Étiquette : typographie académique

  • Ponctuation, Italiques, Guillemets et Abréviations dans un Mémoire : Règles Typographiques 2026

    Ponctuation, Italiques, Guillemets et Abréviations dans un Mémoire : Règles Typographiques 2026

    Ponctuation, Italiques, Guillemets et Abréviations dans un Mémoire : Règles Typographiques 2026

    Votre mémoire peut contenir une argumentation brillante et une recherche rigoureuse — si la ponctuation et la typographie ne respectent pas les conventions académiques françaises, votre jury remarquera immédiatement le manque de maîtrise formelle. Une espace manquante avant un point-virgule, des guillemets anglais à la place des guillemets français, un titre d’ouvrage en gras au lieu de l’italique : ces détails comptent.

    Ce guide compile les règles typographiques essentielles du mémoire en France, en couvrant la ponctuation, l’emploi des italiques, des guillemets, des majuscules et des abréviations. Des règles que même les étudiants avancés ignorent parfois.

    L’essentiel en bref : En français, les ponctuations doubles (: ; ! ?) sont précédées d’une espace insécable. Les citations courtes vont entre guillemets français « … ». Les titres d’ouvrages sont en italique. Les abréviations courantes (ibid., op. cit., cf.) suivent des règles précises. La cohérence dans tout le document est aussi importante que la règle elle-même.

    La ponctuation en français académique

    La ponctuation française se distingue de la plupart des autres langues par la présence d’espaces autour de certains signes. Ces règles sont définies par l’imprimerie nationale et le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale — la référence absolue en France.

    Espaces et ponctuation : le tableau complet

    Signe de ponctuation Avant Après Exemple
    Point (.) Aucune espace 1 espace Fin de phrase. Suivante.
    Virgule (,) Aucune espace 1 espace Premier, deuxième, troisième.
    Point-virgule (;) 1 espace insécable 1 espace Première idée ; deuxième idée.
    Deux-points (:) 1 espace insécable 1 espace Résultat : significatif.
    Point d’interrogation (?) 1 espace insécable 1 espace Est-ce pertinent ?
    Point d’exclamation (!) 1 espace insécable 1 espace Attention !
    Guillemet ouvrant («) 1 espace 1 espace insécable « Citation »
    Guillemet fermant (») 1 espace insécable 1 espace « Citation »
    Note pratique Word : Pour insérer une espace insécable dans Microsoft Word, utilisez le raccourci Ctrl + Maj + Espace. Sur Mac : Option + Espace. Cette espace empêche un saut de ligne indésirable avant votre ponctuation.

    Les points de suspension

    En français académique, les points de suspension (…) s’utilisent pour indiquer une omission dans une citation. Ils sont alors encadrés par des crochets : [… ]. Ne jamais utiliser trois points séparés (…) mais le caractère unique (…), accessible sous Word avec Alt + 0133.

    Guillemets : français, anglais, imbriqués

    C’est l’une des erreurs les plus fréquentes dans les mémoires : l’utilisation des guillemets « anglais » ou « droits » à la place des guillemets français « en chevrons ». Dans un document académique rédigé en français, les règles sont claires.

    Guillemets français (chevrons) « … »

    Utilisés pour :

    • Toutes les citations directes dans le corps du texte (courtes, moins de 3 lignes)
    • Les termes techniques ou concepts introduits pour la première fois
    • Les termes employés ironiquement ou de façon distanciée
    • Les titres d’articles et de chapitres dans la bibliographie (selon certaines normes)

    Exemple : Comme le souligne Bourdieu (1979), « le goût classifie et classe le classifieur ».

    Guillemets anglais « … » ou ‘…’

    En français académique, les guillemets anglais sont réservés à un seul usage : les citations à l’intérieur d’une citation (citation de second niveau). Exemple :

    « L’auteur affirme que « les données parlent d’elles-mêmes », ce qui pose la question de l’interprétation. »

    Citations longues (bloc de citation)

    Lorsqu’une citation dépasse 3 lignes (ou 40 mots selon les normes APA), elle est présentée en bloc indenté, sans guillemets, avec un retrait à gauche de 1,25 cm, une police légèrement réduite (10 ou 11 pt) et un interligne simple :

    La formation du goût est indissociable des conditions sociales dans lesquelles elle s’effectue. Les pratiques culturelles, aussi diverses qu’elles paraissent, révèlent toujours la marque des conditions de leur production. (Bourdieu, 1979, p. 87)

    L’italique : quand et comment l’utiliser

    L’italique dans un mémoire n’est pas une question de style visuel : il obéit à des conventions typographiques précises. Voici les usages officiels :

    Usages obligatoires de l’italique

    • Titres d’ouvrages (livres, monographies, rapports) : La Distinction de Bourdieu ; L’Être et le Néant de Sartre
    • Titres de revues et journaux : publié dans Revue française de sociologie
    • Mots ou expressions en langue étrangère : le concept de burnout ; la méthode grounded theory
    • Termes latins courants non francisés : ibid., op. cit., et al., a priori, in fine
    • Termes techniques introduits et définis pour la première fois dans le texte

    Usages à éviter

    • Mettre en italique pour insister (préférez une reformulation ou le gras très occasionnellement)
    • Italiciser les noms propres (noms de personnes, d’institutions)
    • Utiliser l’italique pour les citations — les citations courtes vont entre guillemets, les longues en bloc indenté
    Incorrect

    Le livre « La Distinction » de Pierre Bourdieu a été publié en 1979.

    Correct

    La Distinction de Pierre Bourdieu a été publiée en 1979.

    Majuscules et minuscules dans les titres

    La typographie française diffère radicalement de l’anglaise concernant les majuscules. Une erreur très fréquente chez les étudiants ayant consulté des sources anglophones.

    Règles pour les titres d’ouvrages en français

    La règle dépend du début du titre :

    • Si le titre commence par un article défini (Le, La, Les) : majuscule sur l’article ET sur le premier substantif (et éventuellement l’adjectif qui le précède) : Le Père Goriot, Les Misérables, La Condition humaine
    • Si le titre commence par un article indéfini (Un, Une, Des) : seul le premier mot prend la majuscule : Une vie, Des hommes et des femmes
    • Si le titre ne commence pas par un article : seul le premier mot prend la majuscule : Bouvard et Pécuchet

    Majuscules dans le corps du texte

    • Noms propres : toujours majuscule (Pierre Bourdieu, Université Paris 1)
    • Institutions : majuscule au premier mot distinctif (le ministère de l’Éducation nationale ; l’Assemblée nationale)
    • Titres de section dans votre mémoire : seul le premier mot prend la majuscule en français (contrairement à l’anglais où chaque mot est capitalisé)
    • Après un deux-points : minuscule si ce qui suit est une explication de la phrase précédente ; majuscule si c’est une énumération introduite par un tiret ou un chiffre

    Abréviations académiques courantes

    Le mémoire académique utilise un certain nombre d’abréviations latines et françaises conventionnelles. Voici les plus importantes :

    Abréviation Signification Usage
    ibid. ibidem (au même endroit) Répétition de la même référence que la note précédente
    op. cit. opere citato (dans l’œuvre citée) Renvoie à une référence déjà citée (plus loin dans le texte)
    et al. et alii (et les autres) Pour les citations avec 3 auteurs ou plus
    cf. confer (comparer, voir) Renvoie à une référence complémentaire
    loc. cit. loco citato (à l’endroit cité) Comme ibid. mais pour un article (même page)
    p. / pp. page / pages Référence de page (p. 45 ; pp. 45-48)
    dir. / éd. directeur / éditeur scientifique Dans les ouvrages collectifs : Dupont J. (dir.)
    trad. traduction Indique qu’un ouvrage est traduit
    numéro Numéro de revue, volume : Revue X, n° 12
    Important : ibid., op. cit., et al. sont des termes latins et s’écrivent donc en italique dans le texte courant. Dans une bibliographie ou une note de bas de page, ils peuvent être en romain si toute la note est en italique — consultez les normes spécifiques de votre université.

    Chiffres et nombres en toutes lettres

    En rédaction académique française, la règle concernant les nombres est moins rigide qu’en anglais, mais quelques conventions s’appliquent :

    • Zéro à neuf (certains disent zéro à dix) : en toutes lettres dans le texte courant → « trois participants », « neuf études »
    • 10 et au-delà : en chiffres → « 12 entretiens », « 247 répondants »
    • Nombres en début de phrase : toujours en toutes lettres → « Cinquante-deux pour cent des répondants… »
    • Statistiques et données précises : toujours en chiffres → « p = 0,03 ; r = 0,47 »
    • Séparateur décimal : en français, on utilise la virgule, pas le point → 3,14 (et non 3.14)
    • Séparateur des milliers : une espace insécable → 1 500 (et non 1,500 à l’anglaise)

    Les 10 erreurs typographiques les plus fréquentes

    1. Guillemets droits au lieu de guillemets français — « citation » au lieu de « citation ». Activez la correction automatique des guillemets dans Word.
    2. Espace manquante avant le point-virgule — très courant chez les étudiants qui ont appris à écrire en anglais (où il n’y a pas d’espace).
    3. Titre d’ouvrage entre guillemets au lieu de l’italique — « La Distinction » au lieu de La Distinction.
    4. Majuscules à l’anglaise dans les titres — « Le Rôle De L’État Dans La Régulation » — en français, seul le premier mot prend la majuscule.
    5. Points de suspension mal formés — utiliser « … » (trois points séparés) au lieu du caractère « … » (un seul caractère typographique).
    6. Abréviation « etc. » suivie de points de suspension — on écrit « etc. » (un seul point), jamais « etc… ».
    7. Usage du tiret court (-) au lieu du tiret long (–) pour les incises — dans le texte courant, les incises utilisent le tiret cadratin (—) ou demi-cadratin (–), pas le tiret d’union (-).
    8. Numérotation de page absente — la page de titre n’est pas numérotée mais compte dans la pagination ; les pages liminaires (avant l’introduction) utilisent des chiffres romains.
    9. Décimales avec un point — en français, le séparateur décimal est la virgule (3,14), pas le point (3.14).
    10. Incohérence dans l’abréviation des prénoms — choisissez une convention et maintenez-la dans toute la bibliographie : soit Dupont, J. soit Dupont, Jean.
    Astuce Tesify : La correction manuelle de la typographie sur 80 pages de mémoire est épuisante et source d’erreurs. Tesify corrige automatiquement les espaces insécables, les guillemets français et les italiques dans votre document — en quelques secondes.

    Pour approfondir la mise en page complète de votre mémoire, lisez notre guide comment rédiger un mémoire pas à pas. Pour les règles de citation et de bibliographie, consultez notre article sur les normes APA en français.

    FAQ — Typographie et ponctuation dans le mémoire

    Quelle est la différence entre guillemets français et anglais ?

    Les guillemets français sont les chevrons « et » (aussi appelés guillemets typographiques), avec une espace insécable après « et avant ». Les guillemets anglais sont les guillemets droits  » ou les guillemets courbes  » « . En français académique, utilisez toujours les guillemets français pour les citations et les termes en emphase. Les guillemets anglais ne servent qu’aux citations imbriquées (une citation dans une citation).

    Comment insérer une espace insécable dans Word ?

    Sous Windows : Ctrl + Maj + Espace. Sur Mac : Option + Espace (ou Alt + Espace selon les versions). L’espace insécable est représentée par un petit cercle dans l’affichage des marques de paragraphe (Ctrl + Maj + 8). Vous pouvez aussi configurer Word pour corriger automatiquement les espaces avant ; : ! ? via Fichier › Options › Vérification › Options de correction automatique.

    Doit-on mettre un point après une abréviation comme « etc. » ?

    Oui. « etc. » prend un point parce que c’est une abréviation (et cætera). Si elle se trouve en fin de phrase, ce point abréviatif tient lieu de point final : on n’ajoute pas de second point. On écrit donc : « Les données, les sources, les méthodes, etc. » et non « etc.. » ni « etc… »

    Faut-il mettre les termes anglais en italique dans un mémoire français ?

    Oui, les mots et expressions en langue étrangère s’écrivent en italique dans un texte français. Exemple : l’approche grounded theory, le phénomène du burnout, une démarche bottom-up. Exception : les termes étrangers entrés dans l’usage courant et répertoriés dans les dictionnaires français (marketing, stress, web) ne nécessitent plus l’italique.

    Comment écrire les siècles dans un mémoire ?

    Les siècles s’écrivent en chiffres romains en petites capitales dans les textes académiques français : le xixe siècle, le xxe siècle. Le numéral ordinal (e de ème) est en exposant : XIXe. Évitez l’écriture « le 19ème siècle » qui est incorrecte dans un texte académique.

    Y a-t-il une règle pour les tirets dans un mémoire ?

    En français académique, on distingue trois tirets : le tiret d’union (-) pour les mots composés (socio-économique), le tiret demi-cadratin (–) pour les fourchettes de valeurs (pp. 45–50 ; 2010–2015) et le tiret cadratin (—) pour les incises et ruptures dans le texte. Ce dernier est précédé et suivi d’une espace. Pour les listes à puces, on utilise traditionnellement le tiret demi-cadratin (–) en français, pas le point noir.

  • Faire un glossaire et une liste d’abréviations dans un mémoire 2026

    Faire un glossaire et une liste d’abréviations dans un mémoire 2026

    Comment faire un glossaire et une liste d’abréviations dans un mémoire 2026

    Remettre un mémoire de master sans glossaire ni liste des abréviations, c’est forcer le jury à chercher lui-même le sens de chaque sigle ou terme technique rencontré dans votre texte. Résultat : une lecture laborieuse et une première impression en demi-teinte. Pourtant, ces deux sections figurent parmi les plus rapides à produire — à condition de connaître les règles de placement, de format et de typographie en vigueur dans les universités françaises en 2026.

    Ce guide pratique détaille, étape par étape, comment constituer et positionner chacune de ces deux listes. Il s’applique aussi bien à un mémoire de M1 qu’à un mémoire de M2 dans des disciplines aussi variées que les sciences humaines, la gestion, le droit ou les sciences de l’éducation — les normes de structure restant largement communes à toutes ces filières.

    Réponse rapide : La liste des abréviations se place dans les pages liminaires, après la table des matières et avant la liste des tableaux. Le glossaire vient juste après, toujours en pages liminaires. Les deux listes sont classées par ordre alphabétique et paginées en chiffres romains. Elles sont distinctes : ne mélangez jamais sigles et termes techniques dans une même section.

    Glossaire vs liste des abréviations : deux sections distinctes

    Avant de rédiger, il est essentiel de comprendre que ces deux listes ne jouent pas le même rôle et ne doivent jamais être fusionnées en une seule section. Les confondre est l’erreur la plus répandue chez les étudiants de master.

    Section Contenu Exemple
    Liste des abréviations Sigles, acronymes et formes contractées utilisés dans le texte IA — Intelligence artificielle
    Glossaire Termes techniques, concepts spécialisés, mots étrangers définis Triangulation — Technique consistant à croiser plusieurs sources de données pour renforcer la validité des résultats.

    La règle de base : si vous expliquez un raccourci d’écriture, c’est la liste des abréviations. Si vous définissez un concept ou un mot technique, c’est le glossaire. Selon les guides méthodologiques de plusieurs universités françaises (notamment l’Université Paris Nanterre et l’Université Paul Valéry Montpellier 3), ces deux listes occupent chacune une page distincte dans les pages liminaires.

    Vidéo : différencier la table des sigles et le glossaire dans un travail académique, avec conseils pratiques de mise en page.

    Étape 1 — Déterminer le placement dans la structure du mémoire

    Dans un mémoire de master français, les pages liminaires s’organisent selon un ordre conventionnel que la grande majorité des directeurs de mémoire et des jurys attendent. Respecter cet ordre évite les questions inutiles en soutenance sur la forme.

    1. Page de couverture (titre, auteur, directeur, UFR, année)
    2. Page de remerciements
    3. Résumé (français + anglais)
    4. Sommaire ou table des matières
    5. Liste des abréviations (numérotée en chiffres romains)
    6. Liste des tableaux et des figures
    7. Glossaire (numérotée en chiffres romains)
    8. Introduction

    Ce placement a une logique fonctionnelle : le lecteur parcourt la table des matières pour avoir une vue d’ensemble, puis rencontre immédiatement la liste des abréviations avant de plonger dans le corps du texte. Le glossaire, plus long, vient juste avant l’introduction afin d’armer le lecteur de tous les concepts clés dès les premières lignes de votre développement.

    Certains directeurs de mémoire, notamment en sciences humaines, préfèrent que le glossaire figure en annexe. Consultez votre guide pédagogique d’UFR ou demandez explicitement à votre directeur avant de figer la structure. Pour tout ce qui touche à la structure des sections liminaires, y compris la question des annexes et de leur organisation dans le mémoire, assurez-vous de bien lire les consignes de votre établissement.

    Étape 2 — Constituer et formater la liste des abréviations

    Quelles abréviations inclure ?

    N’incluez que les abréviations qui apparaissent au moins deux fois dans votre mémoire. Une abréviation utilisée une seule fois n’a pas besoin de figurer dans la liste : vous pouvez simplement en expliquer la signification dans une note de bas de page ou entre parenthèses dans le corps du texte.

    Trois types d’abréviations méritent d’être listés :

    • Sigles : formés des initiales de chaque mot (ex. : ONU, CNRS, UFR)
    • Acronymes : sigles qui se prononcent comme un mot (ex. : UNESCO, CAPES, SIDA)
    • Abréviations classiques : formes contractées d’un mot (ex. : cf. pour confer, ibid. pour ibidem, op. cit.)

    Les abréviations universellement connues comme etc., p. (page) ou vs n’ont généralement pas besoin d’être listées sauf si votre discipline leur donne un sens spécifique.

    Règle de la première occurrence dans le texte

    Quel que soit le nombre d’occurrences, la première fois qu’un terme abrégé apparaît dans le corps du texte, vous devez écrire le terme complet suivi de l’abréviation entre parenthèses :

    « Les entretiens ont été analysés à l’aide d’une analyse thématique de contenu (ATC), méthode couramment utilisée en sciences humaines… »

    À partir de la deuxième occurrence, vous pouvez utiliser l’abréviation seule (ATC). Cette règle est valable même si vous avez une liste des abréviations en pages liminaires : les deux sont complémentaires.

    Format de la liste

    Présentez votre liste sous forme de tableau à deux colonnes ou sous forme de liste simple, en respectant les principes suivants :

    • Ordre alphabétique strict : classez selon la première lettre de l’abréviation (A avant B, etc.)
    • Abréviation en colonne gauche, signification complète en colonne droite
    • Majuscules cohérentes : si le sigle est en majuscules dans le texte, il l’est aussi dans la liste
    • Pas de définition dans cette liste : uniquement la forme développée du sigle ou de l’acronyme

    Exemple de présentation :

    Abréviation Forme développée
    APA American Psychological Association
    ATC Analyse thématique de contenu
    CNRS Centre national de la recherche scientifique
    IA Intelligence artificielle
    M2 Master deuxième année (Master 2)

    Étape 3 — Constituer et formater le glossaire

    Quand un glossaire est-il nécessaire ?

    Le glossaire n’est pas obligatoire dans tous les mémoires. Il devient utile, voire indispensable, dans trois situations :

    • Votre mémoire mobilise un vocabulaire disciplinaire dense (psychologie clinique, droit, biologie moléculaire, etc.)
    • Vous utilisez des termes empruntés à une autre langue (anglicismes managériaux, concepts philosophiques allemands, etc.)
    • Vous construisez un cadre théorique original qui réinterprète des concepts existants

    Si vous n’avez que deux ou trois termes à définir, des notes de bas de page suffisent et évitent d’alourdir la structure du mémoire. Pour aller plus loin sur la présentation des données dans votre mémoire, consultez aussi notre guide sur comment présenter les résultats d’un mémoire avec des tableaux et des figures.

    Comment rédiger les entrées du glossaire

    Chaque entrée doit être concise, précise et rédigée dans un registre académique. Voici la structure recommandée :

    1. Terme en gras (ou en italique pour les mots étrangers), suivi d’un tiret cadratin (—) ou d’un deux-points
    2. Définition courte (2 à 5 lignes maximum), sans jargon supplémentaire non défini
    3. Source entre parenthèses si la définition est tirée d’un auteur ou d’un ouvrage de référence

    Exemple d’entrée bien rédigée :

    Triangulation — Technique méthodologique consistant à croiser plusieurs sources de données, plusieurs méthodes de collecte ou plusieurs chercheurs afin de renforcer la validité interne des résultats d’une étude qualitative. (Denzin, 1978 ; Flick, 2017)

    Classez les entrées par ordre alphabétique. Comme pour la liste des abréviations, la pagination utilise des chiffres romains. Le titre de la page est simplement « Glossaire » (sans numéro de chapitre, sans style de titre de niveau 1 si la mise en forme est distincte des chapitres).

    Tableau à deux colonnes vs liste simple

    Les deux formats sont acceptables. Le tableau est préférable pour les glossaires contenant plus de dix entrées : il facilite la lecture en délimitant clairement le terme de sa définition. La liste simple (terme en gras, tiret, définition) convient mieux aux glossaires courts de cinq à dix entrées. Choisissez le format cohérent avec la présentation générale de votre mémoire — si vous avez choisi des tableaux pour présenter vos annexes et leurs contenus, conservez ce format dans le glossaire aussi.

    Étape 4 — Respecter les règles typographiques françaises

    La typographie des abréviations en français diffère de celle de l’anglais. Plusieurs règles sont propres à la norme française et doivent être respectées dans un mémoire soumis à une université francophone.

    Point abréviatif

    • Si l’abréviation est formée des premières lettres du mot, elle prend un point : tél. (téléphone), chap. (chapitre), réf. (référence)
    • Si l’abréviation se termine par la dernière lettre du mot, elle ne prend pas de point : M (Monsieur), Dr (Docteur), St (Saint)
    • Les sigles et acronymes (tout en majuscules) ne prennent pas de point entre les lettres : CNRS et non C.N.R.S.

    Majuscules et accents

    En français, les majuscules prennent les accents : ÉTAT, ÉCOLE, ÉTUDE. Cette règle s’applique aussi aux sigles si les lettres sont issues de mots accentués. Les traitements de texte modernes (Word, LibreOffice) ne corrigent pas automatiquement ce point : vérifiez-le manuellement.

    Espacement avant les signes de ponctuation

    En typographie française, une espace insécable précède les signes de ponctuation doubles ( : ; ! ? ). Dans Word, elle s’insère avec Ctrl+Maj+Espace. C’est un détail qui différencie un mémoire soigné d’un rendu bâclé.

    Pour approfondir la question des normes de citation et du nombre de références à inclure, voir aussi notre article sur combien de références bibliographiques un mémoire de master doit contenir.

    Étape 5 — Générer automatiquement dans Word ou LibreOffice

    Constituer manuellement un glossaire ou une liste d’abréviations est parfaitement faisable pour un mémoire de moins de cent pages. Pour des mémoires plus longs ou des projets en collaboration, les traitements de texte offrent des fonctionnalités partiellement automatisées.

    Dans Microsoft Word

    1. Liste des abréviations manuelle : Word ne génère pas automatiquement une liste des abréviations. Créez un tableau à deux colonnes, saisissez les entrées au fil de la rédaction, puis triez-les par ordre alphabétique via Tableau → Trier.
    2. Glossaire via les styles personnalisés : appliquez un style personnalisé (ex. : « GlossaireTerme ») à chaque terme défini dans le corps du texte. Vous pouvez ensuite générer une table des matières personnalisée qui recense uniquement ces styles.
    3. Renvois et signets : insérez des signets sur chaque terme du glossaire (Insertion → Signet), puis créez des renvois hypertextes depuis les occurrences dans le texte (Insertion → Renvoi → Signet). Le lecteur numérique peut ainsi naviguer directement vers la définition.

    Dans LibreOffice Writer

    LibreOffice intègre une fonctionnalité native de glossaire automatique accessible via Outils → Glossaire. Elle permet d’enregistrer des termes et leurs définitions, puis de les insérer automatiquement lors de la frappe. Cela reste cependant limité à une aide à la saisie : la liste finale doit être construite et formatée manuellement.

    En LaTeX

    Pour les mémoires rédigés en LaTeX (fréquent en mathématiques, physique et informatique), les packages glossaries et acronym gèrent automatiquement la génération, le tri alphabétique et les renvois. La commande makeglossaries compile la liste à partir des définitions dispersées dans le code source.

    Erreurs fréquentes à éviter

    • Fusionner glossaire et liste des abréviations : les jurys remarquent cette confusion et l’interprètent comme un manque de rigueur méthodologique.
    • Inclure toutes les abréviations de la langue française (etc., p., ) : ne listez que celles spécifiques à votre mémoire.
    • Ne pas introduire les abréviations dans le texte : même avec une liste liminaire, la règle de la première occurrence reste obligatoire dans le corps du texte.
    • Oublier la pagination en chiffres romains : les pages liminaires se paginent différemment du corps du texte. Un mémoire où la liste des abréviations porte un numéro arabe interrompt la numérotation du corps et peut poser des problèmes lors du dépôt PDF sur une archive ouverte comme DUMAS (CCSD-CNRS), qui contrôle la conformité du fichier.
    • Classer les entrées dans l’ordre d’apparition au lieu de l’ordre alphabétique : le lecteur qui cherche un terme doit pouvoir le retrouver comme dans un dictionnaire.
    • Définitions trop longues dans le glossaire : une entrée de glossaire n’est pas un développement théorique. Si vous avez besoin de plus de cinq lignes, l’explication appartient au corps du texte, dans le chapitre de cadrage théorique.

    Ces points touchent directement à la qualité formelle du mémoire, qui est évaluée par le jury au même titre que le fond. Si vous vous posez des questions sur la structure générale de votre travail, notre guide sur comment rédiger l’introduction d’un mémoire de master et notre article sur comment rédiger la discussion d’un mémoire de master apportent des réponses concrètes sur les autres sections clés.

    FAQ

    Où placer la liste des abréviations dans un mémoire ?

    La liste des abréviations se place dans les pages liminaires, après la table des matières et avant la liste des tableaux et des figures. Elle est numérotée en chiffres romains. Sa position doit être indiquée dans le sommaire.

    Où placer le glossaire dans un mémoire ?

    Le glossaire se place dans les pages liminaires, après la liste des abréviations (et éventuellement après la liste des tableaux et figures), juste avant l’introduction. Certains directeurs de mémoire le demandent en annexe : vérifiez le guide de votre UFR.

    Quelle est la différence entre glossaire et liste des abréviations ?

    La liste des abréviations répertorie les formes contractées (sigles, acronymes) et indique leur développé. Le glossaire définit des termes techniques ou spécialisés avec une courte explication. Ces deux sections sont distinctes et ne doivent jamais être fusionnées.

    Faut-il un glossaire dans tous les mémoires ?

    Non. Le glossaire n’est obligatoire que si le mémoire contient de nombreux termes techniques ou des mots issus d’une autre langue nécessitant une définition. Pour seulement deux ou trois termes, une note de bas de page suffit.

    Doit-on écrire les abréviations en toutes lettres dans le texte aussi ?

    Oui. À la première occurrence dans le corps du texte, écrivez le terme complet suivi de l’abréviation entre parenthèses — ex. : Intelligence artificielle (IA). Vous pouvez ensuite utiliser l’abréviation seule. Cette règle s’applique même si vous avez une liste des abréviations en pages liminaires.

    Comment trier les entrées du glossaire et de la liste des abréviations ?

    Les deux listes doivent être classées par ordre alphabétique, selon la première lettre de l’abréviation (pour la liste des abréviations) ou du terme (pour le glossaire). Dans Word, utilisez la fonction Trier du menu Tableau pour automatiser ce classement.

    Gagnez du temps sur la mise en forme de votre mémoire

    Tesify vous accompagne à chaque étape de la rédaction de votre mémoire : structure, paraphrase académique, vérification anti-plagiat et mise en forme finale. Essayez gratuitement et consacrez votre énergie à ce qui compte — votre argumentation.

    Essayer Tesify gratuitement