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  • Mentions de thèse et jury : pourquoi les mentions ont disparu en France en 2026

    Mentions de thèse et jury : pourquoi les mentions ont disparu en France en 2026

    Mentions de thèse et jury : pourquoi les mentions ont disparu en France en 2026

    Tout candidat au doctorat en France a entendu parler des mentions de thèse : « Honorable », « Très honorable », « Très honorable avec les félicitations du jury ». Ces distinctions, longtemps considérées comme un indicateur de qualité reconnu dans les CV académiques, ont officiellement disparu des thèses françaises suite à l’arrêté du 25 mai 2016. En 2026, la discontinuation des mentions de jury de thèse est une réalité institutionnelle — mais ses implications pratiques restent mal comprises par de nombreux doctorants.

    Ce guide explique pourquoi les mentions ont été supprimées, ce que les jurys peuvent encore signifier dans leur rapport, et comment valoriser votre doctorat sans mention formelle sur votre diplôme.

    En résumé : depuis l’arrêté du 25 mai 2016, les mentions de thèse (honorable, très honorable, félicitations) n’apparaissent plus sur le diplôme de doctorat français. Le jury rend désormais un verdict binaire : admission ou ajournement, assorti d’un rapport d’évaluation détaillé. Les « félicitations » informelles peuvent subsister dans ce rapport, sans valeur officielle.

    Historique des mentions de thèse en France

    Pendant des décennies, le système français de soutenance de thèse prévoyait quatre niveaux de distinction formelle :

    Source : Expertmemoire – Aide à la rédaction de mémoire
    Mention Signification Fréquence (avant 2016)
    Honorable Thèse acceptable, pas de réserves majeures Rare (environ 5–10 %)
    Très honorable Thèse de bonne qualité Majoritaire (environ 60–70 %)
    Très honorable avec félicitations Thèse exceptionnelle, recommandée pour publication Environ 20–30 %
    Ajournement Thèse non validée, corrections majeures requises Très rare (< 2 %)

    Ce système était en réalité fortement inflationniste : plus de 90 % des thèses soutenues obtenaient la mention « Très honorable » ou « Très honorable avec félicitations ». La mention était progressivement devenue un indicateur peu discriminant, ce qui a contribué à sa remise en cause.

    L’arrêté du 25 mai 2016 : ce qui a changé officiellement

    L’arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation doctorale a supprimé formellement les mentions du diplôme de doctorat. Le texte établit que la soutenance conduit à :

    • Soit l’admission au titre de docteur — le diplôme est délivré sans aucune mention associée.
    • Soit l’ajournement — le jury peut demander des corrections avant une nouvelle présentation.

    Le rapport du jury subsiste, mais il est désormais un document d’évaluation interne, non une distinction publique. Il ne figure pas sur le diplôme délivré.

    Source : Arrêté du 25 mai 2016 — Légifrance

    Pourquoi les mentions ont-elles été supprimées ?

    Plusieurs raisons ont motivé cette réforme :

    1. L’inflation généralisée des mentions élevées

    Comme évoqué, plus de 90 % des thèses soutenues obtenaient la mention la plus haute. Cette inflation rendait la distinction sans signification réelle dans les dossiers de candidature académique. Les recruteurs (CNU, universités) ne pouvaient plus utiliser la mention comme critère de sélection.

    2. L’harmonisation européenne

    Dans l’espace européen de l’enseignement supérieur, la majorité des pays ne pratiquent pas le système de mentions de thèse. L’Allemagne utilise un système de notes (summa cum laude, magna cum laude…), le Royaume-Uni n’a pas de mention, de nombreux pays nordiques non plus. L’arrêté de 2016 s’inscrit dans une volonté d’harmonisation dans le cadre du processus de Bologne.

    3. Le renforcement du rapport de jury

    La suppression des mentions déplace le centre de gravité vers le rapport d’évaluation détaillé rédigé par le jury. Ce rapport, accessible aux institutions académiques (notamment le CNU pour les qualifications), contient une évaluation argumentée qui est plus informative qu’une mention synthétique.

    Ce que le jury peut encore faire en 2026

    Si le jury ne peut plus attribuer de mention officielle, il dispose encore de plusieurs leviers d’expression :

    • Le rapport d’évaluation : il peut contenir des formulations laudatives (« thèse d’une qualité exceptionnelle », « fortement recommandée pour publication ») qui jouent informellement le rôle des anciennes félicitations.
    • La recommandation de prix de thèse : le jury peut recommander la thèse pour un prix de thèse disciplinaire (prix de l’école doctorale, prix de la section CNU, prix de société savante). Cette recommandation est plus valorisante que l’ancienne mention.
    • La proposition de publication : le jury peut formaliser une recommandation de publication en revue ou en monographie.
    Pratique courante : dans de nombreux jurys, les membres formulent oralement les « félicitations » pendant la délibération — c’est une tradition qui subsiste informellement. Mais ces félicitations orales n’ont aucune valeur officielle et ne peuvent pas être invoquées dans un dossier de candidature au titre d’une distinction.

    Comment valoriser un doctorat sans mention en 2026

    L’absence de mention sur le diplôme ne signifie pas l’absence de distinction. Voici comment mettre en valeur la qualité de votre thèse sur votre CV académique :

    1. Les prix de thèse : mention explicite du prix reçu (institution, année, discipline). C’est aujourd’hui le signal de qualité le plus visible et le plus crédible dans les dossiers académiques.
    2. Les publications issues de la thèse : articles dans des revues à comité de lecture, chapitre d’ouvrage collectif, monographie. La publication reste la preuve la plus universellement reconnue de la qualité d’une recherche.
    3. Le rapport de jury favorable : certains candidats à des postes ou à la qualification CNU joignent des extraits du rapport de jury à leur dossier (avec l’accord du président du jury). Cette pratique est tolérée et valorisée dans certaines disciplines.
    4. Les invitations post-soutenance : conférences, cours invités, participations à des projets de recherche — ces signes de reconnaissance par la communauté disciplinaire valent plus que toute mention sur un diplôme.

    Côté italien, un équivalent de la valorisation académique existe mais avec une logique différente : le système du 110 e lode — la note maximale assortie des félicitations — persiste dans les universités italiennes comme distinction officielle pour les thèses de laurea magistrale. Les modalités pour l’obtenir sont détaillées sur 110 e lode nella tesi : come ottenerlo nel 2026. Au-delà de la note, la question de la validité juridique du titre est également centrale : en Italie, les conditions dans lesquelles une tesi di laurea peut être contestée ou sa validité remise en cause font l’objet de recours spécifiques documentés sur validità della tesi dopo 10 anni in Italia : ricorso e laurea.

    Pratiques divergentes selon les établissements en 2026

    Malgré l’arrêté de 2016, les pratiques restent hétérogènes en 2026. Certains établissements continuent d’enregistrer informellement les distinctions dans leurs bases de données internes. Certaines écoles doctorales maintiennent un système de « recommandation de prix » qui joue le même rôle que les anciennes félicitations.

    À l’international, lorsque vous présentez votre doctorat à des institutions étrangères habituées aux systèmes de mentions (Allemagne, Pays-Bas, États-Unis), il peut être utile d’expliquer dans votre lettre de motivation que le système français ne prévoit pas de distinction formelle depuis 2016 — et de fournir le rapport de jury ou les publications comme équivalents.

    Pour tout ce qui concerne l’intégrité scientifique et les pratiques de la recherche en France, consultez notre article Thèse et doctorat : la charte d’intégrité scientifique 2026.

    FAQ — Mentions de thèse et jurys en 2026

    Les anciennes thèses soutenues avant 2016 gardent-elles leur mention ?

    Oui. Les thèses soutenues avant la réforme de 2016 conservent leur mention sur le diplôme. L’arrêté ne s’applique qu’aux soutenances intervenues après son entrée en vigueur. Si vous avez soutenu avant 2016 et obtenu la mention « Très honorable avec félicitations », vous pouvez continuer à la faire figurer sur votre CV.

    Un jury peut-il refuser de délivrer le titre de docteur ?

    Oui, mais c’est extrêmement rare. En cas d’ajournement, le jury peut demander des corrections substantielles avant une nouvelle présentation. Un refus définitif d’admission est rarissime en France — moins de 1 % des soutenances. Dans la quasi-totalité des cas, une pré-soutenance ou des discussions préalables avec le directeur permettent d’éviter ce scénario.

    Les prix de thèse sont-ils difficiles à obtenir ?

    Cela dépend du prix. Les prix décernés par les sociétés savantes disciplinaires sont très compétitifs. Les prix des écoles doctorales sont plus accessibles — chaque école doctorale distingue généralement 1 à 3 thèses par an. La plupart des candidatures doivent être déposées dans les 12 à 24 mois suivant la soutenance — renseignez-vous rapidement auprès de votre école doctorale.

    Le rapport de jury est-il public ?

    Non, le rapport de jury n’est pas un document public. Il est transmis au docteur et à l’établissement. Vous pouvez choisir de le communiquer dans vos dossiers de candidature académique si son contenu est favorable à votre profil. Il n’est pas déposé dans les archives ouvertes (THESES.fr, HAL) avec la thèse.

    Les universités étrangères comprennent-elles le système français sans mention ?

    Pas toujours spontanément. Il est recommandé d’ajouter une brève note explicative dans vos candidatures internationales : « Le système doctoral français ne prévoit pas de mention sur le diplôme depuis l’arrêté du 25 mai 2016. La qualité de la thèse est attestée par [prix de thèse / publications / rapport de jury joint]. » Cette transparence est appréciée des recruteurs internationaux.

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    Lire notre guide sur la charte d’intégrité scientifique pour les thèses →

  • Mémoire vs thèse en France : durée, ECTS, jury et débouchés (2026)

    Mémoire vs thèse en France : durée, ECTS, jury et débouchés (2026)

    Quelle est la différence entre un mémoire et une thèse en France ?

    La distinction entre mémoire et thèse est l’une des questions les plus fréquentes des étudiants qui envisagent de poursuivre après un master — et l’une des plus mal comprises. Les deux travaux portent sur un sujet académique, impliquent une soutenance devant un jury et demandent des mois de travail. Mais ils n’appartiennent pas au même ordre de grandeur, n’obéissent pas aux mêmes règles juridiques et n’ouvrent pas les mêmes portes.

    Cette réponse s’appuie sur le cadre réglementaire en vigueur en France : arrêté du 25 mai 2016 modifié le 26 août 2022 pour le doctorat, et diplôme national de master (DNM) défini par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les informations présentées sont vérifiables sur les textes officiels publiés sur Légifrance et sur le site du ministère.

    Réponse directe : Le mémoire sanctionne un master (Bac+5, 120 ECTS en M1+M2), rédigé en 2-4 mois, soutenu devant 2-3 membres du jury. La thèse sanctionne un doctorat (Bac+8 minimum), préparée pendant 3 à 5 ans, soutenue devant un jury de 4 à 8 membres conformément à l’arrêté de 2016. La thèse exige une contribution originale et inédite au savoir — le mémoire exige une synthèse critique maîtrisée.

    Définitions et cadre réglementaire

    Le mémoire de master

    Le mémoire est le travail de fin d’études exigé pour l’obtention du diplôme national de master (DNM). Il n’existe pas de texte unique définissant le format du mémoire au niveau national : chaque université dispose d’une autonomie pédagogique pour en fixer les modalités (longueur, format, commission d’évaluation). Le DNM est inscrit au RNCP de niveau 7 (cadre européen des certifications).

    Il existe deux grandes familles de masters en France :

    • Master professionnel (pro) : orienté vers l’insertion professionnelle directe, souvent adossé à un stage long. Le mémoire prend fréquemment la forme d’un rapport de mission ou d’une étude de cas.
    • Master recherche : orienté vers la poursuite en doctorat. Le mémoire (ou « mémoire de recherche ») est plus proche formellement d’une thèse : problématique originale, revue de littérature, méthodologie explicite.

    La thèse de doctorat

    La thèse est le document produit au terme du doctorat, régi par l’arrêté du 25 mai 2016 modifié par l’arrêté du 26 août 2022. Elle est soutenue devant un jury dont la composition est strictement encadrée par ce texte. Le grade de docteur est inscrit au RNCP de niveau 8.

    Le doctorat est préparé au sein d’une école doctorale (ED), sous la direction d’un directeur de thèse habilité à diriger des recherches (HDR). Chaque thèse soutenue en France est archivée dans la base nationale theses.fr.

    Durée et volume : à quel investissement s’attendre ?

    Critère Mémoire de master Thèse de doctorat
    Durée de préparation 2 à 6 mois (rédaction) 3 à 5 ans (durée légale : 3 ans, prorogeable)
    Volume indicatif 80 à 120 pages (masters pro) / 80 à 150 pages (masters recherche) 200 à 500 pages (variable selon discipline)
    Niveau d’études requis Inscription en M2 (Bac+4) Master validé (Bac+5) + admission en ED
    Encadrement 1 directeur de mémoire (enseignant du master) 1 directeur de thèse (HDR obligatoire) + co-directeur éventuel
    Financement Frais d’inscription universitaire (env. 260 €/an) Contrat doctoral (2 300 € brut/mois), CIFRE, bourse ANR, etc.

    La durée légale du doctorat est de trois ans à plein temps, mais la durée réelle en France est souvent plus longue, en particulier en sciences humaines et sociales. Le ministère publie des données sur les durées effectives via le portail doctorat.

    ECTS et reconnaissance dans le système LMD

    Le système européen de transfert et d’accumulation de crédits (ECTS) structure les deux diplômes différemment :

    • Master : 120 ECTS sur deux années (M1 + M2). Le mémoire représente généralement 20 à 30 ECTS dans le semestre 4 (S4 du M2), soit 16 à 25 % du volume total du master. Certains masters recherche lui attribuent jusqu’à 40 ECTS.
    • Doctorat : le doctorat n’est pas quantifié en ECTS selon le système LMD standard. Il correspond à un niveau 8 dans le cadre européen des certifications (CEC), au-delà des 300 ECTS cumulés licence + master. Les activités de formation doctoral (séminaires, écoles thématiques) sont validées en interne par l’école doctorale sous forme de crédits de formation doctorale, non transférables dans le système ECTS classique.

    Cette distinction est importante pour les étudiants souhaitant faire reconnaître leur doctorat dans un autre pays européen : le grade de docteur correspond au niveau 8 CEC, quel que soit le système ECTS du pays d’accueil.

    Composition du jury : règles officielles

    Jury du mémoire de master

    Il n’existe pas de règle nationale unifiée sur la composition du jury de soutenance du mémoire. En pratique, les jurys de master comprennent :

    • Le directeur de mémoire (qui peut participer à l’évaluation ou être présent à titre d’observateur selon les établissements)
    • Un ou deux autres enseignants-chercheurs de la formation ou extérieurs

    Certaines universités (notamment les masters recherche proches des pratiques doctorales) incluent un rapporteur extérieur à l’établissement. La délibération et la mention (passable, assez bien, bien, très bien, félicitations) sont décidées par le jury selon les règles internes de chaque établissement.

    Jury de la thèse de doctorat

    Le jury de thèse est régi avec précision par l’arrêté de 2016. Selon l’article 18 :

    • 4 à 8 membres au total
    • Au moins la moitié doit être extérieure à l’unité de recherche, à l’école doctorale et à l’établissement d’inscription
    • Au moins la moitié doit être composée de professeurs ou personnels assimilés (au sens des décrets 92-70 et 87-31)
    • Représentation équilibrée femmes/hommes
    • Le directeur de thèse ne prend pas part à la décision (il peut assister à la soutenance mais ne vote pas)
    • Au moins deux rapporteurs désignés à l’avance (dont au moins un extérieur à l’établissement)

    En cas de cotutelle internationale, les règles de composition peuvent être assouplies selon les termes de la convention signée entre les établissements.

    Originalité et exigences scientifiques

    C’est probablement la différence la plus fondamentale entre les deux exercices.

    Le mémoire de master

    Le mémoire doit démontrer la maîtrise d’un champ disciplinaire : savoir construire une problématique, mobiliser une bibliographie pertinente, conduire un raisonnement argumenté et présenter des conclusions cohérentes. Il n’est pas requis d’apporter une contribution originale au savoir scientifique. Une synthèse critique rigoureuse d’une littérature existante, assortie d’une analyse empirique bien conduite, suffit à satisfaire les exigences d’un mémoire de master — même de master recherche.

    La thèse de doctorat

    La thèse doit apporter une contribution originale et inédite à la connaissance dans la discipline. Cette exigence est formalisée dans les critères d’évaluation des rapporteurs et du jury. Un travail de doctorat qui se contente de synthétiser la littérature existante, même de manière exhaustive, ne satisfait pas aux critères de soutenance. L’originalité peut être théorique (nouveau cadre conceptuel), empirique (nouvelles données, nouveau terrain) ou méthodologique (nouvelle approche).

    Point de vigilance : Des mémoires de master recherche de très haut niveau peuvent contenir des éléments d’originalité scientifique réelle — c’est d’ailleurs l’un des critères informels d’admission en doctorat. Mais cette originalité n’est pas une condition nécessaire à la validation du master ; elle est une condition nécessaire à la validation du doctorat.

    Débouchés : ce que chaque diplôme ouvre réellement

    Après le mémoire de master

    • Entrée directe sur le marché du travail (premier emploi cadre ou technicien supérieur selon la discipline)
    • Candidature à un doctorat (avec financement ou sans)
    • Préparation de concours de la fonction publique de catégorie A (agrégation, concours administratifs, CRPE pour les MEEF)
    • Formation complémentaire (MBA, MSc, formation continue)

    Après la thèse de doctorat

    • Carrière universitaire (MCF, puis PR) : passage obligatoire par la qualification CNU pour les postes titulaires à l’université
    • Recherche publique (CNRS, INSERM, INRAE, CEA, etc.) : concours de chargé de recherche (CR)
    • Recherche et développement en entreprise (notamment pharma, défense, numérique)
    • Conseil, expertise, directions de missions dans les grandes organisations
    • Accès à certains corps de la haute fonction publique (IGA, IGÉSR, IGAS) avec reconnaissance du grade de docteur depuis la loi de 2021

    Depuis la loi de programmation de la recherche (LPR) du 24 décembre 2020, le doctorat est reconnu dans les grilles de la fonction publique et dans les conventions collectives, avec une revalorisation des débuts de carrière pour les docteurs recrutés.

    Le continuum master-doctorat : comment passe-t-on de l’un à l’autre ?

    La transition du mémoire de master vers la thèse de doctorat passe obligatoirement par :

    1. L’obtention du master (ou, dans certains cas dérogatoires, d’un diplôme équivalent de niveau 7)
    2. L’identification d’un directeur de thèse HDR prêt à encadrer le projet
    3. La construction d’un projet de thèse (souvent une dizaine de pages) démontrant l’originalité de la contribution envisagée
    4. L’admission par le conseil de l’école doctorale, qui vérifie notamment la faisabilité du projet et la qualité de l’encadrement
    5. L’obtention d’un financement (contrat doctoral, CIFRE, bourse régionale, etc.) — condition de fait sinon de droit dans la plupart des ED

    La mention obtenue au mémoire de master (notamment « très bien » ou « félicitations ») est un signal important dans les dossiers d’admission en école doctorale, même si elle ne constitue pas à elle seule un critère suffisant. Notre article sur la mention TB au mémoire et ses effets sur l’admission en doctorat détaille ce point.

    Pour les étudiants qui souhaitent se préparer tôt à la transition, la checklist de relecture avant soutenance inclut des passes spécifiques pour identifier dans votre mémoire les éléments valorisables dans un futur dossier doctoral.

    FAQ — Mémoire vs thèse en France

    Peut-on faire une thèse sans avoir fait de mémoire de master recherche ?

    Oui, dans certains cas. Un master professionnel suffit en droit pour candidater au doctorat, à condition que l’école doctorale l’accepte et qu’un directeur de thèse soit identifié. En pratique, les écoles doctorales des disciplines académiques classiques (lettres, sciences humaines, sciences exactes) privilégient très largement les candidats issus de masters recherche. Des dérogations existent pour des candidats ayant une expérience professionnelle significative ou un dossier académique exceptionnel.

    Le directeur de mémoire peut-il devenir le directeur de thèse ?

    Oui, c’est même fréquent. Si votre directeur de mémoire dispose de l’HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), il peut vous diriger en doctorat. C’est l’une des continuités les plus naturelles entre master recherche et doctorat. Si votre directeur de mémoire n’est pas HDR (enseignant en master professionnel, par exemple), il peut en revanche vous orienter vers un collègue HDR.

    Combien de membres doit comporter un jury de thèse de doctorat en France ?

    Selon l’arrêté du 25 mai 2016 modifié par l’arrêté du 26 août 2022, le jury de thèse doit comprendre entre 4 et 8 membres. Au moins la moitié doit être extérieure à l’établissement d’inscription du doctorant. Le directeur de thèse assiste à la soutenance mais ne participe pas à la délibération.

    Combien d’ECTS représente le mémoire dans un master ?

    Le mémoire représente généralement entre 20 et 30 ECTS sur les 60 ECTS du M2, soit entre 33 % et 50 % du volume de la deuxième année. Certains masters recherche lui attribuent jusqu’à 40 ECTS. Les modalités exactes sont fixées par chaque université dans le cadre de son autonomie pédagogique.

    Une thèse peut-elle être rédigée en anglais dans une université française ?

    Oui. L’arrêté de 2016 permet que la thèse soit rédigée et soutenue dans une langue étrangère, sous réserve d’une autorisation accordée par le chef d’établissement après avis du directeur de thèse et du directeur de l’école doctorale. Dans ce cas, un résumé substantiel en français est généralement exigé. Cette dérogation est courante dans les disciplines scientifiques et dans les cotutelles internationales.

    Quelle est la différence entre la soutenance d’un mémoire et celle d’une thèse ?

    La soutenance de mémoire dure généralement 45 à 90 minutes (présentation de 20-30 min + questions du jury), devant 2-3 membres. La soutenance de thèse dure entre 2 et 4 heures, devant un jury de 4 à 8 membres après examen de deux rapports pré-rédigés par les rapporteurs. La thèse peut être soutenue avec des réserves (corrections mineures ou majeures à apporter) ; le mémoire est noté directement lors de la délibération.

    Préparer un mémoire de master qui ouvre les portes du doctorat

    Un mémoire de master bien structuré et rigoureusement rédigé constitue la meilleure vitrine pour une candidature en école doctorale. Tesify accompagne les étudiants dans la rédaction de leur mémoire avec un assistant IA adapté aux normes académiques françaises — gratuit pour commencer.