Insertion professionnelle des docteurs en France 2024 : emploi, CDI et secteur privé par discipline
En France, 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance, selon la Note Flash SIES n°25 publiée en septembre 2024. Ce chiffre global masque des réalités très différentes selon la discipline, la nationalité et le secteur d’activité. Les docteurs en sciences et ingénierie affichent des taux d’emploi proches de 95 %, quand leurs homologues en sciences de la vie peinent à décrocher un poste stable dans les douze premiers mois. L’enquête IPDoc, conduite par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, offre la photographie la plus complète à ce jour de l’entrée sur le marché du travail après le doctorat.
Comprendre ces chiffres intéresse autant les doctorants en cours de thèse que les directeurs d’école doctorale et les responsables RH. Car derrière le taux d’emploi global se cache une dichotomie structurelle : l’emploi académique reste très précaire à court terme (seulement 45 % de postes stables dans le secteur public-académique à un an), tandis que le secteur privé offre de meilleures conditions de stabilité immédiate, notamment pour les profils scientifiques et d’ingénierie.
À un an, 89 % des docteurs français 2020 sont en emploi, dont 49 % dans le secteur académique. Seulement 49 % occupent un poste stable (CDI ou équivalent). À trois ans, le taux d’emploi monte à 94 % et la stabilité à 66 %. Les sciences et ingénierie dominent en salaire médian (2 724 €/mois net à 3 ans), les SHS restent en retrait (2 000 €/mois à un an). Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 et EESR n°15.
Méthodologie de l’enquête IPDoc
L’enquête IPDoc (Insertion Professionnelle des Docteurs) est conduite chaque année par le Service statistique du MESR (SIES). La cinquième édition — IPDoc 2021 — a interrogé les docteurs diplômés en 2020, soit un an après l’obtention de leur diplôme. Le périmètre couvre 11 806 diplômes de doctorat délivrés en 2020, avec 10 146 docteurs contactés et un taux de réponse net de 64 %, soit 6 477 réponses exploitables. Les résultats sont publiés en septembre 2024 dans la Note Flash SIES n°25.
La même édition interroge également les docteurs diplômés en 2018 sur leur situation à trois ans (volet longitudinal IPDoc 2021). Cette double fenêtre temporelle — un an et trois ans — permet de mesurer la progression de l’insertion, le passage du précaire au stable, et l’évolution salariale au début de carrière. Les données nationales sexuées par discipline détaillée sont accessibles en open data sur data.gouv.fr.
Trois grands champs disciplinaires structurent les analyses : les sciences exactes et leurs applications (mathématiques, physique, chimie, informatique, ingénierie), les sciences de la vie et de la santé (biologie, médecine, pharmacie), et les sciences humaines et sociales (SHS : droit, économie, lettres, sciences sociales). Cette tripartition est celle retenue par le SIES dans l’ensemble de ses publications.
Taux d’emploi global à un an et à trois ans
Le taux d’insertion à un an s’établit à 89 % pour la cohorte 2020 — c’est-à-dire 89 % des docteurs en situation active sur le marché du travail occupent un emploi, quelle qu’en soit la nature. Ce résultat est cohérent avec les cohortes antérieures et confirme la robustesse globale du doctorat comme signal employabilité. À titre de comparaison, le taux d’insertion à un an des diplômés de master se situe autour de 88 à 92 % selon les disciplines, ce qui place le doctorat dans un registre comparable mais sans avantage net à très court terme.
À trois ans, le taux d’emploi progresse à 94 %, et la qualité de l’emploi s’améliore sensiblement : 90 % occupent un poste de cadre ou de profession intellectuelle supérieure, et 95 % travaillent à temps plein. Ces chiffres confirment que le doctorat, même s’il ne garantit pas une insertion immédiate dans les meilleures conditions, positionne ses titulaires dans le segment supérieur du marché du travail à horizon trois ans. Pour les aspects liés au financement du doctorat en France via les contrats doctoraux et le CIFRE, les conditions d’entrée sur le marché du travail varient également selon le type de financement reçu pendant la thèse.
| Horizon | Taux d’emploi | Emploi stable | Cadres | Temps plein |
|---|---|---|---|---|
| 1 an (cohorte 2020) | 89 % | 49 % | 90 % | 95 % |
| 3 ans (cohorte 2018) | 94 % | 66 % | 96 % | ~95 % |
| Source : MESR-SIES, enquête IPDoc 2021 (Note Flash SIES n°25, sept. 2024) et EESR n°15. | ||||
Stabilité de l’emploi et répartition sectorielle
Le chiffre qui mérite le plus d’attention n’est pas le taux d’emploi brut mais le taux d’emploi stable : à un an, seuls 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé, titularisation dans le public, ou contrat de longue durée). Cela reflète la réalité de l’entrée dans la carrière académique, qui passe généralement par des post-doctorats, des ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche) ou des contrats à durée déterminée.
La répartition sectorielle à un an se divise ainsi : 49,1 % des docteurs en emploi travaillent dans le secteur académique (universités, CNRS, INSERM, CEA et autres organismes publics de recherche), tandis que le secteur privé et les autres structures absorbent les 51 % restants. Cette quasi-parité est trompeuse, car les conditions d’emploi diffèrent radicalement selon le secteur. Dans l’académique, moins de la moitié des postes sont stables à un an. Dans le secteur privé, le CDI est la norme dès l’embauche pour les profils scientifiques et d’ingénierie, ce qui explique l’avantage structurel du privé sur la stabilité immédiate.
Le taux d’emploi stable dans le secteur académique à un an s’établit à environ 45 % seulement, contre un taux bien supérieur dans le secteur privé pour les disciplines scientifiques. La précarité post-doctorale est donc avant tout un phénomène du secteur public académique, pas du marché du travail dans son ensemble.
À trois ans, la situation du secteur académique s’améliore : 66 % des docteurs toutes disciplines confondues occupent un emploi stable. Mais l’écart entre secteurs reste significatif : un docteur en sciences de la vie qui reste dans l’académique après un ou deux post-docs peut attendre cinq à sept ans avant d’accéder à un CDI ou un poste de titulaire. C’est l’une des raisons pour lesquelles on observe une mobilité croissante vers le secteur privé, notamment dans l’industrie pharmaceutique et les biotechnologies. Le phénomène de non-soutenance ou d’abandon en cours de thèse, documenté dans notre analyse du taux d’abandon en doctorat en France, s’explique en partie par ces perspectives perçues comme incertaines.
Données par discipline : emploi, CDI et salaire
Les disparités entre disciplines sont la variable la plus déterminante de l’insertion professionnelle des docteurs. L’enquête IPDoc ventile les résultats selon les trois grands champs disciplinaires, et les écarts sont substantiels, en particulier sur la stabilité de l’emploi à court terme.
| Discipline | Taux d’emploi | Emploi stable | Cadres |
|---|---|---|---|
| Sciences exactes & ingénierie | ~94 % | 51 % | ~98 % |
| Sciences de la vie & de la santé | ~92 % | 40 % | ~96 % |
| Sciences humaines & sociales | ~92 % | 54 % | ~92 % |
| Ensemble | 89 % | 49 % | 90 % |
| Source : MESR-SIES, IPDoc 2021 (cohorte diplômés 2020). Données arrondies. | |||
Plusieurs constats se dégagent de ce tableau. Premièrement, le taux d’emploi à un an est élevé dans toutes les disciplines — les écarts entre champs restent inférieurs à 3 points. Deuxièmement, et c’est là l’information la plus saillante, le taux d’emploi stable à un an varie de 40 à 54 % selon la discipline. Les sciences de la vie enregistrent le score le plus faible, reflet direct de la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans ce secteur. Les SHS surprennent avec le taux le plus élevé (54 %), car une fraction importante des docteurs en lettres, droit ou économie s’insère directement dans des postes pérennes du secteur tertiaire (enseignement secondaire via l’agrégation, secteur public, cabinets de conseil).
À trois ans, les écarts se réduisent mais persistent. L’enquête EESR n°15 (Le devenir des docteurs trois ans après l’obtention de leur thèse) documente une stabilité à 69,7 % pour les sciences et ingénierie, 53,2 % pour les sciences de la vie et 70,3 % pour les SHS à l’horizon trois ans. Le rattrapage en sciences de la vie reste partiel, ce qui confirme la longueur des trajectoires post-doctorales dans ce champ.
L’effet nationalité : docteurs étrangers et secteur privé
La Note Flash SIES n°25 met en lumière une divergence marquée selon la nationalité. 57 % des docteurs de nationalité étrangère diplômés en France en 2020 travaillaient dans le secteur privé à un an, contre 40 % seulement pour les docteurs français. Cet écart de 17 points s’explique par plusieurs facteurs structurels.
D’abord, les docteurs étrangers sont davantage représentés dans les disciplines scientifiques et d’ingénierie, où l’insertion dans le privé est plus fréquente. Ensuite, l’accès au secteur académique français (maîtres de conférences, chargés de recherche) suppose pour les non-Européens une bonne maîtrise du français et une familiarité avec le système d’accréditation national, ce qui limite l’attractivité de cette voie. Enfin, les grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques, notamment en Île-de-France, recrutent activement des docteurs étrangers en CDI dès la soutenance, particulièrement en data science, intelligence artificielle et chimie.
La question de la rétention des docteurs étrangers en France est un enjeu de politique scientifique. Selon l’enquête à trois ans conduite par Dauphine PSL, 57 % des docteurs étrangers en emploi trois ans après la soutenance travaillent toujours en France — les 43 % restants ont rejoint un autre pays, souvent dans le cadre de post-doctorats internationaux ou d’emplois dans leurs pays d’origine. La mobilité internationale post-doctorale est donc un phénomène massif, particulièrement dans les disciplines à fort recrutement mondial (mathématiques, physique, informatique, biologie). Ce sujet est directement lié aux enjeux de science ouverte en France, où l’attractivité de la recherche française pour les profils internationaux conditionne aussi la visibilité des publications.
Salaires médians par discipline et secteur
Les données salariales de l’enquête IPDoc portent sur le salaire net mensuel, primes incluses, pour les docteurs employés à temps plein en France. À un an, les SHS affichent un salaire médian de 2 000 €/mois net, nettement inférieur à la médiane toutes disciplines. À trois ans, la médiane nationale remonte à 2 450 €/mois net, avec des écarts importants selon le champ disciplinaire.
| Discipline | Salaire médian (net/mois) | Part secteur privé | Taux cadres |
|---|---|---|---|
| Sciences & Ingénierie (docteurs-ingénieurs) | 2 724 € | 63 % | 99 % |
| Toutes disciplines (médiane nationale) | 2 450 € | ~51 % | 96 % |
| Sciences humaines & sociales | ~2 000 € | ~40 % | 91 % |
| Source : MESR-SIES EESR n°15 (cohorte 3 ans) et IPDoc 2021 (SHS à 1 an). Salaires nets mensuels, primes incluses, temps plein. | |||
Les docteurs-ingénieurs (sciences exactes et ingénierie) bénéficient d’un avantage salarial structurel de l’ordre de +11 % par rapport à la médiane nationale à trois ans. Cet avantage s’explique par la très forte demande des secteurs technologiques (semiconducteurs, intelligence artificielle, aérospatial, défense, énergie) pour des profils disposant à la fois d’une expertise théorique de niveau doctoral et d’une orientation applicative. Le secteur privé représente 63 % des débouchés pour ces profils.
À l’opposé, les SHS démarrent avec un désavantage salarial qui reflète principalement la forte part d’emploi académique (précaire à court terme) et le déclassement partiel observé dans certains sous-champs (lettres, arts, philosophie) où le débouché « enseignant du secondaire » reste prédominant. Il convient toutefois de nuancer : les docteurs en économie, droit des affaires ou sciences de gestion accèdent à des rémunérations proches de la médiane nationale, tandis que ceux en lettres classiques ou philosophie restent nettement en deçà.
La trajectoire à trois ans : convergence et divergences
La comparaison entre l’horizon un an et l’horizon trois ans fait apparaître une convergence générale : le taux d’emploi progresse, la stabilité s’améliore, et la part des cadres se consolide. Mais cette convergence est inégale selon les disciplines. Pour les sciences de la vie, le bond entre un an (40 % d’emploi stable) et trois ans (53,2 %) est réel mais insuffisant : plus d’un docteur sur deux dans ce champ n’a toujours pas de poste stable au bout de trois ans, ce qui reste une réalité difficile pour des diplômés qui ont consacré trois à cinq années à leur thèse.
En sciences et ingénierie, la trajectoire est beaucoup plus favorable. Le taux d’emploi stable passe de 51 % à 69,7 % entre un an et trois ans, et le taux de cadres frôle les 98 %. La durée de recherche d’emploi est généralement courte dans ces disciplines — souvent inférieure à deux mois — et les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents, notamment pour les docteurs ayant effectué une thèse CIFRE en entreprise. Le passage master-doctorat est d’ailleurs de plus en plus anticipé dès la phase de sélection en master, les étudiants préparant en amont leurs candidatures en école doctorale pour maximiser leurs chances d’insertion.
La mobilité internationale constitue une variable additionnelle : 32 % des docteurs travaillent à l’étranger trois ans après leur soutenance, dont 52 % des docteurs étrangers diplômés en France. Cette proportion est bien supérieure à celle observée pour d’autres niveaux de diplômes, reflétant la nature internationale de la carrière scientifique. Pour les Français, 17 % sont expatriés à trois ans, principalement en Europe du Nord, en Amérique du Nord et en Suisse.
Implications pour les doctorants et les employeurs
Ces statistiques d’insertion professionnelle dessinent plusieurs lignes d’action concrètes pour les différentes parties prenantes du doctorat.
Pour les doctorants : Le type de financement influe sur l’insertion. Un doctorant en contrat CIFRE bénéficie d’une immersion en entreprise qui facilite significativement le recrutement en CDI à la sortie. Les docteurs ayant effectué au moins un stage ou une mission en entreprise pendant leur thèse présentent des taux d’insertion dans le privé nettement supérieurs. La rédaction d’un CV doctoral adapté au secteur privé — qui valorise les compétences transversales (gestion de projet, analyse de données, communication scientifique) plutôt que la seule liste de publications — est une compétence à développer dès la deuxième année de thèse. Pour naviguer efficacement dans la phase de rédaction et de valorisation de la thèse, des outils comme Tesify permettent de structurer le manuscrit doctoral tout en anticipant les usages professionnels des données produites.
Pour les écoles doctorales : Les données IPDoc constituent un outil de pilotage précieux. Un taux d’emploi stable à un an inférieur à 40 % dans une discipline devrait déclencher une révision de l’offre de formation professionnelle et des partenariats avec le tissu économique local. Les résultats de l’enquête par établissement, disponibles sur data.gouv.fr, permettent de comparer les établissements et d’identifier les écoles doctorales les plus efficaces en termes d’insertion.
Pour les employeurs du secteur privé : La quasi-totalité des docteurs (90 % à un an, 96 % à trois ans) occupent des postes de cadre. Le recrutement doctoral dans le privé bénéficie d’un avantage de séniorité intellectuelle réel — un docteur apporte une capacité d’analyse, de synthèse et d’autonomie dans la conduite de projets complexes que les formations de niveau master ne transmettent pas systématiquement. Côté rentrée universitaire, les chiffres publiés dans notre analyse des chiffres clés de la rentrée 2026-2027 montrent que les inscriptions en doctorat restent stables, ce qui garantit un vivier de recrutement régulier pour les années à venir.
FAQ
Quel est le taux d’emploi des docteurs français un an après leur soutenance ?
Selon la Note Flash SIES n°25 (septembre 2024), 89 % des docteurs diplômés en 2020 occupaient un emploi un an après leur soutenance. Ce taux porte sur les docteurs en situation active sur le marché du travail. 90 % de ces emplois sont des postes de cadre, et 95 % sont à temps plein. Il existe des variations disciplinaires : les sciences et ingénierie approchent les 94 % de taux d’emploi, contre 92 % pour les sciences de la vie et les SHS.
Combien de docteurs obtiennent un CDI directement après la thèse ?
À un an, seulement 49 % des docteurs en emploi occupent un poste stable (CDI dans le privé ou équivalent dans le public). Ce taux faible reflète la prédominance des post-doctorats à durée déterminée dans le secteur académique. À trois ans, le taux d’emploi stable monte à 66 %. Dans le secteur privé, notamment en sciences et ingénierie, les recrutements en CDI dès la soutenance sont fréquents et le taux de stabilité est bien supérieur à la moyenne.
Quelle discipline offre les meilleures perspectives d’emploi après un doctorat ?
Les sciences et ingénierie présentent les meilleurs indicateurs globaux : taux d’emploi proche de 94 %, 51 % d’emplois stables à un an, salaire médian de 2 724 €/mois net à trois ans, et 63 % d’insertion dans le secteur privé. Les SHS présentent le taux de stabilité le plus élevé à un an (54 %), mais avec un salaire médian nettement inférieur. Les sciences de la vie souffrent de la précarité post-doctorale la plus longue (seulement 40 % de postes stables à un an).
Les docteurs étrangers s’insèrent-ils différemment dans le marché du travail français ?
Oui, avec une différence marquée sur le secteur d’activité. 57 % des docteurs étrangers diplômés en France travaillent dans le secteur privé à un an, contre 40 % pour les docteurs français. Les docteurs étrangers sont davantage présents dans les disciplines scientifiques et recrutés directement par des entreprises privées. Ils sont aussi plus mobiles à l’international : 43 % d’entre eux travaillent hors de France trois ans après leur soutenance.
Quel est le salaire médian d’un docteur en France au début de sa carrière ?
À trois ans post-soutenance, le salaire net médian mensuel toutes disciplines est de 2 450 € (primes incluses, temps plein). Les docteurs-ingénieurs en sciences et ingénierie atteignent une médiane de 2 724 €/mois, tandis que les SHS se situent autour de 2 000 €/mois à un an. Ces salaires sont des médianes nationales et peuvent varier significativement selon la région, le secteur (public/privé) et la taille de l’employeur.
Où trouver les données officielles d’insertion des docteurs par établissement ?
Les données nationales sexuées par discipline détaillée et les résultats par établissement sont disponibles en open data sur data.gouv.fr dans le jeu de données IP Doc. Les synthèses annuelles sont publiées dans les Notes Flash SIES, accessibles sur le site du ministère de l’Enseignement supérieur. La dernière édition (Note Flash n°25, septembre 2024) porte sur la cohorte des diplômés 2020.
Le doctorat améliore-t-il vraiment l’employabilité par rapport au master ?
À court terme, l’avantage du doctorat sur le master est limité en termes de taux d’emploi brut (89 % à un an, comparable à un master professionnel bien ciblé). L’avantage réel est qualitatif : 90 à 96 % des docteurs accèdent à des postes de cadre, contre une proportion moindre pour les masters. À moyen terme (cinq ans et plus), les écarts salariaux en faveur du doctorat se creusent, particulièrement dans les secteurs R&D intensifs. Le coût d’opportunité (trois à cinq ans supplémentaires d’études) reste un facteur de décision central pour les étudiants.

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