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  • Vos données ne sont pas normales : transformer, bootstrapper ou passer au non-paramétrique ? (2026)

    Vos données ne sont pas normales : transformer, bootstrapper ou passer au non-paramétrique ? (2026)

    Le test de Shapiro-Wilk affiche p = 0,003. La normalité est rejetée, et le réflexe enseigné partout est immédiat : basculer sur l’équivalent non paramétrique. C’est une réponse correcte. Ce n’est pas la seule, et ce n’est pas toujours la meilleure.

    Il existe trois voies, et elles ne coûtent pas la même chose. On peut transformer la variable pour la ramener vers une forme symétrique. On peut garder le test paramétrique et bootstrapper ses intervalles. On peut changer de test. Chacune répond à une situation différente, et le choix se justifie en une phrase — à condition d’avoir compris ce que chacune abandonne.

    Avant de choisir : la normalité de quoi, exactement ?

    Deux vérifications préalables font disparaître le problème dans un cas sur deux.

    Première vérification : ce n’est pas la variable brute qui doit être normale. Pour un test t, une ANOVA ou une régression, la condition porte sur les résidus du modèle — l’écart entre chaque observation et ce que le modèle prédit. Une variable dépendante fortement asymétrique dans l’ensemble de l’échantillon peut parfaitement produire des résidus symétriques une fois les groupes ou les prédicteurs pris en compte. Enregistrez les résidus, testez-les, et relisez notre article sur le test de Shapiro-Wilk avant de conclure.

    Deuxième vérification : la taille de l’échantillon. Shapiro-Wilk devient très sensible au-delà de 200 ou 300 observations : il détecte des écarts minuscules et sans conséquence. Or c’est précisément dans les grands échantillons que le théorème central limite protège la distribution de la moyenne. Un test significatif sur n = 400, accompagné d’un histogramme d’allure raisonnable et d’un Q-Q plot sans décrochage massif, ne justifie pas de changer de méthode. À l’inverse, sur n = 25, un test non significatif ne prouve rien : il manque simplement de puissance.

    Regardez le graphique avant le p. Si, après ces deux vérifications, l’asymétrie est réelle et l’échantillon petit, alors la question se pose vraiment.

    Une variable asymétrique avant et après transformation logarithmique
    Une transformation ne « corrige » pas les données : elle change l’échelle sur laquelle la question est posée.

    Voie 1 — Transformer la variable

    Le principe est de remplacer votre variable par une fonction d’elle-même qui comprime les grandes valeurs. Sur une asymétrie à droite — salaires, durées, nombres de consultations, temps de réaction —, la transformation logarithmique est de loin la plus utilisée : sous SPSS, Transformer → Calculer la variable avec LN(variable). La racine carrée comprime plus doucement, l’inverse plus brutalement.

    Ce que vous gagnez : vous restez dans le monde paramétrique. Vous conservez l’ANOVA, la régression, les covariables, les interactions — tout l’appareil qui permet de contrôler plusieurs facteurs simultanément et qu’aucun test non paramétrique classique ne remplace.

    Ce que vous perdez : l’interprétabilité directe. Un coefficient estimé sur LN(salaire) ne se lit pas en euros. Il faut le retransformer, et la retransformation d’une moyenne logarithmique ne redonne pas la moyenne arithmétique mais la moyenne géométrique. C’est une nuance à assumer, pas à cacher : écrivez que les analyses portent sur la variable log-transformée et donnez les statistiques descriptives sur l’échelle d’origine.

    Les trois pièges :

    • Les zéros et les valeurs négatives. Le logarithme n’est pas défini en zéro. La parade courante, LN(x + 1), fonctionne mais déplace la distribution et rend la constante ajoutée arbitraire : signalez-la.
    • Transformer une variable qui n’a aucune raison de l’être. Une variable de comptage ou une durée avec censure appelle un modèle adapté, pas une transformation. Corriger la distribution d’une variable mal modélisée, c’est traiter le symptôme.
    • Essayer les transformations les unes après les autres jusqu’à ce que Shapiro-Wilk passe. La méthode de Box-Cox, qui choisit l’exposant optimal, existe précisément pour éviter cette pêche — mais elle n’est pas accessible dans les menus de base de SPSS et demande de passer par R ou par une syntaxe dédiée. Si vous ne pouvez pas la mettre en œuvre, choisissez la transformation d’après la nature de la variable, pas d’après le résultat du test.

    Voie 2 — Garder le test et bootstrapper

    Le bootstrap ne transforme rien et ne change pas de test. Il change la façon dont l’incertitude est estimée. Au lieu de supposer que la statistique suit une loi théorique, on tire au sort, avec remise, des milliers de rééchantillons de la même taille dans votre propre base, on recalcule la statistique dans chacun, et on lit l’intervalle directement dans la distribution obtenue.

    Le principe du bootstrap : rééchantillonner la base pour construire un intervalle de confiance
    Le bootstrap remplace une hypothèse de forme par un calcul : l’incertitude est lue dans la variabilité des rééchantillons.

    Ce que vous gagnez : un intervalle de confiance qui ne repose plus sur la normalité, sur la statistique de votre choix — une différence de moyennes, un coefficient de régression, un effet indirect de médiation, une différence de médianes. C’est d’ailleurs pourquoi le bootstrap est devenu la norme en analyse de médiation, où la distribution de l’effet indirect n’est jamais normale.

    Ce que vous perdez : peu de choses sur le plan statistique, davantage sur le plan pratique. Sous SPSS, le bootstrap est un module additionnel : il apparaît sous forme d’un bouton Bootstrap dans la plupart des boîtes de dialogue lorsque la licence l’inclut, et il est simplement absent sinon. Vérifiez avant de bâtir votre plan dessus. R le fait nativement, jamovi et JASP le proposent sur plusieurs procédures — voyez notre comparatif des logiciels si vous devez changer d’outil.

    Les réglages à déclarer : le nombre de rééchantillons (1 000 suffit pour explorer, 5 000 pour un résultat que vous publiez), la méthode d’intervalle (percentile, ou BCa qui corrige le biais et l’asymétrie et qu’il faut préférer quand elle est disponible), et la graine aléatoire si vous voulez que le résultat soit reproductible à l’identique.

    Le malentendu à éviter : le bootstrap ne répare pas un échantillon trop petit, ne corrige pas une dépendance entre observations, et ne rattrape pas un modèle mal spécifié. Il relâche une hypothèse de forme, une seule.

    Voie 3 — Passer au non-paramétrique

    C’est la voie enseignée par défaut : Mann-Whitney à la place du test t sur deux groupes indépendants, Wilcoxon sur deux mesures appariées, Kruskal-Wallis à la place de l’ANOVA à un facteur, Spearman à la place de Pearson.

    Ce que vous gagnez : aucune hypothèse de forme, une robustesse totale aux valeurs extrêmes, et une perte de puissance bien plus faible qu’on ne le croit — de l’ordre de 5 % par rapport au test t lorsque les données sont réellement normales, et un gain lorsqu’elles ne le sont pas.

    Ce que vous perdez : l’objet même de la comparaison change, et c’est le point que les mémoires escamotent le plus souvent. Mann-Whitney ne compare pas deux moyennes. Il teste la probabilité qu’une observation tirée d’un groupe dépasse une observation tirée de l’autre. On ne peut le lire comme une différence de médianes que si les deux distributions ont approximativement la même forme : superposez-les avant d’écrire « la médiane du groupe A est significativement plus élevée ».

    La limite structurelle : ces tests comparent des groupes. Dès que votre question comporte plusieurs facteurs croisés, une covariable à contrôler ou une interaction à tester, il n’existe pas d’équivalent non paramétrique simple, et la voie 1 ou la voie 2 redevient la seule option praticable. C’est le cas, par exemple, dès que vous devez ajuster sur un pré-test en covariable.

    Le tableau de décision

    Transformer Bootstrapper Non-paramétrique
    Ce qui est modifié L’échelle de la variable Le calcul de l’incertitude Le test lui-même
    Modèle multifactoriel possible Oui Oui Non, en pratique
    Interprétation directe Non, retransformation nécessaire Oui Sur les rangs, pas sur les moyennes
    Robuste aux valeurs extrêmes Partiellement Non Oui
    Disponible sous SPSS de base Oui Selon la licence Oui
    Situation typique Asymétrie à droite, variable positive Petit échantillon, statistique complexe Variable ordinale, valeurs extrêmes

    Comment trancher en pratique

    Quatre questions, dans cet ordre, suffisent presque toujours.

    1. Ai-je besoin de contrôler autre chose ? Si oui — covariable, second facteur, interaction —, la voie 3 est écartée d’emblée.
    2. La variable est-elle naturellement asymétrique et strictement positive ? Un montant, une durée, un délai : la transformation logarithmique est la réponse conventionnelle, comprise par tous les jurys de la discipline.
    3. L’asymétrie vient-elle de quelques observations extrêmes ? Alors ni la transformation ni le bootstrap ne sont la bonne réponse : la question devient celle du poids de ces observations et de ce qu’il faut en faire.
    4. Ma variable est-elle ordinale par nature ? Un item unique de Likert, un stade, un grade : le non-paramétrique n’est pas un repli, c’est le choix correct dès le départ.

    Et une règle qui vaut pour les trois : annoncez la voie avant de la prendre. Une phrase dans la méthode — « en cas de violation de la normalité des résidus, les intervalles seront estimés par bootstrap à 5 000 rééchantillons » — vaut mieux que trois pages d’explications a posteriori. Le reproche de p-hacking ne porte que sur les décisions prises après avoir vu le résultat.

    Ce que vous écrivez

    Trois modèles, à adapter :

    Transformation. « La distribution des résidus s’écartant de la normalité (Shapiro-Wilk, p = 0,003 ; asymétrie = 1,84), la variable a fait l’objet d’une transformation logarithmique naturelle avant analyse. Les statistiques descriptives sont présentées sur l’échelle d’origine ; les tests portent sur la variable transformée. »

    Bootstrap. « La normalité des résidus n’étant pas vérifiée, les intervalles de confiance à 95 % ont été estimés par bootstrap (5 000 rééchantillons, méthode BCa). L’estimation ponctuelle reste celle des moindres carrés. »

    Non-paramétrique. « La normalité étant rejetée sur les deux groupes et l’effectif restant modeste (n = 31), la comparaison a été conduite par un test U de Mann-Whitney. Les distributions présentant des formes comparables, le résultat est interprété en termes de différence de tendance centrale. »

    Dans les trois cas, un jury retient la même chose : vous avez vu le problème, vous avez choisi, et vous savez ce que votre choix coûte.

    Rédiger la justification sans y passer la semaine

    Le calcul prend dix minutes. Ce qui prend du temps, c’est d’articuler le diagnostic, la décision et sa conséquence dans un paragraphe de méthode qui tienne debout du protocole jusqu’à la discussion, sans changer de vocabulaire en route.

    Tesify travaille avec vous sur ce passage : formuler la justification à partir de vos propres sorties, maintenir la cohérence terminologique entre les chapitres, et transformer une décision technique en un texte que le lecteur suit. Vos données restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre section méthode avec Tesify

    Questions fréquentes

    Peut-on combiner deux voies ?

    Oui, et c’est parfois la meilleure solution : transformer la variable pour rendre le modèle raisonnable, puis bootstrapper les intervalles pour ne pas dépendre d’une normalité résiduelle imparfaite. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est présenter successivement trois analyses et retenir celle qui donne le plus petit p.

    Le bootstrap fonctionne-t-il sur un très petit échantillon ?

    Mal. Le bootstrap rééchantillonne dans vos données : si elles sont trop peu nombreuses pour représenter la population, les rééchantillons héritent du problème. En dessous d’une vingtaine d’observations par groupe, il ne faut pas en attendre de miracle — le non-paramétrique est plus prudent.

    Faut-il retester la normalité après transformation ?

    Oui, mais sans en faire une condition de passage. Regardez surtout l’histogramme et le Q-Q plot des résidus. Si la transformation a réduit l’asymétrie sans l’annuler, le modèle est généralement utilisable : les procédures paramétriques sont robustes à des écarts modérés, beaucoup moins à des écarts massifs.

    Mon directeur me dit que le non-paramétrique « fait moins sérieux ». A-t-il raison ?

    Non, mais l’objection cache souvent une vraie question : un test non paramétrique répond à une question plus pauvre. Il dit qu’un groupe tend à dépasser l’autre, sans quantifier de combien sur l’échelle d’origine. Si votre discussion a besoin d’une taille d’effet interprétable en unités réelles, c’est un argument en faveur des voies 1 ou 2.

    Et si mes données ne sont pas normales parce qu’il y a deux populations mélangées ?

    Une distribution bimodale n’est pas un problème de normalité : c’est un signe que la variable qui distingue les deux sous-groupes manque à votre modèle. Ajoutez-la comme facteur — vous découvrirez souvent que les résidus redeviennent symétriques et que l’asymétrie n’était qu’un symptôme.

    Peut-on transformer la variable indépendante plutôt que la dépendante ?

    La condition de normalité ne porte jamais sur les prédicteurs, donc transformer un prédicteur ne sert pas à satisfaire une hypothèse. Cela peut en revanche se justifier pour linéariser une relation courbe — c’est une décision de spécification du modèle, à argumenter comme telle et non comme un correctif de distribution.

  • Test t de Student vs Mann-Whitney dans un mémoire : quand utiliser chaque test ? 2026

    Test t de Student vs Mann-Whitney dans un mémoire : quand utiliser chaque test ? 2026

    Test t de Student vs Mann-Whitney dans un mémoire : quand utiliser chaque test ? 2026

    Vous comparez les scores de deux groupes indépendants et vous hésitez entre le test t de Student et le test de Mann-Whitney dans votre mémoire ? Ce choix conditionne la validité de vos résultats statistiques et la rigueur de votre méthodologie — deux éléments que les jurys examinent attentivement. Beaucoup d’étudiants appliquent l’un ou l’autre par défaut, sans vérifier si les conditions sont bien réunies. Ce guide vous donne les critères précis pour choisir le bon test, l’exécuter dans SPSS et en rédiger les résultats correctement.

    La distinction fondamentale est simple : le test t est paramétrique et suppose que la variable dépendante est normalement distribuée dans les deux populations comparées. Le test de Mann-Whitney est son équivalent non paramétrique, ne faisant aucune hypothèse sur la distribution — mais moins puissant lorsque les conditions du test t sont respectées.

    Règle de décision rapide
    Utilisez le test t de Student si : variable continue, normalité vérifiée (Shapiro-Wilk p > 0,05), variances homogènes ou correction de Welch appliquée. Utilisez le test de Mann-Whitney si : normalité violée, effectifs petits (n < 20 par groupe), variable ordinale ou distribution asymétrique. En cas de doute avec n ≥ 30, les deux tests donnent généralement des résultats très proches.

    Contexte : comparer deux groupes indépendants

    La situation est fréquente dans les mémoires de master : vous disposez d’une variable dépendante mesurée sur deux groupes distincts (groupe expérimental vs. groupe contrôle, hommes vs. femmes, avant-formation vs. après-formation sur deux groupes séparés) et vous souhaitez tester si les deux groupes diffèrent significativement.

    La question statistique est : la différence observée entre les deux groupes est-elle compatible avec une variation aléatoire (H₀ : μ₁ = μ₂, ou plus précisément : les deux groupes proviennent de la même population) ou est-elle trop grande pour être due au hasard (H₁ : μ₁ ≠ μ₂) ?

    Le test t de Student : principe et conditions

    Le test t de Student pour échantillons indépendants compare les moyennes de deux groupes. Il calcule un ratio t :

    t = (M₁ − M₂) / √[(s²₁/n₁) + (s²₂/n₂)]

    Plus ce ratio est éloigné de 0, plus la différence entre les moyennes est grande relativement à la variabilité intra-groupe. Ce ratio suit une distribution t de Student sous H₀, avec n₁ + n₂ − 2 degrés de liberté (ou les degrés de Welch en cas de variances inégales).

    Conditions du test t

    • Variable dépendante continue (intervalle ou ratio)
    • Normalité de la distribution dans chaque groupe (ou n suffisamment grand pour invoquer le TCL)
    • Indépendance des observations (deux groupes distincts)
    • Homogénéité des variances (testée par Levene) — ou application de la correction de Welch

    Le test de Mann-Whitney : principe et avantages

    Le test de Mann-Whitney U (également appelé test de Wilcoxon-Mann-Whitney) est l’alternative non paramétrique au test t. Il ne compare pas les moyennes mais les rangs : il fusionne les deux échantillons, classe tous les individus par rang croissant, puis vérifie si les rangs élevés se concentrent dans un groupe plus que dans l’autre.

    La statistique U compte le nombre de fois qu’une observation du groupe 1 précède (est supérieure à) une observation du groupe 2 :

    U₁ = n₁ × n₂ + n₁(n₁+1)/2 − R₁

    Avantages du Mann-Whitney

    • Ne suppose pas la normalité — robuste pour les petits échantillons et les distributions asymétriques
    • Applicable aux variables ordinales (scores de satisfaction sur échelle de Likert 5 points, par exemple)
    • Robuste aux valeurs extrêmes (outliers) qui gonflent la moyenne

    Limite principale

    Lorsque les conditions du test t sont respectées, le test t est plus puissant : il détecte plus facilement un effet réel. La puissance relative du Mann-Whitney est d’environ 95% par rapport au test t sous normalité (efficacité asymptotique), ce qui est excellent — mais ces 5% de puissance perdue peuvent faire la différence dans les petits échantillons.

    Étape 1 : vérifier la normalité avec Shapiro-Wilk

    Avant de choisir entre les deux tests, vérifiez la normalité de votre variable dépendante dans chaque groupe séparément. Le test de Shapiro-Wilk est recommandé pour n < 50 ; le test de Kolmogorov-Smirnov (avec correction de Lilliefors) pour n ≥ 50.

    Dans SPSS : Analyze → Descriptive Statistics → Explore → Plots → Normality plots with tests.

    Vidéo : Test t de Student des moyennes dans SPSS — Olivier M

    Interpréter le test de Shapiro-Wilk

    • p > 0,05 : Vous ne rejetez pas H₀ de normalité. La distribution ne s’écarte pas significativement de la normale → test t applicable
    • p < 0,05 : Violation de la normalité → envisagez le Mann-Whitney, ou utilisez le test t si n ≥ 30 (robustesse par le théorème central limite)
    Nuance importante : Avec un grand échantillon (n > 100), le test de Shapiro-Wilk devient très sensible et peut rejeter la normalité pour des déviations minimes, sans conséquence pratique pour le test t. Dans ce cas, examinez les graphiques Q-Q plots et les indices d’asymétrie (skewness) et d’aplatissement (kurtosis) : si |asymétrie| < 2 et |kurtosis| < 7, le test t est généralement robuste.

    Étape 2 : vérifier l’égalité des variances avec Levene

    SPSS intègre automatiquement le test de Levene dans la procédure Independent Samples T-Test. Il teste H₀ : σ²₁ = σ²₂.

    • Levene p > 0,05 : Variances égales → utilisez la ligne Equal variances assumed dans l’output SPSS
    • Levene p < 0,05 : Variances inégales → utilisez la ligne Equal variances not assumed (correction de Welch), qui ajuste les degrés de liberté

    Arbre de décision complet

    Variable dépendante continue ?

    → Non : variable ordinale → Mann-Whitney

    → Oui : vérifier la normalité (Shapiro-Wilk)

    → p > 0,05 et n ≥ 5 par groupe : Test t (vérifier Levene)

    → Levene p > 0,05 : Test t variances égales

    → Levene p < 0,05 : Test t Welch

    → p < 0,05 et n < 30 : Mann-Whitney

    → p < 0,05 et n ≥ 30 : Test t robuste (ou les deux, à mentionner)

    Procédure test t dans SPSS

    1. Analyze → Compare Means → Independent-Samples T Test
    2. Glissez la variable dépendante dans Test Variable(s)
    3. Glissez la variable de groupe dans Grouping Variable
    4. Cliquez Define Groups et saisissez les codes des deux groupes (ex. : 1 et 2)
    5. Cochez Confidence interval percentage : 95%
    6. Cliquez OK

    Résultats clés à reporter

    • Moyennes et écarts-types des deux groupes
    • Valeur t, degrés de liberté (df), p-value bilatérale
    • Intervalle de confiance à 95% de la différence des moyennes
    • d de Cohen (taille d’effet) : calculé manuellement comme (M₁ − M₂) / ET_poolé

    Interpréter le d de Cohen

    d de Cohen Interprétation
    0,20 Petit effet
    0,50 Effet moyen
    0,80 Grand effet

    Procédure Mann-Whitney dans SPSS

    1. Analyze → Nonparametric Tests → Legacy Dialogs → 2 Independent Samples
    2. Glissez la variable dépendante dans Test Variable List
    3. Glissez la variable de groupe dans Grouping Variable, puis Define Groups
    4. Cochez Mann-Whitney U dans Test Type
    5. Cliquez OK

    Résultats clés à reporter pour Mann-Whitney

    • Médianes et rangs moyens des deux groupes
    • Statistique U, statistique Z (pour grand n), p-value
    • Taille d’effet r = Z / √N (petit : 0,10 ; moyen : 0,30 ; grand : 0,50)

    Interpréter les résultats

    Pour le test t, SPSS produit :

    • Le tableau Group Statistics : moyennes, ET, effectifs
    • Le tableau Independent Samples Test : test de Levene + résultats du test t (avec et sans correction de Welch)

    Lisez toujours en priorité la ligne correspondant au résultat du test de Levene (Sig. de Levene > ou < 0,05) pour choisir la bonne ligne du test t.

    Pour le test de Mann-Whitney, SPSS produit :

    • Les rangs moyens de chaque groupe (Ranks)
    • La statistique U, la valeur W de Wilcoxon, la statistique Z approximée et la p-value bilatérale

    Rédiger en APA 7

    Modèle pour le test t

    Un test t pour échantillons indépendants a été conduit pour comparer les scores de satisfaction entre le groupe expérimental (M = 4,12, ET = 0,83) et le groupe contrôle (M = 3,56, ET = 0,91). Le test de Levene n’était pas significatif (F(1, 118) = 2,14, p = .146), indiquant des variances homogènes. La différence entre les deux groupes était significative, t(118) = 3,52, p = .001, d = 0,64, IC 95% [0,24 ; 0,88].

    Modèle pour Mann-Whitney

    La normalité ayant été violée dans le groupe contrôle (Shapiro-Wilk W(28) = .91, p = .018), un test de Mann-Whitney a été utilisé. Les résultats indiquent que le groupe expérimental (rang moyen = 38,2) présentait des scores significativement plus élevés que le groupe contrôle (rang moyen = 24,7), U = 287, Z = −2,84, p = .004, r = .41.

    Pour compléter votre approche statistique, consultez notre guide sur l’ANOVA factorielle, le design expérimental et la méthodologie de recherche.

    Gagnez du temps sur votre mémoire : Tesify vous accompagne dans la structuration et la rédaction de vos sections méthodologie et résultats, en respectant les normes APA 7 et les attentes des jurys français.

    Questions fréquentes

    Peut-on utiliser le test de Mann-Whitney pour une variable continue si la normalité est respectée ?

    Techniquement oui, mais c’est sous-optimal. Quand la normalité est respectée, le test t est plus puissant (efficacité asymptotique de ~95% pour Mann-Whitney vs t). Préférez toujours le test t lorsque ses conditions sont satisfaites : vous maximisez la probabilité de détecter un effet réel si celui-ci existe.

    Les résultats du test t et de Mann-Whitney divergent dans mon mémoire : lequel croire ?

    Une divergence (t significatif mais Mann-Whitney non, ou inversement) est un signal important. Elle peut indiquer que la moyenne est influencée par des valeurs aberrantes (outliers) que le test t capte mais pas Mann-Whitney. Examinez vos boxplots pour identifier les outliers. Si leur présence est justifiée théoriquement, rapportez les deux tests et discutez la divergence. Si ce sont des erreurs de saisie, corrigez-les et relancez les analyses.

    Mon jury demande la taille d’effet pour Mann-Whitney : comment la calculer ?

    La taille d’effet pour Mann-Whitney s’exprime le plus souvent comme r = Z / √N, où Z est la valeur Z standardisée que SPSS fournit dans l’output et N est le nombre total d’observations. Interprétation selon Cohen : r = 0,10 (petit), r = 0,30 (moyen), r = 0,50 (grand). SPSS 27+ produit directement une mesure d’effet dans l’interface de la procédure Nonparametric Tests nouvelle génération.

    Le test t de Student peut-il s’utiliser avec des données d’échelle de Likert ?

    C’est un débat méthodologique actif. Les puristes statistiques arguent que les données de Likert (ordinal) ne satisfont pas la condition d’intervalles équidistants du test t. En pratique, une majorité de chercheurs en psychologie et sciences sociales utilisent le test t sur des scores composites de plusieurs items Likert (somme ou moyenne), considérés comme pseudo-continus. Si votre variable est un item unique, préférez Mann-Whitney.

    Quelle est la différence entre Mann-Whitney et Wilcoxon ?

    Le test de Mann-Whitney compare deux groupes indépendants. Le test de Wilcoxon (signed-rank test) compare deux mesures appariées sur les mêmes individus (ou des paires liées) — c’est l’équivalent non paramétrique du test t pour mesures répétées. SPSS les propose tous deux dans les menus Nonparametric Tests. Ne confondez pas les deux : ils répondent à des questions différentes.