Étiquette : p-value

  • Un article publié sur deux contient un p incohérent : ce que statcheck mesure, et comment vérifier les vôtres (2026)

    Un article publié sur deux contient un p incohérent : ce que statcheck mesure, et comment vérifier les vôtres (2026)

    Un article de psychologie publié sur deux contient au moins un p incompatible avec la statistique et les degrés de liberté rapportés à côté de lui. Un sur huit contient une incohérence assez grave pour avoir pu changer la conclusion.

    Ce n’est pas une estimation. C’est le résultat d’un dépouillement automatisé de plus de 250 000 valeurs de p publiées dans huit grandes revues de psychologie entre 1985 et 2013, réalisé par Nuijten, Hartgerink, van Assen, Epskamp et Wicherts au moyen d’un programme nommé statcheck (Behavior Research Methods, vol. 48, p. 1205-1226).

    Une étude antérieure de Bakker et Wicherts, sur 281 articles, aboutissait à des ordres de grandeur cohérents : environ 18 % des résultats statistiques y étaient incorrectement rapportés, et environ 15 % des articles contenaient au moins une conclusion qui s’inversait après recalcul (Behavior Research Methods, vol. 43, p. 666-678).

    Ces chiffres portent sur des articles relus par des pairs, écrits par des chercheurs professionnels. La question qu’ils posent à un mémoire est simple : et vous, avez-vous vérifié ?

    Les chiffres, et ce qu’ils ne disent pas

    Mesure Valeur Corpus
    Articles avec ≥ 1 p incohérent la moitié 8 revues de psychologie, 1985-2013
    Articles avec une incohérence grave, susceptible d’avoir changé la conclusion un sur huit même corpus
    Valeurs de p examinées plus de 250 000 même corpus
    Résultats statistiques incorrectement rapportés ≈ 18 % 281 articles (Bakker & Wicherts)
    Articles dont au moins une conclusion s’inverse après recalcul ≈ 15 % même corpus

    Deux précisions honnêtes, parce qu’elles conditionnent l’usage que vous pouvez faire de ces nombres.

    Le champ est la psychologie anglophone publiée. Les auteurs ne prétendent pas généraliser à toutes les disciplines, et la prévalence pourrait différer ailleurs. Ce qui est transposable, ce n’est pas le pourcentage : c’est le mécanisme, qui ne dépend ni de la langue ni du champ.

    Il n’existe pas, à notre connaissance, d’équivalent français portant sur des mémoires de master. Nous ne citerons donc aucun taux d’erreur pour les mémoires — il faudrait l’inventer. Ce que l’on peut dire sans se tromper, c’est que les conditions qui produisent ces erreurs dans les articles publiés sont toutes réunies, et plutôt aggravées, dans un mémoire rédigé en quelques semaines par une personne seule.

    Un article sur deux contient au moins une incohérence, un sur huit une incohérence grave
    Un article sur deux, une incohérence ; un sur huit, une incohérence qui a pu changer la conclusion.

    Pourquoi c’est vérifiable — et pourquoi presque personne ne le fait

    Un résultat de test rapporté correctement contient trois éléments : la statistique, ses degrés de liberté et la probabilité. Or ces trois éléments ne sont pas indépendants : p se déduit exactement des deux autres. Écrire t(48) = 2,14 ; p = 0,004 est donc une impossibilité arithmétique, au même titre qu’une addition fausse — la valeur correcte est proche de 0,037.

    Statistique, degrés de liberté et p forment un triplet dont la cohérence se recalcule
    Le triplet est redondant : c’est cette redondance qui rend le contrôle possible en dix minutes.

    C’est exactement ce que fait statcheck : il repère dans un texte les résultats écrits au format standard, recalcule chaque p et signale les écarts. L’outil est disponible en ligne sur statcheck.io et sous forme de bibliothèque R.

    Une réserve pratique : il est conçu pour la notation anglophone, avec un point décimal et des symboles latins non accentués. Sur un mémoire rédigé en français, avec des virgules décimales et parfois des espaces insécables, attendez-vous à ce qu’il ne reconnaisse pas une partie de vos résultats. Le contrôle manuel décrit plus bas prend dix minutes et ne dépend d’aucun outil.

    D’où viennent les erreurs

    Aucune ne suppose la moindre intention. Toutes viennent de la copie.

    • La retranscription à la main. Le nombre est lu dans un tableau à l’écran et retapé dans le traitement de texte. Un chiffre saute, une décimale se déplace.
    • La mauvaise ligne. Le tableau du test t en contient deux ; le tableau de l’ANOVA en contient une par effet plus une pour l’erreur. Copier la ligne voisine est l’erreur la plus fréquente, et elle est invisible à la relecture — voyez notre annuaire des tableaux de sortie SPSS, qui indique pour chacun la cellule à prendre.
    • Le modèle qui a changé. Vous ajoutez une covariable, vous relancez, vous mettez à jour le tableau — et vous oubliez la phrase du paragraphe précédent, qui garde les anciens chiffres.
    • Les degrés de liberté recopiés d’un autre test. Fréquent dès qu’un chapitre enchaîne plusieurs analyses sur des sous-échantillons de tailles différentes.
    • L’arrondi mal placé. Écrire p = 0,05 pour un p de 0,0503 change une conclusion binaire sans changer un seul chiffre significatif.
    • Le « ,000 » recopié tel quel. p = 0,000 n’existe pas ; la forme correcte est p < 0,001. C’est l’erreur la plus visible d’un chapitre résultats.

    Un détail rassurant du corpus étudié : les incohérences graves y étaient plus fréquentes parmi les résultats déclarés significatifs que parmi les non significatifs. Rassurant, parce que cela indique où concentrer votre vérification — sur ce qui porte vos conclusions.

    Le contrôle en dix minutes

    Ouvrez un tableur, listez chacun de vos résultats en une ligne, et recalculez. Les fonctions ci-dessous existent dans Google Sheets sous leur nom anglais, et dans Excel sous un nom qui dépend de la langue de l’interface.

    Test Ce que vous rapportez Formule de recalcul
    Test t t(ddl), p T.DIST.2T(ABS(t); ddl) — en français LOI.STUDENT.BILATERALE
    ANOVA / F F(ddl1, ddl2), p F.DIST.RT(F; ddl1; ddl2) — en français LOI.F.DROITE
    Khi-deux χ²(ddl), p CHISQ.DIST.RT(chi2; ddl) — en français LOI.KHIDEUX.DROITE
    Corrélation r, n, p Convertir en t = r√((n−2)/(1−r²)), puis comme un test t avec n−2 ddl

    Un écart à la troisième décimale est un arrondi, pas une erreur. Un écart qui déplace le résultat de part et d’autre de 0,05 est à corriger immédiatement.

    Ajoutez ensuite quatre vérifications que le calcul ne couvre pas :

    1. La chaîne des effectifs. Le N de la méthode, le N du tableau descriptif et les ddl de chaque test doivent se déduire les uns des autres. Pour un test t sur groupes indépendants, ddl = n₁ + n₂ − 2 ; si vous avez appliqué la correction de Welch, les ddl sont décimaux et la règle ne s’applique plus.
    2. Le sens de l’effet. La phrase dit « le groupe expérimental obtient un score supérieur » ; vérifiez que les moyennes du tableau vont bien dans ce sens. L’inversion est fréquente quand le codage du groupe est 0/1 et que la référence a changé en cours de route.
    3. La correspondance texte-tableau. Chaque nombre cité dans le texte doit figurer à l’identique dans son tableau. Relisez en pointant les deux avec le doigt, littéralement.
    4. Le nombre de tests annoncés. Si la méthode annonce trois comparaisons et que les résultats en présentent sept, ce n’est plus un problème de recopie mais de plan d’analyse — la question rejoint alors celle du choix entre plusieurs tests séparés et une analyse multivariée.

    Ce que cela change pour votre mémoire

    Trois conséquences pratiques.

    Sur votre propre texte : ce contrôle est le meilleur rapport temps / risque de toute la relecture. Il coûte dix minutes, il porte sur les nombres exacts que le jury lit en premier, et une incohérence repérée en soutenance jette un doute sur l’ensemble du chapitre. Intégrez-le à votre check-list de relecture finale.

    Sur les articles que vous citez : si votre revue de littérature repose sur un résultat unique et spectaculaire, recalculez-le. C’est faisable en trente secondes et cela vous évite de bâtir une hypothèse sur une coquille. La logique est la même que celle qui préside à l’évaluation critique dans une méta-analyse, où l’extraction des données est systématiquement contrôlée à deux.

    Sur ce que vous pouvez en écrire : ce constat est un argument légitime en discussion, à condition d’être cité correctement et de ne pas être surinterprété. Une erreur de recopie n’est pas une fraude ; c’est une défaillance de procédure, et elle se corrige par des procédures — vérification systématique, sorties conservées en annexe, chiffres produits par le logiciel plutôt que retapés. C’est l’esprit des chartes d’intégrité scientifique, qui parlent de traçabilité bien avant de parler de faute.

    Trois habitudes qui suppriment le problème à la source

    • Ne retapez jamais un nombre. Copiez-collez depuis la sortie, puis reformatez. Chaque saisie manuelle est une occasion d’erreur.
    • Écrivez le résultat complet dès le premier jet — statistique, ddl, p, taille d’effet, intervalle. Compléter après coup, à partir d’une sortie relancée entre-temps, est la situation qui produit le plus d’incohérences.
    • Datez vos sorties. Si vous relancez une analyse, la version précédente doit disparaître du dossier de travail, faute de quoi vous recopierez un jour la mauvaise.

    Et un rappel qui vaut au-delà de l’arithmétique : un p exact reste un p. Le vérifier ne dispense ni de rapporter la taille d’effet et son intervalle de confiance, ni de savoir ce qu’un seuil de signification autorise réellement à conclure, ni de traiter correctement un résultat non significatif.

    Relire les chiffres, puis relire le texte

    Le contrôle arithmétique prend dix minutes. Ce qui prend du temps, c’est la mise en cohérence de l’ensemble : que la méthode annonce ce que les résultats présentent, que la discussion n’aille pas au-delà de ce que les chiffres autorisent, et que le vocabulaire reste le même d’un chapitre à l’autre.

    Tesify travaille avec vous sur cette cohérence : structurer le chapitre résultats à partir de vos propres sorties, aligner méthode, résultats et discussion, et signaler les affirmations que vos données ne soutiennent pas. Vos données restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Mettre votre mémoire au carré avec Tesify

    Questions fréquentes

    Ces chiffres valent-ils pour ma discipline ?

    Le corpus étudié est celui de la psychologie anglophone. Aucune donnée équivalente n’existe, à notre connaissance, pour la gestion, les sciences de l’éducation ou les mémoires paramédicaux français. Ce qui se transpose est le mécanisme — la recopie manuelle d’un triplet redondant — et non le pourcentage.

    Dois-je citer statcheck dans mon mémoire ?

    Si vous l’utilisez sur votre propre texte, ce n’est pas nécessaire : c’est un outil de relecture, pas une méthode d’analyse. Si vous en citez les résultats en discussion, référencez l’article de Nuijten et ses collègues, pas le site.

    Mon p recalculé diffère de 0,002 de celui de SPSS. Est-ce grave ?

    Non. Un écart de cet ordre vient de l’arrondi de la statistique que vous avez saisie : SPSS calcule sur la valeur complète, vous recalculez sur deux décimales. Seuls comptent les écarts qui changent la lecture, en particulier ceux qui traversent le seuil retenu.

    Faut-il vérifier aussi les tableaux ?

    Oui, et c’est plus rapide qu’il n’y paraît : contrôlez que chaque nombre du texte figure dans le tableau correspondant, que les totaux de colonnes tombent juste et que les pourcentages somment à 100 aux arrondis près. Sur la mise en forme elle-même, voyez comment présenter tableaux et figures.

    Et si je découvre une erreur après le dépôt ?

    Signalez-la à votre directeur avant la soutenance et préparez la correction par écrit. Une erreur annoncée par l’auteur et corrigée coûte infiniment moins cher qu’une erreur découverte en séance. C’est aussi la posture attendue par les chartes d’intégrité : la traçabilité prime sur l’infaillibilité.

    Comment repérer un résultat douteux dans un article que je cite ?

    Recalculez son p, vérifiez que ses ddl sont compatibles avec l’effectif annoncé, et regardez si la taille d’effet est cohérente avec le p compte tenu de n. Une taille d’effet énorme assortie d’un p à peine significatif sur un grand échantillon est arithmétiquement suspecte. C’est un réflexe voisin de celui qu’il faut avoir face aux revues prédatrices, où la relecture est faible ou fictive.

  • Annuaire 2026 : chaque tableau de sortie SPSS, ce qu’il dit et le chiffre à recopier

    Annuaire 2026 : chaque tableau de sortie SPSS, ce qu’il dit et le chiffre à recopier

    Vous avez lancé la procédure. SPSS a produit sept tableaux. Sur la centaine de nombres affichés, votre mémoire en utilisera cinq — et le reste sert à vérifier des conditions ou n’a aucun intérêt pour vous.

    Cet annuaire range les sorties dans l’ordre où elles apparaissent, par famille d’analyse. Pour chacune : ce que le tableau dit, quel nombre recopier, et sous quelle forme l’écrire. Les intitulés donnés sont ceux de l’interface française ; l’équivalent anglais est indiqué quand il diffère nettement, parce que beaucoup de licences universitaires sont installées en anglais.

    La règle qui vaut pour tous les tableaux

    Trois repères suffisent à lire n’importe quelle sortie.

    1. Trouvez le N — et vérifiez qu’il correspond à ce que vous attendez. Un N plus petit signale des observations écartées pour valeurs manquantes, et il change selon les analyses. C’est le premier chiffre à contrôler, avant même le résultat.
    2. Trouvez la statistique et ses degrés de libertét, F, χ², U, accompagnés de leur ddl. Ce couple est ce qui identifie le test ; le p seul ne suffit jamais.
    3. Trouvez la colonne Sig. — c’est le p. SPSS ne l’appelle jamais p.
    Trois cellules d'un tableau de sortie deviennent une seule phrase de résultat
    Une phrase de résultat, c’est trois cellules : la statistique, ses degrés de liberté, et la significativité.

    Les conventions de transcription

    Elles ne sont écrites nulle part dans SPSS, et elles reviennent dans presque toutes les corrections.

    • Sig. affiche « ,000 » : n’écrivez jamais p = 0,000. Une probabilité n’est pas nulle ; SPSS a simplement arrondi à trois décimales. La forme correcte est p < 0,001. Pour toute autre valeur, écrivez l’égalité avec trois décimales : p = 0,032.
    • Deux décimales pour les statistiques (t = 2,41 ; F = 5,82 ; r = 0,43), trois pour les probabilités. Au-delà, vous affichez une précision que vos données n’ont pas.
    • Symboles en italiques : t, F, p, r, n, M, SD, d. Les lettres grecques (α, χ², η²) restent droites.
    • Virgule décimale en français, y compris dans les tableaux, et espace insécable avant les deux-points et les points-virgules. Si votre département impose un gabarit, il prime : vérifiez-le avant de tout reformater.
    • « Sig. (bilatéral) » veut dire bilatéral. Si votre hypothèse est unilatérale et que vous l’avez annoncée comme telle avant l’analyse, divisez par deux — et dites-le. Ne divisez jamais après avoir vu le résultat.

    Statistiques descriptives

    « Statistiques descriptives » / « Récapitulatif du traitement des observations ». À recopier : N, moyenne, écart-type, minimum et maximum. Le second tableau donne le nombre de valeurs manquantes par variable : regardez-le, il justifie les écarts de N entre analyses. Ces chiffres alimentent le tableau de description de l’échantillon, jamais le corps du texte ligne à ligne. Notre tutoriel d’analyse quantitative détaille l’enchaînement complet depuis l’import du fichier.

    Comparer deux groupes

    « Statistiques de groupe » donne n, moyenne et écart-type par groupe. C’est de là que sortent les M et SD de votre phrase.

    « Test d’échantillons indépendants » est le tableau le plus mal lu de tout SPSS, parce qu’il contient deux lignes de résultats. La partie gauche donne le test de Levene sur l’égalité des variances ; la partie droite donne le test t, une fois en supposant les variances égales, une fois sans cette hypothèse (correction de Welch). Lisez d’abord Levene, puis choisissez la ligne. Si le Levene est significatif, c’est la seconde ligne qu’il faut recopier, et ses degrés de liberté seront décimaux — c’est normal. Le détail du choix est traité dans notre article sur le test t et Mann-Whitney.

    « Test des échantillons appariés » pour deux mesures sur les mêmes personnes : le tableau des corrélations qui le précède n’est pas le résultat, c’est un indicateur de liaison entre les deux mesures.

    Comparer trois groupes ou plus

    « Tests des effets inter-sujets » (Tests of Between-Subjects Effects) est le tableau central de l’ANOVA. Recopiez, pour chaque effet : F, les ddl de l’effet, les ddl de l’erreur (dernière ligne du tableau), Sig. et l’êta-carré partiel si vous l’avez demandé. La ligne « Total corrigé » ne se rapporte jamais. La lecture de l’ANOVA factorielle, et notamment celle de l’interaction, mérite une attention particulière : c’est elle qui porte le résultat, pas les effets principaux.

    « Comparaisons multiples » contient les tests post-hoc. Chaque paire y figure deux fois, en miroir : n’en recopiez qu’une.

    Si vous avez ajouté une covariable, la sortie s’enrichit d’un tableau de moyennes ajustées — ce sont elles, et non les moyennes brutes, qui doivent être rapportées. Voyez notre article sur l’ANCOVA avec le pré-test en covariable.

    Tests non paramétriques

    La procédure moderne produit d’abord un « Récapitulatif des tests d’hypothèses » : une ligne, une décision en clair, et un Sig. C’est utile pour trancher, insuffisant pour rédiger. Double-cliquez pour ouvrir la vue détaillée, qui contient la statistique U ou H, les rangs moyens et les effectifs par groupe — ce sont ces valeurs qu’il faut rapporter. Les articles sur le test de Wilcoxon et le test de Friedman donnent la phrase type pour chacun.

    Croiser deux variables catégorielles

    « Tableau croisé » puis « Tests du khi-deux ». Recopiez la ligne Khi-deux de Pearson : valeur, ddl, Sig. La note sous le tableau indique le pourcentage de cellules dont l’effectif théorique est inférieur à 5 — c’est la condition d’application, et elle décide si vous devez passer au test exact de Fisher. Le tableau « Mesures symétriques » donne le V de Cramér, c’est-à-dire la taille d’effet. Tout est détaillé dans notre article sur le khi-deux sur tableau croisé.

    Relier deux variables continues

    « Corrélations » : une matrice symétrique où chaque coefficient apparaît deux fois. Recopiez la moitié inférieure. Attention au N propre à chaque paire, qui varie avec les valeurs manquantes. Le choix entre Pearson et Spearman se fait avant, pas en regardant lequel donne le plus petit p.

    Expliquer par plusieurs prédicteurs

    La régression linéaire produit quatre tableaux, et chacun a un usage distinct.

    • « Récapitulatif des modèles »R, R-deux, R-deux ajusté, erreur standard de l’estimation. Rapportez le R-deux ajusté dès que vous avez plusieurs prédicteurs. La statistique de Durbin-Watson, si demandée, s’affiche ici.
    • « ANOVA » — le test global du modèle. Un F significatif dit que le modèle explique plus que rien, pas que chaque prédicteur compte.
    • « Coefficients » — le tableau qui porte le résultat : B non standardisé, erreur standard, bêta standardisé, t, Sig., et si vous les avez demandés l’intervalle de confiance de B et les indices de tolérance et de VIF.
    • « Diagnostics des observations » — la liste des cas dont le résidu standardisé dépasse 3. Ce tableau ne dit pas tout : la question de savoir si une observation pèse sur le modèle se traite avec la distance de Cook et le levier, qui s’enregistrent en colonnes plutôt qu’en tableau.

    Pour une issue binaire, la sortie change de noms : « Variables dans l’équation » remplace « Coefficients » et donne B, Wald, Sig. et Exp(B) — c’est ce dernier qui est l’odds ratio. S’y ajoutent le test de Hosmer-Lemeshow, où un résultat non significatif est le bon signe, et le tableau de classement.

    L'annuaire des tableaux de sortie, regroupés par famille d'analyse
    Chaque famille d’analyse a sa sortie type ; dans chacune, deux ou trois cellules seulement partent dans le mémoire.

    Questionnaires et échelles

    « Statistiques de fiabilité » donne l’alpha de Cronbach et le nombre d’éléments. Le tableau « Statistiques de total des éléments » qui suit est le plus utile des deux : sa colonne Corrélation complète des éléments corrigés repère les items qui ne collent pas à l’échelle, et sa dernière colonne indique l’alpha obtenu si l’item était supprimé. Une corrélation négative y signale presque toujours un item inversé non recodé — voyez notre article sur l’alpha de Cronbach.

    Pour une structure factorielle : « Indice KMO et test de Bartlett » (les deux conditions préalables), « Variance totale expliquée » (le nombre de facteurs retenus et leur part), et « Matrice des composantes après rotation » (les saturations à interpréter). Le détail figure dans nos articles sur l’analyse factorielle exploratoire et sur l’analyse en composantes principales. La suite confirmatoire relève des modèles d’équations structurelles.

    Conditions et diagnostics

    « Tests de normalité » donne Kolmogorov-Smirnov et Shapiro-Wilk. Ici, un résultat significatif est une mauvaise nouvelle — et ce que l’on en fait dépend de ce qu’on est prêt à changer : l’échelle de la variable, le calcul de l’incertitude ou le test lui-même.

    « Aire sous la courbe » accompagne la courbe ROC : recopiez l’AUC, son erreur standard, son Sig. et surtout son intervalle de confiance.

    Enfin, si un bloc « Bootstrap » apparaît sous vos tableaux habituels, c’est que l’option est cochée : ce sont ces intervalles-là qu’il faut rapporter, et non les intervalles théoriques de la ligne du dessus.

    Où va chaque nombre

    Ce que SPSS affiche Ce que vous recopiez Où cela va
    Sig. = ,000 p < 0,001 Dans la phrase de résultat
    Statistiques de groupe M et SD par groupe Tableau descriptif, puis la phrase
    Test de Levene Rien, sauf s’il est significatif Une incise dans la méthode
    ddl de l’erreur Le second nombre entre parenthèses de F Dans la phrase de résultat
    Récapitulatif des modèles R-deux ajusté Une phrase avant le tableau des coefficients
    Matrice de corrélations La moitié inférieure seulement Un tableau reformaté
    Le tableau SPSS lui-même Jamais tel quel Reformaté au gabarit de votre école

    Les cinq pièges

    • Coller la capture d’écran du tableau SPSS. Un tableau de résultats se reconstruit, avec ses seules colonnes utiles et le format imposé par votre établissement : voyez comment présenter tableaux et figures.
    • Recopier la mauvaise ligne du test t. Le tableau en contient deux ; Levene décide.
    • Oublier les degrés de liberté. F = 5,82 ne veut rien dire sans F(2, 147).
    • Rapporter Sig. sans la statistique. Un p isolé n’est pas vérifiable, et un lecteur ne peut pas le recalculer.
    • Prendre un N pour un autre. Le N de l’échantillon, le N valide d’une variable et le N d’une analyse donnée diffèrent souvent. C’est la première incohérence que relève un rapporteur.

    Sur le sens exact de la colonne Sig. et sur ce qu’un seuil autorise à conclure, voyez notre article sur le seuil de signification ; sur ce que les bornes chiffrées ajoutent, celui sur l’intervalle de confiance. Et si vous travaillez sous jamovi ou JASP, les intitulés changent mais la logique de lecture reste exactement la même.

    De la sortie au chapitre

    Extraire les bons nombres prend quelques minutes. Ce qui prend du temps, c’est de les enchaîner en un chapitre lisible : annoncer l’analyse, donner le résultat, l’interpréter en une phrase, et passer au suivant sans que le lecteur se perde.

    Tesify travaille avec vous sur ce passage : structurer le chapitre résultats à partir de vos propres sorties, tenir un vocabulaire constant d’une analyse à l’autre, et rédiger les transitions. Vos données restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre chapitre résultats avec Tesify

    Questions fréquentes

    Mon SPSS est en anglais. Les intitulés correspondent-ils ?

    Oui, tableau pour tableau. Les correspondances les plus utiles : Group Statistics, Independent Samples Test, Tests of Between-Subjects Effects, Model Summary, Coefficients, Variables in the Equation, Reliability Statistics, Total Variance Explained. La colonne Sig. porte le même nom dans les deux langues.

    Faut-il mettre les sorties brutes en annexe ?

    La plupart des établissements l’apprécient, certains l’exigent. Mettez-y les sorties complètes des analyses principales, pas l’intégralité de vos essais. Le corps du texte ne contient que des tableaux reformatés.

    SPSS affiche « . » ou une cellule vide. Pourquoi ?

    Une valeur non calculable : effectif nul dans une cellule, variance nulle, ou modèle non identifié. Ce n’est pas un bug d’affichage, c’est un signal — revenez aux données avant d’interpréter quoi que ce soit du tableau.

    Dois-je rapporter tous les tableaux produits ?

    Non. Un chapitre résultats rapporte ce qui répond aux hypothèses annoncées, plus les vérifications de conditions. Tout le reste appartient aux annexes ou à rien du tout. Le critère n’est pas « SPSS l’a produit » mais « ma question de recherche en a besoin ».

    Comment citer une taille d’effet quand SPSS ne l’affiche pas ?

    Plusieurs procédures ne la fournissent pas par défaut. L’êta-carré partiel se coche dans les options de l’ANOVA ; le d de Cohen se calcule à partir des moyennes et des écarts-types du tableau descriptif ; le V de Cramér figure dans les mesures symétriques du khi-deux. Pour un accord entre juges, c’est le kappa de Cohen qui joue ce rôle.

    Deux tableaux donnent des N différents. Lequel est le bon ?

    Les deux, pour leur analyse respective. SPSS exclut les observations au cas par cas ou liste par liste selon les procédures et les options. Notez le N de chaque analyse dans son propre tableau et expliquez l’écart une fois pour toutes en début de chapitre.

  • Le seuil de significativité et la p-value dans un mémoire : interpréter sans se tromper (2026)

    Le seuil de significativité et la p-value dans un mémoire : interpréter sans se tromper (2026)

    Le seuil de significativité et la p-value dans un mémoire : interpréter sans se tromper (2026)

    La p-value est la probabilité d’observer un résultat au moins aussi extrême que celui obtenu, si l’hypothèse nulle était vraie. Le seuil de significativité, noté α, est la valeur limite fixée à l’avance — conventionnellement 0,05 — en dessous de laquelle on rejette l’hypothèse nulle.

    Réponse rapide : une p-value inférieure au seuil α (généralement 0,05) conduit à rejeter l’hypothèse nulle et à qualifier le résultat de « statistiquement significatif ». Attention : la p-value n’est pas la probabilité que votre hypothèse soit vraie, elle ne mesure pas la taille de l’effet, et un résultat non significatif ne prouve pas l’absence d’effet. Ces quatre contresens sont les plus fréquemment sanctionnés en soutenance.

    Que signifie exactement une p-value ?

    La formulation exacte compte, car c’est sur elle que se jouent la plupart des erreurs. La p-value répond à cette question : si l’hypothèse nulle était vraie, quelle serait la probabilité d’observer des données au moins aussi éloignées de cette hypothèse que celles que j’ai obtenues ?

    Deux éléments méritent d’être soulignés. D’abord, la p-value est calculée en supposant l’hypothèse nulle vraie : c’est un raisonnement conditionnel. Ensuite, elle porte sur la probabilité des données, pas sur celle de l’hypothèse.

    Une p-value de 0,03 signifie donc : « si aucun effet n’existait réellement, j’aurais 3 % de chances d’observer un écart au moins aussi marqué que celui-ci ». Cet écart étant peu probable sous l’hypothèse nulle, on choisit de la rejeter. Ce que la valeur ne dit pas, c’est qu’il y a 97 % de chances que votre hypothèse soit vraie — cette phrase, très répandue, est fausse.

    Sortie logicielle affichant des résultats de test statistique avec valeurs de p
    La p-value est calculée en supposant l’hypothèse nulle vraie : c’est un raisonnement conditionnel.

    Pourquoi le seuil de 0,05 ?

    Le seuil de 0,05 est une convention, pas une propriété mathématique. Il s’est imposé historiquement dans les sciences expérimentales et sociales comme un compromis acceptable entre deux risques opposés.

    Les deux types d’erreur en test d’hypothèse
    Erreur Définition Contrôlée par
    Erreur de type I (α) Conclure à un effet qui n’existe pas Le seuil de significativité
    Erreur de type II (β) Ne pas détecter un effet qui existe La puissance statistique, liée à la taille d’échantillon

    Abaisser α à 0,01 réduit le risque de faux positif mais augmente celui de manquer un effet réel. Le relever à 0,10 fait l’inverse. Certaines disciplines emploient d’ailleurs des seuils différents : 0,01 quand les conséquences d’un faux positif sont lourdes, 0,10 en recherche exploratoire.

    La règle absolue est que le seuil se fixe avant l’analyse. Ajuster α après avoir vu les résultats pour faire passer un test constitue une faute méthodologique caractérisée. Le dimensionnement de l’échantillon, qui conditionne la puissance, se traite en amont — voir notre guide pour calculer la taille d’échantillon avec G*Power.

    Quels sont les contresens à éviter ?

    Quatre erreurs reviennent avec une régularité frappante dans les mémoires, et chacune est immédiatement repérée par un jury attentif.

    Les quatre contresens les plus fréquents
    Formulation fautive Pourquoi c’est faux
    « p = 0,03 donc il y a 97 % de chances que mon hypothèse soit vraie » La p-value porte sur les données sous H0, pas sur la probabilité de l’hypothèse
    « p < 0,001 donc l’effet est très important » La p-value ne mesure pas l’ampleur de l’effet, seulement sa détectabilité
    « p = 0,20 donc il n’y a aucun effet » L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence
    « p = 0,051, on peut considérer que c’est significatif » Le seuil fixé a priori ne se négocie pas après coup

    Le deuxième point est le plus insidieux. Avec un échantillon très grand, un écart minuscule et sans aucune portée pratique devient statistiquement significatif. Inversement, un effet substantiel peut rester non significatif sur un petit échantillon. Significativité statistique et importance pratique sont deux questions distinctes.

    Que faire d’un résultat non significatif ?

    C’est la situation qui inquiète le plus les étudiants, souvent à tort. Un résultat non significatif n’invalide pas un mémoire : il invalide seulement l’idée qu’un mémoire devrait « prouver » quelque chose.

    La formulation correcte consiste à dire que les données ne permettent pas de rejeter l’hypothèse nulle — et non qu’elles démontrent l’absence de relation. La nuance n’est pas cosmétique : plusieurs explications restent ouvertes, et les distinguer constitue une partie substantielle de votre discussion.

    • l’effet n’existe pas dans la population ;
    • l’effet existe mais votre échantillon manquait de puissance pour le détecter ;
    • votre mesure était trop imprécise ou peu valide ;
    • un facteur non contrôlé a masqué la relation.

    Un mémoire qui analyse honnêtement pourquoi l’effet attendu n’apparaît pas est régulièrement mieux noté qu’un mémoire qui force une conclusion. C’est même l’occasion de démontrer une réelle maîtrise méthodologique.

    Étudiante analysant des résultats statistiques et prenant des notes
    Un résultat non significatif ouvre plusieurs explications : les distinguer relève de la discussion.

    Pourquoi faut-il aussi rapporter la taille d’effet ?

    Puisque la p-value ne renseigne pas sur l’ampleur du phénomène, elle doit être accompagnée d’un indicateur de taille d’effet. C’est aujourd’hui une exigence explicite dans de nombreuses disciplines, et son absence est fréquemment relevée.

    Indicateurs de taille d’effet selon le test
    Test employé Indicateur usuel
    Test t de Student d de Cohen
    ANOVA êta carré (η²) ou êta carré partiel
    Test du khi-deux V de Cramér ou phi
    Corrélation Le coefficient r lui-même
    Régression R² et coefficients standardisés

    Le couple à retenir est simple : la p-value dit si l’on peut conclure à un effet, la taille d’effet dit combien il compte. Les deux sont nécessaires. Sur le choix du test lui-même, voir notre article sur le test t de Student et le test de Mann-Whitney, ainsi que celui consacré au test du khi-deux sur tableau croisé.

    Le problème des comparaisons multiples

    Voici un piège rarement anticipé. Si vous réalisez vingt tests au seuil de 0,05, vous devez statistiquement vous attendre à environ un résultat significatif par pur hasard, même en l’absence totale d’effet réel.

    Le danger est concret : un étudiant qui croise toutes ses variables « pour voir » finira par trouver quelque chose, puis construira une interprétation autour d’un artefact. Cette pratique porte un nom en méthodologie et elle est considérée comme une faute.

    Deux parades existent. La première consiste à déclarer ses hypothèses à l’avance et à limiter les tests à celles-ci — la plus simple et la plus solide dans un mémoire. La seconde consiste à appliquer une correction pour comparaisons multiples, qui abaisse le seuil en fonction du nombre de tests. Si vous menez des analyses exploratoires supplémentaires, présentez-les explicitement comme telles.

    Comment rédiger ses résultats ?

    Les conventions de présentation sont assez stables d’une discipline à l’autre, et les respecter signale immédiatement une bonne maîtrise.

    • Rapportez la valeur exacte de p (p = 0,032) plutôt qu’une inégalité vague, sauf pour les très petites valeurs, notées p < 0,001.
    • Indiquez la statistique du test et les degrés de liberté, pas seulement la p-value.
    • Ajoutez systématiquement la taille d’effet.
    • Réservez le mot « significatif » à son sens statistique ; employez « important » ou « marqué » pour l’ampleur.
    • Présentez les résultats de façon neutre dans la partie Résultats ; l’interprétation appartient à la Discussion.

    Une dernière précaution concerne les conditions d’application. Un test employé hors de ses conditions produit une p-value qui n’a pas de sens, même si le logiciel l’affiche sans broncher. La vérification de la normalité, notamment, se traite en amont — voir notre article sur le test de Shapiro-Wilk et l’interprétation de la normalité.

    Questions fréquentes

    Que signifie une p-value de 0,03 ?

    Elle signifie que si l’hypothèse nulle était vraie, la probabilité d’observer un écart au moins aussi marqué que celui obtenu serait de 3 %. Cet écart étant peu probable sous l’hypothèse nulle, on la rejette. Elle ne signifie pas qu’il y a 97 % de chances que votre hypothèse soit vraie.

    Pourquoi le seuil est-il fixé à 0,05 ?

    C’est une convention historique, pas une propriété mathématique. Elle représente un compromis entre le risque de conclure à un effet inexistant (erreur de type I) et celui de manquer un effet réel (erreur de type II). Certaines disciplines retiennent 0,01 ou 0,10 selon les enjeux.

    Un résultat non significatif invalide-t-il mon mémoire ?

    Non. Un résultat non significatif signifie que les données ne permettent pas de rejeter l’hypothèse nulle, pas qu’aucun effet n’existe. Plusieurs explications restent ouvertes — absence d’effet, puissance insuffisante, mesure imprécise, variable non contrôlée — et les discuter démontre une bonne maîtrise méthodologique.

    Peut-on dire qu’un résultat à p = 0,051 est significatif ?

    Non. Le seuil fixé a priori ne se renégocie pas après avoir vu les résultats. Vous pouvez en revanche signaler que la valeur est proche du seuil, rapporter la taille d’effet et discuter la puissance de votre échantillon — ce qui est méthodologiquement irréprochable.

    Une p-value très faible signifie-t-elle un effet important ?

    Non. La p-value ne mesure pas l’ampleur de l’effet. Sur un très grand échantillon, un écart minuscule et sans portée pratique devient statistiquement significatif. C’est pourquoi il faut systématiquement rapporter un indicateur de taille d’effet (d de Cohen, êta carré, V de Cramér selon le test).

    Que se passe-t-il si je multiplie les tests statistiques ?

    Le risque de faux positif augmente mécaniquement : sur vingt tests au seuil de 0,05, environ un résultat sera significatif par pur hasard. Déclarez vos hypothèses à l’avance et limitez-y vos tests, ou appliquez une correction pour comparaisons multiples, en présentant explicitement le reste comme exploratoire.

    Comment rapporter correctement une p-value ?

    Donnez la valeur exacte (p = 0,032), sauf pour les très petites valeurs notées p < 0,001. Indiquez également la statistique du test et les degrés de liberté, ajoutez la taille d’effet, et réservez le mot « significatif » à son sens strictement statistique.