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  • Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Plan de gestion des données (PGD/DMP) pour la thèse et le master : guide OPIDoR 2026

    Votre directeur de thèse vous demande un plan de gestion des données, l’ANR l’exige avant le premier versement, ou votre établissement vous y oblige en vertu d’un décret paru fin 2021 : dans tous ces cas, vous vous retrouvez face à un document dont personne ne vous a expliqué ni la structure, ni les enjeux réels. Le plan de gestion des données mémoire thèse 2026 n’est pas une formalité administrative de plus — c’est l’outil qui protège vos données, sécurise votre travail contre la perte accidentelle et démontre votre rigueur scientifique à tout jury ou évaluateur. Ce guide pratique vous donne tout ce qu’il faut savoir : cadre légal exact, outil OPIDoR, les sept rubriques standard et la procédure pas à pas pour rédiger votre premier PGD.

    Que vous soyez doctorant en début de thèse, masterant en M2 avec des données d’entretiens ou un jeu de données quantitatif, ou encore chercheur junior soumettant un projet ANR ou Horizon Europe, ce guide vous accompagne de la première rubrique à la validation finale. Les exigences ont évolué en 2026 : les établissements publics de recherche sont désormais soumis à une obligation légale explicite, et les financeurs européens ont renforcé leurs critères d’évaluation des DMP.

    En bref : Un plan de gestion des données (PGD ou DMP) est un document structuré en 7 rubriques qui décrit comment vous collectez, documentez, stockez, protégez et partagez vos données de recherche tout au long de votre projet. En France, le Décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021 le rend obligatoire dans les établissements publics de recherche. L’outil gratuit recommandé est DMP OPIDoR, opéré par l’INIST-CNRS.

    Le Décret n° 2021-1572 du 3 décembre 2021, publié au Journal officiel, définit les exigences d’intégrité scientifique applicables aux établissements publics contribuant au service public de la recherche ainsi qu’aux fondations reconnues d’utilité publique dont la recherche publique constitue l’activité principale. Son article 6 — confirmé par plusieurs universités françaises dans leur documentation interne — impose aux chercheurs de ces établissements de rédiger un plan de gestion des données dans le cadre de leurs projets de recherche.

    L’intégrité scientifique y est définie comme l’ensemble des règles et valeurs qui doivent régir les activités de recherche pour en garantir le caractère honnête et scientifiquement rigoureux. Le plan de gestion des données s’inscrit directement dans cette logique : il documente les choix méthodologiques relatifs aux données, rend la recherche reproductible, et prévient les risques de perte, de manipulation ou de mauvaise utilisation des données primaires.

    Pour les doctorants, ce décret s’applique dès le premier jour d’inscription. Pour les masterants en M2 réalisant un mémoire de recherche avec collecte de données empiriques, la rédaction d’un PGD — même simplifié — constitue une bonne pratique fortement encouragée par les écoles doctorales et les bibliothèques universitaires, et parfois exigée par les directeurs de mémoire.

    Point de vigilance : Le décret cible les établissements publics de recherche. Si vous êtes inscrit dans une grande école privée ou un organisme non soumis au service public de la recherche, vérifiez le règlement intérieur de votre établissement. En pratique, la quasi-totalité des écoles doctorales françaises ont intégré cette exigence dans leurs chartes.

    Qu’est-ce qu’un PGD/DMP ? Définition et enjeux

    Un plan de gestion des données (PGD en français, DMP pour Data Management Plan en anglais) est un document évolutif qui décrit, à chaque étape du cycle de vie de la recherche, comment les données sont collectées, traitées, documentées, stockées, protégées et, le cas échéant, partagées ou archivées à long terme. Il ne s’agit pas d’un document figé : le PGD s’actualise au fil du projet, notamment lors de changements méthodologiques ou de nouvelles contraintes éthiques identifiées en cours de terrain.

    Trois enjeux majeurs justifient la rédaction d’un PGD pour tout mémoire ou thèse comportant de la collecte de données :

    • Protection contre la perte : identifier dès le départ les stratégies de sauvegarde (règle 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site) protège des années de travail.
    • Conformité RGPD et éthique : toute collecte de données personnelles (entretiens, questionnaires avec données identifiantes) doit être encadrée par une base légale explicite et un protocole d’anonymisation documenté — voir à ce sujet le guide complet sur le protocole RGPD pour entretiens de mémoire 2026.
    • Valorisation et partage : un PGD bien rédigé facilite le dépôt dans un entrepôt de données certifié et la citation de vos données par d’autres chercheurs, renforçant l’impact de vos travaux.

    Le PGD s’inscrit dans le mouvement international pour la science ouverte et les données FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable). Ces quatre principes — trouvabilité, accessibilité, interopérabilité, réutilisabilité — constituent le socle de toute politique de gestion des données moderne, qu’il s’agisse d’une thèse de doctorat ou d’un grand projet de recherche financé par l’Union européenne.


    📊 Cycle de vie des données de recherche — Ressource interactive INIST-CNRS
    Source : DoRANum / INIST-CNRS — Licence CC BY-NC-SA

    OPIDoR : l’outil gratuit de l’INIST-CNRS

    DMP OPIDoR (Outil en ligne pour un Plan de gestion de données Ouvert et Réutilisable) est la plateforme de référence en France pour rédiger son plan de gestion des données. Opérée par l’INIST-CNRS (Institut de l’information scientifique et technique du Centre national de la recherche scientifique), elle est accessible gratuitement à l’adresse dmp.opidor.fr.

    OPIDoR propose plusieurs ressources adaptées aux étudiants comme aux chercheurs confirmés :

    • Modèles de plans publics : des gabarits préconfigurés selon le financeur (ANR, Horizon Europe) ou la discipline permettent de ne pas partir d’une page blanche.
    • Groupes de guidage : des ensembles de recommandations organisées par communauté disciplinaire, rédigées par des experts de domaine.
    • Plans publics en exemple : des PGD réels (anonymisés ou publics) illustrent ce qu’un plan finalisé doit contenir.
    • Glossaire et ressources pédagogiques : définitions des types de données de recherche, FAQ technique, accès API pour les établissements.

    Pour créer votre compte OPIDoR, rendez-vous sur dmp.opidor.fr et utilisez de préférence votre identifiant institutionnel (via la fédération d’identité éducation/recherche). Une fois connecté, sélectionnez le modèle correspondant à votre financeur ou, à défaut, le modèle générique. L’outil vous guidera rubrique par rubrique avec des questions directrices et des exemples de réponses.

    Pour compléter votre apprentissage de l’outil, la plateforme DoRANum (Données de la Recherche : Apprentissage NUMérique) propose un module interactif spécifiquement dédié à la prise en main d’OPIDoR, accessible sans inscription. De nombreuses bibliothèques universitaires françaises, comme celle d’Aix-Marseille Université, proposent également des tutoriels en quatre étapes rédigés par leur cellule Science ouverte — consultez notamment les ressources en ligne de l’AMU.

    Les 7 rubriques standard d’un DMP expliquées

    Quel que soit le modèle utilisé (ANR, Horizon Europe, institutionnel), un plan de gestion des données s’articule autour de sept rubriques fondamentales. Le tableau ci-dessous synthétise leur contenu et les questions directrices associées.

    Les 7 rubriques standard d’un plan de gestion des données
    # Rubrique Questions directrices
    1 Collecte et description des données Quels types de données ? Quels formats ? Quel volume estimé ? Des données existantes sont-elles réutilisées ?
    2 Documentation et métadonnées Quelles informations permettront d’interpréter les données dans 10 ans ? Quels standards de métadonnées (Dublin Core, DataCite) ?
    3 Stockage et sauvegarde Où les données sont-elles stockées ? Quelle stratégie de sauvegarde (règle 3-2-1) ? Qui a accès ? Quelle sécurité (chiffrement, ISO 27001) ?
    4 Éthique et conformité légale Y a-t-il des données personnelles (RGPD) ? Un comité d’éthique est-il requis ? Quelles conditions de confidentialité ? Quels consentements obtenus ?
    5 Conservation à long terme Quelles données méritent d’être conservées après le projet ? Pour combien de temps ? Dans quel entrepôt ? Quels formats pérennes (PDF/A, CSV, TIFF) ?
    6 Partage et diffusion Les données seront-elles ouvertes ou soumises à embargo ? Dans quel entrepôt (Zenodo, Recherche Data Gouv, Nakala) ? Quelle licence (Creative Commons) ?
    7 Responsabilités et ressources Qui est responsable de chaque tâche ? Quels coûts humains et techniques sont associés (stockage, curation) ?

    Rubrique 1 — Collecte et description des données

    Décrivez précisément la nature de vos données : données textuelles (transcriptions d’entretiens, notes de terrain), numériques (tableurs de mesures, bases de données statistiques), visuelles (photographies, vidéos) ou mixtes. Précisez les formats de fichier — privilégiez les formats ouverts (CSV, TXT, ODT) aux formats propriétaires (XLSX, DOCX) pour garantir la pérennité. Si vous réutilisez des données existantes (bases publiques, corpus en ligne), indiquez leur source et les conditions de réutilisation.

    Rubrique 4 — Éthique et conformité RGPD

    Cette rubrique est souvent celle qui demande le plus d’attention pour les masterants et doctorants en sciences humaines et sociales. Toute collecte de données personnelles (entretiens enregistrés, questionnaires comportant des données identifiantes directes ou indirectes) doit reposer sur une base légale explicite au sens du RGPD (article 6), généralement le consentement éclairé de la personne enquêtée. Documentez dans votre PGD : le formulaire de consentement utilisé, la procédure d’anonymisation ou de pseudonymisation, la durée de conservation des données brutes et les mesures de sécurité adoptées. Pour une méthodologie complète de mise en conformité, consultez notre guide détaillé sur le protocole RGPD pour entretiens de mémoire 2026.

    Rubrique 6 — Partage et diffusion

    Le partage des données est au cœur de la politique de science ouverte. En France, les principaux entrepôts recommandés sont Recherche Data Gouv (portail national généraliste), Nakala (données en SHS, opéré par la TGIR Huma-Num), et Zenodo (plateforme européenne du CERN, acceptant toutes les disciplines). Pour les thèses, le dépôt dans l’entrepôt de votre établissement est souvent possible en parallèle du dépôt institutionnel sur HAL/DUMAS. Pensez à appliquer une licence Creative Commons (CC BY 4.0 recommandée pour les données ouvertes) et à indiquer si un embargo temporaire est justifié (valorisation commerciale, données sensibles).

    Rédiger son PGD étape par étape

    Voici la procédure recommandée pour créer votre premier plan de gestion des données via OPIDoR, de la connexion à la validation finale.

    1. Créez votre compte OPIDoR : Rendez-vous sur dmp.opidor.fr et connectez-vous via votre identifiant institutionnel ou créez un compte avec votre adresse email universitaire. La connexion via la fédération d’identité éducation/recherche (eduGAIN) est recommandée si votre établissement la supporte.
    2. Sélectionnez ou créez un plan : Cliquez sur « Créer un plan ». Donnez-lui un titre explicite (ex. : PGD — Mémoire M2 Sociologie — Données d’entretiens sur les pratiques numériques — 2025-2026). Choisissez votre établissement dans la liste pour obtenir des recommandations contextualisées.
    3. Choisissez le bon modèle : OPIDoR propose des modèles spécifiques ANR, Horizon Europe, et des modèles institutionnels. Si votre recherche n’est pas financée par un appel à projets, sélectionnez le modèle générique Science Europe ou le modèle de votre établissement. Pour une thèse ANR, le modèle ANR 2023 est le plus récent disponible.
    4. Répondez aux 7 rubriques : Ne cherchez pas l’exhaustivité dès la première version. Répondez honnêtement en indiquant ce que vous savez, ce qui est incertain et ce qui reste à décider. L’outil accepte les réponses partielles ; le PGD sera complété au fil du projet. Chaque rubrique comporte des questions directrices et des exemples de réponses adaptées à votre discipline.
    5. Faites relire par votre bibliothèque universitaire : La plupart des BU françaises disposent d’un service dédié aux données de recherche (souvent rattaché à la cellule Science ouverte). Soumettez votre PGD pour relecture avant de le finaliser — c’est gratuit et les bibliothécaires-documentalistes connaissent les attentes des financeurs locaux.
    6. Exportez et déposez : OPIDoR permet d’exporter le PGD en PDF ou en JSON (pour interopérabilité avec d’autres outils). Si votre financeur exige un dépôt dans son espace dédié (portail ANR, espace projet Horizon Europe), exportez en PDF et déposez via l’interface du financeur. Conservez une copie dans votre dossier de projet.
    7. Mettez à jour à chaque jalon : Le PGD doit évoluer avec votre projet. Planifiez une révision à mi-parcours (ex. : après la collecte de données) et une révision finale (avant la soutenance ou la clôture du projet). Indiquez la date de dernière mise à jour sur la page de couverture du document.

    Exigences ANR et Horizon Europe en 2026

    Les deux principaux financeurs de la recherche pour les chercheurs et doctorants en France ont des politiques de gestion des données distinctes mais convergentes.

    ANR (Agence Nationale de la Recherche)

    L’ANR exige un plan de gestion des données pour tous les projets qu’elle finance depuis 2019. Le PGD doit être soumis dans les six premiers mois suivant le démarrage officiel du projet et mis à jour à chaque jalon. L’ANR s’appuie sur le modèle Science Europe, disponible directement dans OPIDoR sous la dénomination « modèle ANR ». Les données doivent respecter les principes FAIR et, dans la mesure du possible, être déposées dans un entrepôt certifié — l’ANR recommande prioritairement Recherche Data Gouv.

    Horizon Europe (Commission européenne)

    Le programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation Horizon Europe va plus loin : le PGD est obligatoire pour tous les projets financés, le premier livrable devant être soumis dans les six premiers mois. La Commission européenne exige que les données soient « aussi ouvertes que possible, aussi fermées que nécessaire » (as open as possible, as closed as necessary). Le modèle Horizon Europe est disponible dans OPIDoR et intègre des sections spécifiques sur les logiciels et codes sources. Un embargo peut être accordé pour des données commercialement sensibles ou soumises à des contraintes éthiques légitimes, mais doit être explicitement justifié dans le PGD.

    Conseil pratique : Si vous êtes doctorant dans un laboratoire porteur d’un contrat ANR ou Horizon Europe, votre PGD de thèse peut être aligné avec le PGD du projet. Demandez à votre directeur de thèse ou au responsable scientifique du projet si un PGD de contrat existe — vous pourrez vous en inspirer pour votre propre document.

    Erreurs fréquentes à éviter

    L’analyse des plans soumis par des doctorants et masterants français révèle un ensemble d’erreurs récurrentes que l’on peut facilement éviter avec une bonne information préalable.

    • Rédiger le PGD une seule fois et ne jamais le mettre à jour : Le plan est conçu comme un document évolutif. Un PGD non actualisé depuis la phase de conception ne correspond plus à la réalité du terrain.
    • Omettre la rubrique éthique/RGPD : Beaucoup d’étudiants considèrent que leurs données ne sont « pas vraiment personnelles » car anonymisées a posteriori. Rappel : dès que vous collectez des données sur des individus identifiables — même temporairement — le RGPD s’applique. Documentez chaque étape de l’anonymisation.
    • Choisir des formats de fichiers propriétaires pour l’archivage : Stocker vos données définitives uniquement en .xlsx ou .docx expose à une inaccessibilité future. Convertissez en formats pérennes (CSV, TXT, PDF/A) pour l’archivage long terme. Consultez également notre guide sur la publication de mémoire sur HAL/DUMAS pour comprendre les exigences de format à l’étape du dépôt.
    • Ne pas indiquer de responsable clairement identifié : La rubrique 7 est souvent expédiée. Pour une thèse individuelle, le doctorant est certes le principal responsable, mais précisez le rôle du directeur de thèse, du laboratoire et de la bibliothèque dans la chaîne de conservation.
    • Négliger l’évaluation des coûts : Stocker des téraoctets de données vidéo sur un serveur institutionnel a un coût. Anticiper ces ressources dans le PGD, même approximativement, montre la maturité de votre approche aux évaluateurs.
    • Confondre entrepôt de données et archive institutionnelle : HAL et DUMAS sont des archives pour les publications et mémoires ; elles ne sont pas conçues pour héberger des jeux de données bruts. Utilisez un entrepôt dédié (Zenodo, Recherche Data Gouv, Nakala) pour vos données primaires.

    FAQ — Plan de gestion des données mémoire thèse 2026

    Le plan de gestion des données est-il obligatoire pour un mémoire de master ?

    Pour un mémoire de master, le PGD n’est pas encore légalement obligatoire au sens du Décret 2021-1572 (qui cible les chercheurs des établissements publics). Cependant, de nombreux directeurs de mémoire l’exigent dès que le mémoire comporte une collecte de données empiriques (entretiens, questionnaires, observation). À minima, sa rédaction est vivement recommandée : elle structure la démarche, protège le travail contre la perte de données et constitue un atout lors de la soutenance.

    OPIDoR est-il le seul outil pour rédiger un DMP en France ?

    Non. D’autres outils existent, comme DMPonline (développé par le DCC britannique) ou RDMO (Research Data Management Organiser). Cependant, OPIDoR est l’outil de référence recommandé par la grande majorité des universités françaises, les bibliothèques universitaires et l’ANR, car il est opéré par l’INIST-CNRS, disponible en français et intègre des modèles adaptés au contexte de la recherche française et européenne.

    Quelle est la différence entre un PGD et un registre des traitements RGPD ?

    Le PGD couvre l’intégralité du cycle de vie des données de recherche (collecte, documentation, stockage, partage, archivage) et a une finalité scientifique et institutionnelle. Le registre des traitements RGPD est un document juridique spécifique, tenu par le délégué à la protection des données (DPO) de l’établissement, qui recense les traitements de données personnelles. Les deux documents sont complémentaires : la rubrique 4 de votre PGD (éthique et conformité légale) doit être cohérente avec ce que le DPO a enregistré pour votre projet.

    Que faire si mes données sont confidentielles et ne peuvent pas être partagées ?

    La politique de science ouverte est « aussi ouverte que possible, aussi fermée que nécessaire ». Si vos données sont confidentielles (données cliniques identifiables, données issues d’entreprises sous accord de confidentialité, données sensibles relevant de l’article 9 du RGPD), vous pouvez opter pour un accès restreint ou un embargo dans votre PGD. L’essentiel est d’expliquer clairement la raison de cette restriction, sa durée et la procédure d’accès pour les chercheurs légitimes. OPIDoR prévoit ces options dans ses modèles.

    Combien de pages doit faire un PGD pour une thèse ?

    Il n’existe pas de norme de longueur fixe. Un PGD de thèse pour un projet individuel en SHS avec des entretiens semi-directifs tient généralement en 5 à 10 pages. Un projet en sciences expérimentales avec de grands volumes de données (imagerie, séquençage) peut nécessiter 15 à 20 pages. Pour un mémoire de master, un PGD simplifié de 2 à 4 pages suffit dans la plupart des cas. L’ANR et Horizon Europe n’imposent pas de limite de pages mais évaluent la qualité et la complétude des réponses.

    Quels entrepôts de données sont recommandés pour les chercheurs en France ?

    Recherche Data Gouv est le portail national généraliste soutenu par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche — il est recommandé en premier lieu par l’ANR. Nakala (TGIR Huma-Num) est spécialisé dans les données en sciences humaines et sociales. Zenodo (CERN) est une solution européenne pluridisciplinaire, gratuite, attribuant des DOI. Pour les disciplines spécifiques, le registre re3data.org répertorie plus de 2 000 entrepôts certifiés et permet de filtrer par discipline, pays et type de données.

    Le plan de gestion des données doit-il figurer en annexe de la thèse ou du mémoire ?

    Non, le PGD n’est pas un appendice de la thèse ou du mémoire : c’est un document de gestion de projet qui reste dans l’espace de travail du chercheur et de son établissement. Il n’est pas soumis au jury de soutenance. En revanche, vous pouvez vous appuyer sur son contenu pour rédiger la section méthodologique de votre chapitre sur le terrain (description des données, procédures de collecte, mesures éthiques), ce qui renforce la rigueur de votre texte académique.

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  • Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Modèle de plan de gestion des données (PGD) ANR 2026

    Depuis le plan d’action 2019 de l’Agence nationale de la recherche (ANR), tout projet financé par l’agence doit être accompagné d’un plan de gestion des données (PGD) — ou data management plan (DMP) en anglais. Ce document vivant décrit comment les données produites dans le cadre d’un projet seront collectées, documentées, stockées, partagées et préservées tout au long du cycle de recherche. Pourtant, beaucoup de doctorants et de maîtres de conférences découvrent la contrainte au dernier moment, faute d’un modèle clair à portée de main. Cet article propose un modèle structuré, section par section, conforme aux exigences actuelles de l’ANR pour 2026.

    Que vous rédigiez une thèse à l’Université Paris Cité, à Aix-Marseille Université ou à Sciences Po, et que votre laboratoire soit rattaché à l’ANR ou à Horizon Europe, le PGD répond désormais à des standards formels. La plateforme nationale DMP OPIDoR, hébergée par Inist-CNRS, met à disposition un modèle structuré en français directement aligné sur les attentes de l’ANR — et il est gratuit.

    En bref : Le PGD ANR 2026 comporte six sections obligatoires, se rédige sur DMP OPIDoR en sélectionnant le financeur ANR, et doit être soumis en trois versions (T0+6 mois, mi-parcours, clôture). L’ANR applique le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ».

    1. Pourquoi le PGD est devenu incontournable en 2026

    La science ouverte n’est plus un simple idéal militant : elle est désormais inscrite dans le paysage institutionnel français. Le Plan national pour la science ouverte (PNSO), piloté par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), fait de la gestion des données un axe stratégique. Parallèlement, Horizon Europe — le programme-cadre européen — exige lui aussi un DMP pour la quasi-totalité des projets qu’il finance.

    Concrètement, pour tout projet ANR dont le démarrage scientifique intervient à partir du plan d’action 2019, la production d’un PGD conditionne le versement final des financements. L’agence a précisé ses attentes via sa FAQ officielle sur le PGD : le document n’est pas une formalité administrative, mais un véritable outil de pilotage des données qui évolue avec le projet.

    Webinaire EcoDoR : prise en main de DMP OPIDoR pour créer son plan de gestion des données, section par section.

    Au-delà de l’obligation formelle, rédiger un PGD présente des avantages concrets :

    • Anticiper les questions de stockage et de sauvegarde avant qu’elles ne deviennent des urgences ;
    • Clarifier dès le départ les droits d’accès aux données entre partenaires du consortium ;
    • Faciliter la réutilisation des données par d’autres équipes après la clôture du projet ;
    • Démontrer aux évaluateurs et aux jurys de thèse que la démarche de recherche respecte les principes FAIR (Trouvable, Accessible, Interopérable, Réutilisable).

    Pour les doctorants qui s’interrogent sur la structure globale de leur projet de recherche, l’article justifier le choix de sa méthodologie dans un mémoire 2026 apporte des repères complémentaires sur l’articulation entre terrain, données et cadre théorique.

    2. DMP OPIDoR : l’outil officiel recommandé par l’ANR

    DMP OPIDoR (Data Management Plan for the Optimization of Sharing and Interoperability of Research Data) est la plateforme nationale de référence pour rédiger des PGD en France. Hébergée et maintenue par Inist-CNRS, elle est construite sur le code open source DMPRoadmap et mise à disposition gratuitement de l’ensemble de la communauté ESR.

    Principales fonctionnalités de DMP OPIDoR
    Fonctionnalité Détail
    Modèles prédéfinis ANR, CNRS, Science Europe, Horizon Europe, modèles institutionnels
    Collaboration Co-propriétaire, éditeur, lecture seule — travail en équipe possible
    Machine-actionable Export JSON/maDMP pour interopérabilité avec data.gouv et autres systèmes
    Formats d’export PDF, DOCX, HTML, JSON — pour dépôt dans les systèmes de l’ANR
    Recommandations guidées Exemples et conseils affichés pour chaque champ du questionnaire
    Nouveauté 2025–2026 Partage automatisé du contenu PGD structuré vers l’ANR directement depuis la plateforme

    Pour accéder au modèle ANR, connectez-vous sur dmp.opidor.fr, créez un nouveau plan et sélectionnez « Agence nationale de la recherche (ANR) » comme financeur. Le modèle structuré officiel, disponible en français et en anglais, se charge automatiquement.

    Depuis juin 2025, une nouvelle fonctionnalité de partage automatisé permet à un porteur de projet de transmettre le contenu du PGD structuré directement à l’ANR depuis l’interface — sans export manuel ni envoi par courriel, selon l’annonce officielle de l’ANR.

    3. Les six sections du modèle ANR : contenu et exemples

    Le modèle ANR structuré comprend six sections. Voici, pour chacune, les questions clés, les éléments attendus et un exemple de formulation.

    Section 1 — Informations générales

    Ce qu’on y met : titre du projet, acronyme, numéro ANR, durée, porteur principal, établissement hébergeur, partenaires.

    Exemple de formulation : « Projet ANR-25-XXXX-0001 « NeuroCog », durée 48 mois, porteur : Université de Bordeaux, partenaires : INSERM U1234, CEA Paris-Saclay. »

    Section 2 — Description des données

    Ce qu’on y met : types de données produites ou réutilisées (textuelles, numériques, images, enregistrements), volume estimé, formats de fichiers, méthodes de collecte.

    Exemple : « Données primaires : entretiens semi-directifs (n=40, format WAV, ~2 Go) et questionnaires en ligne (CSV, ~5 000 lignes). Données secondaires : bases de données INSEE réutilisées sous licence Open Data. »

    Si vous conduisez des entretiens impliquant des personnes physiques, la section données doit renvoyer à votre protocole d’anonymisation. L’article protocole RGPD pour les entretiens de mémoire 2026 fournit un modèle d’anonymisation directement applicable.

    Section 3 — Documentation et qualité

    Ce qu’on y met : métadonnées utilisées (Dublin Core, DataCite, schémas disciplinaires), standards de nommage des fichiers, dictionnaire des variables, procédures de contrôle qualité.

    Exemple : « Métadonnées conformes au schéma DataCite 4.5. Convention de nommage : AAAA-MM-JJ_NomParticipant_Type.ext. Contrôle qualité : double saisie et vérification par le data manager en fin de collecte. »

    Section 4 — Stockage et sauvegarde en cours de recherche

    Ce qu’on y met : infrastructure de stockage (serveurs institutionnels, cloud sécurisé), fréquence des sauvegardes, politique de sauvegarde 3-2-1, responsable des sauvegardes.

    Exemple : « Données stockées sur le serveur NAS du laboratoire (redondance RAID-6) et répliquées quotidiennement sur le cloud institutionnel OVH hébergé en France. Accès restreint aux membres du projet par authentification double facteur. »

    Section 5 — Exigences légales et éthiques

    Ce qu’on y met : données à caractère personnel (RGPD), accord du comité d’éthique le cas échéant, droits de propriété intellectuelle, licences d’utilisation des données sources, confidentialité industrielle.

    Exemple : « Les entretiens impliquent des données personnelles traitées conformément au RGPD. Registre de traitement déposé auprès du DPO de l’établissement. Consentement éclairé signé par chaque participant. Les données anonymisées seront diffusées sous licence CC BY 4.0. »

    Pour aller plus loin sur les enjeux d’intégrité, consultez l’article charte d’intégrité scientifique en thèse 2026 qui détaille ce que dit la loi et les sanctions encourues.

    Section 6 — Partage et conservation à long terme

    Ce qu’on y met : entrepôt de dépôt choisi (Zenodo, Nakala, Recherche Data Gouv, entrepôt disciplinaire), identifiant pérenne (DOI, ARK), embargo éventuel, modalités d’accès après clôture du projet.

    Exemple : « Les données anonymisées seront déposées dans l’entrepôt national Recherche Data Gouv avec un DOI DataCite. Embargo de 24 mois pour les données liées à des brevets en cours. Accès libre en fin d’embargo sous licence CC BY 4.0. »

    Pour retrouver facilement les entrepôts institutionnels et disciplinaires disponibles en France, l’article annuaire des portails de mémoires HAL, DUMAS, theses.fr et Cairn 2026 recense les principales plateformes de dépôt.

    4. Calendrier de soumission et versions successives

    L’ANR attend trois versions successives du PGD tout au long du projet :

    Calendrier des versions PGD selon l’ANR
    Version Échéance Contenu attendu
    Version initiale T0 + 6 mois Description prévisionnelle des données, infrastructure choisie, cadre légal identifié
    Mise à jour mi-parcours Projets > 30 mois uniquement Actualisation des volumes, des formats, des changements de partenaires ou d’entrepôt
    Version finale Date de clôture scientifique Bilan des données effectivement produites, DOI des dépôts réalisés, accès déclaré

    Le versionnement est géré nativement dans DMP OPIDoR : chaque modification peut être annotée, et l’historique est conservé. La version finale conditionne le versement des derniers financements ANR — ne la négligez donc pas.

    5. Dix conseils pratiques pour rédiger un PGD solide

    1. Commencez dès la signature de la convention ANR.

      N’attendez pas T0+5 mois pour ouvrir votre plan sur DMP OPIDoR. Rédiger tôt permet d’identifier les lacunes dans la gestion des données avant qu’elles ne coûtent du temps ou de l’argent.

    2. Choisissez le modèle ANR structuré, pas le modèle libre.

      Sur DMP OPIDoR, deux modèles ANR coexistent : un modèle texte libre (héritage du PDF de 2019) et un modèle structuré machine-actionable. L’ANR recommande depuis 2023 le modèle structuré, qui facilite le partage automatisé avec l’agence.

    3. Nommez un responsable des données dans l’équipe.

      Le PGD doit identifier clairement qui est en charge de la sauvegarde, de la documentation et du dépôt final. Dans les gros consortiums, c’est souvent un ingénieur de recherche ou un data manager dédié.

    4. Soyez précis sur les formats.

      Préférez les formats ouverts et pérennes : CSV plutôt que .xlsx, TIFF ou PNG plutôt que formats propriétaires, PDF/A pour les documents textuels. Les formats propriétaires sont acceptés mais doivent être justifiés.

    5. Distinguez données brutes et données traitées.

      La section 2 doit différencier les données primaires (collectées directement) des données secondaires (réutilisées d’une source tierce) et des données dérivées (produites par traitement des données primaires).

    6. Anticipez les contraintes RGPD dès la section 5.

      Si votre projet implique des données personnelles (entretiens, questionnaires, données de santé), consultez votre DPO (délégué à la protection des données) institutionnel avant de rédiger cette section. Un PGD incomplet sur les aspects éthiques peut bloquer le projet.

    7. Choisissez un entrepôt adapté à votre discipline.

      Recherche Data Gouv est l’entrepôt généraliste national. Pour des disciplines spécifiques, des entrepôts certifiés existent : NAKALA pour les sciences humaines et sociales, SEANOE pour les sciences marines, GenBank pour les données génomiques.

    8. Attribuez un identifiant pérenne.

      Lors du dépôt des données, assurez-vous qu’un DOI ou un ARK est attribué automatiquement par l’entrepôt. Cet identifiant sera à reporter dans la version finale de votre PGD et dans les publications issues du projet.

    9. Justifiez les données non ouvertes.

      L’ANR n’impose pas l’ouverture totale. Pour les données sensibles ou couvertes par un brevet, indiquez la durée d’embargo et les conditions d’accès restreint. Une justification claire vaut mieux qu’une case laissée vide.

    10. Exploitez les ressources de formation de DoRANum.

      La plateforme DoRANum propose des tutoriels vidéo, des guides disciplinaires et des webinaires sur la rédaction de PGD structurés — gratuitement, en français. Un investissement de deux heures évite beaucoup d’allers-retours avec le correspondant science ouverte de l’ANR.

    Si votre mémoire de master inclut une collecte de données avec questionnaire, les principes abordés dans l’article sur construire une échelle de Likert valide pour son mémoire 2026 s’appliquent directement à la section 2 (description et qualité des données).

    FAQ

    Le PGD ANR est-il obligatoire pour tous les projets ?

    Oui, pour tous les projets financés par l’ANR à partir du plan d’action 2019. Une première version est attendue dans les six mois suivant le démarrage scientifique, avec une mise à jour à mi-parcours pour les projets de plus de 30 mois, et une version finale à la clôture. L’absence de PGD peut conditionner le versement final des financements.

    Quel outil utiliser pour rédiger un PGD ANR ?

    L’ANR recommande DMP OPIDoR, la plateforme nationale hébergée par Inist-CNRS. En sélectionnant le financeur ANR à la création, vous accédez directement au modèle structuré officiel en français ou en anglais.

    Combien de versions du PGD faut-il soumettre à l’ANR ?

    En règle générale, trois versions : une initiale à T0+6 mois, une mise à jour à mi-parcours (projets de plus de 30 mois), et une version finale à la clôture du projet. Le versionnement est géré automatiquement dans DMP OPIDoR.

    Les données doivent-elles obligatoirement être ouvertes dans un PGD ANR ?

    Non. L’ANR applique le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire ». Vous pouvez justifier la restriction d’accès (données personnelles, confidentialité industrielle, brevets en cours) et indiquer un embargo ou un accès restreint dans la section partage et conservation.

    Un doctorant non financé par l’ANR doit-il rédiger un PGD ?

    L’obligation réglementaire s’applique aux projets ANR et Horizon Europe. Cependant, de nombreuses universités (Paris Cité, Sorbonne, Aix-Marseille) recommandent ou imposent un PGD dans leur règlement de doctorat pour encourager les bonnes pratiques de science ouverte.

    Quelle est la différence entre un PGD et un DMP ?

    PGD (plan de gestion des données) est le terme français ; DMP (data management plan) est son équivalent anglais. En France, les deux termes désignent le même document. La plateforme nationale s’appelle DMP OPIDoR, mais son interface est disponible en français.

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