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  • Les ULIS en 2026 : 10 226 établissements, et pourquoi ce chiffre n’est pas un nombre d’élèves

    Les ULIS en 2026 : 10 226 établissements, et pourquoi ce chiffre n’est pas un nombre d’élèves

    10 226 établissements scolaires sont référencés comme accueillant une ULIS dans l’annuaire de l’éducation, dont 9 158 publics et 1 068 privés. Ce nombre compte des établissements, pas des élèves — et pas non plus des dispositifs. C’est la première chose à préciser si vous citez ce chiffre dans un mémoire ou un dossier.

    Les unités localisées pour l’inclusion scolaire sont les dispositifs de scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier et le second degrés. Elles reviennent constamment dans les écrits professionnels et universitaires portant sur l’école inclusive — et la statistique qu’on y trouve est souvent mal qualifiée.

    Le chiffre, et ce qu’il mesure exactement

    La source est le jeu de données « Les ULIS » publié en open data par le ministère de l’Éducation nationale, construit à partir de l’annuaire de l’éducation. Il recense 10 226 établissements portant l’indicateur ULIS, état de la base au 30 mars 2026.

    Trois précautions s’imposent avant de reprendre ce nombre.

    • Ce sont des établissements, pas des élèves. Le jeu de données ne contient aucun effectif. Il ne permet donc pas de dire combien d’élèves sont scolarisés en ULIS.
    • Ce sont des établissements, pas nécessairement des dispositifs. L’indicateur est binaire : un établissement est signalé comme accueillant une ULIS ou non. Un établissement qui en accueillerait plusieurs compte pour un.
    • Il n’y a pas d’année scolaire de référence dans le jeu de données. C’est un annuaire, mis à jour en continu, et non une série statistique arrêtée à une rentrée. La date qu’on peut citer honnêtement est celle de l’état de la base, pas une rentrée.

    Cette dernière distinction est celle qui pose le plus de problèmes en rédaction : un annuaire et une enquête statistique ne répondent pas à la même question, et une note de bas de page qui présente un annuaire comme un recensement de rentrée est une erreur d’instrument, pas une approximation.

    Cour d'école vide bordée de bâtiments scolaires
    L’unité comptée est l’établissement, pas le dispositif ni l’élève.

    La répartition public / privé

    Statut Établissements Part (calculée)
    Public 9 158 89,6 %
    Privé 1 068 10,4 %
    Total 10 226 100 %

    Les deux composantes s’additionnent exactement au total publié : 9 158 + 1 068 = 10 226. Les parts en pourcentage sont, elles, des valeurs que nous avons calculées à partir de ces effectifs, et non des chiffres publiés comme tels.

    La répartition par type d’établissement

    Type Établissements Part (calculée)
    École 5 247 51,3 %
    Collège 4 107 40,2 %
    Lycée 840 8,2 %
    EREA 32 0,3 %
    Total 10 226 100 %

    Ici encore l’addition tombe juste : 5 247 + 4 107 + 840 + 32 = 10 226.

    Ces deux ventilations sont la meilleure garantie que l’on puisse obtenir à peu de frais. Deux découpages indépendants — l’un par statut, l’autre par type — qui retombent l’un et l’autre exactement sur le même total ne prouvent pas seulement que les chiffres vont deux à deux : ils prouvent qu’aucune catégorie ne manque à l’appel. Une vérification ligne à ligne ne peut pas établir cela.

    Ce que la structure révèle

    La moitié des établissements concernés sont des écoles, et l’ensemble école + collège représente 9 354 établissements sur 10 226. La présence se réduit nettement au lycée : 840 établissements, soit 8,2 % du total selon notre calcul.

    Cette décroissance par niveau est le fait saillant du jeu de données, et c’est aussi le point sur lequel il faut être prudent : l’annuaire dit où le dispositif existe, pas combien d’élèves y sont scolarisés ni pourquoi la présence diminue. Attribuer cette décroissance à une cause — orientation, sorties du système, transferts vers d’autres dispositifs — demanderait une autre source. Le jeu de données n’en fournit aucune, et nous n’en avançons donc aucune.

    Petite salle de classe avec quelques tables disposées en îlot et du matériel pédagogique adapté
    Un annuaire indique où un dispositif existe, pas combien d’élèves y sont accueillis.

    Comment citer ce chiffre correctement

    Si vous reprenez ces données dans un écrit, la formulation défendable ressemble à ceci :

    « Selon le jeu de données Les ULIS publié en open data par le ministère de l’Éducation nationale à partir de l’annuaire de l’éducation, 10 226 établissements sont référencés comme accueillant une ULIS (état de la base au 30 mars 2026), dont 89,6 % d’établissements publics — part calculée à partir des effectifs publiés. »

    Trois éléments y sont explicites : la source, ce que compte l’unité, et le fait que le pourcentage est dérivé. C’est ce qui distingue une donnée citable d’un chiffre repris de seconde main. La même exigence vaut pour toute statistique reprise dans un travail universitaire — nos guides de méthodologie du mémoire de MEEF et du mémoire de sciences de l’éducation détaillent la manière d’adosser un argument à une source de ce type.

    Si vous préparez le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive, ces chiffres relèvent typiquement des « éléments de connaissance de l’environnement » que la circulaire attend dans le dossier — notre guide du dossier de l’épreuve 2 du CAPPEI précise ce que la commission évalue dans ce choix documentaire. La coordination d’une ULIS est d’ailleurs l’un des modules de professionnalisation du certificat.

    Les limites à connaître avant de s’appuyer dessus

    L’annuaire de l’éducation est un référentiel administratif d’établissements. Il est excellent pour répondre à « où ce dispositif existe-t-il ? » et inadapté pour répondre à « combien d’élèves, et avec quels moyens ? ». Pour ces dernières questions, il faut une enquête statistique, pas un annuaire.

    Deux conséquences pratiques. D’abord, ne construisez pas de ratio entre ce nombre et un effectif d’élèves tiré d’une autre source : les deux instruments ne mesurent pas la même population et ne sont pas arrêtés à la même date. Ensuite, si votre écrit a besoin d’une évolution dans le temps, ce jeu de données ne la fournit pas — il donne un état, pas une série.

    Ce que Tesify ne fait pas

    • Tesify ne produit pas de statistiques. Les chiffres cités ici viennent d’un jeu de données public, et c’est à vous de vérifier l’état de la base au moment où vous écrivez : un annuaire bouge.
    • Tesify ne promet pas de « passer » un détecteur. La promesse est vide, et sur un écrit adossé à des données, ce qui se voit n’est pas l’outil employé mais une source mal qualifiée.
    • Tesify ne choisit pas votre argument à votre place. Un chiffre ne devient une démonstration que rapporté à une question que vous posez.

    Ce que l’outil fait utilement sur ce type de matériau : tenir la cohérence entre ce qu’une source mesure et ce que votre phrase lui fait dire, garder trace de la source et de sa date à chaque reprise du chiffre, et signaler les valeurs que vous avez calculées vous-même plutôt que relevées. Le texte produit est un brouillon à réécrire avec vos mots.

    Adossez votre mémoire à des sources correctement qualifiées avec Tesify.

    FAQ — Les chiffres des ULIS

    Combien y a-t-il d’ULIS en France ?

    Le jeu de données public du ministère référence 10 226 établissements accueillant une ULIS, état de la base au 30 mars 2026. Ce nombre compte des établissements et non des dispositifs : un établissement accueillant plusieurs ULIS n’est compté qu’une fois.

    Combien d’élèves sont scolarisés en ULIS ?

    Ce jeu de données ne permet pas de le dire : il ne contient aucun effectif d’élèves. Répondre à cette question demande une enquête statistique, pas l’annuaire des établissements.

    Quelle est la répartition entre public et privé ?

    9 158 établissements publics et 1 068 établissements privés, soit un total de 10 226. Cela représente environ 89,6 % de public et 10,4 % de privé, parts calculées à partir des effectifs publiés.

    Comment les ULIS se répartissent-elles par niveau ?

    5 247 écoles, 4 107 collèges, 840 lycées et 32 EREA, pour un total de 10 226 établissements. La présence diminue nettement au lycée, mais le jeu de données ne fournit aucune explication de cette décroissance.

    À quelle année scolaire ces chiffres correspondent-ils ?

    À aucune en particulier. Le jeu de données est construit sur l’annuaire de l’éducation, mis à jour en continu ; la seule date citable est celle de l’état de la base, ici le 30 mars 2026, et non une rentrée scolaire.

    Peut-on citer ces chiffres dans un mémoire ?

    Oui, à condition de préciser la source, de dire que l’unité comptée est l’établissement et d’indiquer la date de l’état de la base. Signalez également comme calculée toute part en pourcentage que vous dérivez vous-même des effectifs.

    Qu’est-ce qu’une ULIS ?

    Une unité localisée pour l’inclusion scolaire : un dispositif de scolarisation des élèves en situation de handicap dans le premier et le second degrés, implanté au sein d’un établissement ordinaire.

  • Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    Étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur France 2025 : 63 817 inscrits, aménagements et disparités

    À la rentrée 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, représentant 2,2 % de la population étudiante totale. Ce chiffre, publié par le MESR dans l’édition 2024 de l’État de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en France, marque une progression de 8,4 % en un an — soit environ 5 000 étudiants supplémentaires — et une multiplication par 8,5 depuis 2003. Derrière ces données agrégées se cachent des réalités très contrastées : types de troubles, filières choisies, taux d’aménagement aux examens, et disparités de genre dessinent un tableau plus complexe que le seul comptage total.

    Réponse rapide
    En 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap sont inscrits dans l’enseignement supérieur français (2,2 % du total). 83,6 % bénéficient d’au moins un aménagement aux examens — dont 82,7 % du tiers-temps. La population a été multipliée par 8,5 depuis 2003 et par 1,9 depuis 2018. Les troubles des fonctions du langage et de la parole constituent le type de handicap le plus fréquent (24,4 %).

    Chiffres clés 2023-2024 en un coup d’œil

    Les données du MESR permettent une lecture transversale de la situation des ESH à la rentrée 2023-2024. Voici les indicateurs principaux :

    Indicateur Valeur
    ESH inscrits (total) 63 817
    Part dans la population étudiante 2,2 %
    Croissance annuelle (vs 2022-2023) +8,4 %
    Croissance depuis 2018 ×1,9
    Croissance depuis 2003 ×8,5
    ESH en université (sur total ESH) 54 081 (84,7 %)
    ESH bénéficiant d’aménagements 83,6 %
    Femmes parmi les ESH 59,1 %

    L’enseignement supérieur privé accueille 4 783 ESH (7,5 % du total), les CPGE et STS publiques 2 745 (4,3 %), et les autres établissements publics 2 208 (3,5 %). Les universités demeurent de loin le premier lieu d’accueil, avec une croissance annuelle moyenne de 12,1 % sur cinq ans dans ce secteur.

    Pour replacer cette donnée dans son contexte budgétaire, voir notre analyse sur les frais d’inscription à l’université française 2026-2027, qui détaille aussi les exonérations dont peuvent bénéficier certains publics prioritaires.

    Évolution historique : ×8,5 en vingt ans

    La progression des effectifs ESH dans l’enseignement supérieur reflète à la fois un meilleur repérage des troubles, une évolution des mentalités et une politique publique délibérément inclusive. En 2003, le comptage était encore minimal ; la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées a constitué le premier tournant structurant, en obligeant chaque établissement à nommer un référent handicap et à mettre en place des aménagements.

    Source : EESR n°18 — Les étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur, MESR-SIES

    La croissance s’est nettement accélérée depuis 2018, année de lancement du premier plan national pour l’université inclusive. Entre 2018 et 2024, la population ESH a quasiment doublé (×1,9), soit une vitesse de progression bien supérieure à celle de la décennie précédente. Cette accélération tient notamment à la montée en puissance des diagnostics de troubles cognitifs et psychologiques, longtemps sous-détectés chez les jeunes adultes.

    Entre 2021-2022 et 2022-2023, la croissance annuelle avait atteint 15,7 %, un pic lié en partie aux rattrapage post-Covid des démarches administratives de reconnaissance du handicap. Le rythme s’est légèrement tassé à +8,4 % pour 2023-2024, mais reste structurellement bien supérieur à la croissance générale des effectifs étudiants.

    Répartition par type de handicap

    La nomenclature officielle du MESR distingue plusieurs catégories de troubles. Les données 2023-2024 révèlent une transformation profonde du profil diagnostique des ESH par rapport à 2018, avec un glissement marqué des handicaps moteurs vers les handicaps dits « invisibles ».

    Type de trouble Part 2023-2024 Évolution depuis 2018
    Troubles du langage et de la parole 24,4 %
    Troubles des fonctions cognitives En hausse +4,7 points
    Troubles des fonctions psychiques En hausse +3,0 points
    Troubles des fonctions motrices En baisse relative −3,7 points

    Ce glissement vers les troubles cognitifs et psychiques — qui regroupent notamment les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie), les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre autistique (TSA) ainsi que les troubles anxieux sévères — traduit deux phénomènes convergents : une meilleure détection diagnostique chez les adolescents, et un moindre tri à l’entrée des formations supérieures pour ces profils. Le déclin relatif des troubles moteurs ne signifie pas une régression de l’accessibilité physique, mais une recomposition du profil global des ESH.

    Cette évolution a des conséquences directes sur les dispositifs d’accompagnement à mettre en place : les aménagements pédagogiques liés aux troubles cognitifs (temps supplémentaire, secrétaire de composition, documents adaptés) sont structurellement différents des aménagements d’accessibilité physique qui prévalaient dans le profil ESH des années 2000.

    Filières et niveaux d’études

    La répartition des ESH par filière et par cycle révèle des phénomènes de concentration et de sous-représentation qui méritent attention.

    Répartition par grande filière (universités)

    Filière Part des ESH
    Lettres, langues et sciences humaines 36,0 %
    Sciences et sciences de l’ingénieur 29,5 %
    Droit, économie, gestion 21,6 %

    La surreprésentation en lettres et sciences humaines s’explique partiellement par la composition diagnostique : les troubles du langage et les troubles dys sont davantage détectés dans les cursus littéraires, tandis que les troubles moteurs et les maladies chroniques invisibles se retrouvent dans toutes les filières. La progression en formations d’ingénieurs est notable (+2,73 points depuis 2018), signe d’une inclusivité croissante dans les grandes écoles et IAE.

    Répartition par cycle

    Les ESH sont surreprésentés en licence par rapport à la population étudiante générale : 77,1 % des ESH sont en licence, contre 60 % pour l’ensemble des étudiants. La part en master est de 22,1 %, en progression de 3,2 points depuis 2018 (contre 18,9 % en 2018), signe d’une meilleure continuité de parcours. La représentation en doctorat demeure marginale.

    Cette concentration en licence reflète en partie le fait qu’une proportion significative d’ESH demande une reconnaissance du handicap lors de leur entrée dans l’enseignement supérieur, avant même de s’être projetée vers le master. La hausse du taux en master est un indicateur de progrès : les étudiants handicapés abandonnent moins souvent en cours de licence et accèdent davantage aux études longues.

    Sur les inégalités de parcours plus larges, notre dossier sur le Parcoursup 2025 en chiffres détaille comment la sélectivité des filières affecte différemment les différents profils d’étudiants.

    Genre : une majorité féminine

    Les ESH sont majoritairement des femmes : 59,1 % contre 40,9 % d’hommes. Cette répartition est légèrement plus féminine que celle de la population étudiante globale, dans laquelle les femmes représentent environ 57 % des effectifs. Des disparités marquées apparaissent par filière :

    • En lettres, langues et sciences humaines : 71,1 % de femmes parmi les ESH
    • En sciences et sciences de l’ingénieur : 44,5 % de femmes parmi les ESH
    • En BTS production : seulement 14,4 % de femmes parmi les ESH

    La surreprésentation féminine dans les ESH en SHS s’explique en partie par les dynamiques de diagnostic : les troubles dys et les troubles anxieux sont davantage détectés chez les jeunes femmes, et les filières littéraires restent majoritairement féminines dans l’enseignement supérieur français. En BTS de production industrielle, la faible part des femmes ESH reflète simplement la structure de genre de ces formations.

    Ces données de genre s’inscrivent dans un contexte plus large de disparités d’insertion professionnelle selon les filières, qui concernent aussi bien les docteurs non-handicapés que l’ensemble des diplômés.

    Aménagements aux examens : tiers-temps et au-delà

    L’aménagement le plus visible et le plus connu reste le tiers-temps — soit 33 % de temps supplémentaire accordé pour les épreuves écrites. C’est de loin la mesure la plus répandue, mais le paysage des aménagements est bien plus large.

    Taux d’aménagement global

    83,6 % des ESH inscrits bénéficient d’au moins un aménagement pour les examens. Les 16,4 % restants n’ont pas demandé ou pas obtenu d’aménagement : cela peut tenir à un handicap dont les effets ne nécessitent pas d’adaptation aux conditions d’examen (certaines maladies chroniques), à une démarche non engagée auprès du service handicap, ou à un aménagement pédagogique de nature différente (cours adaptés, dispenses d’assiduité).

    En moyenne, chaque étudiant bénéficiaire reçoit 2 aménagements distincts, ce qui témoigne de la personnalisation croissante des plans d’accompagnement.

    Types d’aménagements les plus fréquents

    Type d’aménagement Part parmi les ESH aménagés
    Temps majoré (dont tiers-temps) 82,7 %
    Salle isolée ou salle à effectif réduit 22,2 %

    Au-delà de ces deux mesures les plus fréquentes, les plans d’accompagnement peuvent prévoir : un secrétaire de composition (aide à l’écriture), des documents adaptés (agrandissement, contraste, version numérique), l’utilisation d’un ordinateur avec logiciel de compensation, des pauses régulières, ou encore une dérogation à l’obligation de présence aux TD pour les étudiants souffrant de maladies chroniques.

    Le budget étudiant global est également affecté par le handicap : certains équipements de compensation (logiciels de lecture d’écran, fauteuils adaptés, aides à la prise de notes) représentent un surcoût non négligeable. Notre analyse du budget mensuel d’un étudiant en master France 2025 détaille ces postes de dépense, qui peuvent être partiellement couverts par des aides spécifiques.

    Politique publique : l’université inclusive

    Le cadre légal et institutionnel de l’accueil des ESH repose sur plusieurs piliers. La loi du 11 février 2005 impose aux établissements d’enseignement supérieur de garantir l’accessibilité et d’adapter les conditions d’études et d’examen. Chaque université doit disposer d’un service dédié au handicap (souvent appelé « Mission handicap » ou « Cellule handicap »).

    Depuis 2018, le MESR a structuré sa politique autour du concept d’université inclusive, formalisé par une circulaire puis par des comités nationaux de suivi. Le quatrième comité de suivi, tenu en 2024, a mis en avant plusieurs avancées : une augmentation de 50 % du budget alloué aux services handicap des universités sur la période concernée, ainsi que l’accès facilité aux bourses sur critères sociaux pour plus de 3 000 étudiants handicapés et aidants familiaux depuis la rentrée 2023.

    Les établissements sont par ailleurs tenus de soumettre des schémas directeurs du handicap et de progresser sur l’accessibilité des supports de cours numériques (référentiel RGAA). La qualité d’application reste néanmoins hétérogène selon les établissements, les universités de grande taille disposant généralement de ressources humaines dédiées plus étoffées que les petits établissements.

    Les étudiants handicapés peuvent également mobiliser plusieurs dispositifs d’aide financière : majoration de bourses CROUS, aides spécifiques de l’AGEFIPH pour l’aménagement du poste de travail, et aides de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Notre guide sur les aides financières étudiantes en France 2026-2027 présente l’ensemble de ces dispositifs.

    Pour aller plus loin sur les conditions de vie étudiante dans leur ensemble, le dossier sur la crise du logement étudiant en France 2025 offre un éclairage complémentaire sur les difficultés spécifiques rencontrées par les étudiants en situation de vulnérabilité.

    Sources officielles
    Les données de cet article sont issues de l’indicateur T.24.3 de l’EESR 2024 (MESR) et du compte-rendu du 4e Comité national de suivi de l’université inclusive (Gouvernement, 2024).

    FAQ

    Combien y a-t-il d’étudiants en situation de handicap dans l’enseignement supérieur en France ?

    À la rentrée 2023-2024, 63 817 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient inscrits dans l’enseignement supérieur français, selon les données publiées par le MESR. Ils représentent 2,2 % de la population étudiante totale. Ce chiffre a progressé de 8,4 % en un an et a été multiplié par 8,5 depuis 2003.

    Qu’est-ce que le tiers-temps et qui peut en bénéficier ?

    Le tiers-temps est un aménagement aux examens qui accorde 33 % de temps supplémentaire à l’étudiant. Il est accordé sur préconisation du médecin désigné par la MDPH ou par le médecin de prévention de l’établissement, après dépôt d’un dossier auprès du service handicap de l’université. En 2023-2024, 82,7 % des ESH bénéficiant d’un aménagement ont obtenu un temps majoré, faisant du tiers-temps (ou d’un quart-temps pour les troubles les plus sévères) la mesure de loin la plus répandue.

    Quel type de handicap est le plus fréquent chez les étudiants ?

    Les troubles des fonctions du langage et de la parole constituent le type de handicap le plus fréquent parmi les ESH (24,4 % de l’effectif). Cette catégorie englobe notamment les troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysorthographie). Depuis 2018, les troubles des fonctions cognitives et les troubles des fonctions psychiques (dont le TDAH, les TSA, les troubles anxieux sévères) sont en forte progression, respectivement +4,7 et +3,0 points. À l’inverse, la part des troubles moteurs a diminué de 3,7 points.

    Comment obtenir une reconnaissance de handicap à l’université ?

    La démarche comporte généralement deux volets : d’une part, la demande d’une RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) ou d’une notification d’orientation scolaire auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) de son département ; d’autre part, une prise de contact avec le service handicap de l’établissement, qui établit un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) avec l’aide du médecin de prévention. Ce plan est renouvelable chaque année universitaire et précède la transmission des aménagements aux services de scolarité.

    Les étudiants en situation de handicap peuvent-ils bénéficier d’aides financières spécifiques ?

    Oui, plusieurs dispositifs existent en parallèle des aides de droit commun. La bourse CROUS sur critères sociaux peut être majorée pour les étudiants handicapés. L’AGEFIPH peut financer l’aménagement du poste de travail (logiciels de compensation, matériel spécifique). La PCH (Prestation de Compensation du Handicap), attribuée par la MDPH, peut couvrir des aides humaines ou techniques liées aux études. Depuis la rentrée 2023, plus de 3 000 étudiants handicapés et aidants ont bénéficié d’un accès facilité aux bourses CROUS selon le 4e Comité de suivi de l’université inclusive.

    La part des ESH dans l’enseignement supérieur va-t-elle continuer à augmenter ?

    Toutes les tendances structurelles pointent vers une poursuite de la croissance. La meilleure détection des troubles dys et TDAH chez les adolescents génère un flux continu de nouveaux entrants. Les politiques d’université inclusive incitent davantage d’étudiants à engager une démarche de reconnaissance. Enfin, la progression des ESH en master (+3,2 points depuis 2018) suggère que ces étudiants restent plus longtemps dans le système. Le rythme de croissance pourrait se tasser par rapport au pic de 2021-2023, mais le potentiel de hausse reste significatif tant que le taux global de 2,2 % reste en deçà des estimations de prévalence des troubles dans la tranche d’âge 18-25 ans.

    Y a-t-il des disparités entre universités et grandes écoles dans l’accueil des ESH ?

    Oui. Les universités concentrent 84,7 % des ESH, très loin devant les établissements privés (7,5 %) ou les CPGE et STS (4,3 %). Cette concentration s’explique par des effectifs globaux plus importants dans les universités, mais aussi par un accès plus systématisé aux services handicap dans ce secteur. Les grandes écoles progressent (+2,73 points en formations d’ingénieurs depuis 2018), mais partent d’un niveau plus bas. La qualité des services dépend aussi fortement de la taille de l’établissement et de ses ressources dédiées.