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  • Revues prédatrices 2026 : comment les repérer + liste de 20 éditeurs à éviter (checklist)

    Revues prédatrices 2026 : comment les repérer + liste de 20 éditeurs à éviter (checklist)

    Revues prédatrices 2026 : comment les repérer + liste de 20 éditeurs à éviter (checklist)

    Chaque année, des milliers de chercheurs — doctorants, maîtrisards, enseignants-chercheurs — reçoivent des invitations à soumettre un article dans des revues qui semblent légitimes mais qui ne le sont pas. Ces revues prédatrices encaissent des frais de publication (APC) sans fournir d’évaluation par les pairs sérieuse, polluent la littérature scientifique et exposent leurs auteurs à des sanctions professionnelles durables. Savoir repérer et éviter les revues prédatrices est devenu une compétence fondamentale d’intégrité académique en 2026.

    Ce guide recense les critères officiels de repérage, les outils gratuits disponibles et une liste de 20 éditeurs ou pratiques documentés à éviter — fondée exclusivement sur des sources publiques vérifiées (décisions judiciaires, études académiques publiées, bases de données institutionnelles). Aucune accusation non sourcée.

    Réponse rapide : Une revue prédatrice facture des frais de publication (APC) sans garantir une évaluation par les pairs rigoureuse ni des services éditoriaux réels. Pour les identifier : utilisez Think. Check. Submit., vérifiez l’indexation dans le DOAJ et méfiez-vous de toute invitation non sollicitée par e-mail promettant une acceptation en quelques jours.

    Qu’est-ce qu’une revue prédatrice ?

    Le terme « revue prédatrice » (ou predatory journal) a été popularisé par Jeffrey Beall, bibliothécaire à l’Université du Colorado, qui a créé entre 2008 et 2017 la première liste publique de ces publications. Ces revues exploitent le modèle de l’accès ouvert en faisant payer les auteurs — et non les lecteurs — pour publier leurs articles. Le problème central : les frais sont prélevés même en l’absence d’un processus sérieux d’évaluation par les pairs, de relecture éditoriale ou de services de préservation numérique.

    Il est essentiel de ne pas confondre open access et prédation. Des milliers de revues en libre accès respectent des standards éditoriaux élevés et sont indexées dans des bases reconnues. La différence tient à la réalité du processus éditorial, à la transparence des pratiques et à la vérifiabilité des engagements affichés. Les ressources de l’OFIS (Office Français de l’Intégrité Scientifique) offrent un cadre de référence institutionnel pour comprendre ce phénomène dans le contexte français.

    Le nombre de titres suspects dépasse désormais les 18 000 selon certaines estimations académiques, une proportion non négligeable copiant délibérément les noms de revues légitimes pour tromper les auteurs moins expérimentés.

    10 signaux d’alerte pour repérer les revues prédatrices

    Aucun indicateur pris isolément ne suffit à conclure. C’est la combinaison de plusieurs signaux qui doit déclencher l’alerte. Le tableau suivant synthétise les principaux critères documentés par le Cirad, l’OFIS et les bibliothèques universitaires françaises.

    Signal d’alerte Ce que cela révèle concrètement
    Invitation non sollicitée par e-mail La revue prospecte activement des auteurs, souvent hors de leur domaine de compétence
    Adresse de contact générique Utilisation de @gmail.com, @yahoo.com ou d’adresses sans domaine institutionnel
    Publication promise en quelques jours Incompatible avec un peer review sérieux (qui prend en général plusieurs semaines à plusieurs mois)
    Absence d’indexation dans le DOAJ, Scopus ou WoS La revue n’est reconnue par aucune base de données sérieuse
    Frais APC opaques ou exigés avant acceptation Les montants ne sont pas affichés clairement, ou le paiement est demandé avant décision éditoriale
    Comité de rédaction invérifiable Les membres de l’editorial board sont introuvables, hors domaine ou déclarent ne pas y avoir consenti
    Indexation revendiquée non vérifiable « Indexed in Scopus » affiché sur le site mais introuvable sur la plateforme officielle de Scopus
    Titre similaire à une revue connue Confusion délibérée avec des journaux légitimes (« Journal of Nature », « International Science Letters »)
    Absence de politique de rétractation Aucune procédure pour corriger ou retirer des articles erronés, contrairement aux normes COPE
    Site web peu professionnel Fautes d’orthographe, contenu copié-collé d’autres sites, ISSN incorrect ou non vérifiable
    Illustration des signaux d'alerte pour identifier les revues prédatrices : invitation non sollicitée, publication rapide, absence de DOAJ
    Principaux signaux d’alerte pour repérer une revue prédatrice avant toute soumission

    Les outils officiels de détection

    Avant de soumettre un article à une revue que vous ne connaissez pas, ces ressources permettent une évaluation rigoureuse :

    • Think. Check. Submit. — Outil collaboratif disponible en plus de 40 langues, dont le français. Guide l’évaluation d’une revue par une série de questions structurées en trois étapes. Point de départ recommandé pour tout chercheur ou doctorant.
    • DOAJ (Directory of Open Access Journals) — Liste blanche des revues open access sérieuses, avec des critères d’acceptation exigeants. Une revue absente du DOAJ n’est pas automatiquement suspecte, mais son absence constitue un signal à explorer.
    • COPE (Committee on Publication Ethics) — L’adhésion au COPE indique que la revue s’engage formellement envers un code d’éthique éditorial. Les revues prédatrices n’y adhèrent pas ou feignent une adhésion non vérifiable.
    • Compass to Publish — Développé à l’Université de Liège en 2020, cet outil évalue la fiabilité des revues OA via 26 questions ciblées sur les pratiques éditoriales et les frais. Accessible gratuitement en ligne.
    • Cabells Predatory Reports — Base de données payante qui analyse plus de 60 indicateurs comportementaux. Souvent accessible via les bibliothèques universitaires membres.
    • Beall’s List archivée — La liste originale de Jeffrey Beall, retirée sous pression en 2017, reste consultable sur beallslist.net. À utiliser avec esprit critique : certaines entrées sont contestées et la liste n’est plus mise à jour officiellement.

    Pour construire une bibliographie solide avec des sources légitimes en accès ouvert, notre guide Ressources Open Access pour Mémoire en France 2026 recense les principales bases institutionnelles françaises et européennes.

    Liste de 20 éditeurs et pratiques à éviter

    Cette liste est fondée exclusivement sur des sources publiques vérifiées : décisions judiciaires officielles, études académiques publiées dans des revues indexées, et bases de données institutionnelles. Elle n’est pas exhaustive, et les revues individuelles d’un même groupe éditorial doivent être évaluées au cas par cas. L’inclusion ici ne constitue pas une accusation juridique mais une synthèse de documentation publique disponible.

    Éditeurs avec documentation officielle ou judiciaire

    1. OMICS International / iMedPub / Allied Academies — Condamné par la Federal Trade Commission américaine (FTC) en 2019 pour pratiques commerciales trompeuses envers les chercheurs, incluant des frais cachés et de fausses promesses de peer review. Source : FTC.gov, décision officielle publiée.
    2. SciencePG (Science Publishing Group) — Figurait sur la liste archivée de Beall et a été identifié dans plusieurs études académiques publiées comme présentant des pratiques éditorialess insuffisantes au regard des standards internationaux.
    3. SCIRP (Scientific Research Publishing) — Présent dans des études comparatives sur les éditeurs suspects. Des chercheurs ayant soumis des manuscrits délibérément absurdes (tests de sting) ont rapporté des acceptations sans évaluation réelle.
    4. Austin Publishing Group — Inclus dans des analyses académiques documentées sur les pratiques d’édition prédatrice publiées dans des journaux indexés en bibliothéconomie.
    5. MedCrave Publishing — Figurait sur la liste archivée de Beall. Des chercheurs ont signalé le prélèvement de frais avec peu ou pas de preuve d’un processus d’évaluation par les pairs.
    6. Crimson Publishers — Pratiques éditoriaux documentées dans des études sur l’édition prédatrice ; composition des comités éditoriaux difficile à vérifier de manière indépendante.
    7. Lupine Publishers — Envoi massif d’invitations non sollicitées ; numéros ISSN signalés comme difficiles à retrouver dans le registre officiel de l’ISSN.
    8. Serials Publications (Inde) — Inclus dans des analyses académiques comparatives sur les pratiques éditoriales suspectes ; absence de membership COPE documentée.
    9. Academic Journals (Nigeria) — Présent dans plusieurs études comparatives sur la prédation éditoriale internationale. Son statut reste contesté mais des préoccupations répétées sont documentées dans la littérature en bibliothéconomie.
    10. Insight Medical Publishing / SciTechnol — Lié au groupe OMICS International, visé par la même décision de la FTC américaine en 2019.

    Éditeurs en zone grise — critiques publiées, à évaluer revue par revue

    1. MDPI (Multidisciplinary Digital Publishing Institute) — En décembre 2024, le Forum de publication finlandais (Finnish Publication Forum) a rétrogradé 193 revues MDPI au niveau 0, soit le même niveau que les publications sans évaluation par les pairs. MDPI demeure membre de COPE et du DOAJ, et la qualité varie significativement selon la revue. L’évaluation au cas par cas s’impose.
    2. Hindawi (désormais intégré à Wiley) — En 2023, Wiley a annoncé le retrait de plus de 8 000 articles publiés dans des revues Hindawi, suite à la découverte de défaillances graves dans le processus d’évaluation par les pairs. Les revues concernées ont depuis été fermées ou restructurées. Source : annonces officielles Wiley 2023.
    3. Frontiers Media — Ajouté à la liste de Beall en 2015, puis retiré suite à des discussions. Frontiers est aujourd’hui membre de COPE et du DOAJ. Des préoccupations persistent sur certains numéros spéciaux avec guest editors peu encadrés. La qualité varie fortement selon la revue et le comité éditorial.

    Pratiques documentées à éviter

    1. Numéros spéciaux (special issues) sans peer review indépendant — Même dans des revues par ailleurs sérieuses, certains numéros spéciaux délèguent la sélection à des guest editors peu encadrés, créant une voie d’entrée pour des articles de faible qualité.
    2. Titres contenant « International Journal of Advanced Research » — Une combinaison générique utilisée par de nombreux titres frauduleux ; un signal d’alerte documenté dans la littérature sur la prédation éditoriale.
    3. Revues promettant une évaluation en moins de 7 jours — Un double blind peer review rigoureux prend en moyenne plusieurs semaines. Une promesse d’acceptation en quelques jours indique l’absence de processus réel.
    4. ISSN non vérifiable sur portal.issn.org — Vérifiable gratuitement sur portal.issn.org. Un ISSN inexistant ou attribué à un autre titre est un signal fort de fraude.
    5. Paiement APC exigé avant la décision d’acceptation — Pratique documentée comme red flag par le COPE. Les revues sérieuses facturent après acceptation, jamais avant.
    6. Membres du comité éditorial listés sans leur consentement — Plusieurs chercheurs ont découvert leur nom sur des comités éditoriaux de revues prédatrices sans y avoir jamais consenti. Vérifiez en contactant directement les membres listés.
    7. Domaines créés depuis moins de 2 ans sans historique de publication indexé — À croiser avec l’ancienneté des archives disponibles et la présence effective dans Scopus ou WoS pour les volumes antérieurs.

    Checklist avant de soumettre à une revue

    Cochez chaque point avant d’envoyer votre manuscrit. Si plus de deux cases restent vides, n’envoyez pas.

    • ☑ La revue figure-t-elle dans le DOAJ, Scopus ou Web of Science ?
    • ☑ Le comité de rédaction est-il identifiable et ses membres vérifiables (noms + affiliations institutionnelles) ?
    • ☑ La politique de frais APC est-elle affichée clairement avant soumission ?
    • ☑ La revue est-elle membre COPE ou OASPA ?
    • ☑ L’ISSN est-il vérifiable sur portal.issn.org avec le bon titre ?
    • ☑ Le délai d’évaluation annoncé est-il réaliste (plusieurs semaines au minimum) ?
    • ☑ Avez-vous soumis la revue au questionnaire Think. Check. Submit. ?
    • ☑ Votre directeur de thèse ou le bibliothécaire de recherche de votre établissement a-t-il validé ce choix ?
    Checklist illustrée pour vérifier une revue scientifique avant soumission : DOAJ, comité éditorial, ISSN, frais APC
    Critères de vérification à valider avant l’envoi de votre manuscrit à une revue
    Intégrité au-delà des revues : La vigilance académique ne s’arrête pas au choix de la revue. Comprendre les règles de réutilisation de ses propres travaux — l’auto-plagiat — est tout aussi fondamental. Lisez notre guide complet sur l’auto-plagiat dans un mémoire en 2026 pour maîtriser ce point souvent méconnu.

    Pour approfondir votre culture méthodologique, notre sélection de 20 ouvrages de méthodologie de recherche en accès libre recense des ressources téléchargeables gratuitement, vérifiées et indexées dans des dépôts institutionnels reconnus.

    Vous rédigez votre mémoire ou votre thèse ?

    Tesify vous accompagne à chaque étape — structure, sources, conformité bibliographique et vérification d’originalité — pour que votre travail réponde aux normes académiques les plus exigeantes dès la première version.

    Questions fréquentes sur les revues prédatrices

    Comment savoir rapidement si une revue est prédatrice ?

    Commencez par le questionnaire Think. Check. Submit. et vérifiez si la revue figure dans le DOAJ ou Scopus. Si vous avez reçu une invitation non sollicitée par e-mail avec promesse de publication en quelques jours, c’est un signal d’alerte fort. Consultez également la liste archivée de Beall sur beallslist.net, avec l’esprit critique nécessaire.

    Publier dans une revue prédatrice peut-il nuire à ma carrière ?

    Oui, de manière significative. Les comités de recrutement et d’évaluation — comme le CNU en France — reconnaissent de plus en plus ces publications et les déprécient ou les ignorent dans l’évaluation des dossiers. Dans les cas les plus graves, publier dans une revue condamnée pour fraude peut être associé à un manquement à l’intégrité scientifique, avec des conséquences disciplinaires possibles.

    MDPI est-il un éditeur prédateur ?

    MDPI est un cas nuancé qui fait débat dans la communauté scientifique. L’éditeur est membre de COPE et du DOAJ, mais en décembre 2024 le Forum de publication finlandais a rétrogradé 193 revues MDPI au niveau 0, leur attribuant le même poids qu’une publication sans évaluation par les pairs. La qualité varie fortement selon la revue ; il est conseillé d’évaluer chaque titre MDPI individuellement plutôt que de juger l’éditeur en bloc.

    Les revues open access sont-elles toutes suspectes ?

    Non, absolument pas. Le modèle open access est légitime et activement encouragé par les grandes institutions françaises — ANR, CNRS, Université France. Des milliers de revues sérieuses publient en libre accès avec des processus éditoriaux rigoureux. Ce qui définit la prédation, c’est l’absence de peer review réel et la non-transparence des pratiques, pas le modèle économique en lui-même.

    Qu’est-ce que la liste de Beall ?

    La liste de Beall est une liste noire d’éditeurs et de revues potentiellement prédateurs, créée par le bibliothécaire américain Jeffrey Beall entre 2008 et 2017. Retirée sous pression légale en 2017, elle reste consultable sous forme archivée sur beallslist.net, mise à jour anonymement. À utiliser avec esprit critique : certaines entrées sont contestées, et des éditeurs ont réussi à en être retirés après avoir amélioré leurs pratiques.

    Que faire si j’ai déjà publié dans une revue prédatrice sans le savoir ?

    Consultez immédiatement votre directeur de recherche ou le bibliothécaire de recherche de votre établissement. Il est parfois possible de demander le retrait de l’article auprès de l’éditeur. Sur votre CV académique, évitez de mettre cette publication en avant. Vous pouvez signaler la situation à votre établissement via les ressources de l’OFIS, qui orientera vers les procédures adaptées.

  • Revues prédatrices 2026 : 10 signaux d’alerte et la checklist Think-Check-Submit pour protéger son mémoire

    Revues prédatrices 2026 : 10 signaux d’alerte et la checklist Think-Check-Submit pour protéger son mémoire

    Revues prédatrices 2026 : 10 signaux d’alerte et la checklist Think-Check-Submit pour protéger son mémoire

    Un courriel arrive dans votre boîte de réception : « Chère chercheuse, votre profil académique nous impressionne — soumettez votre article d’ici 72 heures et il sera publié en 14 jours. » Ce type de sollicitation, reçu chaque semaine par des milliers d’étudiants en master et de jeunes doctorants, est la signature classique des revues prédatrices comment les repérer 2026 — une compétence désormais indispensable pour quiconque souhaite valoriser ses travaux de recherche sans compromettre sa crédibilité. En février 2026, la base Cabells Predatory Reports a franchi le cap des 20 000 titres répertoriés : le phénomène ne ralentit pas.

    Pour un étudiant en master ou un doctorant qui veut transformer les résultats de son mémoire en publication, se tromper de revue n’est pas anodin. Une publication dans une revue prédatrice peut vider un budget de recherche, vous faire perdre vos droits d’auteur et ternir durablement votre dossier académique face à un jury de thèse ou un comité de recrutement. Ce guide vous donne 10 signaux d’alerte précis, la méthode officielle Think·Check·Submit et un panorama des plateformes francophones de confiance où publier sereinement.

    Réponse rapide — Revues prédatrices : comment les repérer en 2026

    Une revue prédatrice simule un processus d’évaluation par les pairs pour percevoir des frais de publication (APC) sans garantir de qualité scientifique. Pour éviter le piège : appliquez la checklist Think·Check·Submit, vérifiez l’indexation dans le DOAJ, et refusez toute sollicitation non sollicitée promettant une publication express.

    Qu’est-ce qu’une revue prédatrice ?

    Le terme « revue prédatrice » (predatory journal en anglais) désigne une publication qui imite les attributs d’une revue scientifique légitime — ISSN, comité éditorial affiché, portail de soumission en ligne — sans garantir un véritable processus d’évaluation par les pairs. Le modèle économique repose sur les Article Processing Charges (APC) : l’auteur paie pour que son texte soit mis en ligne, indépendamment de sa qualité ou de son intérêt scientifique.

    Ce phénomène s’est amplifié avec l’essor du mouvement Open Access des années 2000-2010. Si la grande majorité des revues en libre accès sont rigoureuses et indexées dans des bases reconnues, des acteurs opportunistes ont exploité ce modèle pour créer des milliers de titres sans comité éditorial réel. La liste Beall, créée par le bibliothécaire américain Jeffrey Beall, était longtemps la référence de détection avant sa fermeture en janvier 2017. Depuis, plusieurs approches coexistent : les listes noires maintenues par Cabells, et surtout les listes blanches — stratégie inverse qui consiste à ne faire confiance qu’aux revues indexées dans des bases reconnues.

    Les revues prédatrices touchent toutes les disciplines : sciences de la vie, médecine, ingénierie, mais aussi sciences humaines et sociales. Un étudiant en master qui souhaite valoriser ses résultats dans une revue à comité de lecture est particulièrement exposé, car il manque souvent de réseau pour identifier les titres de référence dans son champ.

    10 signaux pour repérer les revues prédatrices en 2026

    L’identification d’une revue prédatrice repose sur un faisceau d’indices. Voici les dix signaux les plus fiables, du plus évident au plus subtil.

    1. Sollicitation non sollicitée par courriel

    Ce que l’on voit : un e-mail flatteur arrive « à froid », sans que vous ayez préalablement soumis quoi que ce soit. L’objet est souvent du type : « Votre récent travail sur [thématique] correspond parfaitement à notre revue — soumettez avant vendredi. »
    Conseil : aucune revue sérieuse ne démarche à froid des auteurs inconnus. Ignorez ou signalez ce type de message.

    2. Promesse de publication express

    Ce que l’on voit : des délais de 7, 14 ou 21 jours sont annoncés pour l’ensemble du processus de révision et de publication. Un vrai peer review rigoureux prend plusieurs mois dans les revues sérieuses.
    Conseil : comparez avec les délais moyens publiés sur le site de la revue — une revue transparente les indique explicitement.

    3. Titre mimétique ou nom trompeur

    Ce que l’on voit : des noms proches de revues réputées (International Journal of Science and Technology, World Journal of Medicine), parfois avec un ISSN différent mais une présentation visuelle copiée.
    Conseil : cherchez le titre exact dans le DOAJ ou dans Scimago pour confirmer son identité.

    4. Absence dans les bases indexées reconnues

    Ce que l’on voit : la revue n’apparaît ni dans PubMed, ni dans Scopus, ni dans Web of Science, ni dans le DOAJ.
    Conseil : l’absence d’indexation dans au moins une base reconnue est un signal majeur. Une revue légitime en SHS peut être absente de PubMed mais doit figurer dans Scopus ou le DOAJ.

    5. Frais de publication opaques ou révélés tardivement

    Ce que l’on voit : les APC ne sont mentionnés nulle part avant la soumission, ou sont dévoilés seulement après acceptation de l’article — lorsque l’auteur se sent moralement tenu de payer.
    Conseil : toute revue sérieuse affiche ses frais de manière transparente avant la soumission, dans la rubrique Author Guidelines ou Publication fees.

    6. Comité éditorial fictif ou invérifiable

    Ce que l’on voit : des noms de chercheurs figurent au comité sans leur accord réel, ou les membres ne sont pas liés à des institutions vérifiables. Les liens vers leurs profils mènent à des pages inexistantes.
    Conseil : cherchez deux ou trois membres du comité sur Google Scholar ou ORCID pour confirmer leur existence et leur affiliation institutionnelle.

    7. Site web négligé ou incohérent

    Ce que l’on voit : fautes d’orthographe répétées, liens brisés, mise en page bâclée, mentions légales absentes, domaine enregistré récemment avec un hébergement générique.
    Conseil : un site soigné ne garantit pas la légitimité, mais un site négligé est un signal fort à ne pas ignorer.

    8. Portée thématique excessivement large

    Ce que l’on voit : la revue se déclare ouverte à tous les domaines — médecine, physique, droit, ingénierie — sans aucune spécialisation affichée.
    Conseil : les rares revues multidisciplinaires légitimes (PLOS ONE, Nature Communications) se distinguent par leur sélectivité et leur indexation rigoureuse dans Scopus ou Web of Science.

    9. Absence de politique de rétractation

    Ce que l’on voit : le site ne mentionne aucune procédure de correction ou de rétractation en cas d’article erroné ou frauduleux.
    Conseil : c’est un critère explicite du COPE (Committee on Publication Ethics). Vérifiez la présence d’une rubrique Corrections and Retractions ou Erratum.

    10. Politique de droits d’auteur absente ou abusive

    Ce que l’on voit : la revue ne précise pas quelle licence s’applique aux articles publiés, ou réclame une cession totale et irrévocable de vos droits sans contrepartie claire.
    Conseil : une revue légitime en Open Access publie sous licence Creative Commons (généralement CC-BY ou CC-BY-NC). Lisez les conditions avant de signer quoi que ce soit.

    La checklist officielle Think·Check·Submit

    Lancée en 2015 par un consortium réunissant le COPE, le DOAJ, l’ISSN, l’OASPA et d’autres organismes internationaux, la démarche Think·Check·Submit structure l’évaluation d’une revue en trois étapes, disponibles en plus de 40 langues.

    Checklist Think·Check·Submit en français — étape Réfléchissez : questions pour évaluer si vous connaissez la revue visée avant de soumettre votre article
    Source : Think·Check·Submit — version française (consortium COPE, DOAJ, ISSN, OASPA)

    Étape 1 — Réfléchissez (Think)

    Avez-vous déjà publié ou lu des articles dans cette revue ? Des collègues ou votre directeur de recherche la connaissent-ils ? La revue figure-t-elle dans des listes de lecture recommandées par votre université ? Si la réponse est non à l’ensemble de ces questions, passez impérativement aux vérifications suivantes.

    Étape 2 — Vérifiez (Check)

    Passez en revue les points suivants directement sur le site officiel de la revue :

    • La revue est-elle indexée dans le DOAJ ou dans une base reconnue de votre discipline ?
    • Peut-on contacter la rédaction via une adresse postale réelle et un courriel institutionnel ?
    • Les membres du comité de rédaction sont-ils nommés, affiliés à des institutions identifiables et vérifiables en ligne ?
    • Le processus de peer review est-il décrit en détail (type de révision, délais moyens) ?
    • Les frais de publication (APC) sont-ils indiqués clairement avant la soumission ?
    • La politique de droits d’auteur est-elle explicite et conforme aux standards internationaux ?
    • Une politique de rétractation et de correction est-elle publiée sur le site ?

    Étape 3 — Soumettez (Submit)

    Si vous avez répondu positivement à l’ensemble des critères ci-dessus, vous pouvez soumettre votre article en confiance. En cas de doute persistant sur un seul point, demandez l’avis de votre directeur de mémoire ou du service de documentation (SCD) de votre université avant d’envoyer quoi que ce soit.

    Bon à savoir : Think·Check·Submit propose également une version dédiée aux conférences, Think·Check·Attend, car certains colloques pratiquent aussi des logiques prédatrices (frais d’inscription élevés, actes non indexés). Si vous souhaitez présenter une communication, appliquez la même rigueur de vérification.
    1
    Réfléchissez
    Connaissez-vous la revue ? Votre directeur la reconnaît-il ? Est-elle recommandée par votre université ?

    2
    Vérifiez
    DOAJ, Scopus, comité éditorial vérifiable, APC transparents avant soumission, politique de rétractation.

    3
    Soumettez
    Tous les critères validés ? Soumettez en confiance. Un doute ? Consultez votre SCD avant d’envoyer.

    Source : Think·Check·Submit — version française (consortium COPE, DOAJ, ISSN, OASPA)

    Listes blanches : DOAJ, Scimago, OpenEdition

    Plutôt que de surveiller des listes noires difficiles à tenir à jour, les bibliothécaires académiques recommandent l’approche par liste blanche : ne soumettre que dans des revues indexées dans au moins une base reconnue. Voici les principaux répertoires de référence.

    Base / Répertoire Portée Critères d’admission Accès
    DOAJ Open Access, toutes disciplines Peer review, transparence APC, licence ouverte Gratuit
    Scopus Sciences, SHS, arts Comité éditorial international, régularité de parution Payant (BU)
    Scimago (SJR) Indexation Scopus + quartile Q1–Q4 Basé sur Scopus ; affiche le rang de la revue Gratuit
    OpenEdition Journals SHS francophones Comité éditorial vérifié, infrastructure publique française Gratuit
    Cairn.info SHS francophones Partenariat avec éditeurs reconnus (PUF, La Découverte…) Payant (BU)
    Persée Archives SHS françaises Revues académiques françaises patrimoniales numérisées Gratuit

    Pour les disciplines scientifiques et médicales, vérifiez également l’indexation dans PubMed/MEDLINE (sciences de la vie et santé) ou dans les bases disciplinaires propres à votre champ : ERIC pour les sciences de l’éducation, EconLit pour l’économie, PsycINFO pour la psychologie. Une revue absente de toutes ces bases mérite une vérification approfondie avant toute soumission.

    L’outil complémentaire Compass to Publish, développé en 2020 par l’Université de Liège, mesure la fiabilité d’une revue en libre accès à travers 26 critères pondérés. Accessible gratuitement en ligne, il est particulièrement utile pour évaluer des revues en Open Access qui ne sont pas encore indexées dans le DOAJ mais qui semblent sérieuses.

    Où publier son article issu du mémoire en toute sécurité

    Un mémoire de master contient souvent des résultats originaux qui méritent d’être diffusés au-delà du jury de soutenance. Voici les voies les plus adaptées aux étudiants et jeunes chercheurs francophones.

    Étape zéro : déposer sur HAL ou DUMAS

    La première action, gratuite et immédiate, consiste à déposer votre mémoire sur HAL (Hyper Articles en Ligne) ou sur DUMAS (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance). Ce n’est pas une publication dans une revue à comité de lecture, mais cela donne une visibilité pérenne, un lien citable et une date certaine à vos travaux. Consultez notre guide détaillé sur comment publier son mémoire sur HAL et DUMAS pour la procédure complète, étape par étape.

    Revues étudiantes et juniors à comité de lecture

    Plusieurs revues sont spécifiquement ouvertes aux travaux d’étudiants ou de jeunes chercheurs. En sciences humaines et sociales, MIMMOC (Mémoire(s), identité(s), marginalité(s), Université de Poitiers), Regards Étudiants sur l’Europe ou Revue de gestion des ressources humaines acceptent des articles issus de masters. Toutes figurent sur OpenEdition ou Cairn, ce qui garantit leur sérieux.

    Transformer le mémoire en article de revue classique

    Si vos résultats sont suffisamment robustes, votre directeur de mémoire peut vous accompagner pour soumettre un article condensé (généralement 6 000 à 10 000 mots selon la revue cible) à une revue disciplinaire de référence. Commencez par des revues de quartile Q3 ou Q4 sur Scimago, dont les taux d’acceptation sont plus accessibles pour un premier article, puis visez des titres plus sélectifs au fil de votre parcours doctoral.

    OpenEdition Journals pour les SHS

    OpenEdition Journals héberge plus de 552 revues francophones en libre accès dans les domaines des sciences humaines et sociales, sans frais de publication pour les auteurs. C’est la voie naturelle pour les travaux en lettres, histoire, sociologie, anthropologie, sciences de l’information ou sciences de l’éducation.

    Soigner la bibliographie avant toute soumission

    Avant de cibler une revue, assurez-vous que vos références respectent les normes éditoriales attendues. Le guide complet des normes APA 7e édition couvre l’ensemble des cas de figure, des articles de revue aux sources numériques. Pour gérer votre corpus bibliographique sans risque d’erreur ou d’oubli, notre guide Zotero pour le mémoire et la thèse vous accompagne pas à pas.

    Utiliser Tesify pour préparer votre article

    Passer d’un mémoire de 80 pages à un article académique de 7 000 mots impose de reformuler, condenser et restructurer — tout en vérifiant que les passages issus de votre mémoire ne tombent pas dans l’auto-plagiat. Tesify assiste cette transformation : l’outil analyse votre mémoire, propose un plan d’article conforme aux standards des comités éditoriaux et identifie les sections à reformuler pour garantir l’originalité de votre soumission.

    Questions fréquentes

    Une revue en Open Access est-elle forcément prédatrice ?

    Non, absolument pas. La grande majorité des revues prédatrices usurpent le modèle Open Access, mais l’Open Access en lui-même est un mouvement légitime et bénéfique pour la science. Des revues comme PLOS ONE, les revues OpenEdition ou celles indexées dans le DOAJ sont en accès ouvert ET scientifiquement rigoureuses. Le critère déterminant n’est pas le modèle de financement, mais la qualité du processus de révision par les pairs et la transparence de la revue.

    Comment vérifier rapidement si une revue est indexée dans le DOAJ ?

    Rendez-vous sur doaj.org et saisissez le titre exact de la revue ou son ISSN dans la barre de recherche. Si la revue n’apparaît pas, elle n’est pas indexée. Vous pouvez affiner la recherche en filtrant par domaine disciplinaire et en cochant « No article processing charges » pour identifier les revues sans frais de publication.

    Qu’arrive-t-il si j’ai déjà publié dans une revue prédatrice ?

    Une publication dans une revue prédatrice est difficile à retirer. En pratique, il est conseillé de ne pas la mentionner dans votre CV académique et de ne pas la citer dans vos futurs travaux. Certaines universités et comités de sélection vérifient systématiquement l’indexation des publications candidates. Si vous êtes dans cette situation, parlez-en à votre directeur de recherche ou au service de documentation de votre établissement pour évaluer les options disponibles.

    La liste Beall est-elle encore utilisable en 2026 ?

    La liste originale de Jeffrey Beall a été retirée en janvier 2017. Des versions miroirs non officielles continuent à être mises à jour de manière informelle, mais leur fiabilité n’est pas garantie car elles ne sont plus maintenues par leur auteur. En 2026, il est préférable de s’appuyer sur les approches par liste blanche (DOAJ, Scimago) ou sur Cabells Predatory Reports, disponible via les abonnements de nombreuses bibliothèques universitaires.

    Puis-je soumettre mon mémoire directement comme article dans une revue ?

    Non, pas directement : les revues scientifiques n’acceptent pas les mémoires bruts. Vous devrez adapter votre travail au format article (généralement 6 000 à 10 000 mots selon la revue), reformuler l’introduction et la conclusion pour cibler un lectorat de chercheurs, et mettre à jour la revue de littérature. C’est un travail de réécriture significatif dans lequel votre directeur de mémoire peut vous encadrer.

    Mon université peut-elle m’aider à vérifier une revue ?

    Oui, et c’est fortement recommandé. La majorité des services de documentation (SCD) des universités françaises proposent des consultations sur le choix des revues de publication. Certains ont développé leurs propres grilles d’évaluation ou proposent un accès à Cabells Journalytics. N’hésitez pas à contacter le bibliothécaire spécialisé dans votre discipline — souvent appelé « correspondant thématique » dans les établissements.

    Protégez vos travaux : le récapitulatif

    Identifier une revue prédatrice avant toute soumission vous préserve de trois risques majeurs : la perte de vos droits d’auteur, le gaspillage de votre budget de recherche, et l’atteinte à votre réputation académique. La méthode est simple et systématique : vérifiez l’indexation dans le DOAJ ou dans Scimago, appliquez la checklist Think·Check·Submit point par point, et refusez impérativement toute pression temporelle artificielle.

    Avant même de chercher où publier, assurez-vous que votre mémoire est irréprochable sur le fond, la forme et l’originalité. Tesify vous accompagne dans la structuration de vos arguments, la gestion rigoureuse de votre bibliographie et la vérification de l’originalité de votre texte — autant d’atouts indispensables pour soumettre avec confiance à une revue sérieuse et progresser dans votre parcours de chercheur.