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  • 765 895 ou 342 554 étudiants en master ? Ce que les chiffres officiels comptent vraiment (2026)

    765 895 ou 342 554 étudiants en master ? Ce que les chiffres officiels comptent vraiment (2026)

    Combien d’étudiants préparent un master en France ? La question paraît simple, la base de données officielle est ouverte, et pourtant deux réponses également défendables en sortent.

    765 895 si vous comptez les inscrits en cursus master. 342 554 si vous comptez les inscrits en diplôme de master. Un facteur de plus de deux, sur la même base, la même année, sans la moindre erreur de manipulation.

    Et ce n’est pas le plus troublant : selon le filtre retenu, la première discipline change. C’est la Santé dans un cas, les Lettres et sciences humaines dans l’autre. Voici les chiffres de la rentrée 2024, d’où vient l’écart, et ce que cet écart apprend à quiconque doit citer une statistique publique dans un mémoire.

    La source et son périmètre

    Les chiffres proviennent du système d’information SISE, publié en données ouvertes par le ministère de l’enseignement supérieur. Le jeu de données recense les effectifs d’étudiants inscrits dans les établissements publics sous tutelle du ministère, ventilés par établissement, cursus, diplôme, discipline, sexe et origine géographique.

    Un périmètre à retenir avant de citer quoi que ce soit : cette base n’inclut pas l’enseignement privé, les écoles de commerce, ni les établissements relevant d’autres ministères — enseignement agricole, formations paramédicales, écoles d’art relevant de la Culture. Toute phrase du type « en France, X étudiants… » construite sur cette base est donc, en toute rigueur, une phrase sur le supérieur public sous tutelle du ministère.

    Toutes formations confondues, cette base comptait 1 940 430 inscrits à la rentrée 2024, en hausse par rapport aux 1 900 016 de 2023.

    Entonnoir muni de plusieurs filtres réduisant progressivement un flux de données
    Aucun de ces deux chiffres n’est faux. Ils ne répondent simplement pas à la même question.

    Pourquoi 765 895 n’est pas 342 554

    Le second cycle, appelé « cursus M » dans la nomenclature, est défini par un niveau d’études, pas par un diplôme. Y sont donc rangés tous les étudiants qui se situent après la licence, quel que soit le diplôme qu’ils préparent.

    La décomposition de ces 765 895 inscrits est éloquente :

    • 342 554 préparent un diplôme de master ;
    • 175 538 sont en formations de santé — les années avancées de médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique ;
    • 101 248 relèvent d’autres formations ;
    • 99 078 sont en formations d’ingénieurs ;
    • 19 522 sont en instituts d’études politiques ;
    • le solde se répartit entre diplômes inter-universitaires, préparations aux concours de l’enseignement, diplômes d’ENS et divers diplômes conférant le grade de master.

    Un étudiant de cinquième année de médecine est donc, statistiquement, un étudiant « en cursus master ». Il ne prépare pourtant pas un master et n’écrira pas de mémoire de master. Le mot est le même, la réalité ne l’est pas.

    La première discipline dépend du filtre

    C’est ici que l’écart cesse d’être une curiosité comptable pour devenir un problème d’interprétation.

    En cursus master, la hiérarchie des grandes disciplines à la rentrée 2024 est la suivante :

    • Santé — 217 776 (28,4 %)
    • Sciences et sciences de l’ingénieur — 203 905 (26,6 %)
    • Droit, sciences économiques, AES — 170 615 (22,3 %)
    • Lettres, langues et sciences humaines — 164 594 (21,5 %)
    • STAPS — 6 899 (0,9 %)

    En diplôme de master, la même base, la même année, donne un classement méconnaissable :

    • Lettres, langues et sciences humaines — 139 751 (40,8 %)
    • Droit, sciences économiques, AES — 113 161 (33,0 %)
    • Sciences et sciences de l’ingénieur — 83 341 (24,3 %)
    • STAPS — 6 155 (1,8 %)
    • Théologie — 146

    La Santé, première discipline dans la première lecture, disparaît entièrement de la seconde : dans cette base, aucun effectif ne combine la grande discipline « Santé » et le diplôme « master ». Les 217 776 étudiants de santé du cursus M sont classés en formations de santé, et les masters à contenu sanitaire — santé publique, ingénierie de la santé — sont rattachés à d’autres grandes disciplines.

    Résultat : selon le filtre, on peut écrire en toute bonne foi que la première discipline du second cycle français est la santé, ou que c’est les lettres et sciences humaines. Les deux phrases sont exactes. Une seule répond à la question que la plupart des lecteurs croient poser.

    Un total décomposé en cinq parts inégales, la plus grande mise en évidence
    Décomposer un total est le contrôle le plus rentable qu’on puisse faire sur une statistique publique.

    Ce que dit vraiment la population des masterants

    Si l’on s’en tient au diplôme de master — la population qui, elle, rédigera bien un mémoire —, un fait domine : près de trois masterants sur quatre relèvent des sciences humaines, du droit ou de l’économie. Les deux blocs cumulent 252 912 inscrits, soit 73,8 % du total, contre 24,3 % pour l’ensemble sciences et ingénierie.

    C’est une donnée structurante pour comprendre les difficultés méthodologiques les plus répandues. La majorité des mémoires de master français sont écrits par des étudiants dont la formation initiale comporte peu de statistiques, alors même que leurs disciplines — psychologie, sciences de l’éducation, sciences de gestion, sociologie — recourent massivement aux enquêtes par questionnaire et aux tests d’hypothèses.

    L’effectif de master est par ailleurs remarquablement stable : 352 321 en 2019, 333 241 en 2023, 342 554 en 2024. Les variations d’une rentrée à l’autre sont de l’ordre de quelques pour cent, ce qui invite à la prudence face à tout commentaire dramatisant sur une seule année.

    Comment vérifier un compteur avant de le citer

    La leçon de méthode est le vrai enseignement de ces chiffres, et elle vaut pour n’importe quelle interface de données publiques. Trois contrôles, dans cet ordre.

    1. Le test du filtre. Ajoutez une condition et vérifiez que le nombre baisse. Ici, restreindre aux femmes fait passer les 765 895 inscrits du cursus M à 445 370 : le paramètre est bien pris en compte. Un compteur qui renvoie le même total quel que soit le filtre ignore silencieusement vos paramètres, et le chiffre que vous en tirez ne veut rien dire.
    2. Le test de la valeur inexistante. Interrogez une modalité qui n’existe pas. Une rentrée « 1899 » ou un diplôme mal orthographié doivent renvoyer un ensemble vide. S’ils renvoient un nombre, l’interface fait de l’approximation et ne compte pas ce que vous croyez.
    3. Le test de la somme. Décomposez le total et vérifiez que les parties le reconstituent exactement. C’est ce contrôle qui révèle ici que « cursus master » recouvre quatorze catégories de diplômes, dont une seule s’appelle master.

    Ces trois tests prennent cinq minutes et évitent l’erreur la plus coûteuse d’un mémoire sur données secondaires : citer un chiffre juste en réponse à une autre question que la sienne. Le cas de theses.fr, dont le moteur ne compte pas ce qu’il semble compter, illustre la même famille de pièges sur un moteur de recherche textuel.

    Citer ces chiffres proprement

    Une référence exploitable comporte cinq éléments : le producteur, le nom du jeu de données, l’année de rentrée, la date de consultation, et le filtre exact appliqué. Le dernier est le plus souvent omis et le plus important : sans lui, votre chiffre n’est pas reproductible, et un lecteur qui interroge la même base autrement obtiendra un autre nombre, tout aussi correct.

    Modèle de phrase : « À la rentrée 2024, 342 554 étudiants étaient inscrits en diplôme de master dans les établissements publics sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur, dont 40,8 % en lettres, langues et sciences humaines (SISE, effectifs d’étudiants inscrits, filtre diplôme = master, consulté en 2026). »

    Pour interroger ce type de base sans écrire une ligne de code, notre guide sur l’interrogation d’une API de données ouvertes par URL détaille la manipulation, et le tableau d’orientation des sources publiques aide à choisir le bon producteur selon la question posée. Sur les admissions plutôt que les inscriptions, voyez les chiffres officiels de la plateforme Mon Master.

    Et pour votre propre mémoire

    Si vous exploitez ces données comme source secondaire, la rigueur exigée est exactement celle décrite ci-dessus : périmètre explicite, filtre documenté, prudence sur les évolutions annuelles. Et si vous produisez vos propres données, la même exigence s’applique en amont — savoir ce que vous comptez avant de compter, ce qui est précisément l’objet d’un plan d’analyse écrit avant la collecte.

    Tesify vous accompagne sur la rédaction qui entoure ces chiffres : présenter une source secondaire avec son périmètre, justifier vos choix de filtrage, et intégrer des statistiques officielles dans une argumentation sans les surinterpréter.

    Rédiger votre mémoire sur données publiques avec Tesify

    Questions fréquentes

    Combien d’étudiants sont inscrits en master en France ?

    À la rentrée 2024, 765 895 étudiants relèvent du cursus master dans les établissements publics sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur, mais 342 554 seulement préparent un diplôme de master. Le premier chiffre inclut les années avancées d’études de santé, les écoles d’ingénieurs internes aux universités et les instituts d’études politiques, comptés par leur niveau et non par leur diplôme.

    Quelle est la première discipline en master ?

    Cela dépend entièrement du filtre. En cursus master, c’est la Santé, avec 217 776 inscrits soit 28,4 %. En diplôme de master, la Santé n’apparaît plus et la première discipline devient Lettres, langues et sciences humaines, avec 139 751 inscrits soit 40,8 %. Précisez toujours lequel des deux périmètres vous citez.

    Ces chiffres couvrent-ils tous les établissements ?

    Non. La base couvre le public sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur. Sont exclus l’enseignement privé, les écoles de commerce et les établissements relevant d’autres ministères. Une phrase commençant par « en France » sur la seule foi de cette base est donc trop large : écrivez « dans le supérieur public sous tutelle du ministère ».

    Les effectifs de master augmentent-ils ?

    Ils sont stables. On compte 352 321 inscrits en diplôme de master à la rentrée 2019, 333 241 en 2023 et 342 554 en 2024. Les écarts d’une année sur l’autre restent de quelques pour cent, sans tendance marquée sur la période. Méfiez-vous des commentaires bâtis sur la comparaison de deux rentrées consécutives.

    Puis-je utiliser ces données comme corpus pour mon mémoire ?

    Oui, et c’est un excellent terrain quand la question porte sur la structure de l’enseignement supérieur : la base est très finement ventilée, par établissement, par discipline, par sexe et par origine géographique, sur plusieurs rentrées. Vérifiez simplement que la variable qui vous intéresse est renseignée sur toute la période visée avant d’arrêter votre sujet — une couverture partielle découverte tardivement est le principal risque d’un mémoire sur données secondaires.

  • Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    Taux de dépôt des mémoires sur DUMAS/HAL en 2026 : statistiques par académie

    76 000 mémoires en texte intégral, 11 000 dépôts par an, 54 universités participantes — les chiffres de DUMAS en 2026 témoignent d’une croissance soutenue de l’archive ouverte dédiée aux travaux étudiants en France. Pourtant, derrière ces agrégats nationaux se cachent des disparités disciplinaires et institutionnelles importantes : certaines académies alimentent le portail de façon systématique, d’autres restent en marge. Cet article analyse les données disponibles sur les taux de dépôt DUMAS/HAL mémoires master 2026 statistiques, en distinguant ce que les sources officielles permettent d’affirmer de ce qu’elles ne couvrent pas encore.

    Pour les étudiants en master qui s’interrogent sur la visibilité de leur travail, et pour les bibliothécaires ou coordinateurs pédagogiques qui pilotent les politiques de dépôt dans leur établissement, ces données constituent un socle de référence indispensable. Les chiffres cités ici proviennent exclusivement du portail DUMAS (CCSD/CNRS), du Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, et de l’ABES (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur).

    Résultat clé : En janvier 2026, DUMAS héberge plus de 76 000 documents en texte intégral. Le volume annuel de dépôts atteint 11 000 en 2025. Cependant, seulement 54 des 75 universités françaises ont ouvert une collection institutionnelle, et les taux de dépôt par académie restent hétérogènes selon les disciplines et les politiques locales.

    DUMAS et HAL en 2026 : périmètre et chiffres globaux

    DUMAS — Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance — est un portail d’archives ouvertes hébergé par HAL (Hyper Articles en Ligne), la plateforme nationale développée par le Centre pour la Communication Scientifique Directe (CCSD) du CNRS. Il accueille les mémoires d’étudiants à partir du niveau bac+4 (master 1, master 2, thèses d’exercice en pharmacie, médecine et odontologie), validés par un jury, dans toutes les disciplines. Les thèses de doctorat sont, elles, déposées sur TEL (Thèses En Ligne), autre composante de HAL.

    En janvier 2026, le portail recense plus de 76 000 documents en texte intégral, selon les données publiées sur la page Wikipedia de DUMAS, qui synthétise les communications officielles du CCSD. Ce chiffre marque une accélération par rapport à février 2025 (66 000 documents) et à mars 2020 (28 000 documents), ce qui témoigne d’un doublement du corpus en six ans.

    Évolution du corpus DUMAS (texte intégral)
    Date Nombre de documents Source
    Mars 2020 28 000 CCSD/Wikipédia
    Décembre 2023 52 787 (analyse scraping) Étude innovation-pedagogique.fr / HAL
    Février 2025 66 000+ CCSD/Wikipédia
    Janvier 2026 76 000+ CCSD/Wikipédia

    Pour approfondir la liste des portails et collections disponibles sur HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn, consultez notre article guides méthodo HAL, theses.fr, DUMAS et Cairn 2026 qui recense les collections par discipline et par établissement.

    Croissance des dépôts : de 100 à 11 000 par an

    La trajectoire de DUMAS est spectaculaire à l’échelle d’une quinzaine d’années. En 2008, année de lancement du portail, le nombre annuel de dépôts s’élevait à environ une centaine. En 2025, ce chiffre atteint 11 000 dépôts annuels — soit une multiplication par cent en dix-sept ans.

    Cette croissance s’explique principalement par deux dynamiques cumulatives. D’un côté, l’élargissement progressif du réseau des établissements participants : en 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles et d’écoles spécialisées ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS. De l’autre, la généralisation des politiques de science ouverte dans les établissements, encouragées par le Plan national pour la Science Ouverte (PNSO) lancé en 2018 et ses actualisations successives.

    Un jalon symbolique a été franchi en 2025 : la première université francophone non française a rejoint le réseau DUMAS, l’Université Senghor d’Alexandrie (Égypte), signe d’une ambition désormais internationale pour l’archive.

    Il est important de noter que la croissance du volume total reste distincte du taux de dépôt par université. Augmenter le nombre d’établissements participants fait mécaniquement grossir le corpus global sans nécessairement indiquer que chaque université couvre l’intégralité de ses mémoires soutenus. L’absence d’obligation légale pour les mémoires de master (contrairement aux thèses de doctorat) laisse aux établissements une grande latitude dans leurs pratiques.

    Répartition disciplinaire : santé, SHS et sciences exactes

    Une étude publiée sur HAL et relayée par Innovation Pédagogique a analysé en décembre 2023, via un scraping Python/Selenium, l’intégralité des 52 787 mémoires alors présents dans DUMAS. Les résultats révèlent une distribution très inégale selon les disciplines.

    Répartition des mémoires dans DUMAS par grand domaine (décembre 2023)
    Grand domaine Part des documents Part des téléchargements
    Sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) 53,5 % ~55 %
    Sciences humaines et sociales (SHS) 41,1 % ~42 %
    Sciences exactes et naturelles 5,4 % ~3 %

    La surreprésentation des sciences de la santé dans DUMAS s’explique en grande partie par l’obligation historique et culturelle de remettre une thèse d’exercice pour l’obtention du diplôme en pharmacie et en médecine — un travail de niveau master qui trouve naturellement sa place dans ce portail. Les facultés de pharmacie et de médecine sont également parmi les plus structurées en matière de gestion documentaire post-soutenance.

    Au sein des SHS, la gestion-management se distingue par un rendement exceptionnel : elle représente seulement 1,3 % du corpus mais génère 5,1 % des téléchargements totaux, en raison d’une forte demande professionnelle pour ces travaux. À l’inverse, les disciplines littéraires et juridiques déposent peu, en partie par réticence à la diffusion publique de travaux qui pourraient être repris dans des projets de publication.

    La sous-représentation marquée des sciences exactes (5,4 %) illustre une culture disciplinaire différente : en physique, chimie ou biologie, les résultats de master s’inscrivent le plus souvent dans des articles ou des rapports de laboratoire, non dans des mémoires autonomes déposés en archives ouvertes.

    Disparités institutionnelles : qui dépose, qui ne dépose pas

    Sur les 75 universités françaises recensées, 54 avaient ouvert une collection dans DUMAS en 2025, soit un taux de couverture institutionnelle d’environ 72 %. Vingt et une universités — soit plus d’un quart — n’y participaient donc pas encore.

    Les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, de publier un palmarès précis par académie du nombre de mémoires déposés par établissement : DUMAS ne publie pas de tableau de bord comparatif public avec des taux calculés université par université pour la même année de soutenance. Ce que les sources confirment, en revanche, c’est l’existence de collections institutionnelles très différentes en taille.

    • Universités à fort volume : les facultés de santé (Paris Cité, Bordeaux, Aix-Marseille) contribuent à l’essentiel du volume grâce à leurs thèses d’exercice en pharmacie et odontologie.
    • Universités à dépôt récent : plusieurs établissements ont rejoint le réseau dans les années 2020-2025, avec des collections encore jeunes mais en croissance rapide.
    • Universités absentes : certaines universités de lettres et de droit ont des politiques de dépôt optionnel peu encouragées, voire des restrictions de confidentialité pour les mémoires en partenariat professionnel.

    Pour contextualiser ces données dans l’ensemble du paysage des publications académiques françaises, l’article rapports HCERES vague E 2026 sur les universités d’Île-de-France et Hauts-de-France offre un panorama de l’évaluation institutionnelle qui conditionne souvent les politiques de science ouverte.

    Par ailleurs, le réseau HAL comptait en janvier 2026 152 portails institutionnels (universités, organismes de recherche, grandes écoles), selon les données publiées par le CCSD. Ce chiffre inclut les portails HAL au sens large (publications scientifiques), non seulement les collections DUMAS, ce qui explique l’écart avec les 54 universités ayant une collection DUMAS active.

    L’accès ouvert pour les thèses de doctorat : le baromètre MESR 2025

    Pour les thèses de doctorat — distinctes des mémoires de master mais relevant du même écosystème HAL — le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR fournit des données nationales robustes. En 2025, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert — un taux en progression constante depuis 2019, date de lancement du baromètre.

    Taux d’accès ouvert aux publications et thèses françaises (BSO 2025, MESR)
    Indicateur Taux 2025
    Publications scientifiques en accès ouvert 62 %
    Thèses de doctorat en accès ouvert 76 %
    Données de recherche partagées 27 %

    Le taux de 76 % pour les thèses de doctorat est national, mais il masque des écarts disciplinaires très marqués. En astronomie, mathématiques, informatique et sciences de la Terre, le taux d’accès ouvert est quasi universel. En droit, en sciences politiques et en lettres, il reste inférieur à 50 %. Ces chiffres s’appliquent aux thèses de doctorat et non directement aux mémoires de master sur DUMAS, mais ils reflètent les mêmes logiques disciplinaires.

    Au niveau des établissements, plusieurs baromètres institutionnels documentent des taux supérieurs à la moyenne nationale. L’Université de Rennes affichait 79 % de publications 2024 en accès ouvert, soit 17 points au-dessus de la moyenne nationale ; Nantes Université atteignait 75,9 % pour ses publications 2023, La Rochelle Université 76,5 % et la Sorbonne Nouvelle plus de 70 % en 2024.

    Pour les mémoires de master spécifiquement, l’ABES indique que son réseau Thèses couvre 455 697 thèses de doctorat soutenues depuis 1985 et 77 900 thèses en préparation, sans publier de chiffre comparable pour les mémoires de master — ce qui traduit l’absence d’un suivi national systématique de ce type de travaux.

    Pourquoi de tels écarts entre académies ?

    Les disparités observées dans les taux de dépôt sur DUMAS ne sont pas le fruit du hasard. Plusieurs facteurs structurels expliquent la variabilité entre académies et entre établissements.

    Politiques institutionnelles hétérogènes

    L’adhésion à DUMAS est volontaire pour les mémoires de master. Certains établissements en font une étape administrative obligatoire, intégrée dans les procédures de validation de diplôme. D’autres la présentent comme optionnelle, laissant au directeur de mémoire ou à l’étudiant le soin de décider. En l’absence de cadrage national, les pratiques divergent considérablement.

    Capacités des services documentaires

    Le dépôt sur DUMAS ne s’effectue pas directement par l’étudiant dans la majorité des établissements : il est géré par les bibliothèques universitaires, qui vérifient la qualité des métadonnées et les autorisations de diffusion. Les bibliothèques sous-dotées en personnel ont souvent des délais de traitement plus longs, voire des collections moins exhaustives.

    Questions de confidentialité et de propriété intellectuelle

    Les mémoires de master réalisés en partenariat avec une entreprise (CIFRE, apprentissage, stage de fin d’études) contiennent fréquemment des données confidentielles. Dans ce cas, le dépôt sur DUMAS est impossible ou est limité à un accès restreint intranet. Les académies accueillant une forte proportion d’universités en lien avec le tissu industriel régional (Lyon, Grenoble, Toulouse) tendent à avoir des taux de dépôt en accès ouvert plus faibles pour les mémoires professionnels.

    Culture disciplinaire de la publication ouverte

    Comme le montrent les données disciplinaires, les sciences de la santé — dont les thèses d’exercice constituent une obligation de cursus — alimentent massivement DUMAS. Les facultés situées dans des CHU de grande taille (Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Lyon, Paris) concentrent donc naturellement un volume important de dépôts. À l’inverse, les universités spécialisées en droit ou en lettres (Paris 2, Paris 3, Paris-Sorbonne) présentent structurellement des taux plus faibles.

    Implications pratiques pour les étudiants en master

    Ces statistiques ont des conséquences directes pour tout étudiant qui s’interroge sur la visibilité et la pérennité de son travail de recherche.

    Vérifier si son université dépose sur DUMAS

    La première étape est de confirmer si votre établissement dispose d’une collection active sur DUMAS. Il suffit de se rendre sur dumas.ccsd.cnrs.fr et de chercher le nom de votre université dans la liste des collections. Si aucune collection n’existe, il sera nécessaire de se tourner vers d’autres dispositifs locaux (dépôt dans le catalogue de la bibliothèque universitaire, archive HAL institutionnelle).

    Le dépôt améliore la visibilité à long terme

    L’étude de décembre 2023 publiée dans HAL quantifie l’impact de l’accès ouvert sur la consultation des mémoires. Un mémoire déposé en 2012 cumulait en moyenne 746 vues, contre 85 pour un mémoire de 2022 — un écart lié à l’exposition temporelle. Les mémoires en gestion-management affichent une médiane de classement en téléchargements de 1,7 sur les 13 années analysées, indiquant une demande professionnelle durable bien au-delà de la soutenance.

    La licence Creative Commons est obligatoire

    Tout mémoire diffusé via DUMAS doit porter une licence Creative Commons, précisant les conditions de réutilisation autorisées. Cette obligation protège l’auteur tout en permettant une diffusion encadrée — un compromis important pour les étudiants souhaitant publier leurs résultats ultérieurement.

    Pour une vue d’ensemble des candidatures en master en France, les statistiques officielles des candidatures Mon Master 2026 permettent de contextualiser la démographie étudiante concernée par ces dépôts.

    Pour les étudiants souhaitant publier leur mémoire sur HAL ou DUMAS, le guide pratique publier son mémoire sur HAL/DUMAS étape par étape en 2026 détaille les démarches concrètes, de la création du compte HAL à la validation de la licence.

    Pour explorer l’ensemble des portails d’archives et ressources documentaires disponibles en 2026, l’annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn constitue une ressource de référence.

    FAQ

    Combien de mémoires sont déposés sur DUMAS en 2026 ?

    En janvier 2026, le portail DUMAS recense plus de 76 000 documents en texte intégral. Le nombre de dépôts annuels a atteint 11 000 en 2025, contre une centaine seulement en 2008. Cette croissance est portée par l’élargissement du réseau des établissements participants et par les politiques de science ouverte.

    Toutes les universités françaises participent-elles à DUMAS ?

    Non. En 2025, 54 universités françaises et une quarantaine de grandes écoles ont ouvert une collection institutionnelle dans DUMAS, sur les 75 universités que compte la France. La participation reste partielle et inégale selon les académies. Les établissements absents manquent souvent de ressources documentaires dédiées ou ont des mémoires à forte confidentialité professionnelle.

    Quelle discipline dépose le plus de mémoires sur DUMAS ?

    Les sciences de la santé (pharmacie, médecine, odontologie) représentent 53,5 % des documents présents sur DUMAS, selon l’analyse de 52 787 mémoires conduite en décembre 2023. Les sciences humaines et sociales comptent pour 41,1 %, et les sciences dures pour 5,4 %. La prépondérance des sciences de la santé s’explique par l’obligation de thèse d’exercice dans ces filières.

    Le dépôt sur DUMAS est-il obligatoire pour un mémoire de master ?

    Non, le dépôt sur DUMAS n’est pas imposé par la loi pour les mémoires de master. Il dépend de la politique propre à chaque établissement. En revanche, le dépôt des thèses de doctorat est obligatoire dans le réseau Thèses géré par l’ABES. Certaines universités intègrent le dépôt DUMAS à leurs procédures de validation de diplôme de master, d’autres le laissent optionnel.

    Quel est le taux d’accès ouvert pour les thèses de doctorat en France en 2026 ?

    Selon le Baromètre français de la Science Ouverte 2025 du MESR, 76 % des thèses de doctorat soutenues en France sont disponibles en accès ouvert. Ce taux varie fortement selon la discipline : quasi-universel en mathématiques ou informatique, inférieur à 50 % en droit ou en lettres. Il s’applique aux doctorats et non directement aux mémoires de master.

    Comment vérifier si mon université dépose sur DUMAS ?

    Rendez-vous directement sur dumas.ccsd.cnrs.fr et recherchez le nom de votre université dans la liste des collections institutionnelles. Si votre université n’apparaît pas, interrogez le service des bibliothèques universitaires de votre établissement : certains ont des dispositifs locaux équivalents ou peuvent vous orienter vers le portail HAL institutionnel.

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    Rédiger un mémoire de qualité suffisante pour être déposé sur DUMAS implique de soigner la structure, les citations et le style académique. Tesify accompagne les étudiants de master dans la rédaction et la vérification anti-plagiat de leur mémoire, pour qu’il soit non seulement validé par le jury mais aussi valorisé dans l’archive ouverte.

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