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  • Quelle taille d’effet rapporter selon votre test statistique ? (2026)

    Quelle taille d’effet rapporter selon votre test statistique ? (2026)

    « Il faudra ajouter la taille d’effet. » C’est l’une des remarques les plus fréquentes en pré-soutenance, et l’une des plus déroutantes — parce que SPSS n’affiche pas d’indice de taille d’effet pour la moitié des tests, et parce que chaque test a le sien.

    Cet article est un tableau d’orientation : pour chaque test que vous êtes susceptible d’avoir utilisé, quel indice rapporter, où le trouver, comment le calculer quand le logiciel ne le donne pas, et comment l’interpréter.

    Pourquoi la p-value ne suffit pas

    La p-value répond à une seule question : l’effet observé est-il compatible avec le hasard ? Elle ne dit rien de son ampleur. Et elle a une propriété qui la disqualifie comme mesure d’importance : elle dépend directement de la taille de votre échantillon.

    Un écart minuscule et sans intérêt pratique devient significatif si vous interrogez 5 000 personnes. Le même écart, sur 40 personnes, ne le sera pas. La p-value mélange donc deux informations — l’ampleur de l’effet et la taille de l’échantillon — sans permettre de les séparer.

    La taille d’effet isole la première. C’est une mesure standardisée de l’ampleur, indépendante de l’effectif. Elle répond à la question que votre lecteur se pose vraiment : non pas « y a-t-il un effet ? » mais « à quel point ? ». Sur la lecture du seuil de significativité lui-même, voyez notre article sur le seuil de significativité et la p-value dans un mémoire.

    C’est aussi ce qui rend votre travail cumulable : une taille d’effet peut être comparée à celles de la littérature de votre domaine, et c’est la matière première de toute méta-analyse.

    Deux distributions peu recouvrantes et deux distributions très recouvrantes
    La taille d’effet, intuitivement : à quel point les deux groupes se recouvrent-ils ? Le d de Cohen est une mesure directe de cet écart.

    Le tableau d’orientation

    Deux grandes familles. Les indices de différence standardisée (le d de Cohen et ses variantes) expriment un écart en nombre d’écarts-types. Les indices de variance expliquée (η², R²) expriment une proportion de la variation totale. Un même résultat peut souvent se dire dans les deux langues ; choisissez celle qui a cours dans votre discipline.

    Votre test Indice à rapporter Dans SPSS ?
    Test t (deux groupes indépendants) d de Cohen Oui, versions récentes
    Test t apparié d de Cohen (pour échantillons appariés) Oui, versions récentes
    Mann-Whitney r = Z / √N Non — à calculer
    Wilcoxon apparié r = Z / √N Non — à calculer
    ANOVA (tous plans) η² partiel (eta carré partiel) Oui, via Options
    Kruskal-Wallis epsilon carré ou eta carré des rangs Non — à calculer
    Khi-deux d’indépendance V de Cramér (ou phi en tableau 2×2) Oui, via Statistiques
    Corrélation r lui-même est la taille d’effet Oui, c’est le résultat
    Régression linéaire R² ajusté, et β par prédicteur Oui
    Régression logistique Odds ratio (Exp(B)) Oui

    Les seuils d’interprétation, et leur mode d’emploi

    Les repères conventionnels, tous issus des travaux de Cohen :

    Indice Petit Moyen Grand
    d de Cohen 0,20 0,50 0,80
    r (corrélation ou non paramétrique) 0,10 0,30 0,50
    η² partiel 0,01 0,06 0,14
    V de Cramér (ddl = 1) 0,10 0,30 0,50

    Un avertissement qui vaut mieux qu’un tableau. Cohen lui-même présentait ces valeurs comme des repères pour un chercheur dépourvu de tout point de comparaison, et non comme des catégories absolues. Leur usage mécanique est aujourd’hui largement critiqué, pour une raison simple : ce qui compte comme un « grand » effet dépend entièrement du domaine. En psychologie sociale, un d de 0,4 est substantiel ; en pharmacologie, il serait décevant. Un effet de 0,15 sur la réussite scolaire d’une cohorte entière peut avoir plus de portée qu’un effet de 0,8 en laboratoire.

    La bonne pratique en mémoire : citez le repère conventionnel, puis situez votre résultat par rapport à ce que rapporte la littérature de votre domaine. C’est cette deuxième phrase qui vaut des points.

    Notez aussi que le V de Cramér a des seuils qui varient avec le nombre de degrés de liberté du tableau : ceux du tableau ci-dessus valent pour ddl = 1. Pour ddl = 2, les repères descendent à environ 0,07 / 0,21 / 0,35.

    Tableau d'orientation associant chaque test statistique à sa mesure de taille d'effet
    Un test, un indice. La règle est mécanique une fois qu’on la connaît.

    Quand SPSS ne calcule rien : les formules de secours

    Après un Mann-Whitney ou un Wilcoxon

    C’est le cas le plus fréquent, et la remarque de jury la plus fréquente aussi. SPSS ne fournit aucune taille d’effet pour les tests non paramétriques, mais la formule est immédiate :

    r = Z / √N

    Le Z se trouve dans le tableau des statistiques du test (colonne Z). Le N est l’effectif total des deux groupes réunis — pas la taille d’un groupe, c’est l’erreur classique. Pour un Wilcoxon apparié, N est le nombre total d’observations, soit deux fois le nombre de paires.

    Exemple : Z = −2,84 avec 60 participants au total donne r = 2,84 / √60 = 2,84 / 7,75 = 0,37, soit un effet moyen. Le signe de Z ne se reporte pas ; on utilise la valeur absolue.

    À partir d’un test t

    Si votre version de SPSS n’affiche pas le d : d = 2t / √ddl pour deux groupes indépendants d’effectifs proches. Vous pouvez aussi le calculer directement comme la différence des moyennes divisée par l’écart-type combiné, que les statistiques descriptives vous donnent.

    Après un khi-deux

    Le V de Cramér s’obtient sans formule : dans Analyse → Statistiques descriptives → Tableaux croisés, bouton Statistiques, cochez Phi et V de Cramér. Il apparaît dans un tableau Mesures symétriques.

    Après un Kruskal-Wallis

    ε² = H / ((N² − 1) / (N + 1)), où H est la statistique du test et N l’effectif total. Une approximation très répandue et acceptable en mémoire consiste à rapporter η² = (H − k + 1) / (N − k), k étant le nombre de groupes.

    Où l’écrire, et comment

    La taille d’effet se rapporte immédiatement après le test, dans la même parenthèse, jamais dans une section séparée.

    • Test t : « Les étudiants du groupe accompagné obtiennent des scores supérieurs à ceux du groupe témoin, t(78) = 3,42, p < 0,001, d = 0,77 — un effet de taille proche du seuil conventionnel du grand effet. »
    • Mann-Whitney : « La différence est significative, U = 312,5, Z = −2,84, p = 0,004, r = 0,37, ce qui correspond à un effet de taille moyenne. »
    • ANOVA : « L’effet du temps est significatif, F(2, 88) = 14,62, p < 0,001, η²p = 0,25 : le facteur temps rend compte de 25 % de la variance intra-sujets. »
    • Khi-deux : « L’association entre la filière et le recours au tutorat est significative, χ²(3) = 18,74, p < 0,001, V de Cramér = 0,24, soit une association faible à modérée. »
    • Corrélation : « Les deux variables sont modérément corrélées, r(118) = 0,34, p < 0,001 ; le coefficient de détermination indique une variance partagée de 12 %. »

    Trois conventions de forme à respecter en français : la virgule décimale (d = 0,77 et non 0.77), l’italique pour les symboles statistiques latins (t, d, r, p, F) mais pas pour les lettres grecques (η, χ), et l’usage de deux décimales sauf pour les p très petits, qu’on écrit p < 0,001.

    L’erreur à ne pas commettre

    Elle consiste à traiter la taille d’effet comme une décoration : la calculer, la coller entre parenthèses, et ne plus jamais en parler. Or c’est elle qui doit structurer votre discussion.

    Un d de 0,15 significatif sur 800 participants et un d de 0,72 non significatif sur 22 participants sont deux résultats radicalement différents, et aucun des deux ne se résume par « significatif » ou « non significatif ». Le premier est un effet réel mais probablement sans portée pratique. Le second est un effet possiblement important que votre étude n’avait pas la puissance de détecter — un cas où la taille d’effet ne vous sauve pas seulement, elle vous fournit l’argument central de votre section limites, et le paramètre d’entrée d’un calcul de puissance pour une recherche future. Notre article sur le calcul de taille d’échantillon avec G*Power montre comment cette boucle se referme : la taille d’effet attendue est justement ce qu’on entre au départ.

    Et pensez à l’intervalle de confiance : rapporté autour de la taille d’effet, il indique la précision de votre estimation et permet de voir immédiatement si un effet nul reste plausible.

    Rédiger vos résultats sans laisser passer ces oublis

    Le vrai risque, en fin de mémoire, n’est pas de mal calculer un indice : c’est d’en oublier un sur cinq tests, d’écrire un point décimal ici et une virgule là, et de ne pas relier la taille d’effet à la discussion.

    Tesify vous aide à tenir cette cohérence : structurer le chapitre résultats, uniformiser la présentation de chaque test, et articuler ampleur des effets et interprétation d’un chapitre à l’autre. Vos analyses restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre chapitre résultats avec Tesify

    Questions fréquentes

    La taille d’effet est-elle obligatoire dans un mémoire ?

    Aucun règlement d’université ne l’impose, mais les normes de rédaction scientifique dominantes — l’APA en tête — la considèrent comme attendue, et la quasi-totalité des revues l’exigent. Un jury qui maîtrise la méthode la demandera. Le coût est faible, l’omission se remarque : rapportez-la pour chaque test inférentiel que vous commentez.

    Mon effet est significatif mais la taille d’effet est petite : que dire ?

    Dites-le exactement ainsi : l’effet existe, son ampleur est modeste. C’est la situation typique d’un grand échantillon. Loin d’affaiblir votre mémoire, cette lucidité le renforce — à condition que votre discussion porte alors sur la portée pratique du résultat plutôt que sur sa seule existence statistique.

    Peut-on rapporter une taille d’effet quand le test n’est pas significatif ?

    Oui, et c’est vivement recommandé. Une taille d’effet moyenne assortie d’un test non significatif suggère un manque de puissance plutôt qu’une absence d’effet. C’est une information précieuse pour votre section limites et pour toute recherche ultérieure, et elle transforme un « résultat négatif » en contribution utile.

    Faut-il utiliser eta carré ou eta carré partiel ?

    SPSS affiche l’eta carré partiel : nommez-le explicitement comme tel (η²p), car les deux indices ne coïncident qu’en présence d’un seul facteur. Attention à un piège fréquent dans les plans à plusieurs facteurs : les eta carrés partiels ne s’additionnent pas à 100 %, chacun étant calculé en écartant la variance attribuée aux autres facteurs. Notre guide de l’ANOVA factorielle revient sur cette lecture.

    Le d de Cohen peut-il dépasser 1 ?

    Oui, sans aucun problème. Le d n’est pas borné : il exprime un écart en nombre d’écarts-types, et un d de 1,4 signifie simplement que les moyennes des deux groupes sont distantes de 1,4 écart-type. Les valeurs très élevées doivent néanmoins vous faire vérifier deux choses : la présence de valeurs extrêmes, et le fait que vous n’avez pas comparé deux groupes constitués justement sur la base de la variable mesurée.

    Quelle taille d’effet pour un test t apparié ?

    Le d de Cohen reste l’indice, mais son calcul diffère : il repose sur la moyenne et l’écart-type des différences, pas sur l’écart-type combiné des deux mesures. Précisez toujours dans le mémoire quelle version vous rapportez, car les deux peuvent différer sensiblement selon la corrélation entre vos mesures. Le guide du test t et de Mann-Whitney détaille le cas des groupes indépendants.

  • Régression logistique binaire dans un mémoire SPSS : interprétation odds ratio et modèle 2026

    Régression logistique binaire dans un mémoire SPSS : interprétation odds ratio et modèle 2026

    Régression logistique binaire dans un mémoire SPSS : interprétation odds ratio et modèle 2026

    Votre variable dépendante est binaire — réussite/échec, adopté/rejeté, présent/absent — et vous souhaitez identifier quels facteurs permettent de prédire cette issue ? La régression logistique binaire avec SPSS est le modèle statistique de référence pour cette situation, bien plus robuste qu’une régression linéaire appliquée à une variable dichotomique. Utilisée en épidémiologie, en sciences sociales, en gestion et en psychologie, elle est pourtant souvent mal interprétée dans les mémoires de master, notamment pour l’odds ratio et les indices d’ajustement du modèle.

    Ce guide couvre l’ensemble du pipeline : vérification des conditions, procédure SPSS, lecture de chaque tableau de sortie, interprétation précise de l’Exp(B), et rédaction des résultats selon les normes APA 7.

    Réponse rapide
    La régression logistique binaire modélise la probabilité qu’un événement binaire se produise. Dans SPSS : Analyze → Regression → Binary Logistic. La colonne Exp(B) donne les odds ratios : OR > 1 signifie un facteur de risque, OR < 1 un facteur protecteur. La qualité du modèle s’évalue avec le R² de Nagelkerke (> 0,20 acceptable) et le test de Hosmer-Lemeshow (p > 0,05 souhaitable).

    Fondements de la régression logistique binaire

    La régression logistique appartient à la famille des modèles linéaires généralisés (GLM). Elle n’ajuste pas une droite sur les données brutes, mais modélise le logit — le logarithme du rapport des cotes — en fonction d’un ensemble de prédicteurs :

    logit(p) = log(p / 1−p) = β₀ + β₁X₁ + β₂X₂ + … + βₖXₖ

    Cette transformation logit (ou lien logistique) contraint les probabilités prédites entre 0 et 1, ce qu’une régression linéaire ordinaire ne peut garantir. Le modèle produit pour chaque prédicteur un coefficient β dont l’exponentielle donne directement l’odds ratio.

    Logit, odds et probabilité : triangle fondamental

    • Probabilité (p) : proportion attendue de l’événement dans un groupe donné
    • Odds (cote) : p / (1 − p) — rapport entre la probabilité que l’événement se produise et celle qu’il ne se produise pas
    • Log odds (logit) : log naturel de l’odds — la variable que le modèle linéarise
    • Odds ratio (OR) : rapport de deux odds — mesure d’association entre un prédicteur et l’issue binaire

    Quand l’utiliser dans un mémoire ?

    La régression logistique binaire s’impose dans les situations suivantes :

    • Variable dépendante dichotomique (oui/non, succès/échec, malade/sain, 0/1)
    • Prédicteurs continus, catégoriels ou mixtes
    • Objectif de prédiction ou d’identification de facteurs associés
    • Contrôle de variables confondantes dans une analyse multivariée

    Exemples dans différentes disciplines

    Discipline Variable dépendante Prédicteurs typiques
    Santé publique Diabète (oui/non) IMC, âge, sédentarité
    Sciences de l’éducation Réussite à l’examen Heures de travail, méthode pédagogique
    Marketing / Gestion Intention d’achat (oui/non) Prix, satisfaction, fidélité
    Criminologie Récidive (oui/non) Âge, type de délit, suivi judiciaire

    Conditions d’application

    Contrairement à la régression linéaire, la régression logistique ne requiert pas la normalité ni l’homoscédasticité des résidus. Ses conditions sont :

    1. Variable dépendante binaire

    La variable Y doit avoir exactement deux modalités codées 0 et 1. SPSS prend la plus petite valeur comme événement de référence (code 0) et modélise la probabilité de la valeur la plus grande (code 1). Vérifiez toujours quel événement est modélisé — cela change l’interprétation des OR.

    2. Taille d’échantillon suffisante

    La règle empirique la plus répandue est de disposer d’au moins 10 à 20 événements par prédicteur (EPV — Events Per Variable). Si votre variable dépendante présente 40 cas « événement = 1 », ne dépassez pas 4 prédicteurs dans le modèle pour éviter le sur-ajustement.

    3. Absence de multicolinéarité sévère

    Vérifiez la matrice de corrélations entre prédicteurs continus. Des corrélations supérieures à r = 0,80 signalent une multicolinéarité problématique. Sous SPSS, activez l’option Collinearity diagnostics dans la procédure de régression linéaire (à titre indicatif, car l’output de régression logistique SPSS ne produit pas directement les VIF).

    4. Linéarité du logit pour les prédicteurs continus

    Testez la relation entre chaque prédicteur continu et le logit de Y via le test de Box-Tidwell : créez un terme d’interaction entre chaque prédicteur et son log naturel. Si ce terme est significatif, la relation n’est pas linéaire dans le logit — une transformation (log, racine carrée) peut être nécessaire.

    5. Indépendance des observations

    Chaque individu ne doit apparaître qu’une fois dans les données. Les données longitudinales ou groupées nécessitent des extensions (régression logistique à effets mixtes ou conditionnelle).

    Procédure SPSS pas à pas

    Vidéo : SPSS : La régression logistique binaire — Bibliothèque Paul-Émile-Boulet (UQAC)

    1. Analyze → Regression → Binary Logistic
    2. Glissez votre variable dichotomique dans Dependent
    3. Glissez vos prédicteurs dans Covariates
    4. Pour les prédicteurs catégoriels : cliquez sur Categorical et définissez la modalité de référence
    5. Choisissez la méthode : Enter (toutes variables forcées, recommandé pour tests d’hypothèses) ou Forward LR / Backward LR (sélection pas-à-pas, exploratoire)
    6. Cliquez sur Options : cochez Hosmer-Lemeshow goodness-of-fit, Classification plots, CI for exp(B)
    7. Cliquez sur Save : sauvegardez les probabilités prédites et les résidus standardisés pour vérifier les cas aberrants
    8. Cliquez OK

    Lire et interpréter les tableaux de sortie

    Block 0 vs Block 1

    SPSS présente deux blocs. Block 0 (modèle nul) classe tous les individus dans la catégorie majoritaire — c’est le point de départ. Block 1 contient votre modèle avec les prédicteurs. Comparez les taux de classification pour mesurer le gain apporté par vos variables.

    Omnibus Tests of Model Coefficients

    Ce tableau présente un test du Chi² global. Un résultat significatif (p < 0,05) indique que le modèle avec prédicteurs est significativement meilleur que le modèle nul — condition minimale pour poursuivre l’interprétation.

    Model Summary

    Trois indices sont présentés : −2 Log likelihood (à minimiser), le R² de Cox & Snell et le R² de Nagelkerke. Ce dernier est le pseudo-R² de référence dans les mémoires, car sa valeur maximale est 1. Un R² de Nagelkerke entre 0,20 et 0,40 est considéré comme modéré à acceptable en sciences humaines.

    Hosmer and Lemeshow Test

    Ce test évalue l’adéquation globale du modèle (goodness-of-fit). Si p > 0,05, le modèle ne dévie pas significativement des données observées — c’est un signal favorable. Attention : un p > 0,05 ne prouve pas que le modèle est excellent, seulement qu’il n’est pas clairement inadéquat.

    Variables in the Equation

    C’est le tableau principal des résultats. Il contient :

    • B : coefficient de régression logistique (log odds)
    • S.E. : erreur standard de B
    • Wald : test de Wald (B/SE)² — analogue du test t en régression linéaire
    • Sig. : p-value associée au test de Wald
    • Exp(B) : l’odds ratio
    • IC 95% pour Exp(B) : intervalle de confiance — si cet IC ne contient pas 1, l’OR est significatif

    Interpréter l’odds ratio (Exp(B))

    L’odds ratio est l’indicateur central de la régression logistique. Son interprétation diffère selon le type de prédicteur :

    Prédicteur continu

    OR = 1,45 pour le prédicteur « âge » signifie : pour chaque augmentation d’un an, les chances que l’événement se produise sont multipliées par 1,45 (augmentation de 45%), toutes autres variables maintenues constantes.

    Prédicteur dichotomique

    OR = 2,30 pour le prédicteur « sexe masculin (ref: féminin) » signifie : les hommes ont des chances 2,30 fois plus élevées que les femmes de vivre l’événement.

    Tableau de référence pour l’interprétation

    Valeur de l’OR Interprétation Direction
    OR = 1,00 Aucune association Neutre
    OR > 1 Facteur de risque / association positive Augmente la probabilité de l’événement
    OR < 1 Facteur protecteur / association négative Diminue la probabilité de l’événement
    IC 95% contenant 1 Résultat non significatif p > 0,05
    Mise en garde importante : L’OR n’est pas un risque relatif. Il ne peut être interprété comme tel que lorsque la fréquence de l’événement est rare (< 10%). Pour des événements fréquents, l’OR surestime la force de l’association. Dans ce cas, préférez la régression de Poisson modifiée (Zou, 2004) ou la méthode de Zhang & Yu (1998) pour estimer directement le risque relatif.

    Évaluer l’ajustement du modèle

    Plusieurs indicateurs complémentaires permettent d’évaluer la qualité du modèle :

    Tableau de classification

    SPSS présente le nombre d’individus correctement classés par le modèle (seuil par défaut : 0,50). La sensibilité mesure la proportion de vrais positifs correctement identifiés ; la spécificité mesure la proportion de vrais négatifs. Pour un mémoire, rapportez les deux plutôt que le seul taux de classification global, qui peut être trompeur avec des classes déséquilibrées.

    Résidus et observations influentes

    Examinez les résidus standardisés de Pearson et les statistiques de Cook. Des valeurs > 3 en valeur absolue pour les résidus signalent des observations atypiques à analyser. Ces diagnostics sont disponibles via les variables sauvegardées lors de l’étape Save.

    Analyse univariée puis multivariée

    La démarche standard en sciences de la santé et en épidémiologie — de plus en plus adoptée en sciences sociales — procède en deux étapes :

    1. Analyse univariée : tester chaque prédicteur individuellement. Les variables avec p < 0,20 ou ayant une justification théorique sont retenues pour le modèle multivarié.
    2. Analyse multivariée : intégrer simultanément toutes les variables retenues. Les OR ajustés (aOR) contrôlent l’effet des autres prédicteurs.

    Cette démarche permet de repérer les variables confondantes : un prédicteur dont l’OR change de plus de 10% entre l’analyse univariée et multivariée est un confondeur potentiel que vous devez discuter dans votre mémoire.

    Rédiger les résultats en APA 7

    Une régression logistique binaire a été réalisée pour prédire la probabilité de réussite académique à partir de trois prédicteurs : heures de travail hebdomadaires, méthode pédagogique (cours magistral vs. classe inversée) et satisfaction envers l’enseignant. Le modèle global était significatif (χ²(3) = 27,8, p < .001). Le R² de Nagelkerke indiquait que le modèle expliquait 31% de la variance de l’issue (R²N = .31). Le test d’Hosmer-Lemeshow confirmait l’adéquation du modèle (χ²(8) = 6,43, p = .600). Le nombre d’heures de travail hebdomadaires était un prédicteur significatif (OR = 1,23, IC 95% [1,09 ; 1,38], p = .001), indiquant que chaque heure supplémentaire hebdomadaire multipliait les chances de réussite par 1,23.

    Pour enrichir votre cadre méthodologique, consultez notre article sur l’ANOVA factorielle, l’ACP avec SPSS et notre guide général de la méthodologie de recherche.

    Limites et alternatives

    • Régression logistique ordinale : si Y a plus de deux modalités ordonnées (faible/moyen/élevé)
    • Régression logistique multinomiale : si Y a plus de deux modalités non ordonnées
    • Régression de Cox : si le temps jusqu’à l’événement est une information pertinente (données de survie)
    • Régression logistique à effets mixtes : si les données sont groupées (élèves dans des classes, patients dans des hôpitaux)
    Accélérez votre rédaction avec Tesify : La structuration de la section résultats d’une régression logistique — avec les tableaux au format APA, les interprétations des OR et les tests d’ajustement — est précisément ce que Tesify vous aide à formaliser efficacement.

    Questions fréquentes

    Quelle est la différence entre régression logistique et régression linéaire ?

    La régression linéaire modélise une variable dépendante continue et suppose des résidus normalement distribués. La régression logistique modélise une variable dépendante binaire via une transformation logit et ne requiert pas ces conditions. Appliquer une régression linéaire à une variable 0/1 produit des probabilités prédites pouvant dépasser 0 ou 1 — une absurdité mathématique que la régression logistique évite structurellement.

    Mon R² de Nagelkerke est de 0,12 : mon modèle est-il mauvais ?

    Pas nécessairement. Les pseudo-R² en régression logistique sont systématiquement plus faibles qu’en régression linéaire. En sciences humaines et sociales, un R²N de 0,10 à 0,20 est fréquemment observé pour des phénomènes complexes. Évaluez la qualité du modèle via le test de Hosmer-Lemeshow, la sensibilité/spécificité et la significativité globale du Chi² — pas uniquement via le pseudo-R².

    Puis-je utiliser des variables ordinales comme prédicteurs ?

    Oui. Vous avez deux options : traiter la variable ordinale comme continue (si vous supposez une relation linéaire avec le logit) ou la déclarer comme catégorielle dans SPSS en cliquant sur le bouton Categorical (ce qui crée des variables indicatrices pour chaque modalité). La seconde approche est plus flexible mais consomme davantage de degrés de liberté.

    Comment choisir entre méthode Enter et méthode Forward/Backward ?

    Utilisez la méthode Enter (toutes les variables forcées) lorsque votre modèle est théoriquement justifié — c’est la norme pour les mémoires fondés sur des hypothèses a priori. Les méthodes pas-à-pas (Forward/Backward) sont exploratoires et non recommandées pour des tests d’hypothèses confirmatoires, car elles augmentent le risque d’erreur de type I et génèrent des modèles difficiles à répliquer.

    Faut-il normaliser les prédicteurs continus avant la régression logistique ?

    La normalisation n’est pas obligatoire pour la régression logistique (contrairement à certains algorithmes d’apprentissage automatique). Elle peut néanmoins faciliter la comparaison des coefficients β entre prédicteurs d’unités différentes. La centration-réduction (moyenne = 0, ET = 1) est courante dans les mémoires qui cherchent à comparer l’importance relative des prédicteurs.

    L’OR de 0,62 signifie-t-il une réduction de 38% ou de 62% ?

    Un OR de 0,62 signifie que les chances de l’événement sont multipliées par 0,62, soit une réduction de 38% (1 − 0,62 = 0,38). L’erreur fréquente consiste à dire « réduction de 62% », ce qui correspondrait à un OR de 0,38. Formulez toujours l’OR < 1 en termes de réduction : « les chances diminuent de 38% ».