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  • « Quelle était la puissance de votre étude ? » — que répondre quand votre résultat n’est pas significatif (2026)

    « Quelle était la puissance de votre étude ? » — que répondre quand votre résultat n’est pas significatif (2026)

    Votre test rend p = 0,18. Vous écrivez que la différence n’est pas significative, et la remarque tombe — en pré-soutenance, dans un commentaire de votre directeur, ou en séance : « quelle était la puissance de votre étude ? »

    La tentation est de rouvrir G*Power, de passer en mode Post hoc, d’entrer l’effectif et la taille d’effet observée, et de recopier le nombre qui s’affiche. C’est ce que fait la majorité des mémoires. Et c’est la seule réponse qui n’apporte strictement rien, pour une raison mathématique que peu de gens ont eu l’occasion de se faire expliquer.

    Voici pourquoi, et surtout ce qu’il faut mettre à la place.

    Pourquoi la puissance calculée après coup ne répond pas à la question

    La puissance est une probabilité prospective : c’est la chance de détecter un effet d’une taille donnée, si cet effet existe, avec un effectif donné. Elle se calcule avant la collecte, à partir d’une taille d’effet que l’on postule — issue de la littérature, d’une étude pilote, ou d’un seuil de pertinence pratique.

    La « puissance observée », elle, se calcule après coup en injectant la taille d’effet que vous venez de mesurer. Or cette taille d’effet et votre p sont deux lectures du même résultat. Il en découle une propriété exacte : la puissance observée est une fonction décroissante du p. Un p élevé donne toujours une puissance observée faible, un p juste sous le seuil donne toujours une puissance observée d’un peu plus de la moitié, et cela reste vrai quels que soient l’échantillon, la discipline et la variable.

    La puissance observée est une fonction décroissante du p : elle ne contient aucune information nouvelle
    Puissance observée et p sont deux expressions du même résultat : la première ne peut donc pas servir à expliquer la seconde.

    Le raisonnement « mon résultat n’est pas significatif parce que ma puissance était faible » est donc circulaire : il utilise le résultat pour expliquer le résultat. Un jury attentif le relèvera, et le fait de l’avoir écrit avec un logiciel à l’appui n’y change rien.

    La question posée est pourtant légitime. Ce que le jury veut savoir, c’est : votre étude était-elle capable de repérer un effet de taille intéressante ? C’est une question sur le dispositif, pas sur le résultat — et il existe trois façons correctes d’y répondre.

    Réponse 1 — L’intervalle de confiance de l’effet

    C’est la réponse la plus simple, la plus honnête, et celle qui coûte le moins d’effort : elle est déjà dans votre sortie.

    Un p non significatif dit une chose et une seule : les données sont compatibles avec l’absence d’effet. Il ne dit pas de quelle taille d’effet elles restent également compatibles. L’intervalle de confiance, lui, le dit exactement.

    • Un intervalle étroit autour de zéro — par exemple une différence de 0,4 point avec un intervalle allant de −1,1 à +1,9 sur une échelle où seuls des écarts de 5 points ont un sens — est un résultat informatif : vous avez montré que s’il existe un effet, il est petit.
    • Un intervalle très large — la même différence de 0,4 point avec un intervalle allant de −12 à +12,8 — signifie que votre étude ne tranche rien. C’est le cas où la remarque du jury est fondée, et c’est précisément ce qu’il faut écrire.

    Dans les deux cas, l’intervalle répond à la question de la puissance sans en prononcer le mot, et il le fait sur l’échelle de votre variable, ce que la puissance ne fait jamais.

    Réponse 2 — L’analyse de sensibilité

    C’est la version rigoureuse de ce que la puissance a posteriori essaie maladroitement de faire. La question inversée est : compte tenu de mon effectif, quelle est la plus petite taille d’effet que j’avais 80 % de chances de détecter ?

    L'analyse de sensibilité : la plus petite taille d'effet que votre échantillon pouvait détecter
    L’analyse de sensibilité ne dépend pas de votre résultat : elle ne dépend que de votre effectif, du seuil et de la puissance visée.

    Cette quantité ne dépend que de trois choses que vous n’avez pas choisies après coup : l’effectif réellement analysé, le seuil α et la puissance conventionnellement visée. Elle est donc immunisée contre la circularité.

    Dans G*Power, c’est le mode Sensitivity — pas Post hoc. Vous sélectionnez votre test, vous renseignez α = 0,05, la puissance = 0,80 et vos effectifs, et le logiciel renvoie la taille d’effet minimale détectable. Le reste de la procédure et le choix du test sont identiques à ceux du calcul de taille d’échantillon a priori : c’est la même boîte de dialogue, avec l’inconnue déplacée.

    La phrase qui en découle est celle que les jurys retiennent : « avec 62 participants, l’étude disposait de 80 % de chances de détecter un effet d’au moins d = 0,72, soit un effet de taille moyenne à forte. Un effet plus modeste, mais potentiellement pertinent en pratique, n’aurait pas été détecté. »

    Cette phrase reconnaît la limite, la quantifie, et ne prétend rien de plus que ce que les données permettent.

    Réponse 3 — Le test d’équivalence, si vous voulez conclure à l’absence d’effet

    Il y a une différence de nature entre « je n’ai pas trouvé de différence » et « j’ai montré qu’il n’y a pas de différence notable ». La première est un constat d’échec de détection ; la seconde est une affirmation positive, et un test classique ne peut jamais la produire.

    Si votre question de recherche est réellement une question d’équivalence — deux méthodes pédagogiques donnent-elles des résultats comparables, une organisation allégée fait-elle aussi bien —, la démarche correcte consiste à définir à l’avance une zone d’indifférence : l’écart en deçà duquel vous considérez les deux conditions comme équivalentes en pratique. On conclut à l’équivalence si l’intervalle de confiance de la différence tient entièrement dans cette zone.

    C’est exigeant, cela demande d’avoir posé la zone d’indifférence avant l’analyse, et cela ne s’improvise pas en fin de mémoire. Mais si c’est votre vraie question, un simple p non significatif ne pourra jamais y répondre, quelle que soit la puissance affichée à côté.

    Le tableau des réponses

    Ce que le jury demande Ce qu’il faut fournir Où le trouver
    « Quelle était votre puissance ? » La taille d’effet minimale détectable G*Power, mode Sensitivity
    « Peut-on conclure qu’il n’y a pas d’effet ? » L’intervalle de confiance, et sa largeur La sortie du test, déjà disponible
    « Votre échantillon était-il suffisant ? » Le calcul a priori s’il a été fait, sinon l’analyse de sensibilité Le protocole, ou G*Power
    « Vos deux groupes sont-ils équivalents ? » Un test d’équivalence avec zone d’indifférence déclarée À prévoir avant l’analyse
    « Pourquoi si peu de participants ? » Le récit du recrutement, et ce qui l’a limité La section méthode

    Le paragraphe à écrire

    « La différence entre les deux groupes n’atteint pas le seuil de signification (t(60) = 1,36 ; p = 0,18 ; d = 0,35 ; IC à 95 % de la différence : −1,4 à +7,2 points). L’intervalle reste compatible avec des écarts allant d’une légère infériorité à une supériorité substantielle du groupe expérimental : les données ne permettent pas de trancher. Une analyse de sensibilité indique qu’avec 62 participants, le dispositif offrait 80 % de chances de détecter un effet d’au moins d = 0,72. Un effet de taille faible à moyenne, plausible dans ce champ, n’était donc pas détectable et l’absence de significativité ne doit pas être lue comme une absence d’effet. »

    Quatre phrases. Elles disent ce qui a été trouvé, ce que cela n’exclut pas, ce que le dispositif pouvait voir, et comment interpréter le tout. Aucune ne comporte le mot « puissance observée ».

    Trois choses à ne pas écrire

    • « La puissance de l’étude était de 27 %, ce qui explique l’absence de significativité. » Circulaire, et le raisonnement se voit.
    • « Une tendance à la significativité est observée (p = 0,07). » Un seuil n’admet pas de demi-mesure. Si vous voulez nuancer, donnez la taille d’effet et son intervalle et laissez le lecteur juger — voyez notre article sur le seuil de signification et le p.
    • « Nos résultats montrent qu’il n’y a pas de différence entre les groupes. » Sauf test d’équivalence, cette phrase dépasse ce que vos données autorisent. Écrivez « nous n’observons pas de différence », ce qui est exact et suffit.

    Ce qu’il faut faire si l’effectif est réellement le problème

    Un dispositif sous-dimensionné n’est pas une faute morale : c’est une contrainte de terrain, et les jurys la connaissent. Ce qui se juge, c’est la lucidité avec laquelle elle est traitée.

    Racontez ce qui s’est passé — un taux de réponse inférieur à l’attendu, un terrain fermé en cours de route, une population de départ réellement peu nombreuse. Précisez si des participants ont été écartés et pourquoi : un effectif réduit par des critères de qualité des réponses s’explique différemment d’un effectif jamais atteint. Puis reformulez ce que votre travail apporte malgré cela : une estimation, même imprécise, une procédure reproductible, un résultat exploratoire chiffré qui peut servir à dimensionner une étude ultérieure.

    C’est d’ailleurs l’usage le plus utile de vos données : la taille d’effet que vous avez observée, avec son intervalle, est précisément ce dont quelqu’un aura besoin pour calculer l’effectif d’une réplication. Le dire transforme une limite en contribution.

    Écrire la discussion d’un résultat non significatif

    C’est le passage le plus difficile du mémoire, parce qu’il faut y être exact sans y être défaitiste : reconnaître la limite, quantifier ce que le dispositif pouvait voir, et donner au lecteur une raison de considérer le travail comme informatif.

    Tesify travaille avec vous sur cette section : formuler l’interprétation à partir de vos propres sorties, tenir la distinction entre absence de preuve et preuve d’absence, et construire une discussion qui assume le résultat au lieu de le contourner. Vos données restent les vôtres, et le texte est écrit à 100 % par vous.

    Rédiger votre discussion avec Tesify

    Questions fréquentes

    SPSS affiche une colonne « puissance observée ». Faut-il la recopier ?

    Elle apparaît dans les tableaux d’ANOVA lorsque l’option est cochée, et c’est exactement la quantité décrite plus haut. Vous pouvez la laisser dans la sortie brute en annexe ; ne construisez aucune interprétation dessus dans le corps du mémoire.

    Puis-je encore faire un calcul de puissance si je ne l’ai pas fait avant la collecte ?

    Oui — mais sous la forme d’une analyse de sensibilité, pas d’un calcul rétrospectif de puissance. Écrivez-le honnêtement : « aucun calcul d’effectif n’a été réalisé en amont, l’échantillon étant déterminé par la population accessible ; une analyse de sensibilité a posteriori indique que… ». C’est plus solide qu’un calcul a priori reconstitué après coup.

    Mon directeur m’a demandé la puissance a posteriori. Dois-je refuser ?

    Non. Donnez-lui le chiffre s’il le souhaite, et ajoutez l’analyse de sensibilité et l’intervalle de confiance à côté. En pratique, l’objection porte rarement sur le nombre lui-même : elle porte sur le fait que la limite ne soit pas traitée. Traitez-la mieux que demandé et la discussion s’arrête là.

    Quelle puissance faut-il viser dans un calcul a priori ?

    La convention est 0,80, parfois 0,90 pour un travail à enjeu. Ce sont des conventions et non des exigences réglementaires ; ce qui compte est de déclarer la valeur retenue et la taille d’effet postulée, car c’est ce dernier choix qui détermine réellement l’effectif.

    Un effet significatif dispense-t-il de parler de puissance ?

    La question de la puissance ne se pose plus de la même façon, mais une autre apparaît : sur un petit échantillon, un effet qui atteint la significativité est nécessairement de grande taille, et souvent surestimé. Rapportez la taille d’effet avec son intervalle et restez prudent sur son amplitude.

    Cela vaut-il aussi pour les tests non paramétriques ?

    Le raisonnement est identique, avec une nuance pratique : les tailles d’effet et les calculs de puissance y sont moins standardisés. G*Power propose des équivalents approchés pour plusieurs de ces tests. Si vous avez basculé sur un test de rangs faute de normalité, notez que d’autres voies existaient et que certaines conservent une taille d’effet directement interprétable.

  • Comment Calculer la Taille de son Échantillon avec G*Power : Tutoriel Pas à Pas 2026

    Comment Calculer la Taille de son Échantillon avec G*Power : Tutoriel Pas à Pas 2026

    Comment Calculer la Taille de son Échantillon avec G*Power : Tutoriel Pas à Pas 2026

    Votre directeur de mémoire vous demande de justifier votre taille d’échantillon — et vous ne savez pas par où commencer. C’est l’une des questions les plus fréquentes en méthodologie quantitative : combien de répondants faut-il recruter pour que vos résultats soient statistiquement valides ? G*Power est le logiciel gratuit de référence pour répondre à cette question, utilisé dans des milliers de mémoires et d’articles scientifiques chaque année. Ce tutoriel pas à pas vous guide depuis le téléchargement jusqu’à la formulation dans votre section méthodologie.

    Calculer la taille de son échantillon avec G*Power n’exige aucune compétence avancée en statistiques. Il suffit de connaître trois paramètres — le niveau de signification, la puissance souhaitée et la taille d’effet anticipée — pour obtenir en quelques clics le nombre minimum de participants à recruter. Ce guide couvre les tests les plus courants dans les mémoires de master : t-test, ANOVA, corrélation et régression linéaire.

    Réponse rapide

    Pour calculer la taille d’échantillon avec G*Power : téléchargez le logiciel gratuitement sur psychologie.hhu.de, choisissez votre test statistique, saisissez α = 0,05, puissance = 0,80 et la taille d’effet de Cohen correspondante (petite, moyenne ou grande), puis cliquez sur « Calculate ». G*Power affiche directement le nombre total de participants nécessaires dans le champ « Total sample size ».

    1. Les notions clés : puissance, alpha et taille d’effet

    Avant d’ouvrir G*Power, il faut maîtriser trois paramètres fondamentaux. Ces concepts sont directement ceux que le logiciel vous demandera de renseigner.

    Le niveau de signification α (alpha)

    Alpha correspond au risque d’erreur de type I : la probabilité de rejeter l’hypothèse nulle alors qu’elle est vraie (faux positif). La convention scientifique internationale fixe α = 0,05, c’est-à-dire un risque de 5 %. Dans certaines disciplines médicales ou pharmaceutiques, on descend à α = 0,01 pour plus de rigueur. Dans les mémoires de master en sciences humaines et sociales, α = 0,05 est le seuil standard attendu par les jurys.

    La puissance statistique (1 − β)

    La puissance est la probabilité de détecter un effet réel lorsqu’il existe. β représente le risque d’erreur de type II (faux négatif) : manquer un effet qui existe pourtant. La convention minimale recommandée par Jacob Cohen est une puissance de 0,80, c’est-à-dire 80 % de chances de détecter un effet si celui-ci est présent dans la population. Certaines disciplines visent 0,90, mais 0,80 est généralement acceptable pour un mémoire de master.

    La taille d’effet

    La taille d’effet mesure l’ampleur du phénomène étudié, indépendamment de la taille de l’échantillon. Cohen a défini des conventions par type de test, largement utilisées lorsque vous n’avez pas d’estimation préalable :

    Test Indice Petit Moyen Grand
    t-test (2 groupes) d de Cohen 0,20 0,50 0,80
    ANOVA f de Cohen 0,10 0,25 0,40
    Corrélation (r) r de Pearson 0,10 0,30 0,50
    Régression linéaire (R²) f² de Cohen 0,02 0,15 0,35
    Diagramme illustrant les conventions de taille d'effet de Cohen selon le type de test statistique : petite, moyenne et grande taille d'effet pour t-test, ANOVA, corrélation et régression
    Conventions de taille d’effet de Cohen par type de test statistique — repères à utiliser en l’absence d’étude de référence dans votre domaine

    Conseil pratique : si vous avez accès à des études similaires dans votre domaine, utilisez leur taille d’effet rapportée plutôt que les conventions de Cohen — votre calcul sera plus précis et mieux reçu par le jury.

    Pour approfondir la réflexion sur la taille d’échantillon en lien avec le type d’approche, consultez ce guide sur la taille d’échantillon qualitatif vs quantitatif.

    Étape 1 — Télécharger et ouvrir G*Power

    G*Power est un logiciel gratuit développé par l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf (Allemagne). Il fonctionne sur Windows et macOS (Intel). Voici comment procéder :

    1. Rendez-vous sur psychologie.hhu.de (section G*Power) ou cherchez « G*Power HHU download » dans votre navigateur. La version actuelle est G*Power 3.1.9.6.
    2. Téléchargez le fichier correspondant à votre système : GPower_3_1_9_6.zip pour Windows, ou le fichier .dmg pour macOS.
    3. Décompressez (Windows) ou montez le disque virtuel (macOS), puis lancez l’exécutable. Aucune installation complexe n’est requise : G*Power s’ouvre directement.
    4. L’interface s’affiche avec deux zones principales : Test family en haut (famille de tests : F, t, χ², z) et Statistical test (test précis). Sur la gauche : les champs de paramètres d’entrée. Sur la droite : les résultats.
    Note macOS Apple Silicon (M1/M2/M3) : G*Power 3.1.9.6 a été compilé pour processeurs Intel. Il fonctionne via Rosetta 2, automatiquement activé sous macOS Ventura et versions ultérieures. Aucune manipulation supplémentaire n’est nécessaire.

    Étape 2 — Choisir le bon test statistique

    G*Power couvre des dizaines de tests statistiques. Pour un mémoire de master en sciences humaines, sociales ou de gestion, les quatre familles suivantes couvrent la grande majorité des besoins :

    t-test indépendant (comparer deux groupes)

    Utilisez-le si vous comparez deux groupes distincts (ex. : femmes vs hommes sur un score d’engagement). Dans G*Power : Test family → t tests, puis Statistical test → Means: Difference between two independent means (two groups).

    ANOVA one-way (comparer trois groupes ou plus)

    Utilisez-le si vous comparez plus de deux groupes (ex. : trois niveaux d’expérience). Dans G*Power : Test family → F tests, puis Statistical test → ANOVA: Fixed effects, omnibus, one-way.

    Corrélation de Pearson

    Utilisez-la pour tester l’association linéaire entre deux variables continues. Dans G*Power : Test family → t tests, puis Statistical test → Correlation: Point biserial model ou Bivariate normal model selon votre cas.

    Régression linéaire multiple

    Utilisez-la lorsque vous prédisez une variable continue à partir de plusieurs prédicteurs. Dans G*Power : Test family → F tests, puis Statistical test → Linear Multiple Regression: Fixed model, R² deviation from zero.

    La sélection du bon test dans G*Power conditionne la pertinence du calcul. Si vous hésitez sur le type d’analyse adapté à vos données, le guide Méthodologie quantitative pour un mémoire de master vous aidera à choisir. Pour une introduction complète aux méthodes quantitatives, qualitatives et mixtes, consultez également le guide sur la méthodologie de recherche 2026.

    Étape 3 — Saisir les paramètres (α, puissance, taille d’effet)

    Une fois le test sélectionné, vérifiez que le Type of power analysis est réglé sur A priori: Compute required sample size. C’est le mode de référence pour planifier une étude avant de collecter vos données.

    Renseignez ensuite les champs Input Parameters :

    1. Effect size — saisissez la valeur de la taille d’effet selon le test choisi (voir tableau ci-dessus). Par défaut, entrez la valeur « moyenne » de Cohen si vous n’avez pas de référence dans la littérature.
    2. α err prob — saisissez 0.05 (risque d’erreur de type I de 5 %).
    3. Power (1 − β err prob) — saisissez 0.80 (puissance minimale recommandée).
    4. Pour les tests nécessitant d’autres paramètres :
      • t-test : Allocation ratio N2/N1 = 1 (groupes de taille égale). Choisir Two-tailed sauf si votre hypothèse est directionnelle.
      • ANOVA : Number of groups = nombre de groupes à comparer.
      • Régression : Number of predictors = nombre de variables indépendantes dans votre modèle.
    Exemples illustratifs (données fictives à titre pédagogique, non issues d’une étude publiée)

    • t-test, d = 0,50, α = 0,05, puissance = 0,80, bilatéral → G*Power indique environ 64 participants par groupe (128 au total).
    • ANOVA à 3 groupes, f = 0,25, α = 0,05, puissance = 0,80 → G*Power indique environ 52 participants par groupe (156 au total).
    • Corrélation, r = 0,30, α = 0,05, puissance = 0,80, bilatéral → G*Power indique environ 84 participants.
    • Régression multiple, 3 prédicteurs, f² = 0,15, α = 0,05, puissance = 0,80 → G*Power indique environ 77 participants.
    Illustration de l'interface G*Power montrant les paramètres d'entrée (alpha, puissance, taille d'effet) et le résultat de calcul de la taille d'échantillon
    Interface G*Power : panneau des paramètres d’entrée (α, puissance, taille d’effet) et affichage du résultat Total sample size avec courbe de puissance

    Étape 4 — Lire et interpréter le résultat

    Après avoir saisi vos paramètres, cliquez sur le bouton Calculate. La zone Output Parameters affiche immédiatement les résultats :

    • Total sample size : le nombre total de participants à recruter. C’est la valeur à retenir.
    • Actual power : la puissance réelle obtenue avec l’échantillon arrondi (légèrement supérieure ou égale à la puissance cible).
    • Critical t / F / z : la valeur critique du test (utile pour l’interprétation des résultats, pas pour le calcul d’effectif).

    G*Power génère également un graphique de puissance dans l’onglet « Power curve for a priori analyses ». Ce graphique montre comment la puissance évolue en fonction de la taille d’échantillon pour vos paramètres — très utile pour visualiser les compromis si vous avez des contraintes de recrutement.

    Une fois votre taille d’échantillon calculée, pensez à croiser cette information avec votre méthode de collecte. Si vous administrez un questionnaire en ligne, le guide sur comment diffuser son questionnaire et améliorer le taux de réponse vous donnera des repères sur les taux de retour à anticiper selon le canal.

    Étape 5 — Ajuster pour l’attrition et les données manquantes

    Le nombre fourni par G*Power correspond au minimum de participants exploitables dans l’analyse finale. Dans la pratique, une partie des réponses sera incomplète, des questionnaires seront mal remplis, et certains participants abandonnent en cours de route. Il faut donc recruter davantage.

    La formule d’ajustement est simple :

    N_recruter = N_gpower / (1 − taux_attrition_estimé)

    Le taux d’attrition à retenir dépend de votre contexte :

    • Questionnaire en ligne distribué au réseau personnel : prévoyez 20 à 30 % de réponses inutilisables.
    • Questionnaire distribué en présentiel : 5 à 10 % suffisent généralement.
    • Étude longitudinale ou expérimentale : l’attrition peut atteindre 30 à 50 % selon la durée.

    Exemple illustratif (non issu d’une étude publiée) : G*Power indique un minimum de 128 participants pour un t-test. Avec un questionnaire en ligne et un taux d’attrition estimé à 25 %, vous devrez distribuer votre questionnaire à au moins 171 personnes (128 / 0,75 ≈ 171).

    Sur les stratégies d’échantillonnage (probabiliste, raisonné, boule de neige), consultez ce guide sur les méthodes d’échantillonnage pour mémoire de master.

    Étape 6 — Rapporter le calcul dans votre mémoire

    La justification de la taille d’échantillon doit figurer dans la section Participants ou Procédure de votre chapitre méthodologie. Le jury s’attend à voir trois informations : le logiciel utilisé, les paramètres saisis et le résultat obtenu.

    Formulation type (à adapter à votre contexte)

    « La taille d’échantillon a été déterminée à l’aide du logiciel G*Power 3.1.9.6 (Faul et al., 2007). Pour un t-test bilatéral avec un niveau de signification de α = 0,05, une puissance de 0,80 et une taille d’effet moyenne (d de Cohen = 0,50), le calcul a priori indique un minimum de 128 participants (64 par groupe). Afin de compenser un taux d’attrition estimé à 20 %, nous avons recruté 160 participants. »

    La référence à citer pour G*Power est :

    Faul, F., Erdfelder, E., Lang, A.-G., & Buchner, A. (2007). G*Power 3: A flexible statistical power analysis program for the social, behavioral, and biomedical sciences. Behavior Research Methods, 39(2), 175–191. https://doi.org/10.3758/BF03193146

    Si votre mémoire s’appuie sur une analyse multivariée plus complexe, le guide Comment analyser ses données quantitatives avec SPSS ou Excel vous donnera les étapes suivantes, une fois votre collecte terminée.

    Erreurs fréquentes à éviter

    G*Power est simple à prendre en main, mais certaines erreurs reviennent systématiquement dans les mémoires. Voici les plus courantes :

    1. Choisir le mauvais type d’analyse de puissance. G*Power propose cinq modes différents (A priori, Post hoc, Criterion, Sensitivity, Compromise). Pour planifier une étude avant la collecte, utilisez toujours A priori. Le mode Post hoc — utilisé pour calculer la puissance après coup — donne des résultats différents et ne justifie pas une taille d’échantillon a posteriori.
    2. Utiliser la mauvaise taille d’effet par défaut. Certains étudiants entrent d = 0,80 (grande taille d’effet) pour minimiser l’effectif requis. Cela produit un échantillon trop petit si l’effet réel est moyen ou petit, et les résultats risquent de ne pas atteindre la significativité. Préférez une estimation conservatrice (petite ou moyenne) ou basez-vous sur la littérature existante.
    3. Oublier de préciser le nombre de groupes pour l’ANOVA. Le champ Number of groups est crucial : une ANOVA à 3 groupes ne donnera pas le même résultat qu’une ANOVA à 2 groupes, même avec les mêmes paramètres.
    4. Ne pas ajuster pour l’attrition. Fournir à votre jury le chiffre brut de G*Power sans mentionner l’ajustement donne l’impression que vous n’avez pas anticipé les réalités du terrain.
    5. Confondre « puissance » et « niveau de confiance ». La puissance (1 − β) n’est pas le niveau de confiance (1 − α). Ce sont deux concepts distincts. La puissance mesure la sensibilité du test à détecter un effet ; le niveau de confiance mesure la fiabilité d’une estimation.
    6. Ne pas citer G*Power dans la bibliographie. G*Power est un outil scientifique cité par des dizaines de milliers d’articles. L’omettre dans votre bibliographie est une erreur méthodologique aux yeux du jury.

    Questions fréquentes (FAQ)

    G*Power est-il gratuit et fiable pour un mémoire de master ?

    Oui. G*Power est un logiciel entièrement gratuit développé par l’Université Heinrich-Heine de Düsseldorf et disponible sur psychologie.hhu.de. Il est cité dans des dizaines de milliers de publications scientifiques internationales et constitue la référence standard pour le calcul de taille d’échantillon en sciences humaines et sociales. Son utilisation dans un mémoire de master est tout à fait appropriée et appréciée par les jurys.

    Quelle taille d’effet choisir si je n’ai aucune étude de référence ?

    Sans étude préalable dans votre domaine, utilisez les conventions de Cohen pour une taille d’effet moyenne : d = 0,50 pour un t-test, f = 0,25 pour une ANOVA, r = 0,30 pour une corrélation, f² = 0,15 pour une régression multiple. C’est le choix le plus neutre et le plus défendable devant un jury. Évitez délibérément la grande taille d’effet uniquement pour réduire l’effectif requis.

    Peut-on utiliser G*Power pour une analyse de régression logistique ?

    Oui. G*Power propose un module dédié à la régression logistique : Test family → z tests → Logistic regression. Ce module demande des paramètres supplémentaires (proportion de la variable dépendante dans chaque groupe, odds ratio anticipé). Si vous ne disposez d’aucune estimation, une revue de la littérature dans votre domaine est vivement recommandée avant d’utiliser ce module.

    Comment justifier une taille d’échantillon inférieure à celle calculée par G*Power ?

    Si votre population est restreinte (ex. : une profession rare, un dispositif spécifique) ou si vos contraintes de temps et de budget limitent le recrutement, vous pouvez argumenter avec honnêteté : indiquez la puissance réelle obtenue avec votre effectif disponible (via le mode Post hoc de G*Power), reconnaissez la limite et expliquez pourquoi la collecte reste valide dans ce contexte exploratoire. Un jury comprend les contraintes du terrain à condition qu’elles soient clairement explicitées.

    Faut-il utiliser G*Power pour une approche qualitative ?

    Non. G*Power est conçu exclusivement pour les études quantitatives où des tests d’inférence statistique sont réalisés. En recherche qualitative, la taille d’échantillon est déterminée par le principe de saturation théorique (généralement 8 à 15 entretiens selon la méthode) et non par un calcul de puissance. Pour les approches qualitatives, référez-vous à votre cadre théorique et aux pratiques de votre discipline.

    G*Power fonctionne-t-il pour les tests non paramétriques ?

    G*Power propose quelques tests non paramétriques (notamment via la famille des tests exacts). Cependant, la couverture des tests non paramétriques est limitée comparée aux tests paramétriques. Pour des tests comme Mann-Whitney U ou Kruskal-Wallis, G*Power peut fournir une approximation en utilisant le test paramétrique équivalent avec un léger suréchantillonnage (règle pratique : multiplier la taille obtenue par 1,15 à 1,20 pour compenser la perte de puissance).

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    G*Power vous donne le chiffre — mais rédiger la section méthodologie complète (population, échantillon, instruments, procédure, plan d’analyse) reste une tâche longue et exigeante. Tesify est l’assistant IA spécialisé en rédaction académique qui vous aide à structurer et rédiger chaque section de votre mémoire selon les normes de votre discipline — de la problématique à la conclusion.

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