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Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

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Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

Réussite et décrochage en licence L1 France 2025 : taux de passage, réorientation et profils par discipline

En France, 47,8 % des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en licence L1 sont passés directement en L2 l’année suivante — soit, pour la première fois depuis la fin de la crise sanitaire, une progression notable (+3,8 points par rapport à la cohorte précédente). Ce chiffre, issu de la note flash du SIES publiée en novembre 2024, constitue le principal indicateur de réussite en première année de licence, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Derrière cette moyenne nationale se cachent des trajectoires très différentes selon la filière choisie, le type de baccalauréat obtenu et le profil social de l’étudiant.

Pour les universités, les familles et les lycéens qui s’orientent, comprendre ces données est essentiel : qui redouble, qui part, qui réussit — et surtout pourquoi. Cet article décrypte les statistiques officielles les plus récentes du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) pour donner une lecture précise et exploitable de la réussite en L1 en 2026.

Résultat clé : Sur 100 nouveaux bacheliers inscrits en L1 en 2022-2023, 47,8 passent directement en L2, 25,4 redoublent, 3,7 se réorientent vers une autre formation, et 23,1 quittent l’université sans réinscription. L’écart de réussite entre bac général (61,6 % de poursuite après L1) et bac professionnel (21,6 %) atteint 40 points.

Les chiffres nationaux : passage, redoublement et sortie définitive

La note flash SIES n° 30 de novembre 2024 analyse le devenir des bacheliers 2022 inscrits pour la première fois en première année de licence à la rentrée 2022-2023. Quatre trajectoires principales sont distinguées à l’issue de cette première année :

  • Passage en L2 : 47,8 % des inscrits obtiennent leur validation de L1 et progressent directement en deuxième année.
  • Redoublement en L1 : 25,4 % restent inscrits en L1 l’année suivante, soit parce qu’ils ont échoué, soit parce qu’ils choisissent de consolider leurs acquis.
  • Réorientation : 3,7 % se réinscrivent dans une autre formation universitaire ou quittent la licence vers un autre cursus (BTS, IUT, prépa, formation privée).
  • Sortie de l’université : 23,1 % ne se réinscrivent nulle part dans l’enseignement supérieur l’année suivante — ce qui constitue la mesure directe du décrochage de première année.

Ce taux de passage de 47,8 % représente une amélioration significative après plusieurs années de recul : il était de 44,0 % pour la cohorte 2020. Toutefois, il reste inférieur aux objectifs stratégiques fixés par le MESR dans le cadre du plan Licences, qui visait un taux de 60 % à l’horizon 2025. La part des sortants sans réinscription — 23,1 % — reste préoccupante et nourrit le phénomène plus large de l’abandon universitaire en France.

Il convient de noter que le taux de passage global masque des différences considérables selon les caractéristiques de l’étudiant entrant. La lecture nationale doit donc toujours être croisée avec la filière et le profil académique.

Source : EESR n°18 — Parcours et réussite en licence et master à l’université, MESR-SIES

Taux de passage L1→L2 par discipline

Les données SIES permettent de décomposer le taux de passage selon les grandes familles disciplinaires de l’université française. Le tableau ci-dessous rassemble les chiffres issus de la cohorte 2022-2023 pour l’année d’observation 2023-2024.

Tableau 1 — Trajectoires en L1 par discipline (bacheliers 2022, données SIES 2024)
Discipline Passage en L2 Redoublement Réorientation Sortie définitive
Droit, sciences politiques 47,2 % 32,2 % 2,5 % 18,0 %
Économie, AES 46,8 % 23,2 % 3,0 % 27,0 %
Arts, lettres, langues, SHS 48,4 % 22,4 % 2,6 % 26,6 %
Sciences, santé 48,9 % 26,6 % 6,7 % 17,8 %
STAPS 45,9 % 24,1 % 5,2 % 24,8 %
Source : SIES, note flash n° 30, novembre 2024 — cohorte bacheliers 2022.

Trois lectures s’imposent à partir de ce tableau. Premièrement, les taux de passage sont relativement homogènes entre disciplines (45,9 % à 48,9 %), ce qui suggère que la discipline en elle-même n’est pas le déterminant principal du passage en L2 au niveau national. Deuxièmement, c’est la structure des trajectoires alternatives qui diffère franchement : le droit affiche le taux de redoublement le plus élevé (32,2 %) mais le taux de sortie définitive le plus bas (18,0 %), tandis que l’économie-AES cumule un taux de sortie de 27,0 %, le plus élevé de l’ensemble. Troisièmement, les filières scientifiques présentent un taux de réorientation significativement plus élevé (6,7 %), cohérent avec les possibilités de passerelles vers des IUT ou des classes préparatoires intégrées.

Ces données complètent utilement les analyses disponibles sur le taux d’abandon universitaire en France, qui montrent que les sorties sans diplôme sont concentrées dans les premières années de cycle.

L’écart majeur selon le type de baccalauréat

La variable la plus discriminante en matière de réussite en L1 n’est pas la discipline ni même l’établissement : c’est le type de baccalauréat obtenu. Les données longitudinales du SIES sur la cohorte 2020 (suivie jusqu’en troisième année) illustrent un écart structurel de grande ampleur.

Tableau 2 — Trajectoires cumulées à l’issue de la L1 selon le type de bac (cohorte 2020, SIES)
Type de baccalauréat Toujours en licence (3e année) En L3 (3e année) Taux de réussite en licence (5 ans)
Baccalauréat général 61,6 % 38,1 % ~58 %
Baccalauréat technologique 29,9 % 12,0 % ~22 %
Baccalauréat professionnel 21,6 % 7,7 % ~12 %
Source : SIES, EESR indicateur T149 — cohorte bacheliers 2020, observation en 2022-2023.

Ces chiffres révèlent une réalité structurelle difficile. Un bachelier général entrant en licence a environ 58 % de chances de décrocher son diplôme dans un délai de cinq ans. Ce taux tombe à 22 % pour un bachelier technologique et à 12 % pour un bachelier professionnel. Dit autrement, près de 88 % des bacheliers professionnels inscrits en licence n’obtiennent pas leur diplôme, ce qui soulève des questions profondes sur l’orientation post-bac et sur l’adéquation entre les prérequis attendus en licence et la formation reçue avant le baccalauréat.

La note flash SIES 2024 précise par ailleurs que la baisse globale du taux de réussite en licence (cohorte 2019 : 45,7 %, soit -1,2 point par rapport à 2018) n’est imputable qu’aux bacheliers généraux. Les taux des bacheliers technologiques et professionnels, structurellement bas, sont restés stables. Ceci indique que les réformes du baccalauréat général (mise en place de la réforme Blanquer en 2019-2021, introduction du contrôle continu) ont pu modifier la composition et le niveau des entrants en licence sans améliorer significativement leur taux de réussite à long terme.

Par ailleurs, les taux de passage L1→L2 varient de 43 % à 62 % selon la combinaison de spécialités choisies au lycée, confirmant que le choix des matières au cycle terminal constitue un déterminant précoce de la réussite universitaire.

La réorientation : une issue sous-estimée

Le taux national de réorientation de 3,7 % peut sembler modeste. Il mérite cependant d’être contextualisé. Premièrement, ce chiffre ne capture que les réorientations formelles vers une autre formation enregistrée dans les bases du SIES ; il ne comptabilise pas les étudiants qui abandonnent en cours d’année sans acte administratif formalisé, qui sont intégrés dans la catégorie “sortie définitive”. Deuxièmement, les réorientations sont inégalement réparties : elles atteignent 6,7 % dans les filières sciences-santé, notamment en raison des passerelles vers les IUT de chimie, biologie ou mesures physiques.

La réorientation en fin de L1 est encouragée par la circulaire “parcours adaptés” qui impose aux universités de proposer un entretien de bilan à tout étudiant en difficulté dès la fin du premier semestre. Le dispositif “oui-si” issu de la loi ORE de 2018 prévoit des parcours avec accompagnement renforcé, mais son déploiement reste hétérogène selon les établissements.

Du côté des flux, les étudiants qui se réorientent en fin de L1 se dirigent prioritairement vers : les BTS (environ 40 % des réorientés), les IUT — désormais BUT — (environ 25 %), et d’autres mentions de licence ou de formations professionnelles courtes. Une fraction non négligeable interrompt temporairement ses études pour reprendre un emploi ou partir en mobilité internationale.

Réussite en 3 et 4 ans : la mesure longue

Le taux de passage L1→L2 est un indicateur de court terme. La mesure de référence pour évaluer l’efficacité réelle des parcours de licence est le taux d’obtention du diplôme en 3 ans (durée théorique) et en 4 ans (une année de redoublement supplémentaire). Ces données longitudinales, construites sur des cohortes de bacheliers suivies pendant 5 à 7 ans, révèlent une réalité moins favorable que le taux de passage annuel.

Pour la cohorte de bacheliers 2019 — la plus récente pour laquelle le SIES dispose d’un recul suffisant —, le taux de réussite en licence s’établit à 45,7 % en 4 ans, en recul de 1,2 point par rapport à la cohorte 2018 (46,9 %). Ce chiffre intègre toutes les trajectoires : passage direct, redoublement suivi de validation, et réinscription après une interruption temporaire.

La lecture par type de bac (présentée dans le tableau 2 ci-dessus) indique que la réussite en 5 ans atteint environ 58 % pour les bacheliers généraux — ce qui signifie que même parmi les bacheliers les mieux préparés, plus de 40 % n’obtiennent pas leur licence. Ce constat alimente les débats sur l’architecture du cycle licence, sur la pertinence du redoublement comme outil pédagogique, et sur les politiques d’orientation active mises en place par les établissements. Pour une lecture complémentaire sur la continuité des parcours, la réussite en master en France suit une tout autre dynamique, avec des taux beaucoup plus élevés (91,6 % à l’issue du M2).

Facteurs explicatifs du décrochage en L1

Les statistiques de passage ne s’expliquent pas par un facteur unique. La recherche en sciences de l’éducation et les rapports institutionnels convergent vers plusieurs déterminants majeurs :

Le niveau académique à l’entrée

Le type de baccalauréat (cf. tableau 2) est le prédicteur le plus robuste. Au-delà du type, la mention obtenue au baccalauréat est fortement corrélée au passage en L2 : les bacheliers généraux avec mention Très Bien affichent des taux de passage nettement supérieurs à la moyenne de leur catégorie. La combinaison des spécialités de terminale joue également un rôle croissant depuis la réforme du bac 2021.

L’adéquation formation-projet

Un étudiant inscrit en licence sans projet professionnel défini ou par défaut d’orientation (faute d’admission dans une filière sélective) présente statistiquement un risque de décrochage plus élevé. C’est l’une des limites documentées du dispositif Parcoursup : une partie des étudiants acceptent une proposition de licence faute d’alternative, sans adhésion au projet d’études.

Les difficultés socio-économiques

Les études sur les causes de l’abandon universitaire en France montrent que les contraintes financières — nécessité d’occuper un emploi salarié en parallèle des études, coût du logement étudiant, absence de bourse — sont significativement associées au décrochage, particulièrement dans les premières années de cycle.

Le choc pédagogique de la transition lycée-université

La rupture entre les méthodes d’apprentissage du lycée (cours en classe entière, évaluations fréquentes, contrôle régulier de la présence) et celles de l’université (amphithéâtres, autonomie, rareté du suivi individuel) constitue un facteur de déstabilisation bien documenté, en particulier pour les étudiants de première génération universitaire. Ce phénomène, souvent qualifié de “choc de la première année”, explique en partie pourquoi le taux d’abandon est maximal au cours du premier semestre.

L’offre de remédiation et d’accompagnement

Les établissements qui proposent un accompagnement renforcé dès l’entrée en L1 — tutorat par les étudiants avancés, dispositifs “oui-si”, modules de remise à niveau — enregistrent des taux de passage supérieurs à la moyenne nationale dans leurs filières concernées. Ces dispositifs, bien qu’insuffisamment généralisés, font partie des leviers identifiés par le MESR pour améliorer la réussite en licence.

FAQ — Questions fréquentes sur la réussite en licence L1

Quel est le taux de passage de L1 en L2 en France en 2025 ?

D’après la note flash SIES n° 30 de novembre 2024 (données cohorte bacheliers 2022), le taux de passage direct de L1 en L2 est de 47,8 %. C’est le chiffre le plus récent disponible, en hausse de 3,8 points par rapport à la cohorte précédente. Ce taux intègre tous les bacheliers, toutes disciplines confondues.

Combien d’étudiants abandonnent la licence après la L1 ?

Sur 100 nouveaux inscrits en L1, 23,1 % ne se réinscrivent nulle part l’année suivante (sortie définitive de l’université). Un 3,7 % supplémentaire se réoriente vers une autre formation. Le décrochage net — étudiants qui quittent l’enseignement supérieur sans diplôme — représente donc une proportion significative des entrants en première année.

Quelle discipline a le meilleur taux de passage en L2 ?

D’après les données SIES 2024, les filières sciences-santé affichent le taux de passage direct le plus élevé (48,9 %), suivies d’arts-lettres-langues-SHS (48,4 %). Le droit (47,2 %) et l’économie-AES (46,8 %) sont légèrement en dessous. Les STAPS enregistrent le taux le plus bas (45,9 %). Les écarts sont faibles en termes de passage, mais importants sur la structure redoublement/sortie.

Un bachelier professionnel a-t-il ses chances en licence ?

Les statistiques officielles indiquent une difficulté structurelle : seuls environ 12 % des bacheliers professionnels inscrits en licence décrochent ce diplôme, même en 5 ans. Cela ne signifie pas qu’il est impossible de réussir, mais que le parcours licence est rarement adapté à leur profil. Les filières comme le BTS, le BUT ou les licences professionnelles sont statistiquement beaucoup mieux adaptées aux bacheliers professionnels.

Qu’est-ce que le dispositif “oui-si” et quel est son impact sur la réussite ?

Le dispositif “oui-si”, introduit par la loi ORE (2018), permet aux universités d’accepter conditionnellement des candidats dont le dossier ne correspond pas exactement aux prérequis de la filière, à condition de les orienter vers un parcours adapté avec accompagnement renforcé. Son impact sur le taux de passage est documenté positivement dans les établissements qui l’appliquent rigoureusement, mais son déploiement reste inégal sur le territoire.

Comment les taux de réussite en L1 ont-ils évolué ces dernières années ?

Le taux de passage L1→L2 a connu plusieurs phases. Il était d’environ 44 % pour la cohorte 2020 (affectée par la crise sanitaire), et remonte à 47,8 % pour la cohorte 2022 — un rebond notable. En parallèle, le taux de réussite en licence en 4 ans (mesure longue) a légèrement reculé, passant de 46,9 % (cohorte 2018) à 45,7 % (cohorte 2019), notamment en raison de la recomposition des entrants suite à la réforme du baccalauréat général.

Où trouver les données officielles sur la réussite en licence ?

Les données officielles sont publiées par le SIES (Sous-direction des systèmes d’information et des études statistiques) du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Les notes flash sont disponibles gratuitement sur le site publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr. Le tableau de bord synthétique figure également dans l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche (EESR), indicateur T149.

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