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  • Des verbatims au chapitre résultats : rédiger la partie qualitative de son mémoire avec Tesify (2026)

    Des verbatims au chapitre résultats : rédiger la partie qualitative de son mémoire avec Tesify (2026)

    C’est le paradoxe le plus cruel du mémoire qualitatif : le plus dur n’est ni de conduire les entretiens, ni de les coder — c’est d’écrire le chapitre résultats. Vous avez cent pages de transcriptions, des dizaines de codes, des thèmes qui se dessinent… et une page blanche qui résiste. Combien de citations mettre ? Faut-il présenter entretien par entretien ou thème par thème ? Où s’arrête le résultat, où commence l’interprétation ? Voici la méthode complète — et la façon d’organiser ce chantier précis dans Tesify.

    La décision structurante : par thèmes, pas par entretiens

    Le premier réflexe — présenter les entretiens un par un — produit un chapitre illisible : dix résumés successifs, aucune synthèse, et un jury qui fait votre travail à votre place. Le chapitre résultats d’un mémoire qualitatif se structure par thèmes : chaque section porte un résultat (un thème et ce qu’il contient), et convoque les entretiens comme preuves. C’est la continuité directe de votre analyse thématique : les thèmes que le codage a stabilisés deviennent les sections du chapitre — dans un ordre choisi, du plus structurant au plus périphérique, pas dans l’ordre où ils ont émergé.

    Le test de solidité d’une section : son titre doit déjà être un mini-résultat. « Thème 1 : la charge administrative » ne dit rien ; « Une charge administrative vécue comme un empêchement du cœur de métier » dit ce que vos données montrent. Si vos titres de sections racontent votre résultat à eux seuls, la charpente est bonne.

    Transcriptions d'entretiens surlignées se transformant en chapitre de résultats structuré
    Le chapitre ne raconte pas vos entretiens : il démontre vos thèmes, entretiens à l’appui.

    Le dosage des verbatims : la règle du un-pour-un

    Un verbatim n’est pas une décoration : c’est une pièce à conviction. La règle qui tient : une affirmation analytique, une citation qui la porte — puis votre texte qui reprend la main. Trois erreurs de dosage reviennent dans tous les mémoires :

    Le collage. Des pages de citations enchaînées avec trois lignes de liaison. Le lecteur n’a pas besoin de tout entendre ; il a besoin de savoir ce que vous avez compris. Si les citations occupent plus du tiers du chapitre, l’analyse est en sous-poids.

    La citation-orpheline. Un verbatim posé sans introduction ni reprise : le lecteur ignore ce qu’il doit y voir. Chaque citation s’annonce (« cette tension s’exprime de façon presque identique chez trois enquêtés : ») et se commente (« le vocabulaire de l’urgence, ici, dit moins la charge réelle que… »).

    La citation-maquillée. Corriger la syntaxe orale, couper sans le signaler, choisir uniquement les phrases qui arrangent. Les coupes se marquent […], l’oral reste de l’oral, et les cas contraires — les enquêtés qui contredisent le thème — figurent dans le chapitre : un paragraphe « analyse des cas divergents » est l’un des signaux de rigueur les plus appréciés des jurys.

    Et chaque citation porte son étiquette d’anonymisation cohérente (E3, femme, 15 ans d’ancienneté…) — définie une fois, tenue partout, conforme à ce que votre chapitre méthode a annoncé, dans l’esprit du guide de l’entretien semi-directif.

    Le paragraphe type d’une section résultats

    Voici la cellule de base, à répéter autant de fois que le thème a de facettes. Affirmation : « Chez les enquêtés en poste depuis moins de cinq ans, la charge administrative n’est pas décrite comme un volume mais comme une interruption permanente du travail auprès des usagers. » Preuve : « E2 le formule ainsi : « c’est pas que ça prend du temps, c’est que ça coupe tout le temps […] tu reprends jamais où t’étais ». » Reprise analytique : « L’image de la coupure, présente chez quatre enquêtés sur dix, déplace le problème : ce n’est pas la quantité de tâches qui est en cause, mais leur distribution dans la journée — un constat qui a des implications d’organisation, pas seulement d’effectifs. »

    Trois phrases, trois fonctions : vous affirmez, vous prouvez, vous analysez. Une section de résultats de cinq pages, c’est cette cellule répétée et variée — avec, de temps en temps, un paragraphe de transition qui relie la facette qui s’achève à celle qui s’ouvre. Le jour où vous tenez cette cellule, la page blanche a disparu.

    La frontière résultats / discussion

    Le chapitre résultats dit ce que vos données montrent ; la discussion dit ce que cela signifie au regard de la littérature et de votre cadre. La frontière pratique : dans les résultats, vous citez vos enquêtés ; dans la discussion, vous citez vos auteurs. Une phrase des résultats qui commence par « comme le montre la littérature… » a changé de chapitre sans vous prévenir — et si votre travail s’adosse à un modèle nommé, c’est dans la discussion que ses dimensions reviennent dialoguer avec vos thèmes, comme le prévoit le choix d’un modèle théorique.

    Une exception assumée existe — le format « résultats et discussion » fusionné, courant dans certaines disciplines. Si votre établissement l’admet et que vous le choisissez, dites-le en tête de chapitre et tenez alors la distinction à l’échelle du paragraphe : donnée d’abord, interprétation ensuite, toujours dans cet ordre.

    Le chantier dans Tesify, concrètement

    Ce passage des verbatims au texte est un problème d’organisation autant que d’écriture — et c’est là que Tesify change la mécanique du travail.

    1. Une section par thème, créée avant d’écrire. Ouvrez votre chapitre résultats et posez vos thèmes en sections, chacune titrée par son mini-résultat. La page blanche de quarante pages devient six pages blanches de six pages — psychologiquement et méthodiquement, ce n’est plus le même problème.

    2. Les pièces à conviction d’abord. Dans chaque section, collez d’abord les deux ou trois verbatims les plus forts du thème, avec leurs étiquettes. Puis écrivez autour : l’annonce avant, l’analyse après. Écrire autour d’une preuve est plus facile qu’écrire dans le vide — c’est le même principe que pour les situations du mémoire professionnel.

    3. Une passe de cohérence à la fin. Relisez les seules premières et dernières phrases de chaque section : mises bout à bout, elles doivent raconter votre résultat d’ensemble. C’est la lecture que fera un jury pressé — autant l’écrire pour lui.

    4. Chaque phrase reste la vôtre. L’analyse de vos entretiens est exactement ce qu’un jury vérifie en soutenance en vous demandant « pourquoi ce thème ? », « que disait E5 déjà ? ». La structure vous porte, les verbatims sont vos preuves — et l’écriture qui les relie est la vôtre, phrase par phrase.

    Organisation des thèmes d'entretiens en colonnes avant la rédaction du chapitre résultats
    Le chapitre s’écrit d’autant plus vite que les thèmes sont posés en sections avant la première phrase.

    Questions fréquentes

    Combien de verbatims par thème ?

    Deux à quatre citations bien choisies par section suffisent généralement — une qui incarne le cœur du thème, une qui en montre une variante, éventuellement une divergente. Le reste de vos données travaille en coulisse : vous pouvez signaler qu’un constat traverse « la majorité des entretiens » sans tous les citer.

    Faut-il compter les occurrences (« 7 enquêtés sur 10 disent que ») ?

    Avec prudence. Un décompte simple aide le lecteur à situer le poids d’un thème, mais un mémoire qualitatif ne démontre pas par les fréquences — dix entretiens ne sont pas un sondage. Donnez l’ordre de grandeur (« la plupart », « trois enquêtés seulement »), pas des pourcentages qui suggéreraient une représentativité que votre méthode n’a pas.

    Où mettre les transcriptions complètes ?

    En annexe si votre établissement le demande — et dans ce cas, anonymisées avec le même soin que le corps du texte. Beaucoup d’établissements préfèrent un exemple de transcription et la grille de codage plutôt que l’intégralité : vérifiez la consigne avant de gonfler les annexes.

    Comment présenter un thème auquel je ne m’attendais pas ?

    Comme un résultat à part entière — souvent le meilleur du mémoire. Signalez qu’il a émergé du terrain sans être prévu par votre grille de départ : loin d’être un aveu de faiblesse, c’est la preuve que votre analyse a écouté les données au lieu de leur faire réciter vos hypothèses.

    Mon chapitre résultats peut-il contenir des tableaux ?

    Oui — un tableau de synthèse des thèmes (thème, définition, nombre d’entretiens concernés, verbatim illustratif) en ouverture ou en clôture de chapitre aide beaucoup le lecteur. Il complète le texte, il ne le remplace pas : le tableau montre l’architecture, le texte fait la démonstration.

    Structurez par thèmes, dosez vos preuves, gardez la frontière avec la discussion — et rédigez votre chapitre résultats avec Tesify : les sections tiennent le plan, chaque phrase reste la vôtre.

  • Comment Analyser un Entretien de Mémoire : l’Analyse de Contenu Thématique Étape par Étape (2026)

    Comment Analyser un Entretien de Mémoire : l’Analyse de Contenu Thématique Étape par Étape (2026)

    Comment Analyser un Entretien de Mémoire : l’Analyse de Contenu Thématique Étape par Étape (2026)

    Votre enregistrement est terminé, les fichiers audio sont sur votre bureau et des pages de verbatim s’accumulent. Comment analyser un entretien de mémoire avec rigueur, sans se noyer dans des dizaines de pages de paroles retranscrites ? L’analyse de contenu thématique — formalisée en France par Laurence Bardin dans son ouvrage éponyme — offre une procédure structurée en plusieurs étapes qui transforme des paroles brutes en résultats exploitables pour votre chapitre Résultats. Ce tutoriel vous guide depuis la première écoute jusqu’à la restitution dans votre mémoire, de façon entièrement manuelle et sans dépendre d’un logiciel particulier.

    En bref : analyser un entretien de mémoire consiste à transcrire le verbatim, effectuer une lecture flottante, découper le texte en unités de sens, attribuer des codes à chaque unité (codage ouvert puis axial), regrouper les codes en catégories ou thèmes, puis interpréter et restituer les résultats dans votre mémoire. La procédure est entièrement réalisable avec un simple tableau Word ou tableur.

    Étape 1 — Transcription : produire un verbatim exploitable

    L’analyse commence avant même de lire le moindre code. La transcription consiste à retranscrire intégralement — ou sélectivement, selon votre protocole — le contenu oral de chaque entretien. Un verbatim fidèle inclut les hésitations significatives et les silences longs (notés [silence 3 s]) si votre analyse porte sur la pragmatique du discours ; pour un mémoire de master standard, une transcription orthographique normalisée suffit.

    Adoptez dès le départ un formatage cohérent. Chaque locuteur est identifié par un code (E1, E2… pour les enquêtés ; I pour l’intervieweur) et chaque tour de parole porte un numéro de ligne continu. Ce numérotage vous permettra de retrouver rapidement les extraits lors de la restitution devant le jury — « E3, ligne 47 » est infiniment plus crédible que « quelqu’un a dit quelque chose à ce sujet ».

    Si vous avez au préalable conçu votre grille d’entretien semi-directif avec soin, les thèmes abordés correspondent à vos axes de recherche — ce qui facilitera considérablement l’étape de codage en évitant un corpus totalement hétérogène d’un entretien à l’autre. Pour approfondir la méthode de l’entretien semi-directif elle-même — de la construction du guide à la conduite de la séance — consultez le guide complet entretien semi-directif 2026 : méthode et analyse sur fr.tesify.pro.

    Étape 2 — Lecture flottante et premières impressions

    Avant de découper quoi que ce soit, lisez chaque transcription d’un trait, stylo levé. Bardin appelle cette phase la lecture flottante : vous laissez émerger des impressions générales, des récurrences, des contrastes entre entretiens. Annotez en marge sans chercher à formaliser — « Interviewé 3 revient plusieurs fois sur la pression hiérarchique », « Thème du sentiment d’injustice très présent ».

    Cette lecture a deux fonctions complémentaires. Elle vous ancre dans les données avant d’appliquer des catégories trop hâtives, réduisant ainsi le risque de projeter votre cadre théorique sur un matériau qui mérite d’être entendu pour lui-même. Elle vous permet aussi de repérer les entretiens les plus riches, que vous coderez en priorité pour construire votre première grille de catégories.

    Étape 3 — Définir et découper les unités de sens

    L’unité de sens (aussi appelée unité d’enregistrement) est le segment textuel minimum auquel vous attribuez un code. Trois types d’unités sont couramment utilisées :

    • Le mot-thème : utile pour une analyse de fréquence lexicale, mais peu adapté à l’entretien où le sens dépend du contexte.
    • La proposition : une idée exprimée en une phrase ou un groupe de phrases liées. C’est l’unité la plus utilisée pour l’analyse d’entretien en sciences humaines et sociales.
    • Le passage thématique : un nœud de signification qui peut s’étendre sur plusieurs répliques consécutives abordant le même objet.

    Choisissez votre unité avant de commencer à coder et appliquez-la de façon homogène à l’ensemble du corpus. Inscrivez ce choix dans votre chapitre Méthodologie : le jury s’attend à ce que vous justifiiez l’unité retenue et la cohérence de son application.

    Sur le plan pratique, insérez une colonne supplémentaire dans votre document de transcription ou utilisez la fonctionnalité « Commentaire » de votre traitement de texte pour délimiter chaque unité et lui associer un code provisoire. Un CAQDAS comme NVivo, ATLAS.ti ou Taguette (en libre accès) peut automatiser ce découpage pour les corpus volumineux, mais un tableau suffit amplement pour un corpus de huit à quinze entretiens.

    Étape 4 — Codage ouvert : étiqueter chaque unité

    Le codage ouvert consiste à attribuer à chaque unité de sens un code court et descriptif, rédigé à la voix active et ancré dans les données : « exprime une surcharge de travail », « compare son cas à un collègue », « formule une demande de reconnaissance ». Évitez les codes trop abstraits dès ce premier passage — l’abstraction vient à l’étape suivante.

    Deux approches structurent cette phase :

    • Codes a priori (déductifs) : vous partez d’une liste de thèmes issus de votre revue de littérature ou de vos axes d’entretien, définis avant d’ouvrir le verbatim. Avantage : cohérence immédiate avec votre cadre théorique. Risque : passer à côté de thèmes imprévus mais significatifs.
    • Codes émergents (inductifs) : vous créez les codes au fil de la lecture, directement depuis les données. Avantage : fidélité au terrain. Risque : liste de codes hétérogène difficile à consolider si le corpus est large.

    La grande majorité des mémoires de master adopte une démarche mixte : une liste de codes a priori calée sur la problématique, complétée par des codes émergents découverts pendant le premier passage. Notez chaque nouveau code dans un memo ou un journal de codage afin de garder une trace des décisions prises. Pour un rappel sur le choix entre approche qualitative et quantitative, l’enjeu est d’abord de définir ce que vous cherchez à comprendre avant d’arrêter votre stratégie de codage.

    Étape 5 — Codage axial : construire la grille de catégories

    Une fois le premier entretien codé (ou les deux ou trois premiers si le corpus est homogène), regroupez vos codes ouverts en catégories plus larges. C’est la phase de codage axial ou, dans la terminologie de Bardin, de catégorisation : vous organisez les codes en ensembles cohérents.

    Une bonne catégorie respecte quatre critères classiques :

    1. Exhaustivité : chaque unité de sens peut être affectée à au moins une catégorie.
    2. Exclusivité mutuelle : une unité n’appartient qu’à une catégorie (ou la règle de recoupement est explicitée et justifiée).
    3. Pertinence : la catégorie est en lien direct avec vos objectifs de recherche.
    4. Homogénéité : les unités regroupées sous une même catégorie partagent un critère de classement cohérent entre elles.

    Votre grille peut comporter deux niveaux hiérarchiques : des thèmes (niveau 1) et des sous-thèmes (niveau 2). Par exemple, le thème « Vécu professionnel » peut contenir les sous-thèmes « Charge de travail », « Autonomie perçue » et « Relations hiérarchiques ». Prévoyez toujours une catégorie résiduelle « Autre » pour les unités atypiques ; si elle grossit, c’est le signal qu’un thème supplémentaire émerge de vos données.

    Vous obtenez ainsi une grille de catégories que vous allez appliquer à l’ensemble du corpus. Cette grille est à la fois le résultat de votre analyse et l’outil qui vous permet de comparer les entretiens entre eux de façon systématique.

    Illustration du codage thématique d'un entretien : tableau de catégories, post-its colorés et surligneurs pour l'analyse de contenu qualitative
    Codage axial : regrouper les codes ouverts en catégories thématiques à l’aide d’un tableau et de repères visuels colorés.

    Étape 6 — Mise en tableau des verbatims par thème

    L’outil central de l’analyse de contenu manuelle est le tableau de codage, dans lequel vous concentrez tous vos extraits classés par catégorie. Un modèle à cinq colonnes convient à la grande majorité des mémoires :

    Thème Sous-thème Code Verbatim (extrait) Réf.
    Vécu professionnel Charge de travail Surcharge perçue « On finit à vingt heures tous les soirs, je ne vois plus mes enfants. » E3, l. 47
    Vécu professionnel Autonomie perçue Absence d’autonomie « Chaque décision doit remonter au directeur, même les plus petites. » E1, l. 112
    Rapport à la hiérarchie Reconnaissance Manque de reconnaissance « On n’entend jamais un « merci ». Jamais. » E2, l. 78
    Stratégies d’adaptation Ressources mobilisées Soutien entre collègues « On se serre les coudes dans l’équipe — c’est ce qui tient. » E4, l. 203

    Modèle de tableau d’analyse de contenu — à adapter selon vos thèmes, sous-thèmes et le nombre d’entretiens.

    Ce tableau sert simultanément de support d’analyse et de banque d’extraits pour votre chapitre Résultats. Gardez toujours la référence exacte (entretien + numéro de ligne) pour retrouver le contexte d’un verbatim et répondre sans hésitation aux questions du jury. La méthode s’applique de façon identique si vous analysez des données issues d’un focus group : la colonne « Réf. » identifie alors le groupe et le moment d’intervention.

    Étape 7 — Interprétation et restitution dans le mémoire

    L’analyse de contenu ne s’arrête pas à la construction du tableau. L’interprétation consiste à dégager la signification des données au regard de votre problématique et de votre cadre théorique. Trois niveaux sont attendus dans un mémoire :

    1. Description : exposez ce que les données montrent factuellement — la présence ou l’absence d’un thème, les contrastes entre profils d’interviewés.
    2. Analyse : mettez en tension les thèmes entre eux et mobilisez votre cadre théorique pour les éclairer. C’est ici que votre lecture de la littérature devient utile.
    3. Inférence : formulez des propositions prudentes et contextualisées — « ces données suggèrent que… dans ce contexte particulier » — sans prétendre à une généralisation non justifiée par votre taille d’échantillon.

    Dans votre chapitre Résultats, organisez la présentation par thème (ou par sous-thème si votre corpus est riche). Pour chaque thème, alternez exposé synthétique et extraits de verbatims entre guillemets, accompagnés de leur référence. Votre jury attend des preuves ancrées dans les données, pas des généralisations sans appui textuel.

    Dans votre chapitre Discussion, mettez vos résultats en dialogue avec la littérature existante : confirmez, nuancez ou contredisez les travaux antérieurs en vous appuyant sur les verbatims les plus saillants. Pour approfondir les phases de la méthode thématique selon Braun et Clarke, l’article analyse thématique en recherche qualitative détaille les six phases et leurs critères de qualité.

    Erreurs fréquentes à éviter

    • Coder sans avoir défini l’unité de sens au préalable. Résultat : des codes de taille incohérente (un mot d’un côté, trois paragraphes de l’autre) qui ne peuvent pas être comparés d’un entretien à l’autre.
    • Créer trop de codes ouverts dès le départ. Une liste de quatre-vingts codes distincts pour dix entretiens est non consolidable. Visez vingt à quarante codes ouverts maximum, puis réduisez lors du codage axial.
    • Confondre thème et jugement. « Interviewé 2 est mécontent » n’est pas un code analytique. « Expression d’insatisfaction professionnelle » en est un — il est applicable à d’autres entretiens et ne projette pas votre propre lecture.
    • Citer des verbatims sans référence. Chaque extrait doit être traçable. Un jury qui demande « d’où vient cette citation ? » doit obtenir la réponse en trente secondes.
    • Négliger la saturation. Si les entretiens supplémentaires n’apportent plus de nouveaux thèmes, votre corpus est saturé — inutile d’en ajouter davantage. Pour calibrer la taille de votre corpus dès la phase de collecte, consultez notre guide sur la taille d’échantillon en recherche qualitative.
    • Omettre la section Limites. Tout codage comporte une part de subjectivité interprétative. Mentionnez-la dans votre Discussion et expliquez les mesures prises pour la contrôler (journal de codage, double codage partiel, validation par le directeur de mémoire).

    FAQ

    Quelle est la différence entre analyse de contenu et analyse thématique ?

    L’analyse de contenu (Bardin) est un cadre méthodologique plus large qui englobe aussi bien des approches quantitatives (comptage d’occurrences, analyse lexicométrique) que qualitatives. L’analyse thématique (Braun et Clarke) est une démarche qualitative centrée sur l’identification et l’interprétation de thèmes récurrents dans les données. Dans un mémoire de master français, les deux termes désignent souvent la même procédure pratique : découper le verbatim en unités, coder, regrouper en thèmes, interpréter.

    Faut-il un logiciel pour analyser des entretiens de mémoire ?

    Non. Pour un corpus de moins de quinze entretiens, un tableau Word ou un tableur suffit largement. Les CAQDAS (NVivo, ATLAS.ti, MAXQDA, Taguette en libre accès) deviennent utiles pour des corpus volumineux ou des projets à plusieurs codeurs, mais leur apprentissage prend du temps que vous pourriez consacrer à l’analyse elle-même. Choisissez l’outil qui sert votre méthode, pas l’inverse.

    Comment vérifier la fiabilité de mon codage ?

    La méthode la plus rigoureuse est le double codage : un second codeur (un pair ou votre directeur de mémoire) code indépendamment un sous-corpus, puis vous calculez le taux d’accord inter-juges (coefficient kappa ou simple pourcentage d’accord). Si le double codage n’est pas possible, documentez vos décisions dans un journal de codage et soumettez votre grille de catégories à la validation de votre directeur avant de coder l’ensemble du corpus.

    Où placer le tableau d’analyse dans le mémoire ?

    Le tableau de codage complet (avec tous les verbatims classés) est généralement placé en annexe, référencée depuis le corps du texte (« voir Annexe B — Tableau d’analyse »). Dans le chapitre Résultats, vous n’incluez que les extraits les plus représentatifs, intégrés dans le texte sous forme de citations entre guillemets avec leur référence.

    Peut-on analyser un entretien non directif de la même façon ?

    Oui, la procédure de codage est identique. La différence réside dans la nature des données : un entretien non directif génère davantage de matériau inattendu, ce qui favorise une approche inductive avec des codes majoritairement émergents. Les entretiens semi-directifs, plus structurés par un guide, permettent plus facilement un codage mixte déductif-inductif adossé aux axes de la grille.

    Combien de temps faut-il pour analyser un entretien de mémoire ?

    Comptez en moyenne deux à quatre heures par entretien pour la transcription (selon la durée et la clarté de l’enregistrement) et une à deux heures supplémentaires pour le codage du premier entretien — le temps de construire votre grille initiale. Les entretiens suivants se codent plus vite (trente à soixante minutes) une fois la grille stabilisée. Pour dix entretiens d’une heure, prévoyez une à deux semaines de travail analytique continu.

    Structurer votre analyse prend du temps — rédiger les résultats en prend encore plus. Tesify vous aide à mettre en forme votre chapitre Résultats à partir de vos notes de codage : cadrage académique, ton ajusté à votre discipline, reformulation des verbatims en prose analytique. Essayez gratuitement sur tesify.fr.