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  • 181 130 étudiants en formation de santé (2026) : les chiffres DREES, et le taux d’interruption que votre mémoire peut interroger

    181 130 étudiants en formation de santé (2026) : les chiffres DREES, et le taux d’interruption que votre mémoire peut interroger

    Si votre mémoire, votre TFE ou votre écrit professionnel touche de près ou de loin aux formations de santé — attractivité des études infirmières, abandons en cours de cursus, démographie des professions — il existe une source officielle que trop peu d’étudiants citent : l’enquête Écoles de la DREES, le service statistique du ministère de la Santé. Sa livraison publiée le 31 octobre 2025, portant sur l’année 2024, donne des chiffres précis, datés et citables. Les voici, avec ce qu’ils permettent de dire — et les trois précautions qui séparent une citation solide d’un chiffre en l’air.

    Les chiffres 2024, tels que publiés

    D’après « Les formations aux professions de santé non médicales et à la profession de sage-femme en 2024 » (DREES, 31 octobre 2025) :

    • 181 130 élèves ou étudiants inscrits, dont 83 % de femmes, répartis dans 1 425 formations ;
    • 103 100 préparent un diplôme d’infirmier et 31 900 un diplôme d’aide-soignant — les deux filières concentrent à elles seules les trois quarts des effectifs couverts ;
    • 93 300 inscrits en première année, soit 2 % de plus qu’en 2023 ;
    • 67 800 diplômés dans l’année, et 92 % de réussite parmi les candidats présentés ;
    • un taux d’interruption de formation de 13,5 % en soins infirmiers, et de 13,2 % chez les aides-soignants.
    Étudiants en formation de santé dans un institut de formation
    Plus de 181 000 inscrits — et une filière infirmière qui pèse plus de la moitié du total.

    Le chiffre qui porte un mémoire : 13,5 % d’interruptions

    Le nombre le plus intéressant de la série n’est pas le plus gros. Un taux d’interruption de 13,5 % en formation infirmière signifie qu’environ un étudiant sur sept ne va pas au bout de son cursus sans le valider — un phénomène massif, documenté nationalement, et pourtant sous-étudié à l’échelle locale. C’est une matière première idéale pour un mémoire : les causes d’interruption dans votre institut, le vécu des étudiants qui suspendent, le rôle des stages dans la décision, les dispositifs d’accompagnement qui retiennent — autant de questions locales que le chiffre national permet de cadrer et de justifier dès l’introduction.

    Attention au vocabulaire, cependant : une interruption n’est pas un échec. La catégorie recouvre des abandons, des réorientations, des suspensions pour raisons de santé ou de vie — votre écrit doit garder la distinction, exactement comme la source la garde. Et le pendant positif mérite d’être cité avec la même rigueur : 92 % des candidats présentés obtiennent leur diplôme. « Présentés » n’est pas « inscrits en première année trois ans plus tôt » : les deux dénominateurs racontent deux histoires différentes, et les confondre fabrique un taux de réussite trompeur.

    Courbe d'inscriptions en hausse et fuite symbolisant les interruptions de formation
    Des entrées en hausse, des sorties en cours de route : deux flux à ne jamais additionner.

    Les trois précautions avant de citer

    1. Le périmètre. L’enquête Écoles couvre les formations aux professions de santé non médicales et de sage-femme — infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes, manipulateurs, etc. Elle ne compte ni les études de médecine, de pharmacie ou d’odontologie, ni les formations universitaires hors de son champ. « 181 130 étudiants en santé » sans cette précision est une phrase fausse.

    2. Le millésime et la date de publication. Les chiffres décrivent l’année 2024 et ont été publiés le 31 octobre 2025. Citez les deux dates : « selon la DREES (données 2024, publiées en octobre 2025)… ». Un chiffre sans millésime n’est pas vérifiable, et ces séries sont mises à jour chaque année — celui qui relira votre mémoire en 2027 doit pouvoir retrouver votre version.

    3. La nature de la source. C’est une enquête administrative auprès des établissements de formation, pas un sondage : les effectifs sont des comptages. En revanche, les catégories (qu’est-ce qu’une « interruption » ? qui est « présenté » au diplôme ?) sont définies par l’enquête — reprenez les définitions de la publication plutôt que d’y substituer les vôtres.

    Trois sujets de mémoire prêts à cadrer avec ces chiffres

    « Comprendre les interruptions en première année dans mon IFSI. » Le cadrage : 13,5 % au national, votre taux local en regard. Le terrain : entretiens avec des étudiants ayant suspendu ou envisagé de suspendre, et avec les formateurs référents de suivi. La valeur ajoutée : le national mesure, votre mémoire explique — moments de bascule, rôle du premier stage, poids des conditions matérielles.

    « L’attractivité retrouvée des études d’aide-soignant : réalité locale ? » Le cadrage : 93 300 entrants en première année toutes filières, en hausse de 2 %. Le terrain : la série des candidatures et des rentrées de votre institut sur cinq ans, croisée avec les entretiens des nouveaux entrants sur leurs motivations. Le résultat : confronter la tendance nationale à une trajectoire locale, en expliquant les écarts.

    « Que deviennent les 8 % ? » Le cadrage : 92 % des présentés réussissent leur diplôme — donc 8 % échouent au moment décisif, après avoir tenu tout le cursus. Le terrain : le parcours des candidats ajournés, leur accompagnement vers la session suivante, les facteurs de l’échec terminal — un angle presque jamais traité, que le chiffre national rend immédiatement légitime.

    Dans les trois cas, la mécanique est la même : le chiffre officiel justifie le sujet en deux phrases d’introduction, et libère votre terrain pour ce qu’il sait faire — comprendre.

    Ce que ces chiffres permettent (et ne permettent pas) de dire

    Ils permettent de cadrer une introduction (« la formation infirmière accueille plus de 100 000 étudiants… »), de justifier un sujet (l’interruption concerne un étudiant sur sept), de comparer votre terrain à la référence nationale (votre promotion perd-elle plus ou moins que 13,5 % ?), et de documenter la féminisation des filières (83 %). Ils ne permettent pas d’expliquer : le taux d’interruption national ne dit rien des causes, et rien de votre institut en particulier. C’est exactement la ligne de partage d’un bon mémoire — le chiffre national cadre, votre terrain explique.

    Pour transformer ce cadrage en travail complet : la structure du travail de fin d’études est dans le guide du mémoire infirmier, la méthode d’enquête locale dans le guide de l’entretien semi-directif, et si votre question devient « quelle source publique pour quelle question », le tableau d’orientation fait le tri. Les autres jeux ouverts du champ santé — ceux de l’Assurance Maladie — sont détaillés dans les données de santé ouvertes.

    Ouvrez votre mémoire dans Tesify : posez le cadrage chiffré en introduction, votre terrain en méthode, et gardez la distinction cadrer/expliquer jusqu’à la discussion — chaque phrase reste la vôtre.

    Questions fréquentes

    Où trouver la publication exacte ?

    Sur le site de la DREES, rubrique jeux de données : « Les formations aux professions de santé non médicales et à la profession de sage-femme en 2024 », publiée le 31 octobre 2025, adossée à l’enquête Écoles. Les données détaillées sont téléchargeables — par formation, par région, par année.

    Puis-je comparer plusieurs années ?

    Oui — l’enquête est annuelle et la DREES publie les séries. C’est même l’un des meilleurs usages en mémoire : suivre l’évolution des entrées en première année ou des interruptions sur cinq ans dit plus qu’une photographie isolée. Datez chaque millésime cité.

    Le chiffre des interruptions vaut-il pour mon IFSI ?

    Non — c’est une moyenne nationale. Votre institut peut se situer bien au-dessus ou en dessous, et c’est précisément l’écart qui fait un sujet de mémoire. Demandez les chiffres locaux à votre direction, et comparez-les à la référence nationale en citant les deux.

    Ces données couvrent-elles les IPA et les spécialités ?

    L’enquête Écoles couvre les formations aux professions non médicales dans son périmètre — vérifiez dans la documentation de la publication quelles formations exactes sont incluses pour l’année citée avant d’étendre une affirmation à une filière précise. La règle vaut pour toute source : lisez la documentation avant le fichier.

    Puis-je recalculer mes propres pourcentages à partir des données ?

    Oui, et c’est encouragé — mais signalez ce qui est un chiffre publié et ce qui est votre calcul. « 103 100 sur 181 130 inscrits, soit 57 % (notre calcul) » : trois mots qui vous protègent d’une objection en soutenance.

    Cadrez avec le national, expliquez avec votre terrain — puis rédigez votre mémoire avec Tesify, avec vos propres mots.

  • Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Formations paramédicales en France 2024 : 181 130 inscrits, taux d’abandon record et enjeux de recrutement

    Cent quatre-vingt-un mille cent trente étudiants sont inscrits en 2024 dans une formation aux professions paramédicales en France — un chiffre en progression constante, mais qui masque une réalité préoccupante : les taux d’abandon de première année ont atteint des niveaux inédits, tandis que la pénurie de soignants pousse l’État à ouvrir 5 500 nouvelles places en IFSI dès la rentrée 2026. Ces données, publiées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES, jeu de données 2024), dessinent un secteur sous tension structurelle où les formations paramédicales France statistiques 2024 infirmiers abandon révèlent un paradoxe central : plus de candidats entrent, mais une proportion croissante ne termine pas.

    Pour les responsables pédagogiques, les tuteurs de stage et les futurs étudiants qui s’interrogent sur leurs chances de réussite, comprendre ces dynamiques est indispensable. Cet article analyse, chiffres à l’appui, les effectifs, la structure des filières, les abandons précoces, les résultats aux diplômes et les perspectives liées à la réforme IFSI 2026.

    Résultat clé
    En 2024, les formations paramédicales françaises comptent 181 130 inscrits répartis sur 1 425 programmes (83 % de femmes). Les infirmiers représentent 103 100 étudiants et les aides-soignants 31 900, soit 75 % des effectifs totaux. Le taux d’abandon de première année atteint 13,5 % en soins infirmiers et 13,2 % chez les aides-soignants. Le taux de réussite global aux examens s’établit à 92 %. Face à la pénurie, 5 500 places supplémentaires en IFSI seront ouvertes à la rentrée 2026, pour un total d’environ 40 000 places.

    Effectifs globaux 2024 : 181 130 inscrits

    Le bilan des inscriptions 2024 marque une nouvelle progression des effectifs paramédicaux. Les 181 130 étudiants inscrits se répartissent sur 1 425 programmes de formation (+2 % par rapport à 2023), ce qui témoigne d’une capacité d’accueil en expansion continue depuis 2020. Quatre-vingt-trois pour cent des inscrits sont des femmes — une proportion stable d’une année sur l’autre, mais qui varie selon les filières : la podologie et l’imagerie médicale connaissent une féminisation moindre, tandis que les soins infirmiers restent à plus de 85 % féminins.

    Les admissions en première année s’établissent à 93 300 étudiants pour l’année 2024, soit une hausse de 2 % par rapport à l’exercice précédent. Cette dynamique d’entrée contraste avec la stabilité du nombre de diplômes délivrés — 67 800 pour l’année 2024 — ce qui pointe vers un phénomène de filtrage interne renforcé entre l’entrée et la sortie des formations.

    Tableau 1 — Indicateurs globaux des formations paramédicales, France 2024 (source : DREES)
    Indicateur Valeur 2024 Évolution vs 2023
    Total inscrits 181 130 +2 %
    Nombre de programmes 1 425 +2 %
    Part des femmes 83 % Stable
    Inscrits en 1re année 93 300 +2 %
    Diplômes délivrés 67 800 Stable

    Ces 181 130 inscrits représentent un vivier de soignants en formation bien supérieur à celui de nombreux pays européens comparables, mais la question de savoir combien franchiront effectivement la ligne d’arrivée conditionne l’ensemble de la politique de recrutement hospitalier. Pour une mise en perspective avec l’ensemble des parcours supérieurs, voir Apprentissage dans l’enseignement supérieur en France 2025 : 657 900 apprentis.

    Structure des filières : infirmiers et aides-soignants dominent

    Deux filières concentrent à elles seules les trois quarts des effectifs paramédicaux français. Les 103 100 étudiants en soins infirmiers constituent le premier bataillon — une progression notable par rapport aux 96 285 inscrits de l’édition 2022 —, tandis que les 31 900 étudiants aides-soignants forment le second groupe. Ensemble, infirmiers et aides-soignants représentent 75 % des 181 130 inscrits totaux.

    Les filières à plus forte croissance 2024 sont la podologie (+17 % d’inscrits) et les techniciens en imagerie médicale (+16 %). Ces progressions reflètent à la fois un intérêt croissant des candidats et des décisions régionales d’élargissement des quotas d’admission dans des métiers où les tensions de recrutement sont documentées depuis plusieurs années.

    Tableau 2 — Répartition des inscrits par filière principale, France 2024 (source : DREES)
    Filière Inscrits 2024 Part du total
    Infirmiers (IFSI) 103 100 57 %
    Aides-soignants (IFAS) 31 900 18 %
    Autres professions paramédicales 46 130 25 %
    Total 181 130 100 %

    Cette concentration sur deux filières rend le système particulièrement vulnérable aux chocs démographiques et organisationnels. Lorsque le taux d’abandon augmente chez les infirmiers, c’est plus de la moitié du vivier de diplômés potentiels qui se contracte, avec des effets différés de trois ans sur les recrutements hospitaliers.

    Point de vigilance
    Le ratio entre premières années (93 300) et diplômes délivrés (67 800) indique qu’environ 27 % des cohortes d’entrée ne parviennent pas à l’obtention du diplôme dans le délai normal de la formation. Ce chiffre agrège abandons, redoublements et réorientations.

    Le taux d’abandon : une progression inquiétante

    Le phénomène d’abandon en première année de formation paramédicale constitue l’un des signaux les plus préoccupants de l’édition 2024. Chez les infirmiers, le taux d’abandon de première année s’établit à 13,5 % — un premier plateau après une décennie de hausses continues. Chez les aides-soignants, il atteint 13,2 %, en progression depuis 11,9 % en 2023. Ces chiffres s’inscrivent dans une tendance longue : les données DREES des éditions antérieures faisaient état de taux autour de 11 % en début de décennie pour les aides-soignants, et inférieurs à 10 % pour les infirmiers il y a dix ans.

    Plusieurs facteurs structurels alimentent cette progression. D’abord, l’élargissement des critères d’admission via Parcoursup a multiplié les profils atypiques — des candidats moins préparés aux contraintes pratiques des stages cliniques dès la première année. Ensuite, les conditions d’encadrement en stage se sont dégradées dans de nombreux établissements, ce qui amplifie le choc de réalité pour les nouveaux entrants. Enfin, l’attractivité de formations alternatives — BTS santé, BUT carrières sociales, apprentissage — offre des voies de sortie plus lisibles pour les étudiants qui doutent.

    Tableau 3 — Taux d’abandon de 1re année par filière, 2023 vs 2024 (source : DREES)
    Filière Taux 2023 Taux 2024 Variation
    Infirmiers (IFSI) 13,5 % Premier plateau
    Aides-soignants (IFAS) 11,9 % 13,2 % +1,3 pt

    Ce phénomène d’abandon n’est pas propre au secteur paramédical. Les données sur la réussite et le décrochage en licence L1 France 2025 montrent des dynamiques analogues dans l’enseignement supérieur général, avec des taux de non-progression en première année comparables. La différence tient cependant à ce que l’abandon paramédical a des conséquences sectorielles directes sur l’offre de soins, contrairement à une réorientation en licence générale.

    L’augmentation du recours aux dispositifs de reconnaissance des acquis est un indicateur complémentaire utile : 21 340 étudiants ont bénéficié d’allégements de parcours en 2024 (11,8 % des inscrits), ce qui suggère que le système cherche à retenir dans les formations des profils qui auraient autrement abandonné.

    📊
    DREES — Données officielles sur les formations aux professions de santé

    La DREES publie chaque année les statistiques complètes sur les effectifs, les taux d’abandon et les résultats aux diplômes des formations paramédicales en France. Les séries longues depuis 2015 sont disponibles en open data.

    Accéder aux données DREES →

    Source : DREES — Formations aux professions de santé, jeu de données 2024

    Taux de réussite aux examens : le paradoxe des 92 %

    Face à la montée des abandons, le taux de réussite global aux examens — 92 % en 2024, contre 93 % en 2023 — peut paraître contre-intuitif. Ce paradoxe s’explique par un mécanisme de sélection amont : les étudiants qui abandonnent ne se présentent pas aux épreuves finales, si bien que la population examinée est d’emblée plus homogène et plus motivée. En d’autres termes, le taux de réussite de 92 % ne mesure pas la probabilité qu’un entrant décroche son diplôme, mais la probabilité de succès pour ceux qui restent jusqu’à l’examen.

    Chez les infirmiers, le taux de réussite reste stable au-dessus de 95 % pour les candidats présentés — un chiffre cohérent avec une formation très encadrée et des stages cliniques qui remplissent de facto une fonction de pré-sélection progressive. La légère baisse du taux global (de 93 % à 92 %) est en partie imputable à la montée en effectifs de filières nouvelles — podologie, imagerie médicale — où les premières cohortes élargies présentent des profils plus hétérogènes.

    Lecture des données
    Un taux de réussite aux examens élevé (92-95 %) combiné à un taux d’abandon croissant (13-14 %) signifie que le filtre se déplace : du jury d’examen vers la première année de formation. La vraie mesure de l’efficacité du système est le ratio diplômés/entrants en première année — qui s’établissait à 76 % en 2022 selon les données antérieures, contre 81 % en 2021. Les données 2024 sur ce ratio ne sont pas encore disponibles dans le jeu de données DREES de référence.

    Ce décalage entre réussite formelle et rétention réelle a des implications directes sur les projections de diplômés disponibles pour les recrutements. Voir également Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 pour comprendre comment les politiques d’aménagement peuvent atténuer certains facteurs d’abandon dans les formations de santé.

    IFSI 2026 : 5 500 nouvelles places pour répondre à la pénurie

    Le 29 janvier 2026, la ministre de la Santé a annoncé la création de 5 500 nouvelles places en Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) pour la rentrée de septembre 2026, portant la capacité nationale à environ 40 000 places. L’État a alloué 215 millions d’euros pour financer cette expansion, répartis entre les régions selon leurs besoins territoriaux. Ces ouvertures s’inscrivent dans le cadre d’un protocole État-régions signé en 2022, dont l’application avait été fragilisée par les incertitudes budgétaires de 2025.

    La réforme de 2026 va au-delà du simple ajout de places. Le diplôme d’État infirmier sera désormais délivré par les universités, dans le cadre d’une formation de trois ans réorganisée autour de 66 semaines de stage clinique — un renforcement de la composante pratique qui vise précisément à réduire le choc de réalité à l’origine d’une partie des abandons. Cette universitarisation ouvre également des passerelles vers les masters de sciences infirmières.

    Tableau 4 — Réforme IFSI 2026 : principaux paramètres
    Paramètre Valeur
    Nouvelles places créées (rentrée 2026) 5 500
    Capacité nationale IFSI estimée post-réforme ~40 000 places
    Financement alloué par l’État 215 millions €
    Durée de formation (inchangée) 3 ans
    Semaines de stage clinique (nouveau référentiel) 66 semaines
    Délivrance du diplôme Université (universitarisation)

    Plusieurs acteurs du secteur, dont des syndicats infirmiers et des responsables d’IFSI régionaux, ont salué l’annonce tout en exprimant des réserves sur la capacité d’absorption des établissements : créer 5 500 places supplémentaires exige des locaux, des formateurs et, surtout, des terrains de stage supplémentaires dans un système hospitalier déjà sous pression. Si les conditions d’encadrement en stage se détériorent, le risque est d’amplifier le taux d’abandon plutôt que de le réduire. La réforme sera donc évaluée non seulement sur le volume d’entrées, mais sur le taux de rétention des cohortes élargies.

    Enjeux de recrutement et perspectives sectorielles

    La tension entre croissance des effectifs inscrits et progression des abandons se traduit directement dans les projections de diplômés disponibles pour les employeurs. Avec 67 800 diplômes délivrés en 2024 — dont une large majorité d’infirmiers (+4 % de diplômés infirmiers, reflet différé de la croissance 2020-2021) —, le secteur hospitalier et médico-social dispose d’un flux de nouveaux professionnels en légère amélioration. Mais ce flux reste insuffisant au regard des besoins exprimés par les établissements, notamment dans les déserts médicaux et dans les spécialités à forte usure professionnelle.

    Trois axes conditionnent l’efficacité de la politique de recrutement pour les années à venir :

    • Réduire l’abandon de première année : l’universitarisation et le renforcement de l’accompagnement des cohortes élargies sont les leviers les plus directs. Un gain de 3 points de rétention sur les 93 300 entrants 2024 représenterait environ 2 800 diplômés supplémentaires à horizon 2027.
    • Développer l’apprentissage paramédical : les données sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur France 2025 montrent une progression de 657 900 apprentis dans le supérieur. Étendre ce modèle aux formations infirmières permettrait de réduire le choc de réalité grâce à une alternance dès la première année.
    • Améliorer les conditions de stage : la qualité des terrains de stage est le facteur le plus cité dans les enquêtes qualitatives sur l’abandon. Les 5 500 nouvelles places IFSI 2026 ne produiront leur plein effet que si le réseau de stages est suffisamment dense pour absorber les cohortes élargies.

    Pour le contexte démographique général de l’enseignement supérieur dans lequel s’inscrivent ces dynamiques, voir Chiffres clés de la rentrée universitaire France 2026-2027 et Parcoursup 2025 en chiffres : taux d’admission par filière.

    FAQ — Formations paramédicales France 2024

    Combien d’étudiants sont inscrits en formations paramédicales en France en 2024 ?

    Selon la DREES, 181 130 étudiants sont inscrits en 2024 dans une formation aux professions de santé paramédicales, répartis sur 1 425 programmes. Cela représente une hausse de 2 % par rapport à 2023. Les femmes constituent 83 % des effectifs.

    Quelle est la filière paramédicale avec le plus d’inscrits en France ?

    Les infirmiers (IFSI) constituent la filière la plus importante avec 103 100 inscrits en 2024, soit 57 % du total. Les aides-soignants (IFAS) arrivent en deuxième position avec 31 900 étudiants. Ensemble, ces deux filières représentent 75 % des 181 130 inscrits.

    Quel est le taux d’abandon en soins infirmiers en France en 2024 ?

    Le taux d’abandon de première année en soins infirmiers s’établit à 13,5 % en 2024, marquant un premier plateau après une décennie de hausses continues. Chez les aides-soignants, le taux est de 13,2 %, en hausse par rapport à 11,9 % en 2023. Ces abandons interviennent principalement lors des premières semaines de stage clinique.

    Quel est le taux de réussite aux diplômes paramédicaux en France ?

    Le taux de réussite global aux examens paramédicaux est de 92 % en 2024 (contre 93 % en 2023). Ce chiffre élevé ne doit pas masquer que de nombreux étudiants abandonnent avant les examens : 67 800 diplômes ont été délivrés pour 93 300 entrants en première année, soit un ratio de rétention apparent inférieur à 73 % sur l’année en cours.

    Combien de nouvelles places IFSI sont créées pour 2026 et pour quel coût ?

    La ministre de la Santé a annoncé le 29 janvier 2026 la création de 5 500 nouvelles places en IFSI pour la rentrée de septembre 2026, portant la capacité nationale à environ 40 000 places. L’État finance cette mesure à hauteur de 215 millions d’euros, répartis entre les régions selon leurs besoins territoriaux.

    Qu’est-ce que la réforme IFSI 2026 change concrètement pour les futurs infirmiers ?

    À partir de septembre 2026, le diplôme d’État infirmier sera délivré par les universités et non plus par les seuls IFSI. La durée de formation reste de trois ans, mais le référentiel intègre désormais 66 semaines de stage clinique — davantage qu’avant. Cette universitarisation ouvre des passerelles vers des masters de sciences infirmières et aligne la France sur les standards européens.

    Où trouver les données officielles DREES sur les formations paramédicales ?

    Les données sont disponibles sur le site de la DREES dans la rubrique « Jeux de données » : le jeu de données Formations aux professions de santé (référence 251031) compile les séries annuelles depuis 2015. Les communiqués de presse associés donnent les chiffres commentés pour chaque millésime. Ces données sont accessibles gratuitement et en open data.

    Préparer un mémoire ou un rapport sur les formations de santé ?

    Les étudiants en master Santé publique, Sciences infirmières ou Gestion hospitalière qui rédigent un mémoire sur les enjeux de recrutement paramédical font face à des masses de données hétérogènes. Tesify automatise l’extraction et la structuration des données DREES, INSEE et HAS pour vous permettre de vous concentrer sur l’analyse. Découvrez Tesify et accélérez la rédaction de votre travail de recherche.