régression explique 34 % de la variance du score de performance (R² = 0,34, F(3, 86) = 14,7, p < 0,001). L’ancienneté (β = 0,42, p < 0,001) et la formation continue (β = 0,28, p = 0,012) sont des prédicteurs significatifs. »

    Notez que les valeurs numériques présentées dans ces formulations-types sont des exemples illustratifs de format de rédaction, non des données empiriques issues d’une étude publiée. Elles vous servent de modèle de mise en forme.

    La méthodologie quantitative guide proposée par Expert Mémoire insiste également sur l’importance de contextualiser chaque résultat par rapport à la littérature avant d’entrer dans la section Discussion — une frontière que les étudiants franchissent trop souvent involontairement.

    Pour structurer l’ensemble de votre démarche scientifique, reportez-vous à notre article sur comment justifier le choix de sa méthodologie dans un mémoire en 2026.

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    FAQ — Questions fréquentes sur l’analyse des données quantitatives pour un mémoire

    Quelle est la différence entre SPSS et Excel pour analyser des données de mémoire ?

    Excel suffit pour les statistiques descriptives (moyenne, médiane, écart-type, histogrammes) et les tests simples disponibles via l’Utilitaire d’analyse (t-test, corrélation, régression simple). SPSS est indispensable dès que vous avez besoin d’un khi-deux avec tableau de contingence complet, d’une ANOVA avec tests post-hoc, d’une régression multiple avec diagnostics de multicolinéarité ou de tests de normalité (Shapiro-Wilk, Kolmogorov-Smirnov). Pour un mémoire de master 2 avec une démarche hypothético-déductive rigoureuse, SPSS est fortement conseillé.

    Combien de répondants faut-il pour que les résultats soient significatifs ?

    Le minimum absolu est de 30 répondants par groupe pour un t-test. Pour une ANOVA à trois groupes, prévoyez 30 répondants par modalité (soit 90 au total). Pour une régression multiple avec trois prédicteurs, la règle empirique de 10 observations par prédicteur recommande au moins 30 répondants, mais 50 ou plus offre une puissance statistique satisfaisante. Un khi-deux requiert que chaque cellule du tableau de contingence contienne au moins 5 effectifs théoriques — ce qui dépend de votre croisement de variables.

    Comment interpréter un p-value supérieur à 0,05 dans mon mémoire ?

    Un p > 0,05 ne signifie pas que votre hypothèse est fausse ni que votre mémoire est raté. Cela signifie que vos données ne fournissent pas suffisamment de preuves statistiques pour rejeter l’hypothèse nulle au seuil de 5 %. Vous pouvez rédiger : « Les analyses n’ont pas permis de mettre en évidence un effet statistiquement significatif (p = 0,12). Cette absence de résultat significatif pourrait s’expliquer par une puissance statistique limitée liée à la taille de l’échantillon (n = 42). » Discutez les pistes dans votre section Limites.

    Peut-on utiliser jamovi à la place de SPSS pour un mémoire ?

    Oui, jamovi est une alternative gratuite et open source qui couvre la quasi-totalité des tests disponibles dans SPSS (t-test, ANOVA, régression, corrélation, khi-deux, tests non-paramétriques). Son interface est plus intuitive et ses sorties sont préformatées selon les normes APA. Un nombre croissant d’universités françaises l’acceptent dans les mémoires de master. Vérifiez les consignes de votre directeur de recherche avant de l’utiliser : certains programmes exigent spécifiquement SPSS.

    Comment présenter les tableaux SPSS dans le corps du mémoire ?

    Les tableaux SPSS bruts (avec leur fond gris et leurs polices par défaut) ne s’insèrent pas directement dans un mémoire. Recréez-les sous Word ou Excel en respectant le format APA 7 : pas de lignes verticales, en-tête en gras, note explicative sous le tableau commençant par « Note. ». N’exportez que les statistiques essentielles (moyennes, écarts-types, valeur du test, degrés de liberté, p-value, taille d’effet) — les tableaux complets peuvent figurer en annexe. Consultez notre guide sur la présentation des résultats avec tableaux et figures pour les formats exacts.

    Quel test utiliser pour analyser des données d’une échelle de Likert ?

    Les items d’une échelle de Likert sont techniquement ordinaux, mais la pratique académique courante en sciences sociales traite les scores agrégés (somme ou moyenne de plusieurs items) comme des variables métriques continues, autorisant ainsi les tests paramétriques (t-test, ANOVA, corrélation de Pearson). Si vous analysez un item isolé ou si votre échantillon est inférieur à 30, préférez les tests non-paramétriques équivalents. Assurez-vous de valider au préalable la fiabilité de votre échelle (alpha de Cronbach dans SPSS : Analyse > Échelle > Analyse de fiabilité).

    Comment corriger une distribution non-normale avant d’effectuer des tests paramétriques ?

    Trois approches sont courantes dans les mémoires de master. Première option : transformer la variable (logarithme, racine carrée) pour l’approcher d’une distribution normale — notez et justifiez la transformation dans votre section méthode. Deuxième option : utiliser les équivalents non-paramétriques (Mann-Whitney, Kruskal-Wallis, Spearman) sans transformation. Troisième option : invoquer le théorème central-limite si n > 30 par groupe, qui garantit la normalité asymptotique de la distribution des moyennes. La troisième option est la plus courante et la plus acceptée dans les mémoires de master en sciences sociales.

  • Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline

    En France, 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance, selon la Note Flash SIES n°25 publiée en septembre 2024. Ce chiffre global masque des réalités très différentes selon la discipline, la nationalité et le secteur d’activité. Les docteurs en sciences et ingénierie affichent des taux d’emploi proches de 95 %, quand leurs homologues en sciences de la vie peinent à décrocher un poste stable dans les douze premiers mois. L’enquête IPDoc, conduite par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, offre la photographie la plus complète à ce jour de l’entrée sur le marché du travail après le doctorat.

    Comprendre ces chiffres intéresse autant les doctorants en cours de thèse que les directeurs d’école doctorale et les responsables RH. Car derrière le taux d’emploi global se cache une dichotomie structurelle : l’emploi académique reste très précaire à court terme (seulement 45 % de postes stables dans le secteur public-académique à un an), tandis que le secteur privé offre de meilleures conditions de stabilité immédiate, notamment pour les profils scientifiques et d’ingénierie.

    Résultat clé
    À un an, 89 % des docteurs français 2020 sont en emploi, dont 49 % dans le secteur académique. Seulement 49 % occupent un poste stable (CDI ou équivalent). À trois ans, le taux d’emploi monte à 94 % et la stabilité à 66 %. Les sciences et ingénierie dominent en salaire médian (2 724 €/mois net à 3 ans), les SHS restent en retrait (2 000 €/mois à un an). Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 et EESR n°15.

    Méthodologie de l’enquête IPDoc

    L’enquête IPDoc (Insertion Professionnelle des Docteurs) est conduite chaque année par le Service statistique du MESR (SIES). La cinquième édition — IPDoc 2021 — a interrogé les docteurs diplômés en 2020, soit un an après l’obtention de leur diplôme. Le périmètre couvre 11 806 diplômes de doctorat délivrés en 2020, avec 10 146 docteurs contactés et un taux de réponse net de 64 %, soit 6 477 réponses exploitables. Les résultats sont publiés en septembre 2024 dans la Note Flash SIES n°25.

    La même édition interroge également les docteurs diplômés en 2018 sur leur situation à trois ans (volet longitudinal IPDoc 2021). Cette double fenêtre temporelle — un an et trois ans — permet de mesurer la progression de l’insertion, le passage du précaire au stable, et l’évolution salariale au début de carrière. Les données nationales sexuées par discipline détaillée sont accessibles en open data sur data.gouv.fr.

    Trois grands champs disciplinaires structurent les analyses : les sciences exactes et leurs applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie), les sciences de la vie et de la santé (biologie, médecine, pharmacie), et les sciences humaines et sociales (SHS : droit, économie, lettres, sciences sociales). Cette tripartition est celle retenue par le SIES dans l’ensemble de ses publications.

    Taux d’emploi global à un an et à trois ans

    Le taux d’insertion à un an s’établit à 89 % pour la cohorte 2020 — c’est-à-dire 89 % des docteurs en situation active sur le marché du travail occupent un emploi, quelle qu’en soit la nature. Ce résultat est cohérent avec les cohortes antérieures et confirme la robustesse globale du doctorat comme signal employabilité. À titre de comparaison, le taux d’insertion à un an des diplômés de master se situe autour de 88 à 92 % selon les disciplines, ce qui place le doctorat dans un registre comparable mais sans avantage net à très court terme.

    À trois ans, le taux d’emploi progresse à 94 %, et la qualité de l’emploi s’améliore sensiblement : 90 % occupent un poste de cadre ou de profession intellectuelle supérieure, et 95 % travaillent à temps plein. Ces chiffres confirment que le doctorat, même s’il ne garantit pas une insertion immédiate dans les meilleures conditions, positionne ses titulaires dans le segment supérieur du marché du travail à horizon trois ans. Pour les aspects liés au financement du doctorat en France via les contrats doctoraux et le CIFRE, les conditions d’entrée sur le marché du travail varient également selon le type de financement reçu pendant la thèse.

    Tableau 1 — Taux d’emploi des docteurs par horizon temporel (cohortes 2018-2020, France)
    Horizon Taux d’emploi Emploi stable Cadres Temps plein
    1 an (cohorte 2020) 89 % 49 % 90 % 95 %
    3 ans (cohorte 2018) 94 % 66 % 96 % ~95 %
    Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 (Note Flash SIES n°25, sept. 2024) et EESR n°15.

    Stabilité de l’emploi et répartition sectorielle

    Le chiffre qui mérite le plus d’attention n’est pas le taux d’emploi brut mais le taux d’emploi stable : à un an, seuls 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé, titularisation dans le public, ou contrat de longue durée). Cela reflète la réalité de l’entrée dans la carrière académique, qui passe généralement par des post-doctorats, des ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche) ou des contrats à durée déterminée.

    La répartition sectorielle à un an se divise ainsi : 49,1 % des docteurs en emploi travaillent dans le secteur académique (universités, CNRS, INSERM, CEA et autres organismes publics de recherche), tandis que le secteur privé et les autres structures absorbent les 51 % restants. Cette quasi-parité est trompeuse, car les conditions d’emploi diffèrent radicalement selon le secteur. Dans l’académique, moins de la moitié des postes sont stables à un an. Dans le secteur privé, le CDI est la norme dès l’embauche pour les profils scientifiques et d’ingénierie, ce qui explique l’avantage structurel du privé sur la stabilité immédiate.

    Point de vigilance
    Le taux d’emploi stable dans le secteur académique à un an s’établit à environ 45 % seulement, contre un taux bien supérieur dans le secteur privé pour les disciplines scientifiques. La précarité post-doctorale est donc avant tout un phénomène du secteur public académique, pas du marché du travail dans son ensemble.

    À trois ans, la situation du secteur académique s’améliore : 66 % des docteurs toutes disciplines confondues occupent un emploi stable. Mais l’écart entre secteurs reste significatif : un docteur en sciences de la vie qui reste dans l’académique après un ou deux post-docs peut attendre cinq à sept ans avant d’accéder à un CDI ou un poste de titulaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles on observe une mobilité croissante vers le secteur privé, notamment dans l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies. Le phénomène de non-soutenance ou d’abandon en cours de thèse, documenté dans notre analyse du taux d’abandon en doctorat en France, s’explique en partie par ces perspectives perçues comme incertaines.

    Données par discipline : emploi, CDI et salaire

    Les disparités entre disciplines sont la variable la plus déterminante de l’insertion professionnelle des docteurs. L’enquête IPDoc ventile les résultats selon les trois grands champs disciplinaires, et les écarts sont substantiels, en particulier sur la stabilité de l’emploi à court terme.

    Tableau 2 — Insertion professionnelle à 1 an par discipline (cohorte 2020)
    Discipline Taux d’emploi Emploi stable Cadres
    Sciences exactes & ingénierie ~94 % 51 % ~98 %
    Sciences de la vie & de la santé ~92 % 40 % ~96 %
    Sciences humaines & sociales ~92 % 54 % ~92 %
    Ensemble 89 % 49 % 90 %
    Source : MESR-SIES, IPDoc 2021 (cohorte diplômés 2020). Données arrondies.
    Données interactives : taux d’insertion des docteurs à 1 an par discipline (cohorte 2020). Source : MESR-SIES, EESR n°18

    Plusieurs constats se dégagent de ce tableau. Premièrement, le taux d’emploi à un an est élevé dans toutes les disciplines — les écarts entre champs restent inférieurs à 3 points. Deuxièmement, et c’est là l’information la plus saillante, le taux d’emploi stable à un an varie de 40 à 54 % selon la discipline. Les sciences de la vie enregistrent le score le plus faible, reflet direct de la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans ce secteur. Les SHS surprennent avec le taux le plus élevé (54 %), car une fraction importante des docteurs en lettres, droit ou économie s’insère directement dans des postes pérennes du secteur tertiaire (enseignement secondaire via l’agrégation, secteur public, cabinets de conseil).

    À trois ans, les écarts se réduisent mais persistent. L’enquête EESR n°15 (Le devenir des docteurs trois ans après l’obtention de leur thèse) documente une stabilité à 69,7 % pour les sciences et ingénierie, 53,2 % pour les sciences de la vie et 70,3 % pour les SHS à l’horizon trois ans. Le rattrapage en sciences de la vie reste partiel, ce qui confirme la longueur des trajectoires post-doctorales dans ce champ.

    L’effet nationalité : docteurs étrangers et secteur privé

    La Note Flash SIES n°25 met en lumière une divergence marquée selon la nationalité. 57 % des docteurs de nationalité étrangère diplômés en France en 2020 travaillaient dans le secteur privé à un an, contre 40 % seulement pour les docteurs français. Cet écart de 17 points s’explique par plusieurs facteurs structurels.

    D’abord, les docteurs étrangers sont davantage représentés dans les disciplines scientifiques et d’ingénierie, où l’insertion dans le privé est plus fréquente. Ensuite, l’accès au secteur académique français (maîtres de conférences, chargés de recherche) suppose pour les non-Européens une bonne maîtrise du français et une familiarité avec le système d’accréditation national, ce qui limite l’attractivité de cette voie. Enfin, les grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques, notamment en Île-de-France, recrutent activement des docteurs étrangers en CDI dès la soutenance, particulièrement en data science, intelligence artificielle et chimie.

    La question de la rétention des docteurs étrangers en France est un enjeu de politique scientifique. Selon l’enquête à trois ans conduite par Dauphine PSL, 57 % des docteurs étrangers en emploi trois ans après la soutenance travaillent toujours en France — les 43 % restants ont rejoint un autre pays, souvent dans le cadre de post-doctorats internationaux ou d’emplois dans leurs pays d’origine. La mobilité internationale post-doctorale est donc un phénomène massif, particulièrement dans les disciplines à fort recrutement mondial (mathématiques, physique, informatique, biologie). Ce sujet est directement lié aux enjeux de science ouverte en France, où l’attractivité de la recherche française pour les profils internationaux conditionne aussi la visibilité des publications.

    Salaires médians par discipline et secteur

    Les données salariales de l’enquête IPDoc portent sur le salaire net mensuel, primes incluses, pour les docteurs employés à temps plein en France. À un an, les SHS affichent un salaire médian de 2 000 €/mois net, nettement inférieur à la médiane toutes disciplines. À trois ans, la médiane nationale remonte à 2 450 €/mois net, avec des écarts importants selon le champ disciplinaire.

    Tableau 3 — Salaire net médian mensuel des docteurs à 3 ans par discipline (cohorte 2016-2018)
    Discipline Salaire médian (net/mois) Part secteur privé Taux cadres
    Sciences & Ingénierie (docteurs-ingénieurs) 2 724 € 63 % 99 %
    Toutes disciplines (médiane nationale) 2 450 € ~51 % 96 %
    Sciences humaines & sociales ~2 000 € ~40 % 91 %
    Source : MESR-SIES EESR n°15 (cohorte 3 ans) et IPDoc 2021 (SHS à 1 an). Salaires nets mensuels, primes incluses, temps plein.

    Les docteurs-ingénieurs (sciences exactes et ingénierie) bénéficient d’un avantage salarial structurel de l’ordre de +11 % par rapport à la médiane nationale à trois ans. Cet avantage s’explique par la très forte demande des secteurs technologiques (semiconducteurs, intelligence artificielle, aérospatial, défense, énergie) pour des profils disposant à la fois d’une expertise théorique de niveau doctoral et d’une orientation applicative. Le secteur privé représente 63 % des débouchés pour ces profils.

    À l’opposé, les SHS démarrent avec un désavantage salarial qui reflète principalement la forte part d’emploi académique (précaire à court terme) et le déclassement partiel observé dans certains sous-champs (lettres, arts, philosophie) où le débouché « enseignant du secondaire » reste prédominant. Il convient toutefois de nuancer : les docteurs en économie, droit des affaires ou sciences de gestion accèdent à des rémunérations proches de la médiane nationale, tandis que ceux en lettres classiques ou philosophie restent nettement en deçà.

    La trajectoire à trois ans : convergence et divergences

    La comparaison entre l’horizon un an et l’horizon trois ans fait apparaître une convergence générale : le taux d’emploi progresse, la stabilité s’améliore, et la part des cadres se consolide. Mais cette convergence est inégale selon les disciplines. Pour les sciences de la vie, le bond entre un an (40 % d’emploi stable) et trois ans (53,2 %) est réel mais insuffisant : plus d’un docteur sur deux dans ce champ n’a toujours pas de poste stable au bout de trois ans, ce qui reste une réalité difficile pour des diplômés qui ont consacré trois à cinq années à leur thèse.

    En sciences et ingénierie, la trajectoire est beaucoup plus favorable. Le taux d’emploi stable passe de 51 % à 69,7 % entre un an et trois ans, et le taux de cadres frôle les 98 %. La durée de recherche d’emploi est généralement courte dans ces disciplines — souvent inférieure à deux mois — et les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents, notamment pour les docteurs ayant effectué une thèse CIFRE en entreprise. Le passage master-doctorat est d’ailleurs de plus en plus anticipé dès la phase de sélection en master, les étudiants préparant en amont leurs candidatures en école doctorale pour maximiser leurs chances d’insertion.

    La mobilité internationale constitue une variable additionnelle : 32 % des docteurs travaillent à l’étranger trois ans après leur soutenance, dont 52 % des docteurs étrangers diplômés en France. Cette proportion est bien supérieure à celle observée pour d’autres niveaux de diplômes, reflétant la nature internationale de la carrière scientifique. Pour les Français, 17 % sont expatriés à trois ans, principalement en Europe du Nord, en Amérique du Nord et en Suisse.

    Implications pour les doctorants et les employeurs

    Ces statistiques d’insertion professionnelle dessinent plusieurs lignes d’action concrètes pour les différentes parties prenantes du doctorat.

    Pour les doctorants : Le type de financement influe sur l’insertion. Un doctorant en contrat CIFRE bénéficie d’une immersion en entreprise qui facilite significativement le recrutement en CDI à la sortie. Les docteurs ayant effectué au moins un stage ou une mission en entreprise pendant leur thèse présentent des taux d’insertion dans le privé nettement supérieurs. La rédaction d’un CV doctoral adapté au secteur privé — qui valorise les compétences transversales (gestion de projet, analyse de données, communication scientifique) plutôt que la seule liste de publications — est une compétence à développer dès la deuxième année de thèse. Pour naviguer efficacement dans la phase de rédaction et de valorisation de la thèse, des outils comme Tesify permettent de structurer le manuscrit doctoral tout en anticipant les usages professionnels des données produites.

    Pour les écoles doctorales : Les données IPDoc constituent un outil de pilotage précieux. Un taux d’emploi stable à un an inférieur à 40 % dans une discipline devrait déclencher une révision de l’offre de formation professionnelle et des partenariats avec le tissu économique local. Les résultats de l’enquête par établissement, disponibles sur data.gouv.fr, permettent de comparer les établissements et d’identifier les écoles doctorales les plus efficaces en termes d’insertion.

    Pour les employeurs du secteur privé : La quasi-totalité des docteurs (90 % à un an, 96 % à trois ans) occupent des postes de cadre. Le recrutement doctoral dans le privé bénéficie d’un avantage de séniorité intellectuelle réel — un docteur apporte une capacité d’analyse, de synthèse et d’autonomie dans la conduite de projets complexes que les formations de niveau master ne transmettent pas systématiquement. Côté rentrée universitaire, les chiffres publiés dans notre analyse des chiffres clés de la rentrée 2026-2027 montrent que les inscriptions en doctorat restent stables, ce qui garantit un vivier de recrutement régulier pour les années à venir.

    FAQ

    Quel est le taux d’emploi des docteurs français un an après leur soutenance ?

    Selon la Note Flash SIES n°25 (septembre 2024), 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance. Ce taux porte sur les docteurs en situation active sur le marché du travail. 90 % de ces emplois sont des postes de cadre, et 95 % sont à temps plein. Il existe des variations disciplinaires : les sciences et ingénierie approchent les 94 % de taux d’emploi, contre 92 % pour les sciences de la vie et les SHS.

    Combien de docteurs obtiennent un CDI directement après la thèse ?

    À un an, seulement 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé ou équivalent dans le public). Ce taux faible reflète la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans le secteur académique. À trois ans, le taux d’emploi stable monte à 66 %. Dans le secteur privé, notamment en sciences et ingénierie, les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents et le taux de stabilité est bien supérieur à la moyenne.

    Quelle discipline offre les meilleures perspectives d’emploi après un doctorat ?

    Les sciences et ingénierie présentent les meilleurs indicateurs globaux : taux d’emploi proche de 94 %, 51 % d’emplois stables à un an, salaire médian de 2 724 €/mois net à trois ans, et 63 % d’insertion dans le secteur privé. Les SHS présentent le taux de stabilité le plus élevé à un an (54 %), mais avec un salaire médian nettement inférieur. Les sciences de la vie souffrent de la précarité post-doctorale la plus longue (seulement 40 % de postes stables à un an).

    Les docteurs étrangers s’insèrent-ils différemment dans le marché du travail français ?

    Oui, avec une différence marquée sur le secteur d’activité. 57 % des docteurs étrangers diplômés en France travaillent dans le secteur privé à un an, contre 40 % pour les docteurs français. Les docteurs étrangers sont davantage présents dans les disciplines scientifiques et recrutés directement par des entreprises privées. Ils sont aussi plus mobiles à l’international : 43 % d’entre eux travaillent hors de France trois ans après leur soutenance.

    Quel est le salaire médian d’un docteur en France au début de sa carrière ?

    À trois ans post-soutenance, le salaire net médian mensuel toutes disciplines est de 2 450 € (primes incluses, temps plein). Les docteurs-ingénieurs en sciences et ingénierie atteignent une médiane de 2 724 €/mois, tandis que les SHS se situent autour de 2 000 €/mois à un an. Ces salaires sont des médianes nationales et peuvent varier significativement selon la région, le secteur (public/privé) et la taille de l’employeur.

    Où trouver les données officielles d’insertion des docteurs par établissement ?

    Les données nationales sexuées par discipline détaillée et les résultats par établissement sont disponibles en open data sur data.gouv.fr dans le jeu de données IP Doc. Les synthèses annuelles sont publiées dans les Notes Flash SIES, accessibles sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur. La dernière édition (Note Flash n°25, septembre 2024) porte sur la cohorte des diplômés 2020.

    Le doctorat améliore-t-il vraiment l’employabilité par rapport au master ?

    À court terme, l’avantage du doctorat sur le master est limité en termes de taux d’emploi brut (89 % à un an, comparable à un master professionnel bien ciblé). L’avantage réel est qualitatif : 90 à 96 % des docteurs accèdent à des postes de cadre, contre une proportion moindre pour les masters. À moyen terme (cinq ans et plus), les écarts salariaux en faveur du doctorat se creusent, particulièrement dans les secteurs R&D intensifs. Le coût d’opportunité (trois à cinq ans supplémentaires d’études) reste un facteur de décision central pour les étudiants.

  • Mobilité étudiante internationale en France 2026 : Erasmus+, entrants et sortants en chiffres

    Mobilité étudiante internationale en France 2026 : Erasmus+, entrants et sortants en chiffres

    Mobilité étudiante internationale en France 2026 : Erasmus+, entrants et sortants en chiffres

    La France est le premier pays d’envoi du programme Erasmus+ depuis deux ans consécutifs : 57 418 participants en 2023, devant l’Allemagne et l’Espagne. Ce rang de leader coexiste avec un flux entrant bien plus modeste — 32 295 étudiants et personnels étrangers accueillis en France via le même programme — révélant un solde sortant net de plus de 25 000 personnes que peu d’analyses chiffrent explicitement. Parallèlement, 443 500 étudiants étrangers toutes filières confondues étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français en 2024-2025, confirmant l’attractivité globale du système.

    Cet article synthétise les données officielles les plus récentes (MESR/SIES, Campus France Chiffres clés 2025, Agence Erasmus+ France) pour dresser un panorama complet des deux sens de la mobilité : volumes de mobilités, top destinations et origines, répartition études/stages, durées moyennes, profil démographique et tendances à horizon 2027. L’angle retenu est délibérément celui des flux bruts, distinct des analyses centrées sur les montants de bourses ou les aides régionales.

    Résultats clés 2023-2025

    • 57 418 participants français en mobilité Erasmus+ (enseignement supérieur, 2023) — 1er pays d’envoi en Europe
    • 32 295 étudiants et personnels étrangers accueillis en France via Erasmus+ en 2023 (+19 % sur un an)
    • 443 500 étudiants étrangers en France toutes filières, 2024-2025 (+17 % sur cinq ans)
    • 5,6 mois : durée moyenne d’une mobilité Erasmus+ en enseignement supérieur
    • 164 000 mobilités totales au départ de la France (tous secteurs Erasmus+, 2024)

    La France, premier pays d’envoi en Europe

    Pour la deuxième année consécutive, la France se classe au premier rang des pays d’envoi du programme Erasmus+ dans l’enseignement supérieur. En 2023, l’Agence Erasmus+ France et Campus France ont enregistré 57 418 participants français (étudiants et personnels), contre environ 52 700 en 2022. La progression annuelle atteint +9 %, et sur cinq ans (2018-2023) la hausse est de +18 %, signe d’une demande structurellement orientée à la hausse.

    Ce rang de premier pays d’envoi traduit à la fois la taille de la population étudiante française — environ 2,9 millions d’inscrits dans l’enseignement supérieur — et une politique publique de valorisation de la mobilité internationale, portée notamment par la stratégie « Bienvenue en France » et les conventions cadres entre le MESR et les établissements.

    Répartition études / stages

    Les mobilités sortantes françaises se répartissent en deux grandes catégories, avec une dynamique divergente en 2022-2023 :

    Mobilité sortante Erasmus+ France — enseignement supérieur, 2022-2023
    Type de mobilité Participants Part Évolution N-1
    Mobilité d’études (SMS) 35 125 61,6 % −5,0 %
    Mobilité de stage (SMP) 21 914 38,4 % +19,4 %
    Total 57 039 100 % +3,1 %

    Source : MESR/SIES — État de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR 18), données 2022-2023.

    La chute de la mobilité d’études (−5 %) reflète en partie un effet calendrier post-pandémie et une saturation relative des places dans certaines universités d’accueil espagnoles, tandis que la mobilité de stage bénéficie d’une demande croissante des employeurs et d’un cadre réglementaire assoupli depuis 2021.

    Flux sortants : destinations, profil et durées

    Top 5 des destinations

    L’Espagne demeure, et de loin, la destination privilégiée des étudiants français en Erasmus+. Les trois premières destinations captent 38,6 % du total des mobilités sortantes en 2022-2023. La Belgique (+35 %) et l’Irlande (+17 %) enregistrent les progressions les plus marquées parmi les cinq premières, traduisant un intérêt croissant pour les pays francophones et anglophones.

    Top 5 destinations des participants français Erasmus+ — 2022-2023
    Pays d’accueil Participants Part Évolution N-1
    Espagne 11 174 18,8 % +11 %
    Allemagne 6 224 10,4 % +17 %
    Italie 5 945 9,3 % +24 %
    Belgique 4 830 8,1 % +35 %
    Irlande 3 044 5,1 % +17 %

    Source : Campus France, Chiffres clés 2025.

    Profil démographique des mobiles français

    Le profil type de l’étudiant français en mobilité Erasmus+ révèle des inégalités de genre et de discipline stables d’une année sur l’autre :

    • Genre : 56,9 % de femmes, 43,1 % d’hommes — une sur-représentation féminine constante, plus marquée en mobilité d’études qu’en stage.
    • Niveau d’études : 47,9 % en master, 42,0 % en licence (bachelor), 7,7 % en BTS/BUT (cycle court), 0,5 % en doctorat. La mobilité doctorante est fortement sous-représentée au regard des effectifs réels.
    • Disciplines : commerce, administration et droit dominent avec 32,3 % des mobilités, suivis par l’ingénierie et les technologies (24 %), puis les lettres, langues et arts (13,8 %).

    Cette répartition disciplinaire souligne la place centrale des grandes écoles de commerce et des IAE dans les mobilités sortantes : leurs cursus intègrent souvent un semestre à l’étranger comme exigence de diplôme, ce qui gonfle mécaniquement la part des filières gestion.

    Durée des séjours

    La durée moyenne d’un séjour Erasmus+ en enseignement supérieur s’établit à 5,6 mois, avec un écart significatif selon le type de mobilité :

    • Mobilité d’études : 6,5 mois — un semestre académique complet constitue la norme, certains établissements imposant un minimum d’une année.
    • Mobilité de stage : 3,6 mois — contrainte par les calendriers des entreprises d’accueil et les périodes de stage intégrées aux cursus.

    La durée minimale réglementaire est de 3 mois pour la mobilité d’études et de 2 mois pour le stage. Les mobilités de très courte durée (moins de 2 mois) ne sont pas éligibles aux bourses Erasmus+ pour l’enseignement supérieur, même si elles peuvent l’être dans d’autres volets du programme.

    Bon à savoir : À leur retour, les étudiants partis en Erasmus+ doivent souvent remettre un rapport de mobilité ou intégrer leur expérience internationale dans leur mémoire de master. Un assistant comme Tesify permet de structurer et de rédiger ce travail académique de manière rigoureuse, tout en respectant les normes de citation exigées par leur établissement.

    Flux entrants Erasmus+ : qui vient en France ?

    La France a accueilli 32 295 étudiants et personnels étrangers via Erasmus+ en 2023, un chiffre en hausse de +19 % sur un an — une progression nettement supérieure à celle des sortants (+9 %). L’Allemagne est devenue en 2023 le premier pays d’envoi vers la France, avec une explosion de +46 % de ses ressortissants en mobilité Erasmus+ en France.

    Top 5 pays d’origine des mobilités Erasmus+ entrantes en France — 2023
    Pays d’origine Participants Évolution N-1
    Allemagne 6 598 +46 %
    Italie 5 825 +11 %
    Espagne 4 899 +4 %
    Belgique 2 329 +27 %
    Roumanie 1 497 +20 %

    Source : Campus France, Chiffres clés 2025.

    La montée en puissance des Allemands s’explique par le renforcement des accords bilatéraux franco-allemands dans le cadre de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et par l’attractivité croissante des formations en anglais dans les établissements parisiens et lyonnais. La Roumanie, cinquième contingent entrant, confirme l’intégration progressive des pays d’Europe centrale et orientale dans les flux Erasmus+ vers la France.

    443 500 étudiants étrangers toutes filières confondues

    Répartition des étudiants étrangers en France par zone géographique d'origine — Campus France Chiffres clés 2025
    Source : Campus France — Chiffres clés 2025 de la mobilité étudiante

    Au-delà du seul programme Erasmus+, la France accueille un volume bien plus large d’étudiants internationaux. En 2024-2025, 443 500 étudiants étrangers étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, selon les données de Campus France publiées en mai 2025. Ce chiffre marque une hausse de +3 % sur un an et de +17 % sur cinq ans, confirmant la dynamique structurelle d’internationalisation.

    Parmi ces 443 500 inscrits :

    • 76 % sont en mobilité internationale au sens strict (ils ont quitté leur pays pour venir étudier en France).
    • 24 % sont des étudiants étrangers résidents (nés à l’étranger mais établis en France depuis plusieurs années).

    Les cinq premiers pays d’origine pour l’ensemble des étudiants étrangers inscrits en France sont, par ordre décroissant : Maroc, Algérie, Chine, Italie et Sénégal. La prépondérance des pays maghrébin et subsahariens reflète les liens historiques et linguistiques de la France, ainsi que les partenariats académiques structurés avec ces pays via Campus France et les ambassades.

    Pour une analyse approfondie de la dimension doctorale de cette attractivité — la France accueille une proportion croissante de doctorants étrangers attirés par les cotutelles internationales et les financements ANR — notre article sur l’attractivité du doctorat français pour les étudiants internationaux (données SIES 2025) détaille les chiffres par discipline et pays d’origine.

    Bilan bilatéral : sortants vs. entrants Erasmus+

    Un des angles les moins analysés dans les publications sur Erasmus+ est le solde bilatéral des flux, c’est-à-dire la comparaison directe entre le volume de participants français qui partent et celui d’étrangers qui arrivent via le même programme.

    Flux Erasmus+ en France — enseignement supérieur, 2023
    Indicateur Valeur Évolution N-1
    Sortants (participants français en Erasmus+) 57 418 +9 %
    Entrants (mobilités Erasmus+ en France) 32 295 +19 %
    Solde sortant net +25 123
    Ratio sortants / entrants 1,78

    La France envoie donc 1,78 fois plus de participants qu’elle n’en accueille via Erasmus+. Ce déséquilibre n’est pas une anomalie structurelle : il traduit la forte appétence des étudiants français pour la mobilité internationale, combinée à une capacité d’accueil Erasmus+ qui, bien que significative, reste inférieure à la demande sortante. Néanmoins, la progression des entrants (+19 %) est nettement supérieure à celle des sortants (+9 %), indiquant un rééquilibrage progressif du flux.

    Pour le détail des mobilités sortantes et de leur financement (montants des bourses Erasmus+ selon les pays de destination, critères d’éligibilité et répartition par établissement), notre article Mobilité Erasmus+ des étudiants français 2026-2027 en chiffres complète ce panorama avec les données les plus récentes.

    Tendances 2024 et objectifs à horizon 2027

    Les données 2024, publiées par l’Agence Erasmus+ France, marquent une nouvelle accélération : 164 000 mobilités totales au départ de la France sur l’ensemble des secteurs Erasmus+ (enseignement supérieur, scolaire, formation professionnelle et jeunesse), soit +15 % par rapport aux 142 000 mobilités de 2023. Une partie de cette progression est portée par les mobilités scolaires de groupe, dont le volume a presque doublé en un an, mais la tendance de fond dans l’enseignement supérieur reste positive.

    Côté accueil, la France progresse vers son objectif officiel de 500 000 étudiants étrangers accueillis d’ici 2027 dans le cadre de la stratégie « Bienvenue en France ». Partant de 443 500 en 2024-2025, l’objectif requiert une hausse annuelle d’environ 20 000 inscrits supplémentaires sur les trois prochaines années. Le rythme récent (+13 000 en un an) reste en deçà de ce qu’implique la trajectoire cible.

    Perspective 2026 : Deux leviers pourraient accélérer le rééquilibrage des flux. D’abord, l’extension du programme Erasmus+ aux apprentis, soutenue par la loi pour un Erasmus de l’apprentissage promulguée en 2024, devrait faire progresser les entrants en formation professionnelle. Ensuite, le développement des formations délivrées en anglais dans les universités françaises — encore limité par rapport à l’Allemagne ou aux Pays-Bas — reste un facteur clé pour attirer des étudiants hors zone francophone.

    Sur le plan qualitatif, les enquêtes de satisfaction menées par l’Agence Erasmus+ France auprès des participants étrangers accueillis font ressortir deux axes d’amélioration persistants : la complexité des démarches administratives à l’arrivée (logement, visa étudiant, inscription) et le niveau d’accueil linguistique dans les établissements hors grandes métropoles. Ces obstacles freinent l’attractivité relative de la France face à des pays comme l’Espagne ou les Pays-Bas, qui ont investi dans des services d’accueil structurés.

    Enfin, les étudiants qui intègrent leur expérience de mobilité internationale dans un mémoire de master ou un rapport Erasmus+ trouveront un cadre méthodologique pratique dans le guide comment rédiger un mémoire (fr.tesify.pro), adapté aux normes académiques françaises.

    FAQ — Mobilité étudiante internationale et Erasmus+ en France

    Combien d’étudiants français partent en Erasmus+ chaque année ?

    En 2023, 57 418 participants français (étudiants et personnels) ont pris part au programme Erasmus+ dans l’enseignement supérieur, faisant de la France le premier pays d’origine du programme en Europe. Ce chiffre est en hausse de +9 % sur un an et de +18 % sur cinq ans. En 2024, tous secteurs Erasmus+ confondus, 164 000 mobilités ont été réalisées au départ de la France.

    Quelle est la principale destination Erasmus+ des étudiants français ?

    L’Espagne est la première destination, avec 11 174 participants français en 2022-2023, soit 18,8 % des mobilités sortantes. Elle est suivie par l’Allemagne (10,4 %) et l’Italie (9,3 %). La Belgique (+35 %) et l’Irlande (+17 %) enregistrent les progressions les plus dynamiques parmi les cinq premières destinations.

    Combien d’étudiants étrangers viennent en France via Erasmus+ ?

    La France a accueilli 32 295 étudiants et personnels étrangers via Erasmus+ en 2023, en hausse de +19 % sur un an. L’Allemagne est le premier pays d’envoi vers la France (6 598 participants, +46 %), devant l’Italie (5 825) et l’Espagne (4 899). Au total, en incluant toutes les filières, la France accueille 443 500 étudiants étrangers en 2024-2025.

    Quelle est la durée moyenne d’une mobilité Erasmus+ en enseignement supérieur ?

    La durée moyenne est de 5,6 mois pour l’ensemble des mobilités Erasmus+ en enseignement supérieur. Elle varie selon le type : 6,5 mois pour la mobilité d’études (un semestre complet) et 3,6 mois pour la mobilité de stage. La durée minimale éligible est de 3 mois pour les études et de 2 mois pour les stages.

    La France envoie-t-elle plus d’étudiants qu’elle n’en accueille via Erasmus+ ?

    Oui. La France envoie nettement plus d’étudiants et personnels (57 418 en 2023) qu’elle n’en accueille via Erasmus+ (32 295), avec un solde sortant net de plus de 25 000 participants. Le ratio est de 1,78 sortant pour 1 entrant. Toutefois, la progression des entrants (+19 %) est supérieure à celle des sortants (+9 %), ce qui indique un rééquilibrage progressif.

    Quel est l’objectif de la France en matière d’accueil d’étudiants étrangers ?

    La France s’est fixé l’objectif d’accueillir 500 000 étudiants étrangers dans ses établissements d’enseignement supérieur d’ici 2027, dans le cadre de la stratégie « Bienvenue en France ». En 2024-2025, le chiffre s’établit à 443 500, soit une progression de +17 % sur cinq ans. Atteindre 500 000 requiert de maintenir une hausse annuelle d’environ 20 000 inscrits supplémentaires.


    Sources : MESR/SIES, État de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR 18) ; Campus France, Chiffres clés de la mobilité étudiante dans le monde, mai 2025 ; Agence Erasmus+ France, résultats de l’appel à projets 2024 (juillet 2025).

  • Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière, sélectivité et inégalités territoriales

    Parcoursup 2025 a enregistré un nombre record de 980 117 candidats, soit une hausse de 3,7 % par rapport à 2024 (945 332). Résultat global : 93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission avant la clôture de la plateforme le 10 septembre 2025. Derrière ce chiffre agrégé se cachent pourtant des réalités très contrastées : selon la filière visée, la série du baccalauréat et l’académie de rattachement, les probabilités d’admission peuvent varier du simple au triple.

    Cette synthèse analyse les données publiées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) et le ministère de l’Éducation nationale pour dresser un tableau complet : volume de vœux par filière, sélectivité comparée, évolution sur cinq ans et disparités territoriales documentées. Elle identifie également les parcours conduisant à un master — et donc à la rédaction d’un mémoire — pour lesquels Parcoursup représente la première étape décisive.

    Réponse rapide
    En 2025, 93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition sur Parcoursup, avec 4,2 millions de propositions émises. Les licences concentrent 33,7 % des vœux et 36,5 % des admissions effectives ; les filières sélectives (CPGE, PASS, IFSI) affichent des taux d’accès nettement plus bas. Des écarts de 2 à 3 points subsistent entre académies, avec Créteil (87 %) et Versailles (89,2 %) sous la moyenne nationale.

    1. Chiffres clés de Parcoursup 2025

    La session 2025 s’inscrit dans une trajectoire de croissance continue depuis le lancement de la plateforme en 2018. Avec 26 097 formations disponibles contre 13 208 en 2018, l’offre a quasiment doublé en sept ans. Le volume de propositions émises (4,2 millions) est resté stable par rapport à 2024, mais leur distribution entre candidats a évolué.

    Indicateurs globaux Parcoursup 2025 (source : MESR / Éducation nationale)
    Indicateur 2025 2024 Variation
    Candidats totaux 980 117 945 332 +3,7 %
    Formations disponibles 26 097 ~25 000 +800 env.
    Propositions d’admission émises 4,2 millions 4,2 millions stable
    Lycéens ayant reçu ≥ 1 proposition 91,9 % (597 019)
    Bacheliers ayant reçu ≥ 1 proposition (sept.) 93,5 %
    Taux d’acceptation (lycéens) 84,1 % 83,8 % +0,3 pt
    Néo-bacheliers ayant accepté une proposition 81 % 81,7 % −0,7 pt
    Propositions reçues dès le J1 de la phase principale 67,9 % 66,6 % +1,3 pt

    Chaque lycéen admis a reçu en moyenne 5,5 propositions (4,9 tous candidats confondus), ce qui traduit une relative fluidité du système — tout en masquant de fortes asymétries selon les filières les plus demandées.

    2. Répartition des vœux confirmés par filière

    La licence universitaire reste de loin la formation la plus sollicitée. Elle capte 33,7 % des vœux confirmés sur la plateforme, devant le BTS (27,6 %), le BUT (11,5 %) et la CPGE (6,2 %). L’apprentissage progresse mais reste marginal dans les vœux globaux.

    Répartition des vœux confirmés par filière — Parcoursup 2025
    Filière Part des vœux confirmés Part des formations acceptées
    Licence (université) 33,7 % 36,5 %
    BTS / BTSA 27,6 % 20,7 %
    BUT (Bachelor Univ. Technologie) 11,5 % 9,8 %
    CPGE 6,2 %
    Apprentissage ~3 % −0,2 pt vs 2024
    Autres (PASS/LAS, IFSI, écoles…) ~18 %

    La comparaison entre part des vœux et part des formations acceptées révèle un premier signal de sélectivité : le BTS concentre 27,6 % des vœux mais seulement 20,7 % des acceptations effectives, signe que de nombreux lycéens l’inscrivent en vœu de sécurité sans finalement l’intégrer. À l’inverse, la licence affiche un ratio vœux/acceptations légèrement positif, ce qui traduit son accessibilité relative.

    Aller plus loin : du premier cycle au doctorat

    Pour les candidats qui se projettent jusqu’à la recherche, theses.fr recense plus de 483 000 thèses soutenues en France — le portail de référence pour explorer les études doctorales conduites après le master.

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    3. Taux d’admission par type de formation

    Au-delà des volumes, le taux d’admission — c’est-à-dire la proportion de candidats ayant formulé un vœu dans une filière et ayant reçu une proposition dans cette même filière — varie considérablement. Les données publiées par le MESR permettent d’établir le tableau suivant, en distinguant les filières selon leur degré de sélectivité.

    Note méthodologique : les taux ci-dessous sont calculés sur la base du nombre de candidats ayant confirmé au moins un vœu dans chaque filière et du nombre de propositions reçues dans cette filière au terme de la session. Ils diffèrent du taux d’occupation des capacités d’accueil.
    Taux d’admission approximatifs par filière — session 2025 (sources : MESR, données ouvertes Parcoursup)
    Filière Sélectivité Taux d’admission indicatif
    Licence (toutes disciplines) Faible à modérée ~85 %
    BTS voie générale Modérée ~70 %
    BTS voie professionnelle (bac pro) Faible 71 % (admis en BTS)
    BUT Modérée à élevée ~65 %
    CPGE (toutes voies) Élevée ~45 %
    PASS (accès santé) Très élevée ~40 %
    IFSI (formations infirmières) Très élevée ~30 %
    Écoles d’ingénieurs post-bac Élevée ~60 %

    Ces chiffres indicatifs illustrent le gradient de sélectivité du système. La CPGE et le PASS sélectionnent moins d’un candidat sur deux, tandis que la licence reste la filière la plus accessible. Pour les bacheliers généraux, la combinaison de spécialités influence fortement les probabilités : les élèves ayant suivi Mathématiques–Physique–Chimie voient quasiment 99 % d’entre eux recevoir une proposition, contre des taux nettement inférieurs pour les profils littéraires visant des formations scientifiques.

    4. Sélectivité : filières accessibles vs filières fermées

    La notion de sélectivité sur Parcoursup recouvre deux réalités distinctes : la sélectivité à l’entrée (proportion de candidats admis sur le nombre de vœux formulés) et la sélectivité par série de bac (impact du profil lycéen sur les chances d’admission).

    Sélectivité par série de baccalauréat

    Les écarts de traitement selon la voie du baccalauréat sont documentés et significatifs :

    • Bac général : la licence domine parmi les formations acceptées (46,7 % des acceptations de bacheliers généraux), suivie par la CPGE et le BUT. Le délai moyen pour recevoir une première proposition est d’environ deux jours.
    • Bac technologique : les BTS et BUT constituent les destinations privilégiées. Le parcours vers des filières longues reste possible mais statistiquement moins fréquent.
    • Bac professionnel : près de 70 % des bacheliers professionnels ayant accepté une formation ont intégré un BTS. Le délai moyen pour recevoir une première proposition dépasse cinq jours, soit un écart d’attente notable avec la voie générale.

    Le cas particulier du J1 de la phase principale

    L’analyse des données journalières révèle un fossé structurel : 80 % des lycéens de la voie générale reçoivent une proposition dès le premier jour de la phase principale, contre seulement 40 % des lycéens de la voie professionnelle. À la clôture le 10 septembre, les cumuls atteignent respectivement 97 % et 83 %, soit un écart de 14 points persistant tout au long de la session.

    Point clé : sur Parcoursup, le temps d’attente n’est pas neutre. Un lycéen professionnel qui attend plusieurs jours une proposition subit une pression psychologique et informationnelle que les dispositifs d’accompagnement visent à atténuer — mais ne suppriment pas.

    5. Évolution sur cinq ans (2021–2025)

    La trajectoire 2021–2025 montre une montée en charge régulière de la plateforme, tant du côté de l’offre de formations que de la demande :

    Évolution des principaux indicateurs Parcoursup 2018–2025
    Année Candidats Formations Propositions émises
    2018 (lancement) 945 332* 13 208
    2024 945 332 ~25 000 4,2 millions
    2025 980 117 26 097 4,2 millions

    * Le chiffre de candidats 2018 correspond à la première session complète ; il est fourni à titre de référence pour la comparaison avec 2025.

    Les deux dynamiques les plus significatives pour 2025 sont la forte croissance des lycéens professionnels (+11 %) et des étudiants en réorientation (+8,3 %). L’intégration progressive des formations en apprentissage (+800 nouvelles formations en 2025) explique en partie l’afflux de candidats issus de voies jusqu’alors hors périmètre Parcoursup.

    Pour une mise en perspective avec les effectifs étudiants attendus à la rentrée suivante, les chiffres clés de la rentrée universitaire 2026-2027 documentent les 3,04 millions d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français.

    6. Inégalités territoriales

    L’analyse académie par académie révèle des disparités que le chiffre national de 93,5 % tend à lisser. Parmi les résultats documentés par le MESR pour la session 2025 :

    • Académie de Créteil : 87 % des lycéens ont reçu au moins une proposition, soit plus de 4 points sous la moyenne nationale des lycéens (91,9 %).
    • Académie de Versailles : 89,2 %, également sous la moyenne, dans un contexte de forte pression démographique en Île-de-France.
    • Académie de Mayotte : 90 %, reflétant les contraintes spécifiques d’une offre locale limitée et d’une mobilité géographique coûteuse.

    Ces écarts s’expliquent par une combinaison de facteurs : densité de candidats dans les grands bassins urbains, adéquation entre les formations disponibles localement et les vœux formulés, et taux de lycéens boursiers ou issus de filières professionnelles — profils statistiquement moins bien servis dans certaines académies.

    Mobilité géographique : une réponse partielle

    Trois quarts des lycéens ont formulé au moins un vœu en dehors de leur académie de résidence. Pourtant, seulement 20,4 % ont finalement accepté une proposition dans une autre académie. L’écart entre les vœux exprimés à l’extérieur et les acceptations effectives traduit l’attachement au territoire et, souvent, les contraintes économiques qui rendent la mobilité difficile pour les étudiants aux ressources limitées.

    Ces dynamiques sont analysées en détail dans notre article sur la diversité socioéconomique dans l’enseignement supérieur France 2026.

    7. Boursiers, lycéens professionnels et Cordées de la Réussite

    Parcoursup intègre depuis 2019 des mécanismes correctifs pour atténuer les inégalités d’accès : quotas de boursiers, taux garantis pour les bacheliers technologiques et professionnels dans les filières adaptées, et participation aux Cordées de la Réussite.

    Résultats pour les boursiers

    Pour la session 2025, 90,9 % des lycéens boursiers ont été admis dans l’enseignement supérieur. Les taux de boursiers sont appliqués dans plus de 12 600 formations. Le système de quotas est jugé décisif par le MESR pour garantir l’accès aux filières sélectives à des candidats boursiers qui n’auraient pas reçu de proposition sans ce mécanisme.

    Lycéens professionnels

    Le taux d’admission des bacheliers professionnels en BTS atteint 71 % en 2025. Environ 73 % des lycéens professionnels ayant formulé des vœux en STS ont reçu une proposition, soit une progression de 3,5 points depuis 2020. La hausse de +11 % des candidatures de lycéens professionnels sur la plateforme témoigne d’une meilleure intégration de ce public dans le dispositif.

    Cordées de la Réussite

    Le dispositif Cordées de la Réussite a accompagné 39 042 lycéens en 2025, soit une hausse de 9,1 % par rapport à 2024. Le taux d’admission de ces lycéens sur Parcoursup atteint 95,6 %, soit 3,2 points au-dessus de la moyenne nationale. L’écart est encore plus marqué chez les bacheliers professionnels (+ 5,4 points) et technologiques (+ 4 points), ce qui valide l’efficacité du dispositif pour les profils historiquement les plus fragilisés dans le processus d’orientation.

    Taux d’admission des candidats Cordées de la Réussite vs moyenne nationale — 2025
    Profil Taux Cordées Écart vs moyenne
    Tous lycéens Cordées 95,6 % +3,2 pts
    Bacheliers professionnels +5,4 pts
    Bacheliers technologiques +4,0 pts
    Bacheliers généraux +1,8 pt

    Ces données positionnent les Cordées comme le dispositif le plus efficace parmi ceux que pilote l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) pour réduire les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur.

    8. Parcoursup comme porte d’entrée vers le master et le mémoire

    Parcoursup est la plateforme d’accès au premier cycle (licence, BTS, BUT, CPGE). Mais les choix effectués dès la terminale déterminent directement l’accès ultérieur au master — et donc à l’obligation de rédiger un mémoire de recherche.

    Filières conduisant au master avec mémoire

    Toutes les filières universitaires longues (licence + master LMD) impliquent la rédaction d’un mémoire de master. Les filières les plus demandées sur Parcoursup en 2025 qui mènent à un master avec mémoire incluent :

    • Licences de sciences humaines et sociales (psychologie, sociologie, histoire, géographie) : masters de recherche systématiquement associés à un mémoire de 80 à 120 pages.
    • Licences de droit : masters droit privé, droit public ou droit des affaires avec mémoire ou rapport de stage de recherche.
    • Licences d’économie-gestion : masters en management, finance ou économie comportant un mémoire professionnel ou de recherche.
    • Licences de sciences : masters recherche ou masters MEEF pour l’enseignement, incluant un mémoire de fin d’études.

    L’entrée en master est gérée par la plateforme Mon Master, distincte de Parcoursup. Les statistiques de candidatures et d’admission y sont tout aussi stratégiques : l’article sur les statistiques candidatures Mon Master 2026 documente les 270 000 candidats et 3 millions de candidatures enregistrés pour la session 2026, tandis que les données sur les taux d’admission en phase complémentaire Mon Master 2026 précisent les opportunités en cas de refus en phase principale.

    Pour les étudiants qui s’interrogent sur leurs chances à l’issue du master, le taux de réussite en master France 2026 (91,6 % selon le MESR) fournit un éclairage rassurant — à condition que le mémoire soit traité avec la rigueur qu’il exige.

    Des filières sélectives à l’entrée, sélectives à la sortie

    Les CPGE, qui affichent un taux d’admission Parcoursup d’environ 45 %, conduisent vers les grandes écoles d’ingénieurs et de management — lesquelles proposent des mastères spécialisés ou des programmes Grande École comportant un mémoire ou un projet de fin d’études. La sélectivité à l’entrée de Parcoursup est donc un prédicteur de la sélectivité de l’ensemble du parcours académique.

    L’analyse détaillée des admissions en phase complémentaire Mon Master 2026 montre que certaines disciplines accueillent plus de 30 % de leurs étudiants de master via cette voie secondaire — ce qui souligne l’importance de ne pas réduire son orientation post-Parcoursup à la seule phase principale.

    FAQ

    Combien de candidats ont participé à Parcoursup 2025 ?

    La session 2025 a enregistré un nombre record de 980 117 candidats, soit 34 785 de plus qu’en 2024 (+3,7 %). Ce chiffre inclut les lycéens terminales, les étudiants en réorientation et les candidats en reprise d’études. Les lycéens professionnels ont affiché la plus forte hausse (+11 %) et les étudiants en réorientation ont progressé de 8,3 %.

    Quel est le taux d’admission global sur Parcoursup 2025 ?

    93,5 % des bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission avant la clôture de la plateforme le 10 septembre 2025. Parmi les lycéens (hors étudiants en réorientation), ce taux atteint 91,9 %, représentant 597 019 lycéens ayant reçu au moins une proposition. En revanche, seulement 81 % des néo-bacheliers ont finalement accepté une proposition, en légère baisse de 0,7 point par rapport à 2024.

    Quelle est la filière la plus demandée sur Parcoursup en 2025 ?

    La licence universitaire reste la filière la plus demandée avec 33,7 % des vœux confirmés, et la plus acceptée avec 36,5 % des formations finalement retenues. Le BTS arrive en deuxième position (27,6 % des vœux), suivi par le BUT (11,5 %) et la CPGE (6,2 %). La licence PASS, qui donne accès aux études de santé, totalise un très grand nombre de vœux en dépit de son fort taux de sélectivité.

    Y a-t-il des inégalités territoriales dans les admissions Parcoursup 2025 ?

    Oui. Alors que la moyenne nationale des lycéens ayant reçu une proposition atteint 91,9 %, l’académie de Créteil affiche 87 % et Versailles 89,2 %, soit respectivement 4,9 et 2,7 points sous la moyenne. L’académie de Mayotte enregistre 90 %. Ces écarts s’expliquent par la pression démographique, la structure de l’offre locale de formations et la proportion plus élevée de profils à faibles ressources qui peinent à accepter des formations hors académie.

    Quel est l’impact des Cordées de la Réussite sur l’admission Parcoursup ?

    Les 39 042 lycéens participants aux Cordées de la Réussite en 2025 (en hausse de 9,1 % vs 2024) ont obtenu un taux d’admission de 95,6 %, soit 3,2 points au-dessus de la moyenne nationale. L’écart est particulièrement marqué pour les bacheliers professionnels (+5,4 points) et technologiques (+4 points), ce qui en fait le dispositif anti-inégalités le plus efficace du système selon les données du MESR.

    Comment Parcoursup conduit-il vers la rédaction d’un mémoire de master ?

    Parcoursup ouvre l’accès au premier cycle universitaire (licence, BUT, CPGE), dont l’objectif naturel est la poursuite en master. Toutes les filières universitaires longues — droit, sciences humaines, économie, sciences — aboutissent à un master LMD comportant un mémoire de recherche ou professionnel comme condition de validation. Le choix de filière sur Parcoursup détermine donc indirectement le type de mémoire que l’étudiant devra rédiger deux à trois ans plus tard.

    Parcoursup 2025 a-t-il amélioré la situation des boursiers ?

    Les données du MESR indiquent que 90,9 % des lycéens boursiers ont été admis dans l’enseignement supérieur en 2025. Les taux de boursiers sont appliqués dans plus de 12 600 formations. Le système de quotas garantit une proportion minimale de boursiers dans chaque formation sélective, et le MESR estime que ce mécanisme a été décisif pour des milliers de candidats qui n’auraient pas reçu de proposition sans lui.

    La mobilité géographique est-elle une solution aux inégalités territoriales sur Parcoursup ?

    La mobilité reste limitée en pratique. Si trois quarts des lycéens formulent au moins un vœu hors académie, seulement 20,4 % finalisent une inscription dans une académie différente. Les contraintes économiques (logement, transport) représentent le principal frein, en particulier pour les étudiants boursiers ou issus de milieux défavorisés. C’est précisément pourquoi les quotas de boursiers par formation — et non la mobilité géographique — constituent le levier principal de correction des inégalités.

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  • Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline

    La dixième édition du rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) en mars 2026, confirme une tendance de fond : les femmes sont majoritaires parmi les étudiants diplômés, mais restent structurellement sous-représentées aux postes de rang A de la recherche, dans les disciplines scientifiques et dans les instances de gouvernance. L’égalité femmes hommes enseignement supérieur France statistiques 2026 révèle des progrès réels sur vingt-cinq ans, et des plafonds de verre persistants à tous les niveaux de la hiérarchie académique.

    Ce panorama compile les données officielles du MESR-SIES, de l’INPI et des publications statistiques du système éducatif pour dresser un état des lieux rigoureux : effectifs étudiants par formation, corps enseignant par discipline et grade, doctorat, gouvernance des établissements et innovation brevetée. Chaque chiffre est issu de sources publiquement vérifiables. Pour une lecture complémentaire des tendances de long terme, voir aussi notre analyse de la féminisation de l’enseignement supérieur en France 2026.

    Résultat clé : En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités — soit le double du taux de 2000 (17 %) — mais seulement 14 % des inventors cités dans les dépôts de brevets à l’INPI, et 25 % des présidents d’université. La progression est réelle et documentée ; la parité reste hors d’atteinte dans les filières scientifiques et aux postes de direction.

    Étudiantes par filière : les grandes asymétries

    La première fracture statistique se lit dès l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les femmes constituent, à l’échelle nationale, une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : parmi les jeunes sortant de formation initiale, 57 % des femmes ont obtenu un diplôme du supérieur contre 47 % des hommes (MESR-SIES, moyenne 2020-2022). Cette avance globale masque des disparités disciplinaires considérables.

    Tableau 1 — Part des femmes parmi les étudiants par filière, 2023-2024

    Filière / formation Part des femmes Source
    Formations paramédicales et sociales 83,7 % MESR-SIES 2024
    Lettres, sciences humaines (université) 70,9 % MESR-SIES 2024
    Médecine, odontologie, pharmacie 67,2 % MESR-SIES 2024
    CPGE (classes préparatoires) 40,2 % MESR-SIES 2025
    BUT (bachelor universitaire de technologie) 40,3 % MESR-SIES 2024
    Formations d’ingénieurs 29,8 % MESR-SIES 2024
    BUT production, dont informatique 22,1 % MESR-SIES 2024

    Les CPGE illustrent un paradoxe structurel : bien que 46 % des candidates aient soumis un dossier en 2025, seules 40 % ont accepté une proposition d’admission. Le même phénomène s’observe en BUT : 47 % de candidates à l’entrée, 40 % d’admises finales. Ces écarts entre candidatures et admissions dans les filières sélectives sont documentés dans le rapport 2026 du MESR et appellent des analyses d’auto-censure, de conseil d’orientation et de sélection. Pour le détail de la sélectivité de ces filières, voir nos chiffres clés des CPGE 2025.

    Point d’attention : La surreprésentation féminine dans les formations paramédicales et en lettres ne traduit pas une avance globale en termes de statut professionnel ou salarial. Ces filières concentrent des débouchés à rémunération médiane plus basse, ce qui contribue à l’écart salarial persistant à la sortie des études.

    Doctorat et recherche : les inégalités persistent selon la discipline

    Au niveau doctoral, le tableau national est trompeur : 47 % environ des doctorants sont des femmes en 2024, un taux stable depuis une décennie. Cette stabilité globale dissimule des contrastes disciplinaires très marqués.

    Tableau 2 — Part des femmes parmi les doctorants par grand domaine disciplinaire

    Domaine disciplinaire Part des femmes doctorants Source
    Biologie, médecine, santé 58 % MESR-SIES
    Sciences humaines et sociales 55 % MESR-SIES
    Agronomie et écologie 54 % MESR-SIES
    Sciences de l’ingénieur 30 % MESR-SIES
    Sciences de l’information et de la communication (STIC) 27 % MESR-SIES
    Mathématiques 23 % MESR-SIES

    Le doctorat en mathématiques concentre la sous-représentation la plus sévère : trois doctorants sur quatre sont des hommes. Ce déséquilibre n’est pas propre à la France — il est observé dans l’ensemble de l’OCDE — mais il est particulièrement marqué dans les grandes écoles et les formations d’élite qui alimentent les laboratoires de mathématiques pures. Pour situer ces données dans l’ensemble du dispositif doctoral, voir nos statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.

    Dans les organismes de recherche publics, les femmes représentent 39 % des chercheurs en 2024, contre 24 % dans la recherche privée (entreprises) en 2023. Cette différence de seize points entre secteur public et secteur privé est une constante européenne : les institutions académiques offrent des structures de recrutement plus transparentes et des politiques d’égalité plus formalisées.

    Personnels enseignants-chercheurs : grade et discipline

    La progression des femmes dans le corps enseignant universitaire est documentée sur le long terme. En 2024, 41 % des enseignants-chercheurs titulaires de l’université sont des femmes, toutes disciplines confondues. Mais ce chiffre moyen efface des écarts considérables entre grades et entre sections.

    Professeures des universités : une progression historique, un plafond persistant

    La part des femmes parmi les professeures des universités (corps de rang A) s’établit à 33 % en 2024. Cette proportion a presque doublé en vingt-cinq ans — elle était de 17 % en 2000 et de 23 % en 2010 — mais elle reste loin de la parité et s’effrite à mesure qu’on monte dans la hiérarchie institutionnelle.

    Pour les maîtres de conférences (rang B), la représentation féminine atteint 45 % de l’ensemble du corps en 2022. En 2024, 49 % des personnels promus au dernier échelon du grade de maître de conférences sont des femmes — un signal positif, mais qui ne se traduit pas encore par une parité au grade supérieur.

    Tableau 3 — Part des femmes parmi les enseignants-chercheurs titulaires par discipline, 2024

    Discipline Part des femmes (tous grades) Source
    Langues et littératures 64–65 % MESR-SIES 2024
    Sciences de la vie (lettres et SHS confondues) 55 % MESR-SIES 2024
    Sciences et techniques (ensemble) 30 % MESR-SIES 2024
    Mathématiques (section CNU) 14–15 % MESR-SIES 2024

    En mathématiques, la sous-représentation féminine se reproduit à chaque étape du parcours : de 23 % des doctorants à 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires. Ce « pipeline leaky » — ou effet d’éviction progressive — est analysé depuis plusieurs années par la communauté de recherche sur le genre en sciences exactes. Il combine des phénomènes de biais implicite dans les recrutements, des conditions de travail peu compatibles avec les responsabilités parentales inégalement réparties, et des réseaux de cooptation à dominante masculine.

    Mécanique du plafond de verre : La proportion de femmes diminue systématiquement à chaque franchissement de grade. En mathématiques, on passe de 23 % au doctorat à 14 % parmi les enseignants-chercheurs titulaires. Dans les sciences et techniques au sens large, on passe de 30 % de femmes en formation d’ingénieur à 30 % des EC — une stagnation relative sur le long terme.

    Gouvernance des établissements

    La gouvernance des universités et des grandes écoles constitue l’un des indicateurs les plus scrutés par les observateurs de la parité dans l’enseignement supérieur. En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux. Ce taux est en progression par rapport aux années 2010, mais reste très en deçà de la parité.

    À l’échelon des vice-présidences, la représentation féminine est sensiblement plus élevée : 43,7 % des 955 vice-présidents d’université sont des femmes. Cet écart entre la gouvernance de premier rang (25 %) et le second échelon (44 %) signale un phénomène classique d’accès différencié : les femmes sont nombreuses dans les équipes de direction, mais restent minoritaires au sommet.

    Dans les grandes écoles, la situation est encore plus déséquilibrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) relevait en 2025 que seulement 15 % des dirigeants de grandes écoles sont des femmes, avec une projection de parité qui, au rythme de progression actuel, ne serait atteinte qu’aux alentours de 2060.

    L’Agence nationale de la recherche (ANR) est dirigée depuis septembre 2024 par Claire Giry, nommée présidente-directrice générale par décret présidentiel. Cette nomination illustre un mouvement de féminisation progressive des agences de financement de la recherche.

    Brevets et innovation : le chantier le plus en retard

    La statistique la plus éloquente en matière de parité dans l’innovation provient de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des 56 000 personnes physiques désignées comme inventeurs dans les demandes de brevet publiées à l’INPI. Ce chiffre correspond à la moyenne européenne établie par l’Office européen des brevets (EPO) en 2019 à 13 %.

    Tableau 4 — Femmes inventeurs dans les dépôts de brevets français, 2021-2023 (INPI)

    Indicateur Valeur
    Part des femmes parmi les inventeurs cités 14 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % féminines 4 %
    Part des demandes issues d’équipes 100 % masculines 78 %
    Part des femmes dans les dépôts d’établissements publics 16 % (demandes avec femme)
    Part des femmes dans les dépôts d’ETI/PME 9 %
    Secteur le plus paritaire (équipes mixtes) Biotechnologie : 56 % des demandes
    Secteur le moins paritaire Éléments mécaniques : 90 % d’équipes 100 % masculines

    L’écart entre la part des femmes chercheuses (39 % dans les organismes publics) et leur présence dans l’inventariat breveté (14 %) est particulièrement instructif. Il suggère que les femmes chercheuses sont actives dans des domaines moins susceptibles de donner lieu à des dépôts de brevets (recherche fondamentale, sciences humaines) et qu’elles bénéficient moins souvent de l’accompagnement à la valorisation industrielle de leurs travaux.

    📄
    Rapport officiel : Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026

    La dixième édition du rapport MESR-SIES compilant toutes les statistiques de parité dans l’enseignement supérieur et la recherche — effectifs étudiants, corps enseignant, gouvernance, brevets et comparaisons internationales.

    Accéder au rapport PDF →

    Source : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR-SIES), mars 2026

    Insertion professionnelle et salaires

    L’écart de rémunération à l’entrée dans la vie active est l’une des manifestations les plus directement mesurables des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur. En décembre 2023, pour la promotion 2022 :

    • Diplômés de licence professionnelle : salaire médian féminin de 1 740 €/mois, masculin de 1 870 €/mois — écart de 130 € à l’entrée dans l’emploi.
    • Diplômés de master (hors enseignement) : salaire médian féminin de 2 010 €/mois, masculin de 2 220 €/mois — écart de 210 €/mois, soit environ 9,5 %.

    Ces écarts de départ sont observés toutes disciplines confondues et persistent même à niveau de diplôme et de secteur d’activité comparables. Ils s’expliquent en partie par la concentration des femmes dans des filières et métiers structurellement moins bien rémunérés, mais également par des différences de négociation salariale et de temps de travail. Le taux d’insertion à 30 mois est similaire pour les deux sexes au niveau master (83 % pour les femmes, 84 % pour les hommes), mais l’accès à l’emploi stable reste moins favorable aux femmes (65 % contre 73 %). Pour le détail discipline par discipline, consultez nos données sur les salaires des diplômés de master par discipline en France 2026.

    Comparaison européenne et internationale

    La France s’inscrit dans un contexte européen contrasté. Dans l’Union européenne, les femmes représentent en 2025 environ 20 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 19 % en France. Ce niveau est relativement faible au regard de certains pays d’Europe centrale et orientale où la féminisation des filières informatiques est historiquement plus élevée.

    Sur les brevets, l’EPO estimait en 2019 à 13 % la part des inventrices dans les dépôts européens, chiffre que la France dépasse légèrement avec 14 % entre 2021 et 2023. Le rapport 2026 du MESR intègre pour la première fois une section comparée avec les données OCDE sur les distinctions scientifiques, où la sous-représentation féminine est également documentée.

    La Commission européenne a publié en mars 2026, simultanément à l’édition française du rapport MESR, sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes 2026-2030, qui fixe notamment des objectifs chiffrés pour la représentation des femmes dans les filières STEM et dans le financement de la recherche.

    Tesify et la rédaction de mémoires sur la parité

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    Questions fréquentes

    Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France en 2026 ?

    En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités, selon les données du MESR-SIES publiées dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026. Ce taux est en progression par rapport à 2000 (17 %) et à 2010 (23 %), mais reste bien en deçà de la parité. Le grade de maître de conférences est plus proche de l’équilibre, avec 45 % de femmes dans l’ensemble du corps.

    Dans quelles disciplines les femmes sont-elles le plus sous-représentées à l’université ?

    Les mathématiques concentrent la sous-représentation la plus forte : 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires sont des femmes, et seulement 23 % des doctorants. Les sciences de l’information et de la communication (27 % de femmes au doctorat), les sciences de l’ingénieur (30 %) et les formations d’ingénieurs (29,8 % d’étudiantes) affichent des niveaux similairement bas. À l’inverse, les lettres, langues et sciences paramédicales sont à dominante féminine.

    Combien de présidentes d’université y a-t-il en France ?

    En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux (EPE). La représentation est plus élevée au niveau des vice-présidences, avec 43,7 % de femmes parmi les 955 vice-présidents recensés. Dans les grandes écoles, seuls 15 % des dirigeants sont des femmes, selon la Conférence des grandes écoles (2025).

    Quelle est la part des femmes inventeurs dans les brevets déposés en France ?

    Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des inventeurs cités dans les demandes de brevet publiées à l’INPI — un niveau proche de la moyenne européenne (13 % selon l’EPO en 2019). Seulement 4 % des demandes publiées impliquent des équipes exclusivement féminines, contre 78 % pour les équipes exclusivement masculines. La biotechnologie est le secteur le plus mixte, avec 56 % de demandes impliquant des équipes mixtes.

    Les femmes sont-elles majoritaires parmi les étudiants en France ?

    Globalement, les femmes représentent une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur en France : 57 % des femmes ayant quitté la formation initiale ont obtenu un diplôme du supérieur, contre 47 % des hommes. Cependant, cette avance est très inégalement répartie entre filières : les femmes sont minoritaires dans les formations d’ingénieurs (29,8 %), les BUT production (22 %) et les CPGE (40 %).

    Quel est l’écart de salaire entre femmes et hommes à la sortie de l’université ?

    Pour la promotion 2022, interrogée en décembre 2023, l’écart médian est de 210 €/mois au niveau master (toutes disciplines, hors enseignement) : 2 010 €/mois pour les femmes contre 2 220 €/mois pour les hommes, soit un écart d’environ 9,5 %. En licence professionnelle, l’écart est de 130 €/mois (1 740 € contre 1 870 €). Ces écarts s’expliquent en partie par la concentration différenciée dans des secteurs d’activité à rémunération inégale.

    Où trouver les données officielles sur la parité dans l’enseignement supérieur français ?

    Les données de référence sont publiées chaque année par le MESR-SIES dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, disponible sur le site enseignementsup-recherche.gouv.fr. Les données sur les brevets proviennent de l’INPI (inpi.fr). Les fichiers Excel de micro-données par discipline, grade et établissement sont téléchargeables sur le même portail.

    Sources officielles

  • Durée Moyenne du Stage M2 en France 2026 : Statistiques par Discipline et Région

    Durée Moyenne du Stage M2 en France 2026 : Statistiques par Discipline et Région

    Durée Moyenne du Stage M2 en France 2026 : Statistiques par Discipline et Région

    La durée d’un stage de master 2 en France est encadrée par la loi du 10 juillet 2014, mais elle varie considérablement selon la discipline, l’université et le secteur d’activité. En 2026, les données DARES et MESR permettent de dresser un portrait statistique précis de la durée réelle des stages M2 — un paramètre clé pour planifier votre fin d’études et votre transition vers l’emploi.

    En bref : La durée légale maximale d’un stage M2 est de 6 mois par année d’enseignement. La durée moyenne constatée en 2026 est de 4,2 mois, avec des variations importantes selon la discipline (de 2 mois en droit à 6 mois en école d’ingénieurs).

    La loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014 fixe la durée maximale d’un stage à 6 mois par année d’enseignement, soit 132 jours ouvrés. Cette limite s’applique chez un même organisme d’accueil. Au-delà, l’étudiant doit obligatoirement être embauché en contrat de travail.

    • Durée minimale légale pour la gratification obligatoire : 2 mois consécutifs (ou 44 jours ouvrés)
    • Montant minimum de la gratification en 2026 : 4,35 €/heure (15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale)
    • Conventions de stage : obligatoires dès le 1er jour, quel que soit la durée
    • Durée comptabilisée : jours ouvrés effectifs (les absences pour maladie, par exemple, peuvent prolonger la convention)

    Durée moyenne par discipline en 2026

    Les données MESR 2025-2026 font apparaître des écarts significatifs selon les filières :

    Discipline Durée moyenne Durée typique
    Écoles d’ingénieurs / Sciences de l’ingénieur 5,8 mois 5–6 mois
    Sciences et technologies 5,1 mois 4–6 mois
    Gestion et management 4,8 mois 4–6 mois
    Économie 4,3 mois 3–5 mois
    Sciences humaines et sociales 3,6 mois 3–4 mois
    Lettres et langues 2,9 mois 2–4 mois
    Droit 2,4 mois 2–3 mois

    Les filières professionnalisantes (école de commerce, école d’ingénieurs) tendent vers le maximum légal de 6 mois, car les entreprises comme les étudiants y trouvent un avantage mutuel : le stage de fin d’études se transforme fréquemment en embauche directe.

    Variations régionales

    La localisation géographique influence la durée des stages, principalement en raison du tissu économique local et des pratiques sectorielles dominantes :

    • Île-de-France : 4,7 mois en moyenne — concentration de sièges sociaux et de grands groupes offrant des stages longs en gestion, finance et tech
    • Auvergne-Rhône-Alpes : 4,9 mois — forte présence industrielle et pôles de compétitivité (mécatronique, biotech)
    • Occitanie : 4,1 mois — mix entre aéronautique (stages longs) et filières universitaires classiques (stages plus courts)
    • Bretagne et Pays de la Loire : 3,8 mois — tissu de PME, stages souvent plus courts mais plus nombreux
    • Nouvelle-Aquitaine : 3,7 mois — forte proportion de masters en sciences humaines et droit

    Durée selon le secteur d’activité

    Le secteur d’accueil est le facteur qui détermine le plus fortement la durée proposée aux stagiaires M2 :

    • Grands groupes du CAC 40 : Quasi-systématiquement 6 mois — contraintes RH internes et procédures de recrutement longues
    • PME/ETI : 3 à 5 mois — flexibilité accrue, adaptation possible au calendrier universitaire
    • Startups : 4 à 6 mois — culture d’embauche directe après stage favorisant les stages longs
    • Secteur public et administrations : 2 à 3 mois — contraintes budgétaires et calendriers administratifs spécifiques
    • Associations et ONG : 2 à 4 mois — missions souvent liées à des projets délimités dans le temps

    Gratification et durée : ce qui change à partir de 2 mois

    Le seuil de 2 mois (44 jours ouvrés) est un pivot légal crucial :

    • En dessous de 2 mois : la gratification est facultative (mais certaines entreprises la versent quand même)
    • À partir de 2 mois : la gratification est obligatoire, au minimum 4,35 €/heure en 2026
    • Au-delà de 6 mois : transformation automatique obligatoire en contrat de travail

    Pour un stage de 6 mois à temps plein (151,67 h/mois), la gratification minimale s’élève à 659,76 € brut/mois. De nombreuses entreprises dépassent ce minimum, notamment dans les secteurs finance, tech et conseil (600 à 1 500 €/mois en pratique).

    Conseils pour choisir la bonne durée

    • Vérifiez les exigences de votre maquette pédagogique : certains M2 imposent une durée minimale (souvent 4 ou 6 mois) pour valider le diplôme
    • Anticipez la rédaction du rapport : un stage de 6 mois vous donne plus de matière mais compresse le temps de rédaction si la soutenance est en septembre
    • Négociez la date de début : un démarrage en janvier plutôt qu’en avril vous permet de viser 6 mois sans déborder sur l’été
    • Cadrage avec le directeur de mémoire : pour les stages-mémoire, confirmez que la durée envisagée est compatible avec le calendrier de suivi et de soutenance

    FAQ

    Quelle est la durée maximale légale d’un stage M2 en France ?

    La durée maximale d’un stage est de 6 mois par année d’enseignement (132 jours ouvrés) chez un même organisme d’accueil. Au-delà, l’étudiant doit obligatoirement être embauché en contrat de travail. Cette limite est fixée par la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014.

    À partir de combien de mois la gratification de stage est-elle obligatoire ?

    La gratification devient obligatoire dès que le stage dépasse 2 mois consécutifs (44 jours ouvrés) au cours de la même année scolaire ou universitaire. En 2026, le montant minimum est de 4,35 €/heure, soit environ 659,76 € brut par mois pour un stage à temps plein.

    Quelle est la durée moyenne d’un stage M2 en France en 2026 ?

    La durée moyenne d’un stage M2 en France en 2026 est d’environ 4,2 mois, selon les données DARES et MESR. Cette moyenne cache des disparités importantes : les stages en école d’ingénieurs durent en moyenne 5,8 mois, tandis que ceux en droit n’atteignent que 2,4 mois en moyenne.

  • Rentrée universitaire France 2025-2026 : effectifs prévisionnels par filière — toutes les données SIES

    Rentrée universitaire France 2025-2026 : effectifs prévisionnels par filière — toutes les données SIES

    Avec 3 027 000 étudiants inscrits à la rentrée 2025 et 3 046 800 attendus à la rentrée 2026, la France franchit durablement le cap des trois millions d’apprenants dans l’enseignement supérieur. Pourtant, derrière ce chiffre global se cachent des trajectoires diamétralement opposées selon les filières : effondrement des STS scolaires, dynamisme des grandes écoles privées, stagnation de la licence générale. Comprendre ces flux est indispensable pour anticiper les ressources pédagogiques, les besoins en encadrement et l’orientation des politiques publiques.

    Cette analyse s’appuie sur la Note Flash SIES n°25 d’octobre 2025 (données définitives 2024-2025) et sur les projections SIES NI 2025-07 couvrant les rentrées 2024 à 2033. Résultat clé en premier : la croissance totale ralentit, mais les inégalités entre filières se creusent structurellement.

    Chiffre clé 2026 : La France comptera environ 3 046 800 étudiants à la rentrée 2026 (+19 800 par rapport à 2025, soit +0,65 %). La hausse sera portée principalement par les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs hors université et les filières santé-social, tandis que les STS scolaires et les CPGE continueront de reculer.

    1. Chiffres globaux 2024-2026

    La rentrée 2024-2025 a marqué un franchissement historique : pour la première fois, l’enseignement supérieur français dépasse officiellement les 3 millions d’étudiants. La progression de +1,4 % par rapport à 2023-2024 est la plus forte depuis cinq ans, tirée par la démographie des bacheliers et l’ouverture de nouvelles formations en apprentissage.

    Effectifs globaux enseignement supérieur — France métropolitaine + DOM (sources : SIES-MESRI)
    Rentrée Effectifs totaux Variation annuelle
    2022-2023 2 954 000 +0,3 %
    2023-2024 2 961 000 +0,2 %
    2024-2025 (définitif) 3 003 000 +1,4 %
    2025-2026 (projection) 3 027 000 +0,5 %
    2026-2027 (projection) 3 046 800 +0,65 %

    Le ralentissement prévu à partir de 2025 s’explique par la baisse du flux de bacheliers : les cohortes nées entre 2006 et 2009 sont moins nombreuses que celles des années 2000. Le SIES estime que la croissance atteindra un plateau autour de 3,1 millions vers 2028, avant une légère décrue à partir de 2030.

    2. Université : licence, master, doctorat

    Les universités publiques (hors IUT) accueillent 1 631 500 étudiants en 2024-2025, soit +1,6 % en un an. C’est la composante la plus importante du système, représentant 54 % des effectifs totaux de l’enseignement supérieur.

    Licence générale et professionnelle

    La licence générale marque le pas : après des années de progression soutenue, les effectifs de premier cycle se stabilisent, voire reculent légèrement dans certaines disciplines. Les sciences humaines et sociales perdent des effectifs au profit des filières professionnalisantes. La licence professionnelle (LP), en revanche, se maintient grâce au développement de l’apprentissage.

    Master : la filière la plus dynamique de l’université

    Les effectifs de master continuent leur progression régulière : +3 500 étudiants en 2025 (+0,6 %) et +4 200 en 2026 (+0,7 %). Ce cycle représente désormais près de 530 000 inscrits. Les masters de management, d’informatique et de sciences de l’ingénieur sont les plus demandés. La sélection à l’entrée du master 1 (loi ORE, 2017) a structurellement réduit le taux d’échec en M1-M2 et stabilisé les flux.

    Doctorat : baisse structurelle

    Avec environ 67 000 doctorants, le doctorat reste sous pression. Les inscriptions ont diminué de 3 % entre 2017 et 2024. Le financement insuffisant des thèses (contrats doctoraux, CIFRE) et les perspectives d’emploi académique incertaines expliquent cette tendance. Seule la filière CIFRE (entreprise-université) résiste, avec près de 2 000 nouvelles conventions signées en 2024.

    3. Filières sélectionnées : CPGE, STS, IUT

    CPGE : légère croissance en 2025, puis recul

    Les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles enregistrent une légère progression en 2025 (+500 étudiants, +0,6 %), avant de fléchir en 2026 (−1 %). Elles accueillent environ 82 000 élèves. La concurrence d’autres voies d’excellence (Bachelor des grandes écoles post-bac, BUT) pèse sur leur attractivité auprès des bacheliers généraux.

    STS scolaire : recul continu

    C’est la filière qui souffre le plus : les Sections de Techniciens Supérieurs sous statut scolaire perdent 3 500 étudiants en 2025 et encore 1 900 en 2026. Cette baisse structurelle, engagée depuis 2021, s’explique par la montée en puissance de l’apprentissage (STS en apprentissage, lui, progresse) et par la concurrence du BUT, instauré en 2021 pour remplacer le DUT. Les STS en apprentissage absorbent une partie du flux réorienté.

    IUT / BUT : légère contraction

    L’IUT enregistre une légère baisse en 2025 malgré le succès initial du BUT. La transformation de 3 ans a globalement maintenu les effectifs, mais certains IUT voient leurs candidatures diminuer dans les spécialités industrielles. Le réseau IUT compte environ 120 000 étudiants en BUT.

    4. Écoles de commerce et d’ingénieurs : moteurs de croissance

    Les formations privées post-bac constituent le principal moteur de croissance du système. Les écoles de commerce accréditées (AACSB, EQUIS) et les écoles d’ingénieurs hors universités affichent des hausses continues de 3 à 5 % par an.

    Effectifs filières sélectionnées — projections 2025-2026 (source : SIES-MESRI)
    Filière Effectifs 2024-2025 Variation 2025 Variation 2026
    Université (total) 1 631 500 +0,4 % +0,3 %
    STS scolaire ~245 000 −1,4 % −0,8 %
    CPGE ~82 000 +0,6 % −1,0 %
    Écoles d’ingénieurs (hors univ.) ~175 000 +3,5 % +3,2 %
    Écoles de commerce ~195 000 +4,1 % +3,8 %
    Formations santé-social ~210 000 +2,1 % +2,0 %

    Cette bipolarisation du système — filières universitaires publiques stagnantes versus formations privées sélectives en forte croissance — alimente le débat sur l’équité d’accès et le financement public de l’enseignement supérieur. Les écoles de commerce perçoivent des frais de scolarité moyens de 12 000 à 15 000 € par an, là où une université publique facture 243 € en licence.

    5. Santé, social et formations paramédicales

    Les formations de santé et du travail social constituent l’autre pôle dynamique. La réforme des études de santé (PASS, LAS) instaurée en 2020 a reconfiguré les flux d’entrée en médecine, pharmacie et odontologie. Après une période d’ajustement, les effectifs se stabilisent autour de 60 000 étudiants en première année de médecine (PASS + LAS combinés). Les formations paramédicales (infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes) enregistrent une croissance soutenue de 2 % par an, soutenue par les besoins du système de santé et le Plan de revalorisation du Ségur.

    6. Tendances à horizon 2033 : vers un plateau puis une décrue

    Les projections SIES à dix ans dessinent un scénario en trois temps :

    • 2025-2028 : croissance lente (≈ +0,4 %/an), plateau autour de 3,1 millions
    • 2029-2031 : stabilisation, début de légère décrue pour les filières universitaires généralistes
    • 2032-2033 : baisse probable des effectifs totaux si la démographie ne compense pas le recul des bacheliers généraux

    Ce scénario de décrue contraste avec la France des années 2000-2020, caractérisée par une expansion continue. Les gestionnaires d’établissements doivent dès aujourd’hui anticiper la gestion de la masse salariale et des capacités d’hébergement.

    7. Impact sur l’encadrement pédagogique

    La croissance étudiante ne s’est pas accompagnée d’une hausse équivalente des effectifs d’enseignants. Entre 2013 et 2021, le nombre d’étudiants a progressé de +14 %, tandis que les effectifs enseignants n’ont augmenté que de +4 %. Résultat : le taux d’encadrement pédagogique a chuté de −13 % sur la période.

    Le ratio actuel est de 15,5 étudiants par enseignant en moyenne nationale, proche de la moyenne OCDE (15,6), mais ce chiffre masque des disparités considérables : certaines facultés de lettres ou de droit dépassent les 25 étudiants par enseignant en cours magistraux, quand les CPGE maintiennent un ratio de 10 à 12.

    La combinaison d’une stagnation des effectifs étudiants et d’un choc démographique négatif chez les enseignants-chercheurs (2,9 % de départs par an attendus entre 2021 et 2029) crée une fenêtre de recrutement cruciale. Sans renouvellement suffisant des postes de maîtres de conférences — dont le nombre ouvert au concours a été divisé par 3 entre 1998 et 2020 — le ratio va continuer à se dégrader.

    Encadrement et mémoire : La surcharge des directeurs de mémoire est directement liée à cette dégradation du ratio. Si vous rédigez votre mémoire de master et que votre directeur tarde à vous répondre, cela reflète souvent une réalité structurelle : un enseignant-chercheur encadre en moyenne 15 à 20 mémoires simultanément. Des outils comme Tesify permettent d’avancer de manière autonome entre les séances de suivi.

    FAQ — Effectifs enseignement supérieur France 2025-2026

    Combien y a-t-il d’étudiants en France à la rentrée 2025 ?

    Selon les projections SIES-MESRI, la France comptera environ 3 027 000 étudiants dans l’enseignement supérieur à la rentrée 2025-2026, en hausse de 0,5 % par rapport aux 3 003 000 de la rentrée 2024-2025. C’est la deuxième année consécutive au-dessus du seuil des 3 millions.

    Quelle filière perd le plus d’étudiants en 2025 ?

    Les STS scolaires (BTS sous statut étudiant) enregistrent la baisse la plus marquée : −3 500 étudiants prévus à la rentrée 2025 et −1 900 en 2026. Cette tendance est engagée depuis 2021 et s’explique par la montée de l’apprentissage dans cette filière et par la concurrence du BUT.

    Quelle filière connaît la plus forte croissance ?

    Les écoles de commerce (+4,1 % en 2025) et les écoles d’ingénieurs hors universités (+3,5 %) sont les filières les plus dynamiques. Les formations santé-social progressent également de +2 % par an, portées par les besoins du système de soins.

    Combien d’étudiants sont inscrits en master en France ?

    Environ 530 000 étudiants sont inscrits en master dans les universités françaises en 2024-2025. Les effectifs de master progressent régulièrement (+0,6 % en 2025, +0,7 % en 2026), ce qui en fait le cycle universitaire le plus dynamique.

    Quand les effectifs étudiants commenceront-ils à baisser en France ?

    Les projections SIES prévoient un plateau autour de 3,1 millions vers 2028, suivi d’une légère décrue à partir de 2030-2031. Cette baisse sera liée à la diminution des classes d’âge nées à la fin des années 2000 et à un effet de saturation dans certaines filières.

    Quelle est la part de l’université dans l’enseignement supérieur français ?

    L’université (hors IUT) représente environ 54 % des effectifs totaux de l’enseignement supérieur en 2024-2025, avec 1 631 500 inscrits sur les 3 003 000 étudiants au total. Cette part tend à diminuer progressivement au profit des écoles privées et des formations en apprentissage.


    Sources : SIES-MESRI — Projections des effectifs 2024-2033 · SIES — Effectifs 2024-2025 · Headway Advisory — Plus de trois millions d’étudiants

  • Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Taux d’abandon en doctorat France 2026 : chiffres de la phase de rédaction

    Un quart des doctorants français n’atteignent jamais la soutenance. Ce chiffre global, issu des évaluations des écoles doctorales par le Hcéres, masque une réalité bien plus contrastée : le taux d’abandon oscille de 5 % en sciences exactes à 40 % en sciences humaines et sociales (SHS), selon les données publiées dans le rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS. La phase de rédaction — typiquement la troisième et quatrième année — concentre la majorité de ces décrochages, précisément au moment où le financement s’épuise et l’isolement s’installe.

    Comprendre ces chiffres, c’est identifier les leviers réels sur lesquels agir : discipline, mode de financement, durée contractuelle, profil du doctorant. Cet article présente l’ensemble des données officielles disponibles en 2026, structurées par discipline et par type de contrat, pour donner aux futurs doctorants — et à leurs directeurs — une base d’analyse factuelle.

    Résultat clé : En France, le taux d’abandon doctoral moyen est d’environ 25 % au niveau national. Il atteint 40 % en SHS (lettres, sciences humaines et sociales) contre seulement 5 % en sciences de la matière. Le principal facteur prédictif est le financement : les doctorants sans contrat doctoral abandonnent massivement lors de la phase de rédaction, quand leur ressource financière cesse.

    Les chiffres clés du doctorat en France en 2026

    Les données les plus récentes publiées par le MESR dans l’état de l’ESR n°18 dressent un tableau contrasté :

    Indicateur Valeur (2023) Évolution
    Doctorants inscrits (total) 69 639 −1,5 % vs 2022
    Nouveaux inscrits en doctorat 16 500 +4,6 % vs 2022
    Thèses soutenues 15 187 +9,6 % vs 2022
    Doctorants financés (1re année) 79,2 % +0,6 pt vs 2022
    Part SHS dans les effectifs totaux ≈ 44 % −2,2 % nouveaux inscrits

    Ce premier tableau révèle une tension structurelle : les inscriptions progressent légèrement (hausse des primo-inscrits), mais l’effectif total recule, ce qui traduit des sorties anticipées — abandons ou interruptions — supérieures aux nouvelles entrées dans certaines disciplines. Par ailleurs, le recul de −11,2 % des effectifs depuis 2012 renforce l’hypothèse d’une désaffection progressive, particulièrement marquée en lettres et sciences humaines, comme l’illustrent les statistiques nationales de réussite et d’abandon des travaux universitaires.

    Taux d’abandon par discipline

    Le taux d’abandon doctoral moyen est estimé à environ 25 % au niveau national, mais les évaluations des écoles doctorales par le Hcéres montrent que cette moyenne agrège des situations très disparates. Le rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS documente les écarts suivants :

    Domaine disciplinaire Taux d’abandon estimé Taux de financement (1re année)
    Sciences exactes et applications ~5 % 97 %
    Sciences du vivant ~10–15 % 85 %
    Sciences sociales ~20–30 % 50 %
    Lettres, arts, langues et SHS jusqu’à 40 % 38–50 %
    Moyenne nationale ~25 % 79,2 %

    En 2023, les SHS représentaient 44 % des effectifs doctoraux totaux — soit environ 30 000 doctorants — pour seulement 29 % des thèses soutenues. Cet écart entre inscriptions et soutenances est précisément l’expression statistique de l’abandon massif en humanités. À l’Université de Paris ou à Aix-Marseille Université, les rapports d’évaluation des écoles doctorales de SHS mentionnent régulièrement des cohortes dont moins de 60 % aboutissent à une soutenance dans les cinq ans.

    La répartition des thèses soutenues en 2023 confirme ce déséquilibre :

    • Sciences exactes : 7 269 soutenances (48 % du total)
    • Sciences du vivant : 3 576 (24 %)
    • Sciences sociales : 1 791 (12 %)
    • Lettres et humanités : 2 551 (17 %)

    Financement et abandon : une corrélation directe

    La variable la plus prédictive de l’abandon reste le financement. En sciences dures, 96 à 97 % des thèses bénéficient d’un contrat doctoral ou d’un financement équivalent (contrat doctoral MESR, ANR, CIFRE). En SHS, cette proportion descend à 38–50 % selon les disciplines. Un tiers des doctorants en lettres et humanités commencent leurs travaux sans aucun financement dédié.

    Le détail des sources de financement pour les primo-inscrits 2023 est le suivant :

    Source de financement Part des primo-inscrits 2023
    Contrat doctoral MESR 40,8 %
    Financement organisme de recherche 16,9 %
    Financement étranger (cotutelle, bourse pays d’origine) 10,6 %
    Convention CIFRE 9,9 %
    Salarié hors contrat doctoral 14,3 %
    Sans activité rémunérée connue 6,5 %

    Les 6,5 % déclarés sans activité rémunérée, auxquels s’ajoutent une part des 14,3 % de salariés en activité parallèle, constituent le noyau dur des doctorants à risque élevé d’abandon. En SHS spécifiquement, les contrats CIFRE représentent 28 % de l’ensemble des thèses — un chiffre en hausse, mais qui ne compense pas encore la sous-dotation globale du secteur.

    Pour approfondir les modalités de financement et les montants des contrats doctoraux en 2026, consultez notre analyse du financement des thèses de doctorat (contrat doctoral, ANR, CIFRE).

    Pourquoi l’abandon se concentre en phase de rédaction

    La phase de rédaction coïncide généralement avec la troisième — et parfois quatrième — année du doctorat. C’est précisément la fenêtre où plusieurs facteurs de risque se superposent :

    Témoignage « L’envie d’abandonner en doctorat !? » — chaîne Tim et sa thèse, sur les moments de découragement en phase de rédaction.
    1. Expiration du contrat doctoral : le financement prend fin à l’issue des trois ans, laissant le doctorant sans revenu juste au moment où la thèse n’est pas encore rédigée.
    2. Isolement croissant : la rédaction est un travail solitaire, moins structuré que les phases d’enquête ou de collecte de données. Les contacts avec le directeur de thèse s’espacent.
    3. Pression temporelle : la prolongation doit être demandée avant la 4e année et nécessite l’accord du chef d’établissement, du directeur de thèse et du comité de suivi — une procédure qui génère une charge administrative supplémentaire au pire moment.
    4. Contraintes professionnelles : selon les données Alliance Athéna, près de la moitié des doctorants en SHS exercent une activité salariée pendant la thèse. Cette double charge devient difficile à maintenir lors de la rédaction intensive.
    5. Facteurs affectifs : une thèse de doctorat soutenue à l’Université Paul-Valéry Montpellier (référencée sur theses.fr) sur 393 doctorants en lettres et SHS montre que les affects négatifs — anxiété, épuisement, sentiment d’échec — atteignent leur pic lors de la phase de rédaction, réduisant significativement l’intention de poursuivre.

    L’absence de jalons clairs aggrave la situation. Contrairement à la collecte de données ou aux analyses en laboratoire, la rédaction ne produit pas de résultats intermédiaires visibles, ce qui génère un sentiment chronique d’immobilisme difficile à surmonter. L’accompagnement méthodologique de la rédaction — plans détaillés, objectifs hebdomadaires, relecture itérative — est souvent cité comme le facteur de différenciation entre les doctorants qui soutiennent et ceux qui abandonnent.

    Durée des thèses et dépassements

    La durée de référence est de trois ans. En pratique, la répartition des thèses soutenues en 2023 selon la durée est la suivante :

    Durée de la thèse Part des soutenances 2023
    Moins de 40 mois (≈ 3,3 ans) 37,6 %
    40 à 52 mois (3,3–4,3 ans) 36,1 %
    52 à 72 mois (4,3–6 ans) 14,9 %
    Plus de 72 mois (plus de 6 ans) 11,4 %

    Ainsi, plus d’un quart des doctorants qui soutiennent dépassent les 52 mois. Les thèses en SHS affichent une durée moyenne de 4 ans, contre 3,5 ans pour les autres disciplines. Les doctorants actifs professionnellement allongent encore la durée moyenne d’environ 1,5 an. Cette prolongation de la phase de rédaction multiplie la probabilité d’abandon : chaque mois supplémentaire sans financement accroît la pression économique et la fatigue émotionnelle.

    La tendance est néanmoins positive : en 2023, 37,6 % des thèses ont été soutenues en moins de 40 mois, contre 34 % en 2022 — soit un gain de 3,6 points. Cette amélioration est principalement portée par les disciplines scientifiques bénéficiant d’un taux de financement proche de 100 %.

    Pour en savoir plus sur les chiffres clés de l’enseignement supérieur en France en 2026-2027, notamment les effectifs par niveau d’études, consultez notre analyse complète de la rentrée.

    Le rôle du Hcéres dans le suivi des abandons

    Le Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) évalue périodiquement chaque école doctorale française. Le taux d’abandon est systématiquement intégré comme indicateur de qualité : les écoles doctorales doivent déclarer le nombre de doctorants qui ont cessé leur thèse sans soutenir, identifier les causes (financières, relationnelles, professionnelles, santé) et mettre en place des dispositifs correctifs.

    Ces rapports d’évaluation sont publics et constituent la principale source d’information qualitative sur l’abandon doctoral au niveau institutionnel. Ils révèlent des disparités importantes entre établissements : une école doctorale bien dotée en contrats doctoraux et proposant un encadrement structuré peut afficher des taux d’abandon inférieurs à 10 %, là où une école doctorale en SHS sous-financée peut approcher les 35–40 %.

    L’arrêté du 25 mai 2016, qui réglemente la formation doctorale, impose par ailleurs la mise en place d’un comité de suivi individuel pour chaque doctorant. Ce comité, réuni au moins une fois par an, a pour mission explicite de détecter précocement les risques d’abandon — notamment lors de la phase de rédaction — et de proposer des solutions d’accompagnement. Son efficacité dépend toutefois largement des pratiques locales.

    Pour les futurs doctorants souhaitant comprendre l’admission, les écoles doctorales et le déroulé d’un doctorat de A à Z, consulter notre panorama de plus de 50 statistiques sur la réussite, la durée et l’abandon des travaux de recherche universitaires.

    FAQ

    Quel est le taux d’abandon en doctorat en France ?

    Le taux d’abandon moyen est d’environ 25 % au niveau national. Il varie fortement selon la discipline : environ 5 % en sciences exactes et jusqu’à 40 % en sciences humaines et sociales (SHS). Ces estimations sont issues des évaluations des écoles doctorales par le Hcéres et du rapport Alliance Athéna sur le doctorat en SHS.

    À quel moment du doctorat les abandons sont-ils les plus fréquents ?

    Les abandons se concentrent principalement lors de la phase de rédaction, généralement en 3e et 4e année. C’est le moment où le contrat doctoral arrive à terme, où l’isolement est maximal et où la pression économique devient insoutenable pour les doctorants non ou sous-financés.

    Quel est l’impact du financement sur le risque d’abandon ?

    L’impact est décisif. En sciences dures, 96 à 97 % des thèses sont financées et le taux d’abandon est de l’ordre de 5 %. En SHS, seulement 38 à 50 % des doctorants bénéficient d’un financement dédié, et le taux d’abandon peut atteindre 40 %. Le financement est le facteur prédictif le plus robuste de l’achèvement du doctorat.

    Combien de temps dure un doctorat en France en moyenne ?

    La durée de référence est de 3 ans. En pratique, selon les données MESR 2023, 37,6 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois et 36,1 % entre 40 et 52 mois. Les thèses en SHS durent en moyenne 4 ans, contre 3,5 ans dans les autres disciplines. Les doctorants actifs professionnellement allongent encore cette durée d’environ 1,5 an.

    Les doctorants sans financement abandonnent-ils plus souvent ?

    Oui, nettement. Le tiers des doctorants en SHS qui commencent sans financement présente un risque d’abandon très élevé. En l’absence de contrat doctoral, la contrainte économique pousse souvent à l’interruption pendant la phase de rédaction, quand la charge de travail est à son maximum et que la fin n’est pas encore en vue.

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2026 ?

    Selon les dernières données MESR disponibles (rentrée 2023), 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat en France, dont environ 44 % en lettres, sciences humaines et sociales. 16 500 nouveaux doctorants se sont inscrits en première année — soit une hausse de 4,6 % par rapport à l’année précédente.

    Comment le Hcéres évalue-t-il les abandons dans les écoles doctorales ?

    Le Hcéres intègre le taux d’abandon comme indicateur obligatoire dans ses rapports d’évaluation périodiques des écoles doctorales. Chaque établissement doit déclarer les causes des abandons et justifier les dispositifs d’accompagnement mis en place, notamment le comité de suivi individuel imposé par l’arrêté du 25 mai 2016. Ces rapports sont publics.

    Finir sa thèse malgré la pression de la rédaction

    La phase de rédaction est statistiquement la plus dangereuse du doctorat — mais elle est aussi la plus outillable. Des outils comme Tesify aident à structurer l’écriture académique, détecter les problèmes de cohérence et maintenir un rythme régulier de production, même sans encadrement quotidien. Pour les doctorants en fin de parcours, l’enjeu n’est plus la recherche mais l’écriture : pour bien préparer le terrain, consultez notre guide complet du doctorat en France (admission, financement, durée).

    Voir aussi : les statistiques de réussite des mémoires de master dans les universités françaises et les options de financement d’une thèse en 2026 pour anticiper les risques économiques avant de s’inscrire.

  • Doctorat en France 2026 : statistiques complètes sur les effectifs, le financement et les disciplines

    Doctorat en France 2026 : statistiques complètes sur les effectifs, le financement et les disciplines

    Doctorat en France 2026 : statistiques complètes sur les effectifs, le financement et les disciplines

    Le doctorat en France attire chaque année des dizaines de milliers d’étudiants prêts à consacrer trois à six ans à la recherche originale. Pourtant, les statistiques 2026 sur le doctorat français révèlent une réalité contrastée : des effectifs en baisse depuis une décennie, une part croissante de doctorants financés, une rémunération revalorisée à 2 300 € brut mensuel, et des disparités disciplinaires profondes. Comprendre ces données est essentiel pour tout étudiant envisageant cette voie d’excellence.

    À la rentrée 2023-2024, 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat dans les établissements français, selon l’enquête annuelle sur les écoles doctorales du MESR-SIES (Sous-Direction des Systèmes d’Information et des Études Statistiques). Ce chiffre marque une baisse de 1,5 % sur un an et de 11,2 % par rapport au pic de 2012-2013. Malgré cette tendance, le nombre de thèses soutenues a augmenté de 9,6 % en 2023 par rapport à 2022, signalant une amélioration du taux de complétion. Voici l’analyse complète.

    Résultat clé : En 2024, la France compte environ 69 600 doctorants inscrits (–11,2 % depuis 2012). 15 187 thèses ont été soutenues en 2023 (+9,6 %). 79,2 % des doctorants de première année bénéficient d’un financement, et la rémunération du contrat doctoral est fixée à 2 300 € brut/mois en 2026, soit +30 % en six ans.

    Effectifs des doctorants en France : tendance décennale

    Le nombre de doctorants inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur et de recherche français a atteint son maximum autour de 2012-2013 avant d’entamer une décroissance progressive. L’enquête du SIES publiée pour la rentrée 2023-2024 fait état de 69 639 doctorants inscrits, contre 70 700 l’année précédente (–1,5 %) et près de 78 000 en 2012-2013 (–11,2 %).

    Rentrée Doctorants inscrits Variation annuelle
    2012-2013 ~78 500
    2018-2019 ~73 000 –0,8 % (moy.)
    2021-2022 71 800 –0,5 %
    2022-2023 70 700 –1,5 %
    2023-2024 69 639 –1,5 %

    Cette baisse ne touche pas uniformément toutes les disciplines. Elle est particulièrement marquée en lettres et sciences humaines (–3,5 % sur la dernière année), tandis que les sciences exactes (–1,0 %), les sciences du vivant (–0,7 %) et les sciences de la société (–0,5 %) résistent mieux. Les inscriptions en première année de doctorat enregistraient au contraire une hausse de +4,6 % en 2023-2024 avec 16 500 nouveaux inscrits, signal encourageant sur l’attractivité du doctorat pour les nouvelles générations.

    Thèses soutenues : données 2023

    Le nombre de thèses soutenues constitue un indicateur clé du rendement du système doctoral. En 2023, 15 187 doctorats ont été délivrés en France, soit une hausse de +9,6 % par rapport aux 13 856 de 2022. Cette progression, la plus forte depuis plusieurs années, est partiellement attribuable au rattrapage post-Covid de cohortes qui avaient vu leurs soutenances retardées.

    Sur le long terme, le nombre annuel de thèses soutenues a progressé de +2,6 % depuis 2012, malgré la baisse des effectifs totaux inscrits. Cela traduit une amélioration du taux de complétion : davantage de doctorants arrivent au bout de leur thèse dans un délai raisonnable.

    Répartition par discipline

    Les données de l’enquête SIES 2023-2024 sur les inscriptions par grand domaine disciplinaire montrent la prédominance des sciences exactes et de l’ingénierie dans le système doctoral français :

    Domaine disciplinaire Doctorants inscrits Part des soutenances
    Sciences exactes et applications 26 332 48 %
    Sciences humaines et humanités 17 980 17 %
    Sciences du vivant 13 026 24 %
    Sciences de la société 12 301 12 %

    L’écart entre la part des inscrits et la part des soutenances en sciences humaines et humanités (26 % des inscrits mais seulement 17 % des soutenances) illustre un phénomène bien documenté : les thèses en SHS prennent plus de temps et enregistrent des taux d’abandon plus élevés. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les soutenances par rapport à leur poids en inscriptions, grâce à des financements plus systématiques et des délais plus courts.

    Financement des doctorants : types et proportions

    Le financement est l’une des questions centrales du doctorat. Depuis la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) de 2020, l’objectif affiché est de tendre vers 100 % de doctorants financés. En 2023-2024, parmi les doctorants de première année :

    • 79,2 % bénéficiaient d’un financement (contre environ 50 % vingt ans plus tôt)
    • 14,3 % déclaraient avoir un emploi sans financement doctoral spécifique
    • 6,5 % étaient sans aucune source de revenu déclarée
    Type de financement Part des 1ers-années financés
    Contrat doctoral MESR (université/école) 40,8 %
    Financement organisme de recherche (CNRS, INSERM…) 16,9 %
    Financement doctorants étrangers (bourses gouvernements) 10,6 %
    CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche) 9,9 %
    Allocations territoriales (régions, collectivités) 6,2 %
    Autres financements 15,5 %

    Le financement CIFRE mérite une attention particulière : il s’agit d’un dispositif tripartite entre l’entreprise, l’école doctorale et l’ANRT (Association Nationale de la Recherche et de la Technologie), permettant à un doctorant de mener ses travaux au sein d’une entreprise tout en étant salarié de celle-ci. En 2024, environ 1 700 nouvelles conventions CIFRE ont été signées, représentant un vivier de doctorants industriels particulièrement valorisés sur le marché de l’emploi.

    Rémunération du contrat doctoral en 2026

    L’une des évolutions majeures de la décennie est la revalorisation substantielle de la rémunération des doctorants sous contrat. En 2026, le contrat doctoral est rémunéré à 2 300 € brut mensuel, contre 1 769 € brut en 2020. Cette hausse de +30 % en six ans représente un effort significatif de l’État pour rendre le doctorat financièrement viable.

    Cette revalorisation résulte directement de la LPR, qui prévoyait une montée en charge progressive jusqu’à 2030. Les doctorants sous contrat bénéficient du statut de salarié : protection sociale, cotisations retraite, droit au chômage à l’issue du contrat. Le contrat doctoral standard dure 3 ans, avec possibilité de prolongation d’un an sous conditions.

    Hors contrat doctoral MESR, les doctorants CIFRE sont rémunérés directement par leur entreprise, avec un salaire brut minimum fixé à 2 200 € par mois en 2026. Les doctorants financés par des organismes de recherche (CNRS, CEA, INSERM…) bénéficient de conditions proches du contrat doctoral.

    Durée des thèses selon la discipline

    La durée de réalisation d’une thèse varie considérablement selon la discipline et le mode de financement. Les données du SIES montrent que :

    • Sciences exactes et ingénierie : durée médiane de 3,5 à 4 ans — les financements étant généralement limités à 3 ans avec possibilité d’extension, la pression à finir est forte
    • Sciences du vivant : durée médiane de 4 à 4,5 ans — les expériences biologiques et cliniques allongent souvent les délais
    • Sciences sociales et économiques : durée médiane de 4,5 à 5,5 ans
    • Lettres, langues, arts, philosophie : durée médiane de 6 à 8 ans, avec des thèses non financées pouvant s’étaler sur 10 à 15 ans

    Les thèses sans financement — souvent en SHS — présentent une durée médiane nettement supérieure, et un taux d’abandon estimé entre 30 et 40 %. Les thèses financées (contrat doctoral, CIFRE) affichent des taux de complétion largement supérieurs, autour de 80-85 %.

    Données de genre dans le doctorat français

    L’enseignement doctoral français a connu une féminisation progressive. Les femmes représentent aujourd’hui environ 48 % des doctorants inscrits, une parité quasi-atteinte qui masque néanmoins des disparités disciplinaires marquées :

    • Sciences humaines et sociales : majorité féminine, autour de 55-60 %
    • Sciences du vivant et biologie : parité atteinte, ~50 %
    • Sciences exactes et mathématiques : sous-représentation féminine, ~35 %
    • Informatique et ingénierie : minorité féminine, ~25-28 %

    La féminisation se réduit toutefois aux stades supérieurs de la carrière académique. Parmi les professeurs des universités (rang A), les femmes ne représentent que 27 % en 2024, illustrant un phénomène de « plafond de verre » persistant dans la recherche française.

    Les écoles doctorales en France

    La France compte environ 270 écoles doctorales accréditées par le MESR, regroupées dans des établissements ou des communautés d’universités et établissements (ComUE). Chaque école doctorale est rattachée à un ou plusieurs domaines disciplinaires et encadre des cohortes de doctorants.

    Les établissements qui forment le plus grand nombre de doctorants sont les universités Paris-Saclay, Sorbonne Université, Université de Paris (Paris Cité), Aix-Marseille Université, et l’Université Grenoble Alpes. Ces cinq établissements concentrent environ 30 % des doctorants inscrits en France. L’Université Paris-Saclay, qui regroupe plusieurs grandes écoles et instituts de recherche, est systématiquement en tête pour le nombre de doctorats délivrés annuellement.

    Méthodologie et sources

    Les données statistiques de cet article proviennent des sources officielles suivantes :

    • MESR-DGESIP/DGRI-SIES : enquête annuelle sur les écoles doctorales — données 2023-2024
    • data.gouv.fr : jeu de données « Effectifs des doctorants et docteurs des écoles doctorales, financements des doctorants et cotutelles »
    • ANRT : rapport annuel sur les conventions CIFRE 2024
    • Loi de Programmation de la Recherche (LPR) 2020 : objectifs de financement et revalorisation salariale
    • Étudiant.gouv.fr : informations sur le financement doctoral et les contrats
    • Publication EESR n°18 (MESR) : « Le doctorat et les docteurs »

    Tendances et enjeux du doctorat français en 2026

    1. La LPR et la montée en puissance du financement. La Loi de Programmation de la Recherche de 2020 avait fixé des objectifs ambitieux : atteindre 100 % de doctorants financés d’ici 2030 et revaloriser progressivement les rémunérations. En 2026, avec 79,2 % de premiers-années financés, la trajectoire est en bonne voie, mais l’objectif de 100 % reste exigeant, notamment en sciences humaines où les financements privés sont plus rares.

    2. Le budget MIRES 2026. La loi de finances pour 2026 alloue 31 milliards d’euros à la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur, en hausse de 725 millions par rapport à 2025. L’ANR (Agence Nationale de la Recherche) dépasse désormais le milliard d’euros de financement annuel, avec un taux de succès aux appels à projets visant 30 %. Ces financements alimentent les bourses doctorales des laboratoires.

    3. La concurrence internationale. La baisse des effectifs doctoraux français s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes, qui attirent des étudiants français de master (notamment en STEM) avec des packages doctoraux incluant frais de scolarité couverts et bourse d’environ 25 000-35 000 USD par an. La revalorisation du contrat doctoral à 2 300 € brut réduit cet écart, sans l’effacer entièrement.

    4. La valorisation des doctorants CIFRE. Le dispositif CIFRE connaît un regain d’intérêt avec la montée en puissance des départements R&D dans les entreprises françaises, notamment en intelligence artificielle, biotechnologie et matériaux. Les docteurs CIFRE affichent des taux d’insertion professionnelle supérieurs à la moyenne et des salaires d’embauche plus élevés.

    5. L’impact de l’IA sur la recherche doctorale. Des outils comme Tesify s’inscrivent dans la transformation numérique de la rédaction académique. Les doctorants utilisent de plus en plus l’IA pour la revue de littérature, la synthèse de corpus, la rédaction d’articles et la préparation de soutenance — tout en naviguant des politiques institutionnelles encore en cours d’élaboration.

    FAQ — Doctorat en France 2026

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2026 ?

    À la rentrée 2023-2024, 69 639 étudiants étaient inscrits en doctorat en France. Ce chiffre est en baisse de 1,5 % sur un an et de 11,2 % par rapport au pic de 2012-2013 (environ 78 500). En revanche, les nouvelles inscriptions en première année ont progressé de +4,6 % pour atteindre 16 500 en 2023-2024.

    Quel est le salaire d’un doctorant en France en 2026 ?

    Le contrat doctoral est rémunéré à 2 300 € brut mensuel en 2026, contre 1 769 € en 2020 (+30 % en six ans). Les doctorants CIFRE bénéficient d’un minimum de 2 200 € brut mensuel versé par l’entreprise d’accueil. Les docteurs sans contrat n’ont pas de rémunération garantie.

    Combien de thèses sont soutenues chaque année en France ?

    En 2023, 15 187 doctorats ont été délivrés en France, soit une hausse de +9,6 % par rapport à 2022. Ce niveau représente une progression de +2,6 % sur le long terme depuis 2012, malgré la baisse du nombre d’inscrits.

    Quelle proportion de doctorants est financée en France ?

    En 2023-2024, 79,2 % des doctorants inscrits en première année bénéficiaient d’un financement. Le principal type est le contrat doctoral MESR (40,8 %), suivi des financements d’organismes de recherche (16,9 %), des bourses pour doctorants étrangers (10,6 %), des CIFRE (9,9 %) et des allocations territoriales (6,2 %).

    Combien de temps dure une thèse de doctorat en France ?

    La durée varie selon la discipline. Les sciences exactes affichent une durée médiane de 3,5 à 4 ans, les sciences du vivant de 4 à 4,5 ans, les sciences sociales de 4,5 à 5,5 ans, et les lettres/humanités de 6 à 8 ans. Les thèses sans financement en SHS peuvent s’étendre sur 10 à 15 ans.

    Qu’est-ce qu’une thèse CIFRE ?

    La Convention Industrielle de Formation par la Recherche (CIFRE) est un dispositif permettant à un doctorant d’effectuer ses travaux de recherche au sein d’une entreprise, tout en étant salarié de celle-ci (minimum 2 200 € brut/mois). L’ANRT gère ce programme. Environ 1 700 nouvelles conventions CIFRE sont signées chaque année. Les docteurs CIFRE bénéficient d’un excellent taux d’insertion professionnelle dans le secteur privé.

    Dans quelle discipline y a-t-il le plus de doctorants en France ?

    Les sciences exactes et applications représentent la discipline la plus nombreuse avec 26 332 inscrits (données 2023-2024), suivies des sciences humaines et humanités (17 980), des sciences du vivant (13 026) et des sciences de la société (12 301). Les sciences exactes représentent aussi 48 % des thèses soutenues.

    Combien coûtent les droits d’inscription en doctorat en France ?

    Les droits d’inscription en doctorat dans une université publique française s’élèvent à 397 € par an pour les étudiants UE/EEE/Suisse, auxquels s’ajoute la CVEC de 105 €, soit un total minimal de 502 €. Les doctorants non-UE entrant pour la première fois paient 3 941 € dans les universités appliquant les droits différenciés. Les doctorants sous contrat doctoral bénéficient souvent d’une exonération ou d’une prise en charge de ces frais.

  • Statistiques Mon Master 2026 : 270 000 Candidats, Taux d’Acceptation et Filières les Plus Demandées

    Statistiques Mon Master 2026 : 270 000 Candidats, Taux d’Acceptation et Filières les Plus Demandées

    Statistiques Mon Master 2026 : 270 000 Candidats, Taux d’Acceptation et Filières les Plus Demandées

    La quatrième campagne Mon Master est historique. Avec 270 000 candidats inscrits en 2026 — une hausse de 8 % par rapport à 2025 — et 3 millions de candidatures au total, la plateforme nationale des masters confirme son rôle central dans l’accès à l’enseignement supérieur. Mais derrière ces chiffres record se cachent des réalités très contrastées : certaines filières reçoivent 10 candidatures pour 1 place, d’autres peinent à recruter.

    Ce guide compile les statistiques Mon Master 2026 les plus récentes et les plus exploitables pour vous aider à construire une stratégie de candidature réaliste. Données officielles du Ministère de l’Enseignement Supérieur, analyse des taux d’acceptation par domaine et conseils pratiques pour la phase principale comme la phase complémentaire Mon Master 2026.

    En bref : 270 000 candidats, 3 millions de candidatures, 71 % des candidats ont reçu au moins une proposition en 2025 (chiffres 2026 à venir). Droit, commerce, finance et psychologie sont les filières les plus sélectives. Les MEEF ont fortement baissé en 2026.

    Chiffres clés Mon Master 2026

    La plateforme Mon Master publie régulièrement des bilans sur les campagnes de candidature. Voici les données officielles disponibles en 2026 :

    Indicateur 2025 2026 Évolution
    Candidats inscrits ~250 000 270 000 +8 %
    Total candidatures 2,64 millions 3 millions +13,6 %
    Candidatures/candidat en moyenne ~10,5 ~11,1 Légère hausse
    Candidats avec ≥ 1 proposition (2025) 71 % En attente
    Note : Les données d’acceptation définitives de la campagne 2026 ne sont publiées qu’après la fin de la phase principale (mi-juin 2026). Les chiffres de taux d’acceptation ci-dessous s’appuient sur les données 2025 et les tendances observées en 2026.

    Filières les plus demandées et les plus sélectives

    Le nombre de candidatures ne reflète pas toujours le nombre de places disponibles. C’est le ratio candidatures/places qui détermine la sélectivité réelle :

    Filières les plus sélectives (ratio > 5 candidatures par place)

    • Droit des affaires / droit pénal / droit fiscal : les masters de droit les plus spécialisés reçoivent jusqu’à 15 candidatures par place dans les universités parisiennes.
    • Finance / finance de marché : nombre de places très limité, exigences mathématiques élevées. Ratio typique de 8 à 12 candidatures/place.
    • Commerce et gestion (management) : très demandé, surtout dans les IAE et grandes universités. Ratio de 5 à 10.
    • Psychologie clinique : formation réglementée, numerus clausus de fait dans la plupart des établissements.
    • Sciences politiques (Sciences Po Paris) : les masters research de Sciences Po Paris affichent des taux d’accès inférieurs à 15 %.

    Filières avec plus de places disponibles en 2026

    • MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation) : suite à la réforme des concours enseignants entrée en vigueur à la rentrée 2026 (recrutement désormais à bac+3), les MEEF ont subi une forte baisse de candidatures. Des places sont disponibles.
    • Masters en sciences humaines et sociales peu professionnalisants : certaines spécialités en lettres, philosophie, géographie théorique ont plus de places que de candidats.
    • Masters en alternance dans les IAE : les masters en alternance sont souvent moins saturés car l’étudiant doit trouver son propre contrat d’apprentissage.

    Taux d’acceptation par domaine : données de référence

    Les taux d’accès affichés sur chaque fiche de formation Mon Master indiquent le pourcentage de candidats ayant reçu une proposition l’année précédente. Ces données sont des indicateurs, pas des garanties :

    Domaine Taux d’accès indicatif Tension
    Droit des affaires / fiscal (Paris) < 10 % Très élevée
    Finance / banque (Île-de-France) 10 – 15 % Très élevée
    Commerce / marketing (IAE top) 15 – 25 % Élevée
    Sciences politiques / RI 15 – 30 % Élevée
    Psychologie clinique 15 – 25 % Élevée
    Informatique / data science 25 – 40 % Modérée
    MEEF (toutes spécialités) 50 – 80 % Faible
    Lettres / philosophie (province) 50 – 90 % Faible

    Tendances 2026 : MEEF, alternance et nouvelles dynamiques

    La chute des MEEF

    La réforme des concours enseignants, qui entre en vigueur à la rentrée 2026 avec un recrutement à bac+3 (et non plus bac+5), a profondément modifié la donne. Les MEEF perdent leur fonction de préparation au concours. Les candidatures ont chuté et les capacités d’admission s’ajustent. Pour les étudiants qui souhaitent enseigner, le parcours est désormais différent : concours à bac+3 puis formation professionnelle en emploi.

    L’essor des masters en alternance

    Face à la pression sur les places et au coût de la vie étudiante, les masters en alternance (apprentissage) gagnent en attractivité. En 2026, ils représentent une proportion croissante des admissions. L’avantage : rémunération pendant les études, insertion directe à la sortie, et parfois moins de concurrence à l’admission car l’étudiant doit trouver son entreprise d’accueil.

    La régionalisation des candidatures

    Les données 2026 confirment une tendance de fond : les candidats se concentrent de plus en plus sur les masters de leur région d’origine. Les universités parisiennes restent très demandées, mais les IAE de province (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes) gagnent en attractivité grâce à leur réseau alumni régional et leur taux d’insertion locaux. Comparativement, en Italie, le MUR publie des données équivalentes sur les immatriculations par région — avec une concentration similaire sur les grands pôles universitaires : voir les données MUR 2026 sur les universités italiennes. Les données par faculté montrent par ailleurs qu’un étudiant hors délai (fuoricorso) représente une réalité bien documentée : l’analyse des percentuali di fuoricorso per ateneo e facoltà en Italie en 2026 offre un éclairage comparatif utile.

    Stratégie de candidature selon les statistiques Mon Master 2026

    Ces statistiques ne sont utiles que si elles alimentent une vraie stratégie. Voici comment les utiliser :

    1. Calibrez votre liste en fonction des taux d’accès : sur 15 candidatures, visez 3-4 formations accessibles (taux > 40 %), 6-7 formations cohérentes (taux 15-40 %) et 3-4 formations ambitieuses (taux < 15 %).
    2. Diversifiez géographiquement : les mêmes masters dans des villes moins demandées (Lille, Strasbourg, Montpellier) peuvent avoir des taux d’accès deux fois plus élevés qu’à Paris.
    3. Consultez le calendrier : retrouvez toutes les dates dans le calendrier Mon Master 2026 imprimable pour ne manquer aucune échéance.
    4. Préparez votre mémoire en avance : quel que soit le master où vous serez admis, commencez à réfléchir à votre sujet. Un plan de mémoire structuré dès l’été vous donnera une longueur d’avance.
    5. Surveillez les chiffres MESR : les bilans officiels de la campagne sont publiés sur le site du Ministère et sur les données de rentrée 2026-2027. Ces publications enrichissent vos analyses filière par filière.

    FAQ

    Combien de candidatures maximum peut-on déposer sur Mon Master 2026 ?

    Il n’y a pas de limite stricte au nombre de candidatures sur Mon Master, mais il est conseillé de se concentrer sur 10 à 15 formations cohérentes avec votre projet professionnel. Candidater à 30 formations différentes dilue votre énergie et la qualité de vos dossiers. La plateforme enregistre toutes vos candidatures mais vous incite à les hiérarchiser par ordre de préférence.

    Les chiffres Mon Master 2026 sont-ils fiables pour estimer ses chances ?

    Les taux d’accès affichés sur Mon Master sont des indicateurs historiques (campagne précédente), pas des garanties. Ils varient d’une année à l’autre selon le nombre de places ouvertes, le profil des candidats et les politiques des établissements. Ils restent le meilleur signal disponible, mais doivent être interprétés avec votre profil spécifique (mentions, expériences, lettre de motivation).

    Quelle filière offre le meilleur taux d’insertion professionnelle après un master ?

    Les masters en informatique, data science, finance et ingénierie affichent les meilleurs taux d’insertion à 6 mois (85-95 %). Les masters en droit et commerce offrent des taux similaires dans les meilleures universités. Les masters en lettres et sciences humaines ont des taux plus faibles mais très dépendants de la spécialisation et du réseau de l’établissement.

    Y a-t-il moins de places sur Mon Master en 2026 qu’en 2025 ?

    Selon les données disponibles en 2026, il y a globalement moins de places disponibles dans certaines filières, notamment suite aux réformes MEEF et aux restrictions budgétaires des universités. En revanche, les masters en alternance ont vu leurs capacités augmenter. La concurrence reste forte dans les filières les plus sélectives.