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  • Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Le Doctorat en France en Chiffres 2026 : Nombre de Doctorants, Durée Moyenne et Achèvement (Données MESR-SIES)

    Soixante-neuf mille doctorants inscrits, quatorze mille sept cents thèses soutenues en un an, une durée réglementaire de trois ans que moins de la moitié des docteurs tiennent : les chiffres du doctorat en France 2026 racontent une réalité plus complexe que le calendrier officiel. Ce tour d’horizon s’appuie exclusivement sur les publications du service statistique du ministère (SIES), les notes flash annuelles et l’état de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (EESR n°19). Chaque donnée est sourcée et datée — aucune estimation non vérifiée n’est présentée.

    Que vous soyez candidat au doctorat, directeur de thèse ou responsable d’une école doctorale, ces indicateurs permettent de situer un parcours dans le contexte national : combien de doctorants entrent chaque année, dans quels domaines, avec quels financements, et en combien de temps la majorité parvient à soutenir.

    Résultat clé : À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans 289 écoles doctorales françaises. En 2024, 14 727 doctorats ont été délivrés (−3 % vs 2023). En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an) — mais ce taux culmine à 58 % en sciences exactes contre 11 % en sciences humaines. 81 % des nouveaux doctorants bénéficient d’un financement dédié. (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19, 2025.)

    69 432 doctorants inscrits : l’effectif 2024-2025

    À la rentrée 2024-2025, la France compte 69 432 étudiants inscrits en doctorat, en légère baisse de 0,3 % par rapport à 2023-2024. Sur dix ans, l’effectif total a reculé de 9,6 % par rapport à 2013 (EESR n°19, SIES 2025). Cette contraction traduit principalement le déclin des inscriptions en sciences de la société (−4,7 % sur un an) et en sciences humaines et humanités (−0,9 %), partiellement compensé par la progression des sciences exactes et applications (+1,8 %) et la quasi-stabilité des sciences du vivant (+0,4 %).

    Les primo-inscrits — doctorants entrant en première année — sont en revanche en hausse : 17 000 nouveaux doctorants ont intégré le système à la rentrée 2024, soit +3,2 % par rapport à 2023 (16 400 primo-inscrits). Ces étudiants se répartissent dans les 289 écoles doctorales accréditées par le MESR. Pour comprendre le fonctionnement de ces structures et les critères d’admission, voir École doctorale en France : comment choisir et intégrer la bonne.

    Effectifs du doctorat en France — évolution 2022-2025
    Rentrée Inscrits total Primo-inscrits Source
    2022-2023 70 700 15 700 SIES NF 2024-17 / Campus France
    2023-2024 69 639 16 400 SIES enquête EDs 2024
    2024-2025 69 432 17 000 SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19

    14 727 docteurs diplômés en 2024 : la production annuelle

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit une baisse de 3,0 % par rapport à 2023 (SIES Note Flash n°14, juin 2025). L’année 2023 avait constitué un pic à 15 187 diplômes (+9,6 % vs 2022), en partie liée au rattrapage post-pandémique des soutenances retardées. Le niveau 2024 reste toutefois supérieur aux années antérieures à 2022, confirmant une progression de long terme : +0,9 % par rapport à 2013 (EESR n°19).

    Docteurs diplômés en France — évolution récente
    Année Docteurs diplômés Variation Source SIES
    2023 15 187 +9,6 % Note Flash SIES n°17, juin 2024
    2024 14 727 −3,0 % Note Flash SIES n°14, juin 2025

    Une fois la soutenance réussie, la question de l’insertion professionnelle s’impose. Les données détaillées par discipline et type d’employeur sont disponibles dans l’article : Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline.

    Répartition par grand domaine : sciences, SHS et vivant

    Le SIES ventile les effectifs doctoraux selon quatre grands domaines disciplinaires. À la rentrée 2024-2025, les sciences exactes et applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie) forment le premier contingent avec 26 815 inscrits (38,6 % du total). Les sciences humaines et humanités (littérature, histoire, philosophie, arts) arrivent en deuxième position (17 765 inscrits, 25,6 %), suivies des sciences du vivant — biologie, agronomie, environnement — (13 081 inscrits, 18,8 %) et des sciences de la société — économie, droit, gestion, sciences politiques — (11 771 inscrits, 17,0 %).

    Doctorants inscrits et diplômés par domaine — France 2024-2025 et 2024 (Source : EESR n°19, SIES 2025)
    Domaine Inscrits 2024-25 Part Diplômés 2024 Part diplômés
    Sciences exactes & applications 26 815 38,6 % 7 125 48,4 %
    Sciences humaines & humanités 17 765 25,6 % 2 499 17,0 %
    Sciences du vivant 13 081 18,8 % 3 362 22,8 %
    Sciences de la société 11 771 17,0 % 1 741 11,8 %
    Total 69 432 100 % 14 727 100 %

    L’écart entre la part dans les inscrits (25,6 %) et la part dans les diplômés (17,0 %) pour les sciences humaines est le signal le plus visible d’un phénomène structurel : ces doctorants mettent plus longtemps à soutenir — et certains n’y parviennent pas. À l’inverse, les sciences exactes surreprésentent les diplômés (48,4 %) par rapport à leur poids parmi les inscrits (38,6 %), signe d’une durée de thèse plus courte et d’un taux d’achèvement plus élevé.

    Diagramme en barres comparant la part de doctorants inscrits et diplômés par grand domaine disciplinaire en France — sciences exactes, sciences humaines, sciences du vivant, sciences de la société
    Illustration de la répartition des doctorants inscrits et des diplômés par grand domaine en France (2024-2025). Source de données : EESR n°19, SIES 2025.

    Part de doctorants étrangers : la France, pôle d’attraction doctoral

    Le doctorat français attire une proportion très élevée d’étudiants internationaux. En 2022-2023, 25 880 doctorants de nationalité étrangère étaient inscrits sur un total de 70 700, soit 37 % des effectifs (SIES / Campus France, Chiffres clés 2024). Ce taux dépasse la moyenne européenne (25 %) et place la France à égalité avec l’Irlande, légèrement derrière l’Autriche (39 %).

    L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la première zone géographique d’origine, devant l’Europe. En termes de diplôme d’accès, les données EESR n°19 indiquent que 80 % des primo-inscrits sont titulaires d’un diplôme français (master ou diplôme d’ingénieur) : la mobilité internationale au doctorat concerne donc principalement des étudiants qui ont effectué leurs études supérieures en France.

    Tendance à surveiller : le nombre de doctorants étrangers inscrits à l’université a reculé d’environ 15 % en cinq ans, passant de près de 24 000 à environ 20 000 entre 2018-2019 et 2023-2024 (Campus France 2024). Cette évolution interroge sur l’attractivité internationale du doctorat français dans un contexte de concurrence accrue avec les universités anglo-saxonnes et asiatiques.

    Durée de la thèse par discipline (données SIES 2025)

    La durée réglementaire d’une thèse est fixée à 36 mois (3 ans) par les textes, avec possibilité d’extensions annuelles jusqu’à 6 ans en cas de contrat CIFRE, de situation de handicap, de thèse en cotutelle ou de circonstances exceptionnelles. La réalité statistique s’écarte sensiblement de ce cadre.

    En 2024, 42 % des docteurs diplômés ont soutenu en moins de 40 mois, en hausse de 4 points sur un an et proche du niveau d’avant-Covid (SIES Note Flash n°14, juin 2025). Autrement dit, une majorité de docteurs dépasse encore la durée réglementaire de 36 mois. La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois, soit environ 3 ans et demi à 4 ans et demi ; à l’autre extrémité, environ un diplômé sur dix soutient au-delà de 72 mois (EESR n°19, SIES 2025).

    Part des docteurs 2024 ayant soutenu en moins de 40 mois, par domaine (Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; contraste disciplinaire d’après EESR n°19)
    Durée de la thèse Tous domaines Sciences exactes Sciences humaines
    Moins de 40 mois 42 % ≈ 58 % ≈ 11 %
    40 mois et plus 58 % ≈ 42 % ≈ 89 %

    Le contraste disciplinaire sur la tranche « moins de 40 mois » est saisissant : près de 58 % en sciences exactes contre à peine 11 % en sciences humaines. Cet écart tient à plusieurs facteurs structurels cumulatifs : le financement quasi-systématique des thèses en sciences exactes (qui permet de consacrer la totalité du temps à la recherche), la dépendance fréquente des doctorants SHS à une activité professionnelle parallèle, la nature des travaux en SHS (enquêtes de terrain longues, corpus documentaires étendus, conditions d’accès aux archives), et des cultures disciplinaires qui n’accordent pas la même valeur à la brièveté.

    Pour explorer comment organiser concrètement la rédaction d’une thèse, le guide complet du doctorat en France 2026 détaille les étapes depuis l’inscription jusqu’à la soutenance.

    Financement des doctorants : qui finance les thèses ?

    Le financement est le déterminant le plus puissant de la durée et de l’achèvement de la thèse. À la rentrée 2024-2025, 81 % des primo-inscrits bénéficient d’un financement dédié — contre 79,2 % en 2023-2024 (SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19). Ce taux agrégé cache des disparités disciplinaires considérables.

    Principales sources de financement des primo-inscrits en doctorat — 2024-2025 (Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19)
    Type de financement Part des primo-inscrits
    Contrats doctoraux MESRE (ministère) 38,6 %
    Financement organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) 18,4 %
    Financements étrangers (co-financements internationaux) 11,2 %
    Contrats CIFRE (partenariat avec une entreprise privée) 9,4 %
    Autres financements (ANR, collectivités, fondations, etc.) ~3,4 %
    Sans financement dédié (avec ou sans activité salariée parallèle) ~19 %

    La disparité disciplinaire en matière de financement est l’une des plus prononcées du système d’enseignement supérieur français. En sciences exactes et applications, le taux de financement dépasse 97 % des primo-inscrits. En sciences humaines et humanités, il avoisine 50 % (données SIES 2023-2024). Cette inégalité structure directement le rythme de la thèse et la probabilité d’achèvement. Un doctorant non financé doit articuler son travail de recherche avec une activité professionnelle, ce qui allonge mécaniquement la durée de la thèse et accroît le risque d’abandon.

    Achèvement et abandon : ce que disent les données

    Les statistiques sur le taux d’achevement du doctorat sont moins systématiquement publiées que les effectifs ou les données de durée. Les études disponibles — analyses par cohorte du SIES, rapports HCERES et rapport Pommier-Lazarus — documentent un taux d’abandon significatif, particulièrement marqué en SHS et parmi les doctorants non financés. Cette dimension mérite un traitement à part entière, disponible dans l’article dédié : Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle.

    La distribution des durées présentée dans la section précédente offre un signal indirect : les thèses dépassant 72 mois ne sont pas toutes abandonnées, mais les analyses par cohorte de primo-inscrits montrent qu’une fraction non négligeable des doctorants inscrits ne parvient jamais à la soutenance — avec des taux qui varient fortement selon le domaine et la présence ou l’absence d’un financement. Pour situer le doctorat dans l’ensemble des diplômes de cycle long et comprendre la distinction fondamentale avec le master, voir le guide différence entre mémoire et thèse en 2026 sur fr.tesify.pro.

    FAQ — Le doctorat en France en chiffres

    Combien y a-t-il de doctorants en France en 2025 ?

    À la rentrée 2024-2025, 69 432 doctorants sont inscrits dans les 289 écoles doctorales françaises, dont 17 000 primo-inscrits (+3,2 % par rapport à 2023). L’effectif total est en légère baisse de 0,3 % sur un an et de 9,6 % par rapport à 2013. Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Combien de doctorats sont délivrés en France chaque année ?

    En 2024, la France a délivré 14 727 doctorats, soit −3 % par rapport au pic de 2023 (15 187 diplômes). Les sciences exactes représentent 48,4 % des diplômes (7 125), devant les sciences du vivant (3 362), les sciences humaines (2 499) et les sciences de la société (1 741). Source : SIES Note Flash n°14, juin 2025.

    Quelle est la durée médiane d’une thèse en France ?

    En 2024, 42 % des thèses sont soutenues en moins de 40 mois (+4 points sur un an). La durée médiane tous domaines confondus se situe dans la tranche 40-52 mois. L’écart disciplinaire est considérable : environ 58 % des thèses en sciences exactes sont soutenues en moins de 40 mois, contre seulement 11 % en sciences humaines et humanités. Sources : SIES Note Flash n°14, juin 2025 ; EESR n°19.

    Quelle proportion de doctorants en France sont étrangers ?

    En 2022-2023, 37 % des doctorants inscrits en France (25 880 sur 70 700) étaient de nationalité étrangère. Ce taux est en recul d’environ 15 % en cinq ans. Les principales zones d’origine sont l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe. Source : SIES / Campus France, Chiffres clés 2024.

    Quel est le taux de financement des doctorants en France ?

    81 % des primo-inscrits à la rentrée 2024-2025 bénéficient d’un financement dédié. Ce taux atteint plus de 97 % en sciences exactes mais tombe à environ 50 % en sciences humaines et humanités. Le principal mécanisme est le contrat doctoral MESRE (38,6 % des primo-inscrits), suivi du financement par les organismes de recherche (18,4 %). Source : SIES enquête EDs 2025 / EESR n°19.

    Quel domaine regroupe le plus de doctorants en France ?

    Les sciences exactes et applications concentrent 26 815 doctorants (38,6 % du total) à la rentrée 2024-2025, devant les sciences humaines et humanités (17 765, soit 25,6 %), les sciences du vivant (13 081, soit 18,8 %) et les sciences de la société (11 771, soit 17 %). Source : EESR n°19, SIES 2025.

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  • Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Taux d’abandon en thèse de doctorat en France : chiffres 2026, causes et durée réelle

    Sur les 69 600 étudiants inscrits en doctorat en France à la rentrée 2023-2024, une proportion significative ne déposera jamais sa thèse. Les statistiques officielles sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France restent peu centralisées, mais les données du SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques, MESR), les rapports d’évaluation du HCERES et le rapport Pommier-Lazarus de novembre 2024 permettent désormais de dresser un tableau précis. Cet article compile l’ensemble des données disponibles : taux d’abandon par discipline, durée réelle de la thèse, effet du financement et facteurs humains qui précipitent le décrochage.

    Résultat clé

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), soit un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Ce taux varie fortement selon la discipline et le financement : inférieur à 5 % dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées, il peut dépasser 30 % en sciences humaines et sociales lorsque les doctorants ne bénéficient d’aucun financement dédié. La durée réelle de la thèse s’étend de moins de 40 mois en sciences exactes à plus de 72 mois en SHS.

    Panorama des effectifs doctoraux 2023-2024

    Le doctorat français est en contraction structurelle depuis plus d’une décennie. À la rentrée 2023-2024, le MESR/SIES dénombre 69 600 inscrits en doctorat, soit une baisse de 1,5 % en un an et de 11,2 % par rapport à la rentrée 2012. Le nombre de primo-inscrits recule de 13,6 % sur la même période, même si la rentrée 2023-2024 enregistre un rebond de +4,6 % avec 16 500 nouveaux doctorants — signe que la désaffection n’est pas irréversible.

    Effectifs doctoraux par champ disciplinaire — rentrée 2023-2024 (Source : MESR/SIES, EESRI n°18)
    Champ disciplinaire Inscrits Part du total
    Sciences exactes et applications 26 332 37,8 %
    Sciences humaines et humanités 17 980 25,8 %
    Sciences du vivant 13 026 18,7 %
    Sciences de la société 12 301 17,7 %
    Total 69 600 100 %

    Côté résultats, le bilan est plus encourageant : 15 187 diplômes de doctorat ont été conférés en 2023, un record absolu (+9,6 % par rapport à 2022, +2,6 % par rapport à 2012), en partie grâce au rattrapage post-pandémie. Les hausses les plus marquées concernent les sciences agronomiques (+20,8 %), les sciences exactes (+20,2 %) et les sciences du vivant (+14,8 %). À l’inverse, les sciences humaines et sociales affichent un léger recul de −2,2 % du nombre de primo-inscrits.

    Taux d’abandon en thèse de doctorat : ce que disent les données nationales

    La mesure centralisée du taux d’abandon en thèse de doctorat en France reste lacunaire. Le MESR ne publie pas de taux national consolidé d’attrition : les données disponibles proviennent des enquêtes SIES sur les promotions de nouveaux docteurs, des rapports d’évaluation HCERES portant sur les écoles doctorales et des travaux de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE). La synthèse de ces sources permet néanmoins de dégager des ordres de grandeur solides.

    La donnée la plus synthétique disponible est le taux de réussite estimé à 87 % pour 2023-2024 (SIES), ce qui implique un taux d’abandon global d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle doctoral toutes disciplines confondues.

    Ce que révèlent les évaluations HCERES école doctorale par école doctorale

    Dans leurs rapports d’évaluation des écoles doctorales, les comités d’experts du HCERES documentent systématiquement les taux d’abandon. L’analyse croisée de ces rapports individuels met en évidence une amélioration tendancielle significative :

    • Taux moyen d’abandon estimé à 12,1 % pour les promotions entrantes en 2017-2018
    • Ramené à 6,3 % pour les promotions entrantes en 2021-2022
    • Moyenne consolidée sur la période évaluée : environ 8,6 %
    • Dans les écoles doctorales scientifiques bien dotées : taux fréquemment inférieurs à 5 %
    • Dans les disciplines peu financées : taux pouvant dépasser 30 %
    Point méthodologique : attention à l’interprétation des chiffres bruts

    Une fraction des abandons officiellement comptabilisés correspond à des doctorants qui ont trouvé un emploi avant la soutenance — notamment via des conventions CIFRE en entreprise ou des recrutements en collectivités. Dans certaines écoles doctorales évaluées par le HCERES, ce motif représente la moitié des sorties sans diplôme. Le taux d’abandon « subi » — véritablement involontaire — est donc structurellement inférieur aux chiffres bruts présentés dans les rapports.

    Durée réelle de la thèse par discipline

    L’arrêté du 25 mai 2016 relatif à la formation doctorale fixe à trois ans en équivalent temps plein la durée normale de préparation d’une thèse. La réalité statistique s’éloigne sensiblement de cette norme selon la discipline, le type de financement et le contexte institutionnel.

    Durée réelle de la thèse par discipline — promotions 2023 (Source : MESR/SIES)
    Discipline Part terminant en < 40 mois Part dépassant 72 mois Profil type
    Sciences exactes et applications 37,6 % Faible Contrat doctoral 3 ans
    Sciences du vivant 40,5 % Faible Contrat doctoral 3–4 ans
    Sciences humaines et sociales < 14 % 37,3 % Souvent sans financement dédié
    Toutes disciplines 38 % ~10 %

    Le contraste est saisissant : en sciences du vivant et en sciences exactes, les doctorants financés terminent leur thèse avec une régularité proche du calendrier légal. En SHS, plus de 8 doctorants sur 10 ne respectent pas les 40 mois réglementaires, et plus d’un tiers mettent plus de six ans. La corrélation avec le financement est directe : seuls 4 doctorants en SHS sur 10 bénéficient d’un contrat doctoral ou d’une allocation dédiée, contre 7 sur 10 en moyenne nationale (données AEF info / SIES).

    La comparaison dans le temps confirme une légère dégradation post-pandémie : la proportion de doctorants soutenant en moins de 40 mois était de 43 % pour la promotion 2016 (contre 38 % en 2023), en lien avec les reports de soutenance contraints par la crise sanitaire de 2020.

    Le financement, premier déterminant de la réussite doctorale

    Le lien entre financement et probabilité d’aller au bout de la thèse est la donnée la plus robuste et la plus constamment documentée de la littérature sur le doctorat français. Le rapport Pommier-Lazarus (novembre 2024), commandé par les ministres chargés de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’industrie, consolide cette démonstration avec des données récentes.

    Financement des primo-inscrits en doctorat par discipline — 2023-2024 (Source : Rapport Pommier-Lazarus / MESR)
    Discipline Taux de financement dédié Part combinant thèse et emploi Sans financement ni emploi
    Sciences exactes et applications 97,1 % 3 % Marginal
    Sciences du vivant 85,3 % 15 % Rare
    Sciences humaines et sociales 50,9 % 30 % ~20 %
    Toutes disciplines 79,2 % 14 % 6,5 %

    Ce taux global de 79,2 % de primo-inscrits financés représente une amélioration notable par rapport à 2012 (68,1 %), soit un gain de 11 points en une décennie. La structure du financement se décompose ainsi pour 2023-2024 (MESR/SIES) :

    • Contrats doctoraux MESR : 40,8 % des financements
    • Organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) : 16,9 %
    • Conventions CIFRE (industrie) : 9,9 %
    • Financement par un établissement étranger : 10,6 %

    La conséquence directe sur l’abandon : selon les rapports d’évaluation HCERES, dans les disciplines où le financement est la norme, les abandons restent l’exception. À l’inverse, parmi les doctorants en SHS sans financement ni emploi régulier — environ 20 % de cette population —, le risque de décrochage est le plus élevé.

    Causes de l’abandon : encadrement, isolement et précarité financière

    Au-delà du financement, la décision d’abandonner la thèse est multifactorielle. Les travaux publiés dans la Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur (OpenEdition) et les enquêtes de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) identifient trois catégories de déterminants qui s’alimentent mutuellement.

    La relation d’encadrement : facteur protecteur ou déclencheur

    La qualité de la relation entre le doctorant et son directeur de thèse constitue le premier déterminant non financier du parcours doctoral. Une direction claire, un retour régulier sur les travaux et une capacité à sortir le doctorant de l’isolement intellectuel réduisent considérablement le risque d’abandon. À l’inverse, une supervision défaillante — consignes floues, indisponibilité chronique, conflits interpersonnels — figure parmi les premiers motifs explicitement mentionnés dans les études qualitatives françaises sur le décrochage doctoral.

    La charte d’intégrité scientifique en thèse, rendue obligatoire par le décret du 26 août 2022, encadre désormais les obligations mutuelles entre le doctorant, son directeur et son institution. Elle prévoit notamment des formations obligatoires à l’éthique de la recherche — une mesure qui contribue à clarifier les attendus du parcours doctoral et à réduire les malentendus susceptibles de mener à l’abandon.

    Isolement social et santé mentale : une problématique documentée

    Le doctorat est structurellement une expérience solitaire, particulièrement en SHS où les doctorants travaillent souvent en dehors des grands laboratoires collectifs. Le Réseau National des Collèges Doctoraux (RNCD) indique que, parmi les doctorants inscrits en 2022-2023, 54 % se déclaraient exposés au stress. Cette prévalence est cohérente avec des données comparatives publiées dans la littérature internationale en sciences de l’éducation, qui montrent que les doctorants présentent des niveaux de vulnérabilité psychologique significativement plus élevés que des salariés de niveau de qualification comparable.

    Les variables les plus corrélées à la dégradation du bien-être incluent l’isolement social, la difficulté à maintenir une vie en dehors de la thèse et le sentiment de stagnation face aux exigences de production scientifique. Ces facteurs se cumulent chez les doctorants précaires qui combinent rédaction et activité salariée à temps plein. Les enquêtes récentes sur les usages numériques montrent par ailleurs que les étudiants chercheurs intègrent progressivement des outils d’IA dans leur pratique de recherche documentaire et de rédaction — une évolution dont les implications sur les pratiques académiques sont suivies de près, comme en témoignent les statistiques sur l’utilisation de l’IA par les étudiants en 2026 (fr.tesify.pro).

    Précarité financière et travail contraint

    Pour les doctorants sans financement dédié, la thèse se rédige en parallèle d’une activité professionnelle souvent incompatible avec le rythme de la recherche. Les données de l’enquête OVE 2020 (n = 636 doctorants) montrent que 80 à 90 % des doctorants en situation de travail occasionnel déclarent ne pas pouvoir couvrir leurs besoins mensuels — un signal fort de précarité structurelle qui pèse directement sur la motivation à poursuivre.

    Les statistiques sur la mobilité étudiante internationale en France 2026 illustrent un contraste révélateur : les doctorants bénéficiant de co-tutelles ou de financements internationaux accèdent à des structures d’encadrement diversifiées qui atténuent ces risques. Pourtant, les inscriptions en co-tutelle internationale ont elles aussi reculé à 931 primo-inscrits en 2023-2024, niveau le plus bas depuis 2012 selon le MESR/SIES — une convergence préoccupante de plusieurs indicateurs négatifs.

    Tendances 2026 et perspectives

    Une contraction structurelle des effectifs qui se confirme

    La France a perdu 18 % de nouveaux inscrits en doctorat entre 2010 et 2022 (AEF info / MESR). Si le rebond de rentrée 2023-2024 est encourageant, il ne compense pas la tendance de fond. La désaffection est particulièrement marquée en sciences humaines, où le déficit chronique de financement, la durée allongée des thèses et des perspectives d’insertion académique limitées se cumulent pour décourager les vocations.

    La professionnalisation du doctorat comme réponse structurelle

    Le rapport Pommier-Lazarus (2024) formule dix recommandations pour améliorer la reconnaissance et la valorisation du doctorat en entreprise, notamment en augmentant la part des docteurs parmi les chercheurs et ingénieurs du secteur privé. L’objectif est d’élargir les débouchés pour réduire le sentiment d’impasse qui pousse certains doctorants à l’abandon — en particulier ceux dont les perspectives académiques s’avèrent étroites.

    La vague E du HCERES : un suivi renforcé à partir de 2026

    La vague E des évaluations HCERES (2026), portant sur les universités d’Île-de-France et des Hauts-de-France, renforce le suivi des taux de complétion et des délais de soutenance dans son référentiel d’évaluation des formations doctorales. Les écoles doctorales concernées devront documenter plus précisément leurs dispositifs d’accompagnement des doctorants en difficulté — ce qui améliorera la disponibilité des données nationales d’ici 2027. Pour repérer les écoles doctorales par discipline et établissement, l’annuaire des écoles doctorales en France par discipline 2026 constitue un point d’entrée structuré.

    La valorisation de l’archive ouverte comme levier de visibilité

    Dans ce contexte de contraction, rendre visibles ses travaux doctoraux prend une importance accrue, y compris pour les doctorants qui n’iront pas jusqu’à la soutenance. Le dépôt en archive ouverte nationale — dont le guide pratique est détaillé dans HAL/DUMAS : publier son mémoire étape par étape 2026 — permet d’assurer la diffusion et de valoriser une contribution scientifique partielle le cas échéant.

    À titre comparatif, les taux d’abandon à l’université en France au niveau licence et master présentent un profil différent — concentrés en première année de licence, souvent liés à l’orientation plutôt qu’à la précarité — mais les facteurs financiers et d’accompagnement restent des constantes à tous les niveaux du cycle universitaire.

    Questions fréquentes sur le taux d’abandon en thèse de doctorat en France

    Quel est le taux d’abandon moyen en thèse de doctorat en France ?

    Le taux de réussite en doctorat est estimé à environ 87 % pour 2023-2024 (SIES/MESR), ce qui correspond à un taux d’abandon d’environ 13 % sur l’ensemble du cycle. Les rapports d’évaluation HCERES sur les écoles doctorales documentent une amélioration notable : de 12,1 % pour les promotions 2017-2018 à 6,3 % pour les promotions 2021-2022, avec une moyenne consolidée d’environ 8,6 %.

    Quelle discipline enregistre le plus fort taux d’abandon en doctorat ?

    Les sciences humaines et sociales (SHS) enregistrent les taux d’abandon les plus élevés. Avec seulement 50,9 % des primo-inscrits bénéficiant d’un financement dédié (contre 97,1 % en sciences exactes), les doctorants en SHS sont contraints de combiner thèse et activité salariée, ce qui allonge la durée et multiplie le risque de décrochage. Dans les écoles doctorales en SHS sans financement structurel, les taux d’abandon peuvent dépasser 30 %.

    Combien de temps dure réellement une thèse de doctorat en France ?

    La durée légale est de trois ans (arrêté du 25 mai 2016). En pratique, en sciences exactes, 37,6 % des doctorants soutiennent en moins de 40 mois ; en sciences du vivant, 40,5 %. En SHS, plus de 37 % mettent plus de 72 mois (six ans) et moins de 14 % terminent dans les 40 mois réglementaires. Toutes disciplines confondues, 38 % des docteurs de la promotion 2023 ont soutenu en moins de 40 mois (MESR/SIES).

    Quelles sont les principales causes d’abandon d’une thèse de doctorat ?

    Les principales causes documentées sont : (1) la précarité financière — absence de contrat doctoral ou de financement dédié ; (2) les problèmes d’encadrement — indisponibilité du directeur, consignes floues, conflits relationnels ; (3) l’isolement social et les difficultés de santé mentale (54 % des doctorants se déclarent exposés au stress, enquête RNCD 2022-2023) ; (4) un marché académique étroit qui décourage la poursuite au-delà des premières années d’inscription.

    Le taux d’abandon en doctorat augmente-t-il ou diminue-t-il en France ?

    Les données HCERES suggèrent une tendance à la baisse du taux d’abandon : de 12,1 % (promotions 2017-2018) à 6,3 % (promotions 2021-2022). Cette amélioration s’explique en partie par la hausse du taux de financement des primo-inscrits, passé de 68,1 % en 2012 à 79,2 % en 2023-2024. La contraction globale des effectifs doctoraux (−11,2 % entre 2012 et 2023) signale néanmoins une désaffection structurelle qui dépasse la seule question de l’abandon en cours de thèse.

    Que se passe-t-il si on abandonne sa thèse en cours de route ?

    Un abandon n’est pas irréversible. Plusieurs options sont prévues par la réglementation française : la suspension d’inscription (accordée par le chef d’établissement, notamment pour raisons médicales ou familiales), le transfert vers un autre établissement avec un nouvel encadrement, ou l’interruption temporaire avec reprise ultérieure. Les travaux produits — articles publiés, chapitres rédigés — peuvent par ailleurs être valorisés indépendamment de la soutenance finale.

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    Les données présentées ici le montrent : la qualité de l’encadrement et la clarté méthodologique sont des facteurs protecteurs décisifs contre l’abandon. Tesify est un assistant IA conçu pour vous aider à structurer votre thèse chapitre par chapitre, vérifier la cohérence de vos citations et renforcer l’originalité de vos travaux — dans le respect des chartes d’intégrité scientifique de votre établissement. Essayer Tesify gratuitement →