Étiquette : V de Cramér

  • Quelle taille d’effet rapporter selon votre test statistique ? (2026)

    Quelle taille d’effet rapporter selon votre test statistique ? (2026)

    « Il faudra ajouter la taille d’effet. » C’est l’une des remarques les plus fréquentes en pré-soutenance, et l’une des plus déroutantes — parce que SPSS n’affiche pas d’indice de taille d’effet pour la moitié des tests, et parce que chaque test a le sien.

    Cet article est un tableau d’orientation : pour chaque test que vous êtes susceptible d’avoir utilisé, quel indice rapporter, où le trouver, comment le calculer quand le logiciel ne le donne pas, et comment l’interpréter.

    Pourquoi la p-value ne suffit pas

    La p-value répond à une seule question : l’effet observé est-il compatible avec le hasard ? Elle ne dit rien de son ampleur. Et elle a une propriété qui la disqualifie comme mesure d’importance : elle dépend directement de la taille de votre échantillon.

    Un écart minuscule et sans intérêt pratique devient significatif si vous interrogez 5 000 personnes. Le même écart, sur 40 personnes, ne le sera pas. La p-value mélange donc deux informations — l’ampleur de l’effet et la taille de l’échantillon — sans permettre de les séparer.

    La taille d’effet isole la première. C’est une mesure standardisée de l’ampleur, indépendante de l’effectif. Elle répond à la question que votre lecteur se pose vraiment : non pas « y a-t-il un effet ? » mais « à quel point ? ». Sur la lecture du seuil de significativité lui-même, voyez notre article sur le seuil de significativité et la p-value dans un mémoire.

    C’est aussi ce qui rend votre travail cumulable : une taille d’effet peut être comparée à celles de la littérature de votre domaine, et c’est la matière première de toute méta-analyse.

    Deux distributions peu recouvrantes et deux distributions très recouvrantes
    La taille d’effet, intuitivement : à quel point les deux groupes se recouvrent-ils ? Le d de Cohen est une mesure directe de cet écart.

    Le tableau d’orientation

    Deux grandes familles. Les indices de différence standardisée (le d de Cohen et ses variantes) expriment un écart en nombre d’écarts-types. Les indices de variance expliquée (η², R²) expriment une proportion de la variation totale. Un même résultat peut souvent se dire dans les deux langues ; choisissez celle qui a cours dans votre discipline.

    Votre test Indice à rapporter Dans SPSS ?
    Test t (deux groupes indépendants) d de Cohen Oui, versions récentes
    Test t apparié d de Cohen (pour échantillons appariés) Oui, versions récentes
    Mann-Whitney r = Z / √N Non — à calculer
    Wilcoxon apparié r = Z / √N Non — à calculer
    ANOVA (tous plans) η² partiel (eta carré partiel) Oui, via Options
    Kruskal-Wallis epsilon carré ou eta carré des rangs Non — à calculer
    Khi-deux d’indépendance V de Cramér (ou phi en tableau 2×2) Oui, via Statistiques
    Corrélation r lui-même est la taille d’effet Oui, c’est le résultat
    Régression linéaire R² ajusté, et β par prédicteur Oui
    Régression logistique Odds ratio (Exp(B)) Oui

    Les seuils d’interprétation, et leur mode d’emploi

    Les repères conventionnels, tous issus des travaux de Cohen :

    Indice Petit Moyen Grand
    d de Cohen 0,20 0,50 0,80
    r (corrélation ou non paramétrique) 0,10 0,30 0,50
    η² partiel 0,01 0,06 0,14
    V de Cramér (ddl = 1) 0,10 0,30 0,50

    Un avertissement qui vaut mieux qu’un tableau. Cohen lui-même présentait ces valeurs comme des repères pour un chercheur dépourvu de tout point de comparaison, et non comme des catégories absolues. Leur usage mécanique est aujourd’hui largement critiqué, pour une raison simple : ce qui compte comme un « grand » effet dépend entièrement du domaine. En psychologie sociale, un d de 0,4 est substantiel ; en pharmacologie, il serait décevant. Un effet de 0,15 sur la réussite scolaire d’une cohorte entière peut avoir plus de portée qu’un effet de 0,8 en laboratoire.

    La bonne pratique en mémoire : citez le repère conventionnel, puis situez votre résultat par rapport à ce que rapporte la littérature de votre domaine. C’est cette deuxième phrase qui vaut des points.

    Notez aussi que le V de Cramér a des seuils qui varient avec le nombre de degrés de liberté du tableau : ceux du tableau ci-dessus valent pour ddl = 1. Pour ddl = 2, les repères descendent à environ 0,07 / 0,21 / 0,35.

    Tableau d'orientation associant chaque test statistique à sa mesure de taille d'effet
    Un test, un indice. La règle est mécanique une fois qu’on la connaît.

    Quand SPSS ne calcule rien : les formules de secours

    Après un Mann-Whitney ou un Wilcoxon

    C’est le cas le plus fréquent, et la remarque de jury la plus fréquente aussi. SPSS ne fournit aucune taille d’effet pour les tests non paramétriques, mais la formule est immédiate :

    r = Z / √N

    Le Z se trouve dans le tableau des statistiques du test (colonne Z). Le N est l’effectif total des deux groupes réunis — pas la taille d’un groupe, c’est l’erreur classique. Pour un Wilcoxon apparié, N est le nombre total d’observations, soit deux fois le nombre de paires.

    Exemple : Z = −2,84 avec 60 participants au total donne r = 2,84 / √60 = 2,84 / 7,75 = 0,37, soit un effet moyen. Le signe de Z ne se reporte pas ; on utilise la valeur absolue.

    À partir d’un test t

    Si votre version de SPSS n’affiche pas le d : d = 2t / √ddl pour deux groupes indépendants d’effectifs proches. Vous pouvez aussi le calculer directement comme la différence des moyennes divisée par l’écart-type combiné, que les statistiques descriptives vous donnent.

    Après un khi-deux

    Le V de Cramér s’obtient sans formule : dans Analyse → Statistiques descriptives → Tableaux croisés, bouton Statistiques, cochez Phi et V de Cramér. Il apparaît dans un tableau Mesures symétriques.

    Après un Kruskal-Wallis

    ε² = H / ((N² − 1) / (N + 1)), où H est la statistique du test et N l’effectif total. Une approximation très répandue et acceptable en mémoire consiste à rapporter η² = (H − k + 1) / (N − k), k étant le nombre de groupes.

    Où l’écrire, et comment

    La taille d’effet se rapporte immédiatement après le test, dans la même parenthèse, jamais dans une section séparée.

    • Test t : « Les étudiants du groupe accompagné obtiennent des scores supérieurs à ceux du groupe témoin, t(78) = 3,42, p < 0,001, d = 0,77 — un effet de taille proche du seuil conventionnel du grand effet. »
    • Mann-Whitney : « La différence est significative, U = 312,5, Z = −2,84, p = 0,004, r = 0,37, ce qui correspond à un effet de taille moyenne. »
    • ANOVA : « L’effet du temps est significatif, F(2, 88) = 14,62, p < 0,001, η²p = 0,25 : le facteur temps rend compte de 25 % de la variance intra-sujets. »
    • Khi-deux : « L’association entre la filière et le recours au tutorat est significative, χ²(3) = 18,74, p < 0,001, V de Cramér = 0,24, soit une association faible à modérée. »
    • Corrélation : « Les deux variables sont modérément corrélées, r(118) = 0,34, p < 0,001 ; le coefficient de détermination indique une variance partagée de 12 %. »

    Trois conventions de forme à respecter en français : la virgule décimale (d = 0,77 et non 0.77), l’italique pour les symboles statistiques latins (t, d, r, p, F) mais pas pour les lettres grecques (η, χ), et l’usage de deux décimales sauf pour les p très petits, qu’on écrit p < 0,001.

    L’erreur à ne pas commettre

    Elle consiste à traiter la taille d’effet comme une décoration : la calculer, la coller entre parenthèses, et ne plus jamais en parler. Or c’est elle qui doit structurer votre discussion.

    Un d de 0,15 significatif sur 800 participants et un d de 0,72 non significatif sur 22 participants sont deux résultats radicalement différents, et aucun des deux ne se résume par « significatif » ou « non significatif ». Le premier est un effet réel mais probablement sans portée pratique. Le second est un effet possiblement important que votre étude n’avait pas la puissance de détecter — un cas où la taille d’effet ne vous sauve pas seulement, elle vous fournit l’argument central de votre section limites, et le paramètre d’entrée d’un calcul de puissance pour une recherche future. Notre article sur le calcul de taille d’échantillon avec G*Power montre comment cette boucle se referme : la taille d’effet attendue est justement ce qu’on entre au départ.

    Et pensez à l’intervalle de confiance : rapporté autour de la taille d’effet, il indique la précision de votre estimation et permet de voir immédiatement si un effet nul reste plausible.

    Rédiger vos résultats sans laisser passer ces oublis

    Le vrai risque, en fin de mémoire, n’est pas de mal calculer un indice : c’est d’en oublier un sur cinq tests, d’écrire un point décimal ici et une virgule là, et de ne pas relier la taille d’effet à la discussion.

    Tesify vous aide à tenir cette cohérence : structurer le chapitre résultats, uniformiser la présentation de chaque test, et articuler ampleur des effets et interprétation d’un chapitre à l’autre. Vos analyses restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre chapitre résultats avec Tesify

    Questions fréquentes

    La taille d’effet est-elle obligatoire dans un mémoire ?

    Aucun règlement d’université ne l’impose, mais les normes de rédaction scientifique dominantes — l’APA en tête — la considèrent comme attendue, et la quasi-totalité des revues l’exigent. Un jury qui maîtrise la méthode la demandera. Le coût est faible, l’omission se remarque : rapportez-la pour chaque test inférentiel que vous commentez.

    Mon effet est significatif mais la taille d’effet est petite : que dire ?

    Dites-le exactement ainsi : l’effet existe, son ampleur est modeste. C’est la situation typique d’un grand échantillon. Loin d’affaiblir votre mémoire, cette lucidité le renforce — à condition que votre discussion porte alors sur la portée pratique du résultat plutôt que sur sa seule existence statistique.

    Peut-on rapporter une taille d’effet quand le test n’est pas significatif ?

    Oui, et c’est vivement recommandé. Une taille d’effet moyenne assortie d’un test non significatif suggère un manque de puissance plutôt qu’une absence d’effet. C’est une information précieuse pour votre section limites et pour toute recherche ultérieure, et elle transforme un « résultat négatif » en contribution utile.

    Faut-il utiliser eta carré ou eta carré partiel ?

    SPSS affiche l’eta carré partiel : nommez-le explicitement comme tel (η²p), car les deux indices ne coïncident qu’en présence d’un seul facteur. Attention à un piège fréquent dans les plans à plusieurs facteurs : les eta carrés partiels ne s’additionnent pas à 100 %, chacun étant calculé en écartant la variance attribuée aux autres facteurs. Notre guide de l’ANOVA factorielle revient sur cette lecture.

    Le d de Cohen peut-il dépasser 1 ?

    Oui, sans aucun problème. Le d n’est pas borné : il exprime un écart en nombre d’écarts-types, et un d de 1,4 signifie simplement que les moyennes des deux groupes sont distantes de 1,4 écart-type. Les valeurs très élevées doivent néanmoins vous faire vérifier deux choses : la présence de valeurs extrêmes, et le fait que vous n’avez pas comparé deux groupes constitués justement sur la base de la variable mesurée.

    Quelle taille d’effet pour un test t apparié ?

    Le d de Cohen reste l’indice, mais son calcul diffère : il repose sur la moyenne et l’écart-type des différences, pas sur l’écart-type combiné des deux mesures. Précisez toujours dans le mémoire quelle version vous rapportez, car les deux peuvent différer sensiblement selon la corrélation entre vos mesures. Le guide du test t et de Mann-Whitney détaille le cas des groupes indépendants.

  • Test du khi-deux dans un mémoire : tableau croisé, conditions d’application et interprétation SPSS (2026)

    Test du khi-deux dans un mémoire : tableau croisé, conditions d’application et interprétation SPSS (2026)

    Test du khi-deux dans un mémoire : tableau croisé, conditions d’application et interprétation SPSS (2026)

    Dès qu’un mémoire compare deux variables catégorielles — le genre et le choix de filière, la catégorie socioprofessionnelle et l’adhésion à une pratique, le type d’établissement et le taux de réussite — le test du khi-deux d’indépendance est l’outil statistique de référence. Ce guide détaille la construction du tableau croisé, les conditions d’application souvent négligées, et la lecture précise de la sortie SPSS, jusqu’à la phrase de résultats à insérer dans votre partie analyse.

    En résumé : Le test du khi-deux d’indépendance vérifie si deux variables catégorielles sont statistiquement associées. Il se construit dans SPSS via Analyse > Statistiques descriptives > Tableaux croisés, en cochant l’option Khi-deux. Deux conditions d’application doivent être vérifiées avant d’interpréter le résultat : au moins 80 % des cellules du tableau doivent avoir un effectif théorique ≥ 5, et aucune cellule ne doit avoir un effectif théorique < 1. Si ces conditions ne sont pas remplies, utilisez le test exact de Fisher. Le résultat se rapporte sous la forme χ²(ddl, N) = valeur, p = valeur, complété par une mesure de taille d’effet comme le V de Cramér.

    1. Qu’est-ce que le test du khi-deux d’indépendance ?

    Le test du khi-deux (χ², prononcé « ki-carré ») d’indépendance compare les effectifs observés dans un tableau croisé à ceux qu’on obtiendrait si les deux variables étaient totalement indépendantes l’une de l’autre. Plus l’écart entre effectifs observés et effectifs théoriques (attendus sous l’hypothèse d’indépendance) est grand, plus la statistique du khi-deux est élevée, et plus il est probable que les deux variables soient réellement associées dans la population.

    Ce test s’applique exclusivement à des variables catégorielles (nominales ou ordinales) : genre, filière, statut d’emploi, niveau de diplôme, réponse oui/non. Il ne convient pas pour comparer une variable continue (âge en années, score sur une échelle) à une catégorie — dans ce cas, d’autres tests comme l’ANOVA ou la corrélation sont plus appropriés.

    2. Quand l’utiliser dans un mémoire

    Le test du khi-deux revient dans une grande variété de méthodologies quantitatives de mémoire. Quelques exemples typiques :

    • Comparer la répartition par genre entre deux groupes d’étude (par exemple, utilisateurs vs non-utilisateurs d’un outil ou d’un service).
    • Vérifier si le type de contrat de travail (CDI, CDD, intérim) est associé au niveau de satisfaction professionnelle regroupé en catégories.
    • Tester si la catégorie d’établissement scolaire est liée au choix d’une orientation post-bac.
    • Vérifier la représentativité de votre échantillon par rapport à la population de référence sur une variable catégorielle (test d’ajustement, une variante à un seul facteur du khi-deux).

    Avant de lancer ce test, vos variables doivent déjà être codées en catégories dans votre base de données SPSS — un prérequis directement lié à la façon dont vous avez construit votre questionnaire. Si cette étape n’est pas encore faite, notre guide pour construire un questionnaire de mémoire de master détaille comment structurer vos variables fermées dès la conception.

    3. Construire le tableau croisé dans SPSS

    Le tableau croisé (ou table de contingence) est l’étape préalable indispensable au test du khi-deux. Voici la procédure dans SPSS :

    1. Dans le menu, allez dans Analyse > Statistiques descriptives > Tableaux croisés.
    2. Placez votre première variable catégorielle dans la case Ligne(s) et la seconde dans Colonne(s).
    3. Cliquez sur le bouton Statistiques et cochez la case Khi-deux. Cochez également Phi et V de Cramér pour obtenir directement la taille d’effet.
    4. Cliquez sur Cellules et cochez Effectifs observés, Effectifs théoriques et un pourcentage (ligne ou colonne selon votre lecture prévue) pour faciliter l’interprétation descriptive.
    5. Validez : SPSS génère trois tableaux — le tableau croisé descriptif, le tableau des tests du khi-deux, et le tableau des mesures symétriques (Phi, V de Cramér).
    Sortie SPSS d'un tableau croisé pour le test du khi-deux

    4. Conditions d’application à vérifier avant d’interpréter

    C’est l’étape la plus souvent négligée par les étudiants, et pourtant la plus scrutée par un directeur de mémoire ou un jury attentif à la rigueur méthodologique.

    • Règle des effectifs théoriques ≥ 5 : au moins 80 % des cellules du tableau croisé doivent afficher un effectif théorique (colonne « Effectif théorique » dans la sortie SPSS) supérieur ou égal à 5.
    • Aucune cellule avec un effectif théorique < 1 : cette condition est encore plus stricte et ne souffre aucune exception.
    • Indépendance des observations : chaque répondant ne doit apparaître qu’une seule fois dans le tableau (le khi-deux classique ne convient pas à des mesures répétées sur les mêmes individus).

    SPSS affiche automatiquement un message d’avertissement sous le tableau des tests si une ou plusieurs cellules ont un effectif théorique inférieur à 5 (« X cellules ont un effectif théorique inférieur à 5 »). Ne l’ignorez pas : c’est le signal qu’il faut soit regrouper des catégories (par exemple fusionner des tranches d’âge trop fines), soit basculer vers le test exact de Fisher pour un tableau 2×2.

    5. Interpréter la sortie SPSS

    Le tableau des tests du khi-deux dans SPSS affiche plusieurs lignes ; la plus pertinente pour un tableau supérieur à 2×2 est le Khi-deux de Pearson. Trois valeurs sont à relever :

    • Valeur : la statistique du khi-deux calculée (notée χ²).
    • ddl : les degrés de liberté, calculés comme (nombre de lignes − 1) × (nombre de colonnes − 1).
    • Signification asymptotique (bilatérale) : la valeur p du test.

    La règle de décision est identique à celle des autres tests statistiques : si p est inférieur au seuil de significativité fixé pour votre mémoire (généralement ,05), vous rejetez l’hypothèse d’indépendance et concluez à une association statistiquement significative entre les deux variables. Si p est supérieur à ,05, vous ne pouvez pas conclure à une association dans la population, sur la base de votre échantillon.

    6. Le V de Cramér : mesurer la force de l’association

    Un résultat significatif (p < ,05) indique qu’une association existe, mais ne dit rien sur son intensité — en particulier avec un grand échantillon, même une association faible peut ressortir comme statistiquement significative. Le V de Cramér, affiché dans le tableau des mesures symétriques de SPSS, complète cette lecture : il varie de 0 (aucune association) à 1 (association parfaite), et sa valeur s’interprète selon des seuils conventionnels communément admis en sciences sociales (association faible autour de 0,1, modérée autour de 0,3, forte à partir de 0,5, selon la convention établie par Jacob Cohen dans son ouvrage de référence sur l’analyse de la taille d’effet).

    Toujours rapporter le V de Cramér aux côtés du p permet à votre jury de distinguer une association statistiquement significative mais négligeable en pratique d’une association à la fois significative et substantielle.

    7. Rédiger la section résultats

    La phrase type de présentation d’un résultat de khi-deux dans un mémoire suit un format standardisé, à adapter à votre style bibliographique :

    Exemple de phrase de résultats : « Un test du khi-deux d’indépendance a été réalisé pour examiner la relation entre [variable 1] et [variable 2]. La relation entre ces deux variables était significative, χ²(2, N = 180) = 8,42, p = ,015, V de Cramér = ,22, indiquant une association d’intensité modérée. »

    Complétez toujours cette phrase par une lecture descriptive du tableau croisé (quel groupe présente la proportion la plus élevée dans quelle catégorie), afin que votre jury comprenne le sens concret de l’association et non seulement sa significativité statistique.

    8. Erreurs fréquentes et alternative (test de Fisher)

    • Utiliser le khi-deux sur une variable continue non recodée en catégories : erreur fréquente avec l’âge ou un score d’échelle utilisé tel quel plutôt que regroupé en tranches.
    • Ignorer l’avertissement sur les effectifs théoriques faibles : un résultat calculé malgré des conditions non respectées n’est pas fiable et peut être contesté en soutenance.
    • Confondre significativité et force de l’association : un p très petit avec un grand échantillon n’implique pas automatiquement une association forte — toujours vérifier le V de Cramér.
    • Oublier l’alternative pour les petits échantillons : pour un tableau 2×2 avec des effectifs théoriques faibles, le test exact de Fisher (disponible dans la même boîte de dialogue SPSS, section Statistiques exactes) est la méthode recommandée à la place du khi-deux classique.

    Si votre variable dépendante est en réalité un score continu plutôt qu’une catégorie, le test du khi-deux n’est pas l’outil adapté : consultez plutôt notre guide sur le test de Wilcoxon avec SPSS pour des comparaisons non paramétriques, ou notre guide de méthodologie quantitative pour mémoire pour resituer le khi-deux dans l’ensemble de votre plan d’analyse. Une fois vos échelles de mesure validées par un test de fiabilité, notre article sur l’alpha de Cronbach avec SPSS complète utilement cette étape de vérification préalable à toute analyse croisée. Pour la formulation académique de cette section de résultats, des outils comme Tesify peuvent aider à structurer la phrase dans le style attendu par votre établissement, sans remplacer votre propre lecture du tableau croisé.

    FAQ — Questions fréquentes

    Quand utiliser le test du khi-deux dans un mémoire ?

    Le test du khi-deux d’indépendance s’utilise pour vérifier si deux variables catégorielles (nominales ou ordinales) sont statistiquement associées, par exemple le genre et le choix d’une filière, ou la catégorie socioprofessionnelle et l’adhésion à une pratique. Il ne s’applique pas à des variables continues.

    Quelles sont les conditions d’application du test du khi-deux ?

    Les effectifs théoriques (attendus) doivent être supérieurs ou égaux à 5 dans au moins 80 % des cellules du tableau croisé, et aucune cellule ne doit avoir un effectif théorique inférieur à 1. Si ces conditions ne sont pas remplies, notamment avec un petit échantillon, le test exact de Fisher est recommandé à la place.

    Comment lire un tableau croisé dans SPSS ?

    Dans SPSS, le tableau croisé se génère via Analyse > Statistiques descriptives > Tableaux croisés. Le résultat affiche les effectifs observés, les pourcentages par ligne ou colonne, et dans une table séparée les tests du khi-deux avec la statistique, les degrés de liberté (ddl) et la signification asymptotique (p).

    Comment interpréter et rapporter le résultat du khi-deux dans le mémoire ?

    On rapporte la statistique du khi-deux, les degrés de liberté, la taille de l’échantillon et la valeur p, par exemple : χ²(2, N = 180) = 8,42, p = ,015. Une valeur p inférieure au seuil de significativité fixé (généralement ,05) indique une association statistiquement significative entre les deux variables, à compléter par une mesure de taille d’effet comme le V de Cramér.

    Sources et références

    • Cohen, J. (1988). Statistical Power Analysis for the Behavioral Sciences (2e éd.). Lawrence Erlbaum Associates — référence académique des seuils conventionnels d’interprétation de la taille d’effet (V de Cramér, d de Cohen).
    • IBM SPSS Statistics — Documentation officielle : procédures Tableaux croisés et tests du khi-deux.