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  • theses.fr en chiffres 2026 : 563 354 thèses, et pourquoi son moteur ne peut pas compter vos mots-clés

    theses.fr en chiffres 2026 : 563 354 thèses, et pourquoi son moteur ne peut pas compter vos mots-clés

    Le chiffre d’abord. Au 16 août 2026, theses.fr référence 485 330 thèses soutenues et 78 024 thèses en préparation, soit 563 354 thèses au total, et 917 711 personnes liées à ces travaux — auteurs, directeurs, rapporteurs, membres de jury.

    Ces trois nombres sont affichés sur la page d’accueil du portail. Le quatrième vient de son interface de programmation, et c’est lui qui rend l’ensemble solide : une requête vide sur l’API renvoie totalHits: 563354, exactement la somme des deux sous-totaux publiés. Deux routes indépendantes, un accord au chiffre près.

    Mais cet article a un second objet, plus utile encore si vous rédigez en ce moment. Beaucoup d’étudiants utilisent le compteur de theses.fr pour justifier un choix de méthode — « 505 thèses françaises utilisent SPSS » — et cette phrase est fausse. Non parce que le portail se trompe, mais parce que son moteur ne fait pas ce qu’on croit. Voici la mesure, et la méthode pour ne plus vous faire prendre.

    Les chiffres, et ce qu’ils recouvrent

    Indicateur Valeur au 16/08/2026 Source
    Thèses soutenues 485 330 Page d’accueil theses.fr
    Thèses en préparation 78 024 Page d’accueil theses.fr
    Total référencé 563 354 Somme, confirmée par l’API
    Personnes liées aux thèses 917 711 Page d’accueil theses.fr

    Trois précisions que vous devez faire figurer si vous citez ces nombres.

    Ce sont des thèses de doctorat, pas des mémoires. Un mémoire de master n’y figure pas. Pour les mémoires, les dépôts sont ailleurs — DUMAS pour les travaux d’étudiants, HAL pour la production scientifique — et notre annuaire des portails de mémoires les recense.

    « En préparation » n’est pas « en cours ». Les 78 024 thèses en préparation correspondent à des sujets déclarés. Une partie de ces doctorats sera abandonnée, et un sujet déclaré il y a huit ans peut y figurer encore. C’est un stock de sujets enregistrés, pas un effectif de doctorants actifs — deux grandeurs que l’on confond très souvent.

    Le référencement n’est pas la disponibilité. Une thèse peut être signalée sans que son texte intégral soit accessible en ligne : embargo, diffusion restreinte à l’intranet de l’établissement, ou dépôt antérieur à la généralisation du dépôt électronique. Le nombre de thèses signalées excède donc largement le nombre de thèses que vous pouvez lire.

    Réconciliation arithmétique de deux sous-totaux avec le total affiché
    485 330 + 78 024 = 563 354, et l’API renvoie le même nombre. Deux routes qui concordent valent mieux qu’une source qui affirme.

    Le piège : ce que le compteur compte vraiment

    L’API de theses.fr renvoie, pour chaque requête, un champ totalHits. La tentation est irrésistible : tapez un terme, lisez le nombre, citez-le comme une mesure de prévalence.

    Commençons par le test que tout le monde connaît. Un moteur de recherche n’est pas un instrument de comptage tant qu’on n’a pas vérifié que son total réagit aux filtres : certains portails plafonnent leur compteur à une valeur fixe. Ici, le test passe :

    • q=*563 354
    • q=régression4 292

    Le nombre baisse, franchement. Le compteur n’est donc pas plafonné, et son total se réconcilie avec les chiffres officiels. À ce stade, tous les contrôles habituels sont au vert.

    Et pourtant le chiffre ne veut rien dire. Voici la mesure qui le démontre :

    Requête Résultats annoncés
    SPSS 505
    SPSSXchaîne qui ne désigne rien 496
    zzzqwertynotaword 0

    Un mot inventé, obtenu en ajoutant une lettre à SPSS, renvoie 496 résultats — soit 98 % du score du vrai terme. Le moteur ne cherche pas la chaîne que vous avez tapée : il applique une correspondance approximative, tolérante aux variations, conçue pour être généreuse quand un utilisateur fait une faute de frappe.

    La vérification directe achève la démonstration. En ouvrant les cinq premiers résultats de la requête SPSS et en cherchant la chaîne dans leur notice complète, un seul sur cinq la contient. Les quatre autres portent sur le frittage Spark Plasma Sintering, sur des Stream Processing Systems, et sur le polystyrène syndiotactique. Des sigles voisins, aucun rapport avec un logiciel de statistiques.

    Une recherche floue renvoie surtout des résultats hors sujet
    505 résultats pour SPSS, 496 pour un mot qui n’existe pas. Le compteur fonctionne ; il ne compte simplement pas ce que vous croyez.

    Une seconde limite : des paramètres silencieusement ignorés

    En interrogeant l’API avec un filtre de statut, on obtient :

    • sans filtre → 563 354
    • status=soutenue563 354
    • status=enCours563 354

    Les trois réponses sont identiques, alors que les chiffres officiels prouvent qu’elles devraient valoir 563 354, 485 330 et 78 024. Le paramètre n’est pas rejeté par une erreur : il est ignoré en silence, et la requête renvoie un HTTP 200 parfaitement normal. C’est le pire cas de figure, parce que rien n’avertit l’utilisateur que son filtre n’a pas été appliqué.

    Le test en trois questions, à appliquer à n’importe quel portail

    Généralisons, parce que ce problème ne concerne pas que theses.fr. Avant de citer un nombre issu d’un moteur de recherche — theses.fr, un catalogue de bibliothèque, une base de données bibliographique, un portail open data :

    1. Le compteur bouge-t-il ? Ajoutez un filtre. Si le total ne baisse jamais, il est plafonné ou ignoré : inutilisable.
    2. Une absurdité s’effondre-t-elle ? Interrogez une variante inventée de votre terme. Si elle renvoie un nombre du même ordre, la recherche est approximative et votre compte est du bruit. C’est le test que presque personne ne fait, et c’est celui qui a démasqué le cas ci-dessus.
    3. Les résultats contiennent-ils le terme ? Ouvrez les cinq premiers et vérifiez de vos yeux. Un compteur juste sur des documents faux reste un chiffre faux.

    Un nombre qui passe les trois est citable. Un nombre qui n’en passe que deux ne l’est pas — et le premier test seul, celui que la plupart des guides recommandent, ne suffit manifestement pas.

    Alors comment justifier un choix de méthode ?

    Le besoin de départ était légitime : vous vouliez écrire que votre approche est courante dans votre champ. Trois routes défendables remplacent le compteur :

    Citez des travaux, pas des totaux. « Cette approche a été mobilisée notamment par X (2023) et Y (2024) dans des travaux comparables » est plus solide, plus vérifiable et mieux reçu qu’un nombre invérifiable. Deux références réelles battent un compteur.

    Utilisez theses.fr pour ce qu’il fait très bien : trouver des thèses lisibles. Le portail est excellent pour identifier des travaux voisins du vôtre, repérer qui dirige des recherches sur votre sujet, et lire des chapitres de méthodologie déjà validés par un jury. Une thèse soutenue dans votre discipline est le meilleur modèle disponible pour votre propre section méthodologique. Le comparatif entre HAL et theses.fr précise lequel utiliser selon ce que vous cherchez.

    Appuyez-vous sur des sources statistiques conçues pour compter. Le service statistique du ministère publie des données sur le doctorat construites pour l’usage quantitatif — ce que notre article sur l’attractivité internationale du doctorat français exploite. La différence est de nature : un moteur de recherche indexe, un service statistique dénombre. Ne demandez pas au premier le travail du second.

    Ce que theses.fr indexe réellement

    Une dernière précision qui explique beaucoup. theses.fr est d’abord un outil de signalement : il décrit chaque thèse par ses métadonnées — titre, auteur, directeur, établissement, école doctorale, discipline, mots-clés, résumé lorsqu’il est fourni — et renvoie vers le texte intégral quand celui-ci est accessible.

    Conséquence directe pour votre recherche documentaire : un terme absent des métadonnées peut être omniprésent dans la thèse sans jamais apparaître dans vos résultats. Un doctorant qui a mené toutes ses analyses sous SPSS n’a aucune raison de le mentionner dans son titre ni dans ses mots-clés. C’est pourquoi les logiciels, les tests statistiques et les détails de protocole sont systématiquement sous-représentés, et pourquoi une recherche par méthode y est structurellement peu productive — indépendamment même du problème de correspondance approximative.

    Pour trouver des thèses par méthode, la voie efficace est de partir de la discipline et du sujet, puis d’ouvrir les textes intégraux et de lire leurs chapitres de méthodologie. C’est plus lent qu’une requête, et c’est la seule qui donne un résultat juste. Notre guide de rédaction d’une thèse de doctorat détaille ce que l’on peut en tirer.

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    Trouver les bonnes thèses n’est que la première moitié du travail. La seconde consiste à en tirer un état de l’art structuré, à situer votre travail par rapport à elles, et à écrire une méthodologie qui assume ses choix — avec des chiffres que vous pouvez défendre.

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    Questions fréquentes

    Combien y a-t-il de thèses référencées sur theses.fr ?

    Au 16 août 2026 : 485 330 thèses soutenues et 78 024 thèses en préparation, soit 563 354 au total, plus 917 711 personnes liées aux thèses. Le total renvoyé par l’API du portail correspond exactement à la somme des deux sous-totaux affichés en page d’accueil, ce qui est un bon indice de cohérence. Ces chiffres évoluant en continu, relevez-les vous-même le jour où vous les citez et datez la consultation.

    Puis-je écrire dans mon mémoire que X thèses utilisent SPSS ?

    Non. La requête SPSS renvoie 505 résultats, mais SPSSX — une chaîne qui ne désigne rien — en renvoie 496, et la plupart des premiers résultats ne contiennent pas le terme. Ce nombre ne mesure pas la prévalence d’un logiciel. Justifiez votre choix méthodologique par des travaux cités nommément.

    theses.fr indexe-t-il le texte intégral des thèses ?

    C’est avant tout un outil de signalement : il décrit les thèses par leurs métadonnées et renvoie vers le texte intégral quand il est accessible. Un mot absent du titre, des mots-clés et du résumé peut donc figurer partout dans la thèse sans jamais ressortir d’une recherche. Les détails méthodologiques sont, de ce fait, structurellement sous-représentés.

    Comment vérifier qu’un compteur de recherche est fiable ?

    Trois tests, dans cet ordre. Ajoutez un filtre et vérifiez que le total baisse. Interrogez une variante inventée de votre terme et vérifiez que le compte s’effondre. Ouvrez les premiers résultats et vérifiez que le terme y figure. Le premier test seul est insuffisant, comme le montre le cas décrit ici : un compteur peut réagir correctement aux filtres tout en dénombrant les mauvais documents.

    Quelle différence entre une thèse « en préparation » et un doctorant inscrit ?

    Un sujet déclaré n’est pas un doctorant actif. Les 78 024 thèses en préparation forment un stock de sujets enregistrés, dont une partie correspond à des doctorats abandonnés ou à des sujets anciens jamais retirés. Pour un effectif réel de doctorants inscrits, il faut se tourner vers les publications du service statistique du ministère, qui mesurent des inscriptions et non des déclarations de sujet.

    Puis-je citer theses.fr comme source dans ma bibliographie ?

    Oui, en le traitant comme une ressource en ligne : nom du portail, organisme responsable, URL et date de consultation. La date est indispensable ici, puisque les compteurs évoluent quotidiennement. Pour une thèse précise trouvée via le portail, citez la thèse elle-même — auteur, titre, année, établissement, et son identifiant national — et non le moteur qui vous a permis de la trouver.