Vers l’égalité femmes-hommes dans l’enseignement supérieur français 2026 : les chiffres clés par discipline
La dixième édition du rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, publiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) en mars 2026, confirme une tendance de fond : les femmes sont majoritaires parmi les étudiants diplômés, mais restent structurellement sous-représentées aux postes de rang A de la recherche, dans les disciplines scientifiques et dans les instances de gouvernance. L’égalité femmes hommes enseignement supérieur France statistiques 2026 révèle des progrès réels sur vingt-cinq ans, et des plafonds de verre persistants à tous les niveaux de la hiérarchie académique.
Ce panorama compile les données officielles du MESR-SIES, de l’INPI et des publications statistiques du système éducatif pour dresser un état des lieux rigoureux : effectifs étudiants par formation, corps enseignant par discipline et grade, doctorat, gouvernance des établissements et innovation brevetée. Chaque chiffre est issu de sources publiquement vérifiables. Pour une lecture complémentaire des tendances de long terme, voir aussi notre analyse de la féminisation de l’enseignement supérieur en France 2026.
Étudiantes par filière : les grandes asymétries
La première fracture statistique se lit dès l’entrée dans l’enseignement supérieur. Les femmes constituent, à l’échelle nationale, une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur : parmi les jeunes sortant de formation initiale, 57 % des femmes ont obtenu un diplôme du supérieur contre 47 % des hommes (MESR-SIES, moyenne 2020-2022). Cette avance globale masque des disparités disciplinaires considérables.
Tableau 1 — Part des femmes parmi les étudiants par filière, 2023-2024
| Filière / formation | Part des femmes | Source |
|---|---|---|
| Formations paramédicales et sociales | 83,7 % | MESR-SIES 2024 |
| Lettres, sciences humaines (université) | 70,9 % | MESR-SIES 2024 |
| Médecine, odontologie, pharmacie | 67,2 % | MESR-SIES 2024 |
| CPGE (classes préparatoires) | 40,2 % | MESR-SIES 2025 |
| BUT (bachelor universitaire de technologie) | 40,3 % | MESR-SIES 2024 |
| Formations d’ingénieurs | 29,8 % | MESR-SIES 2024 |
| BUT production, dont informatique | 22,1 % | MESR-SIES 2024 |
Les CPGE illustrent un paradoxe structurel : bien que 46 % des candidates aient soumis un dossier en 2025, seules 40 % ont accepté une proposition d’admission. Le même phénomène s’observe en BUT : 47 % de candidates à l’entrée, 40 % d’admises finales. Ces écarts entre candidatures et admissions dans les filières sélectives sont documentés dans le rapport 2026 du MESR et appellent des analyses d’auto-censure, de conseil d’orientation et de sélection. Pour le détail de la sélectivité de ces filières, voir nos chiffres clés des CPGE 2025.
Doctorat et recherche : les inégalités persistent selon la discipline
Au niveau doctoral, le tableau national est trompeur : 47 % environ des doctorants sont des femmes en 2024, un taux stable depuis une décennie. Cette stabilité globale dissimule des contrastes disciplinaires très marqués.
Tableau 2 — Part des femmes parmi les doctorants par grand domaine disciplinaire
| Domaine disciplinaire | Part des femmes doctorants | Source |
|---|---|---|
| Biologie, médecine, santé | 58 % | MESR-SIES |
| Sciences humaines et sociales | 55 % | MESR-SIES |
| Agronomie et écologie | 54 % | MESR-SIES |
| Sciences de l’ingénieur | 30 % | MESR-SIES |
| Sciences de l’information et de la communication (STIC) | 27 % | MESR-SIES |
| Mathématiques | 23 % | MESR-SIES |
Le doctorat en mathématiques concentre la sous-représentation la plus sévère : trois doctorants sur quatre sont des hommes. Ce déséquilibre n’est pas propre à la France — il est observé dans l’ensemble de l’OCDE — mais il est particulièrement marqué dans les grandes écoles et les formations d’élite qui alimentent les laboratoires de mathématiques pures. Pour situer ces données dans l’ensemble du dispositif doctoral, voir nos statistiques complètes sur le doctorat en France 2026.
Dans les organismes de recherche publics, les femmes représentent 39 % des chercheurs en 2024, contre 24 % dans la recherche privée (entreprises) en 2023. Cette différence de seize points entre secteur public et secteur privé est une constante européenne : les institutions académiques offrent des structures de recrutement plus transparentes et des politiques d’égalité plus formalisées.
Personnels enseignants-chercheurs : grade et discipline
La progression des femmes dans le corps enseignant universitaire est documentée sur le long terme. En 2024, 41 % des enseignants-chercheurs titulaires de l’université sont des femmes, toutes disciplines confondues. Mais ce chiffre moyen efface des écarts considérables entre grades et entre sections.
Professeures des universités : une progression historique, un plafond persistant
La part des femmes parmi les professeures des universités (corps de rang A) s’établit à 33 % en 2024. Cette proportion a presque doublé en vingt-cinq ans — elle était de 17 % en 2000 et de 23 % en 2010 — mais elle reste loin de la parité et s’effrite à mesure qu’on monte dans la hiérarchie institutionnelle.
Pour les maîtres de conférences (rang B), la représentation féminine atteint 45 % de l’ensemble du corps en 2022. En 2024, 49 % des personnels promus au dernier échelon du grade de maître de conférences sont des femmes — un signal positif, mais qui ne se traduit pas encore par une parité au grade supérieur.
Tableau 3 — Part des femmes parmi les enseignants-chercheurs titulaires par discipline, 2024
| Discipline | Part des femmes (tous grades) | Source |
|---|---|---|
| Langues et littératures | 64–65 % | MESR-SIES 2024 |
| Sciences de la vie (lettres et SHS confondues) | 55 % | MESR-SIES 2024 |
| Sciences et techniques (ensemble) | 30 % | MESR-SIES 2024 |
| Mathématiques (section CNU) | 14–15 % | MESR-SIES 2024 |
En mathématiques, la sous-représentation féminine se reproduit à chaque étape du parcours : de 23 % des doctorants à 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires. Ce « pipeline leaky » — ou effet d’éviction progressive — est analysé depuis plusieurs années par la communauté de recherche sur le genre en sciences exactes. Il combine des phénomènes de biais implicite dans les recrutements, des conditions de travail peu compatibles avec les responsabilités parentales inégalement réparties, et des réseaux de cooptation à dominante masculine.
Gouvernance des établissements
La gouvernance des universités et des grandes écoles constitue l’un des indicateurs les plus scrutés par les observateurs de la parité dans l’enseignement supérieur. En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux. Ce taux est en progression par rapport aux années 2010, mais reste très en deçà de la parité.
À l’échelon des vice-présidences, la représentation féminine est sensiblement plus élevée : 43,7 % des 955 vice-présidents d’université sont des femmes. Cet écart entre la gouvernance de premier rang (25 %) et le second échelon (44 %) signale un phénomène classique d’accès différencié : les femmes sont nombreuses dans les équipes de direction, mais restent minoritaires au sommet.
Dans les grandes écoles, la situation est encore plus déséquilibrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) relevait en 2025 que seulement 15 % des dirigeants de grandes écoles sont des femmes, avec une projection de parité qui, au rythme de progression actuel, ne serait atteinte qu’aux alentours de 2060.
L’Agence nationale de la recherche (ANR) est dirigée depuis septembre 2024 par Claire Giry, nommée présidente-directrice générale par décret présidentiel. Cette nomination illustre un mouvement de féminisation progressive des agences de financement de la recherche.
Brevets et innovation : le chantier le plus en retard
La statistique la plus éloquente en matière de parité dans l’innovation provient de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des 56 000 personnes physiques désignées comme inventeurs dans les demandes de brevet publiées à l’INPI. Ce chiffre correspond à la moyenne européenne établie par l’Office européen des brevets (EPO) en 2019 à 13 %.
Tableau 4 — Femmes inventeurs dans les dépôts de brevets français, 2021-2023 (INPI)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part des femmes parmi les inventeurs cités | 14 % |
| Part des demandes issues d’équipes 100 % féminines | 4 % |
| Part des demandes issues d’équipes 100 % masculines | 78 % |
| Part des femmes dans les dépôts d’établissements publics | 16 % (demandes avec femme) |
| Part des femmes dans les dépôts d’ETI/PME | 9 % |
| Secteur le plus paritaire (équipes mixtes) | Biotechnologie : 56 % des demandes |
| Secteur le moins paritaire | Éléments mécaniques : 90 % d’équipes 100 % masculines |
L’écart entre la part des femmes chercheuses (39 % dans les organismes publics) et leur présence dans l’inventariat breveté (14 %) est particulièrement instructif. Il suggère que les femmes chercheuses sont actives dans des domaines moins susceptibles de donner lieu à des dépôts de brevets (recherche fondamentale, sciences humaines) et qu’elles bénéficient moins souvent de l’accompagnement à la valorisation industrielle de leurs travaux.
La dixième édition du rapport MESR-SIES compilant toutes les statistiques de parité dans l’enseignement supérieur et la recherche — effectifs étudiants, corps enseignant, gouvernance, brevets et comparaisons internationales.
Insertion professionnelle et salaires
L’écart de rémunération à l’entrée dans la vie active est l’une des manifestations les plus directement mesurables des inégalités de genre dans l’enseignement supérieur. En décembre 2023, pour la promotion 2022 :
- Diplômés de licence professionnelle : salaire médian féminin de 1 740 €/mois, masculin de 1 870 €/mois — écart de 130 € à l’entrée dans l’emploi.
- Diplômés de master (hors enseignement) : salaire médian féminin de 2 010 €/mois, masculin de 2 220 €/mois — écart de 210 €/mois, soit environ 9,5 %.
Ces écarts de départ sont observés toutes disciplines confondues et persistent même à niveau de diplôme et de secteur d’activité comparables. Ils s’expliquent en partie par la concentration des femmes dans des filières et métiers structurellement moins bien rémunérés, mais également par des différences de négociation salariale et de temps de travail. Le taux d’insertion à 30 mois est similaire pour les deux sexes au niveau master (83 % pour les femmes, 84 % pour les hommes), mais l’accès à l’emploi stable reste moins favorable aux femmes (65 % contre 73 %). Pour le détail discipline par discipline, consultez nos données sur les salaires des diplômés de master par discipline en France 2026.
Comparaison européenne et internationale
La France s’inscrit dans un contexte européen contrasté. Dans l’Union européenne, les femmes représentent en 2025 environ 20 % des spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), contre 19 % en France. Ce niveau est relativement faible au regard de certains pays d’Europe centrale et orientale où la féminisation des filières informatiques est historiquement plus élevée.
Sur les brevets, l’EPO estimait en 2019 à 13 % la part des inventrices dans les dépôts européens, chiffre que la France dépasse légèrement avec 14 % entre 2021 et 2023. Le rapport 2026 du MESR intègre pour la première fois une section comparée avec les données OCDE sur les distinctions scientifiques, où la sous-représentation féminine est également documentée.
La Commission européenne a publié en mars 2026, simultanément à l’édition française du rapport MESR, sa stratégie pour l’égalité femmes-hommes 2026-2030, qui fixe notamment des objectifs chiffrés pour la représentation des femmes dans les filières STEM et dans le financement de la recherche.
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Questions fréquentes
Quelle est la part des femmes parmi les professeures des universités en France en 2026 ?
En 2024, les femmes représentent 33 % des professeures des universités, selon les données du MESR-SIES publiées dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026. Ce taux est en progression par rapport à 2000 (17 %) et à 2010 (23 %), mais reste bien en deçà de la parité. Le grade de maître de conférences est plus proche de l’équilibre, avec 45 % de femmes dans l’ensemble du corps.
Dans quelles disciplines les femmes sont-elles le plus sous-représentées à l’université ?
Les mathématiques concentrent la sous-représentation la plus forte : 14-15 % des enseignants-chercheurs titulaires sont des femmes, et seulement 23 % des doctorants. Les sciences de l’information et de la communication (27 % de femmes au doctorat), les sciences de l’ingénieur (30 %) et les formations d’ingénieurs (29,8 % d’étudiantes) affichent des niveaux similairement bas. À l’inverse, les lettres, langues et sciences paramédicales sont à dominante féminine.
Combien de présidentes d’université y a-t-il en France ?
En septembre 2024, les femmes représentent 25 % des présidents d’université et d’établissements publics expérimentaux (EPE). La représentation est plus élevée au niveau des vice-présidences, avec 43,7 % de femmes parmi les 955 vice-présidents recensés. Dans les grandes écoles, seuls 15 % des dirigeants sont des femmes, selon la Conférence des grandes écoles (2025).
Quelle est la part des femmes inventeurs dans les brevets déposés en France ?
Entre 2021 et 2023, les femmes représentent 14 % des inventeurs cités dans les demandes de brevet publiées à l’INPI — un niveau proche de la moyenne européenne (13 % selon l’EPO en 2019). Seulement 4 % des demandes publiées impliquent des équipes exclusivement féminines, contre 78 % pour les équipes exclusivement masculines. La biotechnologie est le secteur le plus mixte, avec 56 % de demandes impliquant des équipes mixtes.
Les femmes sont-elles majoritaires parmi les étudiants en France ?
Globalement, les femmes représentent une majorité des diplômés de l’enseignement supérieur en France : 57 % des femmes ayant quitté la formation initiale ont obtenu un diplôme du supérieur, contre 47 % des hommes. Cependant, cette avance est très inégalement répartie entre filières : les femmes sont minoritaires dans les formations d’ingénieurs (29,8 %), les BUT production (22 %) et les CPGE (40 %).
Quel est l’écart de salaire entre femmes et hommes à la sortie de l’université ?
Pour la promotion 2022, interrogée en décembre 2023, l’écart médian est de 210 €/mois au niveau master (toutes disciplines, hors enseignement) : 2 010 €/mois pour les femmes contre 2 220 €/mois pour les hommes, soit un écart d’environ 9,5 %. En licence professionnelle, l’écart est de 130 €/mois (1 740 € contre 1 870 €). Ces écarts s’expliquent en partie par la concentration différenciée dans des secteurs d’activité à rémunération inégale.
Où trouver les données officielles sur la parité dans l’enseignement supérieur français ?
Les données de référence sont publiées chaque année par le MESR-SIES dans le rapport Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés, disponible sur le site enseignementsup-recherche.gouv.fr. Les données sur les brevets proviennent de l’INPI (inpi.fr). Les fichiers Excel de micro-données par discipline, grade et établissement sont téléchargeables sur le même portail.
Sources officielles
- Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche — Vers l’égalité femmes-hommes ? Chiffres clés 2026 (MESR-SIES, mars 2026)
- MESR — La parité dans l’enseignement supérieur — EESR France
- INPI — La part des inventrices françaises dans les demandes de brevet (2025)


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