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  • Annuaire 2026 : chaque condition statistique et son plan de secours

    Annuaire 2026 : chaque condition statistique et son plan de secours

    Il est tard, SPSS vient de vous rendre un test de conditions significatif, et vous cherchez une seule information : qu’est-ce que je fais maintenant ?

    Cette page est faite pour ça. Elle réunit les onze conditions d’application qu’un mémoire quantitatif rencontre réellement, et pour chacune : comment on la diagnostique, quel seuil s’applique, ce qu’on fait quand elle échoue, et où lire le détail.

    Un principe la traverse. Une condition violée n’invalide presque jamais un mémoire. Chacune a une correction ou une alternative documentée. Ce qu’un jury sanctionne, ce n’est pas une condition non respectée — c’est une condition non testée, ou testée puis ignorée.

    Le tableau de correspondance

    Condition Diagnostic Seuil Plan de secours
    Normalité (2 groupes) Shapiro-Wilk + Q-Q plot p < 0,05 Mann-Whitney, ou test t si n > 30
    Normalité (3 groupes et +) Shapiro-Wilk par groupe p < 0,05 Kruskal-Wallis
    Normalité des résidus (régression) Q-Q plot des résidus Écart visuel net Bootstrap des IC
    Variances égales (2 groupes) Levene p < 0,05 Ligne « variances inégales » (Welch)
    Variances égales (3 groupes et +) Levene p < 0,05 ANOVA de Welch + Games-Howell
    Sphéricité (mesures répétées) Mauchly + epsilon p < 0,05 Greenhouse-Geisser ou Huynh-Feldt
    Homoscédasticité (régression) Nuage résidus × prédites Forme d’entonnoir Transformation log, ou erreurs standard robustes
    Multicolinéarité VIF et tolérance VIF > 10 (alerte dès 5) Retirer, combiner, ou assumer
    Indépendance des résidus Durbin-Watson Hors 1,5-2,5 Modèle multiniveau ou mesures répétées
    Linéarité Nuage résidus × prédites Courbure visible Terme quadratique, transformation, découpage en classes
    Absence de points influents Distance de Cook > 1 Analyse de sensibilité avec et sans
    Chaque condition d'application reliée à sa solution de repli
    À chaque condition correspond une route de repli identifiée. Aucune ne mène à l’abandon du modèle.

    Les conditions, une par une

    1 et 2. La normalité

    C’est la condition la plus testée et la plus mal comprise. Trois choses à savoir. D’abord, en régression, elle porte sur les résidus, pas sur vos variables brutes — tester la normalité de la variable dépendante ne renseigne pas sur la validité du modèle. Ensuite, au-delà d’une trentaine d’observations par groupe, le théorème central limite rend les tests paramétriques très robustes à un écart modéré. Enfin, le test de Shapiro-Wilk souffre du défaut de tous les tests de conditions : il ne détecte rien sur petit échantillon et devient significatif pour un rien sur grand échantillon.

    Regardez donc toujours le Q-Q plot à côté du test. Détail complet dans notre article sur le test de Shapiro-Wilk et l’interprétation de la normalité.

    Replis : pour deux groupes indépendants, Mann-Whitney ; pour deux mesures appariées, le test de Wilcoxon ; pour plusieurs mesures répétées, le test de Friedman.

    4 et 5. L’homogénéité des variances

    Le test de Levene répond à une question — les groupes sont-ils également dispersés ? — et à une seule. Il ne dit rien de la normalité, et c’est la source de l’erreur la plus répandue : basculer vers un test non paramétrique parce que Levene est significatif.

    La bonne réponse est paramétrique. Pour deux groupes, c’est la ligne « variances inégales » du tableau du test t, c’est-à-dire la correction de Welch. Pour trois groupes ou plus, c’est l’ANOVA de Welch, assortie du post-hoc de Games-Howell — un enchaînement détaillé dans notre article sur les variances inégales entre Welch, Games-Howell et Kruskal-Wallis.

    Nuance utile : l’ANOVA reste raisonnablement robuste à l’hétérogénéité quand les effectifs sont équilibrés. Le scénario dangereux est celui du petit groupe très dispersé face au grand groupe homogène.

    6. La sphéricité

    Elle ne concerne que les plans à mesures répétées comportant au moins trois niveaux — avec deux mesures, elle est vérifiée par construction et SPSS n’affiche aucun test. Le test de Mauchly l’évalue, mais les colonnes epsilon situées à sa droite sont plus informatives, car elles mesurent l’ampleur de l’écart.

    Le repli est intégré : SPSS calcule d’office les lignes Greenhouse-Geisser et Huynh-Feldt. Règle usuelle : epsilon inférieur à 0,75 → Greenhouse-Geisser ; au-dessus → Huynh-Feldt. Procédure complète dans notre guide de l’ANOVA à mesures répétées.

    7, 8, 9, 10 et 11. Les conditions de la régression

    La régression en concentre cinq à elle seule, plus le diagnostic des points influents. Deux d’entre elles se lisent sur le même graphique — le nuage des résidus standardisés en fonction des valeurs prédites : une courbure signale un problème de linéarité, une forme d’entonnoir un problème d’homoscédasticité. Les autres se lisent dans les tableaux : Durbin-Watson pour l’indépendance, VIF et tolérance pour la multicolinéarité.

    Le détail de la procédure et des cinq replis se trouve dans notre guide de la régression linéaire multiple sous SPSS, et la multicolinéarité — celle qui produit les contresens les plus coûteux — a son article dédié : multicolinéarité et VIF. Pour un modèle à variable dépendante binaire, les conditions changent : voyez la régression logistique binaire.

    Les conditions qui ne se testent pas

    Trois conditions décisives ne produisent aucune p-value, et ce sont souvent celles qui coûtent le plus cher.

    La nature de vos variables. Continue, ordinale, nominale ? Aucun logiciel ne vous arrêtera si vous calculez une moyenne sur une variable nominale codée 1, 2, 3. Le cas limite le plus fréquent concerne les échelles de Likert : un item unique est ordinal, un score composite d’échelle est traité comme continu.

    L’indépendance des observations. Elle relève du design, pas du calcul. Si vous avez interrogé trente élèves dans chacune de cinq classes, vos observations ne sont pas indépendantes, quelle que soit la valeur de Durbin-Watson.

    La puissance. Une condition respectée sur vingt participants ne rachète pas un échantillon trop petit pour détecter l’effet attendu. Le calcul de taille d’échantillon avec G*Power se fait avant la collecte, jamais après.

    À cela s’ajoute une condition invisible : la complétude. La suppression listwise par défaut peut réduire silencieusement votre N d’un tiers — voyez notre article sur les données manquantes.

    Le paragraphe de contrôle des conditions à écrire dans le mémoire
    Dix lignes en début de section résultats suffisent — et elles manquent dans la majorité des mémoires.

    Le paragraphe à écrire

    Toutes ces vérifications tiennent en un paragraphe placé en tête de votre section résultats, avant le premier test commenté. Sa structure :

    1. Les conditions testées et l’instrument utilisé pour chacune.
    2. Les valeurs obtenues, avec les statistiques et les seuils.
    3. Pour chaque condition violée : la correction retenue et sa justification.
    4. Le cas échéant, l’analyse de sensibilité qui montre que les conclusions tiennent.

    Modèle : « Les conditions d’application ont été vérifiées avant analyse. La normalité des distributions, examinée par le test de Shapiro-Wilk et les diagrammes Q-Q, est satisfaite dans les trois groupes (p > 0,05). Le test de Levene indique en revanche une hétérogénéité des variances, F(2, 117) = 5,08, p = 0,008 ; l’ANOVA de Welch et le post-hoc de Games-Howell ont donc été retenus, conformément à la règle annoncée en méthodologie. Deux observations présentant une distance de Cook supérieure à 1, les analyses ont été réétablies sans elles : les conclusions demeurent inchangées. »

    Cinq phrases. Elles répondent par avance à la première question du jury, et elles montrent que vous savez ce que vous faites.

    La règle d’or : annoncer avant, exécuter après

    Un principe rend tout le reste défendable : vos règles de décision s’écrivent dans la méthodologie, avant d’avoir vu les résultats. Le seuil de VIF que vous retenez, la correction de sphéricité que vous appliquerez, le pourcentage de données manquantes au-delà duquel vous imputez — tout cela s’annonce en amont.

    Choisir la correction après coup en fonction de celle qui rend l’effet significatif porte un nom, et un jury le reconnaît immédiatement. Annoncer d’abord coûte trois phrases et vous protège entièrement, y compris — et surtout — quand les résultats ne vont pas dans le sens espéré. Sur la lecture du seuil lui-même, voyez notre article sur la p-value et le seuil de significativité, et n’oubliez pas de rapporter la taille d’effet adaptée à chaque test.

    Pour aller plus loin dans chaque famille de tests

    Écrire la méthodologie qui tient ces promesses

    Le travail réel n’est pas de cocher onze cases : c’est de tenir, sur cent pages, une cohérence entre la règle annoncée au chapitre 3 et le résultat commenté au chapitre 4, avec le même vocabulaire et les mêmes seuils.

    Tesify vous aide précisément là : structurer votre méthodologie, y inscrire vos règles de décision, et rédiger les justifications à partir de vos propres choix d’analyse — sans dérive de terminologie d’un chapitre à l’autre. Vos données et vos arbitrages restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Structurer votre mémoire avec Tesify

    Questions fréquentes

    Faut-il tester toutes les conditions d’application ?

    Vous devez tester celles du test que vous employez, et les rapporter — pas les onze systématiquement. Un test t n’exige pas de vérifier la sphéricité. En revanche, ne rapporter aucune vérification est un signal négatif fort : un jury sanctionne beaucoup plus une condition non testée qu’une condition violée et assumée, parce que la première laisse penser que le résultat n’a jamais été contrôlé.

    Une condition violée invalide-t-elle mon mémoire ?

    Presque jamais. Chacune des conditions de ce tableau dispose d’une correction ou d’une alternative documentée, et la plupart tiennent en une case à cocher. Une condition violée est une bifurcation méthodologique que vous documentez, pas un échec. Ce qui pose problème, c’est de constater la violation et de rapporter quand même le test non corrigé.

    Dans quel ordre vérifier les conditions ?

    Avant de commenter le moindre résultat — c’est le point essentiel. L’ordre pratique : nature des variables, indépendance des observations, normalité, homogénéité des variances, puis les conditions propres au modèle (sphéricité, multicolinéarité, linéarité). Lire un tableau dans le mauvais ordre conduit à s’étonner d’un résultat dont l’explication figurait deux colonnes plus loin.

    Les tests de conditions sont-ils fiables ?

    Ils partagent tous la même faiblesse : ils manquent de puissance sur les petits échantillons — où la violation ne sera pas détectée — et deviennent significatifs pour des écarts triviaux sur les grands. Complétez-les donc systématiquement par un examen graphique et par l’ampleur de l’écart observé. Un Levene significatif accompagné d’un rapport de variances de 1,3 ne dit pas la même chose qu’un rapport de 9.

    Mon logiciel n’a pas l’option dont j’ai besoin : que faire ?

    C’est fréquent, en particulier pour les modules SPSS complémentaires absents de certaines licences universitaires. Trois voies : vérifier si l’option existe ailleurs dans le logiciel (l’ANOVA de Welch n’est pas dans le Modèle linéaire général mais bien dans l’ANOVA à un facteur), passer par un logiciel gratuit qui la propose, ou choisir une alternative disponible en le justifiant. Dans tous les cas, indiquez la version et le logiciel utilisés dans votre méthodologie.

  • ANOVA à mesures répétées sous SPSS : Mauchly, sphéricité et corrections (2026)

    ANOVA à mesures répétées sous SPSS : Mauchly, sphéricité et corrections (2026)

    Votre design est le plus courant des mémoires expérimentaux : vous mesurez le même groupe à plusieurs reprises. Avant l’intervention, juste après, trois mois plus tard. Ou sur trois conditions que chaque participant a traversées.

    Vous lancez l’ANOVA à mesures répétées sous SPSS, et le logiciel vous rend un tableau que vous n’attendiez pas : Test de sphéricité de Mauchly, avec un p à 0,003. Puis, juste en dessous, un tableau des effets intra-sujets qui vous propose quatre lignes différentes pour le même effet — et quatre valeurs de p.

    La question devient : laquelle est la vôtre ? C’est exactement ce que cet article résout.

    Pourquoi ce test existe, et ce que « sphéricité » veut dire

    Quand vous comparez des groupes indépendants, l’hypothèse à vérifier est l’égalité des variances entre groupes. Quand vous comparez des mesures répétées sur les mêmes individus, la question change de nature : vos mesures ne sont plus indépendantes, puisqu’un participant qui score haut au temps 1 scorera probablement haut au temps 2.

    La sphéricité est la condition qui remplace l’homogénéité des variances dans ce contexte. Elle exige que les variances des différences entre chaque paire de mesures soient égales.

    Prenez trois temps de mesure. Il existe trois différences possibles : T1−T2, T1−T3 et T2−T3. La sphéricité demande que ces trois différences soient aussi dispersées les unes que les autres. Or c’est souvent faux dans un design longitudinal, et pour une raison très intuitive : deux mesures rapprochées dans le temps se ressemblent beaucoup plus que deux mesures éloignées. La variance de T1−T2 est alors petite, celle de T1−T3 nettement plus grande, et la sphéricité tombe.

    Ce que ça change concrètement : si la sphéricité est violée et que vous lisez quand même la ligne non corrigée, votre test F est trop libéral. Il produit des p-values artificiellement basses, et vous risquez de conclure à un effet qui n’existe pas.

    Trajectoires individuelles sur trois temps de mesure
    Chaque participant est sa propre référence. C’est la force du design — et la raison pour laquelle il a sa condition d’application à lui.

    La procédure sous SPSS, étape par étape

    Premier obstacle : le format des données. En mesures répétées, chaque temps de mesure est une colonne séparée, et chaque participant occupe une seule ligne. C’est le format « large ». Si vos données sont empilées en format long — une ligne par mesure — vous devez les restructurer avant toute chose (Données → Restructurer).

    1. Analyse → Modèle linéaire général → Mesures répétées.
    2. Dans la première boîte, nommez votre facteur intra-sujets (par exemple temps) et indiquez son nombre de niveaux (3). Cliquez Ajouter, puis Définir.
    3. Faites correspondre vos colonnes aux niveaux, dans le bon ordre : la variable du temps 1 sur le niveau 1, et ainsi de suite. C’est l’erreur de manipulation la plus fréquente, et elle produit silencieusement des résultats faux.
    4. Bouton Options (ou Moyennes marginales estimées selon votre version) : déplacez votre facteur dans la zone d’affichage des moyennes, cochez Comparer les effets principaux et choisissez l’ajustement Bonferroni. Cochez aussi Statistiques descriptives et Estimations de la taille d’effet.
    5. Bouton Graphiques : placez le facteur en abscisse pour obtenir le profil des moyennes. C’est la figure que vous mettrez dans le mémoire.

    Avant de lancer, un mot sur l’effectif. Un design à mesures répétées est plus puissant qu’un design à groupes indépendants, parce que chaque participant sert de témoin à lui-même et que la variabilité interindividuelle est neutralisée. Vous avez donc besoin de moins de participants — mais « moins » n’est pas « peu ». La procédure G*Power couvre ce cas précis via la famille Repeated measures, within factors, où la corrélation entre mesures est un paramètre d’entrée décisif.

    Lire le tableau de Mauchly

    SPSS produit un tableau Test de sphéricité de Mauchly qui contient deux informations utiles.

    La colonne Sig. C’est le test lui-même. Ici, contrairement à la logique habituelle, un résultat non significatif est la bonne nouvelle : p > 0,05 signifie que la sphéricité est respectée et que vous pouvez lire la ligne non corrigée.

    Les colonnes epsilon. À droite, SPSS affiche Greenhouse-Geisser et Huynh-Feldt. Ce sont des estimations du paramètre epsilon (ε), qui mesure l’ampleur de l’écart à la sphéricité. Un ε de 1 correspond à une sphéricité parfaite ; plus il descend, plus la violation est sévère. Ces valeurs sont plus informatives que le test lui-même, et voici pourquoi.

    Le test de Mauchly a une faiblesse bien documentée : il dépend fortement de l’effectif. Sur un petit échantillon, il manque de puissance et ne détecte pas une violation réelle ; sur un grand échantillon, il devient significatif pour un écart trivial. Ne lui faites donc pas aveuglément confiance. Beaucoup de méthodologues recommandent aujourd’hui d’appliquer systématiquement une correction dès que le facteur compte plus de deux niveaux, sans même consulter Mauchly. C’est une position défendable et facile à justifier devant un jury : la correction n’est pénalisante que si la sphéricité était respectée, auquel cas ε vaut environ 1 et la correction ne change presque rien.

    Correction appliquée aux degrés de liberté lorsque la sphéricité est violée
    La correction ne touche pas au F. Elle resserre les degrés de liberté, ce qui rend le test plus exigeant.

    Greenhouse-Geisser ou Huynh-Feldt : la règle de décision

    Le tableau Tests des effets intra-sujets vous propose quatre lignes : Sphéricité supposée, Greenhouse-Geisser, Huynh-Feldt et Borne inférieure. Le F est identique sur les quatre. Ce qui change, ce sont les degrés de liberté : chaque correction les multiplie par son epsilon, ce qui les réduit et rend le test plus conservateur.

    La règle de décision généralement enseignée s’appuie sur l’epsilon de Greenhouse-Geisser :

    • Mauchly non significatif (p > 0,05) → lisez Sphéricité supposée.
    • Mauchly significatif et ε < 0,75 → la violation est marquée : retenez Greenhouse-Geisser, la correction la plus prudente.
    • Mauchly significatif et ε > 0,75 → la violation est modérée : Huynh-Feldt est moins conservateur et préserve mieux votre puissance statistique.

    La ligne Borne inférieure correspond au scénario le plus défavorable possible ; elle est trop pénalisante pour un usage courant et ne se rapporte pas dans un mémoire.

    Comme pour tout seuil conventionnel, annoncez la règle que vous appliquez dans votre section méthodologie, avant d’avoir vu vos résultats. Choisir la correction après coup en fonction de celle qui rend l’effet significatif est une pratique qui se voit immédiatement.

    Si l’effet est significatif : les comparaisons par paires

    L’ANOVA vous dit qu’au moins deux temps de mesure diffèrent, pas lesquels. C’est le tableau des Comparaisons par paires, produit par l’option Bonferroni cochée plus haut, qui répond. L’ajustement de Bonferroni est indispensable : avec trois temps, vous faites trois comparaisons, et sans correction votre risque d’erreur de première espèce grimpe bien au-delà de 5 %.

    Rapportez aussi l’eta carré partiel (η²p), que l’option de taille d’effet a fait apparaître. Les repères conventionnels pour cet indice sont 0,01 (petit), 0,06 (moyen) et 0,14 (grand).

    Et si la normalité pose aussi problème ?

    La sphéricité n’est pas la seule condition. L’ANOVA à mesures répétées suppose également une distribution normale des variables à chaque niveau du facteur — même si, comme pour toute ANOVA, elle est raisonnablement robuste à des écarts modérés dès que l’effectif dépasse la trentaine. Notre article sur le test de Shapiro-Wilk et l’interprétation de la normalité détaille ce diagnostic.

    Si la non-normalité est franche, ou si votre variable est ordinale, ou si votre effectif est vraiment petit, le repli existe et il est propre : le test de Friedman, équivalent non paramétrique de l’ANOVA à mesures répétées. Vous perdez un peu de puissance et vous ne pouvez plus tester d’interaction, mais le test ne suppose plus ni normalité ni sphéricité. Pour deux mesures seulement, l’équivalent est le test de Wilcoxon pour échantillons appariés.

    Rédiger le résultat dans le mémoire

    Sphéricité respectée : « Le test de sphéricité de Mauchly n’est pas significatif, χ²(2) = 2,41, p = 0,300 ; l’hypothèse de sphéricité est donc retenue. L’ANOVA à mesures répétées révèle un effet significatif du temps sur le score d’anxiété, F(2, 88) = 14,62, p < 0,001, η²p = 0,25. »

    Sphéricité violée, correction appliquée : « Le test de Mauchly indique une violation de l’hypothèse de sphéricité, χ²(2) = 11,84, p = 0,003 ; l’epsilon de Greenhouse-Geisser étant de 0,81, la correction de Huynh-Feldt a été appliquée conformément à la règle annoncée. L’effet du temps demeure significatif, F(1,74 ; 76,56) = 9,31, p < 0,001, η²p = 0,17. »

    Comparaisons par paires : « Les comparaisons par paires ajustées selon Bonferroni montrent une baisse significative entre T1 et T2 (différence moyenne = 4,12 ; p < 0,001) et entre T1 et T3 (différence moyenne = 5,08 ; p < 0,001), tandis que l’écart entre T2 et T3 n’atteint pas le seuil (p = 0,214). L’effet apparaît donc immédiatement après l’intervention et se maintient à trois mois sans progression supplémentaire. »

    Remarquez les degrés de liberté décimaux dans le deuxième exemple : F(1,74 ; 76,56). Ce ne sont pas des coquilles. Ce sont les degrés de liberté d’origine (2 et 88) multipliés par epsilon, et leur présence est précisément ce qui prouve à votre lecteur que la correction a bien été appliquée.

    Les erreurs qui coûtent cher

    • Lire la ligne « Sphéricité supposée » sans regarder Mauchly. L’erreur la plus fréquente, et elle gonfle votre taux de faux positifs.
    • Assigner les colonnes dans le désordre lors de la définition des niveaux. SPSS ne proteste pas ; les résultats sont simplement faux.
    • Traiter un design à mesures répétées comme des groupes indépendants. Comparer T1 et T2 avec un test t pour échantillons indépendants jette l’appariement à la poubelle et ruine la puissance du design. Sur le choix du plan lui-même, voyez notre guide du design expérimental.
    • Oublier l’ajustement des comparaisons multiples. Trois tests t successifs sans correction, ce n’est plus un test à 5 %.
    • Ignorer l’attrition. SPSS exclut par défaut tout participant ayant une donnée manquante à un seul temps de mesure. Un participant absent au suivi disparaît entièrement de l’analyse — vérifiez votre N effectif dans le tableau des descriptives, il est souvent plus bas que vous ne le croyez.

    Transformer ces sorties en chapitre résultats

    L’analyse prend dix minutes. Ce qui prend des jours, c’est d’en faire un texte : annoncer la règle de décision en méthodologie, la respecter en résultats, articuler l’effet principal avec les comparaisons par paires, et discuter ce que le maintien à trois mois signifie pour votre question de recherche.

    Tesify travaille avec vous sur cette partie-là : organiser le chapitre, tenir une terminologie constante d’un bout à l’autre du mémoire, et rédiger les passages de justification à partir de vos propres choix d’analyse. Vos données restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre chapitre résultats avec Tesify

    Questions fréquentes

    Mon test de Mauchly est significatif : mon analyse est-elle invalide ?

    Non, pas du tout. Une sphéricité violée ne remet pas en cause votre design ni votre analyse : elle vous impose seulement de lire une ligne corrigée plutôt que la ligne Sphéricité supposée. SPSS a déjà calculé ces corrections dans le même tableau. C’est une bifurcation de lecture, pas un échec.

    Greenhouse-Geisser ou Huynh-Feldt : lequel choisir ?

    La règle usuelle s’appuie sur l’epsilon de Greenhouse-Geisser : en dessous de 0,75, retenez Greenhouse-Geisser, plus conservateur ; au-dessus, Huynh-Feldt préserve mieux votre puissance. Si vous préférez une position simple et défendable, appliquez systématiquement Greenhouse-Geisser dès que le facteur a plus de deux niveaux : vous ne serez jamais critiqué pour excès de prudence.

    Pourquoi SPSS n’affiche-t-il aucun test de Mauchly ?

    Parce que votre facteur intra-sujets n’a que deux niveaux. Avec deux mesures, il n’existe qu’une seule différence possible, donc une seule variance de différence, et la sphéricité est vérifiée par construction. Aucune correction n’a de sens, et SPSS le signale d’ailleurs par une note sous le tableau.

    Puis-je écrire des degrés de liberté décimaux ?

    Oui, et c’est même le signe d’un résultat correctement corrigé. La correction multiplie les degrés de liberté par epsilon, ce qui donne des valeurs non entières comme F(1,62 ; 71,28). Rapportez-les telles quelles, arrondies à deux décimales, avec la virgule décimale française et un point-virgule pour séparer les deux degrés de liberté.

    Quelle différence avec une ANOVA factorielle classique ?

    La différence tient à l’indépendance des observations. L’ANOVA factorielle compare des groupes distincts de participants ; l’ANOVA à mesures répétées compare des mesures prises sur les mêmes participants. Les deux se combinent d’ailleurs très bien dans un plan mixte — un facteur inter-sujets (groupe témoin contre groupe expérimental) croisé avec un facteur intra-sujets (avant contre après) —, qui est le plan d’évaluation d’intervention le plus courant en mémoire.